Publié le 31 Janvier 2014

Un article de metronews.fr du jeudi 30 janvier 2014 nous montre qu'à la veille d'une nouvelle Manif pour tous prévue dimanche à Paris et à Lyon, un document diffusé par les organisateurs montre comment les militants sont formés pour "caler" les journalistes dans leurs lignes.

Les journalistes et la Manif pour tous, une relation très complexe. Depuis plus d'un an, ce collectif initialement opposé au seul "mariage pour tous", ne cesse de manifester et de se manifester. Sur les réseaux sociaux, sur les plateaux de télévision, dans la rue, le mouvement veut être sur tous les fronts : contre le mariage gay, contre l'avortement, contre l'euthanasie, contre la "théorie du genre"... Un nouveau rassemblement est ainsi prévu dimanche prochain à Lyon et à Paris. Mais avant cette nouvelle Manif pour tous, les organisateurs tiennent à contrôler au maximum la communication de leur mouvement. Et diffusent des éléments de langage pour "caler le journaliste dans ses lignes".

Francetv info s'est ainsi procuré un document envoyé par e-mail (intitulé "il court, il court, le journaliste"...) aux militants via les comités départementaux du collectif. "Plus qu'une semaine avant la manif européenne du 2 février. Celle-ci sera comme toujours couverte par la presse et les journalistes s'adonneront sans doute à leur sport favori : le micro-trottoir", prévient un mail des organisateurs. Un document de 12 pages propose donc de "repérer les questions pièges" pour les retourner à "leur avantage". Le but ? Éviter les dérapages racistes, homophobes ou des interviews immortalisées par le "Petit journal" de Canal +. La dernière manifestation du 24 janvier, organisée par le collectif "Jour de colère", très proche de la Manif pour tous, a été l'occasion d'entendre une succession de slogans antisémites, racistes ou ciblant les "journalistes collabos".

Dans le document, trente "questions" de journalistes sont ainsi listées. Et la Manif pour tous propose pour chaque question une "réponse courte, pour 'caler le journaliste dans ses lignes'" et une "réponse détaillée". Tous les thèmes sont balayés : homosexualité, égalité hommes-femmes, stéréotypes, "enseignement du gender", mariage pour tous, rôle de l'Eglise catholique, modèles familiaux..., comme le note Francetv Info. En cas de question sur la supposée "théorie du genre" par exemple, les arguments sont rodés. "C’est la négation du corps au profit de la seule satisfaction de ses désirs. C’est donc la négation de l’homme. C’est entrer dans un monde virtuel, artificiel, grand bal masqué qui mène au désespoir", explique le document.

Fait inédit, certains journalistes, à l'instar de des journalistes lesbiennes, gay, bi, trans (AJL) ont également tenu à réagir ce jeudi. Dans un billet intitulé "Manif pour tous : journalistes, faisons notre boulot !", l'association liste quelques recommandations, comme le rapporte Le Monde. Elle propose "de faire attention au vocabulaire utilisé. Reprendre les termes promus par la "Manif pour tous" ("théorie" du genre, "défense" de la famille…), c’est déjà basculer dans la communication". Mais aussi d’enquêter sur le fond du sujet ou d’interroger les liens entre la Manif pour tous et le mouvement "Jour de colère", supposément moins respectable mais qui partage avec elle de nombreuses idées (et sympathisant·e·s). Ces propositions ont d'ailleurs suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.

"Notre objectif, c'est que ces réalités soient mieux connues et que les journalistes ne reprennent pas des termes qui peuvent être dépréciatifs et blessants. Des propos homophobes, ça fait mal, ce n'est pas militant de dire cela", s'est défendu Mathieu Magnaudeix, de l'AJL et journaliste politique à Mediapart. "Ce sont des conseils, pas des consignes. Nous encourageons, ce n'est pas de la censure, les gens sont libres", a-t-il ajouté. Pas sûr que cela suffise à "rassurer" les militants de la Manif pour tous.

Qu'attendre d'une journée basée sur le mensonge puisque le collectif n'a même pas confiance en ses membres pour répondre aux questions des journalistes, tout ce que l'on retiendra de la Manif pour tous, c'est sa rectitude et son impossibilité de reconnaître qu'elle a échoué avec le mariage gay. Dommage, car les catholiques ne s'opposent pas à tout comme le montre l'IVG.

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0

Publié le 30 Janvier 2014

franceinfo.fr nous montre dans son article du mercredi 29 janvier 2014 que le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon est monté au créneau mardi pour rassurer des parents au sujet d'une rumeur insinuant que la "théorie du genre" est enseignée à l'école. Pour ceux qui l'ont lancée, on cherche à gommer les différences sexuelles entre hommes et femmes. Depuis quelques années, cette idée se répand en France, et le mariage homosexuel, adopté l'an dernier, lui a donné un coup d'accélérateur. Elle relève pourtant du fantasme. Mais un fantasme bien utile, politiquement, pour certains.

La "théorie du genre" n'existe pas. En elle-même, l'idée tient déjà d'une rumeur, d'une mauvaise compréhension. Elle puise ses racines dans un domaine d'études universitaires qui est né aux États-Unis et y a connu un certain succès jusqu'aux années 70 : les "gender studies", littéralement, études sur le genre.

