Publié le 30 Novembre 2017

Cécile Chambraud (Dacca, envoyée spéciale) dans son article pour LeMonde.fr du jeudi 30 novembre 2017 nous montre qu’après la Birmanie, la visite papale se poursuit à Dacca, capitale d’un des pays les plus pauvres de la planète, terre de refuge pour des centaines de milliers de Rohingya.

 

Après avoir survolé l’Arakan, l’État de l’ouest de la Birmanie qu’ont fui 600 000 Rohingya depuis l’été, le pape François est arrivé à Dacca, la capitale du Bangladesh, jeudi 30 novembre dans l’après-midi. Ayant demandé à mots couverts, depuis mardi, aux autorités birmanes de faire une place à ces populations musulmanes aujourd’hui chassés par des exécutions sommaires, des viols et des destructions de villages, le chef de l’Église catholique a appelé la communauté internationale à s’emparer de leur situation et à prendre «des mesures décisives face à cette grave crise».

 

À l’occasion d’un discours aux autorités bangladaises, il a d’abord évoqué «l’esprit de générosité et de solidarité» avec lequel, selon lui, le Bangladesh a accueilli au cours des derniers mois les «réfugiés arrivés en masse de l’État de Rakhine» – le nom birman de l’Arakan. «Cela a été fait sous les yeux du monde entier», a fait observer le pontife argentin. «Aucun d’entre nous ne peut manquer d’être conscient de la gravité de la situation, de l’immense coût imposé par les souffrances humaines et les conditions de vie précaires de si nombreux de nos frères et sœurs, dont la majorité sont des femmes et des enfants, rassemblés dans des camps de réfugiés. Il est nécessaire que la communauté internationale mette en œuvre des mesures décisives face à cette grave crise, non seulement en travaillant pour résoudre les questions politiques qui ont conduit à ce déplacement massif de personnes, mais aussi en offrant une assistance matérielle immédiate au Bangladesh dans son effort pour répondre efficacement aux besoins humains urgents.»

 

Le pape François n’en a pas fini avec cette tragédie qui surplombe toute sa visite de six jours dans ces deux pays d’Asie, où de toutes petites minorités de catholiques comptaient sur sa venue pour soutenir leur place parmi la grande majorité bouddhiste pour la Birmanie, musulmane au Bangladesh. Vendredi, en fin d’après-midi, il devrait en effet rencontrer un groupe de Rohingya à Dacca, à l’occasion d’une rencontre interreligieuse et œcuménique pour la paix. Ce pourrait être pour lui l’occasion de contrer le reproche qui lui a été fait, depuis trois jours, notamment par les organisations humanitaires et par des réfugiés eux-mêmes, pour n’avoir pas employé en Birmanie le terme de Rohingya.

 

Celui-ci est inacceptable pour une partie des Birmans car il reviendrait selon eux à reconnaître ces populations musulmanes venues du Bengale, parfois il y a plusieurs générations, comme une minorité parmi d’autres du pays. Or une majorité de Birmans voient en eux des immigrés. L’État ne leur reconnaît pas la nationalité et ils sont de ce fait apatrides. En usant de circonlocutions pour plaider en faveur de l’inclusion des Rohingya dans la communauté nationale, le chef de l’Église catholique a pris le parti de ne pas fragiliser la position du gouvernement civil, dirigé par Aung San Suu Kyi, face aux militaires, en cette phase de transition politique après un demi-siècle de dictature militaire.

 

Depuis le début de l’année, au Vatican, le pape avait exprimé publiquement à au moins trois reprises sa solidarité avec les «Rohingya» en public. Jeudi, le président bangladais, Abdul Harmid, lui a donné acte de sa «position très louable» au regard de ce drame, de sa «voix passionnée contre une telle brutalité», de sa «proximité avec eux» et de son «appel à leur venir en aide et à assurer leurs droits». Le pape François n’a cependant pas oublié de défendre la place des quelque 375 000 catholiques bangladais (0,24 % de la population), jeudi, au moment où leur pays subit la pression des islamistes djihadistes. Depuis mardi, un prêtre du nord du pays, Walter William Rosario, 40 ans, a disparu et l’Église catholique craint qu’il n’ait été enlevé. Le père Rosario, qui dirige une école catholique dans le district de Natore (ouest), officie non loin de son village d’origine où des djihadistes présumés ont tué en 2016 un épicier chrétien à l’arme blanche.

 

Le pape en a appelé à l’esprit des fondateurs du Bangladesh et de sa Constitution. Cheikh Mujibur Rahman, le père de l’indépendance du pays, a-t-il affirmé, «a imaginé une société moderne, pluraliste et inclusive, dans laquelle chaque personne et chaque communauté pourraient vivre dans la liberté, la paix et la sécurité, avec le respect de la dignité innée et de l’égalité des droits de tous. L’avenir de cette jeune démocratie et la santé de sa vie politique sont essentiellement liés à la fidélité à cette vision fondatrice.»

Le souverain pontife a insisté sur l’«atmosphère de respect mutuel et un climat grandissant de dialogue interreligieux», nécessaire «dans un monde où la religion est souvent – scandaleusement – mal utilisée pour fomenter des divisions». «Je suis sûr que, conformément à la lettre et à l’esprit de la Constitution nationale, la Communauté catholique continuera à jouir de la liberté de poursuivre ces bonnes œuvres comme l’expression de son engagement pour le bien commun», a jouté le pape François.

 

«Nous défendons avec vous la liberté religieuse», avait affirmé juste avant lui le président bangladais, Abdul Harmid. Il avait ajouté : «Notre gouvernement a une politique de tolérance zéro» contre l’extrémisme et le terrorisme. «En même temps, comme d’autre pays à majorité musulmane, nous demeurons préoccupés par l’augmentation de l’islamophobie et des crimes de haines dans beaucoup de sociétés occidentales, qui affecte les vies de millions de croyants pacifiques.»

 

Le pape François remercie le Bangladesh pour son accueil des Rohingyas, pour la recherche de dialogue au sein du pays et salue la tolérance zéro contre l’extrémisme et le terrorisme tout en défendant les catholiques bangladais. Il faudra que le pape puisse au moins faire un geste plus visible pour les Rohingyas sans avoir le couperet des nationalistes bouddhistes birmans.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost0

Publié le 30 Novembre 2017

Le pape François invite la jeunesse birmane à vivre sa foi avec enthousiasme

Radio Vatican nous montre qu’en conclusion de son séjour en Birmanie, le pape François a célébré ce jeudi matin une messe avec les jeunes, en la cathédrale Sainte-Marie de Rangoun. Dans une atmosphère très joyeuse et très chaleureuse, le pape a exhorté les jeunes à contribuer au développement de leur pays en assumant leur foi catholique avec enthousiasme.

 

«Comme ils sont beaux les pas des messagers qui annoncent une bonne nouvelle !». C’est sur cette phrase tirée du livre d’Isaïe que le pape François a basé son homélie. «Il est beau et encourageant de vous voir, parce que vous nous portez «une bonne nouvelle», la bonne nouvelle de votre jeunesse, de votre foi et de votre enthousiasme. (…) Vous êtes une bonne nouvelle parce que vous êtes des signes concrets de la foi de l’Eglise en Jésus Christ, qui nous apporte une joie et une espérance qui n’auront jamais de fin.»

 

Face aux fractures de la société birmane, le pape François a invité à résister les jeunes à résister à la tentation du découragement : «Je voudrais que les gens sachent que vous, jeunes hommes et jeunes femmes de Birmanie, vous n’avez pas peur de croire en la bonne nouvelle de la miséricorde de Dieu, parce qu’elle a un nom et un visage : Jésus Christ», a martelé le pape. «Comme messagers de cette bonne nouvelle, vous êtes prêts à porter une parole d’espérance à l’Église, à votre pays, au monde. Vous êtes prêts à porter la bonne nouvelle aux frères et aux sœurs qui souffrent et qui ont besoin de vos prières et de votre solidarité, mais aussi de votre passion pour les droits humains, pour la justice et pour la croissance de ce que Jésus donne : l’amour et la paix.»

