Publié le 31 Octobre 2018

francetvinfo.fr  nous montre que son cas avait suscité l'indignation à l'étranger et des violences dans le pays. La Cour suprême du Pakistan a acquitté en appel la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010, selon un verdict rendu mercredi 31 octobre. Asia Bibi se trouve actuellement incarcérée dans une prison à Multan, dans le centre du pays, et va être libérée "immédiatement".

 

Ce verdict pourrait susciter la fureur des milieux religieux fondamentalistes qui appellent de longue date à l'exécution d'Asia Bibi. Mère de cinq enfants, Asia Bibi avait été condamnée à la peine capitale en 2009 à la suite d'une dispute avec une musulmane au sujet d'un verre d'eau. Chrétienne du Pendjab et ouvrière agricole, elle ramassait des baies rouges dans le village d’Ittan Wali, lorsqu’elle a commis l’irréparable aux yeux de ses voisines : boire de l’eau d'un puits réservé aux musulmans, détaille Le Monde.

 

Son cas avait eu un retentissement international, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. Asia Bibi avait également reçu le soutien de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui avait réclamé sa grâce et l'avait élevée en 2015 au rang de citoyenne d'honneur de la ville.

Lors de l'examen de son recours début octobre, les juges de la Cour suprême ont remis en question le bien-fondé de l'accusation. "Je ne vois aucune remarque désobligeante envers le Coran dans le rapport d'enquête", avait observé le juge Mian Saqib Nisar, tandis qu'un second juge relevait plusieurs points de non-respect des procédures.

 

Le blasphème est un sujet extrêmement sensible au Pakistan, où l'islam est la religion d'État. La loi prévoit jusqu'à la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d'offense à l'islam. Il faut dire que l’an passé, la Cour suprême avait déjà dénoncé “les excès” de la loi en matière de blasphème, notamment en l’absence de preuves suffisantes. Les juges ont du reste précisé que la peine capitale “viole l’obligation du Pakistan de respecter le droit à la vie et à un procès équitable, et d’interdire la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants” (https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/pakistan-lacquittement-dasia-bibi-declenche-des-manifestations-dans-tout-le-pays).

 

Comme le montre LePoint.fr (https://www.lepoint.fr/monde/asia-bibi-pour-des-chretiens-pakistanais-justice-a-ete-rendue-31-10-2018-2267524_24.php) l'acquittement de la Pakistanaise Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, a été accueilli avec joie par la minorité chrétienne, qui priait "depuis des années" pour elle et se dit "fière" de sa magistrature. "La Cour (suprême) l'a acquittée, donc justice a été rendue", s'est félicité le pasteur Javed Masih, qui officie dans une église presbytérienne d'un bidonville chrétien au cœur de la capitale Islamabad. La communauté chrétienne d'Islamabad prévoit des prières spéciales mercredi en l'honneur d'Asia Bibi, ont indiqué plusieurs de ses membres à l'AFP. "Nous sommes extrêmement heureux que Dieu ait répondu à nos prières. L'Église du Pakistan priait pour notre sœur depuis des années", a indiqué le pasteur. "Nous pensons qu'elle était innocente et était en proie à de la discrimination" religieuse, a-t-il ajouté en référence à la situation difficile des minorités au Pakistan, pays très majoritairement musulman et de culture conservatrice.

 

Les chrétiens comme Asia Bibi sont fréquemment visés par des accusations de blasphème, sujet extrêmement sensible au Pakistan et passible de la peine de mort. De simples allégations se terminent régulièrement par des lynchages. Mercredi, les cercles islamistes avaient déjà commencé à se mobiliser pour protester contre le verdict, bloquant des routes dans plusieurs villes et hurlant des slogans menaçants contre la justice. Une militante des droits de l'homme pakistanaise, Tahira Abdullah, a plaidé pour "une protection d'État pour Asia Bibi, ses partisans et son avocat".

 

Le pasteur Masih a reconnu qu'une "réaction (négative était) certaine" et a appelé le gouvernement à faire en sorte que le jugement "soit appliqué et (la situation sécuritaire) gérée". "Nous prierons pour la paix dans ce pays", a-t-il dit. Un autre habitant du quartier, Shahbaz Ashiq, s'est pour sa part déclaré "très fier de notre Cour suprême et de la décision de la justice". "Si elle n'avait pas été acquittée, nous aurions pensé qu'il n'y avait pas de justice dans ce pays", renchérit un autre chrétien, Shafaqat Masih, qui se dit "très heureux". "Beaucoup de gens ont été pris au piège sur ce thème dans le passé", souligne-t-il. Le sort de Mme Bibi après sa sortie de prison n'est pas connu pour l'instant. Son mari Ashiq Masih avait estimé avant le verdict qu'elle devrait quitter le Pakistan si elle était libérée.

 

La libération immédiate d’Asia Bibi ne fait pas que des heureux. Face aux menaces de manifestations de mécontentement après l’annonce de son acquittement, la région du Sindh, dans le sud du pays, a “restreint les libertés de circulation à deux roues”, indique le quotidien The News. Les Talibans de l’organisation islamique Tehreek-e-Labbaik Pakistan sont de fait descendus dans la rue “à Lahore, Karachi, Islamabad et Peshawar”, rapporte le Daily Times, plusieurs routes ont même été “bloquées” par des camions garés en travers de la chaussée. Au Pendjab, les rassemblements de plus de quatre personnes ont été “interdits jusqu’au 10 novembre” (https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/pakistan-lacquittement-dasia-bibi-declenche-des-manifestations-dans-tout-le-pays).

 

C’est une bonne nouvelle, cette fois la décision de justice est ferme et les menaces sur les juges n’ont pas fonctionné. Selon toute probabilité, comme sa famille (son mari et sa fille) est à Londres, il se peut qu’elle aille en Angleterre (http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20181030-pakistan-asia-bibi-chretienne-blaspheme-acquittee).

 

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Publié le 31 Octobre 2018

Cécile Chambraud dans LeMonde.fr nous montre ce 31 octobre 2018 qu’en organisant cette rencontre, samedi 3 novembre, l’épiscopat entend montrer qu’il ne reste pas «sans rien faire» face aux scandales.

 

Comme tous les ans début novembre, les évêques de l’Église catholique se retrouvent à Lourdes pour leur assemblée plénière d’automne. Mais cette année, l’atmosphère de cette réunion, organisée du 3 au 8 novembre, sera dominée par la question des abus sexuels. Elle est omniprésente depuis l’avalanche de révélations de l’été : plongée dans les crimes pédophiles du clergé de Pennsylvanie pendant les dernières décennies, bilan des affaires du même ordre en Allemagne, mise en cause de l’ancien archevêque de Washington Theodore McCarrick, contraint de quitter le Collège des cardinaux.

 

Pour la première fois, samedi 3 novembre, les 118 évêques français entendront le témoignage de huit victimes d’abus et dialogueront avec elles. «Le climat a considérablement changé cet été», reconnaît Olivier Ribadeau-Dumas, le secrétaire général de la Conférence des évêques de France.

 

Avec cette rencontre, l’épiscopat entend montrer qu’il veut «travailler avec les victimes» et qu’il ne reste pas «sans rien faire» devant les révélations. Mais, signe que le sujet demeure très sensible, la Conférence et les représentants de La Parole libérée n’ont pu se mettre d’accord sur les conditions de la participation de cette association de défense des victimes de pédophilie dans l’Église, née lors de la révélation des abus commis jusqu’en 1990 par le père Bernard Preynat, à Lyon.

 

Les militants associatifs sont à l’origine de la citation directe pour des faits de non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs à l’encontre du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, audience qui devrait se tenir en janvier 2019. Ils réclamaient de pouvoir intervenir en assemblée plénière devant les évêques. Les organisateurs ont préféré retenir le format moins solennel de plusieurs forums de 30 à 35 évêques pour faire intervenir les victimes.

