Publié le 28 Février 2019

Raphaël Zbinden dans cath.ch nous montre que la lutte contre les abus sexuels dans l’Église en Suisse se dote de nouvelles armes, avec notamment un renforcement de l’obligation de dénoncer. Des avancées contenues dans la nouvelle édition des “Directives de la Conférence des évêques suisses (CES) et de l’Union des supérieurs majeurs religieux de Suisse (VOS’USM) en matière d’abus sexuels dans le contexte ecclésial”, qui entrent en vigueur le 1er mars 2019 rapporte la CES le 28 février 2019.

 

Les anciennes directives prévoyaient qu’une victime adulte devait être avertie, dans tous les cas, de la possibilité de déposer une plainte relevant du droit civil mais qu’elle pouvait s’opposer à ce que les responsables ecclésiaux déposent plainte. Dorénavant, la victime adulte ne disposera plus de ce “droit de veto”, note la CES, suite à sa 323e assemblée ordinaire, du 25 au 27 février 2019 au monastère de Mariastein (SO). Les Ordinaires (à savoir les évêques diocésains, les vicaires généraux ou épiscopaux ainsi que les supérieurs majeurs des ordres religieux) devront annoncer aux organes publics compétents en matière de poursuite tous les délits poursuivis d’office dont ils ont connaissance. La règle adoptée jusqu’ici l’a été sur recommandation de thérapeutes qui avaient exigé un “droit de veto” pour les victimes. La pratique a cependant montré que, sans obligation d’annonce, le risque d’étouffer une affaire subsiste ainsi que la mise en danger de futures victimes potentielles, soulignent les évêques.

 

La CES annonce également des avancées dans le domaine de la prévention. La nouvelle directive rend obligatoire pour toute l’Église en Suisse une série de mesures concrètes en la matière, dont certaines sont déjà appliquées dans des diocèses et ordres religieux du pays. Chaque diocèse, communauté monastique et tout autre communauté ecclésiale doit notamment désigner en son sein une personne chargée de la prévention. Elle doit de plus avoir son propre concept de prévention qui fixe les critères de base pour une perception adéquate et professionnelle de la distance et de la proximité ainsi que pour des rapports réciproques empreints de respect. Ce concept de prévention doit par la suite déboucher sur l’élaboration de codes et de standards de conduite.

 

La nouvelle mouture des directives prévoit également des mesures dans le domaine de la formation ou pour la pastorale multiculturelle. Elle souhaite aussi arriver à l’exigence de la présentation d’un extrait et d’un extrait spécial du casier judiciaire pour tout engagement dans le contexte ecclésial et que la personne engagée se déclare prête à respecter les directives. Toute personne déjà engagée avec une mission canonique devra en outre remettre ces extraits du casier judiciaire si elle ne l’a pas encore fait. De plus, chaque fois qu’une personne travaillant en Église rejoindra une équipe, chaque membre de cette équipe sera prié de signer une convention l’engageant au respect de la distance et de la proximité.

 

Ce nouveau dispositif s’élabore dans le contexte de la rencontre consacrée à la protection des mineurs, qui s’est déroulée au Vatican du 21 au 24 février 2019, pour laquelle des représentants de toutes les conférences épiscopales du monde ont été convoqués. “Les membres de la CES ont entendu avec grand intérêt le rapport de Mgr Felix Gmür”, président de la CES, qui représentait la Suisse au sommet. Les prélats suisses assurent “comprendre la déception des organisations de victimes qui avaient espéré des mesures claires dès l’issue de la rencontre”. D’après Mgr Gmür, de nombreux thèmes importants ont été abordés ouvertement à Rome (comme les structures de pouvoir, la participation des laïcs, le célibat). Les participants ont essayé de comprendre le sujet dans toutes ses dimensions. Le pape ne voulait cependant pas anticiper les résultats du processus avec des solutions toutes prêtes mais tenait tout d’abord à écouter précisément, notamment à cause des différences de législations dans le monde, a souligné Mgr Gmür.

 

Finalement, les évêques suisses assurent qu’ils poursuivront le travail entrepris dans le domaine des abus sexuels en contexte ecclésial. Ils voient d’autres champs d’action, par exemple, dans l’accélération des procédures canoniques, dans l’information des victimes ou dans la standardisation de la prévention.

 

Malheureusement l’exemple suisse n’est pas suivi partout comme le montre l’exemple espagnol dans l’article de Carlos Novo pour lavanguardia.com (https://www.lavanguardia.com/vida/20190227/46738781436/blazquez-iglesia-abusos-sexuales-espana.html). La première apparition publique du cardinal Ricardo Blázquez, président de la Conférence épiscopale espagnole, après avoir assisté au sommet contre la pédophilie dans l'Église convoquée par le pape François la semaine dernière à Rome, a été très limitée. Le cardinal Blázquez a assuré que l'Église espagnole se conformerait aux règles imposées par Rome, mais "la Conférence épiscopale en tant que telle n'a pas le pouvoir d'obliger les diocèses à enquêter sur des cas de pédophilie. Chaque diocèse fera ce qu'il voudra", a-t-il déclaré. L'archevêque de Valladolid a également déclaré que la collaboration de l'Église dans ces affaires se ferait avec les tribunaux et non avec le ministère de la Justice, qui traite certaines données que l'Église considère comme exagérées.

 

Selon certaines estimations, il y a eu environ 50 000 cas de pédophilie au sein de l'Église espagnole au cours de l'histoire, avec quelque 38 cas de prêtres traités. Dans cette section, Blázquez a souligné qu'"il n'est pas bon que, lorsqu'il y a une plainte, on parle déjà de condamnation". Quand on lui a demandé quand des règles concrètes viendraient du Vatican, Blázquez n'a pas pu préciser une date précise.

 

Le cléricalisme a encore de beau jour devant lui, surtout en Espagne.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église, #Actualités

Repost0

Publié le 28 Février 2019

John L. Allen Jr., au Vatican, nous montre dans son article pour cruxnow.com que répondant aux récentes révélations sur les politiques internes concernant les prêtres ayant des enfants, le haut responsable du clergé du Vatican a déclaré mercredi 27 février 2019 qu’à de très rares exceptions près, laisser le prêtre assumer ses fonctions de parent est la bonne solution dans de tels cas.

 

«De toute évidence, un enfant est toujours un cadeau de Dieu, quelle que soit sa forme», a déclaré le cardinal italien Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le Clergé du Vatican. «La perte de l’État clérical est due au fait que les responsabilités parentales créent une série d’obligations permanentes qui, dans la législation de l’Église latine, ne permettent pas l’exercice du ministère sacerdotal», a déclaré Stella.

 

Les commentaires de Stella ont été entendus lors d'une interview avec le journaliste italien vétéran Andrea Tornielli, qui occupe depuis décembre le poste de nouveau directeur de la rédaction du Vatican. L'interview a été publiée par le service de presse du Vatican mercredi après-midi, heure de Rome. Dans l’interview de Tornielli, il note que le thème des enfants de prêtres a pris de l'importance depuis qu'un psychothérapeute irlandais nommé Vincent Doyle, dont le père était un prêtre, a publié un article dans le New York Times dans lequel le porte-parole du Vatican, Alessandro Gisotti, a confirmé l'existence de politiques «internes» pour de tels cas.

 

Dans une récente interview avec Crux, Doyle a insisté sur le fait que Gisotti avait mal interprété ces politiques en affirmant qu'elles exigeaient essentiellement qu'un homme quitte la prêtrise s'il a un enfant. «Permettez-moi de dire publiquement que, contrairement à ce qu'a affirmé Gisotti, il n'y a rien dans ce document qui indique qu'un prêtre doit partir», a-t-il déclaré à Crux. «Je n'applaudirais jamais ça, ce n'est pas vrai. Ç n’a pas de fondement canonique, il n’y a pas de fondement de sens commun ni de fondement éthique. Ce n’est tout simplement pas ça.» «Un prêtre n'a pas besoin d'être marié pour être un bon père», a déclaré Doyle. «Il n'y a pas de contradiction entre la prêtrise et la paternité.»

 

Dans l'interview du 27 février, cependant, Stella semble suggérer que l'attente générale dans de tels cas est de quitter la prêtrise. «Il est évident que chaque cas doit être examiné en fonction de son mérite et de sa spécificité», a-t-il déclaré, ajoutant: «En réalité, les exceptions [à la sortie de la prêtrise] sont très rares». Stella a donné deux exemples de ce que pourraient être ces rares exceptions : 1) Le nouveau-né d'un prêtre fait déjà partie d'une famille «consolidée», dans laquelle un autre parent assume déjà le rôle du père, et 2) Le prêtre qui a atteint l'âge de 20-30 ans et qui exerce déjà sa prêtrise «avec zèle et engagement… après avoir surmonté sa fragilité affective antérieure». «Dans ces situations», a déclaré Stella, «le dicastère [faisant référence à la Congrégation pour le Clergé] n'exige pas que les évêques invitent les prêtres à demander une dispense [de l'État clérical] En général, a déclaré Stella, le bien de l'enfant exige que le prêtre se consacre à plein temps à être parent. «L'important est que le prêtre confronté à une telle réalité soit capable de comprendre ses responsabilités vis-à-vis de l'enfant», a-t-il déclaré. "Le bien-être et les soins de l'enfant doivent être au centre de l'attention de l'Église, afin que la progéniture ne manque pas seulement de ce qui est nécessaire pour survivre, mais surtout du rôle affectif et éducatif du père."

 

Ce mercredi, Doyle a déclaré à Crux qu’indépendamment des suggestions générales de Stella selon lesquelles les prêtres avec enfants devaient partir, que pour lui chaque cas doit être examiné séparément. «Il responsabilise les évêques au niveau local», a déclaré Doyle. "Tout le reste est superflu." «Je suis vraiment reconnaissant pour cette phrase», a déclaré Doyle. "Je pense que c'est la phrase la plus importante de l'histoire catholique récente."

 

Stella a expliqué qu’il s’agissait d’un «texte technique destiné aux collaborateurs du dicastère» et qu’il était régulièrement «présenté et commenté par la congrégation lors de conférences épiscopales et d’évêques individuels pour traiter le thème et demander comment ils devraient procéder.» Stella a expliqué que la politique de facilitation des sorties cléricales des prêtres ayant des enfants remonte au moins au mandat du cardinal brésilien Claudio Hummes, qui a dirigé la Congrégation pour le clergé de 2006 à 2010. Selon Stella, Hummes a demandé au pape Benoît XVI de permettre aux prêtres de moins de 40 ans d'obtenir plus facilement la démission de l'État clérical, car la loi de l'Église de l'époque leur imposait d'attendre leur 40e anniversaire. Aujourd'hui, a déclaré Stella, le Vatican fait «tout son possible» pour aider un prêtre ayant des enfants à obtenir une dispense de ses obligations sacerdotales le plus rapidement possible, généralement «quelques mois».

 

La question qu’on peut se poser, c’est pourquoi doit-on abandonner son poste pour être père ? Et pourquoi choisir entre deux choses qui rendent heureux des hommes, que sont leurs métiers et leurs enfants ? Il serait grand temps de se poser la question du célibat optionnel, car l’obligation du célibat ecclésiastique est souvent mal vécue par certains prêtres.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église

Repost0

Publié le 27 Février 2019

LeMonde.fr avec l’AFP nous montre qu’un tribunal de Melbourne a ordonné mercredi 27 février le placement en détention du cardinal australien George Pell après l’avoir reconnu coupable de pédophilie. Le prélat de 77 ans, plus haut représentant de l’Église catholique condamné dans une affaire de pédophilie, est demeuré silencieux lors de l’audience devant le Tribunal de Comté de Victoria, à Melbourne, dans le sud du pays.

 

Après l’annonce de son placement en détention, l’ancien archevêque de Melbourne et Sydney s’est incliné devant le juge et a été emmené sans menotte à l’extérieur de la salle d’audience. Celui qui fut l’un des plus proches conseillers du pape a été hué à son arrivée au tribunal où l’attendaient des manifestants qui l’ont traité de «monstre», au lendemain de l’annonce du verdict de culpabilité. Le Saint-Siège a annoncé mardi soir que le cardinal n’était plus secrétaire à l’Économie du Vatican, le troisième plus haut poste dans la hiérarchie du Saint-Siège.

 

Le cardinal a été reconnu coupable le 11 décembre d’un chef d’agression sexuelle et de quatre chefs d’attentat à la pudeur contre deux enfants de chœur alors âgés de 12 et 13 ans en 1996 et 1997 dans la sacristie de la cathédrale de Melbourne, dont Mgr Pell était l’archevêque. Pour des raisons légales, ce verdict n’a pu être annoncé que mardi.

 

Le procureur de la Couronne, Mark Gibson, a déclaré devant le tribunal que l’ancien archevêque de Sydney et Melbourne n’avait «montré aucun remord» : «Il n’a pas assumé la responsabilité de ses actes. Ses fautes ne sont toujours pas expliquées. Il y a eu une rupture de la confiance (…) Le cardinal Pell était la force motrice, le responsable de la cathédrale et ces enfants de chœur n’en étaient que des rouages.»

 

Les avocats du cardinal Pell avaient obtenu que son placement en détention, qui aurait dû intervenir en décembre, soit différé car il devait subir d’urgence une double opération des genoux. Sa défense devait initialement demander à la cour d’appel une nouvelle libération sous caution dans l’attente de son procès en appel. Mais elle y a renoncé en indiquant qu’elle pensait «approprié qu’il attende de connaître sa peine». Une audience en ce sens est prévue le 13 mars. Plus haut responsable de l’Église jamais condamné dans une affaire de pédophilie, le prélat risque cinquante ans de prison.

 

Ce mercredi matin, le directeur par intérim de la Salle de Presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, a confirmé que le cardinal George Pell n’était plus le préfet du Secrétariat pour l’Économie du Saint-Siège. Son mandat théorique de cinq ans était arrivé à échéance le 24 février. Alessandro Gisotti a par ailleurs précisé que, après cette condamnation civile, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi allait maintenant traiter cette affaire selon les modes et les temps établis par le droit canonique (https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2019-02/condamnation-cardinal-george-pell-reaction-saint-siege-vatiab.html).

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église, #Actualités

Repost0

Publié le 26 Février 2019

francetvinfo.fr nous montre que le cardinal australien George Pell, numéro trois du Vatican, a été reconnu coupable d'agression sexuelle sur mineur, a annoncé mardi 26 février 2019 un tribunal australien. Il devient ainsi le plus haut responsable de l'Eglise catholique condamné dans une affaire de pédophilie.

 

Le tribunal de Melbourne a déclaré le cardinal de 77 ans coupable d'agression sexuelle et d'attentat à la pudeur contre deux enfants de chœur alors âgés de 12 et 13 ans. Des faits commis dans la sacristie de la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne, en Australie, dans les années 1990. Une des victimes a livré au tribunal de Melbourne un long témoignage et a accusé le cardinal Pell de s'être masturbé devant lui ainsi qu'un autre enfant. Il a aussi affirmé avoir subi des attouchements sexuels. George Pell était également accusé d'avoir forcé l'un des enfants à lui faire une fellation. Dans son témoignage, la victime explique n'avoir pas parlé de ces événements pendant des années par peur de perdre sa bourse dans une prestigieuse école catholique de Melbourne, souligne le New York Times (en anglais). La deuxième victime est morte en 2014, des suites d'une overdose que sa famille a toujours attribuée au traumatisme subi à l'époque (https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/pedophilie-de-l-eglise/on-vous-resume-l-affaire-de-pedophilie-pour-laquelle-le-cardinal-pell-numero-3-du-vatican-a-ete-condamne_3208001.html).

 

Le prélat avait initialement rejeté ces accusations et le jury n'était pas parvenu à une décision lors d'un premier procès en septembre. Il a ensuite été déclaré coupable lors d'un nouveau procès le 11 décembre. Le tribunal de Melbourne avait cependant pris une "ordonnance de suppression" (suppressing order) qui interdisait aux médias toute mention de cette affaire, sous peine de poursuites. Cette obligation de silence avait été imposée dans le but de protéger le jury d'un second procès lors duquel le cardinal Pell devait initialement être jugé pour d'autres faits présumés. Mais l'accusation a décidé de renoncer à cette seconde série de poursuites, ce qui a eu pour conséquence de lever mardi le blackout médiatique sur la première affaire, autorisant les médias à annoncer le verdict de culpabilité.

 

La peine à laquelle le cardinal sera condamné n'a pas été fixée. Une nouvelle audience est prévue mercredi. Les avocats du cardinal ont d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel. George Pell, qui avait pris congé de ses fonctions au Vatican pour se défendre, reste cependant sur le papier à la tête du secrétariat pour l'économie du Saint-Siège, soit le numéro trois du Vatican. Fidèle à sa réputation d’homme froid et déterminé, il n’a pas réagi, mardi, comme il était resté impassible à l’annonce du verdict de culpabilité (https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/26/australie-le-cardinal-pell-numero-trois-du-vatican-reconnu-coupable-de-pedophilie_5428228_3210.html).

 

"C'est une nouvelle douloureuse", a réagi le Saint-Siège, exprimant son "profond respect" pour la justice australienne et rappelant que le cardinal Pell "a réaffirmé son innocence et qu'il a le droit de se défendre jusqu'en dernière instance". En décembre, au lendemain de sa condamnation (alors tenue secrète), le cardinal avait été écarté du prestigieux C9. Il reste cependant, sur le papier, à la tête du secrétariat pour l'Économie, soit le numéro trois du Saint-Siège (https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/pedophilie-de-l-eglise/on-vous-resume-l-affaire-de-pedophilie-pour-laquelle-le-cardinal-pell-numero-3-du-vatican-a-ete-condamne_3208001.html).

 

Pour les associations de victimes, cette condamnation symbolise un tournant dans un pays où des dizaines de milliers d’enfants ont subi les abus de pédophiles et où la parole des rares à avoir osé s’exprimer n’a pas toujours prévalu (https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/26/australie-le-cardinal-pell-numero-trois-du-vatican-reconnu-coupable-de-pedophilie_5428228_3210.html).

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église, #Actualités

Repost0

Publié le 25 Février 2019

"C'est le plan d'action que le pape François aurait dû présenter hier dans son discours au lieu de parler de généralités, ce sont des mesures de bon sens". Le porte-parole de l’ECA Global, Miguel Ángel Hurtado, a présenté un plan d'action comprenant 21 mesures qui obligent l'Église à mettre fin à la pédophilie cléricale comme le montre Jesús Bastante sur periodistadigital.com ce lundi 25 février 2019.

 

Parmi eux, l’expulsion immédiate de la prêtrise des prêtres abusifs et contre les dissimulations, ainsi que l'obligation de dénoncer toute preuve d'abus et de remettre tous les documents aux autorités civiles. Dans le même temps, l’ECA demande la levée de l'immunité des diplomates du Vatican et la responsabilité de chaque conférence épiscopale afin d'indemniser les victimes d'abus. De même, les survivants préconisent la publication de tous les registres et archives des religieux qui ont commis des abus envers des mineurs, et la suppression du secret pontifical.

 

Mais ça va plus loin, puisque l’ECA demande : 1) à l’ONU à travers le corps diplomatique de chaque pays, de déclarer le Saint-Siège comme "État génocidaire" pour l'élaboration, l'application et le maintien dans le temps d'un système de protection et de dissimulation des prêtres abusifs, 2) de porter plainte contre le Saint-Siège devant les tribunaux pénaux de chaque continent et / ou devant la Cour pénale internationale pour crime de génocide contre le groupe humain d'enfants et d'adolescents, 3) d'exhorter les États qui ont signé un concordat avec le Saint-Siège à dénoncer et à abroger immédiatement les normes internes au niveau international, en tant que mécanisme mis en place par l'Église catholique dans tous les pays pour perpétrer le crime de manière institutionnelle et maintenir l'état de droit, et 4) demander au Conseil de sécurité des Nations Unies, par la voie diplomatique, d'exhorter chaque État membre à abroger toute norme interne impliquant la création et / ou le maintien sur son territoire d'une enclave légale permettant l'application du Code de droit canonique et du fonctionnement des tribunaux ecclésiastiques, parallèlement aux tribunaux d’État, sous l’avertissement de générer une responsabilité internationale (https://www.facebook.com/notes/red-de-sobrevivientes-de-abuso-sexual-eclesi%C3%A1stico-de-chile/comunicado-red-de-sobrevivientes-de-chile/312328792656765/).

 

Quant au pape François, les victimes demandent l’annulation de son motu proprio de 2016, le jugeant trop souple, et qu'il remette aux autorités toute la documentation relative à son rôle dans des affaires telles que celles du père Grassi et de Nicola Corradi, quand il était archevêque de Buenos Aires. Ils exigent également la transparence de Bergoglio dans le cas de Mgr Zanchetta. Certaines de ces demandes, a souligné Hurtado à Efe, ont été présentées lors de la réunion des victimes mercredi dernier avec le comité d'organisation, mais "aucune d'entre elles n'a été incluse dans le discours du pape".

 

Les victimes de prêtres pédophiles ont été terriblement déçues et maintiennent la pression en mettant en avant leurs propositions mettant en avant une tolérance zéro dure. Elles ne croient plus les clercs et leurs promesses, et poussent donc pour avoir du résultat. Les mots ne suffisent plus, les actes sont meilleurs pour redonner de la confiance.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église, #Actualités

Repost0

Publié le 25 Février 2019

Sept prêtres nordistes appellent à un Grand débat… ecclésial

Fanny Magdelaine (à Lille), nous montre sur la-Croix.com dans un article du dimanche 24 février 2019 qu’en finir avec le cléricalisme, diversifier les ministères, se frotter aux réalités du terrain : voilà quelques axes forts prônés par sept prêtres du nord de la France (Quatre sont du diocèse de Cambrai : Yves Spriet, Joseph Nurchi, Jean-Marc Bocquet et Adam Dobek. Deux sont du diocèse de Lille : Marc Delebarre et Patrick Delécluse) dans un texte intitulé «Au cœur d’une Église en danger, garder l’espérance».

 

C’est un texte d’abord diffusé dans leurs réseaux et dans la presse régionale, un texte auquel ils réfléchissent depuis des mois, pour lutter «contre le fonctionnement autoréférentiel et le cléricalisme» de l’Église. Les sept prêtres signataires se connaissent bien : plusieurs d’entre eux ont été ordonnés la même année et depuis cette date, ils se retrouvent régulièrement. Certains ont dû quitter le groupe – Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, qui a reçu leur lettre –, d’autres les ont rejoints.

 

Tous sont des prêtres de terrain : «Ma foi s’est nourrie de la rencontre, confie le père Bernard Denis, 65 ans, prêtre du diocèse d’Arras (Pas-de-Calais). Se confronter aux réalités de la vie nous ouvre aux autres, nous rappelle que la personne et le message de Jésus-Christ sont centraux et porteurs d’une espérance profondément humaine. Depuis des années, l’Église a mis en avant des courants éloignés de l’Action catholique. Il est temps qu’émerge à nouveau un courant alternatif», poursuit celui qui fut durant des années prêtre et travailleur social. Ces «serviteurs» se sentent plus que jamais appelés «à être sur les lignes de fracture de l’humanité» (Pierre Claverie), là où «des êtres humains sont en passe d’être submergés, (…) oubliés ou méprisés comme s’ils ou elles n’étaient rien, (…) dépendant d’un modèle économique au service d’une finance qui rêve d’une croissance dont l’humain n’est qu’une variable d’ajustement.»

 

Le père Dobek lance ce cri : «J’en ai marre de représenter un système qui fonctionne comme une douane : ’Vous n’avez pas le droit d’avoir accès à ce sacrement parce que vous ne rentrez pas dans les cases’ ou ’Notre calendrier est trop chargé’. Moi, je veux d’abord être au service des gens !» Le père Bernard Denis craint pour l’accueil de tous : «On arrive à nos limites vu ce que les prêtres doivent gérer. On ne pourra bientôt plus accueillir largement les gens en souffrance notamment». Pour lui, «l’évangélisation ne se joue pas dans la mise en place de dispositifs mais dans la rencontre». Marc Delebarre explique : «La pastorale d’encadrement, c’est fini. On nous dit de quadriller le terrain, c’est impossible aujourd’hui. Le risque est de devenir des fonctionnaires, d’épuiser les gens. Le cœur de mon ministère est d’être disponible aux gens, et pas de courir partout. Quelle est la crédibilité du message de l’Église aujourd’hui» Ils sont témoins du départ de laïcs très engagés : «On sent la souffrance des laïcs. Ils ont donné beaucoup et partent de l’Église sur la pointe des pieds, parce qu’ils sont déçus», confie Jean-Marc Bocquet (https://actu.fr/societe/region-une-lettre-ouverte-7-pretres-revolutionner-leglise_21536125.html).

 

Les signataires se sentent en minorité ou en voie de disparition face à certains prêtres plus jeunes, qu’ils jugent éloignés du terreau social nordiste : «Nous nous inscrivons contre cette théologie de la séparation prêtres/laïcs actuellement amplifiée par certaines communautés, note le père Jean-Marc Bocquet, 69 ans, curé à Saint-Amand-les-Eaux, dans le diocèse de Cambrai (Nord). Nous ne sommes pas sacrés ni supérieurs aux autres baptisés, nous ne possédons pas une autorité incontestable.» Le repli de l’Église sur la sacristie, dont ils sont témoins, les inquiète et les pousse à dénoncer les curés en soutane qui ne veulent pas de filles comme enfant de chœur, qui ne s’intéressent qu’à la messe, et qui ont d’abord une démarche identitaire (https://actu.fr/societe/region-une-lettre-ouverte-7-pretres-revolutionner-leglise_21536125.html).

 

La question des ministères et de leur diversification est centrale dans ce texte : «Comment peut-on parler de sacerdoce commun des fidèles, tout en excluant la majorité des baptisés de la plupart des ministères existants ?» «Le fonctionnement tourne encore trop autour des curés de paroisse, souligne le père Marc Delebarre, 68 ans, prêtre du diocèse de Lille et aumônier national du CMR (Chrétiens en monde rural). Nous sommes de moins en moins nombreux et de plus en plus âgés, nous avons encore quelques forces, c’est donc maintenant qu’il nous faut innover !» «Le pape François nous demande d’être des ‘témoins missionnaires’, il invite notre monde à changer de ‘paradigme’, pourquoi ne pas appliquer ces conseils à cette institution millénaire qu’est l’Église catholique romaine ?», s’interrogent les signataires, soucieux que «l’Église s’autodiagnostique sous peine d’être remise en cause sévèrement de l’extérieur.»

 

Les sept amis ne font pas que des critiques. Ils proposent aussi des solutions qui reposent en quasi-totalité sur la place des laïcs. Des ministères confiés à des laïcs, et des femmes ordonnées diacres, voilà leurs idées. «Il faut faire plus confiance aux laïcs. Certains, pour un temps donné, 3 ou 6 ans, pourraient faire les baptêmes et recevoir les consentements de mariage. Pour les femmes diacres, rien ne l’empêche, sauf les mentalités. On nous dit que l’Afrique n’acceptera jamais. Il faut bien que quelqu’un ose… On pourrait aussi inventer d’autres ministères qui seraient confiés aux laïcs, dont les femmes», assène le père Dobek. Le père Denis rappelle qu’aux premiers temps de l’Église, les ministères n’étaient pas réservés aux hommes célibataires ordonnés, mais adaptés aux besoins de la communauté. «Si on continue à tout faire reposer sur le prêtre, c’est fini…» (https://actu.fr/societe/region-une-lettre-ouverte-7-pretres-revolutionner-leglise_21536125.html).

 

Le texte étend sa diffusion peu à peu et les sept prêtres, ordonnés entre 1972 et 2000, recueillent avec intérêt les réactions : «Je viens de recevoir un courriel de prêtres et agents pastoraux de Malines-Bruxelles qui souhaitent avoir des échanges avec nous, confie le père Marc Delebarre. Une belle perspective qui nous ouvre à l’Europe !» Du côté de leurs évêques, pas ou peu de retours approfondis à ce jour. «Nous ne nous attendons pas à bouleverser les structures mais nous aimerions faire passer cet esprit de coresponsabilité, poursuit le père Jean-Marc Bocquet. Nous en avons assez d’avancer à reculons, de colmater, de pallier un fonctionnement à bout de souffle. Nous voulons une nouvelle Pentecôte !»

 

Quelles sont leurs attentes avec la diffusion de leur lettre ? Leur souhait de voir des femmes ordonnées diacres ne sera pas exaucé, ils le savent bien. «On ne peut plus se taire. J’espère que cela ouvrira un dialogue», affirme Adam Dobek. Pour le père Bocquet, «on est des lanceurs d’alerte. On pose des briques sur un mur à construire… Si on se tait, on trahit notre mission» Marc Delebarre ajoute : «Nous espérons faire naître un débat» Car le risque est clair : la fin de l’Église. «Si on ne fait rien, on va vers la mort, même si des choses doivent mourir», note carrément le père Dobek. C’est le modèle clérical qui est en cause selon eux : «Tout repose sur le prêtre. Or, des prêtres, il y en a de moins en moins. Les séminaires sont vides et on fait comme avant. Nous sommes à un point de rupture. Si on continue à tout faire reposer sur le prêtre, c’est fini. C’est une question de survie pour l’Église, tout simplement», insiste le père Bocquet. Le père Denis estime «qu’on va dans le mur si on continue cette vision ancienne basée sur le prêtre». Le risque pour lui est «de créer une Église élitiste, puriste, alors que la chose fondamentale est d’être signe d’un Dieu amour !» (https://actu.fr/societe/region-une-lettre-ouverte-7-pretres-revolutionner-leglise_21536125.html).

 

Espérons que le texte intitulé «Au cœur d’une Église en danger, garder l’espérance» soit diffusé pour le plus grand nombre. Je vous le mets après l’avoir trouvé dans l’article de Lille Actu du 20 février (https://actu.fr/societe/region-une-lettre-ouverte-7-pretres-revolutionner-leglise_21536125.html) :

 

«Notre société est en attente de sens, de projets collectifs…Les besoins essentiels non satisfaits, les inégalités croissantes, les migrations politiques, économiques, ou climatiques provoquent des crises importantes. Le risque est de se replier sur ses peurs et de développer ainsi de graves conflits. La personne et le message de Jésus Christ sont centraux : ils sont porteurs d’une espérance profondément humaine. Il n’est pas de l’ordre de la norme, du dogme, des règles sacrées à respecter mais bien au contraire de l’ouverture, du chemin, de l’utopie. Le Pape François appelle à ce chemin d’espérance qui concerne tout le monde dans ses encycliques et ses exhortations… alors que la part instituée de l’Église, dans son fonctionnement autoréférentiel et son cléricalisme, n’est plus audible et bloque les initiatives porteuses d’espérance.

 

Lutter contre ce cléricalisme nous amène aussi à questionner l’exercice du ministère presbytéral dans sa forme actuelle. C’est à la mesure de notre expérience en ce domaine que nous prenons la plume…

Ce que nous constatons.

 

Ordonnés entre 1972 & 2000, pour les diocèses d’Arras, Cambrai et Lille, nous sommes effectivement devenus prêtres grâce à celles et ceux que nous rencontrons au quotidien de notre existence et qui nous ont fait grandir tant dans notre humanité que dans notre attachement au Dieu de Jésus-Christ.

 

Pour la majorité d’entre nous, le Concile a ouvert les portes qui nous ont permis d’accomplir notre ministère. Dans ce sillage, l’Action Catholique fut et demeure une véritable chance pour accompagner, œuvré avec des chrétiens engagés dans la société et, par le fait même, ne cessant de questionner l’Église sur sa présence réelle à ce monde que Dieu aime.

 

Prêtres, nous le sommes avant tout par notre baptême qui nous a également configurés au Christ prophète et roi. C’est en effet le sacerdoce commun des fidèles qui est premier, notre ministère nous rendant simples serviteurs pour la communauté au cœur d’une société en attente de sens.

 

Ce ne sont pas de prêtres d’abord dont a besoin l’Église, c’est de baptisé.e.s qui s’organisent en vue de la mission (Eph 4,12s). Et c’est par leur humanité d’abord que les communautés (dans la diversité des tâches et des charismes) sont signes pour la société actuelle.

 

La préoccupation épiscopale du manque de prêtres nous semble venir de la peur de voir disparaître un fonctionnement (aujourd’hui inadapté, car en décalage par rapport à la dynamique de l’Évangile et aux aspirations de nos contemporains) par lequel le clergé recevait mission d’encadrer les chrétiens, de couvrir un territoire et d’imposer son autorité (voire son autoritarisme), ce qui nous vaut encore des remarques telle que ‘changement de curé, changement de sifflet’.

 

Un certain nombre de penseurs nous alertent depuis plusieurs années déjà sur les risques d’une dérive cléricale : les avons-nous suffisamment écoutés ?

 

Parlons franchement : C’est ainsi qu’aujourd’hui, exercent certains curés (plutôt que pasteurs), hommes célibataires portant une croix petite ou grande, et parfois même revêtus de ces soutanes qui viennent colorer (en noir et blanc) les manifestations identitaires. Voulant mettre la sainte messe (plutôt que l’eucharistie) au centre de leurs préoccupations, ils veillent à bien séparer les hommes des femmes, et les garçons des filles, le sexe féminin ne pouvant pénétrer dans le chœur, ce lieu tellement sacralisé qu’il n’a plus rien à voir avec la chambre haute où Jésus a réuni ses disciples pour son repas d’adieu.

 

Nous refusons que ce modèle de prêtres dont les médias sont friands, l’emporte jusqu’à paralyser le désir de nombreux baptisés de prendre en main la vie de leur communauté et qui, pour cela, espèrent une formation et un accompagnement plutôt que des directives leur venant de responsables ecclésiastiques trop souvent hors-sol.

 

Face au maniement habituel du dogme, des rites et d’une autorité incontestable qui aurait été conférée au prêtre du fait de son ordination, des chrétiens ont quitté les assemblées dominicales ou locales, et leurs responsabilités paroissiales : Leur foi au Christ imprègne toute leur vie de citoyen, mais leur vie chrétienne a été profondément déçue, et parfois blessée, au point qu’ils n’attendent plus rien de l’institution ecclésiale.

 

À quelle Église voulons-nous contribuer ?

 

C’est le regard fixé sur le Christ que nous invitons notre Église à repenser la dynamique des vocations à partir du don de Dieu répandu au sein de l’ensemble des membres du peuple de Dieu pour lequel un seul est prêtre, le Christ (cf la lettre aux Hébreux). Nous en appelons donc à une nouvelle Pentecôte.

 

Ainsi, nos relations humaines avec les habitants des lieux dans lesquels nous avons été envoyés nous confortent dans notre désir de retrouver les fondamentaux évangéliques que sont l’humilité, l’écoute, le service, dans le prolongement de ce mode de vie qui fut celui de Jésus de Nazareth nous invitant, comme le disait Pierre Claverie, à être sur les lignes de fracture de l’humanité.

Ce Jésus n’a pas envoyé les femmes et hommes de son entourage pour devenir des êtres sacrés, intouchables, mis à part, mais pour aller partout où des êtres humains sont en passe d’être submergés, certains parce qu’oubliés ou méprisés comme s’ils ou elles n’étaient rien, d’autres, parce que dépendant d’un modèle économique au service d’une finance qui rêve d’une croissance dont l’humain n’est qu’une variable d’ajustement.

 

Pour trouver sa place comme témoin de l’Évangile, quiconque a été baptisé.e peut remplir les tâches nécessaires à la vie d’une communauté chrétienne. La formation indispensable pour l’exercice de ces tâches pourrait alors être proposée plus largement.

Comment peut-on parler de sacerdoce commun des fidèles, tout en excluant la majorité des baptisés de la plupart des ministères existants ? Comment ne pas redonner aussi aux femmes la place éminente qu’elles ont dans les Évangiles et chez Paul ? Celle d’être des apôtres éminentes de la résurrection comme Marie de Magdala en Jn 20, comme Junia en Rm 16,7 ; celle d’être des prophètes comme la femme de Béthanie qui confère l’onction royale à Jésus en Mc 14,3-9 ; celle d’être des responsables d’Église comme Phœbé à Corinthe en Rm 16,1.

 

Alors que les communautés chrétiennes espèrent des réponses de la part du magistère qui devrait plus explicitement se soucier des questions légitimes des baptisés, l’accès de ces mêmes baptisés à de nouveaux ministères est sans cesse retardé, voire suspecté, acculant les ministres en exercice à un excès de tâches générant fatigue, découragement ou dépression, voire burn out ou dérapages qui invalident la mission (alcoolisme, compensations affectives incontrôlées, suicide).

 

Ainsi, pourquoi le baptême ne pourrait-il pas être, dans les faits, donné par un membre (femme ou homme) de la communauté en son sein ? Pourquoi l’échange de consentement des époux ne pourrait-il pas avoir lieu en présence d’un témoin reconnu (femme, homme ou. couple) de la communauté chrétienne ? Pourquoi le ministère diaconal (pour ne pas parler du ministère presbytéral) demeure réservé aux hommes ? C’est au Christ (en qui il n’y a plus ni homme ni femme) que nous appartenons, pas à une institution dont les modes d’organisation sont transitoires. Ainsi pourraient être appelées et ordonnées pour un ministère, des personnes issues de la communauté pour son service et ce pour une durée déterminée. Le pape François nous demande d’être des ‘témoins missionnaires’, il invite aussi notre monde à changer de ‘paradigme’, pourquoi ne pas appliquer ces conseils à cette institution millénaire qu’est l’Église catholique romaine ?

 

Nous croyons que d’autres moyens existent pour déployer la pertinence du message du Christ dans notre monde, et nous pensons nos interrogations légitimes ; ainsi pourquoi l’institution Église ne s’interrogerait-elle pas aussi sur sa propre pertinence, sur son mode de fonctionnement actuel qui la met hors course pour tenir sa place, non pas comme puissance, mais comme une institution proposant enfin un mode alternatif de vie en société, où chacun.e prend soin de sa relation à l’autre, à soi-même, à l’environnement et… à Dieu .

 

C’est là un immense chantier, et, avec les mots du pasteur Théodore Monod, ‘ne disons pas que le christianisme a échoué ; le problème c’est qu’il n’a pas encore été vécu’, ce qu’exprime d’une autre manière le dominicain Dominique Collin, quand il choisit comme titre à son dernier écrit : ‘le christianisme n’existe pas encore’ ; alors, cherchons et inventons ensemble !

 

Le tout, à l’écoute de l’Esprit Saint, bien sûr !»

 

Espérons que la hiérarchie et les catholiques soient aussi à l'écoute de l'Esprit Saint pour les guider dans des réformes salutaires.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

Repost0

Publié le 24 Février 2019

Comme le montre LeMonde.fr le samedi 23 février 2018 La mobilisation des «gilets jaunes» ne faiblit pas. Et elle est même en légère augmentation, samedi 23 février, pour l’acte XV. Près de 47 000 manifestants ont en effet défilé samedi dans toute la France, dont 5 800 à Paris, selon les chiffres du ministère de l’intérieur.

 

Les manifestations à Paris, où cinq manifestations ont été déclarées, dont trois sous la forme de rassemblements, se déroulés dans le calme. Les deux défilés, baptisés sur Facebook «Tsunami jaune» et «Tous aux Champs-Elysées, on ne lâche rien», ont rassemblé 5800 personnes. La «marche dans les beaux quartiers» a débuté à midi sur les Champs-Elysées, point névralgique de la mobilisation parisienne chaque week-end. Quelques bombes lacrymogènes ont été tirées à l’arrivée sur l’esplanade du Trocadéro pour disperser le cortège, en fin d’après-midi.

 

Quelques heurts ont eu lieu à Clermont-Ferrand (2 500, selon la préfecture, et «de 5 000 à 6 000» personnes selon les organisateurs), où une dizaine de personnes on été blessées, et à Épinal, où environ 1600 personnes ont manifesté, le défilé a été émaillé d’affrontements, comme à Rouen, et Montpellier (2500 personnes), où des «gilets jaunes» sont notamment intervenus pour empêcher le saccage du restaurant de l’enseigne McDonald’s situé sur la place de la Comédie; à Bordeaux (Près de 3500 «gilets jaunes»), où quelques heurts, en fin d'après-midi, ont été rapidement résorbés, Toulouse (La préfecture n’a pas donné de bilan chiffré de la participation) et Rennes (près de 2000 personnes), les gilets jaunes ont manifesté dans calme.

 

Plusieurs leaders du mouvement, dont Priscillia Ludosky, sont à Chambord, dans le Loir-et-Cher. Ils participent dans une ambiance bon enfant au pique-nique organisé avec plus d’un millier de personnes devant le château, une manière de se moquer d’Emmanuel Macron qui y avait fêté ses 40 ans en 2017. Principalement venus de Sologne et de Touraine, les manifestants ont mis en place, pour éviter tout débordement, un vaste réseau de «gilets blancs», chargés de surveiller le bon déroulement de l’événement organisé en coordination avec la mairie et les gestionnaires du château, mais aussi avec la gendarmerie qui a dénombré environ 1 200 personnes.

 

Enfin, comme le montre ouest-france.fr (https://www.ouest-france.fr/societe/gilets-jaunes/des-gilets-jaunes-occupent-le-starbucks-des-champs-elysees-pour-denoncer-la-fiscalite-du-groupe-6235259) réunis par dizaine dans un Starbucks des Champs-Élysées, des Gilets jaunes sont venus protester pacifiquement et festivement contre la politique fiscale du groupe, ce dimanche 24 février. Quelques manifestants ont pu discuter avec le directeur régional de Starbucks en Ile-de-France pendant 15 minutes et comptent «entamer des négociations sur l’aspect moral de l’optimisation fiscale».

 

L'inauguration par Emmanuel Macron et la très lente déambulation du chef de l'État dans les allées du parc des expositions de la porte de Versailles ont d'ailleurs éclipsé l'acte XV durant une bonne partie de la journée. Une première (hors fêtes de fin d'année) depuis le début du mouvement qui a fêté ses trois mois la semaine passée. Éric Drouet lui-même, l'une des figures médiatiques des gilets jaunes a tenté, sans succès, d'interpeller le président de la République durant sa visite dans la plus grande ferme de France. Les gilets jaunes étaient, d'une manière générale, peu visibles dans les allées du salon où l'un d'entre eux, Jonathan, a même été éconduit par la sécurité (https://www.huffingtonpost.fr/2019/02/23/lacte-xv-des-gilets-jaunes-eclipse-a-la-tele-pas-dans-la-rue_a_23676434/?utm_hp_ref=fr-homepage).

 

C'est surtout au moment de la dispersion des manifestations que la plupart des chaînes d'information en continu ont rebasculé sur le mouvement anti-Macron. Au moment, où il y aura de la violence en marge de la manifestation pour discréditer le mouvement qui est souvent due à des mouvements d’ultra gauche et d’ultra droite s’infiltrant dans les cortèges, tout sauf des gilets jaunes. Les gilets jaunes portent plutôt des revendications sociales, fiscales et politiques - le RIC, ou référendum d'initiative citoyenne, est toujours bien présent.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost0

Publié le 24 Février 2019

"Dans les abus, nous voyons la main du mal qui n'épargne même pas l'innocence des enfants", assure le souverain pontife comme le montre L’Express.fr avec l’AFP ce dimanche 24 février 2018.

 

Ses mots étaient très attendus. Au dernier jour d'un sommet de l'Église catholique consacré aux agressions sexuelles perpétrées sur des mineurs, le pape François a comparé lesdites agressions aux "sacrifices païens""Cela me rappelle la pratique religieuse cruelle, répandue par le passé dans certaines cultures, qui consistait à offrir des êtres humains - spécialement des enfants - en sacrifice dans les rites païens", a déclaré le pape.

 

Le souverain pontife argentin a beaucoup insisté aussi sur la présence du "mal", au moment d'évoquer la question des abus sexuels sur les plus jeunes. "L'inhumanité du phénomène au niveau mondial devient encore plus grave et plus scandaleuse dans l'Église, parce qu'en contradiction avec son autorité morale et sa crédibilité éthique. La personne consacrée, choisie par Dieu pour guider les âmes vers le salut, se laisse asservir par sa propre fragilité humaine, ou sa propre maladie, devenant ainsi un instrument de Satan", a-t-il martelé. Le pape François est même allé plus loin, indiquant que "dans les abus, nous voyons la main du mal qui n'épargne même pas l'innocence des enfants".

 

La veille, le cardinal allemand Reinhard Marx, proche conseiller du souverain pontife, a admis que l'Église catholique a, par le passé, détruit des dossiers sur des auteurs d'abus sexuels commis dans ses rangs. "L'administration n'a pas contribué à accomplir la mission de l'Église mais, au contraire, elle l'a voilée, discréditée et rendue impossible. Des dossiers qui auraient pu documenter ces actes terribles et indiquer le nom des responsables ont été détruits ou n'ont pas même été constitués", a ajouté celui qui est aussi le président de la conférence épiscopale allemande.

 

Ce discours a également consacré un long développement aux statistiques disponibles sur les abus sexuels perpétrés dans le monde dans toutes les sphères de la société, notamment dans les familles, les écoles et les milieux sportifs. "Nous sommes, donc, devant un problème universel et transversal qui, malheureusement, existe presque partout", a insisté le pape. Mais ses propositions de mesures concrètes pour résoudre le problème se font attendre.

 

Mais pour l'association de victimes La Parole libérée, ce discours n'est pas suffisant. "C'est une démarche de manipulation. Ils l'ont bien dit, il faut mettre en place des choses très concrètes, c'est-à-dire d'écarter les prédateurs et ceux qui les couvrent au sein de cette institution. Ces gens-là sont toujours en place", déplore François Deveaux, membre de l'association. Pour La Parole libérée, les responsables qui ont couvert ces agissements doivent être écartés définitivement de la hiérarchie de l'Église (https://www.francetvinfo.fr/monde/vatican/pape-francois/pedophilie-dans-l-eglise-la-reaction-des-catholiques-aux-annonces-du-pape_3205411.html).

 

José Manuel Vidal, nous apprend aussi sur periodistadigital.com (https://www.periodistadigital.com/religion/vaticano/2019/02/24/las-victimas-divididasa-n-ante.shtml) que certaines des victimes des abus commises par le clergé ont exprimé dimanche leur indignation et leur déception face aux paroles du pape François après le sommet tenu au Vatican, selon lesquelles il n'existait aucune mesure concrète, mais seulement des phrases toutes faites. C’est ce que pense, par exemple, l’Espagnol Miguel Hurtado qui dénonce le fait que la moitié du discours du pontife était consacré à "des abus en dehors de l'Église" puisque les victimes été abusés au sein de l'Église, par des prêtres catholiques, par des moines et des enseignants catholiques, et le fait qu’il n’a pas parlé de donner à la justice les responsables, de remettre les documents à la magistrature et de ne pas les détruire comme le révélait l'un des évêques, il n'a pas dit non plus que les responsables des abus vont perdre leur travail, et d’indemniser économiquement les victimes. Il juge que si le pape avait reçu les membres des associations de victimes. Elles avaient pourtant présenté un "agenda de changements" et un "plan d'action", mais "comme toujours, ils ne nous ont pas écoutés".

 

De son côté, l'italien Francesco Zanardi, président du réseau des victimes du pays, a également déploré que le pape n'ait prononcé que des "phrases" et n'ait pas parlé de "procédures concrètes, démissions d'évêques, dénonciations à la magistrature". Il a qualifié de "grande déception" cette réunion de trois jours à laquelle ont participé 190 dirigeants de l'Église catholique, ainsi que le discours du pape. Il a affirmé que "la campagne de tolérance zéro annoncée par le Vatican est devenue une crédibilité zéro". "Le Vatican aux yeux de mes collègues n'est plus crédible", a-t-il déclaré. De son côté, Juan Cuatrecasas, le père de la victime de Gaztelueta, est plus conciliant mais sans naïveté. Il assure que sa réaction après le discours du pape est "positive, mais avec prudence et scepticisme". À son avis, il est trituré "d'un début", mais considère inévitable de créer des "commissions externes indépendantes impartiales". Et il conclut : "Des mots positifs du pape, mais seulement lorsque la machine proposée commence à bouger et que nous voyons des faits, pas seulement des mots."

 

Pour satisfaire les victimes, lors de la dernière conférence de presse de la Rencontre sur la protection des mineurs dans l’Église qui s’est tenue ce dimanche à l’Augustinianum, l’intervention du père Federico Lombardi, modérateur de la rencontre, promet que ce somment sera suivi de la mise en place de plusieurs initiatives. D’abord «un nouveau Motu Proprio du Pape sur “la protection des mineurs et des personnes vulnérables”, pour renforcer la prévention et la lutte contre les abus au sein de la Curie romaine et de l’État de la Cité du Vatican». Ce document «accompagnera une nouvelle loi de l’État de la Cité du Vatican et les Lignes guides pour le Vicariat de la Cité du Vatican sur le même sujet». Le modérateur de la rencontre a aussi annoncé la «publication, de la part de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, d’un vademecum qui aidera les évêques du monde entier à comprendre clairement leurs devoirs et leurs responsabilités». Enfin, «dans l’esprit de la communion de l’Église universelle, le Pape a manifesté son intention de favoriser la création de task forces de personnes compétentes pour aider les conférences épiscopales et les diocèses qui se trouvent en difficulté pour affronter les problèmes et mettre en œuvre les initiatives pour la protection des mineurs». Le père Lombardi a souhaité que l’on continue «à surmonter les tendances à la dissimulation et à privilégier l’institution par rapport aux personnes que celle-ci doit servir», grâce à un «esprit de collégialité» et au «chemin synodal de la communauté ecclésiale».

 

Mais pour les 300 victimes de prêtres pédophiles, d'une vingtaine de pays, qui défilaient dans les rues de Rome, c’est la déception, car elles attendaient des mesures concrètes, des démissions d'évêques, et des dénonciations à la justice.

 

Le pape lors de l’Angélus a notamment rappelé que les prescriptions de Jésus, rapportées par saint Luc, ne sont pas «une option, c’est un commandement» et «la logique de l’amour, qui culmine dans la Croix du Christ, est l’insigne du chrétien et nous pousse à aller à la rencontre de tous avec un cœur de frère» puisqu’il «confère à la personne toute sa dignité, alors que la haine et la vengeance la diminuent, défigurant la beauté de la créature faite à l’image de Dieu». Le commandement d’amour du Seigneur Jésus fait advenir «la révolution de l’amour, dont les principaux personnages sont les martyrs de tous les temps». En conclusion de son message, le pape a rappelé l’importance du pardon et mis en garde contre les “collectionneurs d’injustice” (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2019-02/pape-francois-angelus-misericorde-amour-pardon-evangile.html#.XHKJFsNoyUI.twitter).

 

Mais cette vision est réductrice, car Luc 6, 27-38, comme le montre le diacre de l’église Saint-Jean-Baptiste à Roubaix qui est aussi celui de ma paroisse, Christian Danneels, Jésus ne nous parle pas d’une résistance passive mais active qui met en avant l’amour et pas la violence, puisque envers nos ennemis nous devons montrer de la miséricorde, car nous devons être à l’image de Dieu, miséricordieux, Jésus ne nous demande donc pas d’être calculateur dans notre générosité, mais de donner sans rien attendre en retour, et mettre en avant la fraternité et la paix. Et il a prononcé une phrase qui m’a marqué en citant l’histoire d’une vieille dame qui disait à ce sujet : «Vaut mieux faire, que braire.» Une phrase d’une grande sagesse, dans un monde où l’on juge ceux qui sont bienveillants envers les autres comme étant naïfs ou d’une autre époque, mais eux font du bien autour d’eux au lieu d’en parler.

 

Lors de la quête, une paroissienne âgée me demanda pourquoi on faisait deux quêtes pour la paroisse au lieu d’une seule parce qu’elle ne trouvait pas ça normal, je lui répondis à haute voix : «Parce que la paroisse est pauvre !». Mécontente, elle ne trouve rien à redire et cela laissa un sourire aux autres paroissiens sur mon chemin.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église, #Actualités

Repost0

Publié le 23 Février 2019

Une liturgie pénitentielle pour mettre leurs évêques face à leurs responsabilités devant Dieu

Cyprien Viet, à la Cité du Vatican, nous montre dans son article pour vaticannews.va que ce samedi en fin d'après-midi, la Rencontre sur la protection des mineurs a été marquée par une liturgie pénitentielle au cœur du Palais apostolique, en la Salle Royale.

 

Le pape François était entouré des quelques 190 participants à cette rencontre, avec les présidents de conférences épiscopales, les supérieurs généraux, les chefs d’Églises orientales, tous appelés au repentir. C’est au président de la conférence épiscopale du Ghana, Mgr Philip Naameh, que la charge de prononcer l’homélie a été confiée. Cet évêque a prononcé une méditation sur la parabole du Fils prodigue en interrogeant ses confrères sur leur responsabilité. «Tout comme le fils prodigue dans l’Évangile, nous avons aussi exigé notre héritage, nous l'avons obtenu, et maintenant nous sommes en train de le gaspiller. La crise actuelle des abus en est l'expression. Le Seigneur nous a confié la gestion des biens du salut, il nous a fait confiance pour accomplir sa mission» mais «nous avons dilapidé la confiance placée en nous. (…) Nous n'avons pas accordé aux personnes la protection à laquelle elles avaient droit, nous avons détruit des espoirs et des personnes ont été profondément violées, tant dans leur corps que dans leur âme».

 

Mgr Naameh a expliqué que la colère du peuple contre les chefs de l’Église était donc compréhensible. «Le fils prodigue dans l’Évangile perd tout, non seulement son héritage, mais aussi son statut social, sa bonne conscience, sa réputation. Nous ne devrions pas être surpris si nous subissons le même sort, si les gens parlent mal de nous, s'il y a de la méfiance à notre égard, si certains menacent de retirer leur soutien matériel».

 

Cependant, l’histoire n’est pas finie, et il reste toujours une voie pour la miséricorde. Dans le récit évangélique, la situation du Fils prodigue «change à mesure qu'il se reconnaît lui-même, qu'il admet avoir fait une erreur, qu'il l'avoue à son père, qu'il en parle ouvertement et qu'il est prêt à en accepter les conséquences. De cette façon, le Père éprouve une grande joie au retour de son fils prodigue et facilite l'accueil mutuel des frères. Pouvons-nous aussi le faire ? Sommes-nous prêts à le faire ? La présente réunion le révélera», mais «nous ne devons pas croire que, simplement parce que nous avons commencé à changer quelque chose ensemble, toutes les difficultés ont ainsi été éliminées. Comme pour le fils qui rentre chez lui dans l’Évangile, tout n'est pas encore accompli. Il lui reste encore à convaincre son frère», a souligné Mgr Naameh. «Nous devons nous aussi faire de même : convaincre nos frères et sœurs dans les congrégations et les communautés, regagner leur confiance, et rétablir leur volonté de coopérer avec nous, pour contribuer à l'établissement du Royaume de Dieu», a conclu cet évêque du Ghana.

 

Après cette intervention, un jeune homme a témoigné de l’abus dont il avait été victime, avec émotion et pudeur, ne revenant pas sur l’acte en lui-même mais sur ses conséquences psychologiques. «Quel que soit l’abus, c‘est l’humiliation la plus grande qu’un être humain subi», a-t-il expliqué. «On voudrait fuir, c’est ce qui se passe car on n’est plus soi-même. On voudrait s’échapper en cherchant à sortir de soi. Et donc, avec le temps, on devient complètement seul. (..) Ce qui fait le plus mal, c’est la certitude que personne ne te comprendra. Et cela reste en toi pour toute la vie.» «Maintenant j’arrive à mieux gérer cette situation, en apprenant à vivre avec ces deux vies. Je cherche à me concentrer sur mon droit divin d’être vivant. Je peux et je dois être ici. Et cela me donne du courage», a-t-il expliqué. «Si je me rendais ou si je m’arrêtais, je laisserais cette injustice interférer dans ma vie. Je peux empêcher que cela se passe (…) en apprenant à en parler», a-t-il conclu.

 

Les évêques ont ensuite été invités à un examen de conscience en silence, avec des questions concrètes comme : «Dans mon diocèse, ai-je fait, ce qui est possible afin de rendre justice et de guérir les victimes ainsi que ceux qui souffrent avec elles ? Ai-je négligé ce qui est important ?» La liturgie s’est poursuivie avec le rite de reconnaissance du péché, avec plusieurs phrases entrecoupées par le refrain du Kyrie. «Nous confessons que nous, évêques, nous n’avons pas été à la hauteur de nos responsabilités», ont notamment déclaré ensemble les participants. Cette célébration s’est achevée avec le Notre Père, l’échange du signe de paix, et un chant marial. Il ne s’agissait pas d’une messe mais d’une simple célébration pénitentielle, remplie de gravité et de sobriété. Contrairement aux habitudes liturgiques au Vatican, le pape François n’était pas face à l’assemblée et n’a pas pris la parole. Il siégeait silencieusement au premier rang, avec les chefs des Églises orientales, face à un grand crucifix, s’incluant donc lui-même dans ce rite pénitentiel au même niveau que les autres évêques.

 

Mais cela ne contentera pas les victimes des prêtres pédophiles comme le montre periodistadigital.com (https://www.periodistadigital.com/religion/mundo/2019/02/23/marcha-en-roma-victimas-de-abusos-clericales-exigen-tolerancia-cero-religion-iglesia-dios-jesus-papa-francisco-fe-encubrimiento-delito-roma-vaticano.shtml). Plus d'une centaine de personnes, militantes et victimes d'abus sexuels perpétrés par des religieux, ont manifesté aujourd'hui dans le centre de Rome pour réclamer la tolérance zéro pour ces crimes ainsi que pour les évêques et autres auteurs présumés. Avec des banderoles telles que "Justice civile pour tous", "Trop de clercs pédophiles" ou "Le miracle : croyez au Vatican", les manifestants se sont rassemblés sur la Piazza del Popolo, où ils ont lu plusieurs manifestes. "Assez d'excuses, assez de pardons et d'indemnisation pour les victimes", a déclaré la principale bannière de ce rassemblement, qui a eu lieu alors que le Vatican préparait un sommet sans précédent de dirigeants de l’Église catholique pour s'attaquer au fléau mondial des prêtres les pédophiles "La tolérance zéro signifie que tout prêtre ou membre du clerc ayant agressé un enfant ne peut pas rester prêtre", a déclaré l'un des militants, maltraité dans sa jeunesse.

 

Un représentant des victimes chiliennes a lu en espagnol un autre manifeste indiquant que "la réunion qui se tient au Vatican est une reconnaissance de la tragédie mondiale en matière de pédophilie cléricale". Mais à partir de là, la déception des victimes a été exprimée avec le résultat possible que ce sommet qui s'achève demain va lancer. "Nous ne sommes pas d'accord avec la table rase qui est promue lors de cette réunion", a déclaré le militant. L'un des participants portait un t-shirt portant l'inscription "violée à l'âge de 9 ans. Mettez fin aux abus religieux", tandis qu'un autre, déguisé en cardinal, portait une poupée dans ses bras comme s'il était un bébé. Les manifestants ont ensuite marché depuis la place, via la rue centrale Via del Corso, avec leurs affiches écrites principalement en espagnol et en anglais avec d'autres messages tels que "Laissez les enfants naître en paix" ou "Le pape est sourd".

 

Les intentions sont belles, mais les victimes attendent beaucoup : une tolérance zéro dure. Le pape devra se mettre sur cette ligne s’il souhaite contenter les victimes.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église, #Actualités

Repost0

Publié le 23 Février 2019

Cameron Doody montre sur periodistadigital.com que le sommet sur la lutte contre les abus a débuté vendredi 22 février 2019, avec la distribution de rapports des Nations Unies sur la violence à l'encontre des enfants, sur lesquels le pape a souhaité que les délégués réfléchissent et que l'ONU attend elle-même qu’ils le fassent. Il "peut" servir de support "dans l'application dans l'Église de la politique de "tolérance zéro" avec les pédophiles". Ces documents des Nations Unies sont "Vers un monde sans violence" et "Un visage familier : la violence dans la vie des enfants et des adolescents", de l'Unicef.

 

La semaine dernière, comme cela a été expliqué, le comité organisateur de ce sommet et le pape ont rencontré la représentante des Nations Unies sur la violence contre les enfants, Marta Santos Pais. En outre, la représentante de l'ONU a lu un message dans lequel elle exprimait l'espoir que ce matériel "pourrait servir de soutien aux efforts déployés par l'Église pour accélérer son engagement sur cette question importante".

 

Inés San Martín le vendredi 22 février dans cruxnow.com (https://cruxnow.com/february-abuse-summit/2019/02/22/as-popes-abuse-summit-rolls-on-two-cases-make-waves-in-argentina/) nous apprend qu’alors que le sommet du Vatican sur la protection des enfants contre les abus sexuels commis par le personnel religieux se poursuit, l'Argentine, ville natale du pape François, continue de se développer dans deux affaires de comportement sexuel de prêtres près de lui.

 

Dans l'une de ces affaires, un tribunal pénal a décidé que le profil ADN du père Julio Cesar Grassi, condamné à 15 ans de prison pour abus sexuels et corruption de mineurs, serait intégré au registre national des données génétiques liées aux infractions de nature sexuelle. Une autre affaire concerne l'évêque argentin Gustavo Zanchetta. Des documents internes de l'Église récemment divulgués soulèvent des questions sur le fait que le Vatican a eu connaissance d'allégations contre l'ancien prélat du diocèse d'Oran, Salta, au nord, qui avait été nommé au Vatican par le pape François en 2017, deux ans après l'accusation d’inconduite sexuelle qui a été soulevée, dont Zanchetta aurait réussi à convaincre le pontife qu'ils étaient faux. Il est accusé d'avoir envoyé des photos intimes depuis son téléphone, d'avoir harcelé les séminaristes en entrant dans leurs salles à toute heure de la nuit et également d'avoir commis une mauvaise gestion financière.

 

Enfin, Cameron Doody dans periodistadigital.com (https://www.periodistadigital.com/religion/america/2019/02/22/religion-iglesia-america-chile-juan-carlos-cruz-hay-mucha-lagrima-de-cocodrilo-en-los-obispos-victimas-abusos-cumbre-antipederastia-vaticano.shtml$) nous montre aussi que de nombreux évêques présents au sommet anti-abus ont pleuré hier lors des témoignages des victimes, a déclaré à la presse Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg. Mais le chilien Juan Carlos Cruz, farouche défenseur des personnes abusées, est très prudent face à cet étalage d'émotions. "Je connais beaucoup de bonnes personnes dans l'Église et je pense que certaines larmes sont sincères, mais je crois aussi qu'il y a beaucoup de larmes de crocodile", a déclaré le Chilien.

 

Ce journaliste chilien, victime du prêtre Fernando Karadima et l'un des plus grands militants de la lutte pour la responsabilité des évêques en cas d'abus, est à Rome après que le comité organisateur de la réunion lui a demandé de former un groupe de victimes à rencontrer avant le sommet. Cette victime qui, avec James Hamilton et José Andrés Murillo, a ouvert les yeux au pape avec ses dénonciations incessantes au sujet de la dissimulation du clergé chilien, ne se fie pas à la manière dont les évêques recevront les conclusions de ce sommet. "Ce qui m'inquiète, c'est ce qui va se passer ensuite (de la réunion)", reconnaît-il, car il explique que même s'il croit que le pape "fait ce qu'il doit faire, l'inquiétant est ce que les évêques feront de retour dans leurs pays", "Parce que vous savez que le pape est installé et qu’ils font ce qu’ils veulent".

 

Sur les 21 propositions du pape contre les abus et pour garantir la responsabilité des évêques, Cruz affirme que "certaines sont un peu élémentaires". Il dénonce également le fait que les évêques se justifient en disant qu'ils ne disposaient pas des protocoles adéquats pour traiter ces cas. "S'il vous plaît, vous ne pouvez pas violer et maltraiter un enfant, une fille, une personne vulnérable, une femme du 21ème siècle ou du Moyen Âge, ceux-ci (les protocoles) ne peuvent être une excuse", a- t-il ajouté. La réponse après ce sommet est claire. "Ils doivent rentrer dans leur pays, collaborer avec la justice du pays et prendre soin des victimes", a-t-il déclaré.

 

Ce sommet peut donner, explique-t-il, la notion qu'"il faut agir et résoudre le problème de manière globale (...). Il faut donner la même réponse dans toutes les régions du monde. Les enfants sont des enfants et les victimes sont victimes." Pour Cruz, les évêques qui doivent quitter ce sommet "ne comprenant pas l'embout mais le cœur". Cruz croit qu'en Espagne, ils le vivront comme au Chili car "tout est en train d'éclater" après "le nombre d'abus qui ont été couverts pendant des années par les évêques".

 

Il espère que ce qui s’est passé au Chili, avec plusieurs évêques expulsés après avoir été convoqués par le pape au Vatican, "servira d’exemple au reste des évêques pour collaborer avec la justice, donner des pédophiles, au lieu de les cacher et encore moins de cacher les cas." Cruz assure, à propos de certains évêques chiliens, qu'ils sont "de vrais criminels, qu'ils n'auraient même pas dus être évêques et qu'ils devraient également être en prison à cause de la barbarie qu'ils ont commise". Le président de la conférence épiscopale chilienne, l'évêque militaire Santiago Silva, ne participe pas à ce sommet au Vatican alors qu'il fait l'objet d'une enquête dans un cas présumé de dissimulation d'agression sexuelle.

 

Et le cardinal Marx semble donner raison aux doutes Juan Carlos Cruz comme le montre ouest-france.fr (https://www.ouest-france.fr/societe/religions/selon-le-cardinal-reinhard-marx-l-eglise-detruit-des-dossiers-sur-des-abus-sexuels-6234556). L’Église catholique a détruit des dossiers sur des auteurs d’abus sexuels dans ses rangs, a admis ce samedi 23 février le cardinal allemand Reinhard Marx, un proche conseiller du pape François, s’exprimant lors d’un sommet consacré au sujet au Vatican. «Les abus sexuels à l’égard d’enfants et de jeunes sont, dans une mesure non négligeable, dus à l’abus de pouvoir dans le cadre de l’administration», a argué le cardinal allemand, dans son long exposé sur la nécessité pour l’Église d’avoir une administration à la hauteur des scandales sexuels qui ont terni son image.

 

«Au lieu des coupables, ce sont les victimes qui ont été réprimandées et on leur a imposé le silence», a-t-il poursuivi. «Des procédures et des processus établis pour poursuivre les délits ont été délibérément non respectés, plutôt rayés et ignorés. Les droits des victimes ont été, de fait, foulés aux pieds et laissés aux caprices de personnes individuelles», a souligné le cardinal Marx. Le cardinal a en outre estimé que  le «secret pontifical» souvent mis en avant par l’Église n’avait aucune justification à ses yeux face à des cas d’abus sexuels perpétrés par ses membres.

 

Il a en outre préconisé une plus grande transparence sur les procès menés par l’Église, une revendication importante des victimes d’abus sexuels. Selon le cardinal allemand, le nombre de cas examinés par des tribunaux de l’Église et des détails sur ces cas doivent autant que possible être rendus publics. Peter Isely, un survivant du groupe Ending Clergy Abuse, a évoqué l'aveu de Marx concernant la destruction de dossiers lors d'un rassemblement à la fin d’une marche, affirmant que si le cardinal connaissait des évêques qui avaient détruit des documents, il devrait les signaler aux autorités civiles (https://www.ncronline.org/news/accountability/cardinal-admits-vatican-summit-catholic-church-destroyed-abuse-files).

 

Plus remarquée est l’intervention de Sœur Veronica Openibo, la supérieure générale nigériane de la Société du Saint Enfant Jésus, lors du troisième jour de sommet pour la protection des mineurs au Vatican, ce samedi, puisque pour elle l'Église doit aborder le problème des abus sexuels sur des mineurs "de manière plus directe, transparente et courageuse". Elle a indiqué différentes attitudes à prendre, indiquait des initiatives concrètes à prendre, allant des programmes éducatifs à la question de la prostitution, de la participation à l'industrie du cinéma et de la télévision, à la question de la formation sacerdotale. La religieuse s’est également adressée au pape, l'appelant "frère François" pour "prendre le temps, en tant que vrai jésuite, de discerner" sur le cas chilien "et d'être assez humble pour changer d’idée, s'excuser et agir : un exemple pour nous tous". Sœur Openibo, l'une des trois femmes présentes à l'assemblée lors de neuf interventions au cours des trois jours et demi du sommet, a souligné la précieuse contribution des femmes à la lutte contre les abus et a souligné qu'il s'agit d'un problème mondial (malgré une certaine fatigue reconnait-elle), même en Afrique du fait de son expérience au Nigéria, où pendant neuf ans, elle travaillé dans tout le pays dans le domaine de l'éducation sexuelle, elle a aussi entendu les récits et conseillé de nombreuses personnes (https://www.lastampa.it/2019/02/23/vaticaninsider/abusi-una-suora-africana-esorta-i-vescovi-ora-pi-trasparenza-e-coraggio-tJCSiE0I7BOHsF43nK5xFK/pagina.html).

 

La pédophilie cléricale ne se traitera pas à coup de belles intentions, et il faudra que l’Église passe aux actes. Et comme le montre Nicolas Senèze, à Rome, ce samedi sur la-Croix.com (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Si-vous-netes-pas-radicalement-cote-enfants-nous-serons-pires-ennemis-2019-02-23-1201004625?from_univers=lacroix) la vaticaniste mexicaine Valentina Alazraki a clairement expliqué aux évêques du sommet sur les abus sexuels les enjeux de communication sur ce sujet, appelant l’Église à «embrasser la transparence», elle a suggéré trois conseils pratiques qui sont de «mettre les victimes au premier plan», accepter de «se laisser conseiller» et «professionnaliser la communication», et illustré avec beaucoup de force le rôle des médias dans la lutte contre les abus sexuels.

 

Elle met en garde les évêques : «si vous ne vous décidez pas de manière radicale à être du côté des enfants, des mères, des familles, de la société civile, vous avez raison d’avoir peur de nous, car nous les journalistes, qui voulons le bien commun, serons vos pires ennemis.» Écartant avec force l’idée, souvent entendue d’«un complot de certains mass media pour discréditer l’Église », elle a souligné que, si «les abus ne sont pas circonscrits à l’Église catholique», les journalistes sont  plus rigoureux» avec les évêques «en vertu de votre rôle moral».

 

En conclusion, Valentina Alazraki a souligné que l’Église catholique était «au seuil d’un autre scandale, celui des sœurs et des religieuses victimes d’abus sexuels de la part de prêtres et d’évêques». «Je voudrais qu’en cette occasion l’Église joue en attaquant et non en défense, comme cela a eu lieu dans le cas des abus sur des mineurs, a-t-elle insisté. Cela pourrait être une grande opportunité pour que l’Église prenne l’initiative et soit en première ligne dans la dénonciation de ces abus, qui ne sont pas seulement sexuels mais aussi de pouvoir.»

 

«J’espère qu’après cette rencontre, vous rentrerez chez vous et que vous ne nous éviterez pas, mais que vous nous chercherez, a-t-elle terminé. Que vous pourrez revenir dans vos diocèses en pensant que ce n’est pas nous qui sommes les loups féroces, mais, au contraire, que nous pouvons unir nos forces contre les vrais loups.» Un discours qui, en salle de presse, a suscité des applaudissements nourris de la part des très nombreux journalistes présents à Rome pour suivre cette rencontre.

 

Aura-t-on le droit à des mesures concrètes ? Pour cela, le pape François en tirera des conclusions dimanche.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église, #Actualités

Repost0