 

Le pape François a aussi invité les jeunes à cultiver le silence, la prière, l’intériorité : «Cultivez la vie intérieure, comme vous feriez dans un jardin ou dans un champ. Cela demande du temps, demande de la patience. Mais comme un cultivateur sait attendre la croissance de la moisson, ainsi, si vous savez avoir de la patience, le Seigneur vous donnera de porter beaucoup de fruit, un fruit que vous pourrez ensuite partager avec les autres». «Parlez aussi aux saints, à nos amis du ciel qui peuvent nous inspirer», a-t-il insisté.

 

Lors de cette célébration, le cardinal Charles Bo, archevêque de Rangoun, a chaleureusement remercié le pape, «apôtre de l’espérance», qualifiant sa visite de «miracle». «Saint-Père, quand vous été élu, vous aviez dit que les cardinaux étaient allés chercher le nouveau Pape presque au bout du monde. Devenu Pape, vous avez choisi de bénir les communautés catholiques les plus reculées. Nous sommes profondément touchés par Votre amour paternel pour cette Église», s’est exclamé le cardinal Bo. Et pour que cette visite ait des effets durables, l’archevêque de Rangoon a invité les jeunes à former «une brigade de paix, une armée de paix».

 

L’appel à ce que les jeunes jouent un rôle dans l’Église birmane comme messager et défenseur des droits de l’homme semble coïncider avec le souci qu’à le pape avec le futur synode portant sur la jeunesse, mais il n’en a pas pour autant fini avec son voyage en Asie puisqu’il se rend aussi au Bangladesh comme le montre l’article de RFI.fr du jeudi 30 novembre 2017 : «Le pape François au Bangladesh : Rohingyas et minorités religieuses au programme». C'est la deuxième étape de son 21e voyage apostolique, qu'il effectue en Asie du Sud-est: le pape François est en visite ce jeudi 30 novembre au Bangladesh. Les enjeux de ce voyage ? La question des réfugiés rohingyas, mais aussi la montée du fondamentalisme musulman et le sort des minorités religieuses notamment des chrétiens.

 

Venus de la Birmanie voisine, près de 900 000 Rohingyas sont actuellement réfugiés dans des camps bangladais, dans des conditions extrêmement précaires. À Dacca, le pape devrait en appeler à l'aide de la communauté internationale. Mais il devrait aussi entendre le souhait de ce pays déjà très pauvre, qui demande que les réfugiés puissent retourner en paix en Birmanie. Ce qui est loin d'être une évidence, au risque d'un nouveau génocide. Deuxième enjeu : la montée du fondamentalisme, dans un pays à très forte majorité musulmane, où l'islam est religion d'Etat, malgré une tradition de coexistence pacifique entre les différentes religions dans ce pays multi-ethnique.

 

Le Bangladesh est touché depuis 2015 par la recrudescence d'attentats islamistes, dont le dernier a eu lieu en juillet 2016 à Dacca, avec attentat à la bombe, prise d'otages et fusillade avec la police. Le pape devrait donc, et c'est le troisième enjeu, demander la garantie de la liberté religieuse pour les catholiques. Afin que ceux-ci puissent pratiquer leur foi et accomplir leurs œuvres caritatives, à travers les écoles et les dispensaires.

 

Mais une déception se dégage déjà de ce voyage en Birmanie, le fait que le pape n’a jamais prononcé le mot «Rohingyas», malgré la justification que peut donner le Vatican comme le montre Libération.fr dans son Direct du mercredi 29 novembre : «Rohingyas: le pape ne peut pas résoudre «des problèmes impossibles»». Le pape, critiqué pour ne pas avoir mentionné explicitement le sort des Rohingyas durant son voyage historique en Birmanie, ne peut pas «résoudre des problèmes impossibles», a souligné mercredi son porte-parole Greg Burke.

 

Le pape n'a aucunement perdu son «autorité morale» en faisant montre de retenue diplomatique, a déclaré son porte-parole au cours d'une conférence de presse, ajoutant : «on ne peut pas attendre des gens qu'il règlent des problèmes impossibles». «Le pape n'a pas peur des champs de mines», a souligné Greg Burke, mais il ne peut pas arriver dans un pays comme «parachuté» et «résoudre tout en chemin». Au cours des trois premiers jours de sa visite, au ton très mesuré, le pape n'a jamais évoqué directement le sort des Rohingyas obligés fuir au Bangladesh face aux violences de l'armée birmane. Et il n'a jamais prononcé le mot «Rohingya», tabou dans le pays.

 

Pendant ce temps, la Love Army s’engage pour les Rohingyas comme le montre l’article de francetvinfo.fr du jeudi 29 novembre : «La Love Army au Bangladesh pour les Rohingyas : «quand on est ensemble, on est plus fort»». Depuis un camp de réfugiés rohingyas au Bangladesh, la Love Army s’engage pour le sort de cette communauté qui fuit les persécutions en Birmanie. Leur opération permet de récolter des centaines de milliers d’euros. Omar Sy et Mister V racontent.

 

Depuis lundi, l’influenceur et star des réseaux sociaux Jérôme Jarre est au Bangladesh avec sa Love Army. Celle-ci est composée de nombreuses célébrités, tels que Omar Sy, DJ Snake, le street artist Toc-toc ou le youtubeur Mister V, qui ont décidé de le rejoindre sur place pour récolter un maximum des dons pour les réfugiés rohingyas. Cette communauté apatride fuit la Birmanie depuis le mois d’août et vit dans des camps aux conditions de vie insalubres.

 

Pour Omar Sy, l’opération #LoveArmyForRohingya, est porteuse d’espoir : «La nouvelle génération, ils ont 20 ans et ils ont décidé de s’unir, d’être ensemble pour une cause qui leur tenait à cœur. Moi, ça me renforce dans ma foi pour me dire que quand on est ensemble, on est juste plus fort. C’est prouvé. C’est logique.» Mister V tient le même discours. Pour lui, la force de la Love Army c’est sa diversité : «tout le monde se mélange. Il y a des gens qui font du cinéma, qui sont dans des sphères différentes de la nôtre. Et ça n’empêche pas de propager le même message.» Et l’acteur Omar Sy de renchérir : «C’est même ça la qualité. C’est la diversité de chacun, parce que chacun a sa spécificité. Et la diversité devient une complémentarité.»

 

À ce jour, grâce à leur mobilisation et aux dons des particuliers, ils ont réussi à lever plus d'un million de dollars pour les Rohingyas. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies, 83 millions de dollars sur six mois seraient nécessaires pour aider ces réfugiés.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités, #Actualités de l'Eglise

Repost0

Publié le 29 Novembre 2017

La-Croix.com nous montre que le mercredi 29 novembre 2017, au cours de son voyage apostolique au Myanmar (Birmanie), le pape François a rencontré les responsables bouddhistes du pays – le Conseil suprême Sangha Maha Nayaka – au Centre bouddhique Kaba Aye à Rangoun. Dans son discours, il a appelé à parler d’une seule voix pour offrir une parole d’espérance pour la justice, la paix et la dignité. Pas seulement en Birmanie, mais dans le monde entier.

 

Si, dans nos sociétés, progrès technologique et conscience de notre commune humanité ont fait de grands progrès, le pape François a cependant relevé devant les moines bouddhistes que blessures des conflits, pauvreté et oppression «subsistent, et créent de nouvelles divisions». Face à ces défis, «nous ne devons jamais nous résigner». «Sur les bases de nos traditions spirituelles respectives, a-t-il poursuivi, nous savons (…) qu’il existe un chemin qui conduit à la guérison, à la compréhension mutuelle et au respect.» «Une voie fondée sur la compassion et sur l’amour.» Après avoir exprimé son estime «à tous ceux qui au Myanmar vivent selon les traditions religieuses du bouddhisme», le pape François a abordé un autre défi de notre époque, «celui d’aider les personnes à s’ouvrir au transcendant», et à se rendre compte «que nous ne pouvons pas rester isolés les uns des autres». Pour construire l’unité, a-t-il souligné, «il est nécessaire de dépasser toutes les formes d’incompréhension, d’intolérance, de préjugé et de haine».