 

Les évêques seront aussi confrontés à l’idée de la constitution d’une commission qui serait chargée de faire le bilan des cas de pédophilie survenus dans les décennies passées, comme cela a été le cas dans plusieurs pays (Allemagne, Irlande, Australie…) «De fait, cette question est posée», reconnaît le père Ribadeau-Dumas. Sera-t-elle soumise au vote ? Si oui, quelle serait la composition de cette commission, par qui serait-elle nommée ? Toutes ces questions demeuraient ouvertes avant le début de la réunion.

 

Louise Couvelaire dans LeMonde.fr nous montre aussi ce mercredi que  l’Église de France met en avant ses efforts dans la lutte contre la pédophilie (https://www.lemonde.fr/religions/article/2018/10/31/pedophilie-deux-cent-onze-temoignages-de-victimes-recenses-par-l-eglise-depuis-2017_5377123_1653130.html). Selon un rapport de l’épiscopat publié mardi, 129 prêtres ou diacres ont été mis en cause par un témoignage, dont dix ont été mis en examen et quatre incarcérés.

 

L’Église catholique française poursuit son opération de transparence. A quelques jours de la Conférence des évêques de France (CEF), à Lourdes, au cours de laquelle des victimes d’abus sexuels seront pour la première fois invitées à témoigner, l’épiscopat a publié, mardi 30 octobre, un second rapport sur la lutte contre la pédophilie dans l’Église.

 

Celui-ci fait état de 211 témoignages de victimes auprès des institutions ecclésiales entre janvier 2017 et octobre 2018. Le premier bilan, publié en janvier 2017, recensait 222 victimes entre 2010 et 2016. La CEF analyse cette croissance par «la mise en place de moyens nombreux et nouveaux pour accueillir ces personnes» et la «médiatisation permanente» des affaires d’abus sexuels, susceptible d’inciter les victimes à se manifester.

 

Sur les 211 témoignages, 75 ont fait l’objet d’un signalement au procureur. Selon la CEF, plusieurs raisons expliquent cette différence : «Au moins onze des auteurs impliqués par les témoignages sont décédés», «plusieurs témoignages se réfèrent à un auteur unique» et «certains ne justifiaient pas de signalement au procureur».

 

Par ailleurs, 129 clercs (prêtres et diacres) ont été mis en cause par un témoignage, un signalement ou une plainte. Dix d’entre eux ont été mis en examen et quatre sont incarcérés. Quarante-neuf autres ont fait l’objet d’une suspension provisoire de tout ou partie de leur ministère et neuf supplémentaires ont fait l’objet d’une sanction de justice canonique (justice de l’Église, comme la suspension définitive, l’interdiction de confesser ou encore l’interdiction d’exercice du ministère avec des enfants). Les autres cas peuvent faire l’objet d’une investigation en cours ou sont tombés sous le coup de la prescription.

 

Au-delà des chiffres, les évêques veulent mettre en lumière les dispositifs mis en place aux niveaux national et local depuis près de deux ans en matière de lutte et de prévention, comme les cellules d’écoute diocésaines. Depuis 2016, «entre 7 000 et 8 000 personnes ont bénéficié d’une sensibilisation ou d’une formation», est-il ainsi souligné dans le rapport. Et Mgr Luc Crepy, président de la cellule permanente de lutte contre la pédophilie, de conclure : «Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. La culture du secret, la tentation de minimiser la gravité des abus sexuels, l’oubli ou le refus d’écouter les victimes et celle de vouloir défendre à tout prix l’institution sont autant d’obstacles à surmonter dans l’Église.»

 

Pour autant comme le dit Céline Hoyeau dans la-Croix.com (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Lutte-contre-pedophilie-lEglise-France-met-efforts-2018-10-30-1200979777) : «Cette démarche ne dédouane pas non plus l’Église de France d’un travail de fond plus vaste sur le phénomène des abus ces dernières décennies. La question d’une commission d’étude pluridisciplinaire devrait faire l’objet de discussions à l’Assemblée plénière qui s’ouvre samedi 3 novembre à Lourdes.» La suite des événements nous dira ce qu’il en est.

 

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Publié le 30 Octobre 2018

Jesús Bastante dans son article pour periodistadigital.com ce mardi 30 octobre 2018 nous montre que la rencontre annoncée entre la vice-présidente Carmen Calvo et le secrétaire d'État Pietro Parolin, dont le thème principal semblait être l'avenir des restes de Franco, a apporté une annonce inattendue : celle du gouvernement, qui a profité de la nomination du Vatican qui "informera le Saint-Siège des amendements du Code pénal pour obtenir" que les crimes liés aux abus sexuels "sont imprescriptibles".

 

Á cette annonce s'ajoute le fait que le Vatican, selon le récit de la vice-présidence, "a déplacé sa préoccupation, partagée par le gouvernement, de rendre justice aux victimes de violations et de prévenir de tels événements à l'avenir". Une phrase qui pourrait être reléguée à l'arrière-plan, mais qui apporte une nuance : le gouvernement espagnol et le Saint-Siège veulent tous deux "rendre justice" aux victimes.

 

L'exécutif socialiste a délibérément choisi de faire cette annonce (qui concerne tous les abus, pas seulement ceux qui se produisent dans l'Église) à Rome, après la cascade de nouvelles accusations contre le manque d'attitude de l'Église espagnole pour mettre fin à ce fléau, et sachant que le Saint-Siège n’est pas d’accord avec la «commission antipédophilie» annoncée par l’épiscopat.

 

Et que disent les victimes? Au-delà des doutes, soulevés dans certains médias, quant à savoir si le gouvernement avait l'intention d'instrumentaliser les survivants, ils voient la nouvelle comme "une nouvelle pleine d'espoir et très positive". Pour Juan Cuatrecasas, le "père courageux" de Gaztelueta, "certains d'entre nous ont défendu la non-prescription de ces crimes terribles et nous l'avons fait savoir même lors d'une réunion parlementaire avec des membres du groupe socialiste, avant la motion de censure du Gouvernement PP et d’autres groupes en envoyant un document dans lequel nous avons inclus davantage de mesures."

 

Pour cette raison, "nous estimons très positif pour les victimes que le gouvernement espagnol propose cette position au siège du Vatican". Selon lui, "la prévention est importante mais nous pensons que la prévention, la reconnaissance et la réparation de toutes les victimes d'abus sexuels et d'agressions sexuelles par des ordres civils et canoniques n'en est pas moins importante".

 

"Il convient d'apprécier la position de ce gouvernement dans son mouvement de défense des victimes, et nous demandons à tous les groupes de l'arc parlementaire espagnol de s'associer à la condamnation de ces crimes et à l'obligation pour la hiérarchie ecclésiastique espagnole de reconnaître et d'indemniser ceux qui demandent justice et vérité, prévention et prévention, reconnaissance et réparation", a déclaré Cuatrecasas.

 

Pour sa part, Javier, victime d'abus à La Bañeza (Astorga), est heureux de cette annonce. "Je suis très heureux parce que ce que je recherche, ce que nous voulons tous, c'est protéger les enfants." "Les victimes doivent être soignées, réparées et reconnues, et ensuite nous parlons de pardon", a souligné Javier, ajoutant que "des actions concrètes doivent être menées, n'oublions pas que tous ces crimes ont été commis dans une démocratie. Dire quelque chose et prendre immédiatement soin des victimes, sinon tout ce qui est fait et dit est absurde."

 

Cela sera-t-il utile pour que l'Église espagnole change d'attitude envers les victimes ? Juan Cuatrecasas espère que, avertit-il, "les victimes en aient déjà un peu marre de tant de demandes de pardon qui ne sont pas accompagnées d'actes énergiques". "Nous sommes convaincus qu'une fois que l'Église se conformera à ses principes et à ses valeurs, et exigera la responsabilité des membres qui ont commis et dissimulé ces crimes", car "l'avenir de l'Église en dépend". "L'ennemi n'est pas les victimes qui dénoncent, elles sont intramuros : ce sont eux qui ont recouvert les criminels de soutanes et de cols, ils sont les véritables ennemis de l'Église catholique", conclut Cuatrecasas.

 

En France, les complices des prêtres pédophiles commencent à payer fort leur silence et leu déni de la réalité comme le montre l’article de letelegramme.fr de ce mardi (https://www.letelegramme.fr/france/orleans-la-pedophilie-et-le-silence-de-l-eglise-au-centre-d-un-proces-29-10-2018-12121062.php). Vingt-cinq ans après les faits, l’abbé Pierre de Castelet, accusé d’atteintes sexuelles sur mineurs, a évoqué, ce mardi, un «dérapage» devant le tribunal correctionnel d’Orléans, en l’absence de l’ancien évêque de la ville, poursuivi, lui, pour non-dénonciation. Mgr André Fort, 83 ans, évêque d’Orléans de 2002 à 2010, ne s’est pas présenté au tribunal, «affaibli par sa maladie à la suite d’une opération», a déclaré son avocat, Me Benoit de Gaullier, à l’ouverture de l’audience. Le père Castelet, 69 ans, crâne dégarni, lunettes fines et regard droit, s’est donc assis seul sur le banc des prévenus, en présence de trois jeunes hommes d’une trentaine d’années sur le banc des parties civiles.

 

Il comparaît pour des attouchements sur des mineurs de 15 ans lors d’un camp organisé par le Mouvement eucharistique des jeunes pendant l’été 1993. Quinze ans plus tard, en 2008, Olivier Savignac, l’un des participants au camp, décidait d’adresser une lettre à l’évêché dans laquelle il affirmait avoir été victime d’attouchements de la part de l’abbé. Mgr Fort, en charge du diocèse d’Orléans de 2002 à 2010, n’avait pas transmis la lettre à la justice et s’était contenté d’éloigner le prêtre de tout contact avec les jeunes. Ce n’est qu’après l’arrivée du nouvel évêque, Jacques Blaquart, que la justice sera saisie. Le père de Castelet a été mis en examen, en 2012, pour agressions sexuelles et Mgr Fort, en 2017, pour ne pas avoir dénoncé ces actes.

 

En saisissant la justice, Mgr Blaquart a mis un terme à «une gestion interne» de ces faits au sein de l’Église, laquelle «fait peser sur les épaules des victimes le secret de leurs propres souffrances», faisait valoir, avant l’audience, Me Edmond-Claude Fréty, défenseur des victimes. Le renvoi d’un évêque devant la justice est exceptionnel. Lors d’un précédent procès, en 2001, l’évêque de Bayeux, Mgr Pierre Pican, avait été condamné à trois mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’actes pédophiles.

 

Ce procès intervient à quelques jours de la Conférence des évêques de France, à Lourdes, où sera abordée la douloureuse question des abus sexuels dans l’Église. Olivier Savignac a indiqué, lors de l’audience, qu’il sera, ce samedi, dans la cité mariale. Attention malgré tout, à ce que cette question soit traité sérieusement par les évêques.

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Publié le 29 Octobre 2018

Christopher White nous montre dans son article sur cruxnow.com ce lundi 29 octobre 2018 nous montre que le mois prochain, avant la réunion des évêques américains aux enjeux élevés, un certain nombre de femmes et d'hommes catholiques demandent une plus grande implication des laïcs dans la réponse de l'Église à la crise actuelle des sévices sexuels perpétrés et contre le cléricalisme.

 

Un groupe, The Women Who Stayed, canalise la tactique du réformateur Martin Luther et prépare «Cinq thèses» afin de proposer «deux cent» à la conversation. Lancées par Elizabeth Leibold McCloskey et Alice McDermott, les «Cinq thèses» exigent que chaque diocèse publie le nom du membre du clergé accusé d'abus; que chaque diocèse inclue les voix des survivants des violences sexuelles commises par le clergé dans chaque numéro de leur journal diocésain; et aux membres du clergé de s’engager dans une vie plus simple, notamment «en portant le costume noir et les vêtements liturgiques d’un curé et en consacrant du temps au service des pauvres et aux marginalisés pour la prochaine année liturgique».

 

Le groupe demande également au pape François d’inclure les femmes comme membres votants du prochain synode et de «nommer les femmes à la majorité des nouveaux cardinaux nommés lors du prochain consistoire, et à chaque consistoire à venir jusqu’à ce que l’équilibre soit atteint»; une prière pour la réforme dans les prières hebdomadaires des fidèles pour les trois prochaines années liturgiques. En plus de présenter physiquement ces thèses au sommet de Baltimore, le groupe encourage les participants à «Publier les 5 thèses suivantes sur la porte de votre église ou de la cathédrale, ou les placer dans la collection d’offertoire avec deux cents collés dessus, ou les envoyer par courrier postal en lettre à votre propre évêque ou archevêque ou cardinal.»

 

Pendant ce temps, en Pennsylvanie - l'épicentre de la crise actuelle - le groupe de travail de l'université de Villanova sur la crise des abus sexuels dans l'Église a lancé une pétition, signée par plus de 150 universitaires, comportant un triple plan d'action. Tout en appliquant la Charte des évêques des États-Unis pour la protection des enfants et des jeunes, adoptée en 2002, la lettre appelle à de nouvelles mesures qui obligeraient tous les évêques à informer les autorités civiles sur les abus sexuels présumés.

 

En outre, les signataires demandent à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) de lancer et de financer une nouvelle étude à long terme sur la crise des sévices sexuels commis par des clercs, afin de prendre en compte ce qui a été révélé lors de procédures judiciaires ces dernières années. Enfin, le groupe demande à l'USCCB de faciliter les conversations locales et nationales, "ce qui s'apparente à une commission de vérité et de réconciliation", afin d'exposer les "sombres secrets" de l'Église à la "lumière du jour".

 

Bien que des enquêtes sur les grands jurés aient été annoncées ou lancées dans plus de dix États, le groupe d'activistes SNAP - le réseau des victimes survivantes d'abus - prie les individus d’écrire à leur procureur général local pour demander une enquête par grand jury dans les 50 États. En outre, SNAP est l'un des principaux sponsors et participants à la prochaine «Journée des survivants» du 3 novembre, première journée internationale annuelle pour les victimes d'abus sexuels.

 

Pendant ce temps en Espagne la situation bouge très vite comme le montre periodistadigital.com (https://www.periodistadigital.com/religion/espana/2018/10/29/una-victima-acusa-a-sanz-montes-de-encubrir-al-cura-que-abuso-de-ella-me-dijo-que-era-mi-palabra-contra-la-suya-asegura-esta-mujer-religion-iglesia-abusos-espana-pais.shtml) puisqu’une victime asturienne âgée de 36 ans a accusé l’archevêché actuel d’Oviedo, Jesús Sanz Montes, d’essayer de cacher son cas, il ya près de trois décennies. Sanz Montes sait ce qui s'est passé, puisque la femme lui a écrit une lettre manuscrite dans laquelle il racontait tout ce qu'un prêtre avait fait à Villaviciosa depuis l'âge de six ans et jusqu'à l'âge de treize ans. L'affaire n'a pas été admise devant les tribunaux en 1997 pour avoir prescrit le crime comme le montre El País. Cependant, maintenant qu'elle a franchi le pas de la dénonciation, la victime refuse de laisser également l'Église classer l'affaire puisque cette même année 2018, l'archevêché a déplacé ce prêtre pédophile dans la région de Pola de Siero.

 

Ce n'est pas le seul cas qui reflète les recherches du journal madrilène, qui mentionne quatre autres cas : celui de Leopoldo Martín, 80 ans, qui a souffert dans un pensionnat religieux il y a plus de 70 ans; celle de Teresa Conde, qui raconte les abus dont elle a été victime pendant deux ans chez un religieux des Trinitaires de Salamanque; celle de Manolo, qui a dénoncé un salésien à Cadix déclaré innocent; ou celle de Manuel Villar, qui a dénoncé les abus à Castellón. Le pays veille à ce que le courrier activé pour les plaintes ait atteint au moins une centaine de cas, qui sont en cours d'analyse.

 

Bien sur, l'archevêque d'Oviedo, Jesús Sanz Montes, a rejeté les accusations d'une femme qui prétendait avoir tenté de dissimuler les abus dont il avait été victime il y a trente ans et a rappelé que l'affaire avait été déposée à son époque par les tribunaux (https://www.periodistadigital.com/religion/espana/2018/10/29/religion-iglesia-espana-diocesis-arzobispo-oviedo-sanz-montes-afirma-fue-archivado-caso-abusos-supuestamente-tapo.shtml). La compassion n’est pas son fort.

 

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Publié le 29 Octobre 2018

Comme le montre Euronews.com, avec l’AFP, Reuters, et APTN ce lundi 29 octobre 2018 voici le Brésil de Jair Bolsonaro... La quatrième plus grande démocratie du monde l'a élu comme son nouveau président. 55 % des électeurs ont donc choisi l'extrême droite, pour beaucoup pensant qu'il va sauver leur pays du communisme : "Maintenant ce pays est comme je voulais qu'il soit ! Ce n'est pas un pays communiste, le Brésil n'est pas un pays communiste. C'est fini, le parti des travailleurs a perdu !"

 

Mais dans son discours de victoire, les Brésiliens ont eu droit à un Bolsonaro plus conciliant, moins excessif, il a parlé égalité et diversité, remisé ses propos racistes : "Ce pays appartient à chacun d'entre nous, aux Brésiliens nés ici et à ceux qui se sentent comme tel au fond de leurs cœurs. C'est un Brésil avec beaucoup d'opinions, de couleurs et d'orientations différentes. En tant que défenseur de la liberté, je dirigerai un gouvernement qui défendra et protégera les droits des citoyens qui remplissent leurs devoirs et respectent la loi. Les lois sont pour tous. C'est ainsi que notre gouvernement va travailler, d'une manière constitutionnelle et démocratique."

 

Les électeurs de Jair Bolsonaro disent être fatigués de la violence criminelle et des affaires de corruption des politiciens. Après Michel Temer, et surtout Dilma Roussef, Lula, et le scandale Petrobras, ils ont voulu se débarrasser du parti des travailleurs qui était au pouvoir depuis plus de 10 ans.

 

Aujourd'hui le candidat Fernando Haddad et ses partisans, encore nombreux, craignent pour leur avenir : "Nous avons une énorme tâche qui nous attend dans ce pays, défendre la liberté de penser, défendre la liberté de ces 45 millions de Brésiliens qui nous ont suivi jusqu'à présent." Fernando Haddad, a tout de même récolté environ 45 % des suffrages. Depuis 1985 et la fin de la dictature, c'est l'élection qui a le plus polarisé le pays.

 

Ce scrutin jette une lumière crue sur les fractures du Brésil. Le pays semble bien coupé en deux, à l'image des partisans des deux camps qui se sont invectivés dans les rues de Sao Paulo... Pour nombres de femmes, très mobilisées pendant la campagne, l'élection d'un misogyne, machiste, catholique, ennemi juré de l'avortement, est d'autant plus un drame...

 

Même si Jair Bolsonaro a promis d'être «esclave de la Constitution», Tomaz Paoliello, professeur de relations internationales à l'université catholique PUC de Sao Paulo, considère que son élection présente «de gros risques pour la démocratie». L'ONG Human Rights Watch a lancé dimanche soir un «appel urgent à protéger» la démocratie brésilienne. Marcio Coimbra, de l'Université presbytérienne Mackenzie, considère naïvement que le Brésil dispose des garde-fous solides avec «un parquet fort, une Cour suprême forte et un Congrès qui fonctionne» (https://www.lepoint.fr/monde/avec-jair-bolsonaro-le-bresil-bascule-a-l-extreme-droite-29-10-2018-2266743_24.php).

 

Ce qui est très inquiétant, c’est que le modèle de Bolsonaro est Donald Trump qui a rejeté ce lundi la responsabilité de la "grande colère" ressentie à travers les États-Unis sur les médias, au lendemain d'un weekend endeuillé par une tuerie dans une synagogue de Pittsburgh qui a fait 11 morts. Le président a fait savoir qu'il se rendrait à Pittsburgh pour présenter ses condoléances. Mais des familles de victimes ne souhaitent pas rencontrer celui qu'elles accusent d'attiser la haine (https://www.bfmtv.com/international/donald-trump-rejette-la-responsabilite-de-la-grande-colere-aux-etats-unis-sur-les-medias-1554976.html#xtor=AL-68).

 

Le langage du président américain, les cibles qu'il choisit et la violence de ses attaques sont un terreau fertile pour les dingues et fanatiques, et au Brésil ce fut le cas aussi de Jair Bolsonaro dont la campagne a été alimentée par des discours de haine et émaillée de violences car la hargne des électeurs en faveur de ce dernier semble sans limite. Terrifiant de voir des citoyens se priver de leur liberté pour des illusionnistes.

 

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Publié le 28 Octobre 2018

L'OBS ce dimanche 28 octobre 2018 nous montre que des évêques asiatiques et africains ont affiché lors d'une assemblée mondiale un intérêt mitigé pour les scandales d'abus sexuels du clergé, problème perçu comme "occidental", dévoilant un défi supplémentaire pour le pape très attendu sur ce dossier.

 

L'assemblée d'un mois aux couleurs du monde ("synode"), qui a réuni jusqu'à dimanche au Vatican 267 cardinaux, évêques, patriarches chrétiens et religieux des cinq continents, était dédiée aux jeunes, les premiers à se scandaliser des crimes sexuels commis par le clergé. C'est dans ce contexte que le pape François a ponctué octobre d'annonces choc visant désormais directement la hiérarchie catholique. Pleinement conscient qu'une vieille culture d'omerta des évêques a profondément endommagé l'Église en Europe, aux États-Unis, en Amérique latine ou encore en Australie.

 

"Aussi bien les abus que leur couverture ne peuvent plus être tolérés et un traitement différent pour les évêques qui les ont commis ou couverts représente en fait une forme de cléricalisme qui n'est plus acceptable", a assené le pape François trois jours après le début du synode. Il apportait aussi une première réponse, en demandant une enquête dans les archives du Vatican, aux accusations incendiaires d'un prélat italien, affirmant que le pape lui-même a longtemps sciemment ignoré des signalements sur un cardinal américain présenté comme un prédateur sexuel notoire.

 

Durant le synode, le pape a également défroqué deux évêques chiliens pour agressions sexuelles sur mineurs. Et il a accepté la démission du cardinal Donald Wuerl de Washington, soupçonné dans le rapport d'un jury populaire d'avoir étouffé un vaste scandale d'abus sexuels dans le nord-est des États-Unis. Il a reçu en outre tous les dirigeants de l'épiscopat américain, en pleine tourmente.

 

Tous les regards se tournent désormais vers une réunion exceptionnelle convoquée fin février par le pape de tous les présidents des conférences épiscopales du monde pour aborder spécifiquement "la protection des mineurs". "Je suis persuadé que le pape a appelé à cette réunion pour faire quelque chose de concret", a commenté devant la presse le cardinal américain Blase Joseph Cupich, tout en constatant qu'au synode, les abus sexuels "n'étaient pas le sujet prioritaire de tous les pays". Référence aux continents asiatique et africain.

 

"La résistance de certains évêques" a limité les débats au synode, renchérit l'archevêque américain de Philadelphie Charles Chaput, auprès de l'agence Catholic News Service. "Certains disent que c'est l'apanage du monde occidental", s'étonne-t-il. Pour le président de la conférence épiscopale irlandaise Eamon Martin, certaines Églises dans le monde sont "dans le déni" et n'ont pas encore "donné sa juste place" à cette horreur. Il espère donc que le sommet de février "aidera à s'assurer que plus de pays prennent la question au sérieux".

 

Le cardinal Reinhard Marx, conseiller du pape et président de l'épiscopat allemand, souligne que "le problème est présent dans le monde entier". "La situation est urgente", "c'est une question de survie de l’Église dans sa forme actuelle", a-t-il prévenu en marge du synode, en assistant au lancement d'un nouveau diplôme de protection des mineurs contre les abus par le "Centre de protection de l’enfance" de l’Université pontificale grégorienne, très en pointe.

 

Le cardinal, sous pression après un rapport dévoilant de vastes scandales d'abus en Allemagne, estime que les mea culpa ne suffisent plus : il faut désormais "changer fondamentalement le système" avec l'aide de nouveaux "mécanismes" de prévention et de responsabilité. Il propose notamment de s'attaquer "dans tous ses aspects" au "droit canon" qui régit l'Église, dont la dernière version remonte à 1983. Le père Hans Zollner, président du Centre de protection de l’enfance, pointe que l'abus de mineurs y est défini de façon bien trop vague. Le cardinal Marx dénonce aussi le manque de personnel au Vatican (une dizaine) pour examiner les signalements d'abus du clergé arrivant du monde entier et estime que les réflexions porteront sur la sélection et la formation des futurs prêtres.

 

Cela devient consternant de voir ce déni de la réalité encore présent au Synode, qui permet à des prêtres abuseurs de continuer leurs ravages. Un peu de courage serait bienvenue. Il n’est plus le temps d’attendre, il faut agir.

 

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Publié le 28 Octobre 2018

Le document final du Synode des évêques est trop consensuel

L’article de Nicolas Senèze, à Rome, pour la-croix.com (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Le-Synode-jeunes-sacheve-document-final-consensuel-2018-10-28-1200979141) et celui de cath.ch (https://www.cath.ch/newsf/document-final-du-synode-nous-devons-etre-saints-pour-inviter-les-jeunes-a-le-devenir/) ce dimanche 28 octobre 2018 nous montrent que le Vatican a rendu public, samedi soir 27 octobre, le document final du Synode des évêques, fruit de trois semaines et demie de débats sur «les jeunes, la foi et le discernement vocationnel». Il ne s’agit pas de faire “pour” les jeunes, mais “de vivre en communion avec eux”, demandent les Pères synodaux dans leur long document final, approuvé la majorité des deux-tiers le 27 octobre 2018 à l’issue du Synode.

 

Dans un discours improvisé quelques minutes après le vote du document final du Synode sur les jeunes, rendu public samedi soir 27 octobre par le Vatican, le pape François n’a pas fait mystère que ce long texte n’était pas d’abord destiné au grand public. «Il est d’abord pour nous : nous en sommes les premiers destinataires», a-t-il expliqué. Une manière de renvoyer les évêques qui ont participé à ces trois semaines et demie à leurs responsabilités et à la délicate mission de transmettre dans leurs Églises locales ce qu’ils auront vécu pendant ce Synode.

 

Une façon aussi de ne pas trop focaliser sur un texte que d’aucuns jugeront décevant, mais qui, très consensuel, ne laisse que faiblement transparaître l’âpreté de certains débats. Car, si l’ensemble des 167 articles de ce long document de 55 pages ont tous été largement approuvés à la majorité des deux tiers, certains articles ont cependant recueilli contre eux les voix d’un nombre significatif d’évêques. Ainsi le § 39 qui reprend les questions des jeunes au cours de la préparation de ce Synode, et qui se borne à relever que «la morale sexuelle est fréquemment cause d’incompréhension et d’éloignement de l’Église, souvent perçue comme un espace de jugement et de condamnation». Mais le document n’est pas à une contradiction près puisqu’il dit qu’il faut aussi éviter d’étouffer les jeunes avec un ensemble de règles qui réduisent la foi à une vision réductive et moraliste (§ 70).

 

D’autres articles ont posées moins de problèmes. La jeunesse étant la phase des tentatives, des expériences et des choix de vie (§ 65), l′Église doit se tenir aux côtés des jeunes, sans d’ailleurs se limiter au parcours de croissance spirituelle (§ 94). Il faut ainsi libérer les prêtres de certaines tâches administratives pour pouvoir aller à la rencontre des jeunes et les accompagner (§ 17). C′est pourquoi les pères synodaux ont insisté sur la nécessité de repenser les modalités concrètes de l′exercice du ministère sacerdotal.

 

Séminaristes, jeunes prêtres ou encore fiancés en route vers le mariage devraient de toute urgence être accompagnés personnellement (§ 95) par de bons accompagnateurs, pieux, équilibrés et à l′écoute (§ 102). L’accompagnement, explique le document, aide à reconnaître, interpréter, et choisir dans la perspective de la foi (§ 97). L’accompagnement doit ainsi se faire sans moralisme et sans fausse indulgence (§ 102). Cet accompagnement, demandent les Pères synodaux, doit permettre aux jeunes de discerner dans leur vie les signes de l’action de l’Esprit (§ 64).

 

La participation des femmes : «une question de justice» ou encore le § 150, celui qui a recueilli le plus de votes contre lui, qui rejette «toute discrimination ou violence sur une base sexuelle» et recommande de «favoriser» la mise en place de «parcours d’accompagnement dans la foi des personnes homosexuelles». De même les § 55 et § 148, sur la participation des femmes («une question de justice») et qui recommandent de faire aux femmes «des espaces dans les processus décisionnels, même quand elles ne demandent pas spécifiquement des responsabilités ministérielles», ont-ils créé des résistances chez les pères synodaux… Il faut ainsi une courageuse conversion culturelle et un changement dans la pratique pastorale quotidienne, demande le document. Car les femmes doivent être présentes à tous les niveaux, y compris aux fonctions de responsabilité. Les jeunes le demandent avec force.

 

Il est néanmoins difficile de dire si les 30 à 40 % d’évêques qui se sont chaque fois prononcés contre ces points regrettaient un texte trop avancé ou, au contraire, trop en retrait. Mais au-delà de ces questions clivantes, le document final reprend aussi de nombreuses intuitions évoquées au cours de ce Synode en ce qui concerne la jeunesse. Ainsi le § 123 demande «la constitution d’un organisme de représentation des jeunes au niveau international» auprès du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. La question de la promotion de l’engagement des jeunes dans la vie politique, dans le monde économique ou pour la promotion de la justice est aussi très présente.

 

Ce document revient également sur les réalités vécues par de nombreux jeunes. Notamment la corruption, la guerre, le commerce des armes (§ 151) ou encore l’humiliant manque de travail (§ 152). Les Églises locales doivent agir face à ces situations, plaide le document, par exemple en soutenant l’entreprenariat des jeunes (§ 152). L’engagement politique des jeunes doit aussi être favorisé pour permettre un réel changement des structures sociales injustes) (§ 154).

 

Le monde numérique n’est pas oublié par ce document conclusif du synode. Pour les pères synodaux, notamment un territoire de solitude, de manipulation, d’exploitation et de violence (§ 23). Les jeunes eux-mêmes demandent à être accompagnés pour un discernement dans un monde fortement numérisé (§ 146). Toutefois, tout n’est pas négatif puisque les jeunes – digital natives – y on une mission authentique d’évangélisation (§ 145). Dans cette veine, le synode espère la créations de bureaux et organismes au niveaux adéquats pour l’évangélisation en ligne.

 

Le document final revient également sur une sous-évaluation de l′importance accordée aux expériences précédentes du candidat au sacerdoce (§ 20). Le synode demande également une attention particulière à ce que des femmes et des couples mariés soient impliqués dans la formation des futurs prêtres (§ 164). Quant à la pastorale des jeunes, elle doit faire l’objet d’une préparation spécifique. Le document traite également de l’éducation première et plus importante demande de nombreux jeunes (§ 158). Les écoles et lieux de formation catholiques sont ainsi des espaces précieux pour la rencontre avec l’Évangile.