Les chercheurs ont voulu comprendre pourquoi et comment naissent les inégalités sociales entre hommes et femmes. Ils en ont décortiqué les mécanismes dans les champs politiques, sociaux, artistiques, historiques, philosophiques etc. Ces études ont donné lieu à des controverses passionnées entre chercheurs, mais elles n'ont jamais débouché sur aucune théorie politique. Il s'agit d'un domaine d'études universitaires. Toutefois, le féminisme des années 60-70 a commencé à utiliser ces recherches pour contester la domination sociale masculine. Le schéma femmes à la maison-hommes au travail ne reposait sur rien d'autre que des constructions sociales.

Avec les mutations dans la structure de la vie familiale, comme la hausse continue du nombre de familles recomposées ou la progression du travail féminin, la crainte d'une disparition du schéma familial traditionnel a commencé à se diffuser sourdement. Des réformes comme le mariage homosexuel l'ont accéléré. Et la prétendue "théorie du genre", qui viserait à gommer les différences entre hommes et femmes, a donné un visage à ces craintes. C'est sur elle, mais sans la nommer, que le pape Benoît XVI fait tomber les foudres vaticanes.

Dès lors, la "théorie du genre" devient un épouvantail politique pour lutter contre des réformes sociales. Dernier exemple en date, l'appel au boycott des classes un jour par mois, lancé par une ancienne militante de la cause "beur" des les années 80, Farida Belghoul, aujourd'hui proche de l'extrême droite. Elle utilise la "théorie du genre" contre un programme scolaire visant à lutter dès le plus jeune âge contre les clichés garçons-filles, qui servent de fondations, à l'âge adulte, aux inégalités sociales hommes-femmes.

Libération.fr dans son article du jeudi 30 janvier montre que la FCPE de Seine-et-Marne explique avoir reçu un courrier électronique anonyme de personnes disant soutenir «la journée de retrait de l’école et menaçant explicitement tous les parents élus». Dans son mail, l’auteur des menaces se réclame de «réseaux insoupçonnés en termes d’influence», soutenant Farida Belghoul, militante proche de l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, à l’origine du mouvement de boycott de l’école contre un prétendu enseignement de la «théorie du genre». Il affirme que des noms de parents d’élèves FCPE ont été relevés dans toute l’Île-de-France, et menace de «cibler automatiquement» les parents qui pourraient évoquer la question en conseil d’école.

Après tout laissons le dernier mot à la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti : «Moi, je trouve qu’il y a une forme de retour à l’obscurantisme, qui n’est pas du tout un acte gratuit de la part de ceux qui conduisent ce type de rumeur», a-t-elle poursuivi, désignant «une extrême droite qui fonctionne de façon très traditionnelle», en faisant «appel à l’émotion, aux sentiments, à l’irrationnel».

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0

Publié le 29 Janvier 2014

leplus.nouvelobs.com nous montre dans cet article du vendredi 24 janvier de Guillaume Crépin, une lettre du collectif "Jeunes, Cathos et pour l’Égalité", des jeunes catholiques qui prennent la parole, l'utilisent pour affirmer qu'il y a plus de cathos qu'on ne le croit ouverts et favorables au projet de mariage pour tous et ne comptent pas la rendre.

François Hollande a été vendredi en visite officielle au Vatican, pour rencontrer le pape François. A l'heure du divorce avec l'électorat catholique français, sur fond de mariage homo et de réaffirmation du droit à l'avortement, le collectif "Jeunes, Cathos et pour l’Égalité" avait adressé cette lettre ouverte au pape, pour le rassurer sur la situation dans notre pays :

"Cher Papy François,

Tu as du recevoir la lettre de tonton René qui te décrit la situation alarmante que vit notre famille des catholiques de France, sous le feu de campagnes de dénigrements systématiques, où les églises sont profanées dans l’indifférence générale, sur le chemin de la marchandisation du vivant…

Tu te souviens sûrement de tonton René… Il y en a un dans toutes les familles, c’est ce vieux tonton grincheux qui, le dimanche après le repas, radote en disant que "c’était mieux avant, que tout se perd et qu’on va bientôt se faire bouffer…"

Jusqu’à présent, on le laissait maugréer dans son coin, mais dernièrement, il est devenu franchement lourd, allant même jusqu'à t'interpeller devant tout le monde sur ta prochaine rencontre avec notre président Hollande...

Cher Francois, toi qui est notre "Papé", notre chef de famille, toi qui est respecté de tous et y compris du tonton… Peux-tu s’il te plait lui demander de la mettre en veilleuse ?

Il a bien sûr le droit de penser ce qu'il veut, mais il commence à nous foutre la honte devant les copains qu’on amène à la maison le dimanche et il donne une mauvaise image de la famille.

A l’occasion, viens nous rendre visite un dimanche, dans notre paroisse en Berry, en Dordogne... et tu verras qu’il fait encore bon vivre en France pour nous et que la diversité de notre famille est une richesse

Il y aura bien sur tonton René, mais on invitera aussi Leila et David, les voisins, qui seront heureux de pouvoir te rencontrer.

