Publié le 10 Avril 2016

Une actualité bien chargée : des manifestations dans tout le pays pour défendre le droit à l'IVG en Pologne et le mouvement Nuit debout se poursuit

Maja Zoltowska dans son article du samedi 9 avril 2016 pour Libération.fr nous montre que cintres et banderoles en main, des manifestantes ont battu le pavé, à Varsovie et dans 18 autres villes du pays, afin de protester contre la proposition d'interdiction totale de l'IVG par les organisations pro-vie, soutenues par l'épiscopat et le gouvernement conservateur.

Cintres et banderoles en main, quelque trois mille personnes sont venues manifester devant le Parlement polonais contre l’interdiction totale de l’avortement en Pologne proposée par des organisations pro-vie. Si leur loi entre en vigueur, les femmes n’auront plus le choix et seront obligées d’accoucher également en cas de viol, d’inceste, ou malformation du fœtus. Ce nouveau projet prévoit également des peines encore plus lourdes pour les médecins pratiquant illégalement l’IVG : ces derniers s’exposaient jusqu’ici à une peine maximale de deux ans, qui passerait alors à cinq ans.

«Ce cintre c’est le symbole de la lutte pour le droit à l’avortement légal», dit Damgara Chmielarz, 23 ans, étudiante. «C’est avec cet objet que les femmes avant la guerre se faisaient avorter, dit-elle. On ne veut pas faire marche arrière». «Le seul but c’est de terroriser les femmes et torturer les femmes», a lancé Natalia Broniarczyk, de «l’Alliance du 8 mars», une des ONG qui a participé à la manifestation sous le mot d’ordre «Regagner le droit de choisir». «On a assez de voir une nouvelle croisade en Pologne contre des meurtriers et des meurtrières imaginaires de fœtus», scandait, de son côté, Kamila Kurylo.

Profitant d’un climat politique favorable, les organisations dites «pro-vie» veulent durcir la loi en vigueur actuellement. Pour la première fois depuis la chute du communisme en Pologne en 1989, les conservateurs ont les pleins pouvoirs. La semaine dernière le chef du parti conservateur Droit et Justice (PiS) Jaroslaw Kaczynski et la Première ministre Beata Szydlo ont exprimé leur soutien au projet, déclenchant un nouveau débat en Pologne sur l’avortement. Une première manifestation a rassemblé il y a une semaine plusieurs milliers de personnes opposées à un durcissement de la loi. «Je veux que les femmes en Pologne aient le droit de choisir. Qu’elles aient le droit à l’IVG libre jusqu’au troisième mois de la grossesse comme dans un pays européen, pour des raisons psychologiques, sociales, matérielles. C’est une norme dans les pays civilisés», dit Marta Wyszynska 40 ans, mère d’une fille de 5 ans.

Après la guerre, sous le communisme, l’avortement était libre d’accès. Sous l’influence de l’Église catholique et en grande partie du pape polonais Jean Paul II, il fut interdit en 1993. Il n’est autorisé que dans trois cas : risque pour la vie et la santé de la mère, grave pathologie irréversible chez l’embryon, et grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste.

Depuis, aucune force politique, ni en faveur d’un durcissement, ni d’une libéralisation, n’ont modifié ce qu’on appelle un «compromis» entre l’Eglise et l’Etat. «Ce ne fut en aucun cas un compromis, ce fut un accord entre l’Eglise et les partis politiques, les femmes n’ont eu rien à dire, s’indigne Wyszynska. La réalité est que les femmes riches vont à l’étranger pour avorter, et celles qui n’ont pas les moyens le font d’une manière dangereuse pour leur vie».

Selon les estimations des organisations féministes, entre 100 000 et 150 000 femmes procéderaient clandestinement à une IVG chaque année, soit en Pologne, soit à l’étranger. Le nombre d’avortements autorisés en Pologne oscille entre 700 et 1 800 par an. Selon Natalia Broniarczyk, de l'Alliance du 8 mars, «l’interdiction totale de l’avortement ne va pas diminuer leur nombre, mais fera augmenter le nombre de décès et des complications médicales chez les femmes».

Si le gouvernement polonais adopte une législation plus restrictive sur l’avortement cela aura des conséquences dramatiques pour les femmes polonaises. Non seulement la loi provoquera l’augmentation du nombre déjà considérable d’avortements illégaux pratiqués en Pologne (entre 80 000 et 200 000 par an) mais elle fragilisera encore plus les femmes aux revenus modestes qui ne peuvent pas se permettre d’avorter dans un cabinet privé ou à l’étranger. De plus, le corps des femmes n’appartiennent pas à l’Église, pas plus qu’à un gouvernement qui lui est allié, mais aux à elles et à elles seules.

L’OBS et BFMTV.com nous montre qu’après une 6e journée d'action en un mois contre la loi Travail, plusieurs milliers de personnes ont, partout en France, poursuivi le mouvement samedi par une Nuit Debout. Au total, le mouvement citoyen concernait hier soir près de 60 villes de France.

À Paris, où est né le mouvement il y a une dizaine de jours, des participants ont tenté une manifestation devant le domicile de Manuel Valls, dans l'est de la capitale, avant d'être bloqués par les forces de l'ordre. Une action visiblement désapprouvée par la plupart des manifestants. Place de la République, l'un des membres de Nuit debout soufflait ainsi que : "Ces gars-là, ils n'ont rien à voir avec nous". Comme de par hasard, ce sont les mêmes visages masqués qui après la dispersion ont brisés une dizaine de vitrines de banques ou d'assureurs à coups de pied ou de barre de fer par des casseurs au visage masqué. Des casseurs voulant tout, sauf le dialogue et un autre visage de la politique.

Après avoir manifesté dans la journée, Gérard, 62 ans, intéressé par "ces types de mouvements citoyens", "en dehors des partis", a rejoint la cinquième "Nuit debout" à Nantes et ses quelque 300 participants, ses barnums, ses banderoles, ses prises de parole. "Occuper la place de nuit, c'est aller contre le couvre-feu intellectuel. C'est aussi le seul temps restant dans nos vies modernes pour parler des problèmes de notre société. Et rester debout, c'est ne pas demeurer assis, courbé, prostré", fait observer à Reims Antoine Farcette, 23 ans, étudiant en droit.

À Tulle, en Corrèze, fief du chef de l'État, une centaine de personnes se sont rassemblées. "J'étais là le 6 mai 2012, ce n'est pas pour la politique qu'il mène qu'on a élu François Hollande", explique Stéphanie, une quadragénaire venue participer aux débats. À Toulouse, les Nuit Debout se sont retrouvées sur la place du Capitole, tandis qu'à Marseille, le mot d'ordre était de ne pas rentrer chez soi et de "faire tourner le micro" au sein de ce mouvement qui s'assume sans leader.

