Publié le 9 Août 2019

HuffingtonPost.fr avec l’AFP nous montre que sans nommer personne ni de pays en particulier, le souverain pontife évoque dans un entretien publié vendredi 9 août 2019 par La Stampa "des pensées qui font peur.” “Le souverainisme est une attitude d’isolement. Je suis préoccupé parce qu’on entend des discours qui ressemblent à ceux d’Hitler en 1934. ‘Nous d’abord. Nous...nous’ : ce sont des pensées qui font peur”, a souligné le souverain pontife dans l’interview au quotidien turinois.

 

Au même moment, le leader d’extrême droite italienne Matteo Salvini entend asseoir son pouvoir en faisant éclater sa coalition avec les antisystèmes du Mouvement Cinq Étoiles suite à sa demande de provoquer des élections anticipées jeudi. En cas d’élections anticipées à l’automne, il devrait concourir seul et les sondages lui prédisent une large victoire avec l’appoint du parti post-fasciste Fratelli d’Italia. Matteo Salvini, qui se dit ami du dirigeant hongrois Viktor Orban et de la cheffe de l’extrême droite française Marine Le Pen, revendique appartenir à un “front souverainiste” dont le but est de “chasser les oligarques européens”.

 

“Un pays doit être souverain, mais pas fermé. La souveraineté doit être défendue, mais les rapports avec d’autres pays, avec la Communauté européenne, doivent également être défendus. Le souverainisme est une exagération qui finit toujours mal: elle mène à la guerre”, a ajouté le pape. Interrogé sur “le populisme”, il a estimé qu’il s’agissait “du même discours”. “Les populismes nous mènent aux souverainismes: ce suffixe en ‘isme’ ne fait jamais du bien”, a-t-il asséné. Réagissant dans un tweet, Marine Le Pen a jugé cette phrase “affligeante” : “quid du catholicisme et du christianisme à ses yeux?!”, s’est-t-elle interrogée.

 

Le pape a aussi répondu à cette question puisque pour le dialogue au niveau européen doit s’articuler avec une idée claire de l’identité. «L’Europe a des racines humaines et chrétiennes», insiste le pape, en soulignant l’apport des catholiques, des protestants et des orthodoxes dans la construction d’une identité commune. L’identité «ne se négocie pas» et elle est «une richesse culturelle, nationale, historique et artistique» propre à chaque pays, qui doit être intégrée avec le dialogue. Le problème, explique le pape, c’est quand rappeler sa propre identité devient synonyme de clôture. «À partir de sa propre identité, il faut s’ouvrir au dialogue pour recevoir des identité des autres quelque chose de plus grand. Il ne faut jamais oublier que le tout est supérieur à la partie». En ce sens, le souverainisme est un danger quand il représente une «attitude d’isolement» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2019-08/pape-francois-interview-stampa-souverainisme-guerre.html).

 

Pour le pape François, l’Europe, qui représente “l’unité”, “ne doit pas se dissoudre”. “Elle s’est affaiblie avec les années, aussi en raison de quelques problèmes de gouvernance, de dissensions internes. Mais il faut la sauver. Après les élections, j’espère qu’un processus de relance va commencer”, a-t-il dit, en saluant la nomination d’une femme à la tête de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen. Le pape évoque régulièrement le danger de la montée des partis populistes anti-immigration, sans jamais nommer les pays ou dirigeants concernés.

 

Matteo Salvini montre enfin son vrai visage, ce n’est pas son pays qui l’intéresse, mais son arrivée au pouvoir et il le fait seulement conforté par des sondages au beau fixe. Plus encore, sa vision de la politique n’est en rien promue par la démocratie puisqu’il pourrait s’allier pour gagner les élections au parti post-fasciste Fratelli d’Italia, fondé par les rescapés du fascisme après la Seconde Guerre mondiale. L’extrême droite ne change pas de visage, elle promet toujours l’enfer à ceux qui ne pensent pas comme elle.

 

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Publié le 8 Août 2019

Arnaud Bevilacqua, nous montre dans la-Croix.com que Mgr Jean-Marc Aveline, qui était évêque auxiliaire du diocèse de Marseille, a été nommé archevêque, jeudi 8 août par le pape François, pour succéder à Mgr Georges Pontier.

 

Le pape François a choisi un Marseillais, fidèle artisan du dialogue interreligieux. Évêque auxiliaire du diocèse depuis 2013, Mgr Jean-Marc Aveline, 60 ans, est aussi président du conseil pour les relations interreligieuses à la Conférence des évêques de France depuis 2017. Auparavant, le natif de Sidi Bel Abbès en Algérie, a été consulteur du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux de 2008 à 2013, dirigé alors par le cardinal Jean-Louis Tauran, décédé il y a en 2018. Il reconnaît toutefois avoir découvert sur le tard ces questions devenues pour lui essentielles. En 1992, il a fondé l’Institut de sciences et théologie des religions (ISTR) de Marseille qu’il dirigera jusqu’en 2002. En 1995, il devient également directeur de l’Institut Saint-Jean, qui deviendra, en 1998, l’Institut catholique de la Méditerranée.

 

Dans une ville plurielle, marquée notamment par la montée de courants rigoristes de l’islam, le savoir-faire de Mgr Aveline, théologien reconnu sera un atout. Sa nomination à la tête de «cette petite Église atypique qui ressemble à celle du Maghreb», a été chaleureusement saluée par Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille. Un territoire dont le futur archevêque connaît aussi les difficultés. Il se caractérise «par une très forte disparité économique entre quartiers pauvres et riches qui fragilise le lien social». Mgr Jean-Marc Aveline, qui souhaite mettre l’accent sur «la mission», prendra possession de son siège épiscopal le dimanche 15 septembre à 15 h 30 à la cathédrale de la Major.