Porte toi bien "Papé"

Tes petits-enfants du collectif des "Jeunes, Cathos et pour l'Egalité"."

Une belle réponse de ce beau collectif qui désire comme le montre Guillaume Crépin sur twitter montrer que "des voix s'élèvent en Église pour demander au pape de faire baisser le ton des plus réacs !"

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 28 Janvier 2014

fr.euronews.com et francetvinfo.fr nous montrent dans leurs articles du lundi 27 février que deux mois après les premières manifestations, l’Ukraine ne trouve pas de sortie de crise. Débuté place de l’indépendance à Kiev, le mouvement de contestation ne cesse de s‘étendre, comme s‘étend la présence des protestataires dans la capitale. Ce week-end, ils ont notamment mis la main sur la “Maison de l’Ukraine”, un musée et un lieu symbolique, après en avoir délogé les forces de l’ordre. Le mouvement s'intensifie, et il y a une détermination des manifestants. Les Ukrainiens se demandent jusqu'où va aller cette répression et condamnent un régime policier dont ils ne veulent pas.

“C’est bien que les gens sortent dans la rue et expriment leur point de vue, et qu’ils ne restent pas à la maison à regarder ce qui se passe”, dit cet habitant de Kiev, “je pense qu’une impulsion a été donnée ici et que ça résonne un peu partout dans le pays, les gens y font attention et commencent à se mobiliser, ils ne font pas que regarder”. Cela montre que les manifestants réclament un changement de régime. Ils se battent contre la violence policière, certes, mais surtout contre un système dans lequel les oligarques et l'argent possèdent un rôle important.

En effet, la situation s’envenime de plus en plus hors de la capitale. De nombreuses manifestations ont eu lieu dimanche dans plusieurs villes importantes du pays. Les assauts visant les bâtiments publics se multiplient. Ils sont parfois accompagnés d‘échauffourées entre partisans et adversaires du président Ianoukovitch. L’administration régionale est désormais bloquée dans 14 des 25 provinces que comptent le pays.

Même si les principales actions se déroulent dans une moitié ouest de l’Ukraine, davantage tournée vers l’Union européenne, les autres régions y compris russophones ne sont pas épargnées par la contestation anti-gouvernementale. Quelques contre-manifestations ont également lieu, comme à Simferopol, capitale régionale de la Crimée. Des actions violentes contre des bâtiments publics, accompagnées d'échauffourées et de scènes de guérilla, se sont aussi déroulées dimanche 26 janvier à Dnipropetrovsk, une ville située au sud-est de Kiev. De nombreux blessés sont comptés des deux côtés, forces de l’ordre et manifestants. Les forces de sécurité paraissent reprendre l'initiative dans cette partie Est de l'Ukraine selon les médias. Les protestations s'amplifient, malgré la proposition faite à l'opposition de diriger le gouvernement. Un nouveau bras de fer intervient à la veille de l'ouverture d'une session extraordinaire du Parlement ukrainien consacrée à la situation politique.

Les autorités ukrainiennes brandissent l'état d'urgence lundi 27 janvier, les contestations des manifestants se faisant de plus en plus violentes depuis quelques jours. L’Union européenne tente toujours de jouer les médiateurs pour trouver une solution politique à la crise. Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne fera le déplacement dans le pays jeudi et vendredi.

Comme le montre l'article de BFMTV.com dans son article du mardi 28 janvier, Si l'opposition a enregistré lundi soir une avancée majeure dans la résolution du conflit en obtenant du pouvoir en place l'abrogation des lois anticontestation, reste encore à "poursuivre les négociations". Une session extraordinaire a ainsi lieu mardi au Parlement pour tenter de mettre un terme définitif à l'escalade des violences qui secouent le pays. Au même moment, à Bruxelles, l'Union européenne et la Russie tiendront un sommet réduit qui devrait être largement dominé par la situation dans l'ex-république soviétique.

Finalement le premier ministre, Mykola Azarov a annoncé mardi dans un communiqué avoir présenté sa démission, afin de "créer les conditions supplémentaires d'un compromis politique et d'un règlement pacifique du conflit". Mais est-ce que cela sera suffisant ? Il faudra attendre la suite des événements.

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0

Publié le 27 Janvier 2014

Les femmes sont la majeures partie des pratiquantes et ont un engagement ecclésial fort, mais leur visibilité dans l'Église est inexistante que ce soit dans le culte et dans les institutions. Pourtant beaucoup d'experts montrent que des femmes telles que Lydia, Phoebé et Prisca, loin d'être d'humbles compagnes étaient habitués et à conduire la prière, à gérer la bourse, à décider de l'ordre du jour missionnaire d'un groupe, et à travailler avec Paul pour annoncer l'Évangile. Leur témoignage confirme que des ministères féminins existaient dans l'Église primitive. Leur enseignement et leur rôle évangélisateur était si fondamental à la propagation du christianisme qu'il fut progressivement interdit au Ve siècle (avec quelques exceptions notables), elles furent à ce moment-là mise au silence et exclues de la gouvernance et de la prédication de l'Église.

