Publié le 30 Novembre 2018

"La question de l'homosexualité est une question très grave, qui doit être correctement discernée dès le début avec les candidats, si tel est le cas. Nous devons être exigeants ...". Ils discuteront des mots que le pape François a confiés au missionnaire Fernando Prado dans le livre d'interviews "La forza della vocazione" (EDB, 120 pages, 9,50 euros), qui paraîtra la semaine prochaine comme le montre corriere.it ce vendredi 30 novembre 2018.

 

"Dans nos sociétés, il semble même que l'homosexualité soit à la mode et que cette mentalité affecte aussi, d'une certaine manière, la vie de l'Église", dit le pape, qui recommande dans sa réponse de ne pas accepter dans les séminaires des novices homosexuels qui ont une "tendance enracinée".

 

Pour le pape, "Ce n'est pas simplement une expression d'affection", car "Dans la vie consacrée et dans la vie sacerdotale, il n’y a pas de place pour ce type d’affection."

 

Et ainsi, conclut-il, "les prêtres homosexuels, religieux et religieuses sont instamment priés de vivre le célibat dans son intégralité et, surtout, d’être parfaitement responsables, en essayant de ne pas créer de scandale dans leurs propres communautés ou dans le saint peuple fidèle de Dieu en vivant une double la vie. Il vaut mieux qu'ils quittent le ministère ou la vie consacrée plutôt que de vivre une double vie".

 

Le pape François en disant cela conçoit le principe de discrimination à l’embauche pour la prêtrise, à partir d’un préjugé daté. De plus, il va à l’encontre d’un critère, celui que l’Église impose la chasteté aux homosexuels et interdit aux prêtres devant être chastes d’être homosexuels à qui on impose la continence. C’est le serpent qui se mord la queue.

 

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Publié le 30 Novembre 2018

Ce jeudi 29 novembre 2018 periodistadigital.com nous montre que la pression augmente sur le cardinal Daniel DiNardo, président des évêques américains. Cinquante policiers locaux et fédéraux ont effectué une descente au siège de l'archidiocèse de Galveston-Houston, dont DiNardo est l'archevêque, à la recherche de "dossiers secrets" sur le prêtre pédophile Manuel Antonio La Rosa López, accusé d'avoir agressé sexuellement une femme mineure il y a vingt ans. Âgé de 60 ans, le prêtre d’origine péruvienne, a été arrêté en septembre pour quatre chefs d’indécence avec un mineur dans le comté de Montgomery en 1998. Il est actuellement en probation après avoir payé une caution de 375 000 $.

 

Selon Brett Ligon, procureur général du bureau du procureur du comté de Montgomery, les enquêteurs rassemblent des documents imprimés et électroniques pour poursuivre l'enquête. L'officiel a déclaré que l'Église catholique avait toujours collaboré aux enquêtes et avait réitéré que l'opération axée sur les accusations portées contre le père La Rosa, pourrait être étendue à d'autres comtés de l'État, où davantage de victimes pourraient être connues.

 

De son côté, l’archidiocèse de Galveston-Houston a annoncé par un communiqué de presse qu’il collaborait avec les autorités et qu’il ne ferait aucun commentaire sur l’affaire tant qu’elle ferait l’objet d’une enquête. L’archidiocèse de Galveston-Texas s’est aussi prononcé dans une déclaration dans laquelle il a accepté de recevoir des dénonciations de la part de la famille d’un mineur qui a accusé La Rosa de l’avoir touchée de manière inappropriée. Cependant, il ajoute que La Rosa a nié les accusations et que la famille du mineur "a décidé de ne pas poursuivre l'affaire et a quitté le pays" la même année.

 

Après un examen interne, qui comprenait le dépôt d'accusations avant la création en 2003 de la Commission de révision de l'archidiocèse, La Rosa a été autorisée à retourner au ministère paroissial en 2004, selon l'archidiocèse. Selon l'une des deux plaintes déposées auprès du comté de Montgomery, La Rosa aurait maltraité un enfant de moins de 17 ans entre 1998 et 2000, alors qu'il était prêtre de la paroisse catholique Sacred Heart de Conroe, au Texas. Un jour, selon le document, le prêtre aurait demandé à l'enfant de déplacer certaines choses de la sacristie dans sa chambre à coucher, où "il lui aurait montré des photographies d'hommes à moitié nus ayant participé à un séminaire".

 

La prochaine comparution de La Rosa devant les tribunaux aura lieu le 10 janvier de l'année prochaine. Quatre opérations ont été effectuées au cours des dernières semaines dans les paroisses où La Rosa a été nommée prêtre dans les villes de Richmond, Conroe et Splendora, toutes situées au Texas.

 

Pendant ce temps, periodistadigital.com nous montre dans un article du jeudi 29 novembre (https://www.periodistadigital.com/religion/espana/2018/11/29/religion-iglesia-espana-gazteleuta-desprecia-justicia-profesor-pederasta-inocente-victima-miente-abusos-opus.shtml) que le directeur de l'école Gaztelueta de Leioa (Bizkaia), Imanol Goyarrola , dans lequel travaillait l'ex-enseignant reconnu coupable d'agression sexuelle sur un ancien élève du centre, a défendu "l'innocence de l'enseignant" et a de nouveau insisté sur le manque de crédibilité de l'histoire du jeune homme qui, comme il l'a critiqué, s'est soumis à une "exposition médiatique cruelle".

 

La déclaration de Goyarrola intervient un jour après que la Cour provinciale de Biscaye eut rejeté la demande d'admission en prison de l'ancien délinquant, condamné à onze ans de prison, qui avait demandé l'accusation à titre privé. Le condamné doit comparaître chaque semaine devant le tribunal de la garde.

 

Lors d'une comparution du directeur du centre éducatif, aux côtés du président de l'entité titulaire de l'école de Gaztelueta, Juan Anguisola, les deux ont assuré qu'ils ne partageaient pas la peine dictée par le tribunal provincial et avaient été convaincus de leur innocence. Selon Goyarrola, le récit de l'étudiant n'est pas "crédible", car il a exprimé sa crainte quant à la possibilité de "condamner un innocent". Cependant, il a souhaité le "rétablissement" du jeune homme pour qui il se sent "désolé". "Je suis très désolé pour l'ancien étudiant et ses souffrances indiscutables, pour la cruelle exposition médiatique à laquelle il a été soumis par son propre environnement", a-t-il déploré.

 

En ce sens, et avant les revendications continues de la famille de l'ancien élève pour demander pardon, Goyarrola a assuré qu'il ne le pourrait pas."Je reconnais la victoire de l'accusation au procès, l'objectif était avant tout qu'il y ait eu condamnation, ils ont réussi, au cas où cela ne serait pas clair, je crois toujours en l'innocence du professeur", a-t-il ajouté.

 

Face au manque de compassion du directeur de l'école Gaztelueta de Leioa (Bizkaia), Imanol Goyarrola, la victime étudie des actions en justice contre l'école comme le montre lavanguardia.com (https://www.lavanguardia.com/vida/20181130/453238946530/el-joven-victima-de-abusos-estudia-acciones-legales-contra-colegio-gaztelueta.html). Leticia de la Hoz, l’avocate du jeune homme qui a été agressé sexuellement pendant ses études à l’université basque Gaztelueta de l’Opus Dei envisage d’intenter une action en justice contre les responsables du centre après la conférence de presse donnée hier par le responsable du centre pédagogique.

 

La famille de la victime et ses avocats ont publiquement assuré hier qu'ils n'allaient pas s'excuser pour les événements relatés dans la sentence qui ont eu lieu dans cette école. Le père du jeune homme a reproché à l'école de ne pas s'être acquitté de son obligation de surveiller et de protéger les mineurs dont il avait la charge afin d'empêcher des situations de harcèlement ou de maltraitance telles que celles subies par son fils pendant ses deux années scolaires, à l'âge de 12 et 13 ans.

 

Le statut de la victime d'un crime inclut expressément la protection des personnes qui ont été victimes d'un crime sexuel afin d'éviter leur double victimisation au cours de la procédure pénale et d'éviter d'être attaqué et discrédité comme ce fut le cas dans cette affaire, a conclu le père du jeune homme.

 

Mais pouvait-on attendre de mieux d’un établissement géré par l’Opus Dei ? Non. N’oublions pas ce qu’avait dit l'ancien évêque auxiliaire de Rome, Mgr Pietro Rossano avant sa mort à son sujet : "J'estime que c'est un devoir pour chaque chrétien de lutter pour chasser de l'Église un tel péché."

 

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Publié le 29 Novembre 2018

Periodistadigital.com nous montre le mercredi 28 novembre 2018 que le mouvement #MeToo est venu dans l’Église pour y rester. C’est du moins ce qui ressort d’une conférence qui s’est tenue mardi à Rome dans la bibliothèque Angelica intitulée "Briser le silence : la voix des femmes face à la crise des abus" et qui a montré à quel point le catholicisme avait un problème non seulement avec les sévices infligés aux enfants, mais également avec ceux perpétrés contre des femmes adultes. "La culture de la maltraitance à l'égard des femmes n'est pas inventée, il y a de nombreux témoignages à ce sujet", a déclaré Virginia Saldanha, secrétaire du Forum des femmes théologiennes d'Inde. "Nous sommes tous responsables devant Dieu, nous ne devons pas tolérer que les structures de pouvoir protègent les coupables."

 

"Les abus ne sont pas un échec moral, nous devons rompre le silence. Ce n’est qu’en vérité que nous allons détruire la chaîne du pouvoir, c’est pourquoi nous devons être de vraies femmes", a déclaré Rocío Alvear Figueroa lors de la conférence organisée par la plate-forme internationale des femmes, Voices of faith. Figueroa, venue diriger le bureau dédié aux femmes du Conseil pontifical pour les laïcs du Vatican, a dû démissionner lorsqu'il a découvert les abus commis par le fondateur de sa communauté : la Sodalité de vie chrétienne. Grâce à elle, les exactions de Luis Fernando Figari et de trois autres responsables, qui sont tous des hauts dirigeants de l'organisation, dont Germán Doig, le vicaire général qui l'a maltraitée dans sa jeunesse, ont été mises au jour.

 

"À Sodalicio, nous avons identifié quatre auteurs, tous appartenant aux dirigeants de la communauté, 77 victimes confirmées et 4 millions de dollars versés en réparation, le fondateur a été à peine sanctionné par une vie de prière et de pénitence à Rome alors qu’au Pérou, on lui donna la prison préventive", a-t-elle expliqué. Figueroa a déclaré : "Il est très difficile d'être victime (d'abus) et d'être une femme", à quelques années de ces expériences traumatiques. Elle l’attribua au machisme dominant en Amérique latine et sous d’autres latitudes. Alors qu’il est plus facile de croire un enfant mineur, lorsqu’il est question d’attaques contre des femmes, il est suggéré qu’elles en sont responsables. Parce qu'elles "séduisent" ou même "qu'elles sont des amantes".

 

Une autre histoire déchirante a été racontée par Doris Wagner, une jeune théologienne allemande entrée dans une communauté religieuse connue sous le nom de "L’Œuvre" à l'âge de 19 ans, où elle a été victime de différentes formes de violence : du contrôle mental à l'agression sexuelle. "Quelques mois après avoir prononcé les vœux, un prêtre de la communauté est entré dans ma chambre et m'a violée. Alors que je me déshabillais, je lui dis : "Tu ne peux pas le faire", mais cela ne m'a pas aidé. Le lendemain, je pensais qu'il en parlerait et qu’ils me blâmeraient, alors je suis allé à la chapelle et j'ai souri, comme si rien ne s'était passé", a-t-il déclaré.

 

Puis un autre prêtre a voulu la séduire. C’était son confesseur. Il lui a dit qu'il l'aimait bien, qu'ils ne pouvaient pas se marier mais "qu'ils trouveraient d'autres moyens". Il voulait l'embrasser, elle paniqua et s'enfuit en courant. Quand elle a parlé de cet épisode avec sa supérieure, elle a répondu : "Vous savez, il a un faible pour les femmes et nous devons l'accepter tel qu'il est." En 2011, elle a quitté la communauté, et lit à ce sujet une étude selon laquelle 30% des religieuses ont été abusées. "Il est inconcevable que la curie romaine, qui connaît toutes ces choses, ne se soit pas mobilisée, que personne ne réagisse, que personne ne parle, il n'y a pas d'organe indépendant où aller lorsque le droit canon est violé", a-t-elle insisté.

 

D'autres femmes importantes ont participé à une table ronde, dans la deuxième partie de la conférence organisée par Voices of Faith. Parmi elles, Mary Hallay-Witte, directrice du Bureau de la protection des enfants d'Irlande. Elle a fait valoir que chaque victime a le droit d'être aidée pour ne pas être "revictimisée", de sorte que "ne pas punir les coupables est aussi une violence". "Au pape elle demande d'écouter les survivants, c'est seulement à travers eux que vous pourrez comprendre les victimes", a-t-elle déclaré.

 

À  son époque, Virginia Saldanha avait déclaré que les abus commis contre les femmes consacrées étaient répandus dans plusieurs régions de son pays. "Il ne s'agit pas d'inventer quelque chose, car les abus ne peuvent pas être inventés", a déclaré la théologienne. Doris Wagner a envoyé un message à ceux qui ont subi des abus et se demande pourquoi : "Aux femmes qui sont dans le même état, nous disons : nous sommes tous et toutes avec vous, vous n'êtes pas seule, souvenez-vous que vous êtes belles, vous ne méritiez pas ce genre de vie, ce n’est pas ce que Dieu veut pour vous." "Dieu veut qu'elles soient libres, qu'elles développent leurs talents, alors parlez, dénoncez, découvrez avec qui partager leurs histoires, ne croyez pas ceux qui cherchent à faire passer les abus par le vœu d'obéissance ou à la suite du Christ crucifié", a-t-elle déclaré.

 

Les évêques suisses subissent aussi ce mouvement féministe catholique qui fait bouger les lignes et semblent en avoir peur d’où le commencement d’un dialogue. Maurice Page dans son article pour cath.ch (https://www.cath.ch/newsf/les-eveques-suisses-sont-prets-au-dialogue-avec-les-feministes-dissidentes/) nous montre le mercredi 28 novembre que les évêques suisses sont prêts au dialogue avec les six féministes qui ont décidé de quitter l’Église catholique, a indiqué à kath.ch, le 27 novembre 2018, leur porte-parole Encarnacion Berger-Lobato.

 

Après l’annonce de leur sortie d’Église, les six féministes alémaniques ont reçu beaucoup de réactions, la plupart positives. “J’ai reçu des courriers de très nombreux collègues me disant qu’il regrettaient ma décision mais qu’ils la comprenaient”, a expliqué à kath.ch la théologienne Doris Strahm. L’ancienne conseillère nationale Ruth-Gaby Vermot a été interpellée dans le tram et à la caisse de la Migros. Les réactions exprimaient le soutien à sa démarche. Des femmes proches de l’Église ont néanmoins manifesté leur tristesse, admet Cécile Bühlmann, ancienne conseillère nationale. Monika Stocker et Anne Marie Holenstein ont reçu quelques rares remarques négatives.

 

Les évêques des deux diocèses de Bâle et de Coire, Mgr Felix Gmür et Mgr Vitus Huonder n’ont pas réagi formellement. Pour la théologienne Regula Strobel, dans toute entreprise où des collaborateurs engagés s’en vont, la direction s’interroge sur ce qui a conduit à ces départs. Mais elle a constaté depuis plusieurs décennies que l’Église catholique ne le fait pas. Le départ de ces femmes préoccupe la Conférence des évêques suisses (CES), rétorque sa porte-parole Encarnacion Berger-Lobato. Le présidium de la CES ne souhaite cependant pas s’exprimer à travers les médias. Il cherchera plutôt le dialogue direct avec elles, et les a invitées à une rencontre. Selon Hansruedi Huber, porte-parole de Mgr Gmür, la Conférence des évêques en parlera lors de son assemblée qui a débuté le 26 novembre. Il est donc trop tôt pour faire un commentaire. Le diocèse de Coire n’a pas répondu à la sollicitation de kath.ch.

 

Et à l’heure de #MeToo, la lecture de la Bible doit abandonner sa vision patriarcale comme le montre l’ouvrage, Une Bible des femmes dans cet article de HuffingtonPost.fr (https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/27/bible-des-femmes_a_23601897/). Une vingtaine de théologiennes catholiques et protestantes lassées de voir la Bible utilisée pour légitimer une "soumission des femmes" publient une version féministe de la Bible pour représenter la diversité des femmes dans le livre sacré. Le projet a été lancé à Genève, en Suisse, par Elisabeth Parmentier et Lauriane Savoy, deux enseignantes de la Faculté de théologie, fondée il y a plus de quatre siècles (1559) par Jean Calvin, le père du protestantisme francophone. "On a constaté autour de nous qu'il y avait énormément de méconnaissance des textes bibliques, beaucoup de gens qui ne les connaissent plus, ou bien qui pensent qu'ils sont complètement périmés et [...] plus du tout en adéquation avec les valeurs actuelles d'égalité, etc.", a expliqué Lauriane Savoy, 33 ans.

 

L'idée a donc été, poursuit-elle, de "montrer que les valeurs féministes et la lecture de la Bible ne sont pas incompatibles". Vite rejointes par la théologienne catholique canadienne Pierrette Daviau, les deux protestantes genevoises ont réuni autour d'elles un panel de consœurs venues de différents horizons à la fois géographiques, religieux et générationnels. "On a voulu travailler de manière œcuménique, on est des catholiques, des protestantes de différentes familles du protestantisme et venant de différents pays francophones, avec vraiment l'idée de représenter la diversité des femmes", a souligné Elisabeth Parmentier, 57 ans.

 

C’est un hommage à un ouvrage au titre similaire : la "Woman's Bible", parue en 1898 sous la direction de la suffragette américaine Elizabeth Cady Stanton qui, déjà, s'indignait des interprétations masculines de la Bible. "Nos chapitres scrutent des errances de la tradition chrétienne, des occultations, des traductions tendancieuses, des interprétations partiales, des relents du patriarcat qui ont pu mener à nombre de restrictions, voire d'interdits pour les femmes", expliquent les auteures en introduction de l'ouvrage. "Dans un passage de l'Évangile selon Saint Luc, qui met en scène Marthe et Marie (deux sœurs qui reçoivent la visite de Jésus), détaille par exemple Elisabeth Parmentier, il est écrit que Marthe assure le service, on a donc dit que Marthe servait le repas alors que le terme grec 'diakonia' peut également avoir d'autres sens, par exemple signifier qu'elle était peut-être diacre".

 

Autre exemple de lecture féministe avec Marie-Madeleine ou Marie de Magdala. "C'est le personnage féminin qui revient le plus dans les Évangiles, rappelle Lauriane Savoy. Elle reste avec Jésus, y compris lorsqu'il va mourir sur la croix alors que tous les disciples hommes ont eu peur, c'est elle qui va au tombeau en premier et découvre la résurrection [...] c'est un personnage fondamental alors qu'on l'a pourtant décrite comme une prostituée qui était aux pieds de Jésus, peut-être même l'amante de Jésus dans des fictions récentes", constate Lauriane Savoy. Les théologiennes prennent également soin de replacer les textes dans leur contexte et leur portée, notamment quand elles relisent certaines lettres envoyées par Saint Paul aux communautés chrétiennes naissantes contenant des passages pouvant facilement être lus comme radicalement antiféministes. "C'est comme si on prenait des lettres que quelqu'un envoie pour donner des conseils en considérant qu'ils sont valables pour l'éternité [...], c'est pour ça qu'on se bat contre une lecture littéraliste qui prend les textes au premier degré", affirme Elisabeth Parmentier.

 

Les théologiennes abordent ainsi la Bible à travers différentes thématiques: le corps, la séduction, la maternité, la subordination... Le livre s'achève en donnant la parole à Marie, la mère de Jésus. Et à l'heure où le mouvement #Metoo a redonné vigueur au combat féministe, "chaque chapitre prend appui sur des questions existentielles des femmes, des questions qui se posent aujourd'hui", souligne encore Elisabeth Parmentier. Le livre se taille "un joli début de succès", se félicite son éditeur, Matthieu Mégevand, directeur de la maison d'édition protestante Labor et Fides. D'un côté, "on est surpris car, quand on met le mot Bible dans un titre, cela peut avoir tendance à rebuter, dit-il à l'AFP. Mais on pensait aussi qu'il pouvait intéresser étant donné les problématiques féministes actuelles." "Par rapport à celles qui disent que l'on doit jeter la Bible si l'on est féministe, nous, notre pari, c'est justement qu'il ne faut pas", insiste Elisabeth Parmentier.

 

L’Église a eu tendance jusqu’à présent à ignorer ou à minorer l’autre partie du Peuple de Dieu, qui est la plus nombreuse : les femmes. Pourtant, elles font tourner l’Église et exercent de plus en plus de responsabilités dans les communautés, mais n’ont le droit à aucun rôle de direction voire de ministère. L’institution disant tenir sa hiérarchie de Jésus trahie allégrement son message en ne donnant pas une position plus grande aux femmes.

 

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Publié le 28 Novembre 2018

Le mouvement des gilets jaunes face à la sourde oreille gouvernementale

Comme le montre francetvinfo.fr (https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/direct-gilets-jaunes-la-ministre-des-outre-mer-annick-girardin-arrive-a-la-reunion_3075501.html), lci.fr (https://www.lci.fr/social/en-direct-gilets-jaunes-pres-de-7000-gilets-jaunes-mobilises-en-debut-d-apres-midi-2103673.html), L’Express.fr (https://www.lexpress.fr/actualite/politique/gilets-jaunes-les-revendications-transmises-au-gouvernement_2050792.html) et L’Obs (https://www.nouvelobs.com/societe/20181128.OBS6199/le-mouvement-des-gilets-jaunes-n-a-jamais-ete-aussi-populaire.html) le discours d'Emmanuel Macron n'a pas convaincu les Gilets jaunes qui appellent à une nouvelle manifestation sur les Champs-Elysées samedi.

 

Des porte-parole des "gilets jaunes", mouvement né de la contestation contre la hausse des taxes sur le diesel, ont été reçus mardi par le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy. Un de ces porte-parole a appelé à l'issue de la rencontre à une nouvelle manifestation samedi 1er décembre à Paris. La représentativité de ces porte-parole fait débat au sein même de ce mouvement hétéroclite, né sur les réseaux sociaux hors de tout cadre politique ou syndical, certains affirmant qu'ils se sont "autoproclamés".

 

Á l'issue de la rencontre, face à la presse, Priscillia Ludosky a indiqué que le mouvement souhaitait "une baisse des taxes en général, et qu'il y avait une volonté de créer une assemblée citoyenne pour que les gens puissent s'exprimer". Elle a ensuite ajouté que, "en ce qui concerne la transition écologique", ils demandaient de "supprimer la taxe carbone et la TICPE, et beaucoup d'autres choses qui touchent au pouvoir d'achat".

 

Dans le document des revendications, consulté par BFMTV, d'autres demandes transparaissent. Ils demandent ainsi "l'annulation du projet de loi sur le biocarburant à l'huile de palme, l'interdiction du glyphosate, et l'abandon du projet de renouvellement du parc automobile français en électrique". De façon générale, les gilets jaunes demandent des consultations plus régulières par référendum, ainsi que la suppression du Sénat, demandée depuis plusieurs années par certains mouvements politiques. 

 

Ils réclament enfin d'autres mesures, comme une réduction des salaires des membres du gouvernement, la promulgation des lois par les citoyens et non plus par le président, la "réduction des privilèges", la diminution de l'assistanat, la baisse des charges patronales, ou l'augmentation des retraites et la réévaluation de l'aide personnalisée au logement (APL).

 

Moins de 7000 personnes étaient mobilisées, mercredi 28 novembre, à 14 heures, contre 12 000 mardi à 17 heures, sur près de 500 points d'action, selon le ministère de l'Intérieur. Mercredi, il y a donc toujours autant de points d'action, mais presque deux fois moins de "gilets jaunes" mobilisés. Ils étaient environ 16 000 sur plus de 800 points d'action, lundi à 17 heures, toujours selon le ministère. Au douzième jour de mobilisation des Gilets jaunes, plusieurs axes routiers restent perturbés. Selon Vinci Autoroutes, qui suit la situation en temps réel, des difficultés perdurent notamment dans le sud du pays, la région lyonnaise, le Grand Est ou en Nouvelle-Aquitaine.

 

Le gouvernement souhaite le pourrissement, mais malheureusement pour lui 84% des Français interrogés dans un sondage Odoxa trouvent le mouvement des "gilets jaunes" justifié.

 

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Publié le 28 Novembre 2018

Cooperativa.cl nous montre dans son article du dimanche 25 novembre  2018 que le Réseau national des laïcs et des laïques du Chili a lancé un appel pour l'année prochaine afin de créer un forum de dialogue sur les questions qui maintiennent l'Église catholique en crise. L'objectif de la journée de réflexion est d'écouter et de discuter des abus sexuels sur mineurs, de l’abus de pouvoir et de la dissimulation des autorités ecclésiastiques et de maintenir plusieurs procédures judiciaires en vigueur.

 

"Le Chili et le monde entier connaissent l'immense crise dans laquelle vit notre Église, précisément ceux qui ont été appelés à prendre soin du peuple de Dieu", a déclaré Mirna Romero, coordinatrice du Réseau national des laïcs. "Nous avons décidé de nous écouter et de dialoguer. Nous le faisons en accueillant l'appel du pape François. Nous sommes tous invités à cette réunion. Si les évêques, les prêtres et les diacres souhaitent y participer, nous leur souhaitons la bienvenue, mais nous espérons qu'ils viendront et écouterons."

 

Les laïcs valorisent les efforts visant à améliorer les relations entre les fidèles et l’Église, mais ils indiquent que cela fait toujours défaut. "La commission qu’a créé la Conférence épiscopale contre les abus, mais tout le monde ne l’a pas approché, c'est pourquoi ils ont également demandé l'aide de la Fondation pour la Confiance, qui les a accueilli favorablement et les soutiennent avec des professionnels et des spécialistes pour les accompagner" a expliqué Mirna Pino, représentante des laïcs de Santiago. La convocation aura lieu au Sanctuaire de San Alberto Hurtado, entre le 4 et le 6 janvier de l'année prochaine.

 

Cruxnow.com nous apprend à travers un article de Claire Gaingrave et Elise Harris ce mercredi 28 novembre (https://cruxnow.com/vatican/2018/11/28/rome-event-challenges-key-indian-prelates-record-on-sex-abuse/) qu’Oswald Gracias l'un des organisateurs désigné par le pape François pour organiser un sommet au Vatican du 21 au 24 février sur les violences sexuelles sur des personnes vulnérables a été accusé d'avoir dissimulé les violences commises dans son propre archidiocèse en Inde par l'une de ses anciennes collaboratrice. Celle qui l’accuse n’est autre que Virginia Saldanha, née en Inde, ancienne directrice de la commission des femmes de la Fédération des conférences épiscopales d'Asie. Elle a été au premier rang des changements rapides qui ont conduit à l'arrestation de Mgr Franco Mulakkal, évêque de Jalandha, pour avoir abusé sexuellement d'une sœur religieuse 13 fois.

 

Elle a également déclaré qu'après son plaidoyer en faveur des victimes d'agressions sexuelles par un prêtre de sa paroisse, elle avait été ostracisée par sa paroisse et ne faisait plus partie des activités de la communauté. Elle demanda une enquête à Gracias qui n’a rien fait contre ce prêtre, et ne réagira que poussé par cette dernière, sans donner de raison pour le départ du prêtre. Elle a aussi dit qu'en 2016, un prêtre accusé d'avoir abusé sexuellement de deux frères orphelins dans l'archidiocèse de Mumbai avait été envoyé «en congé sabbatique» au Canada pendant un an avant d'être autorisé à retourner dans sa paroisse.

 

Saldanha a déclaré qu'elle "n'attend rien" du sommet de février sur les abus sexuels au Vatican. Elle a plutôt appelé à l'inclusion accrue des femmes à l'événement et aux processus de prise de décision. Et on peut la comprendre quand on voit que dans une interview accordée à Crux le 26 octobre lors du sommet des évêques sur les jeunes, Gracias a demandé pourquoi les journalistes «font tant d'histoires à propos des abus sexuels et en font un sujet prioritaire?», une question qui peut sembler hors de propos, car pour beaucoup de ceux qui croient que les scandales sexuels sont la question primordiale pour la crédibilité mondiale de l'Église.

 

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Publié le 27 Novembre 2018

diariodeleon.es ce mardi 27 novembre 2017 nous montre que trente-trois anciens séminaristes d'Astorga et de La Bañeza se concentreront samedi dans la capitale de la Maragatería pour protester contre la pédophilie dans l'Église catholique. L’événement aura lieu à midi, près du grand séminaire d’Astorga, sur la Plaza del Obispo Don Marcelo, à quelques mètres de la maison sacerdotale et de l’évêché. La concentration d'anciens séminaristes coïncide avec la présence à Astorga du nonce pontifical, Renzo Fratini, qui donnera une réunion de prière pour les laïcs, dans le cadre des événements prévus pour l'Année diocésaine de la Sainteté.

 

Un groupe d'étudiants des séminaires d'Astorga et de La Bañeza, ainsi que de l'École diocésaine Jean XXIII de Puebla de Sanabria (Zamora), ont organisé une manifestation en février de cette année, plusieurs mois avant que les cas d'abus sexuel commis par le prêtre José Manuel Ramos Gordón soient rapporté du petit séminaire de San José, à La Bañeza. Les participants ont demandé que soient clarifiés tous les cas qui auraient pu se produire dans les centres éducatifs dépendant du siège social des Asturies.

 

Ce mois de septembre, l’évêque d’Astorga, Juan Antonio Menéndez, a annoncé une nouvelle condamnation canonique pour le prêtre, pour un autre cas d’abus sexuel mettant en vedette Ramos Gordón, qui a cette fois abusé d’un élève de l’école diocésaine, qui avait dénoncé les faits cette année. Le prêtre a fait appel de la sentence ce qui l'oblige à rester dans un monastère pendant dix ans. Actuellement, une plainte contre un autre prêtre du diocèse est en attente de résolution.

 

Pendant ce temps, la pédophilie cléricale continue de montrer ses mauvais effets en France comme le montre francetvinfo.fr (https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/pedophilie-de-l-eglise/nantes-un-pretre-poursuivi-pour-agression-sexuelle-sur-une-adolescente_3074297.html). Un prêtre de la paroisse Sainte-Madeleine sur l'île de Nantes, en Loire-Atlantique, est poursuivi pour agression sexuelle sur une adolescente, annonce l'évêque de Nantes dans un communiqué diffusé ce mardi et que France Bleu Loire Océan a pu consulter. Une cellule d'écoute et d'accueil a été mise en place dans le diocèse.

 

Monseigneur Jean-Paul James, évêque de Nantes, explique que le père Nshibia, âgé de 40 ans, âgé de 40 ans et originaire du Congo, est un prêtre du diocèse de Kinshasa et membre de la communauté de l’Emmanuel, a agressé la jeune fille au domicile de ses parents. "Au cours d'un temps de repos, le prêtre a posé des gestes gravement inappropriés sur une adolescente", écrit-il. L'homme s'est rendu au commissariat samedi 24 novembre et une enquête a été ouverte pour "agression sexuelle sur mineur de quinze ans". "Notre détermination pour lutter contre ce fléau doit nous engager ensemble", continue l'évêque, qui annonce que le prêtre a été suspendu de ses fonctions et qu'il fera l'objet de mesures d'accompagnement psychologique.

 

"Ma première pensée se porte vers la jeune victime, sa famille et ses proches. Je les ai rencontrés pour les écouter, leur exprimer ma douleur et ma tristesse. Ils se sont sentis blessés et trompés", admet l'évêque de Nantes, ajoutant vouloir "exprimer aussi ma douleur envers les membres de la communauté paroissiale et toutes les personnes qui ont bénéficié de l’apostolat de ce prêtre."

 

Il est grand temps qu’une réponse globale voit le jour contre la pédophilie cléricale afin d’éviter de nouvelles victimes. Espérons qu’en février le pape puisse enfin mettre en avant la ‘tolérance zéro’ en cette matière.

 

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Publié le 27 Novembre 2018

Vatican Insider nous montre dans son article du lundi 26 novembre 2018 montre qu’une femme qui, à Salerno au printemps dernier, a été défigurée par son mari avec de l'acide, a annoncé aujourd'hui une lettre que le pape François lui avait adressée le 11 juin. Son nom, Filomena Lamberti, l’a lue lors de la diffusion de l’émission réalisée par la Rai Uno "A Sua Immagine", consacrée  à la "Journée mondiale contre la violence à l’égard des femmes" avec la participation de la CEI (la Conférence épiscopale italienne). «Je vous présente mes excuses et vous demande pardon, en prenant sur moi le poids d’une humanité qui ne sait pas demander pardon à qui est, dans l’indifférence générale, offensé, piétiné et marginalisé au quotidien.», a écrit le pape dans sa lettre.

 

 «Ce ne sont pas des mots écrits au hasard, mais à la première personne par le pape François. C’est une lettre que je garde jalousement et qui me donne la force de continuer», a expliqué Filomena Lamberti, estimant toutefois qu’une seule journée contre les violences faites aux femmes «ne suffit pas» comme le montre Nicolas Senèze pour la-Croix.com (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Le-pape-demande-pardon-femme-victime-violence-conjugale-2018-11-26-1200985610?from_univers=lacroix). «La femme doit être défendue, protégée et toujours encouragée pour pouvoir réagir et ne pas souffrir», explique celle dont le mari n’a été condamné qu’à 18 mois de prison pour «maltraitance familiale», ne restant que 15 mois en prison, sans se repentir, et affirmant même être prêt à recommencer.

 

Malgré ce beau discours l’Église n’a pas évolué dans ses positions au niveau des femmes, puisque l’article de Georges Scherrer pour kath.ch, traduit par Raphaël Zbinden dans cath.ch (https://www.cath.ch/newsf/femmes-catholiques-en-revolte-leglise-ne-doit-pas-les-laisser-tomber/), nous montre que le 19 novembre 2018, six féministes catholiques suisses alémaniques (Cécile Bühlmann, ancienne conseillère nationale des Verts (LU), Anne-Marie Holenstein, ancienne directrice de l’Action de Carême, Monika Stocker, ancienne conseillère nationale et conseillère municipale de Zurich, Doris Strahm, et Regula Strobel, théologiennes féministes, ainsi que Ruth-Gaby Vermont ancienne conseillère nationale et membre du Conseil de l’Europe) bien connues ont annoncé leur départ de l’Église, en raison du comportement prétendument anti-féministe du clergé. La théologienne argovienne Jacqueline Straub, récemment classée par la BBC parmi les femmes les plus influentes du monde, qui a depuis longtemps publiquement déclaré son intention de devenir un jour prêtre, demande que l’Église en Suisse ne tombe pas entre les mains de l’aile conservatrice, les écoute et ne les laisse pas tomber.

 

Elle a le sentiment que le synode n’a pas accordé une attention suffisante aux préoccupations des femmes. Le groupe de travail germanophone du synode a certes plaidé en faveur de l’abolition du célibat obligatoire et de l’amélioration de la situation des femmes, non seulement en ce qui concerne les possibilités de carrière dans l’Église, mais aussi dans les ministères spirituels. Mais, concernant ce domaine, Jacqueline Straub considère qu’il n’y a “tout simplement pas assez, voire rien de concret dans le document final”.

 

“Je sais que mes efforts ne sont pas vains. Je ne fais pas ça uniquement pour moi, mais pour toutes ces femmes qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas faire entendre leur voix. Souvent, ce sont des femmes qui sont employées dans l’église et craignent d’être licenciées si elles s’expriment publiquement sur certains sujets. En Suisse, le risque est moins présent. Mais en Allemagne, je connais des femmes qui ont été mises devant ce choix : “Soit vous la fermez, soit vous perdez votre emploi”.

 

Maurice Page dans son article sur cath.ch du lundi 19 novembre (https://www.cath.ch/newsf/six-feministes-suisses-alemaniques-quittent-leglise-catholique/) nous montre quelles sont les raisons qui ont poussé ces six féministes catholiques suisses alémaniques à quitter l’Eglise en raison du comportement anti-féministe persistant des clercs et de l’enseignement ecclésial. La goutte qui a fait déborder le vase a été la comparaison de l’avortement avec le recours à des tueurs à gages faite par le pape François le 10 octobre. Pour les signataires, cette déclaration choquante n’est pas seulement un lapsus verbal, mais montre une attitude fondamentale de l’Église : les femmes sont criminalisées, tandis que les hommes impliqués dans la grossesse ne sont pas rendus responsables. Cette déclaration du pape a provoqué une indignation internationale bien au-delà des cercles féministes. Une pétition en ce sens a également été soutenue, par exemple, par la Ligue suisse de femmes catholiques.

 

Dans les communautés locales, les femmes vivent certainement une “Église différente”. Une Église dans laquelle les valeurs de la justice entre les sexes sont présentes. Mais “en tant que membres de l’Eglise catholique-romaine, nous ne pouvons plus nous tromper en prétendant que nous n’avons rien à voir avec le magistère romain et avec l’Église cléricale” note le communiqué. Les femmes affirment qu’en tant que féministes, elles ne veulent plus appartenir à un tel système qui met leur crédibilité en jeu. Les impôts ecclésiastiques qu’elles payent à ce jour seront versés directement à des projets sociaux à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Église. Elles expliquent ne plus vouloir soutenir ainsi “l’appareil du pouvoir catholique-romain avec sa théologie patriarcale”.

 

Comme le montre le site Le déni, Enquête sur l'Église et l'égalité des sexes (http://ledeni.net/de-quoi-parle-le-livre/) on peut difficilement s’attendre à mieux dans une institution où la vision est celle que les femmes secondent toujours les hommes dans la société comme dans l’Église. Il y a bien un sexe du service. Cette idée est profondément intériorisée par les hommes comme par les femmes; ce qui permet le maintien de la domination masculine. Cette infériorisation des femmes trouve sa source dans le modèle marial. Il est attendu d’une femme qu’elle soit humble et soumise, discrète et modeste. Au modèle de Marie servante, s’ajoute celui de la Vierge Mère.

 

L’assignation aux rôles du service et de la maternité empêche les femmes de pouvoir déployer leurs autres capacités. L’attention se focalise sur leur corps qui séduit et porte les enfants. De ce fait, elles ne sont pas considérées comme des sujet de raison à part égale avec les hommes. Le déni de l’intelligence des femmes se traduit concrètement par des inégalités persistantes : éducation, choix d’études et de métiers, prise en charge du travail parental et domestique, évolution de carrière, écart de rénumérations. L’insistance sur la différence sexuée des femmes est une clé de compréhension de l’inégalité entre les sexes. Le discours de Jean-Paul II aux membres de la Délégation du Saint-Siège lors de la IVème Conférence Mondiale sur la Femme 29 août 1995 va dans ce sens.

 

Il est grand temps de dégager l’Église de cette vision limitée. Jésus n’a pas appelé que des hommes à le suivre, mais également des femmes et ces dernières ont eu des rôles importants dans les premières communautés chrétiennes où elles avaient des ministères important (diaconesses, lectrices, anciennes, veuves et vierges). Comme le montre Élisabeth Dufourcq dans son article Une nouvelle relation instaurée par Jésus dans Jésus, une encyclopédie contemporaine aux éditions Bayard en 2017 les femmes ont mieux compris le message de Jésus, car Jésus met en avant que leur service devrait être imité par les hommes, car le Royaume des cieux sera à l’image de leur travail. Philippe Lefebvre dans l’article Jésus et les femmes pour Jésus, l’encyclopédie aux éditions Albin Michel en 2017 pousse plus loin en montrant que les disciples masculin du Christ ne méritent le qualificatif de disciples que grâce aux femmes qui les accompagnent et les aident.

 

Les femmes ont donc une part importante dans le travail du Royaume de Dieu et les hommes ont besoin d’elles pour l’établir. Pourquoi l'Eglise s’oppose-t-elle à ses droits les plus élémentaires, celui de disposer librement de son corps, de penser librement et de défendre ses droits ? L’Église oublie-t-elle que selon son propos hommes et femmes ont été créés à l’image de Dieu et devraient donc avoir une part égale dans le Royaume de Dieu mais aussi dans la société actuelle. Les violences tant verbales que physiques contre les femmes sont une offense faite à Dieu qui est aussi une mère, et on ne les réglera que si toutes les institutions effacent les inégalités entre hommes et femmes profondément ancrée dans les esprits et aussi dans les actes.

 

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Publié le 26 Novembre 2018

Manuella Affejee (avec Crux et America Magazine), à la Cité du Vatican, nous montre sur vaticannews.va ce mardi 26 novembre 2018 qu’ils ont été chargés par le pape d’organiser la rencontre sur les abus qui aura lieu au Vatican en février: interrogés par deux médias, le cardinal américain Blase Cupich et Mgr Charles Scicluna reviennent sur les objectifs de cet important rendez-vous.

 

La rencontre sur «la protection des mineurs» se précise; du 21 au 24 février prochains, elle réunira autour du pape François les présidents des conférences épiscopales du monde entier, les chefs des Églises catholiques orientales, les principaux responsables de la Secrétairerie d’État du Saint-Siège et de la Curie romaine, les représentants des supérieurs et supérieures généraux des congrégations religieuses, des experts, et bien sûr, plusieurs victimes d’abus.

 

Pour organiser cette réunion inédite, le pape a institué un comité spécial composé de deux cardinaux, Blase Cupich (archevêque de Chicago) et Oswald Gracias (archevêque de Bombay), ainsi que de deux experts reconnus de la question, Mgr Charles Scicluna (archevêque de Malte) et le père Hans Zollner, sj, président du centre de protection des mineurs de l’Université pontificale grégorienne, nommé référent de ce comité.

 

Au cours d’un long entretien accordé à la revue jésuite America Magazine, Mgr Scicluna, - récemment nommé secrétaire-adjoint de la Congrégation pour la Doctrine de la foi -, affirme que la convocation de cette rencontre procède d’une prise de conscience du pape : «la protection des mineurs, la prévention des abus commis par des membres du clergé doivent figurer en tête de l’agenda de l’Église», assure-t-il.

 

Interrogé par le site d’informations Crux, le cardinal Cupich abonde en ce sens, tout en précisant «qu’une seule rencontre ne résoudra pas tous les problèmes». Mais, comme Mgr Scicluna, il est persuadé qu’elle marquera le «début d’un processus global, d’une réforme mondiale». Et pour cause : «ce problème concerne toute l’Église», dans la pluralité des cultures qu’elle regroupe, et il doit être traité à tous les niveaux. «La protection ne peut pas être quelque chose d’abstrait, insiste Mgr Scicluna, elle doit être vécue dans chaque paroisse, chaque école, chaque diocèse». Si elle n’est pas vécue d’abord à l’échelle locale, elle ne sera pas du tout effective, observe encore l’archevêque maltais.

 

Le cardinal Cupich se dit, quant à lui, conscient des attentes qui pèsent sur ce sommet. Après les demandes de pardon et les déclarations, les catholiques réclament désormais des décisions concrètes. Mais pour l’archevêque de Chicago, la lutte contre cette plaie qui défigure le visage de l’Église passe d’abord par une transformation des mentalités, un changement de culture. C’est ainsi une réflexion de fond qu’il faut mener sur le sens du ministère, préconise-t-il, rejoint en cela par Mgr Scicluna : «ce phénomène, en plus de constituer un crime est symptomatique de quelque chose de plus profond», à savoir une crise touchant à l’approche même du ministère. «Certains le nomment cléricalisme, d’autres l’appellent perversion du ministère», analyse-t-il.

 

Et l’archevêque de Malte poursuit : ce qui est aussi en jeu ici, - outre l’impact dévastateur des abus sur les enfants et les plus vulnérables -,  c’est la gestion de ces problèmes, «la manière dont nous traitons les auteurs, la manière dont nous traitons les victimes, la manière dont nous traitons la communauté». Cette gestion implique nécessairement une totale transparence, car en dissimulant le problème, «vous ne le résolvez pas, assène Mgr Scicluna, vous décidez de ne pas le traiter, d’en cacher les importantes conséquences, et d’éviter les demandes de justice». Il est fondamental de sortir des logiques d’autoprotection, lesquelles placent la bonne réputation de l’institution au-dessus de toute autre considération. «Seule la vérité nous rendra libre», rappelle avec force Mgr Scicluna.

 

Le problème des abus étant global, universel, il requiert une approche synodale, collégiale, et la réunion de février en sera l’expression. Le pape y tient tout particulièrement, fait encore remarquer Mgr Scicluna. Les évêques écouteront les victimes, parleront avec des experts, s’entretiendront les uns avec les autres sur les sujets qui leur seront présentés. Le procédé et les modalités de la rencontre s’apparenteront à ceux d’un synode : «il y aura des sessions plénières, des groupes de travail linguistiques et des rapports ; il y aura des prières en groupes, des intervenants. Ce sera un mélange d’information, de formation, de discussion», résume l’archevêque. Une liturgie pénitentielle est également prévue, sur volonté du pape, et les victimes en seront partie prenante.

 

La réunion de février abordera-t-elle la question des éventuelles modifications à apporter au Droit canon en matière d’abus ? Mgr Scicluna doute que les discussions entrent dans le vif du sujet, même s’il a son avis  sur la question : «le Droit canon suit toujours la réalité (…) et il devra changer en réponse aux nouveaux problèmes et aux nouvelles priorités de l’Église», affirme-t-il avant d’envisager «un rôle plus fort confié aux évêques métropolitains» mais aussi «un rôle plus grand pour les victimes dans les procès canoniques».

 

Mgr Scicluna espère surtout que cette rencontre inédite, qui inclura de nombreux participants, se déroule dans une atmosphère positive, et soit portée par un esprit d’action. Il est fondamental que les évêques, les responsables de la Curie, les supérieurs d’ordres religieux prennent la mesure de la «gravité de la situation», et réfléchissent ensemble à des solutions, même si, tient-il à rappeler, ce sommet n’est «que le début d’un processus».

 

L’Église veut donner une réponse globale et amener des décisions concrètes, espérons qu’en Asie et en Afrique les évêques vont prendre au sérieux la pédophilie cléricale au lieu de rester dans le déni comme lors du synode des jeunes, car il est grand temps de répondre aux demandes des victimes.

 

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Publié le 25 Novembre 2018

Nous allons voir aujourd’hui dans un article de ladepeche.fr du dimanche 25 novembre 2018 qu’un prêtre phare du Renouveau charismatique, James Manjackal mène jusqu'à ce soir sa 3e session d'évangélisation, en quelques années, à Carmaux. Ses fidèles et Infos sectes ont deux lectures radicalement différentes de son discours.

 

Le père James Manjackal devrait être remboursé par la sécurité sociale. Enfin, si l'on en croit ses adeptes venus de toute la France pour suivre son «enseignement» pendant trois jours à Carmaux. Perspective de guérison physique et/ou spirituelle, voilà les deux «promesses» qui draineraient de plus en plus de monde vers le mouvement charismatique dont le père Manjackal est l'une des incarnations dans le monde entier depuis plus de quarante ans.

 

«Il m'est arrivé un événement grave à 36-37 ans», commence Patricia, venue de Dordogne. «Moi, j'étais atteinte depuis 7 ans d'une fibromyalgie sévère avec une arthropathie œdémateuse», poursuit Mariane, dont le sourire lumineux ne laisse deviner aucune souffrance. Et pour cause. «Une amie qui suit le père Manjackal depuis 2002 m'a dit en 2016, tu devrais venir à sa retraite spirituelle à Carmaux. Tu seras guérie. Je me suis inscrite en pensant rester qu'un jour sur les trois. Et j'ai été guérie dès le premier jour, pendant la messe, à l'exposition du Saint Sacrement. Le père Manjackal nous a dit de fermer les yeux, de prier, et de poser les mains sur l'endroit où on avait mal. J'ai mis ma main sur ma cuisse droite qui m'empêchait de marcher. Et puis le père a dit, Sylvie, tu es guérie. Marguerite, tu es guérie… J'ai commencé à pleurer. On m'a dit plus tard que c'était des larmes de délivrance. Et juste après, il a dit Mariane, tu es guérie. D'un seul coup, j'ai senti quelque chose dans ma cuisse. Ma main était brûlante. Je me suis mise à genoux et j'ai dit : Allélouia, je suis guérie ! J'étais venue avec une canne et je suis repartie sans. Amen ! (…). C'est un miracle. Dimanche soir, il y aura d'autres témoignages comme le mien.» François, qui dit avoir été «guéri plusieurs fois», s'approche pour modérer l'enthousiasme de sa coreligionnaire. «Ce ne sont pas des miracles (1), mais des grâces du ciel !»

 

«Pour moi, c'est un miracle», rétorque aussitôt Mariane. En confiance, d'autres adeptes évoquent d'autres guérisons attribuées au père Manjackal : de scléroses en plaques, de Parkinson, de cancers, de maladies orphelines… De quoi étonner les plus cartésiens. Mariane tempère : «Mais le père nous dit de ne pas arrêter notre traitement, même si on est guéri. Il n'y a que le médecin qui peut nous dire d'arrêter. Moi, je prenais 22 cachets par jour, plus de la morphine. J'ai mis 2 ans à me sevrer.»

 

14 heures, vendredi ! La pause repas est terminée. Le père Manjackal revient dans la salle François-Mitterrand. Poussé sur son fauteuil roulant, il s'arrête devant des malades au premier rang. D'autres s'approchent et se mettent à genoux avec piété, attendant que le prêtre les bénisse. Puis, il se lève et monte les marches jusqu'à la scène d'où il va diriger les «chants de louanges». «Ils ouvrent le cœur pour écouter la parole de Dieu par la voix du père Manjackal», traduit une fidèle.

 

Maryvonne, qui s'est mise subitement à parler anglais couramment après avoir prié (et s'occupe accessoirement de collecter les frais d'inscription pour le compte de l'association qui organise l'événement), prend soin de préciser : «Son enseignement colle à ce que dit la Bible et au catéchisme de l'Église catholique.» C'est sans doute pour cela que Mgr Legrez (2) a accepté de célébrer la messe en lien avec le prêtre indien, hier matin à Carmaux.

 

Son prédécesseur l'aurait-il fait ? Pas certain. En 2007, Mgr Carré avait signé une note doctrinale considérant que la guérison des racines familiales par l'eucharistie était, «du point de vue scientifique de la psychologie, à très haut risque». Or, cette guérison de l'arbre généalogique est largement prônée par James Manjackal, par exemple pour guérir l'homosexualité. «Dans l'Évangile, l'homosexualité, c'est un pêché», assure d'ailleurs une fidèle. Dans quel évangile c'est écrit en revanche, elle n'en sait rien. Pour elle, l'essentiel, c'est d'amener de nouveaux fidèles à l'Église.

 

«Beaucoup arrivent chez nous par curiosité, parce qu'ils ont des problèmes, mais avec une toute petite foi. Et ils repartent transformés. C'est là qu'on parle de conversion», explique Jocelyne. «C'est ce qu'on appelle les guérisons spirituelles», poursuit Mariane. D'une certaine manière, c'est ce qu'a connu Patricia qui a commencé à prier quand son mari a eu un cancer. «Mais à l'église, on ne parle pas tellement de l'esprit saint. Ce n‘est qu'avec le père Manjackal que j'ai commencé à ressentir la force de l'esprit saint.»

 

Pour autant, Patricia est lucide. «Chez nous en Dordogne, le mouvement charismatique ne prend pas tellement. Chanter, prier, tomber à l'imposition des mains (3), ça ne plaît pas à tout le monde. Il y en a qui n'aiment pas du tout, même dans le catholicisme.» Alors vous imaginez chez les athées, ou tout simplement les laïcs qui s'inquiètent des dérives sectaires.

 

Simone, porte-parole d'Infos sectes Midi-Pyrénées, s'interroge surtout sur la «caution morale apportée par l'église au sens large à ces pratiques de pseudo-guérison». Et de conclure : «Le père Manjackal est-il médecin ? À ma connaissance, non !»

 

(1) En février 2018, l’Église catholique n'avait reconnu que 70 miracles dans le monde, exclusivement pour des guérisons inexpliquées de maladies incurables.

(2) Sollicité par le biais du service de communication du diocèse d'Albi pour expliquer les raisons de sa présence à Carmaux, Mgr Legrez ne nous a pas rappelé.

(3) Les adeptes appellent cet état de transe dans lequel ils disent avoir un sentiment de paix, «le repos de l'esprit».

 

3 questions à Patrick Morin, Collectif CCMM des victimes et familles de victimes de l'emprise psycho spirituelle :

 

Pourquoi dénoncez-vous les agissements du père Manjackal ?

 

Je suis sensibilisé à cela parce que j'ai des personnes dans mon entourage qui sont concernées. Personnellement, j'ai été élevé dans le catholicisme. Des personnes de mon entourage se sont rapprochées du mouvement des Béatitudes. Elles faisaient des retraites spirituelles et revenaient avec des idées bizarres. Dans ces retraites, il y est prôné des méthodes de guérisons intérieures.

 

Quels problèmes soulèvent les méthodes de ce prêtre ?

 

Il a notamment une lecture radicale des textes sacrés. Il évoque aussi la guérison des arbres généalogiques comme quoi aujourd'hui nous serions comptables des erreurs de nos ancêtres. Il a également des propos problématiques sur la question de l'homéopathie, du yoga et de l'homosexualité.

 

Quels sont ces propos ?

 

Il défend l'idée, dans des discours en libre lecture sur son site, que l'homéopathie ne sert à rien, qu'il faut même cesser ses traitements, que cela empêche une bonne pratique religieuse. Même chose pour le yoga. Concernant l'homosexualité, il parle de thérapies de conversion.

 

Le chiffre : 27 euros

 

Frais d'inscription à la retraite de 3 jours. Avec 1000 personnes, cela donne un chiffre d'affaires de 27 000 euros (sachant que l'entrée est gratuite pour les prêtres, diacres, religieux et religieuses), plus les bénéfices du merchandising (vente de livres, chapelets, café…). La location de la salle a coûté quant à elle 3300 € à «Fontaine d'eau vive», l'association catholique organisatrice de la retraite, soit 3 000 € plus 300 € de charges (eau, électricité). Bénéfice minimal de la retraite donc, 24 000 €.

 

Peut-on s’étonner de l’invitation du père James Manjackal par Mgr Legrez ? Non, puisque cet évêque était un fervent opposant au mariage pour tous, et le père Manjackal est parfaitement dans sa ligne, et ses cessions d’évangélisation sont de véritable poules aux œufs d’or pour ce dernier qui profite allégrement de la naïveté de ceux qui le suivent alors que cet homme est homophobe, antiféministe et pratique les techniques psycho-spirituelles de guérison intérieure qui ont généré et génèrent encore beaucoup de drames et de plaintes en France, comme ailleurs dans le monde catholique ou protestant. L’Église n’a pas besoin de cela.

 

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Publié le 25 Novembre 2018

Un royaume qui n'est pas de ce monde ?

Comme le montre Jesús Bastante sur periodistadigital.com (https://www.periodistadigital.com/religion/vaticano/2018/11/25/francisco-los-reinos-basados-en-el-poder-de-las-armas-y-la-prevaricacion-son-fragiles-y-que-tarde-o-tempano-de-derrumban-religion-iglesia-vaticano-angelus.shtml) durant un matin pluvieux sur la Place Saint-Pierre, le pape François a célébré la solennité du Christ Roi ce dimanche 25 novembre 2018 avec un appel à partir de Jean 18, 33-37 à différencier les royaumes de l’histoire de ceux marqués par Jésus. "Jésus n'a pas d'ambition politique", a déclaré Bergoglio, ajoutant que "l'histoire nous enseigne que les royaumes, fondés sur le pouvoir des armes et la prévarication, sont fragiles et s'effondrent tôt ou tard". Pour le pape "au- delà du pouvoir politique, il existe un pouvoir beaucoup plus grand, qui ne peut être atteint par des moyens humains." Il est venu sur terre pour exercer ce pouvoir, qui est l’amour, témoin de la vérité. Donc, "la vérité divine, qui est le message essentiel de l'Évangile, c’est Dieu est amour et il veut établir dans le monde son règne d'amour, de justice et de paix". Ainsi, "nous ne suivons pas la logique du monde et de ses rois", a-t-il déclaré.

 

"C’est le royaume dont Jésus est le roi, celui qui s’étend jusqu’à la fin des temps", a souligné Bergoglio, qui a insisté sur le fait que, face à la logique des gouvernements des hommes, "le royaume de Dieu est fondé sur son amour, et enraciné dans les cœurs, conférant à ceux qui reçoivent la paix, la liberté et la plénitude de la vie." "Et nous voulons tous paix, liberté et accomplissement, comment cela se passe-t-il ? Laissez l'amour de Dieu, l'amour de Jésus, s'enraciner dans votre cœur, et vous aurez la paix, la liberté et l'accomplissement", a conclu le pape en se rappelant que "Jésus nous a demandé de lui permettre de devenir notre roi qui, avec sa parole et sa vie incarnée dans la croix, nous a sauvés", car "il donne une nouvelle lumière à notre existence, marquée par le doute, peur et épreuves quotidiennes, mais il ne faut pas oublier que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde."

 

Poussons plus loin cette réflexion. Jésus aurait dit à Pilate : «Mon royaume n'est pas de ce monde» (Jean 18, 36). Reza Aslan dans son livre Le Zélote aux éditions Les Arènes en 2013 montre que cette traduction est ambiguë par rapport au grec original, et la phrase ouk estin ek tou kosmou serait plutôt «ne fait pas partie de cet ordre / système [de gouvernement]». Donc, Jésus n’affirme pas que son royaume situe ailleurs, mais qu’il ne fait partie d’aucun type de gouvernement sur terre. Donald Senior de la Catholic Theological Union, à Chicago (États-Unis), dans l’article Qui est responsable de la mort de Jésus dans Jésus, L’encyclopédie sous la direction de Joseph Doré aux éditions Albin Michel en 2017, nous livre une autre interprétation et montre que si Jésus interrogé par Pilate lui dit que son royaume n’est «pas de ce monde», c’est qu’il n’est pas un royaume terrestre comme le voit le préfet de Judée, ce n’est pas une opposition entre «ciel» et «terre», mais entre le royaume que propose Jésus et celui des gouvernements séculiers.

 

Alors quel est ce royaume si différent des autres ? Adriana Desto et Mauro Pesce, de l’université de Bologne (Italie), dans leur article Jésus était-il un révolutionnaire politique ?, provenant de leur participation à l’ouvrage Jésus de Nazareth : Études contemporaines de Labor et Fides en 2017, nous montrent que ce royaume qu’annonçait Jésus ne pouvait venir que sur le renversement de l’injustice et le châtiment de la classe dirigeante (ce qu’annoncent les Béatitudes). De plus, ce Christ roi se rangeait du côté du pauvre, dénonçait la richesse comme ennemie de Dieu, prévoyait la remise des dettes, dénonçait la conduite envers les femmes (le refus de la répudiation), et accordait peu d’importances aux normes rituelles poussives des prêtres de Jérusalem. Cela laissait imaginer un renversement de l’ordre social et suscitait l’hostilité des élites.

 

Jésus poursuit : «Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici» (Jean 18,36). Adriana Desto et Mauro Pesce confirment que le but de Jésus est d’attendre que Dieu instaure son royaume et fasse commencer la justice, et il espére son avènement immédiat. Il n’envisage l’instauration du royaume que par l’intervention de Dieu. Comme le signale Robert J. Hutchinson dans son livre Jésus, Enquête historique aux éditions Salvator en 2017, son royaume n’allait pas s’imposer par les armes contre les Romains mais grâce à d’innombrables actes de miséricorde, d’aide et de réconfort, que Jésus invitait ses disciples à mettre en pratique. Ses actes montraient comment allait être le royaume : s’entretenir avec les Samaritains et les Romains haïs de tous, organiser des banquets publics dont les hôtes d’honneurs sont les sans-abris et les démunis, manger avec les collecteurs d’impôts et les pêcheurs. Tous sont bienvenus dans le Royaume.

 

Puis dans Jean 18, 37, Pilate lui dit : "Donc tu es roi ?" Jésus répondit : "Tu le dis : je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix." Donald Senior montre que cette réponse de Jésus à Pilate délivre un message bien plus simple qu’on pourrait le croire, puisque la mission de Jésus est d’annoncer l’amour rédempteur de Dieu pour le monde, d’où l’incompréhension de Pilate. Comme le disent Jon Sobrino, Gustavo Gutiérrez, et Thérèse Benito dans Jésus Christ libérateur : Lecture historio-théologique de Jésus de Nazareth aux éditions du Cerf en 2014 la venue de Jésus oblige à prendre position face à la vérité, qu’il existe un royaume le sien et un anti-royaume, celui de l’empire, ce sont deux mondes qui s’opposent, celui de la vérité qui éclaire et juge, face à celui du mensonge, et à partir de cette vérité il faut configurer et dominer le mal.

 

Enfin, ce texte peut aussi montrer ce que vivait la communauté de l’écrivain ou des écrivains de l’Évangile en 90 comme le montre Jean 16, 2-3 : «On vous exclura des synagogues. Bien plus, l'heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. Et cela, ils le feront pour n'avoir reconnu ni le Père ni moi.» Cela vient d’un traumatisme qu’à vécu la communauté johannique, ses membres juifs ont commencé à être exclus des synagogues à partir de 90, mais ce mouvement n’est pas général, mais semble signaler que les chrétiens ont des problèmes avec les rabbins de l'école de Yabné, qui collaborent des Romains, et pour éviter aux membres de la communauté johannique de se faire condamner par les autorités juives et romaines comme des rebelles religieux et politiques à cause de leur annonce d'un roi crucifié par Rome, le ou les auteurs de l’Évangile de Jean auraient transformé cet interrogatoire devant Pilate en des réponses à donner aux accusations à leur encontre devant les tribunaux juifs et romains, comme le montre mon frère dans un ancien article (http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/article-lecture-commentee-du-dimanche-25-novembre-2012-112888033.html) où le royaume qui n'est pas de ce monde serait un bel alibi pour ne pas mourir.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

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