 

Et Claire Lesegretain (avec cath.ch) nous montre enfin dans la-Croix.com (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Monde/Dom-Lambert-nouvel-abbe-Chevetogne-Belgique-2019-08-08-1201040063) que les moines de l’abbaye belge de Chevetogne ont élu dimanche 4 août le père Lambert Vos à la tête de leur communauté, particulièrement engagée dans le dialogue œcuménique avec l’orthodoxie. Licencié en histoire et fin spécialiste de l’œcuménisme, Dom Lambert Vos est aussi l’archiviste de Chevetogne (dont le fonds d’archives est particulièrement riche), ainsi que du Collège grec pontifical à Rome. Depuis 2014, il est également directeur de la revue œcuménique «Irenikon» (un millier d’abonnés dans le monde), créée par Dom Lambert Beauduin et toujours éditée par les moines de Chevetogne.

 

C’est donc en tant que nouvel abbé que Dom Lambert Vos a présidé les célébrations de la Transfiguration, mardi 6 août. Cette fête, quarante jours avant l’Exaltation de la Croix, est l’une des douze grandes fêtes liturgiques du calendrier byzantin – la Transfiguration est appelée «la petite Épiphanie» par les orthodoxes – et est particulièrement célébrée à Chevetogne.

 

Nous voyons que la nomination de Mgr Jean-Marc Aveline et l’élection de Dom Lambert Vos suivent le choix du dialogue interreligieux et œcuménique, et cela s’avère pleinement dans le sens du concile Vatican II. Espérons que ce dialogue avec les chrétiens et les autres religions se fasse aussi au sein de la société où une Église ouverte serait un apport important.

 

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Publié le 7 Août 2019

Le 7 août 2019, salle Paul VI au Vatican, le pape François a repris le cycle des audiences générales après une pause au mois de juillet comme nous le montre la-Croix.com. Pour cette 280e catéchèse du mercredi, depuis le début de son pontificat, il a repris sa série de méditations sur le livre des Actes des Apôtres.

 

Il s’est particulièrement arrêté sur le récit du miracle effectué par les disciples de Jésus (Pierre et Jean) en Actes 3. À la porte du Temple, Pierre, après avoir fixé de son regard le paralytique qui faisait l’aumône et de l’avoir enjoint de se lever, «le touche, le prend par la main et le redresse». Un geste, a expliqué le pape François, «dans lequel saint Jean Chrysostome voit “une image de la résurrection”». Et, c’est bien là, «qu’apparaît le visage de l’Église, qui voit celui qui est en difficulté, qui ne ferme pas les yeux, qui sait regarder l’humanité en face, afin de créer des relations vraies, des relations d’amitié et de solidarité…», a-t-il poursuivi.

 

Une Église, «qui sait prendre par la main et accompagner pour relever, non pour condamner». Pour le pape François, «Jésus tend toujours la main, il cherche toujours à relever, à faire en sorte que la personne guérisse, qu’elle soit heureuse, qu’elle rencontre Dieu». Il s’agit d’un véritable «art de l’accompagnement», a-t-il souligné, qui se caractérise «par la délicatesse avec laquelle on se rapproche de la “terre sacrée de l’autre”». «N’oublions pas cette main toujours tendue pour aider l’autre à se relever; c’est la main de Jésus qui, par notre main, aide les autres à se relever», a conclu le pape François. C’est la réponse du pape à ceux qui veulent une Église rigide qui enferme, fermée à la nouveauté et à la découverte.

 

Arnaud Bevilacqua nous apprend aussi sur la-Croix.com (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Le-cardinal-Jean-Pierre-Ricard-remis-demission-pape-2019-08-07-1201039824) que le cardinal Jean-Pierre Ricard qui atteindra la limite d’âge fixée à 75 ans en septembre, a annoncé qu’il cesserait bien ses fonctions dans les prochaines semaines. Le cardinal Jean-Pierre Ricard a remis sa démission au pape qui devrait l’accepter prochainement. Mgr Jean-Pierre Ricard est l’une des figures de l’Église de France. Il a été président de la Conférence des évêques de France (CEF) de 2001 à 2007. Il a aussi siégé à la congrégation pour la doctrine de la foi et fait cardinal par Benoît XVI le 24 mars 2006. Particulièrement engagé pour l’enseignement catholique, l’unité des chrétiens ou l’accueil des migrants, l’archevêque de Bordeaux s’est récemment élevé contre les expulsions de squatteurs dans des conditions contestées. Le pape François l’avait nommé en 2014 au sein du Conseil pour l’économie au Vatican présidé par le cardinal Marx.

 

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Publié le 6 Août 2019

Claire Lesegretain (avec Indianapolis Star), nous montre ce mardi 6 août 2019 sur la-Croix.com qu’à la suite du décret de Mgr Charles C. Thompson, archevêque d’Indianapolis (Indiana), interdisant à l’école préparatoire jésuite de Brébeuf de se dire catholique après que sa direction a renouvelé le contrat de Layton Payne-Elliott, enseignant en mathématiques au BJPS, qui est marié à un autre homme, Joshua Payne-Elliott, enseignant à la Cathedral High School, autre école supérieure du diocèse d’Indianapolis, dont le diocèse a exigé leur licenciement, l’établissement a fait appel à Rome le lundi 5 août auprès de la Congrégation pour l’éducation catholique à Rome, et, en attendant, ne pourra pas organiser son habituelle messe de rentrée le 15 août, une semaine après le retour des élèves.

 

Les jésuites de la province du Midwest après avoir demandé l’archevêque de reconsidérer sa décision, ce qu’il a ci a refusé de le faire, selon une lettre envoyée dimanche 4 août à la communauté de Brébeuf, espèrent que le décret sera annulé et que ses effets seront suspendus pendant la procédure d’appel. Dans un courrier adressé aux familles, la direction du BJPS assure que l’éducation dispensée ne changera pas : «Nous continuerons d’éduquer nos étudiants pour qu’ils grandissent dans la foi et qu’ils recherchent Dieu selon la tradition éducative jésuite, vieille de 450 ans».

 

Le BJPS et la Cathedral High School ne sont pas les seuls établissements catholiques dans le diocèse d’Indianapolis à avoir un salarié marié à une personne du même sexe et à être affectés par le libellé du contrat de travail exigé par le diocèse pour toutes les écoles. Deux conseillères d’orientation ont été suspendues du lycée Roncalli au début de l’année scolaire 2018-2019 en raison de leur mariage homosexuel.

 

L’une d’elle, Shelly Fitzgerald, a déposé plainte contre le lycée Roncalli et le diocèse, alléguant qu’elle était discriminée en raison de son orientation sexuelle et soumise à des représailles en raison de ses plaintes de discrimination. Elle a également déposé un dossier à la Commission pour l’égalité des chances dans l’emploi. Joshua Payne-Elliott, l’enseignant limogé par Cathedral High School, a également engagé une action en justice contre le diocèse.

 

Espérons que Rome prenne la bonne solution, car virer un homosexuel qui a fait un mariage gay est tout simplement de la discrimination. Et Mgr Charles C. Thompson a oublié l’enseignement essentiel de Jésus l’amour du prochain et de ne pas porter de jugement sur les autres. Dommage, car Layton Payne-Elliott est considéré comme un bon professeur et c’est cela qui devrait entrer en compte et pas sa vie amoureuse qui ne concerne que lui et pas son archevêque.

 

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Publié le 5 Août 2019

José Manuel Vidal dans son article sur religiondigital.com du dimanche 4 août 2019 nous parle de ces rigoristes qui veulent revenir à l’Église conservatrice et autoritaire de l’époque de Jean-Paul II et de Benoît XVI et s’opposent de façon sourde et aveugle au pape François :

 

«Ils ont été "les gazouilleurs" (pas pour gazouiller comme les petits oiseaux, mais pour gazouiller comme des indignés ou, mieux, en colère, pour que les indignés sonnent rouges) depuis que le pape François est arrivé sur le trône pontifical. Avec un seul programme pour sa papauté : décongeler le concile Vatican II et l’appliquer dans toute son étendue. Le Concile qu’a convoqué Jean XXIII et conclu Paul VI et que les rigoristes ne veulent pas.

 

Dans ce concile, comme dans tous les bimillénaires historiques de l'Église (de Jérusalem à Trente, ou à Vatican I), il y a eu des gagnants et des perdants. Les vainqueurs de Vatican II étaient les évêques et théologiens progressistes alignés sur le renouveau de l'Église, afin de l'adapter aux signes des temps. C’est-à-dire la majorité conciliaire : des cardinaux et des évêques du monde entier et la grande majorité des théologiens les plus importants. De Rahner à Congar, en passant par Sobrino, Gutiérrez, Boff, Castillo, Marciano Vidal ou Torres Queiruga, pour n'en nommer que quelques-uns, car la liste complète serait interminable.

 

Karol Wojtyla ou Joseph Ratzinger étaient parmi la minorité des perdants. De la main de Jean-Paul II, les perdants ont entamé une phase de reconquête, d'involution et de gel des grands problèmes conciliaires. Et la minorité conciliaire a imposé sa vision dans l’ensemble de l’Église, a annulé les avancées conciliaires, mis fin aux changements et s’est consacrée à la transformation de la dynamique ecclésiastique générale. Avec deux mécanismes qui, dans une institution aussi cléricalisée que l’Église catholique, sont toujours efficaces, percutants et même renversants : la nomination d’évêques apparentés et la mise au silence des théologiens progressistes.

 

En quelques années, le tandem Wojtyla-Ratzinger a changé le visage de l'épiscopat et nous sommes passés d'évêques dévoués et de serviteurs de la communauté à des prélats-seigneurs et des responsables du sacré. Et les persécutions des théologiens ont commencé à pleuvoir. Pour jouer son rôle de pasteur universel, Jean-Paul II a laissé au cardinal Joseph Ratzinger les clefs du gouvernement de l'Église à la curie romaine et celles de la doctrine. Le cardinal allemand était non seulement le gardien de l'orthodoxie de la papauté de Karol Wojtyla, mais également l'idéologue de l'involution ecclésiale des dernières décennies.

 

Le Panzerkardinal, comme on l'appelait à Rome, était l'un des plus proches collaborateurs du pape Wojtyla et, souvent, on le considérait comme l'authentique numéro deux de l'Église, même au-dessus du secrétaire d'État, le cardinal Angelo Sodano. Profondément associée au pontificat du pape polonais, la figure de Ratzinger est alors devenue celle du théologien qui a aidé à mettre de l'ordre dans l'Église et à décapiter d'abord puis à apprivoiser la théologie de la libération. En 1984, les ordres formels de la théologie de la libération établis par le détenteur de la foi conféraient au droit catholique de laisser de côté tout un courant novateur dans le domaine pastoral, théologique, catéchétique et social, détruisant presque dans l'œuf l'idée d'une Église plus populaire et plus fidèle à l'évangile des pauvres.

 

Ratzinger a imposé une rigidité doctrinale totale à la vie intellectuelle de l'Église et une dynamique de contrôle extrême des théologiens. Et la peur s'est installée entre leurs rangs. Avertis, persécutés, gardés, dans une institution intellectuellement inhabitable, les penseurs de l'Église ont choisi de partir (Leonardo Boff), de se taire (Gustavo Gutierrez) ou de rompre le pont (Hans Küng). Le point culminant de la répression théologique est atteint avec la publication du "Catéchisme de l'Église catholique" et, surtout, avec le "Dominus Iesus", un document de Ratzinger dans lequel la possession de La vérité et du salut est le retour de l'axiome tridentin selon lequel "en dehors de l'Église, il n'y a pas de salut". Un document si malheureux que plusieurs cardinaux ont même protesté contre lui.

 

De plus, Ratzinger a fait taire avec des mesures autoritaires toutes les questions théologiques débattues : célibat des prêtres, statut du théologien, rôle du laïcat, praxis pénitentielle, communion pour les divorcés. Á ce silence s’ajoute le conservatisme contre le sida ou fertilisation artificielle. Il a imposé la thèse du romano-centrisme, décaféiné la collégialité et le pouvoir des conférences épiscopales, les réduisant à de simples branches de la curie, et ajoutant de façon dogmatique l'accès éventuel des femmes au sacerdoce. En fin de compte, Ratzinger a désactivé le Concile.

 

Plus précisément, pendant le pontificat du pape polonais Jean-Paul II, présidé par le cardinal Joseph Ratzinger, des centaines de penseurs catholiques ont été condamnés ou expulsés de leurs sièges , dans la plupart des cas pour leur lien avec la théologie de la libération et même pour avoir suivi les orientations du Concile Vatican II. Les condamnations de l’Allemand Bernard Häring, du Suisse Hans Küng, du Néerlandais Edward Schillebeeckx, du Français Jacques Pohier, du Belge Jacques Dupuis, du Brésilien Leonardo Boff, de l’Américain Charles Curran, du Thaïlandais Tissa Balasuriya, de l’Indien Anthony de Mello, le jésuite Robert Haight et les Espagnols Marciano Vidal, José Antonio Pagola, Juan José Tamayo, Benjamín Forcano, José Arregi, Jon Sobrino, José María Castillo, Juan Masiá et Juan Antonio Estrada. Une liste sans fin. Plus de 500 théologiens du monde entier.

 

Par conséquent, le 8 septembre 2013, le manifeste de l’Association des théologiennes et théologiens Jean XXIII concluait ainsi : «Nous demandons la suspension immédiate des sanctions et la réhabilitation de toutes les théologiennes et de tous théologiens ayant subi des représailles (de qui les œuvres sont interdites, condamnées ou soumises à la censure, de ceux qui ont été expulsés de leur siège, de ceux qui ont été retirés de la liste des "théologiens catholiques", de ceux qui ont été suspendus à divinis, etc.), en particulier pendant les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI, qui étaient particulièrement répressifs en matière de théologie morale et dogmatique, dans la plupart des cas en raison de leur lien avec la théologie de la libération et même de suivre les orientations du Concile Vatican II.

 

Depuis l'arrivée du pape François, les bûchers théologiques ont été éteints et les rigoristes réclament leur retour. Ils sont profondément irrités par les réformes qui se font déjà sentir après le synode sur l’Amazonie et par le démantèlement de l’un de ses «nids» les plus puissants et les plus influents : l’Institut pontifical Jean-Paul II pour le mariage et la famille. L'un des centres de l'involution ecclésiastique, qui a des ramifications dans le monde entier, y compris en Espagne, où ils ont le soutien, par exemple, de l'évêque d'Alcalá, Juan Antonio Reig Plá, connu pour ses discours antigays.

 

Le pape François veut mettre l'Institut sur le trottoir et les rigoristes sont venus défendre leur «bien». Ils le font du vice-président de l'Institut, l'espagnol José Granados, au fondateur des Franciscains de Marie, le prêtre espagnol Santiago Martín ou le prêtre américain George Weigel. Avec ses discours constamment visibles depuis ses terminaux de médias : EWTN ou Aciprensa, globalement, et en Espagne, reproduits par «Infovaticana» ou «Infocatólica». Les deux travaillent en boucle et, à partir de leurs réseaux, diffusent le «Catéchisme de la guerre civile ecclésiastique». En raison de cette «guerre civile», le journaliste-prêtre Santiago Martín, l'un de ses propagateurs, décrit la situation actuelle de l'Église.

 

Ce porte-drapeau de la réaction utilise ses vidéos, pour dessiner un scénario toujours catastrophique, où le «bon» se lève toujours pour faire perdre les «mauvais», c'est-à-dire les partisans d'une prétendue «nouvelle Église», celle du pape Francisco et de ses hommes de main, qui ont opté pour "la rupture, le vandalisme et la persécution". Et il maintient (avec tout son visage) le bien de Santiago Martín qui, à l'époque de Wojtyla-Ratzinger, a parlé avec des théologiens et a eu une telle patience avec eux que seuls quelques-uns ont été condamnés. Et il en cite trois : Hans Küng, Leonardo Boff et Marciano Vidal. De sa mémoire ecclésiastique particulière de ces dernières années, les centaines de théologiens réprimandés sous leurs diverses formes ont disparu.

 

De plus, comme les membres de cette "nouvelle Église" ne sont pas "des croyants, pas même des religieux, parce qu'ils ne croient pas en Dieu", ils doivent cesser de s'emparer du pouvoir et continuer à se battre contre eux, même si cela signifie la persécution", dit le prêtre.

Pauvre Santiago et pauvres gens rigoristes qui perdent l'oremus. Ils ne veulent pas décoller. Ils ont fait de l'église des 35 ans de Wojtyla-Ratzinger leur ferme et refusent de renoncer à leurs fonctions privilégiées. Ils hésitent à faire démonter leur remise, dans laquelle ils ont vécu de façon curieuse. Comme le haut clergé d’antan, ils chuchotent et la force leur sort de la bouche. Personne ne peut arrêter l'avancée de l'histoire et, moins encore, le souffle de l'Esprit sur une Église «semper reformanda». Et beaucoup moins, les quatre rigoristes habituels. Autant qu'ils crient et appellent le schisme

 

Et cet avis de José Manuel Vidal sur les rigoristes est aussi appuyé par Nicolas Senèze, qui en bon connaisseur du Vatican a mené une longue enquête dans l'entourage du pape François dans le livre Comment l'Amérique veut changer de pape qui paraitra le 4 septembre 2019 aux éditions Bayard sur la guerre que des groupes catholiques conservateurs américains ont déclaré au pape François. Au terme d'une année difficile marquée par la crise des abus sexuels au Chili et la tentative de putsch menée par un évêque italien, ancien ambassadeur du pape aux États-Unis, il est apparu que cet évêque exprimait les idées de certains groupes influents américains liés à de puissances financières. Leur but : renverser le pape et préparer l'ère post-François. Ils lui reprochent sa critique du capitalisme néolibéral américain, sa condamnation de la peine de mort et son ouverture et sa non-condamnation de l'homosexualité.

 

Rien ne viendra de là, car cette vison de l’église a lamentablement échoué. C’est une culture qui, par instinct (et non de manière insignifiante, par les lois de l'église de cette époque) a choisi de protéger ceux qui ont maltraité les plus vulnérables de la communauté, tout en ignorant les victimes.

 

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Publié le 4 Août 2019

L’AFP nous montre que le pape François a une nouvelle fois demandé dimanche 4 août 2019  "transparence, sincérité et solidarité" avec les victimes de prêtres, et à privilégier "la culture basée sur la sollicitude" à la "culture de l'abus".

 

"Ces derniers temps nous avons pu entendre avec davantage de clarté le cri, souvent silencieux et réduit au silence, de nos frères victimes d'abus de pouvoir, d'abus de conscience et d'abus sexuel de la part de ministres ordonnés", écrit-il dans une lettre adressée aux prêtres à l'occasion du 160e anniversaire de la mort du curé français connu comme le saint curé d'Ars.

 

"Nous sommes fermement engagés dans la mise en application des réformes nécessaires pour stimuler, dès la racine, une culture basée sur la sollicitude pastorale, de manière à ce que la culture de l'abus ne trouve pas d'espace pour se développer", poursuit-il. "Si, par le passé, l'omission a pu se transformer en une forme de réponse, nous voulons aujourd'hui que (...) la transparence, la sincérité et la solidarité avec les victimes deviennent notre manière de faire l'histoire et nous aide à être plus attentifs à toute souffrance humaine", assure le pape argentin.

 

Confronté à une série de scandales d'abus sexuels au sein de l'Église catholique, le pape François avait organisé en février un sommet mondial d'évêques sur la question en promettant des actions concrètes. Début mai, il a changé la législation interne de l'Église pour rendre obligatoire le signalement par des prêtres ou religieux de tout soupçon d'agression sexuelle ou de harcèlement.

 

La lettre émise directement par le pape oblige également à signaler toute tentative par la hiérarchie catholique de couvrir des abus sexuels perpétrés par un prêtre ou un religieux. Elle somme, en outre, tous les diocèses du monde de mettre en place, dans un délai d'un an, un système permettant au public de signaler des cas d'agressions. Dans sa lettre dimanche, le pape salue également les prêtres "innombrables" qui "font de leur vie une œuvre de miséricorde".

 

Mais la confiance n’y est plus à propos de l’Église sur la pédophilie cléricale. Lundi commence le procès contre deux prêtres et un laïque qui travaillaient dans une école catholique pour jeunes malentendants, l'institut Antonio Provolo de Mendoz, en Argentine, qui aurait maltraité plusieurs de leurs élèves. Vendredi, l'archidiocèse local a publié une déclaration dans laquelle il déclarait qu'il souhaitait lui aussi «la vérité et la justice». "Toute l’église de Mendoza souhaite transmettre, une fois encore, sa solidarité et sa proximité à ceux qui ont dénoncé les crimes les plus aberrants", indique le communiqué publié par le bureau de presse de l’archidiocèse de Mendoza. "Ce que ces personnes ont raconté a horrifié, avec raison, toute la société de Mendoza. Nous l'avons expérimenté en tant que tel dans nos communautés chrétiennes" (https://cruxnow.com/cruxinargentina/2019/08/02/trial-of-priests-accused-of-abusing-deaf-kids-begins-in-argentina/).

 

Á 18 ans, Ezequiel Villalonga ne croit plus en l'Église. Ce sourd-muet a passé des années à l'institut Provolo de Mendoza, où il assure que lui et ses camarades ont été victimes de prêtres pédophiles, une affaire qui secoue l'Argentine, le pays du pape François. "Je pense que tout à l'intérieur de l'Eglise est faux. Tout ce qu'ils nous font lire, réciter, la façon dont (ils disent que) doit se comporter une personne. Je pense qu'ils mentent et qu'ils sont démoniaques", confie ce jeune homme à l'AFP dans la langue des signes, peu avant l'ouverture du procès lundi. Il n’est donc pas étonnant que monseigneur Alberto Bochatey, évêque auxiliaire de La Plata, nommé commissaire apostolique pour se pencher sur la Compagnie de Marie, dont dépendent les instituts Provolo, a été envoyé paître par les victimes (https://www.lepoint.fr/monde/cures-pedophiles-en-argentine-pour-les-victimes-sourdes-muettes-ils-sont-demoniaques-04-08-2019-2328236_24.php).

 

Et comme le montre vaticannews.va (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2019-08/fusillades-etats-unis-le-pape-francois-prie-pour-les-victimes.html), au terme de la prière de l’Angélus, ce dimanche, le pape a évoqué les trois fusillades meurtrières qui ont eu lieu aux États-Unis en l’espace d’une semaine. «Je suis spirituellement proche des victimes des épisodes de violence qui, ces derniers jours, ont ensanglanté le Texas, la Californie et l’Ohio, aux États-Unis, frappant des personnes sans défense», a déclaré le Saint-Père avant d’inviter les fidèles présents sur la Place Saint Pierre à se recueillir en silence quelques instants et à réciter un Ave Maria pour «tous ceux qui ont perdu la vie, pour les blessés et leurs familles».

 

Depuis 2019, ces faits divers meurtriers émaillent le quotidien des Américains. Alors que le pays était déjà en deuil après la tuerie d’El Paso, au Texas, samedi 3 août, qui semble avoir été motivé par des velléités racistes, puisqu’un  manifeste, attribué au tireur et circulant sur internet, dénonce notamment “une invasion hispanique du Texas” et fait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, qui avait fait 51 morts, le 15 mars dernier, la fusillade de Dayton est arrivée dans la foulée, tuant près d’une dizaines de personnes zen pleine rue et son auteur est mort. Après la tragédie d’El Paso, comme après chaque bain de sang, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer une meilleure régulation du marché des armes à feu. “Il est grand temps d’agir et de mettre un terme à cette épidémie de violences liée aux armes”, a ainsi tweeté le favori de la course à la primaire démocrate Joe Biden (https://www.huffingtonpost.fr/entry/fusillade-dayton-el-paso-etats-unis_fr_5d46be53e4b0acb57fcdd08f?utm_hp_ref=fr-homepage).

 

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Publié le 3 Août 2019

Domenico Agasso jr nous montre le vendredi 2 août 2019 sur Vatican Insider que l'action sociale contribue à la confirmation accordée à l'archevêque de Turin.

 

Il n’y a pas que la pratique derrière l’extension accordée à Nosiglia. Les pontifes prennent souvent ce genre de décision concernant les évêques «pensionnés», en particulier ceux des grands diocèses, mais le pape François garde l'archevêque de Turin à sa place pendant deux ans encore avec un certain enthousiasme. Surtout après que le prélat a obtenu un "regain de satisfaction" dans les palais du Vatican. Pour ses collaborateurs, ainsi que pour certains Turinois reçus à la Maison Sainte Marthe au cours des derniers mois, le pape aurait montré sa reconnaissance pour le courage de ses récentes prises de position sur des questions politiques et sociales brûlantes, en particulier les migrants et les nécessiteux. "Une accélération" qui est définie par quelqu'un, sans oublier que Nosiglia est l'auteur de gestes "Bergoglien" avant même que Bergoglio soit pape, comme ceux destinés aux pauvres, qui depuis des années se nourrissent personnellement les cantines de la ville.

 

Le pape François n'a pas précisé les interventions de Nosiglia auxquelles il fait référence, mais sa volonté d'accueillir des migrants à l'époque de l'affaire Sea Watch 3, arrêtée pendant des jours au large de Lampedusa, n’est pas passée inaperçue. Le prélat avait ouvert en grand les portes, "sans fardeau pour l'État". Sous les yeux pour le vice-Premier ministre Matteo Salvini, qui a renvoyé la proposition à l'expéditeur : "Cher évêque, je pense que vous pourrez affecter l'argent du diocèse pour aider 43 Italiens en difficulté. Pour ceux qui ne respectent pas la loi, nos ports sont fermés". Même "grâce" à cette réponse reçue par le chef de la Ligue du Nord, Nosiglia est maintenant considérée comme un point de référence - à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église - pour la défense des plus défavorisés du pays, y compris des désespérés. Jamais auparavant ceux qui ont souligné leur rendez-vous manqué (jusqu'à présent) du cardinalat ne sont trouvés aussi loin.

 

Le pape François s’entoure de cardinaux à son image comme Mgr Nosiglia à qui il donne tout sa confiance, mais doit-il renouveler sa confiance à l’archevêque de Cracovie Marek Jędraszewski qu’il a nommé en 2017 puisque celui-ci a décrit le mouvement LGBT comme une "peste arc-en-ciel" qui menace "les âmes, les cœurs et les esprits", dans une homélie prononcée jeudi 1er août à l'occasion du 75e anniversaire de l'Insurrection de Varsovie comme le montre Alexandra Jaegy avec l’AFP dans son article pour BFMTV.com (https://www.bfmtv.com/international/pologne-pour-un-archeveque-le-mouvement-lgbt-est-une-peste-arc-en-ciel-1741749.html). Le doute est permis.

 

La Pologne est actuellement le théâtre d'une offensive des milieux conservateurs contre ce qu'ils appellent l'"idéologie LGBT" ou "idéologie gender" et qui risque, à leurs yeux, de saper le modèle traditionnel de la famille et conduire à la "sexualisation" des enfants. Plusieurs événements récents ont illustré ce phénomène. Ainsi, une trentaine d'entités territoriales --villages, communes ou une assemblée régionale-- se sont déclarées "libres de l'idéologie LGBT", tandis qu'une Gay Pride a été attaquée par des groupes d'ultranationalistes en juillet à Bialystok, dans le nord-est du pays. Des organisations LGBT et des mouvements de gauche ont réagi en tenant des rassemblements de soutien aux marcheurs de Bialystok et en dénonçant la passivité générale des partis d'opposition, auxquels ils ont proposé de tenir une table ronde sur les droits des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). 

 

On est loin du «Qui suis-je pour juger ?» du pape François envers les homosexuels.

 

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Publié le 2 Août 2019

Luis Miguel Modino, correspondant au Brésil, nous montre dans son article du jeudi 1er août 2019 sur religiondigital.org que la participation à l’Eucharistie est la source et le sommet de toute vie chrétienne. Les mots contenus dans le numéro 11 de Lumen Gentium, l'un des documents fondamentaux de Vatican II, devraient nous amener à réfléchir à la réalité présente dans de nombreuses communautés qui ne peuvent pas profiter de sa célébration, étant réduite dans quelques cas à la fois par année, une situation présente dans la région amazonienne.

 

Face à cette réalité, le cardinal Walter Kasper s’interroge dans un texte intitulé "Munus Santificandi : les ministres des communautés autochtones et le droit d’accès à l’Eucharistie", sur "Comment peut-on alors leur refuser le droit de Eucharistie ?", Une réflexion présente dans la vie de l'Église ces dernières années et qui revêt une importance particulière dans le Synode pour l'Amazonie, qui tiendra son assemblée synodale à Rome du 6 au 27 octobre.

 

Walter Kasper, considéré comme l'un des grands théologiens de la scène européenne au cours des dernières décennies, fait une analyse théologo-pastorale avec laquelle il entend présenter des arguments qui soutiennent les discussions prévisibles qui devraient se produire autour de cette question entre les pères synodaux. Le cardinal allemand part de l'idée de l'Eucharistie en tant que sanctification du cosmos et de la vie. Cela découle du concept de munus sanctificandi, établissant un parallèle entre la Bible et le monde amazonien, soulignant le lien intime de ces peuples "avec leur habitat et leur culture et, en même temps, ils ont le sentiment du caractère sacré de la nature et du cosmos".

 

Nous pouvons dire que la partie la plus intéressante du texte de Kasper sont les questions posées. En référence à cette situation, il s'interroge : "Comment ne pas reconnaître ce symbolisme eucharistique aux peuples, qui le comprennent mieux que nous et qui en ont souvent besoin pour leur vie quotidienne ? Comment pouvons-nous leur refuser la célébration de l'Eucharistie avec des formes et des chants appropriés à leur culture ?" Il tente de répondre à ces questions par la théologie biblique et par le Magistère lui-même, car nous ne pouvons oublier que l'un des commandements de l'Église dit que "les fidèles doivent participer à la messe tous les dimanches et jours fériés". À partir de là, une troisième question est posée : "Comment une Église locale entière, comme celle d’Amazonie, peut-elle être une Église de tradition apostolique sans la célébration eucharistique dominicale habituelle ?"

 

Dans une seconde partie du texte, le cardinal aborde le thème de l’Eucharistie issu de l’économie du salut en montrant, à partir de la Bible et du Magistère, ce que représente l’Eucharistie dans la vie du catholique. Des saints pères à Vatican II, Kasper trouve dans sa réflexion des arguments pour se poser une nouvelle question, car "si, sans participer à l’Eucharistie, il manque quelque chose d’essentiel pour être une Église et si, sans manger à la table eucharistique, la communauté fraternelle et l’Église est affaiblie, en ruine et en voie de dissolution, la question qui se pose est la suivante : comment les communautés chrétiennes peuvent-elles être Église au sens plein du mot si elles ne participent pas régulièrement à la célébration eucharistique ? Sans eucharistie, manque-t-il quelque chose, manque-t-il de centre, ne manque-t-il pas de l'essentiel pour être une Église? Comment peut-on alors leur refuser le droit à l'Eucharistie ?"

 

Ce droit à l’Eucharistie est le point de départ de sa réflexion dans la troisième partie, où il aborde des questions liées au sacerdoce commun des fidèles, ce qui l’amène à affirmer que «tout le peuple de Dieu dû au sensus fidei jouit de l’infaillibilité in credendo (LG 12: EG 119) et participe à la fonction prophétique du Christ (LG 13)», ce que John Henry Newman avait déjà montré, dont la manière de comprendre ces réalités «ne plaisait pas à tout le monde; cependant, dans quelques semaines, il sera canonisé». "Parallèlement à cela, le besoin de ressentir l'ecclesiam, de vivre l'Église et de vivre dans l'Église, ce qui peut parfois aussi être une souffrance pour l'Église", ainsi que de vivre dans le péché, d'être des "compagnons de route et d’écouter ensemble ce que l'Esprit dit aux Églises."

 

Enfin, le cardinal allemand clôt sa réflexion de trois conclusions concrètes. Dans la première, il souligne que «si, dans des circonstances normales, les communautés environnantes disposent d'espaces et de distances qui ne leur permettent d'accéder qu'une ou deux fois par an à l'Eucharistie, il leur manque quelque chose d'essentiel pour être une Église». À partir de là, il affirme que "ces communautés ont le droit pour l'évêque de faire de leur mieux pour changer cette situation", une occasion présentée avec le Synode pour l'Amazonie, où ce qui cesserait d'être une initiative personnelle d'un évêque serait une initiative ecclésiale. Dans la seconde, il reconnaît que "le célibat n’est pas la valeur suprême, qui prime sur toutes les valeurs de droit divin, telles que la structure sacramentelle de l’Église", affirmant que "le célibat ... ne doit pas nous conduire à une Église de visite au lieu d’une Église qui reste, accompagne, est présente et partage la vie quotidienne et sert à la sanctifier". À partir de là, il invite à une réflexion ouverte sur l'ordination des viri probati et "identifie le type de ministère officiel pouvant être attribué aux femmes".

 

Enfin, il aborde la question de "l'inculturation de la célébration sacramentelle" qui, de l'avis du cardinal Kasper, "implique une pénétration intérieure et une transformation de la culture de l'intérieur". Il se demande également s'il s'agit d'un moment opportun pour parler "de l'ordination des femmes", reconnaissant que "cela semble irréaliste et qu’en fait, cela nous mènerait à un schisme", osant la décrire comme un "suicide papal". Dans ce sens, il est favorable à d'autres mesures, telles que "peut-être le diaconat", mais surtout à la recherche de structures synodales "qui garantissent la coresponsabilité et le droit de consultation, mais également aux décisions du Peuple de Dieu". Sans aucun doute, une bonne réflexion sur le fait que, conformément aux éléments de l’Instrumentum Laboris du Synode pour l’Amazonie, peut être une source d’argumentation pour une question présentée comme fondamentale dans la vie des communautés amazoniennes et qui a des conséquences qui vont au-delà de la dimension ecclésiale.

 

Mais comment en finir avec le cléricalisme alors que la Congrégation pour l'évangélisation des peuples a officiellement institué le collège Redemptoris Mater pour l'évangélisation de l'Asie, basé à Macao, en le confiant au Chemin néocatéchuménal, une des chevilles ouvrières de celui-ci. Le collège a été créé par un décret signé par le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Propaganda Fide, le 29 juin, à l'issue de l'audience avec le pape François. La formation des séminaristes inclura une participation directe et personnelle au Chemin néocatéchuménal. Et dans cette mission d'évangélisation, les prêtres peuvent être accompagnés de familles formées sur le Chemin néocatéchuménal et prêtes à être envoyées (https://www.religiondigital.org/vaticano/Roma-entrega-kikos-evangelizacion-China_0_2145085498.html). Encore une fois, derrière les belles intentions l’Église ne fait rien pour que l’Église change de visage.

 

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Publié le 1 Août 2019

vaticannews.va nous montre ce jeudi 1er août 2019 qu’un accord au niveau européen a finalement permis aux 116 migrants retenus à bord du Gregoretti de descendre au port d’Augusta, en Sicile. Cinq pays ont donné leur disponibilité pour accueillir une partie de ces migrants, et environ 50 d’entre eux seront pris en charge par l’Église italienne.

 

Les migrants bloqués sur le Gregoretti, un bateau des gardes-côtes italiens, ont finalement pu mettre pied à terre. Mis à part le cas d’un migrant qui avait dû être préalablement évacué pour raisons sanitaires, il restait 115 personnes à bord. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, avait communiqué via Facebook pour faire savoir qu’il avait donné l’autorisation de débarquer, après avoir reçu l’engagement de cinq pays européens (France, Allemagne, Portugal, Luxembourg, Irlande) pour répartir leur accueil. L’Église italienne assurera également la prise en charge d’une cinquantaine d’entre eux, qui seront accueillis à Rocca di Papa, au sein de la structure “Mondo Migliore”.

 

«De cette façon, la conférence épiscopale italienne, à travers la Caritas italienne, s’est engagée avec ses propres ressources professionnelles et économiques pour répondre à une demande du ministère de l’Intérieur faite à l’Église italienne de prendre en charge l’hospitalité, l’accueil et l’assistance, y compris légale, de ces personnes», a fait savoir la CEI dans un communiqué. «L’initiative, en cohérence avec des mesures analogues assurées par la CEI dans un support subsidiaire au système d’accueil italien, se situe dans un horizon de collaboration qui voit l’État italien et l’Église catholique partager la responsabilité de l’assistance et de l’accueil des migrants», est-il précisé.

Sans lien direct avec ce débarque

ment du Gregoretti, mais sur le même thème, le cardinal Gualtiero Bassetti, président de la conférence épiscopale italienne, a par ailleurs diffusé une lettre aux évêques en reprenant le thème choisi par le pape François en vue de la prochaine Journée mondiale du migrant et du réfugié, invitant à ne pas faire du phénomène migratoire «le bouc émissaire de peurs et d’insécurités, d’un mal-être social qui a des causes bien différentes». Ces phénomènes migratoires font partie des «signes des temps» et «le futur et le présent de la famille humaine» dépendent en grande partie de l’attitude de chacun vis-à-vis des migrants. Il invite tous les évêques d’Italie à participer à la messe que le pape François célèbrera sur la Place Saint-Pierre le dimanche 29 septembre, afin de lui exprimer leur gratitude pour «son courageux magistère». L’envoi d’une délégation de chaque diocèse permettrait d’offrir «un signe de communion autour du successeur de Pierre».

 

Mais la situation est différente pour l'ONG Sea Eye qui se dit prête à la confrontation avec Matteo Salvini. Le ministre italien de l’Intérieur a interdit au navire de sauvetage "Alan Kurdi", d’accéder aux eaux de son pays, alors que 40 personnes se trouvent à bord du bateau. Pourtant, c’est vers l’île de Lampedusa, située entre Malte et la Tunisie que l’ONG a choisi de faire accoster le navire : "Nous n'avons pas nécessairement besoin de nous disputer personnellement avec Matteo Salvini. Pour nous, il est important de mettre les gens en sécurité, là où ils en ont le droit. Nous irons donc à Lampedusa de toute façon, car c'est le port le plus sûr et le plus proche. Et puis nous attendrons les instructions des centres de coordination du sauvetage maritime", commente Carlotta Weibl, porte-parole de l'ONG. Une interdiction qui intervient alors qu’un accord vient tout juste d’être trouvé pour répartir les migrants du navire Gregoretti, resté bloqué pendant une semaine sur les eaux internationales. Selon le gouvernement italien, 950 migrants sont arrivés en juillet par voie maritime dans le pays (https://fr.euronews.com/2019/08/01/le-navire-alan-kurdi-bloque-au-large-de-lampedusa).

 

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