On se limite toujours à une vision subalterne de la femme au sein de l'Église Le pape Jean-Paul II dans sa lettre apostolique Mulieris Dignitatem (1988) reconnaît toute sa place à la femme, mais affirme la différence entre hommes et femmes, qui seraient égaux en dignité, mais non en fonction. Dans ce discours, la place centrale de la femme est réduite à la maternité et la fécondité. Actuellement la hiérarchie ne voit la présence de la femme que dans le cadre domestique. Ce discours est inaudible dans une société où hommes et femmes peuvent avoir les mêmes rôles. La femme n'est ni l'aide, ni la seconde de l'homme.

Du fait de la baisse du nombre de prêtre, les femmes prennent la relève. De nombreuses femmes partagent certaines responsabilités pastorales avec les prêtres dans l'accompagnement des personnes, des familles et des groupes, comme dans la réflexion théologique. Elles sont désormais indispensables. Dans l'Église, la relation entre hommes et femmes doit donc être une réalité et doit s'établir à tous les niveaux. Des changements concrets pourraient se faire sur le cardinalat, le diaconat ou sur la liberté de prédication, vu que la hiérarchie ne veut pas ouvrir la prêtrise aux femmes. Les femmes devraient aussi être davantage écoutées et prendre part aux décisions.

Pour changer cela, il faudrait déjà commencer par nommer des femmes dans le gouvernement de l'Église. Et pourquoi pas inventer de lieux de décision où les femmes seront égales aux hommes et aux clercs. Il est grand temps de ne plus admettre que les femmes soient écartées des responsabilités dans l'Église. Si le pape François est sérieux dans son souhait d'une «présence féminine plus décisive», alors qu'il donne enfin un vrai rôle aux femmes dans les Église pour que s'élargissent les espaces pour une présence féminine plus décisive dans l'Église.

Merci !

Il est grand temps de donner aux femmes une place plus décisive dans l'Église

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Pensées de paroissiens-progressistes

Repost 0

Publié le 26 Janvier 2014

Le Point.fr, francetvinfo.fr, leJDD.fr et RTL.fr nous montre dans leurs articles du dimanche 26 janvier 2014 qu'en dehors de tout parti ou syndicat, le collectif Jour de colère se réunissait pour manifester à Paris dimanche, de la Bastille aux Invalides, en passant par Port-Royal et Montparnasse, afin d'exprimer les "colères" suscitées par l'action de François Hollande. Une initiative qui a séduit aussi bien Dieudonné que des intégristes catholiques et l'extrême-droite.

Des incidents entre quelques manifestants et les forces de l'ordre ont émaillé dimanche la manifestation, au cours de laquelle 17 000 personnes selon la police, 120 000 selon les organisateurs, sont venues réclamer le départ du président. Au moins 150 personnes ont été interpellés dimanche soir au moment de la dispersion de la manifestation, pour jet de projectiles ou pour port d'armes prohibées, selon un bilan provisoire de la police. Au cours de la manifestation, 19 policiers ont été blessés, dont un "potentiellement gravement" après avoir reçu un pavé dans la mâchoire, a indiqué cette source policière.

Le collectif "Jour de colère", rassemblement hétéroclite formé d'intégristes catholiques, d'opposants au mariage homosexuel, de partisans de l'humoriste controversé Dieudonné, d'identitaires et de familles, a défilé contre "l'action gouvernementale" et pour demander la destitution du président de la République, jugé "trop impopulaire". Ils ont appelé le président François Hollande à se retirer "tout de suite", sinon le "'Jour de colère' ira le poursuivre dans la rue avant de le chasser dans les urnes".

Qu'en pense-t-on à la préfecture de police ? "C'est bien le Printemps français, mâtiné de néopoujadisme", résume une source policière. Sous le couvert de l'anonymat, un jeune sympathisant confirme : "C'est le fruit de discussions entre des groupes du Printemps français et d'autres radicalement anti-Hollande qui se battent notamment contre le matraquage fiscal. Les contacts ont commencé cet automne à Quimper avec les manifs des bonnets rouges. Puis il y a eu des tractations avec les fans de Dieudonné sur la question de la liberté d'expression." Pourquoi ne pas faire équipe avec La Manif pour tous (LMPT) ? "Ils sont trop mous, trop UMP, et puis ils se focalisent sur un seul combat, pas nous."

Dans une déclaration à l'AFP, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a dit qu'il "condamne avec la plus grande fermeté les violences contre les forces de l'ordre commises par des individus, des groupes hétéroclites, de l'extrême et de l'ultra-droite, dont le but n'est que de créer du désordre en n'hésitant pas à s'en prendre avec violence aux représentants des forces de l'ordre". À l'issue de la manifestation, des centaines de personnes, masquées pour certains, ont lancé des projectiles, des bouteilles, des pétards, des barres de fer, des poubelles et des fumigènes contre les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes.

"Non au mariage homo", "Europe sécession, la France est une Nation", ont crié les manifestants, dont quelques-uns portaient des bonnets rouges. Plusieurs drapeaux tricolores, ou bretons, se trouvent dans le cortège qui a entonné La Marseillaise en défilant vers la place des Invalides. "La France aux Français", "Hollande démission", ont-ils encore scandé. Une vingtaine de membres du mouvement Homen ont également défilé torse nu. En marge de la manifestation, une dizaine de militantes du groupe Femen ont scandé "allez brouter ailleurs", avant d'être appréhendées par les forces de l'ordre.