 

Pour le pape François, les paroles du Bouddha offrent à chacun de nous un guide : «Élimine la colère avec l’absence de colère, vaincs le méchant avec la bonté, défais l’avare avec la générosité, vaincs le menteur avec la vérité». Paroles qu’il a rapprochées de la prière de saint François d’Assise : «Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix…» «Puissent les bouddhistes et les catholiques cheminer ensemble sur ce chemin de guérison, et travailler côte à côte pour le bien de chaque habitant de cette terre», s’est-il encore exclamé.

 

Enfin Jesús Bastante dans son article pour periodistadigital.com, nous montre que le pape François a tenu a donner trois clés aux évêques birmans :  «Le Pape invite les évêques birmans à "élever la voix pour les pauvres" et à "rejeter tout acte de violence ou de haine au nom de la religion"». Pour mettre fin à la première grande journée du pape au Myanmar (en attente d'une réunion privée avec les jésuites du pays), le pape François voulait rencontrer les 23 évêques birmans dans la charmante petite cathédrale de Sainte Marie de Rangoon. Dans un bref discours, Bergoglio a donné trois actions clés décrivant un programme de travail pour la jeune Église au Myanmar.

 

Tout d’abord,  «la guérison» à travers l'Évangile qui est avant tout un message de guérison, de réconciliation et de paix, car la prédication de l'Évangile doit être une source de consolation et de force, mais aussi un appel à favoriser l'unité et la charité dans la vie du peuple, ce qui doit amener les évêques à s’engager pour les pauvres, et à rejeter tout acte de violence ou de haine au nom de la religion, puisque «l'Église est un hôpital de campagne , pour panser les plaies, pour guérir les âmes, pour soigner.»

 

Ensuite, «l’accompagnement», puisque les évêques doivent être de bons bergers, constamment présent avec leur peuple, et «connaissant l'odeur de leurs moutons», et être une Église sortante, pour amener la lumière du Christ en périphérie, ces derniers doivent aussi régulièrement visiter les paroisses et les communautés. Sans oublier les prêtes, qu’ils doivent avoir auprès d’eux. Il encourager la conversion des «laïcs en d’authentiques disciples missionnaires» qui travaillent à «acculturer le message de l'Évangile dans la vie quotidienne et les traditions de votre tradition locale», tout en demandant aux évêques de prendre soin des catéchistes et d’accompagner les jeunes face à une soit disant «colonisation idéologique et culturelle».

 

Mais, les évêques doivent-il vraiment s’opposer aux vents de l’Occident, alors que la Birmanie est un pays très conservateur, où la jeunesse a parfois, un peu l’impression d’étouffer. Cette jeunesse veut exprimer ses idées, avoir le droit d’assumer sa sexualité et d’avoir de l’assurance. D’être elle-même, tout simplement.

 

Enfin, «la prophétie», que l'Église de Myanmar témoigne "au quotidien avec ses œuvres" et son travail "pour les principes démocratiques et pour la défense des droits de l'homme". Il demande aux évêques d'exercer «un rôle constructif dans la vie de la société, en faisant entendre leurs voix sur des questions d'importance nationale, en particulier sur les droits de tous, des plus pauvres et des plus vulnérables». Il y également «la nécessité de protéger l'environnement et assurer la bonne utilisation des ressources naturelles», sachant que «la garde du don de la création ne peut être séparée d'une écologie humaine et sociale en bonne santé. » "Elle est inséparable de la fraternité, de la justice et de la fidélité dans le dialogue avec les autres."

 

Le pape François lors cette journée a tenu plus que jamais à rappeler que les religions doivent œuvrer à la paix et a faire un signe au clergé bouddhiste birman qui a interdit depuis le 23 mai 2017 l’organisation de moines ultranationalistes et islamophobes Ma Ba Tha mené par Ashin Wirathu, s’appelle désormais «Fondation philanthropique Bouddha Dhamma», tout en rappelant aux évêques leur rôle de pasteur présents auprès des plus pauvres.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités, #Actualités de l'Eglise

Repost0

Publié le 29 Novembre 2017

En Birmanie, messe inédite du pape François

"Venu offrir quelques paroles d'espérance", le pape François a célébré mercredi 29 novembre 2017 une messe en plein air en Birmanie, pays qui compte à peine plus de 1 % de catholiques et qui accueille un souverain pontife pour la première fois comme nous le montre LePoint.fr.

 

Devant une foule colorée et très retenue de 150 000 personnes, arborant des vêtements ethniques et agitant une nuée de drapeaux birmans et du Vatican, le souverain pontife a confié avoir "longtemps attendu ce moment". Avant la messe, le pape, très souriant, a fait le tour du terrain de sport dans une "papamobile" découverte, saluant une foule jeune, majoritairement assise très sagement en tailleur à même le sol. Entamant son homélie sous forme d'hommage aux fidèles, il a humblement déclaré : "Je suis venu comme un pèlerin pour vous écouter et apprendre de vous, et pour vous offrir quelques paroles d'espérance et de consolation".

 

Très émus par la première visite d'un pape dans leur pays majoritairement bouddhiste, de nombreux catholiques ont passé la nuit dans l'immense terrain de sport où se déroulait la messe, dans le centre de Rangoun, la capitale économique. D'autres ont dormi dans des lieux improbables comme des cimetières d'églises. Certains étaient venus d'autres pays, comme la Thaïlande ou le Vietnam.

 

Le pape a lancé un appel au pardon, même si en Birmanie "beaucoup portent les blessures de la violence, qu'elles soient visibles ou invisibles". Ce pays d'Asie du Sud-est est en proie depuis des décennies à des guerres civiles dans plusieurs régions et est secoué depuis trois mois par de graves violences dans l'ouest, qui ont poussé plus de 620 000 musulmans rohingyas à fuir.

 

Le pape François, qui aime s'adresser aux petites communautés de croyants de la "périphérie" de la planète, a aussi montré son admiration pour l'Église "vivante" de la Birmanie. "Au milieu d'une grande pauvreté et de difficultés, beaucoup parmi vous offrent concrètement assistance et solidarité aux pauvres", y compris à des personnes d'autres minorités tribales, a relevé le "pape des pauvres".

 

La Birmanie, à plus de 90 % bouddhiste, compte environ 700 000 catholiques, soit un peu plus de 1 % de la population totale. Le catholicisme a pris racine au XVIe siècle via des marchands portugais implantés dans le comptoir indien de Goa. "Tous les dimanches, j'écoute sur internet la messe du pape. Il m'apporte la paix et de la joie", a raconté à l'AFP Francis Cyria, travailleur dans une ONG catholique. "Nous sommes une toute petite minorité dans notre pays, nous sommes si heureux de le voir", a-t-il ajouté.

 

"Je n'avais jamais rêvé voir le pape de mon vivant !", a confié Meo, 81 ans, de la minorité Akha. Gregory Than Zaw, de l'ethnie Karen, venu de son village par bus avec 90 personnes, n'avait "jamais vu autant de catholiques". "Les Birmans sont très pauvres et notre gouvernement est sous pression à cause des guerres civiles. Le pape nous a demandé de pardonner", a retenu Rose.

 

Avec l'ouverture du pays en 2011 après des décennies d'isolation sous la junte militaire, le pays a connu une levée des restrictions religieuses. Mais dans le même temps un regain des tensions interconfessionnelles. En 2014, le pays a célébré son premier saint : le Vatican a canonisé Isidore Ngei Ko Lat, qui fut assassiné à la frontière est du pays en 1950. Un an plus tard, la Birmanie a accueilli son premier cardinal. Et l'arrivée du gouvernement civil dirigé de facto par Aung San Suu Kyi a permis, en mai dernier, l'établissement de relations diplomatiques avec le Vatican.