Nuit debout marche, mais le mouvement doit maintenant faire attention à sa récupération par des éléments radicaux, et il est heureux qu’il ne s’oppose pas à la police et se désolidarise de ceux qui utilisent la violence. Il souhaite avant tout faire passer ses idées par le dialogue. Une belle leçon face aux débats stériles actuellement en palmitique.

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Publié le 9 Avril 2016

La manifestation du 9 mars : un mouvement qui continue et poursuit son combat contre la loi travail

Plus de 200 manifestations et rassemblements se déroulent partout en France pour protester contre la réforme du Code du travail à l'appel de quatre syndicats (CGT, FO, Solidaires, FSU) et trois organisations jeunesse (UNEF, UNL, FIDL). Le but est d’élargir le mouvement aux familles et à toutes les personnes ne pouvant pas venir en semaine. La concurrence des vacances scolaires fait aussi craindre une baisse du mouvement. Dernier détail : le syndicat des avocats de France donne des tracts pour "savoir comment réagir en cas d'arrestation", ce qui est une bonne chose.

Pendant ce temps le gouvernement attend que le texte soit débattu dans l'hémicycle à partir du 3 mai. Il pense que loi sera adoptée car les nombreux amendements de la commission des affaires sociales ont enrichi le texte en lui apportant de nouvelles protections. Espérons plutôt que les débats sur le texte de loi la change complètement et ne la laisse pas en l’état. Mais les syndicats sont peu convaincus et ne vont pas faire baisser la pression puisqu’ils manifesteront à nouveau le 28 avril.

La mobilisation continue et les chiffres sont plutôt bons même s’ils sont en baisse : 3000 personnes à Saint Étienne, 500 à Nîmes, 1300 à Pau, 3000 à Strasbourg, 1000 à Poitiers et Valence, 3000 à Strasbourg, 4000 à Rennes, 700 à Périgueux, 600 à Chambéry, 350 à Montélimar, près de 300 à Laval, 150 personnes à Sens, 150 à Guéret, 150 à Vichy, 20 000 à Toulouse, 350 à Montélimar, 15 000 à Nantes, 1500 au Mans, 3000 à Brest, 900 à Angers, 1000 à Lorient, 1000 à Besançon, 800 à St Nazaire, 1000 à Caen, 1000 à Roanne, 3000 à Montpellier, 15 000 à Lyon, 2000 à Bayonne, 1600 à Pau, 10 000 à Bordeaux, 1000 à Angoulême, 2000 à Tours, 1000 à Niort, 10 000 à Marseille, 1700 à Lille, et 110 000 à Paris.

Des heurts se sont fait voir à Paris, Rennes et Nantes toujours en fin de parcours. Des personnes cagoulées qui tentent encore de se forcer un passage ou bien dégradent des vitrines et des banques. Ces gens ne viennent que casser et s’en prendre aux policiers. En faisant cela, ils décrédibilisent un mouvement qui n’a rien à voir avec eux. Mais la police devrait aussi utiliser des moyens plus coercitifs pour ne pas se mettre à dos les manifestants qui eux n’ont rien à voir avec cela et qui sont pris en otage.

Si on doit garder une image de ces manifestations, c’en est une à Paris où un couple s’embrassait sous les fumigènes et qui nous montrait que cette manifestation n’est ni violente ni contestataire, mais qu’elle lutte vivre dignement et sans la précarité.

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Publié le 8 Avril 2016

Nuit debout : des mouvements se préparent dans toute la France pour le "40 mars"

francetvinfo.fr nous montre ce vendredi 8 avril 2016 que né place de la République le 31 mars 2016, le mouvement Nuit debout s'étend à toute la France. De nouvelles mobilisations se préparent pour le samedi "40 mars".

Le rassemblement Nuit debout ne faiblit pas. Depuis la manifestation contre la loi travail du 31 mars dernier, des centaines de personnes se rassemblent tous les soirs sur la place de la République (Paris) mais pas seulement. Mardi 5 avril, des Nuits debout ont eu lieu plus ou moins spontanément à Nantes (Loire-Atlantique), Rennes (Ille-et-Villaine) ou encore Toulouse (Haute-Garonne) où 500 personnes se sont retrouvées sur la place du Capitole. Et ils ne comptent pas s'arrêter là.

Les organisateurs improvisés se préparent à continuer le mouvement samedi "40 mars" (soit le 9 avril), selon le calendrier du mois de mars éternel établi par la contestation. Pour eux, le temps s'est arrêté le premier jour de manifestation. Au programme des rassemblements à Avignon (Vaucluse), à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ou encore au Havre (Seine-Maritime) : débat d'idées, animations, restauration, musique et surtout occupation des lieux le plus tard possible. "On ne veut pas se mettre à dos les forces de l'ordre donc on ne fait pas dans la provocation. Mardi dernier, on est partis quand la police nous l'a demandé, vers 22h30", rappelle Scott Marlin, l'un des organisateurs de la Nuit debout de Clermont-Ferrand.

Ce collectif informel qui a poussé dans près de 40 villes françaises se définit sur convergence-des-luttes.org comme un rassemblement "d’intermittents, de syndicalistes et de citoyens engagés, déterminés à [s’]unir pour faire entendre [le] ras le bol de la politique gouvernementale". Leurs revendications, répétées lors des nombreuses assemblées générales, sont très larges et vont du "salaire à vie" à "la démocratie par tirage au sort".

Un mouvement citoyen qui rappelle celui des Indignés né à Madrid (Espagne) en 2011. Nuit debout a d'ailleurs reçu le soutien d'un député européen de Podemos, le mouvement d'étudiants et de citoyens espagnols qui s'est imposé comme la troisième force du pays. D'ailleurs la carte établie par les initiateurs du mouvement mentionne quatre rassemblements Nuit debout en Espagne.

Nuit debout nous montre un phénomène nouveau : un mouvement sans chef et bien organisé, qui a les idées pour aller sur la durée. C’est un espace de prise de parole libre qui ne refuse pas le débat, et aussi un espace de travail concret et réel, où il y aura même une bibliothèque provisoire. Le mouvement se répand et touche maintenant l’Europe, ce qui montre que les citoyens veulent jouer un rôle dans la démocratie et être des acteurs d’un changement politique où ils seront enfin écoutés.

