Publié le 30 Septembre 2017

Des dizaines de milliers d'Irlandais marchent pour l'avortement

Reuters.com ce samedi 30 septembre 2017 nous montre que des dizaines de milliers d'Irlandais ont défilé samedi à Dublin pour demander un assouplissement du droit à l'avortement, l'un des plus restrictifs au monde, avant la tenue d'un référendum sur le sujet l'année prochaine.

 

La question de l'avortement demeure très clivante dans la très catholique Irlande, où il n'est autorisé que depuis 2013 dans le seul cas où la vie de la mère est en danger. En 2016, quelque 3000 Irlandaises se sont rendues en Angleterre pour avorter, selon les données du ministère britannique de la Santé, mais les militants du droit à l'avortement estiment ce chiffre largement sous-estimé.

 

Le gouvernement irlandais s'est engagé à organiser un référendum sur le sujet en mai ou juin prochains mais il n'a pas encore décidé quelle sera la question posée. Un groupe de citoyens convoqué pour conseiller le gouvernement sur la question a voté de manière écrasante que le huitième amendement doit être modifié.

 

Les partisans de l'avortement craignent qu'il n'ose pas aller assez loin. "Des ministres ont laissé entendre que seules les conditions les plus restrictives ont des chances d'être acceptées mais je crois que les gens veulent davantage que cela", a déclaré Sarah Murphy, 26 ans, qui participait à la manifestation de samedi. "L'Irlande change. Je ne pense pas que nous aurions vu un défilé pareil il y a quelques années", a-t-elle ajouté.

 

Cette mobilisation sans précédent est une nouvelle illustration du recul de l'influence de l'Église catholique en Irlande, premier pays à avoir adopté le mariage homosexuel par référendum, par 62% contre 38%, en 2015, malgré l'opposition de la hiérarchie religieuse.

 

Il faut dire que les Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et la cour européenne des droits de l’homme ont contraint le gouvernement à décriminaliser l'avortement et à élargir la loi pour permettre la procédure en cas d'anomalie fœtale mortelle, de viol ou d'inceste. Les militants pro-choix veulent un régime plus libéral, plus proche de celui de l'Angleterre, qui permet d’avorter jusqu'à 24 semaines après la conception. Les sondages d'opinion montrent aussi qu'une grande majorité des électeurs veulent un certain changement.

 

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Publié le 29 Septembre 2017

Comme le montre cuxnow.com le cardinal Pietro Parolin a déclaré le jeudi 28 septembre 2017 que ceux qui ne sont pas d'accord avec le pape sont libres de s'exprimer, mais sur ces choses il faut raisonner et trouver des moyens de se comprendre. Ses remarques étaient en réponse à une «correction filiale», préparée par quelques douzaines d'universitaires et clercs traditionalistes, accusant le pape François de multiplier sept positions hérétiques concernant le mariage, la vie morale et les sacrements avec son exhortation apostolique de 2016 «Amoris Laetitia» et ultérieurement des "Actes, des mots et des omissions". Les commentaires de Parolin ont marqué la première réponse officielle du Vatican aux accusations publiées le week-end dernier.

 

Les organisateurs de la pétition ont  déclaré que la «correction» a été remise au pape François le 11 août et le pontife n'y avait pas répondu jusqu’à présent. Sa réponse est venue jeudi dans la Civiltà Cattolica. Le pape dit simplement à ceux qui l’attaquent que pour comprendre Amoris Laetitia, il faut la lire de A à Z, et réfléchir. À bon entendeur, salut !

 

Mais une plus belle réponse au cléricalisme que le pape François combat nous vient d’un article de Mark Brolly pour The Tablet hier : «Le modèle séparé et élitiste de la prêtrise 'tirant son dernier souffle’, dit un évêque australien». L'évêque de Parramatta, Vincent Long Van Nguyen, a déclaré à Sidney dans une réunion de séminaire que le modèle d'un sacerdoce exalté, séparé et élitiste «tirait son dernier souffle». Il a déclaré que l'Église devait réclamer «la qualité essentielle du sacerdoce en tant que serviteur de l’Humble Jésus». «Nous avons le poids de la colère publique et de la méfiance à la suite de la crise de l'abus sexuel», a déclaré l'évêque Long au rassemblement du club catholique Dooleys Lidcombe, dans l'ouest de Sydney, dans un discours intitulé «La prêtrise en Australie : réflexions sur son avenir à la lumière de la Commission royale (dans les réponses institutionnelles aux abus sexuels d'enfants)».

 

«C'est l'un des moments les plus difficiles pour être prêtre. Pourtant, paradoxalement, c'est aussi l'un des moments les plus excitants que nous avons, en tant que ministres et messagers de l'Évangile, nous avons le privilège de le vivre et de le faire connaître aux autres. Précisément dans ce Kairos, on nous donne l'occasion unique d'accompagner notre peuple dans un exode spirituel qui je le crois nous conduira à une nouvelle aurore pour l'église.» «Il doit y avoir un changement d'attitude à tous les niveaux, une conversion de l'esprit et du cœur qui nous concilie avec l'esprit de l'Évangile, un nouveau vin dans des vins nouveaux, pas seulement un changement cosmétique ou pire une retraite dans la restauration.» «Ce qui ne va pas avec l'Église d’aujourd'hui provient en partie d'une erreur de leadership et de service chrétiens. En ce qui me concerne, la crise de l'abus sexuel n'est que la pointe de l'iceberg.» «Lorsque le privilège, le pouvoir et la domination sont plus évidents que l'amour, l'humilité et le service dans l'église, alors l'Évangile même du serviteur Jésus est en danger».

 

Il a rappelé sa première réconciliation, lorsque son curé "ne s'est pas montré comme un serviteur humble mais plus comme un seigneur féodal". "Nous nous sommes alignés des deux côtés du confessionnal et nous avons attendu nerveusement nos tours. J'ai répété mes péchés douze fois, avec l'aide de mes camarades pénitents. Pourtant, quand je me suis agenouillé pour avouer, dans cette sombre boîte confessionnelle, Je ne pouvais pas prononcer un mot. J'ai été stupéfait par une peur précieuse. Non impressionné par mon silence, le prêtre sors promptement de son siège et me traîne par l'oreille, m'a placé au bout de la ligne. Il m’a même donné une gifle sur le visage avant de retourner sur son siège. Nous étions effrayés par son pouvoir sans entraves."

 

«L'Église ne peut être fidèle à sa mission que lorsqu'elle embrasse de manière totale et sans équivoque le chemin de la vulnérabilité divine. Elle ne peut être que la voie de la compassion et parler le langage de l'espoir à une humanité brisée, car elle personnifie vraiment l'impuissance et se situe là où le Christ a autrefois résisté, c'est-à-dire fermement du côté des proscrits et des plus vulnérables.» L'évêque Long a déclaré qu'il ne suggère pas que les lignes de distinction entre les ordonnés et les non-ordonnés soient effacées, mais que «chacun devrait se compléter, plutôt que d'étouffer l'autre». «Comme la fête du mariage de Cana, le vin d'autrefois a bien servi l'église, mais il est en train de s'écouler. L'ancienne manière d'être prêtre a également bien servi l'église que nous aimons. Mais ce modèle du sacerdoce exalté, séparé et élitiste tire son dernier souffle, du moins dans de nombreuses régions du monde, y compris en Australie. Il y a un meilleur vin que le bon Dieu nous a préparé.»

 

Mgr Vincent Long Van Nguyen veut que l’Église sorte du cléricalisme et qu’elle soit servante, et cela doit commencer par les clercs qui doivent abandonner la séparation avec les laïcs et l’élitisme. Une bonne chose.

 

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Publié le 28 Septembre 2017

cath.ch nous montre ce jeudi 28 septembre 2017 que pour comprendre Amoris laetitia, il faut la lire de A à Z et réfléchir…, a expliqué le pape François à un groupe de jésuites lors de son récent voyage en Colombie. À ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de morale sûre derrière son exhortation apostolique, le pape répond de “manière claire que la morale d’Amoris laetitia est une morale thomiste”, celle du grand saint Thomas d’Aquin.

 

La revue des jésuites Civiltà Cattolica publie le 28 septembre 2017 le compte-rendu d’un entretien privé du pape François avec des jésuites, lors de son voyage en Colombie. Parmi les sujets abordés, le pontife est revenu sur les nombreux commentaires de son exhortation apostolique Amoris laetitia de 2016.

 

Le pape François a rencontré, le 10 septembre dernier, en Colombie, 300 représentants de la communauté afro-américaine, assistés par des jésuites, dans le sanctuaire de saint Pierre Claver à Carthagène. Le pontife s’est ensuite entretenu en privé avec 65 religieux de la Compagnie de Jésus.

 

Les commentaires sur Amoris laetitia sont respectables, a estimé le pape. Mais pour la comprendre, “il faut la lire de A à Z. En commençant par le premier chapitre, en continuant par le deuxième, et ainsi de suite… et réfléchir”. Le pape a encouragé également à relire ce qui s’est dit pendant les deux sessions du synode des évêques sur la famille en 2014 et 2015.

 

Le successeur de Pierre s’est arrêté sur la ‘catholicité’ du document : “certains soutiennent que derrière Amoris laetitia, il n’y a pas de morale catholique, ou, tout du moins, que ce n’est pas une morale sûre. Je veux rappeler de manière claire que la morale d’Amoris laetitia est une morale thomiste, celle du grand Thomas”. Il a en outre conseillé d’en parler avec le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, “un grand théologien, parmi les meilleurs aujourd’hui”. “Le grand Thomas, souligne-t-il encore, possède une très grande richesse, capable de nous inspirer encore aujourd’hui. Mais à genoux, toujours à genoux…”. Car pour lui, la théologie doit se faire en priant.

 

Dans cet échange avec les jésuites, le pape est également revenu sur la nécessité pour l’Église d’avoir des pasteurs qui se laissent “porter” par le peuple. Car si la religiosité populaire peut comporter des risques de superstition, lorsqu’elle est bien orientée, elle “manifeste une soif de Dieu que seuls les simples et les pauvres peuvent connaître”.

 

Intitulé ‘la grâce n’est pas une idéologie’, la retranscription de ce dialogue à bâtons rompus a été assurée par le père Antonio Spadaro, directeur de la Civiltà Cattolica, et proche du pontife. Ces échanges ont eu lieu après que le pape a eu connaissance de la ‘correction filiale’ des théologiens traditionalistes sur Amoris laetitia, remise en mains propres le 10 août. Celle-ci n’a cependant été rendue publique que le 24 septembre. 

 

Une belle mise au point du pape François qui répond aux attaques de quelques prélats afin de leur montrer qu’ils n’ont pas bien lu l’exhortation apostolique et rappelant que les pasteurs doivent se laisser porter par le peuple, plus particulièrement par les simples et les pauvres.

 

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Publié le 27 Septembre 2017

"La rage, l’arrogance, la fierté, le ridicule et l'impiété". Ce sont les sentiments qui ont motivé les cinquante signataires de la «correction filiale» du pape François pour Amoris laetitia, selon le premier groupe de théologiens et d'auteurs venus à la défense du pontife argentin comme le montre l’article de Cameron Doody sur periodistadigital.com du mardi 26 septembre 2017. Selon ces réactions rapides à la soi-disant «correction» - un document sans précédent datant du Moyen Âge - ce qui est le plus frappant dans la lettre au premier coup d'œil, c'est la pénurie de signataires, ainsi que les petites positions qu'ils occupent sur les échelons de l'Église.

 

«La première réaction que j'avais après avoir lu le document correspond aux signataires», Richard Gaillardetz, théologien du Boston Collège et ancien président de l'Association théologique catholique des États–Unis, a-t-il déclaré à Reporter. «L'accent mis sur les signataires», selon le professeur - sur le site où la «correction» a été rendue publique. "Cela cache le fait que ces [signataires] sont des figures marginales [dans l'Église]". Leur seul mérite, a ajouté Gaillardetz, est qu’"ils sont reconnus comme des voix extrémistes et auto-marginalisées". Non seulement les extrémistes sont les signataires de la correction, de fait, pour Gaillardetz, ils sont aussi les partisans d'une ecclésiologie qui paraît «préoccupante» pour cet expert.

 

"François n'a pas peur de les défier, et il a montré une ouverture rafraîchissante aux débats et aux désaccords dans l'Église", a déclaré le professeur. D'autre part, Gaillardetz a poursuivi : «avec ce document, nous ne trouvons pas un groupe de théologiens et de clercs intéressés à offrir leurs points de vue d'une manière humble, dans le cadre du discernement continu de l'Église en communion avec ses dirigeants». Loin de cela, les abonnés à la «correction» cherchent à corriger le pape à partir d’une appréciation dangereuse de sa propre certitude : «une certitude à peine rompue par le désaccord des principes que beaucoup d'Église ont pour leurs arguments.»

 

Pour sa part, Massimo Faggioli, un avant-gardiste renommé, un théologien et un historien de l'Université de Villanova, a déclaré au journaliste  qu'il était surpris qu'au début, seul un évêque avait signé le document. Un évêque schismatique, en fait, comme l’évêque Fellay des Lefebvristes. Mgr René Henry Gracida, évêque émérite de Corpus Christi aux États-Unis, a rejoint la liste dimanche, mais cela ne change pas l'incrédulité de Faggioli selon laquelle il n'y a plus de préposés "dans une Église catholique qui compte plus de 200 cardinaux et plus 5000 évêques".

 

Mais en dehors de Gaillardetz et Faggioli, qui avaient les mots les plus forts pour les signataires de la «correction filiale» au pape, se trouve l'auteur laïc Stephen Walford, qui pendant ce mois d'août a eu avec le pape une audience privée avec sa famille qui a duré quarante-cinq minutes. Dans ses remarques à Reporter, Walford a attaqué la conspiration de  la «correction filiale», affirmant que l'accusation d'hérésie sur le pape repose sur deux piliers. Un, «dans des déclarations que le pape n'a jamais faites», c'est-à-dire des «mensonges» - et deux, «une dose massive d'hypocrisie».

 

"Les signataires", a poursuivi l'auteur britannique, "attaquent également le pape pour son attitude envers Martin Luther". Mais sa propre évaluation de ce qui est approprié ou inapproprié d'enseigner pour un pape est équivalente au protestantisme : "un catholicisme coutumier".

 

Un autre produit aussi, à la fin de la «correction filiale» - qui a été motivé par la colère et le pharisaïsme qui est inspirée sur les sites internet par une ultra-droite catholique. Avec la «rage, l’arrogance, la fierté, le ridicule et l'impiété», qui, selon Walford, sont des éléments qui ne vont pas arrêter le pape François et ses défenseurs de se lever.

 

Pour soutenir le pape François dans ses réformes, je vous mets ce lien : http://propapafrancisco.com/en/index.html.

 

Pendant ce temps, le pape fait un nouvel appel pour les migrants comme le montre BFMTV.com ce mercredi 27 septembre : «Le pape lance une campagne pour rapprocher migrants et communautés locales». Le pape François a donné ce mercredi le coup d'envoi d'une campagne de la Caritas, l'organisation caritative de l'Eglise catholique, destinée à rapprocher migrants et réfugiés des communautés locales qui les ont accueillis.

 

"Les bras ouverts (...) il faut accueillir exactement comme ça, avec les bras grands ouverts" a déclaré le pape Jorge Bergoglio, descendant lui-même d'Italiens ayant émigré en Argentine, en saluant des représentants de la Caritas et les milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre à l'occasion de l'audience générale. Cette campagne d'action et de sensibilisation, d'une durée de deux ans, a pour but de provoquer un changement de mentalité envers les migrants et réfugiés.

 

"Nous ne faisons qu'une simple suggestion: entrez en contact avec un vrai migrant. Regardez-le dans les yeux, écoutez les raisons pour lesquelles il est parti de chez lui", a expliqué le président de Caritas International, le cardinal philippin Luis Antonio Tagle, cité dans un communiqué. Les migrants "ne migrent pas pour le simple plaisir de migrer, ils le font parce que quelque chose les contraint à le faire", a assuré de son côté Bekele Moges, directeur de Caritas Ethiopie.

 

La Caritas compte mobiliser ses 165 représentations dans le monde pour favoriser ce rapprochement. "Notre rôle est de parler à qui a peur" des migrations, a ainsi expliqué son homologue pour l'Italie, Oliviero Forti. Quelque 244 millions de personnes ont émigré en 2015 dans le monde selon la Caritas.

 

C’est ici, où doit être le pape et non au côté d’hommes aigris qui ne souhaitent pas que l’Église se réforme. Encore une fois, un pape doit faire face à des hommes qui se croient plus pape que le pape.

 

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Publié le 26 Septembre 2017

Christa Pongratz-Lippitt dans son article pour le mardi 26 septembre 2017 sur The Tablet nous montre que lundi, le président de la conférence épiscopale allemande, le cardinal Reinhard Marx, a mis en garde contre la pensée «noire et blanche» et a averti le Bundestag de ne pas permettre aux députés d'utiliser un «langage de haine et de marginalisation».

 

«L'Église ne perdra pas complètement de vue la politique à l'avenir», a déclaré le cardinal Marx. «Des sujets tels que la question des réfugiés, la façon de traiter les cultures étrangères, la pauvreté, la protection de la vie du début à la fin et la promotion du mariage et de la famille demeurent des problèmes importants pour l'Église sur laquelle il continuera de parler. Le passage à l’extrême droite, qui est évident non seulement en Allemagne mais aussi en Europe et aux États-Unis, est "profondément inquiétant"», a déclaré le cardinal.

 

L'ancien évêque de Dresde et maintenant l'archevêque de Berlin, Heiner Koch, ont déclaré que les gens étaient de plus en plus effrayés par le changement, en particulier en Allemagne de l’Est, où jusqu'à 30% de la population a voté pour l’AfD. Pour ces personnes, la numérisation menace leur travail et les réfugiés menacent leur pays d'origine.

 

C'est "très pénible" que l'AfD ait obtenu ses meilleurs résultats en Saxe où il a même battu la CDU et est maintenant le parti le plus fort, a déclaré le directeur de l'Académie catholique de Dresde, Thomas Arnold à Katholisch.de. «La raison du succès de l'AfD, a-t-il regretté, était que les gens en Saxe étaient contre la politique des réfugiés de Mme Merkel. Les opinions chrétiennes devraient être exprimées plus fortement et l'Église devrait dialoguer avec les membres de l’AfD», a déclaré M. Arnold

 

Il sera difficile de dialoguer avec l’AfD, comme le montre RFI.fr dans son article  du lundi 25 septembre : «Allemagne: l’AfD affiche (déjà) ses divisions après sa percée électorale». Surprise en Allemagne, où la co-présidente du parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) renonce ce lundi 25 septembre 2017 à son siège de députée, juste remporté la veille. Alors que les législatives allemandes ont été marquées par une percée spectaculaire de l’extrême-droite, qui a engrangé près de 13% des voix, la décision de Frauke Petry rappelle les divisions qui traversent l’AfD. Ceux, qui au sein du parti privilégient une voie moins radicale n'ont pas pu s'imposer. Cela traduit la radicalisation de l'Alternative pour l'Allemagne qui a estimé que «la chasse à Angela Merkel» était ouverte.

 

Inquiétant, quand on sait qu’Angela Merkel va faire une «coalition Jamaïque» avec les Verts et le FDP qui ne veut pas du projet de relance du moteur franco-allemand d’Emmanuel Macron. La seule bonne nouvelle est que le SPD mené par Martin Schulz a décidé de rejoindre l’opposition et de ne plus faire partie d’une coalition de gouvernement.

 

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Publié le 25 Septembre 2017

RFI.fr dans son article du lundi 25 septembre 2017 nous montre que  c’est une affaire qui démontre une nouvelle fois que la réforme des finances du Vatican n’est pas un long fleuve tranquille : Libero Milone, l’ex-contrôleur financier général du Vatican, accuse celui-ci de l’avoir poussé à la démission, il y a trois mois, alors qu’il avait relevé des irrégularités. Le Vatican contre-attaque en accusant Milone d’avoir profité de ses fonctions pour effectuer de l’espionnage.

 

Les accusations de Milone sont graves. Dans un entretien à quatre médias et en présence de ses avocats, il a expliqué avoir découvert être sous surveillance. Selon l'ancien auditeur du Vatican, les ennuis auraient commencé quatre mois seulement après sa nomination, en mai 2015, quand il a soupçonné que ses bureaux ont été visités à son insu. Il fait alors appel à une société extérieure spécialisée dans la surveillance qui aurait découvert son ordinateur piraté. Pour se défendre, le Vatican accuse son ancien expert-comptable d’avoir justement profité de cette société pour espionner des prélats.

 

La démission de Milone le 19 juin dernier, présentée comme le fruit d’un «commun accord» avec le Vatican, prend donc un tout autre relief.  Il raconte avoir été forcé de signer sa lettre de démission après avoir été interrogé par la gendarmerie vaticane. S’il n’avait pas démissionné il aurait été poursuivi en justice, a précisé le numéro 3 du Vatican.

 

Lors de son embauche en mai 2015, le secrétaire à l’économie du Saint-Siège, le cardinal Pell, avait expliqué que Milone serait totalement indépendant et autonome pour mener à bien sa mission, dépendant notamment directement du pape François. On ne sait rien en revanche des irrégularités mises à jour par l’auditeur et ses équipes, en raison d'une clause de confidentialité.

 

Le Vatican continue avec ses problèmes liés aux finances, et il faudra sans doute choisir entre deux maîtres comme le dit Jésus : Dieu et l’argent. Espérons que ce soit le premier pour ne plus faire face à de telles affaires.

 

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Publié le 24 Septembre 2017

Raphaël Zbinden dans son article pour cath.ch de ce dimanche 24 septembre nous montre qu’une “Correctio filialis” de 26 pages concernant Amoris laetitia, signée par 62 clercs catholiques et universitaires laïcs, a été rendue publique le 24 septembre 2017. Les signataires y dénoncent “sept hérésies” prétendument présentes dans l’exhortation apostolique du pape François.

 

Le document a été diffusé par le média Actualités de la Fraternité St-Pie X (FSSPX), qui en fait un résumé. La Fraternité traditionaliste, séparée de Rome depuis 1988, explique que la “correction filiale” a été remise au pape François le 11 août 2017, et que c’est en l’absence de réponse de sa part qu’elle a été rendue publique.

 

La critique fait suite aux ‘dubia’ (doutes) sur Amoris lætitia, émis en septembre 2016 par les quatre cardinaux Walter Brandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner et Carlo Caffarra, – ces deux derniers étant décédés récemment. Les prélats y demandaient au pape François de “faire la clarté” sur cinq points hétérodoxes d’Amoris lætitia. Les ‘dubia’ étaient restés sans réponse de la part du Saint-Père. Parallèlement, 45 théologiens avaient fait parvenir, en juin 2016, au cardinal Angelo Sodano, doyen du Collège des cardinaux, une nouvelle étude critique portant sur 19 points de l’exhortation. Une requête également restée sans réponse.

 

Cette dernière “correction filiale” affirme que “le pape, par son exhortation apostolique Amoris laetitia ainsi que par d’autres paroles, actions et omissions en rapport avec celle-ci, a effectivement soutenu sept propositions hérétiques par rapport au mariage, à la vie morale et à la réception des sacrements, et qu’il a été à l’origine de la diffusion de ces opinions hérétiques au sein de l’Église catholique”.

 

Le document établit la liste des passages d’Amoris laetitia “où des positions hérétiques sont insinuées ou encouragées, puis elle énumère les paroles, les actes et les omissions du pape François qui font comprendre, au-delà de tout doute raisonnable, que celui-ci veut voir les catholiques interpréter ces passages d’une manière qui est, de fait, hérétique”.

 

La Fraternité basée à Ecône, en Valais, note ainsi qu'”en particulier, le pape a directement ou indirectement approuvé les croyances selon lesquelles l’obéissance à la loi de Dieu peut se trouver être impossible ou non souhaitable, et selon lesquelles l’Eglise sait parfois accepter que l’adultère soit considéré comme compatible avec le fait d’être un catholique pratiquant”.

 

La “correction” critique finalement le “modernisme” de l’Église actuelle et “l’influence apparente des idées de Martin Luther sur le pape François”, concernant notamment le mariage, le divorce, le pardon et la loi divine.

 

La liste des signataires de la Correctio filialis comprend plusieurs noms déjà présents dans celle envoyée au cardinal Sodano en juin 2016. Parmi les nouveaux noms, figure celui du prélat suisse Bernard Fellay, supérieur général de la FSSPX.

 

On y retrouve également des personnalités qui ont fait parler d’elles dans divers domaines, telles qu’Ettore Gotti Tedeschi, ancien président de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), ou encore Stéphane Mercier, chargé de cours à l’Université catholique de Louvain (UCL-Belgique). Le premier avait été poussé à quitter ses fonctions en mai 2012, après une “motion de défiance” à l’égard de sa gestion, posée à l’unanimité des membres du Conseil de l’IOR. Le professeur de philosophie Stéphane Mercier a été convoqué en mars dernier par les autorités de l’UCL en rapport à un texte dans lequel il suggérait que l’avortement était un péché plus grave que le viol.

 

Cela donne une idée de l’esprit de miséricorde des signataires de cette soit disant «correction filiale». Le pape y a répondu comme le montre la page brésilienne de Radio Vatican : «Dieu n’exclut personne, le royaume est un lieu pour tous» (http://br.radiovaticana.va/news/2017/09/24/papa_deus_n%C3%A3o_exclui_ningu%C3%A9m,_no_reino_h%C3%A1_lugar_para_todos/1338739). "Dieu exclut personne et veut que chacun atteigne sa plénitude" : a déclaré le pape François a déclaré dans son discours qui a précédé la prière mariale de l'Angelus ce dimanche à la place Saint-Pierre, à travers la parabole du patron qui récompense de la même manière, les travailleurs qui travaillaient à des moments différents.

 

À travers cette parabole, le «Seigneur utilise la miséricorde, pardonne largement, est plein de générosité et de bonté qui se répand sur chacun de nous, s'ouvre à tous les territoires illimités de son amour et de sa grâce, qui ne peuvent donner au cœur humain que la plénitude de la joie», car «Les pensées humaines sont souvent marquées par l'égoïsme et l'ambition personnelle, et nos voies étroites et tortueuses ne sont pas comparables aux façons larges et justes du Seigneur.» Pour le pape «Dieu n'exclut personne et veut que chacun atteigne sa plénitude. C'est l'amour de notre Dieu qui est Père».

 

Et lors de l’Angelus, le pape a rappelé que samedi, à Oklahoma City (États-Unis d'Amérique), le bienheureux Stanley Francis Rother, prêtre missionnaire, a été assassiné pour son travail d'évangélisation et de promotion humaine au nom des plus pauvres du Guatemala. Son exemple héroïque, dit le pape, nous aide à être courageux témoins de l'Évangile en nous engageant à la dignité de l'homme.

Voilà une belle mise au point pour ceux qui voient des limites à la miséricorde et qui ferment la porte à ceux qui cherchent Dieu ou veulent le retrouver.

 

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Publié le 23 Septembre 2017

Cameron Doody dans son article sur periodistadigital.com de ce samedi 23 janvier 2017 nous montre que la politique du pape François de «tolérance zéro» pour le clergé abuseur «est le chemin à parcourir», mais même avec le leadership courageux du pape, cette politique est «inutile» si les autres évêques du monde entier ne le soutiennent pas. C'est l'avertissement de l’irlandaise Marie Collins, ancienne membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, qui a également fait l'éloge de la «sincérité et de la transparence» que le pape a apporté à l'Église dans ce domaine.

 

«La tolérance zéro est le chemin à parcourir, mais elle est inutile s'il n'y a pas de sanction pour ceux qui ne la mettent pas en pratique», a déclaré Collins à Crux. "Mon problème avec la tolérance zéro ou toute autre politique qui doit être mise en œuvre est : Que faites-vous lorsque vous ne la suivez pas ?"

 

L’experte sur les abus sexuels dans l'Eglise répondait à la parole importante qu’a donné jeudi le pape à la commission du Vatican anti-pédophilie, où il a à nouveau eu l'occasion de souligner une nouvelle fois que l'Église appliquera une «action forte» contre les prêtres abuseurs et les évêques dissimulateurs, complices d'un «péché horrible» qui a blessé, embarrassé et laissé dans «une terrible ruine» non seulement à l'Église, mais aussi à toute l'humanité.

 

Bien que Collins ait exprimé sa gratitude pour l'engagement exprimé hier par le pape, et surtout pour son soutien aux sessions de formation que les membres de la Commission ont donnés aux conférences épiscopales à travers le monde, l’Irlandaise a déclaré que "la pièce qui manque" encore dans la réponse de l'Église aux abus est «la responsabilité». "Toutes les politiques du monde ne fonctionnent pas s'il n'y a pas de conséquence à ignorer", ont déclaré les Irlandais.

 

L'instrument principal avec lequel le pape François a cherché à répondre à cette demande des experts de la commission anti-pédophilie que la hiérarchie a pris sa part de culpabilité de ne pas répondre adéquatement aux victimes d'abus sexuels était le tribunal spécial pour les évêques  dissimulateurs qu'il a proposé dans le motu proprio Comme une mère aimante. La cour a été bloqué par le cardinal ultraconservateur Gerhard Müller, ancien préfet de la Doctrine de la Foi, mais il est essentiel, selon Collins, pour l'Église de veiller à ce qu'il y a un effet dissuasif sur les agresseurs et à afficher de la sévérité avec leurs dissimulateurs.

 

En ce qui concerne l'avenir de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, qui a donné hier au pape, les conclusions des trois années de son travail, elle est arrivée à la fin de son mandat, et Collins a déclaré qu'il est crucial que les victimes d'abus sexuels continuent d'avoir une voix et un vote dans les structures de l'Église. Bien que les victimes soient parfois perçues comme des personnes «difficiles» dit-elle, «parce que nous sommes difficiles et voulons voir des changements», nous sommes un groupe «prêt à parler et à aider». Mais le problème «c'est que l'Église doit se lancer un défi» en termes de réponse aux abus, a déclaré l'expert : "C'est la seule façon de faire changer les choses !"

 

C’est une vision très lucide qui montre ce combat contre la pédophilie dans l’Église sera difficile et plus que jamais les victimes des prêtres abuseurs doivent mettre la pression à la hiérarchie pour voir des résultats. Plus que jamais, Marie Collins guide mais sait aussi mettre sa voix au service des victimes.

 

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Publié le 23 Septembre 2017

Comme nous le montre Nicolas Senèze, à Rome, dans son article pour la-Croix.com, dans un discours vigoureux aux directeurs nationaux de la pastorale des migrants du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE), vendredi 22 septembre au Vatican, le pape a regretté de constater que les catholiques en Europe «ne sont pas exempts de ces réactions de défense et de rejet», mettant en garde contre un «soi-disant “devoir moral” de conserver l’identité culturelle et religieuse d’origine» qui va, pour lui, à l’encontre de l’histoire même de l’Église qui «s’est diffusée sur tous les continents grâce à la “migration” de missionnaires qui étaient convaincus de l’universalité du message de salut de Jésus-Christ.»

 

«Dans mon écoute constante des Églises particulières en Europe, j’ai perçu une profonde gêne face à l’arrivée massive de migrants et de réfugiés, a ensuite reconnu le pape. Un tel embarras doit être reconnu et compris à la lumière d’un moment historique marqué par la crise économique qui a laissé des blessures profondes. » Il reconnaît aussi que «cette gêne a été aggravée par le niveau et la composition des flux migratoires, une substantielle impréparation des sociétés d’accueil et des politiques nationales et communautaires souvent inadéquates». Pour le pape argentin, cette gêne «souligne les limites du processus d’unification européenne, les obstacles auxquels est confrontée l’application concrète de l’universalité des droits de l’homme, les murs contre lesquels se brise l’humanisme intégral qui constitue un des plus beaux fruits de la civilisation européenne».

 

Le pape François a ensuite souligné que les migrants catholiques ouvraient une nouvelle «perspective ecclésiologique». «L’arrivée de tant de frère et sœurs dans la foi offre aux Églises en Europe une opportunité supplémentaire de réaliser pleinement leur catholicité, élément constitutif de l’Église que nous confessons chaque semaine dans le Credo», a-t-il développé rappelant que «ces dernières années, de nombreuses Églises particulières en Europe ont été enrichies de la présence de migrants catholiques qui ont apporté leurs dévotions et leur enthousiasme liturgique et apostolique.»

 

Mais, pour le pape François, les migrants non-catholiques ouvrent aussi une nouvelle «perspective missiologique» pour l’Église. «Les flux migratoires contemporains constituent une nouvelle “frontière” missionnaire, a-t-il affirmé. Une occasion privilégiée d’annoncer Jésus-Christ et son Évangile sans bouger de son propre environnement, de témoigner concrètement de la foi chrétienne dans la charité et un profond respect pour les autres expressions religieuses.» Pour la pape François, en effet, «la rencontre avec les migrants et les réfugiés d’autres confessions et religions est un terrain fécond pour le développement d’un dialogue œcuménique et interreligieux sincère et enrichissant».

 

Le pape a conclu en rappelant les quatre mots-clés de son message pour la Journée mondiale des migrants, publié en août dernier, «accueillir, protéger, promouvoir et intégrer», et en soulignant l’importance du «Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières» que les États du monde se sont engagés à adopter d’ici fin 2018.

 

On peut se poser des questions, comment des catholiques peuvent-ils renier la fameuse règle d’or : «Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c'est la loi et les prophètes» (Matthieu 7, 12). Car comme nous le montrent Martin Stiewe et François Vouga dans Le sermon sur la montagne : un abrégé ́de l'Évangile dans le miroitement de ses interprétations en 2002, c’est l’invitation à établir un rapport «je-tu» avec autrui, qui impliquent le refus de juger (Matthieu 7,1-5) et le respect de la liberté d’autrui (Matthieu 7, 7-11).

 

Est-ce faire le bien des migrants d’avoir peur d’eux, qu’ils soient harcelés par les policiers, empêchés de vivre dignement et d’être logés de manière adéquate ? Est-ce que ceux qui ne connaissent pas cela, souhaiterait vivre dans ces conditions ? Je ne crois et je leur répète ce qu’a dit Jésus : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Matthieu 22, 36-40).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

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Publié le 22 Septembre 2017

euronews.com dans son article du vendredi 22 septembre 2017 nous montre que  les ordonnances réformant le droit du travail en France ont été signées à la mi-journée devant les caméras par Emmanuel Macron. Elles seront publiées la semaine prochaine au Journal officiel et entreront en vigueur dans la foulée.

 

“Jamais une réforme d’une telle ampleur n’a été faite depuis le début de la Ve République”, a t-il souligné. “Et jamais une réforme n’a été faite en si peu de mois. Ce sont de dizaines d’heures de débats parlementaires, 80 environ, et plus de 300 heures de concertation avec l’ensemble des partenaires sociaux pour refonder la philosophie de notre droit du travail, son état d’esprit, avec des effets profondément structurants sur l’emploi, en particulier pour les plus jeunes et les moins qualifiés”.

 

Le gouvernement dit vouloir “renforcer le dialogue social”. Un avis que ne partagent pas les manifestants qui ont défilé ce jeudi à l’appel de plusieurs syndicats. Une précédente mobilisation avait eu lieu dix jours auparavant. Les syndicats peinent toutefois à présenter un front commun dans cette contestation sociale.

 

Derrière cette fastueuse présentation à l’américaine, l'avis des réformistes sur la réforme du code du travail a bien changé comme le montre l’article du HuffingtonPost.fr : «Loi Travail: ce qui n'a pas plu aux syndicats quand ils ont épluché les ordonnances». Épaulés par tous leurs juristes, les syndicats ont épluché les 150 pages dévoilées le 31 août par Muriel Pénicaud, ce qui leur a permis de réviser leur jugement. S'ils avaient pris acte des textes et émis des réserves assez limitées, ils sont aujourd'hui unanimes pour dénoncer un déséquilibre au détriment des salariés.

 

Au cours des derniers jours, les syndicats ont en effet découvert que la hausse de 25% des indemnités légales ne concernerait que les dix premières années de travail d'un salarié. Au-delà de dix ans, les indemnités se maintiendront au niveau actuel. D'autres mesures ont également mis le feu aux poudres de manière plus catégorielle au sujet de la fameuse inversion de la hiérarchie des normes. C'est le cas de la possibilité de négocier dans l'entreprise et non plus dans la branche certaines dispositions comme les primes, les indemnités ou le taux des heures supplémentaires. C'est la clé de la colère dans le transport routier. Dans ce secteur, 80% des entreprises ont moins de 50 salariés donc la négociation pourra se faire sans les syndicats. Comme les relations sociales sont traditionnellement tendues, la peur d'assister à des reculs sociaux est réelle.

 

Enfin, il y a ce que les syndicats n'ont pas trouvé même en épluchant parfaitement toutes les ordonnances: leur principal grief concerne l'absence de précision autour de la nouvelle instance de représentation des salariés (IRP). Cet organe qui fusionne les délégués du personnel, le CE et les CHSCT n'était pas une requête des organisations syndicales. Elles s'inquiètent aujourd'hui des moyens qui seront alloués à cette IRP (nombre d'heures pour les délégués, formations de ceux-ci...) et ne seront fixées qu'une fois le décret d'application publié.

 

Dans le Live «Comment la réforme du code du travail s’inscrit-elle dans un mouvement européen ?» dans LeMonde.fr en début d'après-midi, Thomas Breda, chargé de recherche au CNRS, spécialisé en économie du travail  nous donne une vision plutôt inquiétante de cette réforme du code du travail : «On est pour l’instant plus proche d’un virage vers le modèle anglo-saxon, dont on sait qu’il est très inégalitaire. Dans un contexte historique d’accroissement des inégalités sur le marché du travail depuis plus de 40 ans dans la plupart des pays développés, un tel choix politique semble risqué. Certains considèrent qu’il n’y a pas le choix. Je pense qu’il y a une forme de renoncement politique à ne pas chercher d’autres solutions, plus consensuelles, et générant moins d’inégalités.» 

 

Tandis que la directrice de recherche au CNRS et docteure en droit Emmanuelle Mazuyer ne nous donne pas un aspect plus positif de cette réforme : «Les pays européens ont massivement réformé leur droit du travail et leur marché du travail que ce soit avec les contrats “0 heure” en Angleterre, les lois Hartz en Allemagne, les réformes de Zapatero et Rajoy en Espagne ou le “Jobs Act” de Matteo Renzi en Italie.»

 

Le résultat de ces réformes ne seront pas bons pour les travailleurs : «Les réformes vont alors dans le sens d’une flexibilisation du contrat de travail classique (le CDI à temps plein), par des assouplissements des modes de rupture, des allongements des périodes d’essai. La précarisation touche aussi les demandeurs d’emploi qui voient leur contrôle et leurs devoirs augmenter, leur faculté de refuser des offres d’emploi amenuisée et leurs indemnités réduite. En résumé, le but est de “fluidifier” le marché du travail, en facilitant les ruptures de contrat et en incitant les chômeurs à accepter des offres d’emploi qui ne leur correspondent pas forcément, faute d’indemnisation. L’effet est certes d’avoir moins de chômage mais plus d’emplois précaires, de courte durée, des cumuls de mini-jobs, des statuts de faux auto-entrepreneurs puisqu’on incite les chômeurs ou les jeunes à s’inscrire en tant qu’indépendants alors qu’ils n’ont qu’un employeur (voire Uber par exemple), etc.»

 

Le résultat final ne donne pas envie de se réjouir, comme le montre lejdd.fr dans son article : «Travail précaire : la face cachée du miracle allemand». En situation de quasi-plein emploi, l’Allemagne fait figure de locomotive de l’Europe. Au prix de 7,7 millions de travailleurs précaires enchaînant les "minijobs" et les postes intérimaires, dont une grande proportion de femmes. La majorité des gens cumulent deux ou trois emplois, comme aux États-Unis. Ces minijobs sont rémunérés 450 euros par mois, et les contrats à temps partiel de moins de 20 heures par semaine ou intérimaires sont généralisés. Le système fiscal allemand encourage les hommes à travailler à plein-temps et leurs compagnes à temps partiel. Lorsqu'ils sont malades ou en congé, ces 'minijobers' ne touchent pas leur salaire, même si c'est contraire à la loi, car ils n'ont pas de relais au niveau politique ou syndical. L'Allemagne est devenue une société du plein-emploi précaire. Les travailleurs ne peuvent pas vivre ainsi, car après avoir payé le loyer et les charges, il ne reste plus grand-chose.

 

Voilà, François Hollande aura creusé la tombe du code du travail, Emmanuel Macron a mis la terre dessus.

 

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