 

Le voyage du pape, arrivé lundi dans le pays, avait démarré sur un registre plus diplomatique que religieux, même si le pape François avait réussi à réunir mardi des représentants de toutes les religions. La Birmanie est sous pression internationale depuis trois mois car accusée d'"épuration ethnique" des musulmans rohingyas dans l'ouest du pays.

 

Dans son premier discours officiel, mardi, le pape avait appelé en Birmanie au "respect de tout groupe ethnique" mais avait évité de prononcer le mot tabou de "Rohingya" et toute référence directe à l'exode de cette minorité musulmane. Semblant avoir suivi les recommandations de prudence répétées par l'Église locale, inquiète d'attiser les foudres des bouddhistes extrémistes.

 

Depuis fin août, plus de 620 000 musulmans rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh, fuyant viols, meurtres et tortures perpétrés par des soldats birmans et des milices bouddhistes, accusent-ils.

 

Mercredi après-midi, le pape doit rencontrer la plus haute instance du bouddhisme du pays, dans l'un des temples les plus vénérés.

 

C’est un voyage difficile pour le pape François qui doit user de diplomatie pour parler des «Rohingyas» sans les nommer et pour soutenir une Église en faible nombre qui est solidaire des pauvres. La suite des événements nous dira ce que fera le pape.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise, #Actualités

Repost0

Publié le 28 Novembre 2017

Dans son discours en Birmanie, le pape François évite de citer les Rohingyas

L’Express.fr nous montre que contrairement à son habitude, le souverain pontife n'a pas souhaité prononcer le mot "Rohingya" lors de sa première allocution aux côtés d'Aung San Suu Kyi ce mardi 28 novembre 2017.

 

Il s'agissait d'un moment attendu. Le pape François, en visite inédite en Birmanie, a prononcé un discours important aux côtés de la dirigeante Aung San Suu Kyi ce mardi. Durant cette allocution, toutefois, le souverain pontife a soigneusement évité de prononcer le mot "Rohingya", pourtant le principal objet de son déplacement. 

 

D'autant que le pape François avait jusqu'à maintenant l'habitude de nommer les tenants et les aboutissants du drame vécu par ses "frères Rohingyas", un mot tabou en Birmanie. Plus de 620 000 membres de cette communauté musulmane a fui au Bangladesh ces dernières semaines, fuyant viols, meurtres et tortures perpétrés par des soldats birmans et des milices bouddhistes, accusent-ils.

 

Le pape François a estimé par ailleurs ce mardi que l'avenir de la Birmanie passait par "la paix", fondée notamment sur "le respect de tout groupe ethnique et de son identité", dans une allusion à la minorité musulmane. Il a aussi appelé à un "engagement pour la justice" et un "respect des droits de l'homme", pour son deuxième jour sur place, dans un discours prononcé devant les autorités civiles du pays dans la capitale de Naypyidaw.

 

Ce discours suivait ses retrouvailles avec la dirigeante Aung San Suu Kyi, temps fort de ce voyage dans un pays sous pression internationale, accusé d'"épuration ethnique" des Rohingyas. "Notre gouvernement a pour objectif de faire ressortir la beauté de notre diversité et à la renforcer, en protégeant les droits, en encourageant la tolérance et en garantissant la sécurité pour tous", a déclaré pour sa part Aung San Suu Kyi.

 

L'Église birmane défend la prix Nobel de la paix face aux multiples critiques sur son manque d'empathie affiché pour cette minorité qui vit principalement dans l'ouest du pays. A l'inverse, lundi, la ville anglaise d'Oxford, où Aung San Suu Kyi a vécu, lui a retiré le prix de la liberté qu'elle lui avait décerné, en raison de son "inaction" dans ce dossier.

 

Le discours du pape était très attendu : il s'est en effet ému à plusieurs reprises du sort réservé aux Rohingyas, "torturés et tués en raison de leurs traditions et de leur foi" en Birmanie. Mais l'Église catholique locale l'avait enjoint de ne pas contrarier une population majoritairement bouddhiste en employant le mot "rohingya" comme il peut le faire depuis Rome, dans un pays vent debout contre les critiques de la communauté internationale.

 

Craignant une réaction des bouddhistes extrémistes, l'archevêque de Rangoun, Charles Bo, premier cardinal du pays, avait ainsi recommandé au pape d'éviter le mot et de parler plutôt des "musulmans de l'État Rakhine". Cette terminologie officielle, neutre, est celle que souhaiterait imposer Aung San Suu Kyi pour éviter la guerre sémantique entre l'appellation "Bangladais" (utilisée par la majorité bouddhiste en Birmanie) et "Rohingyas" (employée par ces musulmans pour se désigner).

 

"Même s'il ne peut pas dire le mot, nous savons tous qu'il est là pour les Rohingyas... Nous devons soutenir les pauvres, ceux qui souffrent", a déclaré une religieuse catholique de Thaïlande voyageant à Rangoun, pour la grande messe qu'y donnera le pape mercredi. "Bien sûr, je veux que le pape utilise le terme Rohingya", a expliqué Aung Kyaw Moe, un activiste rohingya vivant à Rangoun. "Il ne l'utilisera peut-être pas ici mais à la fin de son voyage, quand il sera au Bangladesh il sera dur", a-t-il ajouté.

 

Et comme le montre RFI.fr dans son article «Birmanie : le pape François rencontre Aung San Suu Kyi», avant de partir pour Naypyidaw, la capitale administrative du pays, le pape François a reçu aussi ce matin les responsables religieux. La rencontre a été ajoutée au programme à la demande de l’Église catholique ici en Birmanie, signe de l’influence que peuvent avoir les responsables religieux dans ce pays à majorité bouddhiste. Parmi les autres participants ce matin, il y avait aussi des leaders chrétiens et musulmans.

 

L’occasion pour le pape d’appeler à l’égalité entre les différentes religions et aussi entre les différentes ethnies dans un pays encore en conflit, comme dans l’État Kachin au nord, où des milliers de personnes sont déplacées et où les chrétiens sont nombreux et dénoncent des discriminations.

 

On apprend surtout qu'après sa rencontre hier soir, avec le chef de l’armée birmane, ce dernier lui a assuré qu’il n’y avait aucune discrimination dans le pays. Mais est-il si naïf ? On en doute. Une autre raison a joué : des menaces de représailles avaient été émises par des nationalistes bouddhistes, au cas où le pape dirait le mot "Rohingyas".

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost0

Publié le 27 Novembre 2017

Amandine Cailhol dans Libération.fr nous montre que dans une tribune publiée ce dimanche, les présidents PS des conseils départementaux de Gironde, de l'Aude, de l'Ariège, du Gers, de Meurthe-et-Moselle, de Haute-Garonne, d'Ille-et-Vilaine et de Seine-Saint-Denis proposent d'expérimenter le dispositif sur leurs territoires.

 

Emmanuel Macron en a fait la promesse jeudi, devant le congrès des maires de France. Il souhaite «réformer la Constitution pour assouplir le droit à l’expérimentation». Message bien reçu par huit présidents de départements socialistes qui ont déjà une idée : tester le revenu de base. Un «objet de curiosité qui, sans être une solution miracle, mérite d’être étudié sans dogme», confie à Libération Jean-Luc Gleyze, président du département de la Gironde et fer de lance de ce projet.

 

Ce qu’il développe dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, le 26 novembre, cosignée avec André Viola (Aude), Henri Nayrou (Ariège), Philippe Martin (Gers), Mathieu Klein (Meurthe-et-Moselle), Georges Méric (Haute-Garonne), Jean-Luc Chenut (Ille-et-Vilaine), Stéphane Troussel (Seine-Saint-Denis). Objectif : «passer de l’étude en laboratoire au test in vivo», afin d’élaborer «un modèle robuste, crédible scientifiquement, audacieux socialement et soutenable financièrement grâce à des micro-simulations». Et, en fin de compte, «peut-être […] généraliser» le revenu de base.