À l'arrivée du cortège place Vauban, une partie de la foule criait : "La France aux Français, bleu blanc rouge !", prévenant : "Ça va péter, ça va péter". Pendant le défilé, beaucoup de manifestants arboraient des drapeaux tricolores, ou bretons, des bonnets rouges, des drapeaux à la fleur de lys, des drapeaux de la Manif pour tous. En queue de cortège, quelques centaines de sympathisants de Dieudonné criaient "Liberté d'expression", dans une allusion à l'interdiction faite à l'humoriste controversé de jouer son spectacle Le Mur en raison de sa tonalité antisémite. Des slogans anti-Israël, ou "CRS, milice des juifs", ont été entendus. Des journalistes accusés d'être des "collabos" ont été pris à partie, ont constaté des reporters de l'AFP.

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a condamné dans un communiqué "les slogans antisémites ainsi que des saluts nazis effectués" en marge du défilé. "Ce 'Jour de colère' s'est transformé en jour de haine", a estimé son président, Sacha Reingewirtz. Interrogé un peu plus tôt sur Radio J, l'ancien ministre UMP Luc Chatel a assuré qu'il "comprenait" la démarche du collectif "Jour de Colère" même s'il ne "soutenait pas" sa manifestation. "Le président de la République élu ne cesse de fracturer la société française, d'opposer les Français les uns aux autres", a-t-il ajouté. Interrogé sur la présence dans le cortège de groupes identitaires, du Printemps français, de Civitas ou de soutiens de Dieudonné - lequel a appelé à manifester - Luc Chatel a ajouté : "À plusieurs reprises vous m'avez entendu condamner les propos de Dieudonné, j'ai toujours condamné l'extrême-droite, donc il n'y a aucune ambiguïté de ma part".

Dans un communiqué, le porte-parole du PS David Assouline "s'indigne" des propos tenus par Luc Chatel et demande à l'UMP de les "condamner". Selon lui, le principal parti d'opposition doit "prendre clairement ses distances vis-à-vis d'un mouvement hétéroclite dont le seul ciment est la haine de la République". Une animosité ambiante qui n'a pas laissé le conseiller régional apparenté PS Jean-Luc Roméro indifférent sur son compte twitter : "Hollande gros pd", "journalistes fils de putes" sans oublier les slogans anti #mariagepourtous, #JourDeColere montre le visage de la haine.

À la fin de la manifestation plusieurs anonymes ont pris la parole sur un podium. Un homme a conspué "la France des oligarques" et loué "la France du pays réel rassemblée aux Invalides". Un autre homme, arborant un bonnet rouge, a donné rendez-vous "à bientôt pour tout brûler". Les personnes qui ont défilé au micro ont fait huer tour à tour François Hollande, Manuel Valls, Christiane Taubira, "le lobby LGBT", "Leonarda", les journalistes. Des chants visaient aussi les francs-maçons. Sur le podium, Béatrice Bourges, qui dirige le mouvement du Printemps français, a demandé que le Parlement entame une procédure de destitution de François Hollande, au nom de son impopularité et de son incapacité à gouverner.

Elle a annoncé se mettre en grève de la faim en attendant cette éventuelle procédure de destitution. "Y en a assez des scandales du président, il déshonore la France", s'est insurgée Marion, la soixantaine et retraitée, venue prendre part au défilé. "Vous êtes ici pour crier votre ras-le-bol, ils sont plus préoccupés par leurs aventures (...) que par le chômage et la liberté du peuple de France", a déclaré au micro un des organisateurs, qui a requis l'anonymat. Un peu facile et peu glorieux.

Plusieurs organisations, qui avaient dans un premier temps manifesté leur intérêt pour ce "jour de colère", censé fédérer tous les mécontentements du pays, se sont finalement désistées. Le Front national, le collectif breton à l'origine du mouvement des bonnets rouges, La Manif pour tous, fer de lance contre le mariage homosexuel, avaient appelé à ne pas participer à cette manifestation.

Finalement comme le dit Giuseppe Di Bella, un historien et un citoyen dans leplus.nouvelobs.com : "Quelques milliers de personnes ont battu le pavé parisien, dimanche après-midi, de la place de la Bastille jusqu’à la place Vauban, sous haute protection policière. Un véritable fiasco pour cet événement, pourtant relayé par de nombreux médias, qui s’est révélé n’être qu’un défilé pathétique d’un échantillon assez représentatif et peu reluisant de cette France rance aux relents pétainistes et qui fait honte à la République et aux valeurs qu’elle incarne."

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0

Publié le 25 Janvier 2014

Le Point.fr dans son article du mardi 21 janvier 2014 que le cardinal salvadorien Oscar Rodriguez Maradiaga, proche du pape, et le cardinal Gerhard Müller s'affrontent sur la communion des divorcés remariés.

De quel côté souffle le vent au Vatican ? Après avoir rencontré le pape François, le cardinal salvadorien Oscar Rodriguez Maradiaga a annoncé que le conseil de la couronne, les huit cardinaux chargés de réformer les institutions de la curie, proposeront la création d'un dicastère - un grand ministère - des laïcs. Et il a attaqué l'archevêque Gerhard Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, l'ancien Saint-Office, qui s'était prononcé contre la communion des divorcés remariés. "Peut-être qu'il a raison, mais peut-être qu'il a tort. Il devrait être disponible pour étudier la question", avait estimé le cardinal Maradiaga.

Pour Mgr Maradiaga, Mgr Müller est un "professeur de théologie classique qui pense trop en termes rigides de blanc et noir, de vérité et d'erreur." D'après Mgr Maradiaga : "Le monde n'est pas ainsi, frère, tu devrais être un peu plus flexible aux autres opinions." Il dit également qu'il "devrait être un peu plus flexible quand il écoute d'autres voies, et ne pas seulement choisir : 'Ici, il y a un mur'."

Or ce sont deux poids lourds du Vatican proches du pape François qui s'affrontent. Papable évoqué à chaque conclave, Mgr Maradiaga a été nommé membre du conseil de la couronne par le souverain pontife. Mais le pape François accordera la pourpre cardinalice à Gerhard Müller lors du prochain consistoire. Il faudra donc attendre les états généraux de la famille qui se tiendront en octobre au Vatican pour savoir lequel des deux aura gain de cause.

Enfin, une voie de sagesse dans cette rectitude figée de la curie qui ne veut aucune ouverture. Espérons que cette parole d'amour touche l'Église qui préfère se retrancher dans une forteresse plutôt que d'aller vers le monde.

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 24 Janvier 2014

Libértaion.fr, L'Express.fr et RTL.fr nous montrent dans leurs articles du vendredi 24 janvier 2014 qu'en pleine tourmente sur sa vie privée, François Hollande a rencontré le pape vendredi, un tête-à-tête délicat pendant lequel a été évoqué le sort de la Syrie, sans esquiver les thèmes épineux de la famille ou de la bioéthique.

Au cours de l’entretien qui a duré 35 minutes, «la défense et la promotion de la dignité de personne humaine ont été examinées», a indiqué le Vatican dans un communiqué laconique. Le Saint-Siège a cité quatre domaines, sujets de vifs débats en France : «la famille», «la bioéthique», «le respect des communautés religieuses» et la «protection des lieux de culte».

Le Vatican n’a pas été plus explicite sur ces thèmes délicats, alors que des catholiques français avaient adressé au pape une «supplique» pour exprimer leur profond malaise face aux lois ou aux projets de loi sur le mariage homosexuel, l’avortement et la fin de vie (suicide assisté). Le cardinal de Lyon Philippe Barbarin a émis la crainte vendredi sur RTL que la modification de la loi sur l’avortement, qui supprime la notion de «détresse», ne comporte un risque de «dérive eugéniste». Le Saint-Siège a par ailleurs évoqué les thèmes plus consensuels de «l’environnement», du «développement», des «migrations», de la «pauvreté», pour lesquels le pape François est très engagé et soutenu par le gouvernement français.

Sans évoquer les sujets de contentieux avec le Vatican et l’Eglise catholique française, François Hollande a affirmé partager avec le pape la même valeur commune de «la défense de la dignité humaine». Et a salué «la simplicité rayonnante des premiers mois du pontificat» de Jorge Bergoglio. Dans une déclaration à la presse -sans possibilité de poser de questions-, le chef de l’État français a préféré mettre l’accent sur les thèmes internationaux largement consensuels.

Concernant la Syrie, il a demandé que le Saint-Siège reçoive la Coalition nationale syrienne, le groupe le plus important de l’opposition. Une délégation syrienne porteuse d’un message de Bachar El Assad avait été reçue fin décembre par le numéro deux du Vatican, Pietro Parolin.

François Hollande a aussi indiqué qu’ils avaient exprimé «la même inquiétude» sur les chrétiens d’Orient qui "doivent pouvoir rester là où ils sont depuis des siècles". Et assuré que «la France défendait partout la liberté religieuse». Le président a souligné que la France se voulait la protectrice des lieux saints dont la liberté d'accès doit être garantie.

Une «convergence totale existe entre la France et le Saint Siège, pour le succès de la conférence climat» à Paris en 2015, a-t-il ajouté. Puis François Hollande a conclu son intervention, très courte, par une invitation en bonne et due forme au pape : "il est le bienvenu dans notre pays quand il le voudra et quand il pensera que ce pourra être un moment important de son pontificat."

A son arrivée dans le Palais pontifical, derrière le solennel cortège des «gentilshommes de sa Sainteté» et l’escorte des gardes suisses, François Hollande était apparu impressionné, et le pape crispé. L’atmosphère était nettement plus détendue à l’issue du tête-à-tête. Le pape François a relevé, en recevant des mains du président un ouvrage sur Saint-François d'Assise, «c’est notre patron !».

Cette visite intervient à un moment délicat pour François Hollande, dont la liaison avec Julie Gayet, une actrice de 41 ans, défraye la chronique. Mais il n’est pas d’usage au Vatican d’aborder des sujets d’ordre privé et la présence de la première dame française, Valérie Trierweiler, avec lequel le président n’est pas marié, n’était de toute façon pas prévue.

Impopulaire auprès de la majorité des fidèles catholiques à l’approche des élections municipales et européennes, François Hollande avait souhaité, selon l’un de ses conseillers, leur adresser «un message fort de dialogue et d’attention». Alors que Nicolas Sarkozy promouvait une «laïcité positive» tenant compte de «l’héritage chrétien de la France», François Hollande se borne à s’afficher en défenseur de la laïcité, «pilier de la République». Mais, pour montrer son ouverture, il s’était fait accompagner de représentants du monde catholique français, dont le père missionnaire Georges Vandenbeusch, récemment libéré au Nord-Cameroun et embrassé avec chaleur par le pape.

La délégation française semble satisfaite de cet entretien. "Beaucoup de citoyens français catholiques se sentaient maltraités, donc c'est important. Le dialogue, c'est comme tout : il faut le nourrir", estime l'avocat Jean-Pierre Mignard qui accompagnait François Hollande dans son déplacement. Car, à travers ce voyage, c'est bien l'électorat catholique qu'il fallait soigner.

Quelques heures avant la visite au Vatican, une bombe artisanale explosait près de Saint-Yves-des-Bretons, l’une des églises françaises de Rome. Elle n’a fait que de légers dégâts et n’a pas de lien avec cette visite, selon les enquêteurs. Une fausse alerte à la bombe a en outre été signalée sur la colonnade Saint-Pierre. Selon les autorités italiennes, elles n'auraient aucun lien avec la visite du chef d'Etat français. Il faut dire qu'on célébrait à Rome, ce vendredi, l'ouverture de l'année judiciaire et qu'au début de la semaine, au cours d'une grande opération anti-mafia, près d'une une trentaine de pizzerias et de bars gérés par la Camorra napolitaine ont été mis sous scellés dans la capitale.

Un premier voyage au Vatican positif pour François Hollande, car il a réussi à trouver des terrains de convergence avec le pape, même si dans d'autres ce n'est pas le cas. C'est un premier pas, plutôt bon.

Merci !

Première rencontre entre François Hollande et le pape au Vatican

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0

Publié le 23 Janvier 2014

BFMTV.com, Libération.fr et L'Express.fr dans leurs articles du jeudi 23 janvier 2014 nous montrent que le face à face entre police et manifestants pro-Union européenne a pris un nouveau tournant, mercredi, à Kiev, avec les violents affrontements qui ont fait 5 morts et 300 blessés. Ce jeudi, la situation était de nouveau très tendue dans la capitale ukrainienne.

Les manifestants pro-UE et la police se sont engagés dans un nouveau face à face, ce jeudi, au lendemain d'une journée de confrontations violentes qui ont fait 5 morts et 300 blessés. Depuis fin 2013, les Ukrainiens manifestent en masse contre le pouvoir en place, qui prévoit un rapprochement avec la Russie au détriment d'une intégration européenne, voulue par les manifestants. La colère est née d'un refus du président Viktor Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'Union européenne, à la fin du mois de novembre. Le Jeudi 16 janvier, le gouvernement a voté, à main levée et en quelques minutes, une série d’amendements restreignant drastiquement la liberté d’expression, d’information et de manifestation. L’objectif de ces lois était d’étouffer le mouvement de protestation. La manœuvre a eu l’effet inverse : elle a lui a redonné du souffle.

Depuis quelques jours, les manifestations ont pris un nouveau tournant, plus violent. Étudiants, retraités, cadres, ouvriers, militants politiques et artistes, partisans nationalistes d’extrême droite et sections «AntiFa» (antifascistes), on peut trouver de tout sur le campement de la place de l’Indépendance. Le dénominateur commun principal étant le rejet de la dérive autoritaire du régime.

Les pro-européens ont lancé un ultimatum au président Ianoukovitch et l'ancien boxeur et leader d'opposition Vitali Klitschko a menacé de "passer à l'offensive" s'il "ne fait pas de concessions". Mercredi, les forces de l'ordre ont lancé plusieurs assauts contre les barricades dressées par les manifestants à proximité du siège du gouvernement et du Parlement. Cinq militants de l'opposition ont été tués et 300 blessés rien qu'au cours de la journée de mercredi, à Kiev, dans les violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Quatre des cinq victimes auraient été tuées par balles. Les barricades ont été renforcées de sac de neige gelée, de bancs publics, pneus et autres morceaux de bois. Multipliées aussi, pour gêner plus encore une éventuelle progression des forces anti-émeute.

À 11h20, l’opposant Vitali Klitschko a appelé les policiers et les manifestants rassemblés rue Grouchevski à une trêve jusqu’à 19 heures, en attendant le résultat de négociations prévues avec le pouvoir. Le gouverneur de la région de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, a présenté sa démission sous la pression d'un millier de manifestants hostiles au pouvoir qui ont envahi son administration.

Alors que manifestants et forces antiémeutes se font toujours face dans le cœur de la capitale, la présidence a annoncé une réunion de travail avec l'opposition, pour sortir le pays de la crise politique qu'il traverse. Face à la pression de l'opposition, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a aussi demandé la tenue d’une session extraordinaire du Parlement, qui selon le président de cette assemblée doit discuter de la démission du gouvernement réclamée par l’opposition.

Le gouvernement ukrainien a démontré toute son horreur avec l'offensive contre l'opposition mercredi et ses lois antidémocratiques dans son pays. Il est toujours vivifiant de voir des gens se lever contre les dictatures, en dehors des groupes d'extrême gauche et d'extrême droite voulant se battre qui n'ont rien à faire dans ce mouvement pacifique.

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0

Publié le 22 Janvier 2014

nouvelobs.com nous montre dans son article du mercredi 21 janvier 2014 que le vote de l'article qui supprime la notion de "détresse" pour une femme voulant demander une IVG, a eu lieu après un débat passionné et parfois grave de plus de deux heures.

L'Assemblée nationale a voté mardi soir l'article controversé confortant le droit à l'interruption volontaire de grossesse et rejeté le déremboursement de l'IVG par la Sécurité sociale. Le vote de l'article "5 quinquies C" du projet de loi sur l'égalité femmes-hommes, qui supprime la notion de "détresse" pour une femme voulant demander une IVG, a eu lieu après un débat passionné et parfois grave de plus de deux heures dans un hémicycle aux rangs garnis d'une centaine de députés.

La gauche a fait bloc pour défendre "un toilettage" d'une "formulation devenue obsolète" de la loi Veil de 1975, clamer le droit des femmes à disposer librement de leur corps et dénoncer tout diktat d'un "ordre moral" et tout "retour en arrière" sur l'IVG à l'image de l'Espagne. Nombre de ses oratrices et orateurs, y compris le chef de file des députés PS Bruno Le Roux, ont souligné qu'une IVG n'était "jamais un acte banal" mais une "décision douloureuse" et qu'une femme n'y recourait pas "pour le plaisir" ou comme "moyen de contraception". La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a notamment souligné que "l'IVG est un droit à part entière et pas une simple tolérance assortie de conditions".

La droite est apparue plus divisée. La majorité des orateurs de l'UMP, souvent des membres de l'Entente parlementaire pour la Famille, ont plaidé pour supprimer l'article, estimant que cette "modification dogmatique" remettait en cause "l'équilibre" de la loi Veil et refusant toute "banalisation de l'avortement". Ils ont aussi reproché à la majorité de vouloir diviser les Français et de vouloir se "ressouder" autour d'un sujet de société entre "sociaux-démocrates, gauche, Front de Gauche qui n'ont plus grand chose en commun sur le plan économique et social".

Affirmant notamment que "jamais la notion de 'détresse' n'a empêché une femme d'avoir accès à l'IVG" et accusant la gauche de "casser ce qui fait consensus" par seul "intérêt politicien, politicard", le chef de file des députés UMP Christian Jacob a voté contre l'article. Mais des élues comme Nicole Ameline ou Françoise Guégot ont défendu la disparition de la notion de "détresse". "Dénier aux femmes la capacité de juger elles-mêmes, de décider serait un recul juridique et une défaite de la pensée", a lancé l'ancienne ministre de la Parité, pour laquelle si la France "ne sert pas la cause du droit des femmes, elle trahira sa trahison".

A l'UDI, si Sonia Lagarde puis Jean-Louis Borloo ont personnellement soutenu l'article, ils ont regretté qu'il "crée une fracture inutile dans notre société, source de tensions et divisions". L'extrême droite a plaidé pour la suppression de l'article controversé. "Pour défendre quoi qu'on en dise la vie, il faut conserver ces gardes fous qui sont aussi moraux", a estimé Marion Maréchal-Le Pen (FN).

L'amendement d'une quinzaine de députés UMP pour dérembourser l'IVG a été très majoritairement rejeté, par 142 voix contre 7. À l'UMP Jean-Frédéric Poisson qui défendait cet amendement en faisant notamment valoir qu'"avorter consiste à mettre fin à une vie humaine", la ministre a rétorqué qu'il était "insupportable" de vouloir "exclure du droit à l'IVG les femmes les plus modestes". Sur cet amendement-là, Christian Jacob a lui marqué son "désaccord" avec Jean-Frédéric Poisson, affirmant que "l'IVG de confort n'existe pas" et qu'il s'agit d'"un acte médical" pour lequel il est nécessaire de "maintenir le remboursement".

Comme le dit Libération.fr dans son article, au-delà de leur caractère scandaleux, les propos des leaders de la droite devraient être l’occasion de prendre la mesure des conditions concrètes difficiles dans lesquelles aujourd’hui les femmes ont parfois accès à l’IVG en France. Le Planning familial s’en est récemment inquiété. Les moyens manquent, et les structures se fragilisent alors qu’est partie à la retraite la génération de médecins généralistes militants qui, souvent, grâce à des vacations bien peu rémunératrices ont permis au système de fonctionner, en parallèle des services de gynécologie des hôpitaux. S’attaquer à la détresse des centres d’IVG : voilà ce que devrait être le nouveau combat de la gauche en matière de droit à l’avortement. Une belle mise au point.

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0