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Publié le 8 Avril 2016

Bernadette Sauvaget dans son article du vendredi 8 avril 2016 nous montre que le texte du pape sur la famille, publié vendredi, est un compromis. Rien ne change sur la doctrine, mais il assouplit les pratiques et entame une décentralisation au sein de son institution

Le pape parle encore (un peu) latin. À Rome, le chef de l’Eglise catholique a publié, vendredi, un texte, Amoris Laetitia (en français «la joie de l’amour»). Tout un programme, donc. Mais l’opus, très attendu, ne tient pas ses promesses sur des questions difficiles et polémiques au sein de l’Église catholique, notamment celle des divorcés remariés. Cette exhortation apostolique (le terme technique) vient clore le vaste débat sur la famille, lancé dès le début de son pontificat par le pape François et qui a réuni à Rome, à deux reprises, des évêques venus du monde entier. Amoris Laetitia risque de mécontenter à la fois les conservateurs et les progressistes. «L’avancée majeure du texte se situe dans l’exercice du magistère, explique le théologien Hervé Legrand. Ceux qui attendent des normes générales et légalistes seront déçus.» Le chef de l’Église catholique donne finalement l’impression de ne vouloir se mettre personne à dos. Et tergiverse sur les réformes qu’il souhaite mettre en œuvre.

Le pape François est prudent. Et «rusé», comme il le reconnaissait lui-même dans une interview. Dans son texte, il fait preuve justement de sa… ruse. D’un côté, le jésuite Bergoglio rappelle — sans surprise — la doctrine classique de l’Eglise catholique. De l’autre, il propose une méthode qui ouvre large le champ des changements. Pêle-mêle, le pape condamne fermement (encore) l’avortement, redit avec force que le mariage, c’est un homme et une femme et que les unions entre personnes de même sexe (ou le concubinage hétérosexuel) ne sont pas équivalentes. «Seule l’union exclusive et indissoluble entre un homme et une femme remplit une fonction sociale pleine. […] Nous devons reconnaître la grande variété des situations familiales mais les unions de fait, ou entre personnes du même sexe, par exemple, ne peuvent pas être placidement comparées au mariage. Aucune union précaire ou excluant la procréation n’assure l’avenir de la société», écrit-il dans l’Exhortation. Il reconnaît que les couples hétérosexuels en union libre ou mariés seulement civilement peuvent aussi être des «signes d'amour» à prendre en compte quand ils atteignent une "stabilité consistante à travers un lien public", ou lorsque leur union est "caractérisée par une affection profonde".

Et quid des divorcés remariés civilement ? L’Église catholique est très ferme à leur égard. Et va le rester. Ils ne peuvent pas communier, se confesser, être parrain ou marraine d’un enfant. Une rigueur guère en phase avec l’époque et qui suscite d’intenses débats depuis un quart de siècle. Les évêques allemands plaident pour un assouplissement. Ce qui est moins le cas en France où l’épiscopat est plus conservateur. Sur cette question délicate et polémique, le pape n’a pas tranché. Mais il ouvre la porte à un assouplissement. Le jésuite argentin plaide pour «un discernement personnel et pastoral approprié». En clair, c’est au cas par cas, et à la base, que se décideront les changements.

Le vrai changement se situe dans la pratique. «Il ne sert à rien d’imposer les normes par la force de l’autorité», plaide le pape jésuite. «La rédaction du texte est très soignée, souligne Christine Pedotti, la directrice déléguée de la rédaction de Témoignage chrétien. Même la norme est présentée de manière positive et le pape n’emploie jamais de mots stigmatisants.» Au Vatican, le cardinal autrichien Christoph Schönborn, lors de la présentation officielle du texte à la presse, a, lui, insisté sur la volonté du pape «d’intégrer tout le monde». Pour atteindre cet objectif, le pape François remet au goût du jour la vieille casuistique des jésuites selon laquelle une norme s’applique unilatéralement à tous et de la même manière.

Du point de vue du fonctionnement de l’Église, François, le premier pape venu du Sud, a toujours eu de grosses réticences face au centralisme romain. Depuis le début de son pontificat, il plaide pour une décentralisation radicale de l’Église catholique afin qu’elle s’acclimate et qu’elle respecte au mieux les différentes cultures. Il met un peu à l’œuvre cette conception. «Tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles. […] une unité de doctrine et de praxis est nécessaire mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations», écrit le pape.

Plus préoccupé, au fond, de politique que de théologie, la pape François a frappé très fort, l’an passé, avec son encyclique sur l’écologie Laudato si. Ce n’est absolument pas le cas avec son exhortation apostolique sur la famille, Amoris Laetitia, qui demeure très timorée. S’il recadre l’autoritarisme d’un Jean Paul II, la pape François n’ose cependant pas toucher à la doctrine. Mais l’intéresse-t-elle ? C’est la question que se pose l’aile conservatrice. «Si on regarde à la loupe, il y a deux ou trois choses très novatrices dans son texte», pointe Christine Pedotti. Le pape pourrait ouvrir une réflexion sur l’option de prêtres mariés dans l’Église romaine et radicalise l’opposition à la peine de mort, ce qui va mécontenter grandement aux États-Unis, y compris dans les rangs catholiques. Pour le reste, l’aile progressiste restera sûrement sur sa faim jusqu’à la fin du pontificat.

Mais comme le montre LeTemps.ch et Sébastien Maillard dans la-Croix.com, il ne faut pas oublier aussi que le texte porte le style du pape François : un hymne à la famille traditionnelle dans un langage simple, concret, parfois poétique, citant des poètes et même son film culte, le Festin de Babette de Gabriel Axel. Avec tendresse aussi, il invite à redécouvrir la famille comme une «œuvre artisanale» toujours à façonner et à parfaire. À cette fin, la Parole de Dieu, à laquelle il se réfère au fil du texte, est présentée comme «une compagne de voyage» et l’Église, comme une aide proche et disponible qui n’exclut pas d’autres secours, comme la psychologie ou les sciences de l’éducation.

Il contient un appel constant à accueillir dans l'Église toutes les personnes : parents, enfants, grands-parents, et familles, blessées par la vie ou par une relation difficile. Le texte est aussi un manuel de vie pour les couples, les fiancés, la préparation au mariage, les familles au quotidien, le rythme travail-repos, évoquant longuement par exemple et pour la première fois la nécessité d'une éducation sexuelle. L'accent est aussi mis sur les «imperfections» de la famille, et le pape a voulu un texte qui ait «les pieds sur terre», refusant une vision «tout blanc tout noir».

Le texte, envoyé à chacun des 4700 évêques, aborde aussi beaucoup de thèmes qui touchent les familles du Sud, comme les mariages arrangés et la polygamie. Ou encore les familles divisées par les migrations, les mariages interreligieux, les abus sexuels dans les familles, les mutilations sexuelles, et la violence contre les femmes. Jorge Bergoglio prodigue aussi, à la suite des synodes, des conseils généraux en faveur de préparations au mariage plus solides, d’un accompagnement postnuptial plus attentif et d’un suivi de toutes les difficultés que rencontre la famille. Pour les prévenir, il invite chaque couple à prendre le temps d’approfondir sa relation, sans en éluder la dimension sexuelle.

Il fait au passage une autocritique des pratiques pastorales à un moment où le nombre de mariages est en baisse, affirmant que défendre la famille ne revient pas à insister «seulement sur des questions doctrinales, bioéthiques et morales ». Il privilégie la formation des consciences, sans «(se) substituer à elles». Il consacre également un chapitre entier à l’éducation des enfants, encourageant notamment une éducation sexuelle nécessaire «à une époque où la sexualité tend à se banaliser et à s’appauvrir». Ce passage est sans doute l’un des plus inattendus d’un texte qui se révèle moins un document magistériel qu’un outil de travail utile pour tous couples et familles, en particulier ceux en souffrance.

Le pape François décentralise et demande aux évêques et aux prêtres du discernement sur les questions controversées ce qui est difficilement concevable car beaucoup sont conservateurs et notamment en France puisqu’ils ont été nommés à l’époque de Jean-Paul II et Benoît XVI. Une ouverture pour les divorcés remariés sans pour autant savoir s’ils vont recevoir la communion, la reconnaissance d’une valeur à certaines unions libres mais toujours rien pour les couples homosexuels qui méritent mieux que le déni de leurs unions nous montrent que le pape François n’a pas voulu aller trop loin pour ne pas diviser l’Église et que maintenant nous devons voir ce que cela va donner pour tous les couples jugés irréguliers par l’Église et si les prêtres et les évêques seront prêts à être autre chose que des gardiens du dogme.

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Publié le 7 Avril 2016

Comment les députés tentent de "gauchiser" la loi Travail et Nuit debout prend place

Europe1.fr nous montre ce jeudi 7 avril que 2016 que la commission des Affaires sociales à l'Assemblée, qui examine la loi El Khomri cette semaine, a adopté plusieurs amendements pour réorienter le texte.

Lorsqu'elle était venue présenter sa réforme du travail devant la commission des Affaires sociales, fin mars, Myriam El Khomri avait été prévenue : pas question de lui faire de cadeaux. "Nous avons là un texte qui mérite encore d'être précisé", avait déclaré le socialiste Christophe Sirugue, rapporteur du projet de loi. De son côté, Catherine Lemorton (PS), présidente de la commission, avait fustigé le manque de concertation avec les parlementaires pendant la préparation du texte.

Depuis mardi, les 70 députés concernés s'affairent donc pour amender la loi Travail. Comme attendu, les élus Républicains ont bien tenté de revenir à la première mouture du texte, avant que l'exécutif ne revoie sa copie sous la pression de la rue. En vain. Détricotage pour les uns, rééquilibrage bienvenu pour les autres, la commission des Affaires sociale a plutôt réorienté le texte vers la gauche.

Le patronat n'en voulait pas mais les députés en ont décidé autrement. Les salariés qui auraient accumulé des congés avant de changer d'emploi pourront les prendre "dès leur embauche". Un amendement de la socialiste Marie-Françoise Clergeau a en effet été adopté en ce sens. En outre, la commission a décidé d'allonger la durée du congé exceptionnel prévue en cas de décès d'un enfant. De deux jours actuellement, celui-ci passera à cinq jours. Une suggestion portée par 21 députés socialistes et inspirée d'une idée de l'ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées, Michèle Delaunay.

Depuis le début de la présentation de la loi Travail, le compte personnel d'activité (CPA) est la grande caution "de gauche" du texte. Ce serait même, aux dires de Jean-Christophe Cambadélis, "la grande avancée du quinquennat" de François Hollande. Ce dispositif permet aux travailleurs de conserver leurs droits à la formation, leur compte pénibilité et un "compte d'engagement citoyen" tout au long de leur vie professionnelle. Les députés de la commission ont décidé de l'étendre également aux retraités. "Comment on explique que le jour où vous partez à la retraite, on ferme votre compte ?" a justifié Christophe Sirugue. "Cela voudrait dire qu'à l'âge de la retraite on vous ferme votre plateforme d'accès aux droits." Concrètement, cette extension permettra aux retraités de continuer de capitaliser des activités associatives sur leur "compte d'engagement citoyen". Au grand dam de la droite, qui juge tout le dispositif très complexe.

Des accords offensifs sous conditions. Depuis 2013, les entreprises et leurs salariés ont la possibilité de signer des accords de maintien dans l'emploi (AME) pour adapter les conditions de travail lorsque l'employeur traverse une période difficile. La loi Travail de Myriam El Khomri introduit plus de flexibilité encore, avec des accords dits "offensifs", signés dans le cadre d'un surcroît d'activité. Concrètement, le temps de travail des salariés pourra être allongé, ou organisé différemment, sans augmentation de salaire. Très critiquée à gauche, cette mesure a été confirmée par les députés, qui y ont cependant apporté une condition. Dans la version originale du projet de loi, si les salariés refusaient de se soumettre à un accord offensif, ils pouvaient être licenciés pour motif personnel. La commission des Affaires sociales a remplacé ce point par un licenciement pour motif économique. Les droits exacts du salarié licencié doivent encore être précisés, mais ils seront plus avantageux que dans le cas d'un licenciement pour motif personnel.

Autre dispositif très critiqué dans le projet de loi initial : la possibilité de déroger au principe des 11 heures de repos consécutives chaque jour. Les députés ont décidé de l'encadrer plus strictement avec un amendement écologique, qui n'autorise de dérogation qu'en cas d'urgence, dans des conditions fixées par décret. Un "impératif sanitaire et de qualité de vie" pour Jean-Louis Roumégas (EELV). Il sera cependant toujours possible de fractionner ces 11 heures de repos dans le cadre d'accords collectifs.

Le droit à la déconnexion avancé. Visant à garantir "l'effectivité du droit au repos", et éviter ainsi que des salariés continuent de se plonger dans leurs dossiers une fois de retour à leur domicile, le droit à la déconnexion était prévu pour entrer en vigueur au 1er janvier 2018. Il a été avancé d'un an par les députés de la commission des Affaires sociales. Les modalités précises du droit à la déconnexion doivent être abordées lors des négociations annuelles portant sur la qualité de vie au travail. Dans les structures de plus de 300 salariés, elles feront l'objet d'une charte.

Les députés pourraient changer totalement cette loi travail pour aller dans le sens de la population et pas seulement des élites. Ils devraient peut être s’inspirer de Nuit debout qui parle aujourd’hui de sujets importants comme l’épanouissement au travail et l’économie, tandis que cette nuit ce sera le climat, le féminisme et la constituante en débat. Le mouvement était hier à Paris et dans les villes de province. Aujourd'hui, c’est les villes de banlieue. Demain dans toute l'Europe, ça commence déjà en Espagne à Valence et cela devrait aussi arriver en Belgique. Les AG servent à libérer la parole et à décider. Elles ont aussi leur propre langage puisque les accords, les désaccords et les blocages sont montrés par des signes de la main, ce qui évite des débats violents. Très intéressant pour un pays qui a besoin de vivre réellement la démocratie que lui ont confisqué les élites.

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Publié le 7 Avril 2016

RTL.fr nous montre ce jeudi 7 avril 2016 que Mgr Stanislas Lalanne explique ce qu'il a vraiment "voulu dire". Après avoir déclenché une polémique pour avoir affirmé sur un réseau de radios chrétiennes francophones qu'il "ne saurait dire" si la pédophilie est un pêché, l'évêque de Pontoise revoit sa copie au micro de RTL.

"Je redis clairement les choses : la pédophilie est un mal très grave. S'attaquer à des enfants fragiles, c'est extrêmement grave, c'est atroce et c'est une faute. Objectivement, c'est un pêché", affirme-t-il désormais. "Ce que j'ai voulu dire, c'est que les personnes pédophiles, prêtres ou éducateurs sont souvent dans le déni parce qu'ils ont un clivage de personnalité. Ils n'ont pas toujours pleinement conscience de la responsabilité de leurs actes et des conséquences", argumente-t-il.

L'évêque assure donc que son intention n'était pas faire de faire une "banalisation" des "actes" ou de la "souffrance" liée à la pédophilie. Il s'interroge cependant sur "le niveau de responsabilité de ceux qui ont fait ces actes" et considère qu'on "ne peut pas toujours l'évaluer" et que "c'est différent pour chacun".

Les premiers propos de Stanislas Lalanne avaient choqué les victimes d'un prêtre pédophile à Lyon, affaire dans laquelle le cardinal Philippe Barbarin fait l'objet d'une enquête pour non dénonciation. Les membres de l'association Parole Libérée, qui ont contribué à la médiatisation de ces affaires, avaient alors dénoncé une "communication de l'Église de France empreinte de maladresses et d'amateurisme". Ils estimaient également que la déclaration de l'évêque de Pontoise résonnait "de manière violente et dégradante pour les victimes d'actes de pédophilie".

L’excuse est encore pire que le propos précédent, on ne peut pas croire qu’un prêtre pédophile ne sait pas que ce qu’il fait est mal. Ils le savent très bien que c’ est mal, mais ils ne s’inquiètent pas surtout quand on voit l’exemple de Lyon, puisqu’on ne les livre pas tout le temps à la justice.

periodistadigital.com nous montre aussi ce jeudi que l’exhortation post-synodale sera un coup de pouce à l'intégration de toutes les personnes en "situation irrégulière". L’accès à la communion des divorcés remariés pourra-t-il enfin être une réalité pour les catholiques, selon la quelques fuites à propos de l’exhortation post-synodale exhortation "La Joie de l’Amour" (Amores Laetitia), qui sera présenté demain à midi.

Ainsi, selon le journal Clarín, le pape a placé dans les mains des évêques du monde entier la responsabilité de choisir soit un "chemin pénitentiel" pour d'un côté ratifier le mariage catholique qui est indissoluble par la volonté divine, et de l'autre il offrira la possibilité pour un divorcé remarié lors d'une cérémonie civile de pouvoir récupérer la communion qui leur a été prise, parce qu'ils vivent dans une situation grave irrégularité avec son nouveau partenaire.

Pour Juan Vicente Boo, correspondant du Vatican au quotidien ABC, "La joie de l' amour", qui sera présenté le vendredi à midi au Vatican, est un long texte qui comprend les deux synodes de la famille et, par conséquent, garde la ligne de réévaluer la décision en pleine conscience, dans des dialogues privés entre divorcés et remariés, le pasteur ou compagnon spirituel, et l'évêque respectif.

Le fait que le pape François a demandé au du cardinal de Vienne, Christoph Schönborn, l’un des théologiens les plus actifs dans le groupe de travail de la langue allemande au dernier synode, de faire la présentation de l’exhortation, c’est lui qui a suggéré que le document recueille des sécurités pour étudier chaque cas en privé et dans le «for interne», à savoir, celui de la conscience personnelle. Mgr Schönborn lui-même est l'enfant de parents divorcés.

"Amoris Laetitia", comme elle est appelé, va ajouter une nouvelle impulsion à l'intégration de toutes les personnes en situation irrégulière du point de vue du droit canon, qui, dans de nombreux endroits sont plus de la moitié des catholiques. Dans cette image, les divorcés remariés sont une très petite minorité par rapport aux couples qui vivent simplement ensemble sans se marier ou qui, en Afrique, passent par les différentes phases matrimoniales entre le couple négociés entre les familles et les mariés.

Voyons demain ce qu’il en est demain, et espérons qu’on ouvre enfin en grand les portes de l’Église pour que tout le monde se sentent à sa place.

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Publié le 6 Avril 2016

Comme nous le montre NCRonline.org ce mercredi 6 avril 2016, un guide de lecture du Vatican a été envoyé aux évêques avant la publication du document très attendu du pape François sur la famille, qui dit que le pape veut que l'Église adopte une nouvelle position sur l'inclusion dans la société et veille à mettre ses doctrines sont «au service de la mission pastorale».

Le guide envoyé par le bureau du Vatican en vue de la publication de l’exhortation post-synodale vendredi intitulée "Amoris Laetitia; L’amour dans la famille" pourrait selon le pape François «encourager non seulement un ‘renouveau’, mais plus encore, une véritable ‘conversion’ de la langue». Pour le pape l’Église doit «s'exprimer dans un langage qui atteint véritablement le public, et cela implique le discernement et le dialogue.» Le discernement, dit-il, «évite de prendre des vérités et des choix pour acquis, il nous faut examiner et consciemment adopter nos formulations de vérités et les choix que nous faisons.» Il demande que comme pasteurs les évêques discernent entre les différentes situations vécues par les fidèles et pour toutes les personnes, les familles, les individus», déclare le document. «Le discernement ... nous encourage à développer de mieux en mieux», déclare-t-il.