 

Les signataires, pour qui le revenu de base, loin d’être le «fossoyeur de la valeur travail» doit, au contraire, être «une opportunité de reprendre le chemin de l’emploi», avancent toutefois prudemment. Et pour cause, ils le savent, le sujet divise, même à gauche. Ici donc, pas de revenu «universel», formulation sujette à controverses, et qui avait d’ailleurs coûté cher au candidat socialiste, Benoît Hamon, lors de sa campagne présidentielle. Le dispositif proposé prend davantage les traits d’un outil de lutte contre le chômage. Les présidents de conseils départementaux rappelant, au passage, que la pauvreté «frappe près de 9 millions de personnes en France». Tout en faisant référence au revenu de solidarité active (RSA), dont ils soulignent les limites.

 

Mais les plus pauvres et les plus éloignés de l’emploi ne seraient toutefois pas les seuls bénéficiaires potentiels. «Le sujet est multifacette et il y a d’autres types de problématiques», explique Jean-Luc Gleyz. Parmi les publics pour lesquels ce revenu de base pourrait, selon l’élu, être une solution : les «aidants» qui s’occupent d’un proche dépendant, les agriculteurs «qui n’arrivent pas toujours à vivre de leurs revenus agricoles», ou encore les personnes en reconversion professionnelle.

 

Reste donc des questions en suspens, avant de mettre en place cette expérimentation, courant 2019, selon le calendrier souhaité par les élus. Celle du public cible. Du périmètre. Ou encore du montant des allocations. Autant de points que devrait préciser une étude de faisabilité financée à hauteur de 100 000 euros par les huit départements et qui pourrait être confiée à l’Institut des politiques publiques, précise le président socialiste du conseil départemental de la Gironde. Parmi les pistes «raisonnables» à étudier selon l’élu, celle d’un revenu inconditionnel, «moins stigmatisant», et dégressif. Soit une somme allouée à tous, mais fonction des revenus, et qui pourrait être réduite à zéro au-delà d’un certain seuil.

 

Pour creuser le sujet, les huit élus PS pourront aussi se tourner vers le Sénat, dont une mission d’information proposait, l’an passé, d’expérimenter «dans des territoires volontaires» un revenu de base. Selon leurs calculs, le dispositif devrait s’appliquer à un échantillon d’au moins 20 000 à 30 000 personnes de 18 à 65 ans, pour un versement de 500 euros pendant trois ans. Autre exemple source d’inspiration, mais limité aux seuls chômeurs : la Finlande, qui verse, depuis le 1er janvier 2017, 560 euros mensuels à 2 000 demandeurs d’emploi tirés au sort. Mais aussi l’Ontario, au Canada. Ou encore, dans un autre registre, une expérimentation associative à très petite échelle, en Allemagne, cette fois ouverte à tous, reposant sur le tirage au sort et le financement participatif. Une démarche dupliquée en France par Julien Bayou, membre d’EE-LV.

 

Et comme le montre Libération.fr dans son Direct de ce lundi, les chômeurs et précaires sont invités à manifester samedi à Paris «contre le chômage et pour de vrais emplois», selon un communiqué publié lundi par la CGT, qui relaie un appel également lancé par des associations des chômeurs. «La manifestation des chômeurs et précaires du 2 décembre est l'occasion pour faire entendre notre voix» contre «les promoteurs de la misère», écrit la CGT. Le mot d'ordre : «Revendiquons des emplois pérennes et des salaires qui permettent de vivre dans la dignité !»

 

Faut-il aller plus loin, sans doute, car l’Europe a besoin d’une réelle politique sociale. Comme le montre l’article d’Europe1.fr du lundi 27 novembre  «Hamon voit un "espace considérable" à gauche, pour un "bloc progressiste et européen"», Benoît Hamon a estimé lundi qu'il existait un espace politique "considérable" pour la gauche, "entre l'impasse du néolibéralisme" et celui d'une "réplique nationaliste", et a souhaité pouvoir mener des "alliances" et construire un "bloc progressiste" au niveau européen. "Je veux rejeter le modèle néolibéral, mais pas l'Europe avec", a assuré Benoît Hamon sur franceinfo, se disant à nouveau "en désaccord" avec le patron de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur la question européenne. "Mon objectif est de participer à la construction d'un bloc progressiste", au niveau européen, "qui rejette le modèle néolibéral, qui voie indépendamment de la modification des traités tout ce qui peut être fait", a-t-il expliqué, précisant y travailler avec l'ex-ministre grec Yanis Varoufakis.

 

"Entre l'impasse du néolibéralisme et l'impasse d'une réplique nationaliste, l'espace politique est immense", a-t-il affirmé, persuadé que "l'enjeu, ce sont les alliances". "Avec des communistes, avec Europe Ecologie-Les Verts, avec des socialistes, avec de la gauche citoyenne et solidaire, cet espace-là pourra être considérable", a-t-il insisté. "La question c'est : sur la BCE, sur la gouvernance de la zone euro, sur les fonds structurels, sur l'harmonisation fiscale et sociale, comment cela se décline-t-il ?", a-t-il poursuivi.

 

Intéressant, en espérant que cela produise l’effet escompté, car les oppositions sont nombreuses à une Europe plus solidaire.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost0

Publié le 27 Novembre 2017

L'OBS dans son article nous montre que c'est un voyage qui s'annonce délicat pour le pape François. Le chef de l'Église catholique a atterri ce lundi 27 novembre en Birmanie. Il effectue une visite de trois jours dans un pays majoritairement bouddhiste et accusé d'épuration ethnique contre la minorité musulmane des Rohingyas. Pour son 21e voyage, le pape se rendra également au Bangladesh, où se sont réfugiés plus de 620 000 d'entre eux.

 

Les Rohingyas fuient une campagne de répression de l'armée birmane. Depuis une loi de 1982, ils sont privés de la nationalité birmane et constituent la plus grande population apatride au monde. Ils sont victimes dans leur pays de multiples discriminations – travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, règles de mariage injustes et confiscation des terres. Dans un rapport, Amnesty International n'a pas hésité la semaine dernière à parler de situation d'"apartheid".

 

Quelques jours après le début des violences en août, évoquant ses "frères rohingyas", le pape avait tenu à leur "exprimer toute sa proximité""Et nous tous demandons au Seigneur de les sauver et d'inspirer des hommes et des femmes de bonne volonté pour qu'on les aide à ce que tous leurs droits soient respectés", avait-il ajouté. Devant des milliers de fidèles à Rome, en février, il avait déjà évoqué "des gens bons et pacifiques" qui "souffrent depuis des années" et dénoncé le traitement qui leur est réservé : "Torturés et tués en raison de leurs traditions et de leur foi."

 

Lors de son voyage, le pape ira-t-il jusqu'à prononcer le mot "Rohingyas", tabou pour les Birmans ? Craignant notamment une réaction des bouddhistes extrémistes, l'archevêque de Rangoun, Charles Bo, premier cardinal du pays, lui a recommandé d'éviter le mot et de parler plutôt des "musulmans de l'État Rahkine". Cette terminologie officielle, neutre, est celle que souhaiterait imposer la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi pour éviter la guerre sémantique entre l'appellation "Bangladais", utilisée par la majorité bouddhiste en Birmanie qui les considère comme des immigrés illégaux, ou "Rohingyas", employée par ces musulmans pour se désigner.

 

"La grande majorité des gens au Myanmar ne croient pas au récit international des abus contre les Rohingyas et à un exode en grand nombre de réfugiés au Bangladesh", explique Richard Horsey, analyste indépendant basé en Birmanie. "Si le pape venait à évoquer de façon appuyée le sujet, cela attiserait les tensions."

 

Âgé de 80 ans, le pape François célébrera une messe dans un stade à Rangoun, la capitale économique de la Birmanie, et va aussi multiplier les rencontres officielles. Il doit ainsi s'entretenir avec le chef de l'armée, Min Aung Hlaing, qui est accusé par les organisations de défense des droits de l'homme d'être le principal responsable de la campagne de répression. La semaine dernière, la Birmanie et le Bangladesh ont annoncé un accord sur un retour des réfugiés rohingyas, mais le chef de l'armée s'est déjà dit opposé à leur retour en masse.