 

Enfin, celle des abus sexuels, qui ont plané sur l’ensemble des débats, est bien présente, même si un nombre important d’évêques, surtout Africains se sentant peu concernés, ont trouvé qu’elle prenait une place exagérée dans le Synode. Le pape François y a aussi fait allusion dans son discours improvisé après les votes, mettant en garde contre ceux qui «salissent» l’Église en instrumentalisant les «péchés» de ses membres, allant parfois jusqu’à la «persécution». Comme le souligne le document final, c’est désormais aux conférences épiscopales et aux Églises particulières de faire vivre ce Synode qui, après une «phase préparatoire» puis la «phase célébrative» de ces trois dernières semaines, entre dans sa troisième phase dite «d’application».

 

Le désir œcuménique des jeunes a également été apprécié par les pères synodaux. Les jeunes, en contact quotidien avec des personnes d’autres confessions et religions, stimulent l’entière communauté chrétienne à vivre l’œcuménisme et le dialogue interreligieux. Frère Alois, invité spécial au synode et prieur de la Communauté œcuménique de Taizé, a d’ailleurs chaleureusement été applaudi par les pères synodaux après le vote du document.

 

Les trois derniers paragraphes (§ 165, 166 et 167) offrent un semblant de résumé de l’ensemble du document : toutes les vocations s’insèrent dans l’unique et universel appel à la sainteté. Hélas, admettent les pères synodaux, trop souvent les jeunes ont délaissé l’Église car ils n’y ont pas trouvé la sainteté mais la médiocrité, la vanité, la division et la corruption. Ainsi, “Nous devons être saints pour pouvoir inviter les jeunes à le devenir.” Il ne s’agit pas de faire quelque chose pour les jeunes, mais de vivre en communion avec eux (§ 116).

 

Le texte final recommande que cette phase, surtout locale, se fasse dans le même esprit synodal que ce qui a présidé aux travaux à Rome, soulignant la nécessité de «l’écoute fraternelle» et du «dialogue intergénérationnel». Mais il s’agit, là encore, d’un des articles du document final qui a suscité le plus de résistances.

 

Ce dimanche matin, le pape François a officiellement clos cette assemblée synodale par une messe célébrée dans la basilique Saint-Pierre. Dans son homélie s’appuyant sur l’épisode tiré des Évangiles où l’aveugle Bartimée est le dernier homme à suivre Jésus avant sa crucifixion, il a développé trois axes de réflexion pour demeurer toujours plus dans la foi: l’écoute, la proximité et le témoignage (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2018-10/synode-jeunes-2018-messe-cloture-pape-francois-homelie.html).

 

À la fin de la messe de conclusion de l’assemblée du Synode des évêques sur les jeunes, une lettre du Synode aux jeunes y a été lue : il s’agit d’une courte exhortation, traduite en plusieurs langues et qui devrait avoir une déclinaison multimédia. Sur une demi-page, les évêques rappellent combien «l’Église et le monde ont un besoin urgent de votre enthousiasme» et «Faites-vous compagnons de route des plus fragiles et des plus pauvres, de tous les blessés de la vie» (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Le-Synode-jeunes-Nous-voulons-vous-adresser-paroles-desperance-2018-10-28-1200979176?from_univers=lacroix).

 

Ce document final du synode est beaucoup trop consensuel pour satisfaire, et évite les sujets qui fâchent (femmes, couples LGBT, sacerdoce et les abus sexuels des prêtres) pour faire plaisir aux évêques conservateurs. Il approuve aussi une Église participative et coresponsable, mais sans donner un rôle directionnel aux femmes et en ne leur donnant pas le droit de voter au synode. Les évêques peuvent mieux faire.

 

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Publié le 27 Octobre 2018

tdg.ch nous montre ce samedi 27 octobre 2018  que l'Église catholique représentée par 267 prélats de tous les continents achève samedi un synode d'un mois consacré aux jeunes, mais cette assemblée internationale d'évêques, trop diverse, n'a livré aucune proposition concrète admettent les participants. En ouvrant ce sommet mondial le 3 octobre, le pape François avait demandé aux évêques de «transformer» les structures parfois figées de l'Église.

 

Pari réussi ? Le document final, qui doit être approuvé samedi, «ressemble à un catalogue Ikea», assène un évêque particulièrement irrité par la lourde machine consensuelle du Vatican. «Vous avez tout ce qu'il faut pour la salle de bains et la cuisine, dans tous les styles, donc tout le monde s'y retrouve».

 

«Un évêque d'Europe de l'est s'est risqué à dire que la morale de l'Église disant pas de relations sexuelles avant le mariage c'était devenu intenable. On est passé au suivant et on n'en a plus parlé», raconte-t-il. «Un autre jour, les conservateurs montaient au créneau en réclamant un rappel de la morale de l'Église», soupire-t-il. «Les jeunes décideront de toute façon pour eux-mêmes». «Sur le numérique un consensus est possible, sur la morale sexuelle c'est impossible, les positions sont trop diverses», résume un autre évêque.

 

Certains des 267 «pères synodaux» ont critiqué l'exercice inégalitaire de discussion et de vote d'un texte final fourni uniquement en italien. Le cardinal indien Oswald Gracias s'est étonné de lire dans les conclusions rédigées en petit comité un élément de langage théologique («la synodalité») cher au pape mais absent des débats. Laissant planer un doute de manipulation du processus de consultation.

 

«Certaines propositions audacieuses, susceptibles de faire les manchettes des journaux, n'ont pas été reprises», confirme l'évêque français Mgr Emmanuel Gobillard, l'un des rares à avoir parlé de sexualité. Mais il met en avant une expérience marquante au sein d'une Église universelle, avec une diversité de langues et de cultures. «Il s'est passé quelque chose, mais c'est intraduisible pour les médias», décrit-il. Les réactions joyeuses de 34 jeunes invités ont constitué une bouffée d'oxygène louée par les évêques. Et leurs témoignages les ont touchés, en particulier celui d'un jeune Irakien évoquant la guerre.

 

Parallèlement, l'avis d'une poignée d'expertes ou auditrices admises au synode a pris une place inédite dans cette assemblée au masculin. «Je ne serais pas étonnée qu'un prochain synode soit consacré aux femmes», confie sœur Nathalie Becquart, enthousiaste participante française.

 

Si tous les évêques promettent de décliner chez eux les enseignements du synode, le texte final d'une cinquantaine de pages se contentera de grandes généralités aux points de friction gommés. Un texte très court, plus susceptible d'être lu par des jeunes, est en préparation.

 

Le sigle LGBT, sur lequel les évêques africains ont mis une chape de plomb, avait déjà été fustigé en amont par un évêque américain conservateur. Sans surprise, il est absent du texte final. Dans la salle de presse du Vatican, journalistes américains aux antipodes, pro-gay et ultra-conservateurs, n'avaient de cesse d'interpeller les prélats sur ce sujet qui est resté secondaire dans les débats.

 

De quoi faire sortir de ses gonds le cardinal allemand Reinhard Marx, conseiller du pape, furieux de l'instrumentalisation idéologique opérée par des «lobbies». «Ce n'est pas un synode sur la sexualité, mais sur les jeunes», a-t-il tempété, préférant prôner avec force le besoin de placer les femmes dans des postes décisionnels de l'Église. «Il faut comprendre les signes du temps !»

 

Mgr Andrew Nkea Fuanya, évêque du Cameroun, pays où les jeunes sont nombreux à la messe, a affirmé que s'il parlait de «LGBT» en rentrant chez lui, «99% des gens lui demanderaient de quoi on parle ?». Il a aussi avancé que ce sigle pourrait couper des aides financières étrangères.

 

Les abus sexuels du clergé, très discutés la première semaine, figureront en bonne place dans les conclusions, sans toutefois tenir le haut de l'affiche comme le réclamaient les germanophones. Car nombre de pays, pour l'instant épargnés par les scandales, se sont montrés peu réceptifs à ce tremblement de terre qui ébranle l'Eglise, des États-Unis à l'Europe et jusqu'au Chili.

 

Les jeunes et les pères synodaux ont célébré ensemble lors d’une soirée où il y avait de la place pour la musique, le théâtre, le rire et le dialogue. Les jeunes auditeurs du synode des évêques ont adressé une lettre de remerciement au pape. L'élection des membres du XVe Conseil ordinaire a également eu lieu (https://www.periodistadigital.com/religion/vaticano/2018/10/27/carta-de-los-jovenes-a-francisco-las-nuevas-ideas-necesitan-espacio-y-tu-nos-lo-has-dado-religion-iglesia-dios-jesus-papa-francisco-fe-cultura-paz-mundo.shtml).

 

Le synode sera une grande déception, le courage de prendre de vrais solutions pour que l’Église se réforme n’est pas le fort des évêques du monde entier. Le consensus ne peut rien apporter, sauf rester figé.

 

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Publié le 27 Octobre 2018

Laetitia Cherel, de la cellule investigation de franceinfo nous montre sur francetvinfo.fr le vendredi 26 octobre 2018 que l'archevêque de Reims, qui avait mené une enquête de l'Église sur le prêtre, reconnaît sur franceinfo des "abus". Tony Anatrella, 77 ans, prêtre et psychothérapeute soupçonné d'abus sexuels, a été sanctionné en juillet dernier par l’archevêque de Paris.

 

Pour la première fois, un haut responsable de l'Église catholique reconnaît publiquement que "le psy de l'Église", Tony Anatrella, aurait commis des abus sur certains patients. En 2016, l’Église a lancé une enquête interne sur ce prêtre et psychothérapeute. Les conclusions n'ont pas été rendues publiques mais son auteur, Mgr de Moulins-Beaufort, s'est confié à la cellule investigation de franceinfo. L'archevêque de Reims et ancien évêque auxiliaire de Paris reconnait pour la première fois que selon des témoignages qu'il a recueillis, des "abus" auraient été commis par Tony Anatrella sur certains patients.

 

"Le problème de Tony Anatrella, c'est qu'il y a eu quelques personnes avec lesquelles il y a eu un abus, affirme à la cellule investigation de franceinfo Mgr Eric de Moulins-Beaufort. Des personnes qui sont venues me voir ont révélé des thérapies corporelles qui allaient trop loin de leur point de vue, poursuit-il. Il y a des gestes qui font du mal durablement à des personnes, au-delà des intentions claires ou pas claires de celui qui les pose. Il faut pouvoir reconnaître que des actes on fait du mal à des gens."

 

Tony Anatrella est ce prêtre et psychothérapeute de 77 ans qui a longtemps été un personnage influent dans l'Église de France et au Vatican. Auteurs de textes sur l'homosexualité et sur la sexualité des adolescents, il avait un cabinet de consultation à Paris et pendant des décennies, les hauts responsables de l'Église lui ont envoyé des séminaristes et des prêtres qui se posaient des questions sur leur sexualité.

 

Á partir de 2001, plusieurs témoignages d'anciens patients adultes l'accusent d'abus sexuels. Daniel L. est le premier à avoir alerté l’archevêque de Paris, Mgr Lustiger, en 2001. Les faits se seraient déroulés dans les années 80 quand, adulte et jeune séminariste, il était allé en consultation pour traiter ses "pulsions homosexuelles". Il raconte ce qui se serait passé : "Assez rapidement Tony Anatrella me propose des séances de thérapie corporelle", raconte Daniel L. Dès la première séance, il pratique sur moi des gestes masturbatoires, et petit à petit, ces gestes sont allés jusqu’à des relations sexuelles. Il disait qu’il fallait soi-disant dépasser mes pulsions homosexuelles par ses pratiques pour pouvoir m’en libérer." "Á ce moment-là, je suis adulte mais je suis complètement sous son emprise, poursuit Daniel L.. En tant que psychanalyste, il a tous les ressorts et toutes les clés pour me manipuler. Et je suis persuadé que c’est mon sauveur, que c’est lui qui va pouvoir me libérer d’une homosexualité que je n’assume pas à ce moment-là." Après ce témoignage, il ne se passe rien. Cinq ans plus tard, Daniel L. parle dans la presse. L’affaire Anatrella devient publique.

 

Cette même année, en 2006, une nouvelle victime présumée contacte un frère dominicain, Philippe Lefebvre, enseignant à la faculté de théologie de Fribourg, en Suisse. Dans une lettre, cet ancien patient de Tony Anatrella décrit des séances de thérapies corporelles "des massages où le patient était nu et où le psychanalyste Anatrella massait ses patients pour les délivrer de leurs pulsions homosexuelles. Il allait jusqu’à l’orgasme du patient et quelques fois de lui-même." Trois autres victimes présumées portent plainte. C’est à ce moment-là que l’archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois, intervient. C’est un personnage-clé de l’Église de France, et il soutient Tony Anatrella. Du côté de la justice, deux plaintes sont classées sans suite parce que les faits sont trop anciens, et la troisième n’est pas jugée recevable par le parquet.

Dès lors, pendant dix ans, le frère Lefebvre ne va cesser d’alerter les plus hauts responsables de l’Église. "J’ai contacté une quinzaine d’évêques, dont je n’ai eu aucune réponse et rien ne s’est passé. Deux archevêques, l’un de Paris (Mgr Vingt-Trois en 2006), l’autre de Marseille (Mgr Pontier en 2014 et en 2016), et rien ne s’est passé. Donc il y a bien une omerta sur ces sujets dans l’Église, un silence organisé avec des rouages qui ont l’habitude de tourner." Des évêques sont également contactés par un abbé de l’ouest de la France, au sujet d’autres témoignages. Rien ne se passe jusqu’à ce qu’en 2016, avec les témoignages de nouvelles victimes présumées. Cette fois, l’Église finit par lancer une enquête interne sur Tony Anatrella, confiée à Mgr de Moulins-Beaufort. Et il reconnait donc pour la première fois auprès de la cellule investigation de franceinfo que, selon des témoignages qu'il a recueillis, des abus auraient été commis par le prêtre sur certains patients.

 

Interrogé, l’avocat de Tony Anatrella, Me Benoît Chabert, estime dans un courrier envoyé à la cellule investigation de franceinfo que Mgr de Moulins-Beaufort est allé trop loin : "Eric de Moulins-Beaufort était soumis au secret. Secret qu’il viole en indiquant les témoignages reçus. Mais surtout, il diffame Tony Anatrella, en affirmant des faits contestés et dont la matérialité n’a pas été retenue, ni par la justice pénale, ni par la commission canonique de Toulouse [la deuxième enquête interne de l’Église].Tony Anatrella a toujours nié les accusations formulées contre lui." L’avocat de Tony Anatrella ajoute par ailleurs que, selon lui, Mgr Eric de Moulins-Beaufort aurait changé d’attitude dans ce dossier : "Lors des nombreuses réunions organisées par Eric de Moulins-Beaufort, en ma présence, en 2006 et qui avaient pour objet de soutenir Tony Anatrella déjà accusé à tort, il présentait une position totalement différente." En juillet 2018, Tony Anatrella a été sanctionné par le diocèse de Paris, il a l'interdiction d'exercer sa thérapie et d'intervenir publiquement. Pour Bernadette Sauvaget, spécialiste des religions à Libération, le fait qu’un haut responsable de l’Église, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, parle aujourd'hui "d’abus" est un tournant dans cette affaire. "Le mot 'abus' est prononcé, ce qui est une première depuis vingt ans que dure cette affaire, une des plus emblématiques de la façon dont l’Église a couvert des abus en son sein. Tony Anatrella a été un personnage protégé par deux anciens archevêques de Paris : Mgr Lustiger et Mgr Vingt-Trois".

 

Au-delà de l'affaire Anatrella, comment l’Église de France a-t-elle couvert certains prêtres accusés d’abus sexuels ? Il n’y avait pas de "système" au sens d’une mécanique concertée, d’une procédure parfaitement réglée et généralisée, mais il y a bien eu des méthodes qui ont été très souvent utilisées pour cacher les abus sexuels sur des enfants ou sur des adultes. "La méthode la plus courante consistait à déplacer un prêtre accusé d’abus sexuels dans un autre diocèse", comme nous l’explique Mgr Rouet, ancien archevêque de Poitiers aujourd’hui à la retraite. Dans son livre Église, la mécanique du silence, la journaliste Daphné Gastaldi révèle le cas d’un prêtre du diocèse de Bayonne déplacé et muté pendant 25 ans, avant qu’un signalement soit fait le concernant. Il sera jugé prochainement pour abus sexuels.

 

Il pouvait également y avoir des déplacements dans d’autres diocèses hors de France. "C’était fréquent qu’on les envoie vers les pays francophones et notamment en Afrique de l’Ouest où l’Église est très présente et où certaines communautés religieuses ont un vaste réseau d’établissements", se souvient Mgr Guyard, ancien évêque du Havre aujourd'hui à la retraite. Cette politique de déplacement des prêtres, après l’avoir longtemps niée, l’Église la reconnaît officiellement aujourd’hui, comme le confirme Mgr de Moulins-Beaufort, évêque de Reims. Une fois ces mutations de prêtres effectuées dans d’autres diocèses, il fallait en dissimuler la cause réelle. Les intitulés des postes des prêtres étaient donc maquillés avec des formules comme "à la retraite", "en congé", ou "en mission d’études", comme cela a été le cas d’un prêtre muté à Paris qui avait agressé ses propres neveux, petit neveu et petite nièce.

 

L’Église a parfois tenté aussi de "verrouiller" la parole des victimes. Certains diocèses ont imaginé une technique assez subtile. Cela consiste à organiser un rendez-vous entre une victime et son agresseur, en présence d’une personne de l’évêché. On appelle cela des "rencontres de pardon et de miséricorde". C’est ce qui a été proposé à Alexandre, une des victimes du père Preynat, ce prêtre du diocèse de Lyon accusé d’abus sexuels sur des dizaines de scouts dans les années 80. En 2014, une collaboratrice de Mgr Barbarin lui a proposé de rencontrer le prêtre qui l’avait agressé quand il avait entre 8 et 12 ans. La réunion s’est finie par deux prières de pardon, un "Notre-Père" et un "Je vous salue Marie", main dans la main. "Le prêtre a reconnu m’avoir agressé ainsi que beaucoup d’autres scouts à l’époque. Cela a été particulièrement difficile à gérer psychologiquement. C’était insidieux, mais on m’a fait comprendre que mon témoignage avait été entendu, que ce que j’avais vécu était douloureux mais qu’il ne fallait plus en parler". Alexandre n’en est pas resté là. Malgré les pressions, il a déposé plainte en 2015 dans ce qui est devenu ensuite l'affaire Barbarin, du nom du cardinal de Lyon. Une affaire toujours en cours d’instruction.

 

Enfin, l’Église a aussi tenté de "soigner" les prêtres qui avaient des problèmes de sexualité ou qui étaient accusés d’agressions sexuelles. Elle avait l’habitude de les envoyer dans des maisons de repos, pour religieux. "Il y en avait au moins deux, une près de Meaux qui a fermé, l’autre dans les Côtes-d’Armor", se rappeler Mgr Rouet, ancien archevêque de Poitiers. Il arrivait aussi fréquemment qu’un évêque recommande à un prêtre de consulter un psychologue, voire un psychanalyste. "Il n’y avait pas de liste de psys, on en parlait entre évêques, on se passait leurs coordonnées. C’est le diocèse qui payait leur consultation. Ils n’avaient pas d’argent ils ne pouvaient payer eux-mêmes." "C’est dans ce cadre que Tony Anatrella a reçu des prêtres pédophiles qui lui étaient envoyés par des évêques", explique Mgr Rouet. Et il ajoute : "Mais ça, c’était avant que l’affaire éclate en 2006".

 

Mgr de Moulins-Beaufort a reconnu que Tony Anatrella a abusé de certains de ses patients, et on découvre également comment l’Église protégeait les abuseurs d’enfants et d’adultes par les déplacements de ceux-ci et les "Rencontres de pardon et de miséricorde", ou la consultation par un psychologue, voire un psychanalyste comme Tony Anatrella qui n’a pas eu beaucoup d’efficacité. C’est horrible de penser que cette Église qui aurait dû être une mère et à l’écoute des victimes a préféré protégé des criminels ayant brisé leur enfance et leur foi.

 

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Publié le 26 Octobre 2018

"Ce fut le plus beau Synode auquel j'ai participé". Le cardinal Christoph Schönborn a résumé cet après-midi ses impressions sur le travail accompli par les pères synodaux au cours de ce mois comme nous le montre Jesús Bastante sur periodistadigital.com ce vendredi 26 octobre 2018. Un synode qui se termine et qui a eu cet après-midi la visite surprise du pape François, qui s'est rendu dans la salle Paul VI pour saluer et prier avec le synode et les jeunes.

 

Un autre exemple de synodalité que les participants affirment avoir traversé  dans le débat du Synode de la jeunesse. Un terme qui, avec le discernement, a marqué les débats dans l’aula, comme l'a avoué le cardinal autrichien. "Le mot clé du Synode est le discernement, comme le souligne le pape : le mot synodalité n'était pas très présent dans l'Instrumentum laboris, mais nous avons expérimenté précisément cette synodalité". Une synodalité qui, a-t-il ajouté, "fait référence au fonctionnement de l'Église, c'est marcher ensemble sur le chemin de la foi, et cela est vrai pour tous".

 

Pour sa part, l'archevêque de Dublin, Eamon Martin, à la mémoire de la Réunion mondiale des familles encore vivante, a souligné qu'"il était important de parler des abus commis au Synode, de parler fort et d'affirmer notre volonté de faire face à ce scandale". "Je suis convaincu que nous devons suivre l'exemple du pape François dans la lutte contre les abus", s'est exclamé le prélat. Interrogé sur le "oui" à l'avortement en Irlande, Martin s'est demandé "pourquoi autant de jeunes ont voté pour ... Je pense aussi aux jeunes qui ont voté et ont fait un effort pour défendre la vie. Nous avons maintenant besoin de nouveaux missionnaires de la vie".

 

Pour Eduin Ortega, auditeur de Cuba au Synode, "j’ai eu l’impression que je suis le protagoniste du Synode, et pas seulement un spectateur, nous attendons des réponses de la part de l’Église lors de ce voyage synodal avec nous tous. Les problèmes sont nombreux et il est difficile de penser à l’avenir, mais aux jeunes. Nous avons besoin d'avenir."

 

Enfin, l’espagnol Kike Figaredo, "évêque des fauteuils roulants" du Cambodge, a déclaré que "le Cambodge est un pays en train de construire une église avec des jeunes, des blessés de guerre, des handicapés à cause des mines." "Les jeunes Cambodgiens veulent dire aux jeunes du monde entier : Nous avons une présence présente", a déclaré le prélat, qui a exprimé l'espoir que "de ce Synode, nous repartirons avec une force renouvelée, désirant continuer à travailler en particulier avec les jeunes. Sortons d'ici en allant vers des gens simples et vers des lieux où la parole du Seigneur, son amour, n'est pas évident : allez découvrir cette présence de Dieu et celle de la personne la plus simple et la plus vulnérable que nous allons visiter, Le Seigneur nous dit : me voilà, je vous attendais."

 

Mais pour ceux qui s'attendaient à un "changement" dans ce Synode, peut-être sur la question de l'homosexualité ou peut-être sur le rôle de la femme ou sur le sacerdoce, ils seront déçus. «Ce n’était pas un Synode qui se heurtait à des questions doctrinales», a expliqué Eamon Martin, président des évêques irlandais, «on s’occupe des jeunes, de la vocation et du discernement» (http://www.lastampa.it/2018/10/26/vaticaninsider/dal-sinodo-nessun-cambio-su-sessualit-esacerdozio-dovevamo-parlare-di-giovani-non-di-dottrina-US3cj9kFlnQsZmgGpK3BSM/pagina.html).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église

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