Publié le 30 Avril 2014

En ce 30 avril, jour de notre 36ème anniversaire, nous allons parler de l'édit de Sardique (actuelle Sofia, en Bulgarie) qui montre que la vision qu'on avait de l'empereur Galère est une fabrication littéraire.

Galère appliqua avec une certaine dextérité les mesures de persécutions des chrétiens suite aux édits de 303 et 304, et cela laisse une image faussé de ses actions, car c'était lui qui devait appliquer les mesures de Dioclétien comme César. On a sans doute exagéré son rôle dans celles-ci. Pourtant, les communautés chrétiennes situées dans les territoires placés sous sa juridiction ne semblent pas avoir été particulièrement maltraitées. Il suffit de voir la ville de Myrrhe où les empereurs furent cléments avec les chrétiens.

Devenu Auguste de l'Est en 305, il appliqua les lois romaines avec une certaine vigueur, mais se rend bien vite compte qu'elles sont contre productive. Il faut dire que Maximin Daïa son César est un païen fervent, qui ordonne en 306, puis en 308, un sacrifice général aux divinités païennes. Les chrétiens réfractaires sont mutilés et envoyés travailler dans les mines et les carrières. Les exécutions seront peu nombreuses, sauf en Égypte. Cela peut expliquer pourquoi Galère a choisit pour lui succéder Licinius en 308, lui qui était un peu plus tolérant à propos des chrétiens. Maximin Daïa était allé trop loin. Mécontent, il se proclame Auguste en 310.

Dès 311, il change de voie et publia le premier édit de tolérance en faveur des chrétiens, l'édit de Sardique, le 30 avril. Cet édit est promulgué en son nom, mais aussi au nom de ses trois collègues Constantin, Licinius et Maximin Daïa. Par ce biais, il demande humblement à aux chrétiens de prier pour lui et pour le salut de l'Empire. Tous les chrétiens emprisonnés sont alors libérés. Une condition est de mise celle de ne pas troubler l'ordre public. Ainsi, comme Gallien, il restituait aux chrétiens leur liberté de culte. Le christianisme devenait alors une religion licite. C'est le dernier acte politique de Galère qui mourra au mois de mai 311. Maximin Daïa se dépêchera de ne pas appliquer cet édit qu'il avait accepté à contrecœur et d'appliquer les édits de 303 et 304 contre les chrétiens, mais une telle idée ne tombera pas dans les oreilles d'un sourd, car cela donnera l'idée à Constantin de l'édit de Milan en 313.

Lactance avait chargé Galère, car on pouvait le mettre comme coupable de la persécution assez facilement, mais son concepteur était Dioclétien, et Constantin revendiquait l'héritage de ce dernier, donc par un beau jeu littéraire il était devenu un vieux gâteux influencé par le méchant Galère. Et voilà Dioclétien nettoyé de ses péchés.

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L'édit de Sardique

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Publié le 29 Avril 2014

Libération.fr nous montre dans son article du lundi 28 avril que le défenseur brésilien du FC Barcelone Dani Alves a mangé une banane lancée par un supporteur raciste lors d’un match du Championnat d’Espagne. La présidente brésilienne a salué son geste sur Twitter. Un buzz planétaire était né.

Le «geste audacieux» de Dani Alves a été salué par la présidente du Brésil Dilma Rousseff elle-même: manger une banane, comme l’a fait le défenseur brésilien du FC Barcelone dimanche, est devenu un geste antiraciste «tendance» au Brésil.

Le jet de banane fait partie de la panoplie raciste de certains supporters visant des joueurs noirs ou métis. En Europe, cela se produit régulièrement sur les terrains d’Espagne et d’Italie. Avant de tirer un corner dimanche dans le Championnat d’Espagne, Dani Alves a ramassé une banane lancée des gradins, l’a épluchée et l’a engloutie. «Cela fait 11 ans que je suis en Espagne et depuis 11 ans c’est pareil. Il vaut mieux rire de ces attardés, a-t-il expliqué après le match remporté à Villarreal (3-2). On ne va pas réussir à changer ça, donc il faut prendre les choses en riant et se moquer d’eux».

Il a fait remarquer aussi que le surcroît d’énergie procuré par le fruit lui avait permis de faire deux centres qui allaient aboutir à deux buts barcelonais... Et d’enfoncer le clou sur Twitter : «Mon père m’a toujours dit: mon fils, mange des bananes pour éviter les crampes, hahaha. Comment ont-ils pu deviner ç a?»

«Le joueur @DaniAlvesD2 a donné une réponse audacieuse et forte au racisme dans le sport, a réagi Mme Rousseff sur le même réseau social. Devant un comportement qui malheureusement tend à devenir habituel dans les stades, @DaniAlvesD2 a eu du cran». Elle a aussi salué la campagne #somostodosmacacos («nous sommes tous des singes»). lancée par Neymar : le joueur vedette de la sélection du Brésil et coéquipier de Dani Alves au Barça avait été l’un des premiers à dégainer après le match, avec une photo postée sur Instagram le montrant sur le point de manger une banane, auprès de son fils portant une peluche en forme de ce fruit.

La mode était lancée: des milliers de personnes ont publié depuis dimanche soir des messages de soutien à Dani Alves, parfois accompagnés d’une photo de «manger de banane». Des anonymes, mais aussi d’innombrables personnalités. Trois joueurs brésiliens de Chelsea ont ainsi mis en ligne une vidéo, où l’on voit David Luiz tenir une banane et dire : «Nous sommes heureux et nous sommes tous...», avant que Willian et Oscar, autour de lui, enchaînent : «Des singes !» D’autres Brésiliens célèbres se sont rangés sous la bannière «nous sommes tous des singes», comme le chanteur Michel Telo (auteur du tube planétaire «Ai se te pego» ou le pilote de Formule 1 Rubens Barrichello.

Côté foot, le président de la Fifa Sepp Blatter a dénoncé sur Twitter «un outrage» et promis une «tolérance zéro» pour toute forme de discrimination à la Coupe du monde. L’Argentin de Manchester City Sergio Agüero s’affiche avec Marta, la star de l’équipe féminine du Brésil, tous deux croquant dans une banane. Romario, ex-attaquant et actuel député fédéral au Brésil, a estimé que le racisme «n’a pas disparu mais a été défait» par Dani Alves.

Mais c’est l’avant-centre de la Seleçao, Fred, qui résume la contre-attaque antiraciste. On le voit sur sa page Facebook en train de faire un bras d’honneur : en portugais, on appelle cela «faire une banane»... Il rappelle que «ce problème ne se limite pas à l’Espagne, c’est un mal qui entache le sport et la société en général dans le monde entier».

Y compris au Brésil : des incidents racistes se sont produits ces dernières semaines. Le petit club d’Esportivo de Veranopolis, dont des supporters avaient bouché le tuyau d’échappement de la voiture d’un arbitre noir avec une banane, a été sanctionné d’un retrait de 9 points dans son championnat régional, et de ce fait relégué.

Le «manger de bananes» prend aussi un tour inattendu : certains internautes estiment ainsi qu’en reconnaissant que «nous sommes tous des singes», la théorie de l’évolution de Charles Darwin bat en brèche celle du créationnisme, enseignée par bon nombre d’églises évangéliques, auxquelles appartiennent de nombreux joueurs brésiliens...

Un geste d'une intelligence rare qui renvoie les racistes à leur bêtise et montre que face à la haine de pseudo-supporters, un homme peut entraîner un mouvement salutaire que ce soit dans le football et dans la société. Bravo Dani Alves !

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La banane de Dani Alves, symbole antiraciste planétaire

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Publié le 28 Avril 2014

Aujourd'hui qu'en est-il de la liberté de conscience ? Permise par le concile Vatican II, elle est dans les faits peu mise en pratique au sein de l'Église. Penser pour des évêques, des prêtres et des fidèles est un crime. Dire que l'Église a tort sur des sujets sur lesquels on doit voir l'expérience humaine est un crime. Oui, l'opinion est un délit. Pour être catholiques, les fidèles devraient donc penser comme le pape (si c'est lui qui décide ?) et agir comme le veut le pape (si c'est agir comme lui ? Car est-ce la vision du pape quand c'est des courants réactionnaires minoritaires qui la mettent en avant ?). Chez certains de nos hiérarques, on est libre d'obéir, mais pas de penser.

La liberté de conscience individuelle ne vaut pas grand chose face à la rigidité doctrinale de l'Église, on ne respecte même pas l'intelligence des croyants. Pour la hiérarchie, un bon catholique est soumis à Rome. Mais l'obéissance n'est pas la soumission, c'est chercher à comprendre, à voir le positif de ce qui est dit. L'obéissance se fait toujours dans la liberté et la limite des règles qui fixe l'autorité.

Obéir à ce que Rome déclare sur tout les sujets, c'est accepter qu'on pense à sa place. Pour l'Église, pas besoin de réfléchir puisque les évêques et les prêtres, se ressemblent tous et sont bien serviles, ils relayent les enseignements aux fidèles qui ne doivent même pas montrer leur désaccord. Et le sommet de l'Église préfère s'appuyer sur des groupes conservateur qui infantilisent des chrétiens et des chrétiennes à travers le monde, car elle a peur qu'ils puissent lui dire qu'elle a tort sur de nombreux sujets.

Cette Église fermée sur elle-même a fait son temps. Aujourd'hui les catholiques ont accès à la Parole de Dieu dans leur langue, ils fréquentent également des cours de théologie, biblique et de sciences des religions, des sessions de formation spirituelle. Ils lisent, méditent et pratiquent les Évangiles. Maintenant, que les catholiques sont plus éduqués et autonomes, ils n'ont plus besoin qu'on leur montre comment être catholique et qu'on leur dise comment penser.

Les catholiques doivent penser par eux-mêmes et exercer un jugement critique, ce n'est pas un crime car si l’Église catholique promeut la liberté de conscience, elle doit donc faire cause commune avec la société et même accepter qu'elle ne pense pas comme elle. Car beaucoup de catholiques qui sont attachés à l’Église ont des convictions différentes sur des sujets comme la famille, le mariage, la sexualité ou les ministères de l’Église. Il faudrait donc revenir à l'essentiel.

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La liberté de conscience n'est pas un crime au sein de l'Église !

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Publié le 27 Avril 2014

Depuis hier, tous les médias nous parlent de la canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II jusqu'à la nausée. Jean XXIII est un peu un alibi, car Jean-Paul II était tout son contraire. Oui, ce dernier est à l'image de son pontificat : l'immobilisme et la peur du changement, ce qui est drôle pour quelqu'un qui nous disait de ne pas avoir peur. Malgré tout, tout n'est pas à rejeter dans son pontificat : comme la mise en avant des droits de l'homme, la liberté religieuse et du dialogue interreligieux sauve son pontificat. Jean XXIII est le grand oublié. D'ailleurs, à chaque personnes interrogées par les journaux télévisés, nous avons le droit aux hommages à Jean-Paul II, et on passe rapidement sur Jean XIII, certains disent même ne pas le connaître. Sympathique pour celui qui a ouvert l'Église dont Jean-Paul II a rapidement fermé les fenêtres.