 

Mais comme le montre Joël Chatreau dans son article de ce lundi dans euronews.com, le sujet des Rohingyas est tendu : «Consigne donnée au pape : "Ne pas prononcer le mot Rohingyas !"». C’est ce qu’ont chaudement recommandé les autorités de l’Église catholique de Birmanie au pape François dès ses premiers déplacements dans le pays. La communauté catholique birmane, qui compte environ 700 000 fidèles, a très peur d’une violente réaction des plus extrémistes de la majorité bouddhiste; ces derniers sont responsables d’une montée du nationalisme anti-musulman qui avait atteint son paroxysme en 2012.

 

Au sommet du pouvoir, Aung San Suu Kyi ne fait rien pour apaiser ce climat conflictuel entre les différentes confessions religieuses, loin de là. Selon l’ONG Human Rights Watch, il ne faut pas “dédouaner Aung San Suu Kyi pour son silence en expliquant qu’elle sauve la démocratie birmane”. Depuis l’acharnement meurtrier de l’armée birmane contre les Rohingyas qui a débuté en août dernier, la dirigeante a dégringolé lentement mais sûrement de son piédestal du prix Nobel de la paix. Aung San Suu Kyi semble avoir oublié la propre répression dont elle a été victime pendant de longues années par la junte militaire, et la communauté internationale continue de dénoncer son manque d’empathie pour la minorité musulmane persécutée dans son pays.

 

D’ailleurs, les militaires restent dans l’ombre et leur chef, le général Min Aung Hlaing, se fait entendre. Les organisations internationales de défense des droits de l’Homme l’accusent d‘être le principal organisateur des violences dans l’État Rakhine, où vivait la plus grande partie de la population rohingya, dans l’ouest de la Birmanie; “vivait” car depuis la fin de l‘été, pas moins de 620 000 personnes ont pris le chemin de l’exil… Alors que le Bangladesh voisin, où se réfugient la plupart d’entre elles, avait trouvé un accord avec les autorités birmanes sur un retour des exilés, le même chef d‘état-major a clairement marqué son refus.

 

Mais le pape François n’est pas connu pour garder sa langue dans sa poche depuis le début de son pontificat. Va-t-il vraiment taire le nom des Rohingyas pour favoriser  le développement en Asie du catholicisme, qui ne rassemble que 3% de la population mais connaît une belle croissance (+9% entre 2010 et 2015) ? Jésus qui était du côté des exclus, accepterait-il une telle chose ? Les Rohingyas sont victimes de multiples discriminations - travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, règles de mariage injustes et confiscation des terres. Pour une fois, qu’un pape ait le courage de dire ce qui doit être dit, au lieu de rechercher une paix illusoire.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost0

Publié le 26 Novembre 2017

Martín Gelabert dans son message pour la fête du Christ-Roi ce dimanche 26 novembre 2017 sur periodistadigital.com nous montre quelle est la royauté de Jésus :

 

«Le titre de la croix, recueilli par les quatre évangiles, est probablement une clé très complète pour interpréter l'impression que Jésus a faite aux autorités : "Celui-ci est Jésus, roi des Juifs".

 

Évidemment, c'est un roi très étrange, en dissonance totale avec les rois de l'époque et ceux d'aujourd'hui. Il est frappant que ce roi ait été crucifié entre deux "malfaiteurs", traduction préférable aux voleurs. Car ils n'étaient pas des criminels ordinaires, mais des hommes qui s'étaient soulevés contre le pouvoir de Rome. Il y avait quelque chose en Jésus qui permettait de l'interpréter comme un danger pour le pouvoir impérial. Un poète qui chante la beauté des lys des champs ou des oiseaux du ciel ne s'arrête pas là.

 

Le crucifié était un roi qui remettait en question les pouvoirs de ce monde. Et cela remettait également en question les valeurs qui régissent la société bien pensante d'alors et de maintenant. Il a dit qu'il était venu appeler les pécheurs et non les justes (Marc 2,17). A-t-il prétendu que le comportement moral ne signifie rien aux yeux de Dieu ? Dieu s'intéresse plus à ceux qui savent qu'ils sont pécheurs qu'à ceux qui pensent qu'ils sont pieux. Les mots et la façon d'agir de Jésus était une plainte contre ceux qui aiment le pouvoir (toutes sortes de pouvoir, y compris l'Église) et ceux qui se consacrent à condamner ceux qui ne pensent pas ou agir comme eux. Un tel plaignant ne peut qu'être expulsé, marginalisé, rejeté.

 

La royauté de Jésus n'est pas la justification de toute action qui nuit au frère, mais c'est un appel à traiter le frère qui agit mal avec miséricorde. Ce que nous faisons habituellement avec les gens qui agissent mal, c'est de les condamner. Jésus vous accueille. D'autre part, la royauté de Jésus n'est pas un appel à l'anarchie ou au désordre, mais c'est un avertissement contre le désir de commander, le désir de puissance, parce que précisément ce désir est une indication de la façon dont le pouvoir va être utilisé.

 

Les rois des nations, a dit Jésus, les oppriment et, au comble de l'ironie, s'appellent des bienfaiteurs. Et il ajoute, s'adressant directement à ceux qui veulent être dans son groupe : parmi vous, rien de tout cela, celui qui veut être le premier, est celui qui est le premier à servir.»

 

Finalement le Royaume des cieux est différent de ce qu'on peut penser et quand Jésus dit à Pilate dans Jean 18,36 : «Mon Royaume n’est pas de ce monde», il oppose sa vision non violente à la violence de l’empire Romain. Son Royaume est tout autre, ce n’est pas celui du pouvoir comme le montre John Dominic Crossan dans God and Empire : Jesus Against Rome, Then and Now en 2008, mais celui des faiseurs de paix, des imparfaits et des faillibles qui doivent être au service de la subversion de Dieu contre la direction impériale.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

Repost0

Publié le 25 Novembre 2017

Christophe Carmarans dans son article du samedi 25 novembre 2017 sur RFI.fr nous montre qu’une étude interdisciplinaire récente suggère que l’écart de taille entre les hommes et les femmes (de 6 à 18 cm en moyenne suivant les populations) aurait pour origine l’appropriation de la meilleure nourriture par les mâles aux dépens des femelles chez les Homo Sapiens depuis la nuit des temps. Spécialiste de l’anthropologie évolutive, la chercheuse Priscille Touraille montre que ce dimorphisme sexuel de stature n’est pas une adaptation «positive» du point de vue de la sélection naturelle. Elle estime que ce sont les femmes qui devraient être aussi grandes, voire plus grandes, que les hommes. Une remise en question de la pensée commune.

 

Et si la première violence faite aux femmes, depuis la préhistoire, était la privation de nourriture, ou plus précisément l’inégalité nutritionnelle ? C’est ce que l’on peut déduire de la thèse qu’a soutenue Priscille Touraille, socio-anthropologue au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), une étude révolutionnaire qui mérite que l’on s’y attarde au moment où l’on célèbre ce 25 novembre la Journée internationale de la violence à l’égard des femmes, événement placé sous l’égide des Nations unies. Selon la chercheuse, qui a mis en dialogue les modèles et les résultats issus de nombreuses disciplines, les mâles Homo sapiens – ainsi que leurs ancêtres – se seraient, depuis toujours, approprié les aliments les plus riches au détriment des femelles.

 

Non seulement cette inégalité devant la nourriture est-elle injuste en tant que telle et ne se justifie absolument pas au regard de la survie de l’espèce, mais elle pourrait être également la cause principale de l’écart de taille entre les hommes et les femmes, qui se situe entre 6 et 18 cm en moyenne sur la planète, suivant les populations. Et la disparité alimentaire n’est pas mince. Cas d’école : en observant durant deux ans les habitudes alimentaires des Hadza en Tanzanie, l’une des dernières tribus contemporaines dites de «chasseurs-cueilleurs», l’anthropologue américain Frank Marlowe a par exemple constaté dans une étude publiée en 2010 que la viande constituait en moyenne 40% du régime alimentaire des hommes contre seulement 1% du régime alimentaire des femmes chez les Hadza. Ce différentiel de 40 à 1 se retrouvait également chez eux pour un aliment hautement valorisé comme le miel.