«Pour la culture du dialogue, l'inclusion de tous est essentiel», poursuit le document. «La vision du pape de la société est inclusive. Une telle inclusion implique l'effort d'accepter la diversité, le dialogue avec ceux qui pensent différemment, d'encourager la participation des personnes ayant des capacités différentes.» Plus tard, le document indique que «La sollicitude pastorale ne doit pas être interprétée, par opposition à la loi.» «Au contraire : l'amour de la vérité est le point fondamental de la rencontre entre la loi et le soin pastoral», continue-t-il. «La vérité est pas abstraite, elle intègre le voyage humain et chrétien de chaque croyant.» «La pastorale est également pas une application pratique contingente de la théologie», affirme le document. «Nous ne sommes pas censés être compatibles avec la pastorale et la doctrine, mais conserver l'original, le sceau constitutif de la pastorale de la doctrine.»

«L'Évangile ne doit pas être purement théorique, il ne doit pas être détaché de la vie réelle des gens», affirme le guide. «Pour parler de la famille et aux familles, le défi est de ne pas changer la doctrine, mais d’en inculturer les principes généraux de manière à faire qu'ils puissent être compris et pratiqué.» «Notre langue devrait encourager et rassurer chaque étape positive prise par chaque famille réelle», continue-t-il. En conclusion, le guide de lecture dit que «La langue de la miséricorde incarne la vérité dans la vie.» «La préoccupation du Pape est donc de recontextualiser la doctrine au service de la mission pastorale de l'Église», déclare-t-il. L’utilisation d’un mot grec pour la proclamation du salut par Jésus, montre rait selon le guide que la «Doctrine doit être interprété en relation avec le cœur du chrétien kérygme et à la lumière du contexte pastoral dans lequel elle sera appliquée.»

Le discernement pourquoi pas, mais il est difficile à croire que des évêques qui ont été choisi à l’époque de Jean-Paul II et Benoît XVI qui demandaient constamment à Rome comment régler leur problème d’avoir du discernement, le doute est permis. Pour la communion des divorcés remariés, on aimerait savoir ce qu’il en est.

Comme le montre L’OBS aussi ce mercredi que pour l'évêque de Pontoise, Stanislas Lalanne, la pédophilie est "un mal" mais il ne "saurait pas dire" si c'est un péché. Ses propos ont choqué les victimes d'un prêtre pédophile à Lyon qui s'en sont émus.

"La pédophilie est un mal. Est-ce que c'est de l'ordre du péché ? Ca, je ne saurai pas dire, c'est différent pour chaque personne. Mais c'est un mal et la première chose à faire c'est de protéger les victimes ou les éventuelles victimes", a-t-il déclaré mardi sur RCF, réseau de 63 radios chrétiennes francophones. Mgr Lalanne intervenait dans le cadre de l'émission "Le Temps de le dire" consacrée à "L'Église de France face à la pédophilie".

Un peu plus tard, plusieurs auditeurs heurtés par ses propos l'ont relancé et l'évêque a précisé : "C'est un mal profond. Les choses sont très, très claires. Est-ce que c'est péché ou pas ? Je ne sais pas et ça peut être différent suivant chacun. Donc on ne peut pas généraliser", a ajouté le responsable religieux.

"La difficulté, c'est quelle conscience la personne a de ce mal ? Comment elle s'en sent responsable ? [...] Quand on commet un péché, on a conscience qu'on blesse la relation à l'autre et qu'en blessant la relation à l'autre, on blesse la relation avec Dieu", explique-t-il. "On est dans l'ordre du péché mais est-ce que cet homme est pécheur au sens strict du terme ? Je ne peux pas le dire, à chaque fois, on ne peut pas parler de façon générale", a conclu Stanislas Lalanne.

Voyons ce qu’en pense Jésus : «Celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache au cou une grosse pierre et qu’on le noie au fond de la mer» (Matthieu 18,6). Jésus a su le dire lui. Encore une fois, nous voyons que l’Église n’est pas très claire sur ce grave sujet.

L’OBS nous montre aussi que "Nuit debout", l'occupation de la place de la République à Paris pour lutter contre la loi travail, a commencé à s'étendre à plusieurs villes de province.

Quelque 300 jeunes, et moins jeunes, se sont ainsi rassemblés dans la soirée place du Bouffay à Nantes, en cercle, dans le calme. Des "ateliers" discutent du travail, des médias, de l'environnement... "C'est intimidant et exaltant", lance un homme de 32 ans. "J'attendais un moment comme ça, comme aujourd'hui, depuis longtemps, montrer quelque chose de positif, pas juste être dans le refus de quelque chose."

À Rennes, après une journée agitée, ce sont quelque 200 personnes qui se sont retrouvées, en rond sur l'immense esplanade Charles-de-Gaulle, assis sur le sol, avec couvertures, pique-nique, instruments de musique. Près d'un demi-millier de manifestants se sont aussi réunis place du Capitole à Toulouse. À Lyon, une forte présence policière a empêché l'accès à la place Mazagran où avaient rendez-vous les manifestants. Ces derniers se sont rendus sous le pont de la Guillotière, où 300 personnes ont ensuite débattu en assemblée générale.

"Nous ne sommes plus dans la simple revendication contre un projet de loi mais dans quelque chose de plus vaste", a commenté Alex, DJ et encadrant de la "Nuit debout" parisienne, qui voit en l'Espagne "un exemple assez parlant" de ce vers quoi tend ce mouvement. "Là-bas, l'occupation de places a débouché sur une transformation de la vie sociale et politique. Qu'on soit ou non d'accord avec Podemos, l'Espagne n'est plus la même aujourd'hui qu'en 2011."

Nuit Debout va sur la durée, attendons de voir où va aller le mouvement.

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Publié le 5 Avril 2016

France24.fr nous montre ce mardi 5 avril 2016 que le pape François reçu pour la première fois au Vatican Mgr Bernard Fellay, chef de la communauté intégriste dite des lefebvristes. Benoit XVI avait amorcé un rapprochement avec ce groupe exclu de l'Église catholique, sans succès.

Le pape François sera-t-il l'ouvrier du retour des intégristes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), dans le giron de Rome ? Aussi surprenant que cela puisse sembler tant l'actuel évêque de Rome a pu paraître ouvert et moderne depuis le début de son pontificat, il a reçu samedi au Vatican le supérieur de cette communauté, dite des lefebvristes.

Le Vatican a confirmé lundi 4 avril que cette rencontre "privée et informelle", selon les propres souhaits du pape, avait bien eu lieu, et qu'elle s'était déroulée dans un climat cordial. Fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre et séparée de Rome depuis 1988 en raison du concile Vatican II dont elle refuse de reconnaître les avancées, la Fraternité compte à travers le monde plus de 500 prêtres, des centaines de séminaristes et de religieuses.

Benoit XVI avait déployé en 2012 de grands efforts pour amorcer un rapprochement avec la Fraternité dirigée par Mgr Fellay. Il avait ainsi dans un geste historique levé l'excommunication des évêques de la communauté prononcée en 1988 par Jean-Paul II, suite à la rupture de ces derniers avec le Saint-Siège. Ce qui s’est avéré au final un bel échec. En reprenant le dialogue, le pape François semble vouloir poursuivre le travail de son prédécesseur qui va finir de la même manière.

Selon le quotidien italien Il Foglio, la rencontre de samedi a été une étape vers la reconnaissance de la FSSPX sous la forme d'une "prélature personnelle", un statut qui lui laisse son propre clergé, sans être lié à un diocèse, comme c'est le cas de l'Opus Dei (une Église dans l’Église aux méthodes des plus sectaires), notamment. "Il n'a pas été directement question du statut canonique de la Fraternité, François et Mgr Fellay considérant qu'il faut poursuivre ces échanges sans précipitation", a cependant assuré la FSSPX.

La rencontre est d'autant plus surprenante que Mgr Fellay ne s'est pas privé d'attaquer avec virulence le nouveau cours du Vatican, dénonçant une trop grande bienveillance à l'égard d'un monde contemporain que les intégristes considèrent comme habité par le mal. Il n'a toutefois jamais visé directement le pape François.

En septembre, la FSSPX avait cependant salué un "geste paternel" quand François avait admis les confessions auprès de prêtres intégristes pendant le Jubilé de la miséricorde comme des "absolutions valides". "Cette année jubilaire n'exclut personne", avait alors fait valoir le pape François, en disant espérer "des solutions dans un avenir proche" afin de "retrouver une pleine communion" avec la Fraternité. Faire entrer le loup dans la bergerie, ce n’est pas de la communion mais du suicide.

La rencontre s'inscrit aussi dans la volonté du pape de construire des ponts avec toutes les tendances du catholicisme, des plus conservateurs aux plus progressistes. Il avait ainsi rencontré l'évêque progressiste français Jacques Gaillot en septembre 2015. Construire des ponts entre conservateurs et progressistes est tout à fait impossible, rien ne les rapproche. C’est un doux rêve qui va s’écraser dans la réalité, celle de choisir entre une Église ouverte ou fermée sur elle-même. Et le dernier choix sera le plus mauvais.

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Publié le 5 Avril 2016

La manifestation lycéenne et étudiante n’a rien à voir avec les violences qu’on lui met dessus

Comme le montre francetvinfo.fr, les lycéens et étudiants sont dans la rue aujourd'hui contre la loi Travail, au moment où débute l'examen du projet de loi en commission à l'Assemblée nationale. L'UNL a annoncé 150 lycées bloqués partout en France dont une vingtaine à Paris.

Myriam El Khomri s’est dit "attentive à toutes les formes de mobilisation". La ministre du Travail l'a déclaré mardi matin sur LCI. Toutefois, elle a affirmé qu'elle ne comptait pas fondamentalement changer son projet de loi : "Je ne veux pas que la philosophie de ce texte soit dénaturée." Elle a affirmé aussi qu’elle ne «souhaitait pas utiliser le 49-3» pour le projet de loi travail car elle pense «avoir une majorité» au Parlement. Une affirmation un peu trop rapide à avancer.

Au moins 130 personnes ont été interpellées. Les arrestations ont été effectuées à Paris après des heurts avec les forces de l'ordre en marge du cortège des jeunes contre la loi travail, après des jets de projectiles et des affrontements avec les forces de l'ordre, selon la police. Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes puis chargé à plusieurs reprises pour disperser des groupes de jeunes à coups de matraque. À Levallois-Perret, en région parisienne, un incendie s'est déclaré parmi les barricades, des policiers ont chargé à Paris des jeunes cagoulés mêlés aux manifestants contre la loi travail. La télévision va rester fixée là-dessus pour bien délégitimer le mouvement qui n’est pas responsable de ces violences.

Malheureusement les manifestants sont pris en otages par quelques imbéciles qui veulent en découdre avec la police qui malheureusement tape dans le tas au lieu de bien regarder ceux qui créent des problèmes. Cela peut expliquer aussi la mobilisation en baisse par rapport aux précédentes journées similaires, à savoir celles qui ne rassemblaient que les étudiants et les lycéens, car ce derniers ne souhaitent pas servir d’alibi à quelques anarchistes comme nous le montre LeMonde.fr. Le cortège à Paris où entre 3200 et 3400 personnes ont manifesté à l'appel des organisations jeunesses est parti sans incident. Les manifestations des 17 et 24 mars avaient rassemblé respectivement 9000 et 5000 manifestants. Des rassemblements ont aussi eu lieu à Marseille, Grenoble, Toulouse et Strasbourg, qui sont fois beaucoup plus calmes, sauf à Rennes où des affrontements ont lieu en marge des cortèges.

Espérons que la manifestation du 9 avril se passe beaucoup mieux et que la police fasse mieux son travail, car le mouvement est porteur et mérite mieux que l’image désastreuse que vont lui donner les médias grâce à quelques personnes qui n’ont pas leur place dans une manifestation pacifique.

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Publié le 4 Avril 2016

Petit tour de l’actualité : les catholiques doivent être des apôtres de la miséricorde, «Panama Papers» ou les zones d’ombres de la finance, et la Nuit debout qui confirme son succès

“Tant de personnes demandent d’être écoutées et comprises”, a relevé le pape François lors de la messe qu’il célébrait place Saint-Pierre le 3 avril 2016 pour le Dimanche de la Divine miséricorde, demandant aux fidèles d’être de “bons samaritains” pour leurs frères comme nous le montre cath.ch. Face à une humanité “souvent blessée et craintive”, a alors souhaité le pontife, les catholiques doivent être des “apôtres de miséricorde”.

C’est devant une place Saint-Pierre bien plus remplie que lors du temps de prière organisé la veille au soir que le pape François a célébré la messe du Dimanche de la Divine miséricorde, une fête liturgique instituée en avril 2000 par Jean Paul II. Dans son homélie, le pape a assuré que l’Évangile était “le livre de la miséricorde de Dieu”, mais que l’Évangile de la miséricorde demeurait “un livre ouvert”, invitant alors les fidèles à devenir “écrivains vivants de l’Évangile, porteurs de la Bonne Nouvelle à tout homme et à toute femme d’aujourd’hui”. Ceci, a-t-il expliqué une nouvelle fois, “en mettant en pratique les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles, qui sont le style de vie du chrétien”.

En référence à l’Évangile du jour qui fait le récit de l’incrédulité de l’apôtre Thomas, le pape a soutenu que le Christ, “par la résurrection (avait) vaincu la peur et la crainte qui nous emprisonnent” et souhaitait “ouvrir tout grand nos portes closes et nous envoyer”. Face à “une humanité souvent blessée et craintive qui porte les cicatrices de la douleur et de l’incertitude”, le pape a alors appelé les fidèles à “être apôtres de miséricorde”, car Dieu “désire venir à la rencontre de toutes les pauvretés et libérer des nombreuses formes d’esclavage qui affligent notre monde”.

“Tant de personnes demandent d’être écoutées et comprises”, a ainsi relevé le pape qui a soutenu que “l’Évangile de la miséricorde, à annoncer et à écrire dans la vie, cherche des personnes au cœur patient et ouvert, ‘bons samaritains’ qui connaissent la compassion et le silence face au mystère de leurs frères et de leurs sœurs”. Cet Évangile, a-t-il ajouté, “demande des serviteurs généreux et joyeux, qui aiment gratuitement sans rien exiger en échange”. Une fois encore, le pape a assuré que “la miséricorde de Dieu est éternelle; elle ne finit pas, elle ne s’épuise pas, elle ne se rend pas face aux fermetures, et elle ne se fatigue jamais”.

Se libérer des pauvretés et des esclavages qui affligent notre monde, et ne rien exiger en échange de son service est un but altruiste mais le pape n’est pas si naïf et sait que cela sera difficile plus encore quand on voit que douze chefs d'État ou de gouvernement, des stars du football comme Michel Platini ou Lionel Messi et de nombreuses personnalités auraient fraudé le fisc et dissimulé leur fortune selon une vaste enquête mondiale publiée dimanche soir comme le montre Libération.fr. C’est la plus grosse fuite de données mondiales dans l’histoire de la presse. Une centaine de médias de 76 pays ont mis au jour les avoirs cachés dans des paradis fiscaux de leaders politiques mondiaux, de stars du football, de milliardaires ou de criminels.

Les données de cette enquête baptisée «Panama Papers» ont été obtenues par le journal allemand Süddeutsche Zeitung grâce à une source anonyme et traités par le Consortium international de journalisme d’investigation (ICIJ). Plus de 370 journalistes du monde entier (dont des journalistes du Monde et de l’émission de France 2 «Cash Investigation» en France) ont épluché pendant plusieurs mois les 11,5 millions de fichiers d’une société de domiciliation offshore basée à Panama, Mossack Fonseca. Ce cabinet aurait créé plus de 214 000 entités offshores, des sociétés permettant de masquer l’identité de leurs propriétaires, dans 21 paradis fiscaux différents entre 1977 et 2015 et pour des clients issus de plus de 200 pays et territoires.

Résultat : 140 responsables politiques, dont douze anciens ou actuels chefs d’État et de gouvernement sont cités. Parmi les personnalités mentionnées figurent notamment un cercle rapproché de personnalités autour de Vladimir Poutine. Les associés du président russe auraient détourné plus de deux milliards de dollars avec l’aide de banques et de sociétés écran. Le premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson, mais aussi de nombreux autres noms de chefs d’État ou de personnalités politiques sont visés. On y retrouve également le footballeur argentin Lionel Messi et le président suspendu de l’UEFA, Michel Platini. Tous ont placé une partie de leur fortune dans les paradis fiscaux. L’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac serait aussi impliqué. D’après ces documents, Jérôme Cahuzac était propriétaire d’une société, immatriculée aux Seychelles en 2009 et associée à un compte en banque lié au cabinet Fonseca.

«Ces révélations montrent à quel point des pratiques nocives et la criminalité sont profondément enracinées dans les places offshore», selon Gabriel Zucman, un économiste de l’université de Californie à Berkeley cité par l’ICIJ. «Les "Panama Papers" offrent une cartographie, presque en temps réel, d’un pan entier de la finance mondiale, jusqu’alors à l’abri des regards.» explique Le Monde.

Ils nous demandent de faire des efforts, d’être précaire et d’accepter la privation de nos droits sociaux, alors qu’eux cachent leur argent des paradis fiscaux. Le peuple en a assez des élites gardant ses privilèges alors que lui doit prendre les miettes si elles existent encore. Maintenant, il veut lui aussi agir comme le mouvement «Nuit Debout» dans Le Point.fr ce lundi 4 avril 2016, où des centaines de personnes étaient encore à Paris pour s'opposer à la loi travail. Rejoints par le DAL, ils veulent la "destruction globale du système capitaliste". Ils ne lâchent rien. Pour la quatrième nuit consécutive depuis la journée de mobilisation contre la loi travail, des centaines de personnes du mouvement Nuit debout occupaient dimanche soir la place de la République à Paris, avec l'intention d'être là le lendemain encore.

«Nous sommes 2 000 !» a annoncé une bénévole au micro devant la foule, certains assis en tailleur sur les pavés de la place du centre de la capitale. Le collectif Nuit debout, associé au DAL (Droit au Logement), a obtenu l'autorisation d'occuper la place jusqu'au 4 avril, a-t-on appris de source policière. «Salaire à vie», «démocratie par tirage au sort», «baisse des hauts revenus», «embauche de tous les chômeurs», «destruction globale du système capitaliste», les revendications sont diverses et les participants se succèdent au mégaphone pendant l'AG qui dure plus de deux heures.

«Y'a des utopistes parmi nous ?» interroge l'un d'entre eux. Et le public de réinventer les applaudissements en répondant en agitant les mains en l'air. «Nous ne sommes pas des bisounours, on est des optimistes, le monde dont on rêve, il est là», s'enthousiasme une jeune femme. Certains rêvent ici de «réécrire la Constitution» et réclament «la démission du gouvernement». Convergence des luttes prévient qu’il n y aura pas d'AG, et que le mouvement se reposera un peu, mais il reviendra dès mardi soir.

Un mouvement comme «Nuit debout» est sans doute un souffle libérateur dans une démocratie qui ne répond plus aux espoirs du peuple. Des étudiants, des travailleurs, et des précaires rêvent de réinventer le monde qui met en avant une réelle démocratie, celle du peuple. Ce mouvement n’a pas tort, ce gouvernement doit démissionner pour mettre en place un gouvernement qui fait réellement de la gauche. Et si des catholiques les rejoignaient ou les imitaient pour demander des réformes dans l’Église et faire un «Occupy St. Peter's Square».

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