Depuis 8h du matin, la place Saint-Pierre est noire de monde. On attend près d'1 million de pèlerins, mais les habitants de Rome en ont déjà assez de ces derniers. Le Vatican veut faire un monstrueux raout de la foi pour montrer qu'il a encore de l'influence. Vers 9 heures, les fidèles tuent le temps en faisant des cantiques et des chapelets. À 9h30, Benoît XVI le pape émérite arrive aidée par deux personnes. On apprend qu'il y aura plus de 98 délégations étrangères. Les personnes politiques s'installent à 9h40, Manuel Valls arrive sur place à 9h50. Dommage que Robert Mugabe y soit. La messe commencera à 10h et devrait durer 2 heures. Tout le monde se rend compte que cette canonisation sert surtout à unifier deux tendances dans l'Église qui n'ont plus rien en commun, les progressistes et les conservateurs (pour ne pas dire les traditionalistes).

Le pape François est arrivé à 9h58, la messe commence à 10h. À 10h15, par la phrase "Nous les inscrivons au catalogue des saints", le pape François canonise Jean XXIII et Jean-Paul II. Les reliques des deux papes furent posées à côté de l'autel. Nous partons à 10h45 pour la messe qui a lieu à 11h. Arrivé sur place, je parle mon prêtre qui me demande si je suis "papiste", je lui dis que non, car pour moi un pape doit être un guide et pas un homme de pouvoir. Il me fait part qu'il avait vu à Rome des inscriptions en latin disant que le pape était le "Grand pontife", tout en y contemplant la richesse et le luxe, ce qui n'était pas pour lui l'Évangile. Je lui dis alors qu'il y a ceux qui voient l'Évangile et qui ne la voit pas.

De retour chez nous à 12h15, nous apprenons sur BFMTV que La Manif pour Tous pour tous était présente avec ses drapeaux et siffla le premier ministre, Manuel Valls. Nous pensons comme Bernard Lecomte que ce n'était pas le lieu pour ça. Comme le signale BFMTV.com, lors de son homélie, le pape François a salué "deux hommes courageux". "Papes du XXe siècle, ils en ont connu les tragédies, mais n'en ont pas été écrasés", a-t-il déclaré. Il a salué "l'immense service" rendu par Jean XXIII à l'Eglise avec Vatican II, et consacré Jean Paul II comme "le pape de la famille". À 12h50 après avoir salué les délégations officielles parmi eux Manuel Valls, le pape salue la foule dans sa papamobile, où se trouve le maire de Rome Ignazio Marino du Parti Démocrate, qu'il a invité. 800 000 fidèles étaient présents, moins que les 1 millions prévus. L'honnêteté sur les chiffres de la part du Vatican est ici louable.

Ces canonisations démontrent les limites de tels événements qui coutent très chers pour l'Église, alors qu'autant d'argent aurait été utile pour aider les pauvres. De même, comment l'Église peut-elle encore faire des saints vu qu'elle ne respecte plus les critères qu'elle a mis des siècles à faire dans ce processus. Il faut donc trouver un nouveau modèle plus simple et moins politique.

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La canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II : Le Vatican en a fait un peu trop

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Publié le 26 Avril 2014

ouest-france.fr et lapresse.ca dans leurs articles du vendredi 25 avril 2014 nous montrent que la canonisation des deux papes Jean-Paul II et Jean XXIII peut être considérée comme une canonisation symbolique du Concile Vatican II. Il est certain que Jean XXIII est celui qui a lancé le changement et que Jean-Paul II est celui qui l'a stoppé.

Le Concile Vatican II a marqué l'ouverture de l'Église au monde moderne entre 1962 et 1965. Cinq papes, Jean XXIII, Paul VI, Jean Paul II, Benoît XVI et François (dont les trois premiers sont décédés) peuvent être considérés à des titres différents comme des hommes du Concile.

Angelo Giuseppe Roncalli (Jean XXIII) était un homme de l'ancienne Église préconciliaire, conservateur mais ouvert par tempérament. Sa carrière de nonce (diplomate) lui a permis de connaître des réalités diverses non catholiques. En 1959, conscient des nombreux mouvements qui agitent l'institution, il convoque le Concile à la surprise générale. La Curie conservatrice espère que rien ne changera ; mais le pape acceptera vite un changement en profondeur.

Surnommé dès son élection le «bon pape» par les Italiens à cause de son affabilité, il convoque le concile Vatican II en 1962 pour «ouvrir l'Église au monde moderne», selon son biographe Massimo Faggioli, théologien à l'Université Saint-Thomas au Minnesota. Mêlant audace et prudence, il crée une commission chargée de rapprocher l'Église des juifs et des protestants, et voulait qu'on discute du mariage et la contraception lors du concile Vatican II, mais cela sera reporté par son successeur Paul VI. Selon M. Faggioli, qui a basé son livre sur le journal personnel tenu par Angelo Roncalli jusqu'à sa mort due au cancer en 1963, Jean XXIII ressemblait davantage à François qu'à Jean-Paul II.

Giovanni Battista Montini (Paul VI), également homme de l'ancien système, un moment bras droit de Pie XII, se retrouve, à la mort de Jean XXIII en 1963, en charge de mener le Concile à son terme. Il en sera le principal artisan et devrait être béatifié à l'automne pour avoir conduit cette ouverture. Il a dû gérer les divisions profondes de l'Église à la suite du Concile, en mai 1968 : contestations d'extrême gauche et d'extrême droite, départ d'une partie du clergé, controverse autour de l'interdiction de la pilule, mise en cause des dogmes, etc. Il vivra très douloureusement cette crise.

Paul VI a eu un pontificat particulièrement actif, marqué par les premiers voyages d'un pape dans le monde entier, de l'Inde à l'Ouganda et à la Colombie, des Nations unies à la Terre Sainte, et des encycliques importantes, mais aussi difficile et parfois contesté. Il aura initié un dialogue sans précédent avec la communauté des nations et les autres confessions religieuses. Souverain pontife d'une grande ouverture et très scrupuleux, il est attentif à toutes les évolutions du monde et aux situations d'injustice de guerre, et l'étendue de la contestation dans l'Église devait l'amener souvent à prendre des positions rigoureuses, étiquetées de droite par les critiques, et qui montre qu'il n' a pas su parler comme Jean XXIII a la société contemporaine.

Karol Wojtyla (Jean Paul II) est à 42 ans, en 1962, un jeune porte-parole de l'épiscopat polonais à Vatican II, remarqué par son brio et son énergie. Pendant ses vingt-six ans de pontificat, il ne cessera de se référer à ce Concile, pour manifester l'ouverture de l'Église au monde, tout en mettant au pas les plus progressistes. Un Concile recadré, mais où l'ouverture au monde est approfondie (par exemple avec les repentances et le dialogue interreligieux).

Ses détracteurs lui reprochent d'avoir arrêté l'expérimentation théologique post-Vatican II, notamment en s'opposant à des prêtres militant ouvertement pour les mouvements de gauche en Amérique latine, et d'avoir à maintes reprises fustigé la contraception et l'avortement, qu'il estimait faire partie d'une «culture de la mort». Il a notamment incité les familles des femmes violées par des soldats durant la guerre en Bosnie à encourager ces dernières à refuser l'avortement au lieu de les exclure de leur communauté. La fin de son pontificat a été marquée par des scandales d'agressions sexuelles par des prêtres couverts par des évêques.

Le théologien allemand Joseph Ratzinger (Benoît XVI) a 35 ans et plein d'idées de renouveau pour l'Église quand il accompagne le cardinal de Cologne Joseph Frings au Vatican pour le Concile. Il jouera un rôle actif, de réformiste. Après mai 1968, il opère un virage conservateur face à ce qu'il perçoit comme des dérives de gauche. À ceux qui disent que le Concile est une «rupture» avec les siècles passés, il répond «renouveau dans la continuité». Pourtant, le concile Vatican II n'a rien à voir avec les autres, car il n'est pas un concile d'interdiction mais de dialogue, ce qui était nouveau. Il confiera que le Concile est l'événement central de sa vie.

Dès le départ, le cardinal Ratzinger était plus enclin à la réflexion théologique qu’à l’exercice d’un ministère. Son pontificat aura été éprouvant tant il aura été ponctué de crises, avec en premier lieu les scandales pédophiles. L'affaire Vatileaks qui éclate en 2012 aura achevé d’épuiser un homme dont le bilan est largement controversé et placé sous le signe de la tradition.

Jorge Mario Bergoglio, devenu l'an dernier pape, est un homme dont toute la carrière de prêtre a été influencée par le Concile. C'est pourtant le seul des cinq à ne pas avoir participé à ses travaux. Il a 25 ans et suit la longue formation jésuite exigée par la Compagnie de Jésus quand le Concile commence en 1962. Il sera ordonné en 1969, six ans après sa fin. Sa jeunesse aura été préconciliaire mais toute sa vie de prêtre sera sous le signe du renouveau de Vatican II. Il en connaît aussi en Argentine, au sein des jésuites, les suites mouvementées. Il parlera moins que ses prédécesseurs du Concile, comme si c'était pour lui une réalité désormais intégrée, naturelle.

Le but est de faire deux canonisation pour montrer une unité en trompe l'œil de l'Église qui n'a jamais été aussi divisée, alors l'Église devrait arrêter de faire des saints, et plutôt avoir les actes qui feront d'elle la porteuse du message des Évangiles.

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Publié le 25 Avril 2014

Pour certains catholiques surtout conservateurs, l'influence de l'Église aurait baissé à cause de la "révolution des œillets" de 1974, il n'en est rien, car l'Église avait vu beaucoup de ses activités (scoutisme, mouvements ouvriers, universités catholiques) interdites par la dictature salazariste être autorisées après 1974. On partait pourtant de loin, car la hiérarchie catholique était colonialiste, et proche de la dictature. Elle voyait d'un mauvais œil Paul VI et l'attaquait pour son tiers-mondisme.

Les années 1960 furent une poussée d'Archimède pour l'Église. Les fidèles catholiques animés par le concile Vatican II qui amenait alors chez eux de grandes espérances de réformes dans l'Église, voulaient que leur hiérarchie change d'attitude sur l'Estado Novo (État Nouveau). Des catholiques avaient alors participés à la révolte de Sé (1959) et au coup de Béja (1962). Il y avait durant cette période une reconfiguration de l'identité catholique qui révéla que la question de liberté était assumée par des citadins hommes et femmes.

En 1958, Le cardinal Manuel Gonçalves Cerejeira, un ami personnel de Salazar, se lève contre l'interdiction de la JOC, mais reste silencieux lors de la fermeture du journal O Trabalhador (Le Travailleur), de l'exil du Père Abel Varzim au Minho, de l'exil du Père Joaquim Alves Correia, du manque de solidarité avec l'évêque de Porto, et Dom António Ferreira Gomes, après lettre écrite en 1958 à Salazar demandant la liberté pour l'Église d'enseigner sa doctrine et accusant le régime d'être une "tyrannie d'occupation." En 1959, commence l'exil de l'évêque de Porto anticonformiste. Il durera dix ans. Un nouveau groupe de 43 catholiques rédige un document sur "Les relations entre l'Église et l'État, et la liberté des catholiques." Plus de 45 écrits critiquent Salazar sur la répression policière. Cette "révolte de la cathédrale", compta sur la participation de certains éléments de la JOC.

En avril 1963, le pape Jean XXIII publie l'encyclique Pacem in Terris, dont le contenu est censuré, déformé ou même interdit. Sans aucune protestation des évêques, qui, d'ailleurs, n'avaient pas non plus publiés de commentaire à ce sujet. Un an après l'encyclique, est fondée à Lisbonne Pragma, "une coopérative de diffusion culturelle et d'action communautaire", inspirée par la pensée de l'encyclique papale, mais pas dans le cadre confessionnel.

Cette effervescence poussa plus fort. En 1967, 106 prêtres écrivirent une lettre contre le cardinal et patriarche de Lisbonne, Manuel Gonçalves Cerejeira demandant sa démission à cause de sa relation avec la dictature de Salazar, voulant le remplacer par l'évêque Manuel Falcaõ. La même année, se mit en place un groupe informel réunissant 42 groupes catholiques, connu sous le nom de C43 soutenant l'évêque Manuel Falcaõ.

En 1968, dans le patriarcat de Lisbonne, se créa un groupe anticolonialiste, la "Tribuna Libre" (La Tribune Libre). En 1969, 68 prêtres de 5 diocèses (Lisbonne, Porto, Coimbra, Guarda et Portalegre-Castelo Branco) et congrégations religieuses défièrent leur hiérarchie. Le prêtre Carlos Póvoa dit alors la pensée de ces hommes d'Église. Pour eux, la liberté du prêtre les amènent à se libérer d'une Église qui croit que le service des pauvres se fait avec l'alliance des puissants. Ils voulaient que l'Église prenne le parti des pauvres et des opprimés, et dénonce un système capitaliste trompeur.

Un autre groupe de prêtres était le CIDAC (Communauté Interdiocésaine pour le dialogue et l'action du clergé), créé en Septembre 1969. Le groupe voulait participer aux réunions du clergé européen, qui se tenait à Coire (Suisse) et à Rome (Italie) au même moment. Un autre réseau informel, où se trouvait des laïcs et des religieux, était le “Terceiros Sábados” ("Troisième Samedi"), datant des années 70. Il se réunissait le troisième samedi de chaque mois, à la maison des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, à Campo Pequeno (Lisbonne). Plus qu'un groupe, c'était une rencontre fortuite dans l'ombre de thèmes religieux, afin que les gens impliqués dans des activités clandestines puissent échanger des informations - et où commença à apparaître une nouvelle génération d'opposition catholique, lié par exemple à la JEC et la Capela do Rato.

Des catholiques participèrent aux mouvement d'oppositions armées MOONLIGHT, ARA et BR. après la parodie des élections législatives des années 1969. La hiérarchie voit alors ces groupes comme des marginaux, là est son erreur. Elle les poursuivit, essaya de les faire disparaître ou de les éliminer. L'un d'eux Carlos Póvoa en paya le prix fort, car il fut mis en prison en 1973 et y resta jusqu'au 27 avril 1974. Mais la PIDE, la police politique, est débordée par ces nombreux réseaux catholiques qui lui font tourner la tête. Ce n'est qu'à partir de 1973, que la hiérarchie soutiendra la démocratie parlementaire, les évêques conservateurs furent peu à peu remplacé par des hommes plus ouverts.

Durant l'été 1973, un groupe de militants de la JEC réagit contre la nomination du père Victor Pinto Feytor comme assistant de la JEC. Le but était de rendre plus obéissant ce mouvement catholique envers la hiérarchie. L'équipe eu gain de cause et ce fut un des leurs António Matos Ferreira qui eu cette place, même s'il ne fut pas reconnu par l'épiscopat, ce qui les amena à poursuivre leur action. Lors d'un camp d'été à Peniche, en Août 1973, l'UCC montre que les jeunes contestent le nouveau patriarche car ils ne comprennent pas pourquoi la hiérarchie ne s'oppose pas à la guerre coloniale. Une semaine avant le 25 avril 1974, l'UCC publia un manifeste contre le colonialisme.

Le nouveau patriarche de Lisbonne António Ribeiro géra de nombreuses situations conflictuelles et après le 25 avril, il avait atteint une position d'équilibre, laissant tomber les nouvelles tentations antidémocratiques au sein de l'Église. À partir du 25 avril 1974; Le Parti socialiste portugais se distingua pour avoir voulu éviter que le nouveau régime répète l'erreur initiale de la 1ère République, c'est-à-dire un conflit ouvert avec l'Église catholique. Ce traitement de faveur permet d'expliquer l'ouverture de l'Église au Portugal et son progressisme comme le montre le fait qu'elle ne s'est pas opposée au mariage gay. Elle alla même plus loin. En 1975, le droit de divorcer pour les couples mariés est permis alors qu'il avait déjà été reconnu par l'Église. En 1976, l'État proclama dans la Constitution la liberté de culte sans que l'Église s'y oppose.

Les catholiques jouèrent un rôle important dans la maturation du 25 avril 1974 qui est aujourd'hui une référence pour tous les Portugais, et il faut remercier le concile Vatican II qui poussa des hommes de bonne volonté à vouloir se libérer d'une dictature niant les principes même du message évangélique.

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L'Église et le 25 avril 1974 au Portugal

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Publié le 24 Avril 2014

Dans l'article de Philippe Ridet, correspondant du Monde à Rome, dans le Monde.fr du 21 avril, de Maxime Blanchard dans Figaro.fr du 22 avril, et dans La Croix.com le même jour, on apprend sans surprise que la volonté de réforme du pape du mode de vie des hiérarques de l'Église ne va pas de soi.

D'après un article de la Republica du 20 avril, l'ancien secrétaire d'État de Benoit XVI, Mgr Tarcisio Bertone, pourtant un Salésien, a décidé de s'installer dans un vaste appartement de 700 m2 dans le palais San Carlo, réservé aux dignitaires de l'Église, celui-ci restant camerlingue de la Sainte Église romaine, un rôle crucial qu'il a assumé au moment de la démission du pape Benoit XVI. Celui-ci serait en cours d'aménagement car comme le précise La Croix : « L’appartement, qui comporte également un toit terrasse de 100 m2 , serait la réunion d’un appartement de 400 m2 , où vivait l’ancien inspecteur général de la Gendarmerie vaticane sous Jean-Paul II, et d’un autre appartement de 100 m2 où vivait Mgr Bruno Bertagna, vice-président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, jusqu’à sa mort en octobre dernier. » Il devrait y loger avec trois bonnes sœurs, chargés des tâches ménagères. Mais, même avec leur présence, rien ne justifie en aucun cas un tel agrandissement, même pour accueillir un camerlingue.

Ici, il y clairement de la provocation de la part du cardinal Bertone. Le palais San Carlo est étrangement limitrophe de la demeure du nouveau pape, un deux pièces de 70 m2 de la résidence Sainte-Marthe. En effet, ce dernier avait refusé d'intégrer les appartements pontificaux de 300m2 au troisième étage du palais apostolique, car il avait expliqué apprécier « être au milieu d'autres membres du clergé », ce qui signifiait dans les faits qu'il ne voulait pas vivre aussi isolé des réalités de l'Église que l'avait été Benoit XVI lors de son pontificat. La résidence Sainte-Marthe compte bien 120 chambres réservées aux invités de passage et habitées en permanence par des évêques et des prêtres. Une demeure à l'image de son message réformateur concernant « une Eglise des pauvres au service des pauvres » à l'image du message de Jésus dans les évangiles. Peut-on alors s'étonner de la « grosse colère » à cette nouvelle, non de l'installation (elle était connu de tous), mais de la somptuosité des aménagements, rapporté par le journal Republica, qui ne rapporte pas sa source. Ce qui est normal vu le principe de confidentialité, qui est nécessaire à l'existence d'une véritable liberté de la presse ! C'est une première, mais compréhensible surtout après les nombreux scandales financiers qui ont touché l'Église récemment comme le rappelle très bien La Croix : « Cette affaire survient après la démission, en mars, de Mgr Franz Peter Tebartz-van Elst, évêque de Limbourg (Allemagne), pour son implication dans les importants dépassements budgétaires lors des travaux de construction de son centre diocésain, incluant sa luxueuse résidence pour un coût de 31 millions d’euros.

Au début du mois, c’est l’archevêque d’Atlanta (sud-est des États-Unis), Mgr Wilton Gregory, qui avait dû présenter ses excuses après avoir fait construire une résidence de 2,2 millions de dollars (1,6 million d’euros) et qu’il a finalement décidé de quitter. »

Comment donc avoir l'air crédible quand un des hauts responsables de l'Église ne s'astreint pas à suivre les recommandations du pape sur le mode des vies des prêtres et des évêques, et fait comme si il n'y avait eu aucun scandale auparavant. On comprend alors pourquoi, le Jeudi Saint, il a repris ses propos virulents, de début de pontificat, contre les « prêtres onctueux, somptueux et présomptueux » qui, au contraire, devraient avoir la « pauvreté » pour compagne.

Cela démontre que le courant conservateur est encore bien prégnant au Vatican et fera tout pour freiner des quatre fers toute tentative de réforme au sein de la hiérarchie ecclésiale comme de la Curie, et pourra compter sur des hommes comme Mgr Tarcisio Bertone, qui semble encore en vouloir au pape François, qui l'a licencié en août 2013 du poste de secrétaire d'État au profit du cardinal Pietro Parolin, alors qu'il avait tout fait pour y demeurer. Mais ce n'était plus possible tant le scandale Vatileaks a prouve ce qui n'était plus un secret pour personne, même pour Benoit XVI, que Tarcisio Bertone n'était pas l'homme qu'il fallait pour être le n° 2 du Vatican : erreurs de gestion, choix malencontreux, favoritisme surtout en faveur des conservateurs, sans, rapporte-t-on, que son honnêteté ne soit mise en cause. Je ne savais pas que le népotisme était considéré comme une pratique honnête aujourd'hui ? Et, en plus, son anti-sécularisme forcené, prouvant qu'il ne connaissait rien à la diplomatie, l'a mis en froid avec certains États européens, dont la France, alors que le Secrétaire d'État est censé être aussi un équivalent de ministre des Affaires étrangères. Si on ne compte pas ses propos ridicules, rapporté par Le Monde le 12 avril 2010, associant homosexualité et pédophilie en totale contradiction avec ceux de Benoit XVI, rapporté par le même journal le 17 avril 2008, alors qu'il est censé être en accord avec ce dernier. Dans ces conditions, il était peu réaliste que le pape François le maintienne à son poste où il allait avoir besoin d'un homme de confiance et connaissant les arcanes de la diplomatie, d'où le choix du cardinal Parolin.

Le pape François ne pourra pas se contenter de sa seule colère, il va devoir, comme il l'a fait à Limbourg, se montrer ferme au risque de déplaire aux conservateurs. Ce qui prouve bien que depuis, le début de son pontificat, il y a bien une lutte ouverte qui s'engage entre les hommes, installés par Benoit XVI, et lui, qui compte étrangement sur le soutien de son prédécesseur. Cela n'a rien d'anormal en soi car il espère que le pape François pourra réussir là où il a échoué, la Réforme de l'Église.

Freyr1978

La grosse colère du pape François !

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Publié le 23 Avril 2014

gonews.it dans son article du mardi 22 avril, nous montre la réaction d'Adele Corradi, un ancien collaborateur de Don Milani au sujet de sa réhabilitation et il ne mâche pas ses mots envers l'Église.

"Don Milani réhabilité. De quoi ? De quels péchés ? On réhabilite ceux qui avaient commis des crimes graves, se repentent, acceptent, et en reflètent l'effort. À peine peut être également accordée la réhabilitation." Ceci est écrit par Adele Corradi, qui était l'un des premiers collaborateurs de Don Lorenzo Milani à Barbiana, au Mugello, dans un message adressé au prêtre florentin Don Alessandro Santoro, le prêtre de Piagge, après avoir appris la nouvelle que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi veut retirer l'interdiction de publication de l'ouvrage Esperienze Pastorali (Expériences pastorales) de 1958 qu'on jugeait à l'époque inapproprié. Le livre ne contenait pourtant aucune déviation doctrinale, mais il fut jugé socialement trop avancé pour être lu par les catholiques.

"Et l'Église, elle a aussi commis de graves erreurs, elle inflige une souffrance injuste, compte tenu de ce grave scandale", poursuit Corradi dans le message court à Don Santoro, dont le prêtre se dit prêt à "partager et à s'abonner pleinement à lui", pour le rendre public. Pour l'ancien collaborateur de Don Milani c'"est l'Église en quelques siècles (si la miséricorde de Dieu nous donne d'autres papes comme celui-ci), qui peut être éventuellement réhabilitée", et il critique ce qui est dit et écrit dans les médias après l'annonce de "réhabilitation" donnée par l'archevêque de Florence, le cardinal Giuseppe Betori, la semaine dernière.

L'histoire "dramatique" liée à l'ouvrage d'Esperienze Pastorali, est "le résultat de neuf années de travail, qui révèle à chaque page un amour attentionné et constant d'un jeune prêtre à toutes les personnes de son peuple", qui selon Corradi a fait "disparaître pendant des années un livre qui pouvait apporter un élément vital à l'Église." Une histoire qui maintenant "est stocké à la suite d'un "un acte de prudence en raison de circonstances contingentes"", conclut-il en soulignant et en critiquant les paroles de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Don Lorenzo Milani considéré comme un progressiste voulait échapper à une logique minoritaire qui voyait ceux qui aidaient les pauvres comme des communistes au nom de la fidélité à l'Évangile qui l'a conduit vers l'option préférentielle pour les pauvres. Un choix où il consacra toute son énergie à l'éducation des jeunes espérant une révolution sociale basée sur la variété des personnes. Provocateur et critique, il était "mal à l'aise" et voulait discuter au sein de l'Eglise.

On se rappelle alors la célèbre phrase de Dom Helder Camara : «Je nourris un pauvre et l'on me dit que je suis un saint. Je demande pourquoi le pauvre n'a pas de quoi se nourrir et l'on me traite de communiste.»

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Publié le 22 Avril 2014

rfi.fr nous montre dans son article du lundi 21 avril 2014 que Pâques coïncide cette année avec l'anniversaire de la loi sur le mariage pour tous en France. Mercredi cela fera un an que le Parlement a adopté la loi Taubira autorisant le mariage homosexuel qui avait donné lieu à des débats houleux. Les partisans du mouvement de la Manif pour tous avaient organisé des manifestations géantes, parfois teintées de violences. Les représentants religieux et en particulier les catholiques avaient pris position contre. Un an après, le dialogue entre catholiques progressistes et conservateurs peine à se rétablir.

Les catholiques étaient particulièrement nombreux dans les manifestations d'opposition à la loi Taubira dite du «mariage pour tous» autorisant le mariage civil entre personnes de même sexe. Le mariage a un sens particulier pour les catholiques, c'est un sacrement - comme le baptême par exemple. Monseigneur Patrick Jacquin, recteur et archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris explique que pour le clergé, la famille est fondée sur le mariage, qui est une union établie par Dieu et donc sacrée. "On estime toujours que le mariage est une union entre un homme et une femme pour faire des enfants, explique-t-il. Si des gens veulent faire autrement et si l’État décide autrement, on l’entend. Mais pourquoi appeler ça "mariage" ? Cela peut être un pacte républicain par exemple ! Pour nous, le mariage c’est pour faire des enfants", insiste Mgr Jacquin. Ce sont donc les termes «mariage» et «famille» qui sont importants aux yeux des catholiques. Un an après l’adoption du mariage homosexuel, l'institution religieuse ne semble pas vouloir faire évoluer sa vision.

Pourtant les sondages d’opinion montrent qu’environ 40 % des catholiques pratiquants sont favorables à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Un chiffre qui est resté stable tout au long du débat dans la société française. La loi a donc fait apparaître au grand jour différents courants au sein de l'Eglise : ceux qui sont favorables à l’évolution des mœurs, les progressistes, et ceux qui ne le sont pas, les conservateurs et les identitaires. Nicolas Neiertz est co-président du mouvement homosexuel chrétien David & Jonathan. L’association a milité pour la loi et aujourd'hui, il veut porter un nouveau regard sur les événements d'il y a un an. "Les catholiques relisent ce qui s’est passé avec du recul et se demandent comment on a pu en arriver là. Comment y a-t-il pu y avoir une telle violence dans certains discours, y compris d’autorités religieuses catholiques ?" Il estime d’ailleurs que certains "sont sortis de leur rôle en tenant un discours politique". Nicolas Neiertz pense toutefois que les catholiques tentent maintenant de se réconcilier, "de renouer le dialogue". "Dans tout le pays, des gens qui n’avaient jamais vu un couple de même sexe voient ces couples se marier. Ils voient que ce sont des gens normaux, qui s’aiment et ça les fait changer. Ça les fait évoluer".

Il compte beaucoup sur le nouveau pape François qui se montre plus ouvert que son prédécesseur. Mais le pape pourra-t-il réformer l’Église sur ces questions de société qui s’attaquent à des sujets essentiels aux yeux des catholiques ? La mobilisation des catholiques identitaires, sentant leurs convictions mises en danger par la loi du mariage pour tous, a été forte. Pour le sociologue des religions Olivier Bobineau, l’Église doit changer si elle veut survivre à son époque, car la société évolue et les mœurs se libèrent. "Le premier pilier de la société paroissiale qui a structuré l’occident chrétien s’effondre avec cette loi qui atteint le mariage, le sacré. Le deuxième pilier, le prêtre qui incarne une perfection, s’est déjà effondré avec le scandale des prêtres pédophiles. On s’est rendu compte qu’ils sont des hommes comme les autres". Pour lui, la loi du mariage pour tous a montré les limites de l'institution religieuse. "Elle a provoqué un sursaut identitaire et c’est un baroud d’honneur", analyse-t-il.

En même temps, Olivier Bobineau n’est pas sûr que le changement soit proche, au vu des critiques de plus en plus nombreuses des catholiques identitaires "sur internet notamment" contre le nouveau pape plus progressiste. Et puis, dit-il, "l'Église a toujours réussi à passer toutes les épreuves, tous les âges, depuis 1500 ans".

Il est grand temps d'un réel dialogue, de montrer que l'Église sait évoluer et sait parler à tous. Non, l'obscurantisme n'est pas une voie qui attire, elle ferme l'Église et transmet une image erronée à la société, car les catholiques ne sont pas représentés par un mouvement comme la Manif pour tous, mais par ceux qui sont au contact de la souffrance des autres.

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Publié le 21 Avril 2014

tf1.fr nous montre dans son article du 20 avril 2014 qu'à l'occasion de son "Urbi et orbi" pour Pâques, Le pape François a demandé dimanche que des "initiatives de pacification" soient entreprises dans la crise ukrainienne, en Syrie, Centrafrique, Soudan du Sud et Venezuela.

Le pape François a demandé dimanche, à l'occasion de Pâques, que des "initiatives de pacification" soient entreprises dans la crise ukrainienne, en Syrie, Centrafrique, Soudan du Sud et Venezuela, mettant aussi l'accent sur l'exploitation, l'abandon, l'extrême pauvreté et les gaspillages dans le monde.

Lors de son message pascal "Urbi et orbi" ("à la ville au monde"), devant 150 000 fidèles et curieux et devant les télévisions du monde entier, le pape a rappelé que Pâques était fêté cette année à la même date par les catholiques et les orthodoxes : "nous te prions, Seigneur, d'éclairer et d'inspirer des initiatives de pacification en Ukraine, pour que les parties intéressées, soutenues par la communauté internationale, entreprennent tout effort pour empêcher la violence et construire, dans un esprit d'unité et de dialogue, l'avenir du pays".

Le pape François a par ailleurs demandé dimanche une nouvelle fois aux belligérants syriens "l'audace de négocier la paix, désormais attendue depuis trop longtemps". Les parties en présence doivent cesser d'"utiliser la force pour semer la mort, surtout contre la population sans défense" et à permettre l'accès des populations "aux aides humanitaires nécessaires". Il a aussi condamné "les victimes des violences fratricides en Irak" voisin, et souhaité une solution au conflit israélo-palestinien.

Pour l'Afrique, le pape a lancé des appels pour des arrêts aux affrontements sanglants en République Centrafricaine, au Soudan du Sud et aux "atroces attentats terroristes dans certaines zones du Nigeria". Au Venezuela, où le Vatican participe à une médiation pour rétablir la paix civile, le pape latino-américain a demandé que "les esprits se tournent vers la réconciliation et la concorde fraternelle".

Mais le pape François, comme à d'autres occasions, a aussi évoqué plus largement les malheurs dus à l'injustice et à l'exploitation. Il a fustigé "les immenses gaspillages dont nous sommes souvent complices" qui contribuent à la faim dans le monde, les personnes "sans défense, surtout les enfants, les femmes et les personnes âgées, parfois transformés en objets d'exploitation et d'abandon".

"Fais que nous puissions soigner les frères touchés par l'épidémie d'Ébola en Guinée Conakry, en Sierra Léone et au Liberia, et ceux affectés par tant d'autres maladies, qui se diffusent aussi à cause de l'incurie et de la pauvreté extrême", a-t-il aussi déclaré, dans une allusion assez rare au problème des négligences dans les soins dans les pays les plus pauvres.

Le pape François comme à son habitude prône la paix et demande que des efforts soient entrepris dans ce sens. Le concile Vatican II exhorte les chrétiens à s'unir à tous les hommes et à toutes les femmes qui aiment la paix, dans le but de l'implorer et de la réaliser (Gaudium et spes, n° 78). La paix est avant tout la protection de la liberté, un droit inaliénable et une aspiration profonde de chaque personne, alors l'Église ne doit pas collaborer avec des régimes qui s'opposent au droits de l'homme, et soutenir tous les hommes qui recherchent la liberté et la justice. La paix ne se fera jamais au prix de la liberté.

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Ukraine, Syrie, Centrafrique... : le pape plaide la paix tous azimuts

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