 

Cette première injustice de l’inégalité face à la nourriture, ce péché originel qui semble avoir été la norme chez tous les hominidés depuis des centaines de milliers d’années, aurait donc eu pour effet à travers les âges de contribuer à l’écart de taille entre les femmes et les hommes. Il pourrait même en être la cause principale, comme en atteste la thèse défendue en 2005 et publiée en 2008 par Priscille Touraille. «Moi, je suis partie du constat, argumente la chercheuse au téléphone, que d'une part, il n’y avait pas d’hypothèse convaincante du point de vue des sciences de l’évolution pour expliquer le dimorphisme sexuel de stature dans l’espèce humaine. Et d’autre part qu’il existe une inégalité sociale structurelle, établie par les anthropologues (voir par exemple «L’Exercice de la Parenté» de Françoise Héritier), dans toutes les sociétés connues».

 

«Or l’alimentation, poursuit-elle, est l’un des premiers domaines où se matérialise la domination des hommes sur les femmes. Les déficits alimentaires ont un impact encore plus grand sur les corps quand vous portez un fœtus pendant neuf mois, et ensuite lorsque vous l’allaitez». «Il faut garder à l’esprit, insiste-t-elle, que les femmes ont une demande énergétique et protéique excessivement accrue quand elles sont enceintes ou allaitantes. Et c’est encore plus vrai pour la consommation de protéines – et donc de protéines animales – puisque les protéines, c’est ce qui sert à créer du tissu musculaire par exemple ou à favoriser la croissance osseuse ».

 

À ce déficit alimentaire, organisé socialement, qui empêche des femmes de grande taille de survivre et de transmettre leurs gènes, s’est ajoutée une autre forme de violence : les souffrances extrêmes au moment de l’accouchement. «Les paléoanthropologues, explique Priscille Touraille, ont émis l’hypothèse selon laquelle, pour accoucher, les Homo Sapiens avaient eu besoin de grandir». La bipédie permanente, propre à la lignée Homo, a en effet eu une conséquence d’une importance capitale sur l’anatomie : elle a contraint le bassin à se rétrécir pour pouvoir soutenir le haut du corps, ce qui n’a pas été le cas chez les autres primates adeptes d’une bipédie non permanente comme les gorilles ou les chimpanzés par exemple.

«Le bassin est dit «adapté» à la bipédie chez la lignée Homo mais il n’est pas adapté à l’accouchement, poursuit la chercheuse. Le seul moyen qu’il le soit, est de grandir. Et ce sont sur les femmes que s’exercent les pressions de sélection naturelle pour augmenter de taille». «C’est vraiment là-dessus que repose mon argumentaire, insiste-t-elle : si ce sont effectivement les femelles qui «drivent» l’évolution de l’espèce vers une grande taille, elles devraient être, dans le sens des modèles de la biologie de l’évolution, plus grandes, ou au moins aussi grandes, que les hommes». Que s’est-il passé tout au long de l’évolution ? Il semblerait que les femmes n’aient pas eu les ressources nécessaires pour grandir suffisamment. Ou bien qu’elles aient diminué de taille à un moment de l’Histoire.

 

À l’inverse d’autres primates, chez qui l’accouchement se déroule sans trop de dommages, donner naissance est une épreuve douloureuse, voire extrêmement douloureuse, pour les Homo sapiens actuels. Elle reste même, dans certains cas, mortelle. Elle eût été moins douloureuse et moins mortelle si les femmes avaient été plus grandes. «Le rétrécissement du bassin chez les Homo bipèdes, indique Priscille Touraille, a une conséquence pour le passage du fœtus, d’autant plus que l’autre caractéristique de la lignée Homo, c’est l’accroissement du crâne. Rétrécissement du bassin et accroissement du crâne, ce sont deux phénomènes quelque part antinomiques connus sous le nom de dilemme obstétrical».

 

Même si les progrès de la médecine obstétrique, qui s’est généralisée dans les sociétés occidentales (césarienne, anesthésie péridurale), ont rendu les accouchements moins douloureux et moins risqués, une grande partie de l’humanité continue d’enfanter dans la douleur et, encore trop souvent, au péril de sa santé, voire de sa vie. «Entre les douleurs, les souffrances post-accouchement et les fistules, accuse la chercheuse, c’est souvent une violence qui dure pour toutes les populations qui n’ont pas accès aux techniques obstétricales dont on dispose dans les sociétés riches. Ce sont des souffrances absolument abominables et une mort sociale qui présage une mort physique quand les fistules ne sont pas réparées par exemple».

 

Si des études sur l’anthropologie alimentaire différentielle avaient déjà été menées dès le milieu des années 1970, aucune n’était encore allée aussi loin dans ses conclusions que celle de Priscille Touraille sur le rapport entre le dimorphisme sexuel de stature et l’inégalité nutritionnelle. Dans l’ouvrage «Les Mains, Les Outils, Les Armes» (1979), l’anthropologue italienne Paola Tabet avait par exemple démontré que si les hommes s’étaient imposés comme les «chasseurs» dans ce que l’on a appelé «la division sexuelle du travail » et que l’usage des armes avait été interdit aux femmes dans les sociétés primitives de chasseurs-cueilleurs, c’était aussi (surtout ?) pour que les femmes ne puissent pas se procurer de viande par elle-même.»

 

Aujourd’hui, il ne faut pas pousser beaucoup la chercheuse du CNRS pour qu’elle admette que le fruit de ses recherches n’a pas toujours trouvé un écho soutenu ou les encouragements attendus dans une communauté scientifique où le «masculinisme» est encore très répandu. «Paradoxalement, dit-elle, j’ai rencontré plus d’opposition dans ma propre discipline, chez les socio-anthropologues que chez les biologistes de l’évolution». «Il y a encore beaucoup d’ethnologues qui ne sont pas convaincus que les femmes ont pu être privées de nutriments nécessaires. C’est de la pensée masculiniste commune qui s’ignore », regrette-t-elle. «Et c’est aggravé en ethnologie par le fait que beaucoup d’ethnologues ne sont pas du tout à l’aise avec ces questions d’inégalité. Pour des raisons qui s’expliquent historiquement, rappelle-t-elle, un certain nombre d’ethnologues ont tendance à défendre l’idée que les sociétés autrefois appelées «primitives» sont moins inégalitaires que les nôtres».

 

Alors, direz-vous, désormais que les femmes peuvent se nourrir de la même façon que les hommes, du moins dans les pays riches, quand leur taille dépassera-t-elle celle des hommes, évolutivement parlant ? Réponse : jamais. La raison ? Parce qu’il faudrait – sinistre proposition eugénique – que les hôpitaux laissent succomber à l’accouchement les femmes de petite taille et leur fœtus !

 

Dans cette macabre hypothèse, il faudrait en effet que les gènes des femmes de petite taille soient «contre-sélectionnés», comme on dit en biologie de l’évolution, de la même manière que les gènes des femmes de grande taille ont pu l’être au cours de l’histoire humaine. Si les femmes de grande taille n’ont pas bénéficié des ressources nécessaires sur des temps longs pour se nourrir, à la fois elles-mêmes et leurs fœtus successifs, c’est en effet parce qu’elles ont subi une mortalité encore plus importante que les femmes de petite taille, en raison justement de leur accès très limité à une nourriture riche en protéine.

 

Conclusion : pour que les femmes deviennent les égales des hommes en taille, voire même les dépassent un jour, il faudrait – autre solution peu envisageable – que les femmes petites et les hommes grands, qui sont majoritaires aujourd’hui, cessent de transmettre leurs gènes. Et que les femmes se mettent en couple et aient des enfants préférentiellement avec des hommes plus petits qu’elles. Les sociétés occidentales sont-elles prêtes à une telle éventualité qui bouleversait complètement l’ordre social actuel ? Absolument pas.

 

«Aujourd’hui, observe Priscille Touraille, les femmes grandes et les hommes petits sont discriminés comme partenaires à cause de l’idée commune, absurde au sens biologique, que les hommes doivent être grands et les femmes plus petites». «S’il n’est plus biologiquement nécessaire pour les femmes occidentales d’être de grande taille, conclut-elle, la violence de l’idée selon laquelle les hommes doivent être « naturellement » plus grands, elle, perdure». Pour la chercheuse, cette «violence invisible» empêche aussi le dimorphisme sexuel de stature de réellement s’estomper.

 

Mais poussons plus loin, cette inégalité qui s’est construite dans la préhistoire comme le montre l’article de Sarah Lorenzo du mercredi 15 novembre sur HuffingtonPost.fr : «Comment Françoise Héritier faisait remonter les origines de la domination masculine à la préhistoire». Françoise Héritier, anthropologue, élève de Claude Lévi-Strauss et titulaire de la Chaire d'Étude comparée des sociétés africaines au Collège de France, s’est demandé pourquoi les femmes devaient se contenter de manger les aliments et morceaux les moins nobles. Pour expliquer l'universalité de cette domination, Françoise Héritier remontait le temps. Elle s'attaquait ainsi à un mythe qui l'entoure : la femme est physiquement plus faible que l'homme. "Une différence construite" dans des temps très anciens selon l'anthropologue.

 

"Pour diverses raisons, relevant toujours du symbolique et non de contraintes biologiques, l'alimentation des femmes a toujours été sujette à des interdits, écrivait-elle dans Libération. Notamment dans les périodes où elles auraient eu besoin d'avoir un surplus de protéines, car enceintes ou allaitantes, je pense à l'Inde, à des sociétés africaines ou amérindiennes. Elles puisent donc énormément dans leur organisme sans que cela soit compensé par une nourriture convenable; les produits 'bons', la viande, le gras, etc, étant réservés prioritairement aux hommes [...] Cette 'pression de sélection' qui dure vraisemblablement depuis l'apparition de Néandertal, il y a 750 000 ans, a entraîné des transformations physiques. A découlé de cela le fait de privilégier les hommes grands et les femmes petites pour arriver à ces écarts de taille et de corpulence, entre hommes et femmes."

 

Mais le cœur du problème est encore ailleurs. Pourquoi les femmes peuvent donner naissance à d'autres femmes mais aussi à des hommes ? Voilà un fait qui a longtemps semblé paradoxal à l'esprit humain. Là est la clé de la domination masculine selon la célèbre anthropologue: les femmes sont devenues des objets et non des sujets. "Le coït étant nécessaire à la fécondation, [nos ancêtres] en ont conclu que c'était les hommes qui mettaient les enfants dans les femmes, exposait Françoise Héritier dans Le Monde en novembre 2017. Pour avoir des fils, et prolonger l'espèce, il leur fallait donc des femmes à disposition. Des femmes dont il fallait s'approprier le corps car il importait que personne ne leur vole le fruit qu'ils y avaient mis. Des femmes sur lesquelles ils pouvaient aussi capitaliser, puisque ne pouvant pas coucher avec leurs sœurs, en vertu de l'interdit de l'inceste, ils pouvaient au moins les échanger contre les sœurs des autres hommes. Ainsi s'est créée une société parfaitement inégalitaire où la mainmise sur les corps et les destins des femmes a été assurée, au fil du temps, par des privations (d'accès au savoir et au pouvoir) et par une vision hiérarchique méprisante."

 

C'est pourquoi, Françoise Héritier voyait dans le droit à la contraception une "vraie révolution". "Pour la première fois de l'histoire de l'humanité, les femmes peuvent choisir si elles veulent ou non procréer, quand, combien de fois, avec qui. Elles redeviennent sujets à part entière". Tout cela lui permettait d'affirmer avec force dans un entretien enregistré en 2005 par le Pôle International de la Préhistoire, "il n'y a aucune raison objective, biologique, naturelle qui impliquerait une infériorité féminine et une supériorité masculine. Les deux sexes sont différents mais la nature ne dit rien en terme de hiérarchie". Un constat qu'elle n'a eu de cesse de répéter dans ses ouvrages comme dans les médias.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost0

Publié le 24 Novembre 2017

Comme nous le montre la-Croix.com, le message du pape François pour la 51e Journée mondiale de prière pour la paix daté du 13 novembre 2017 a été rendu public le vendredi 24 novembre 2017, en la fête de sainte Françoise-Xavière Cabrini, patronne des migrants.

 

Rappelant qu’aujourd’hui ce sont «plus de 250 millions de migrants dans le monde, dont 22 millions et demi sont des réfugiés» le pape est bien conscient «qu’ouvrir nos cœurs à la souffrance des autres ne suffit pas» et qu’accueillir l’autre est exigeant. Le pape revient sur le «pourquoi tant de réfugiés et de migrants», abordé dans l’encyclique Laudato si’, et d’insister sur le fait que «tous les éléments dont dispose la communauté internationale indiquent que les migrations globales continueront à caractériser notre avenir».

 

S’il s’arrête sur le «regard contemplatif» à développer, il propose quatre pierres angulaires pour l’action «accueillir, protéger, promouvoir et intégrer». Il souhaite ensuite que cet esprit anime les rédacteurs de deux pactes mondiaux «l’un, pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, et l’autre concernant les réfugiés», en luttant contre le cynisme et l’indifférence. Très concrètement, il propose les 20 points d’action que la section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement humain a rédigé et pouvant servir de pistes concrètes pour l’application de ces quatre pierres angulaires dans les politiques publiques, ainsi que pour le comportement et l’action des communautés chrétiennes. Ces contributions, comme d’autres, entendent exprimer l’intérêt de l’Église catholique envers le processus qui conduira à l’adoption de ces pactes mondiaux des Nations unies.

 

Pendant ce temps, la France «pays des droits de l’homme» ne montre pas l’exemple comme le signale l’article de RFI.fr dans son article du mercredi 23 novembre : «Accueil des migrants en France : les associations interpellent Emmanuel Macron». Mardi 21 novembre, à la sortie de l’inauguration de la campagne d’hiver des Restos du cœur, le président Emmanuel Macron, interpellé dans la rue par une femme migrante sans papiers, lui a conseillé de retourner dans son pays si elle n’y est pas en danger, ajoutant que la France ne pouvait pas «accueillir toute la misère du monde». Le mercredi 22 novembre, la presse publie une lettre ouverte envoyée la semaine dernière au chef de l’État par 22 associations qui s'inquiètent de l'évolution de la politique migratoire de la France et qui rappellent que toute personne en détresse présente en France, quel que soit son statut administratif, a le droit à un hébergement et à un accompagnement.

 

Merci !

Enfin, Jesus Bastante dans periodistadigital.com nous montre le pape a aussi fait un appel clair aux organisations syndicales dans son article de ce vendredi : "Nous ne voulons pas d'un système de développement qui encourage les personnes sans emploi, sans abris ou bannies". C’est ainsi que le pape François a fermé cet après-midi la première réunion internationale des organisations syndicales, avec un discours dans lequel il a appelé les syndicats à fuir l’«individualisme collectiviste» visant aux seuls intérêts de leurs membres et non à ceux de tous les travailleurs, a être attentif au «cancer social de la corruption» et à «éduquer à la solidarité, au respect et à l’attention».

 

Et il est grand temps que les syndicats s’unissent face à ce monde du travail qui change en défaveur des travailleurs surtout en France quand on sait que les deux premières ordonnances réformant le code du travail ont été validé par l’Assemblée nationale le mercredi 22 novembre : l'une fusionnant les instances représentatives du personnel, l'autre donnant un rôle accru à l'accord d'entreprise.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost0