Publié le 30 Septembre 2019

Nicolas Senèze, à Rome, dans son article pour la-Croix.com que par le motu proprio Aperuit illis publié lundi 30 septembre 2019, le pape fait du troisième dimanche du temps ordinaire, en janvier, le dimanche de la parole de Dieu, montrant un nouvel exemple de son souhait d’une Église plus évangélique.

 

Dans ce texte réévaluant celle-ci dans la vie de l’Église, le pape François évoque aussi un ministère «spécifique» de proclamation de la Parole similaire au lectorat qui rappelle «l’importance de la proclamation de la parole de Dieu dans la liturgie», et s’apparente selon Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, à celui des ministres extraordinaires de la communion, et contrairement au lectorat, il sera ouvert aux femmes, car pour le pape  «La parole de Dieu doit trouver des personnes, des femmes, des hommes capables de la proclamer de manière authentique, et capables aussi, dans cette proclamation, d’intelligence du texte sacré.»

 

Le pape veut donc voir évoluer cette situation, et il le fait à sa manière : par l’appel à l’imagination plutôt que de s’enfermer dans des débats qu’il sait stériles. Une façon aussi d’indiquer les ornières à éviter alors que s’ouvre, dimanche 6 octobre, le Synode pour l’Amazonie dont le document de travail propose justement de «discerner le type de ministère officiel qui peut être conféré aux femmes».

Par ce motu proprio, qui s’enracine résolument dans la tradition revivifiée de Vatican II, le pape François continue aussi à esquisser l’Église de demain : une Église plus à l’écoute de l’Évangile et exprimant concrètement la participation active des laïcs. Comme il le dit d’ailleurs dans son motu proprio : «Celui qui se nourrit chaque jour de la parole de Dieu se fait, comme Jésus, contemporain des personnes qu’il rencontre ; il n’est pas tenté de tomber dans des nostalgies stériles du passé ni dans des utopies désincarnées vers l’avenir.»

 

Les femmes catholiques manifesteront le jeudi 3 octobre sur la place Saint-Pierre et lanceront l'initiative #votesforcatholicolomwomen, afin d'exiger la pleine égalité de l'Église du pape et des évêques, à quelques jours du début du Synode amazonien, du fait qu’aucune femme n'a le droit de voter. Leurs revendications sont nées lorsque, lors du dernier synode des jeunes, une douzaine de femmes seulement ont participé aux débats, mais aucune d’entre elles n’a pu voter pour le texte final. À ce moment-là, l'Union des Supérieurs Généraux (UISG) a exhorté les organisateurs de l'assemblée synodale à modifier la norme afin de permettre au moins aux représentants des congrégations religieuses participantes de voter. Le vote dans les débats synodaux est une étape qui a déjà été franchie pour les religieux, mais qui continue à opposer le veto aux femmes (https://www.religiondigital.org/mundo/Catolicas-manifestaran-Plaza-San-Pedro_0_2163383646.html).

 

Mais, les opposants du pape fourbissent leurs armes et d’autres viennent le rejoindre comme le montre Jesús Bastante dans religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/mundo/Martinez-Camino-Brandmuller-Muller-Francisco-rouco-sarah-enemigos-papa-benedicto_0_2163083673.html) ce lundi. Le cardinal Rouco et son disciple, l'évêque auxiliaire de Madrid, Juan Antonio Martínez Camino, ont rejoint le club "sélect" des ennemis du pape François, s’ajoutant aux critiques formulées par les cardinaux Müller, Burke, Brandmuller ou Sarah aux réformes entreprises par Bergoglio, notamment en ce qui concerne le débat sur les prêtres mariés, qui sera abordé lors du prochain synode pour l'Amazone.  Le cardinal Rouco continue de mener, dans l’ombre, l’opposition au pape et aux hommes qu’il a choisis pour l’Espagne (Osoro et Omella, fondamentalement), ce qui ralentit tout type de renouveau. Il y a beaucoup d'évêques qui doivent la mitre à Rouco, qui a exercé le rôle de «vice-pape» tout-puissant de l'Espagne pendant une grande partie du pontificat de Jean-Paul II et de Benoît XVI, et reçoit encore aujourd'hui dans son célèbre grenier au centre de Madrid une partie du secteur le plus conservateur de l'Église de notre pays, actuellement dirigée par les archevêques d'Oviedo, Jesús Sanz (candidat des rigoristes aux prochaines élections de la Conférence épiscopale de mars 2020); et Burgos, Fidel Herráez.

 

Déguisés en groupe d'"étudiants de Benoît XVI", ils se sont tous réunis lors d'une réunion à l'Agustinianum à Rome. Ainsi, le "Cercle et nouveau cercle de disciples de Joseph Ratzinger / le Pape Benoît" garantit qu’"en temps de crise et de purification douloureuse de l'Église, ce ne sont pas les réformes des structures qui guérissent et aident en premier lieu", et qu'à cette époque, "le moment est venu d'ouvrir la pensée théologique du pape émérite à un public plus large". C'est la première fois que ces débats sont ouverts au public. Et comme on peut s’y attendre, ils soutiennent les signataires dans leur déclaration, qui ferme toute porte à la consécration de prêtres femmes ou de prêtres mariés, tout en défendant un "style de la vie sacerdotale " avec "les obligations d'obéissance et de célibat pour le Royaume des cieux".

 

"Le célibat est donc, selon la tradition permanente de l'Église latine, un signe éloquent de foi en l'espoir et en un amour magnanime pour le Christ et son Église", concluent Rouco, Müller, Sarah ou Brandmuller. "Une solution ne sera trouvée que s'il est clair en quoi consiste l'essence du ministère presbytéral dans l'Église et s'il témoigne de la vie. La théologie de Joseph Ratzinger / le pape Benoît XVI offre des réponses à ce double défi et montre un chemin consciemment lié à Tradition et qui mène à cette réforme qui guide la vie vers le Christ et lui donne de la crédibilité", conclut le document que le cardinal Müller a personnellement présenté au pape émérite.

 

Depuis des mois, ces cardinaux opposés aux réformes du pape François utilisent la figure du pape émérite pour construire un récit consistant à affirmer que la théologie s'est terminée avec Benoît XVI, et que celle de Bergoglio ne contribue en rien, mais détruit. D'où les mouvements visant à qualifier le pape François d'hérétique pour son ouverture aux divorcés remariés (approuvé après le synode de la famille), ou la dénonciation planifiée de l'ancien nonce Viganò contre le pape, qu'il accusait de ne rien faire contre la pédophilie du cardinal McCarrick (alors que c’est le pape François qui l’a expulsé du cardinalat et a ouvert une enquête à son encontre).

 

Et les ennemis du pape François risquent de ne pas beaucoup qu’on confie un ministère ressemblant au rectorat à des laïcs et plus particulièrement aux femmes. Mais le pape François ne veut pas les entendre, et pousse de nouvelles barrières comme le montre Cameron Doody ce lundi sur religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/vaticano/Palacio-Apostolico-LGBT-James-Martin-gays-papa-francisco_0_2163383674.html). Nouveau geste monumental du pape François en faveur du ministère auprès des catholiques LGBT, quelques jours après qu'il est apparu qu'il avait appelé le prêtre ouvertement homosexuel James Alison à restaurer "le pouvoir des clés". Le pontife a rencontré pendant 30 minutes aujourd'hui en privé James Martin, le jésuite américain connu pour son empathie et son engagement envers les fidèles arcs-en-ciel, ce dernier a partagé avec le pape François "les joies et les espoirs, ainsi que les peines et les angoisses, des catholiques LGBT et des personnes LGBT en tout le monde". Le Vatican a inclus l'audience du pape avec Martin dans le bulletin pontifical officiel de lundi, signe clair que le pape François souhaitait que le document soit rendu public. Le message implicite était un vote de confiance dans le ministère de Martin. Martin est l'auteur de "Building a Bridge", un livre sur la manière dont l'Église catholique devrait devenir plus présente au sein de la communauté LGBT.  

 

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Publié le 29 Septembre 2019

Comme le montre LePoint.fr avec l’AFP le pape François a exhorté dimanche 29 septembre 2019 à "accorder une attention particulière à l'étranger" et à tous ceux qui sont rejetés, à l'occasion de la Journée mondiale du migrant et du réfugié. "Nous devons accorder une attention particulière à l'égard des étrangers, de même qu'à l'égard des veuves, des orphelins et de tous ceux qui sont rejetés de nos jours", a déclaré le pape lors d'une messe célébrée place Saint-Pierre.

 

Á l'occasion de la 105e édition de cette journée mondiale instituée par le Vatican, le pape a inauguré sur la célèbre place une sculpture rendant hommage aux migrants. L'œuvre en bronze et en argile, signée de l'artiste canadien Timothy Schmalz et baptisée "Angels Unaware", représente un groupe de 140 migrants de différentes cultures et périodes historiques, massés sur une embarcation. Elle pour thème ces mots de la Lettre aux Hébreux : "N'oubliez pas l'hospitalité, certains, pratiquant sans le savoir, acceptaient les anges".

Á l'occasion de cette journée "un thème revient comme un refrain : Il ne s'agit pas seulement de migrants. Et c'est vrai, il ne s'agit pas seulement d'étrangers, il s'agit de tous les habitants des périphéries existentielles qui, avec les migrants et les réfugiés, sont victimes de la culture du déchet", a déclaré pendant la messe Jorge Bergoglio, lui-même issu d'une famille d'émigrés italiens venus en Argentine.

 

Depuis le début de son pontificat en mars 2013, le pape a multiplié les prises de position fortes en faveur de l'accueil des réfugiés et des migrants. Ainsi, il s'était rendu quelques mois après son élection sur l'île de Lampedusa, l'un des principales portes d'entrée des migrants en Europe. En avril 2016, il était même rentré d'une visite sur l'île grecque de Lesbos avec trois familles de réfugiés syriens musulmans à bord de son avion. Fin juillet, il a appelé la communauté internationale à agir "avec promptitude et décision" pour éviter de nouveaux drames en mer.

 

L'organisation internationale pour les migrations (OIM) a recensé entre 1er janvier 2014 et le 30 juillet 2018, 5773 morts dont on a retrouvé les corps et 11 089 disparus, dont les dépouilles n'ont pas été récupérées après les naufrages mais généralement signalés par des survivants. Selon l'OIM, dans leur immense majorité, ces décès et ces disparitions surviennent en Méditerranée centrale, entre la Libye, la Tunisie, Malte et l'Italie.

 

Pour tenter d'enrayer cette hécatombe, plusieurs pays européens (dont l'Italie, la France, l'Allemagne et Malte) ont élaboré un mécanisme de répartition automatique des migrants, dont le but est aussi de mettre fin aux négociations au cas par cas à chaque sauvetage opéré en Méditerranée. Ce dispositif sera soumis pour approbation à l'ensemble des pays de l'Union européenne lors d'un conseil européen "Justice et Affaires intérieures" au Luxembourg début octobre.

 

L’hécatombe continue puisqu’au moins deux embarcations transportant des migrants ont fait naufrage ces dernières heures, l'une au large des côtes libyennes transportant une cinquantaine de migrants dont la situation était critique vendredi, l'autre au large des côtes marocaines tentant de rallier l'Espagne, et dont les corps de 7 Marocains ont été repêchés samedi près de Casablanca (https://fr.euronews.com/2019/09/28/naufrages-d-embarcations-de-migrants-en-libye-et-au-maroc).

 

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Publié le 28 Septembre 2019

religiondigital.org nous montre dans son article du vendredi 27 septembre 2018 que l’'Église catholique en Australie indemnisera d’un million de dollars australiens (environ 619 000 euros ou 676 000 dollars) à l'une des victimes du prêtre pédophile Gerald Ridsdale, après que les parties se soient entendues, a confirmé l'avocat de la victime vendredi. Le religieux, qui a abusé de plus de 60 enfants pendant trois décennies et est toujours en prison pour plusieurs affaires, a violé un garçon de neuf ans identifié comme étant JCB dans la ville de Mortlake, dans l'état de Victoria, en septembre 1982.

 

Judy Courtin, la représentante légale de la personne plaignante, a confirmé la chaine publique australienne ABC que l'Église catholique et son client étaient parvenus à un accord la veille du procès avant que l'affaire ne parvienne à la Cour suprême de Victoria. L'avocate a déclaré que cet accord pourrait ouvrir la porte à des centaines de demandes d'indemnisation déposées par d'autres victimes de Ridsdale.

 

Ridsdale, emprisonné depuis 1994 pour plusieurs condamnations, a plaidé coupable dans au moins cinq procédures judiciaires pour avoir abusé de mineurs entre 1961 et 1988 alors qu'il était prêtre dans le sud de l'Australie. Au début du mois de septembre, l’Église catholique a reconnu pour la première fois dans des documents d’audience avoir connaissance des plaintes déposées contre Ridsdale.

 

L'enquête sur les crimes d'abus sexuels sur mineurs perpétrés au sein de l'Église catholique australienne a révélé que Ridsdale faisait partie d'un réseau pédophile à Ballarat (État de Victoria) dans les années 1970. Ce réseau comprenait également le directeur de l’école Saint Alipius, Robert Best, et les prêtres Edward Dowlan, Stephen Farrel et Gerald Fitzgerald, tous condamnés pour abus sexuels sur mineurs, à l’exception de ce dernier, depuis sa mort en 1987 alors qu’il faisait l’objet d’une enquête.

 

Ridsdale a vécu dans les années 70 dans un séminaire avec le cardinal George Pell, condamné en mars à six ans de prison pour cinq chefs de sévices sexuels sur mineurs, dont un pour pénétration orale, commis à Melbourne entre 1996 et 1997. Pell, le plus haut gradé de l’Église catholique reconnu coupable de pédophilie, a interjeté appel au milieu de ce mois devant la Haute Cour d’Australie, la plus haute instance judiciaire du pays, pour tenter d’inverser sa peine.

 

Tandis que Claire Lesegretain (avec I.Média) nous apprend sur la-Croix.com le vendredi 27 septembre (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Accuse-dagressions-sexuelles-nonce-France-rentre-Rome-2019-09-27-1201050470) que Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique à Paris, est rentré à Rome, très certainement de façon définitive, a appris I.Média auprès de diverses sources. Le bureau de presse du Saint-Siège n’a pas tenu à commenter ces informations. Il logera dans une des résidences pour le clergé âgé appartenant au Vatican, à proximité de la place Saint-Pierre. Même s’il se trouve désormais sur le sol italien, Mgr Ventura serait tenu de se rendre à Paris en cas de convocation par la justice. En l’attente d’un prochain nonce, l’intérim serait actuellement assuré à Paris par le premier conseiller de la nonciature, Mgr Andrea Ferrante. Un nouveau représentant pontifical en France pourrait être nommé dans les prochaines semaines.

 

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Publié le 28 Septembre 2019

vaticannews.va nous montre dans son article du vendredi 27 septembre 2019 que le pape a envoyé un télégramme de condoléances au président français Emmanuel Macron après la mort de Jacques Chirac. Dans celui-ci, il lui exprime, ainsi qu’au gouvernement et à tout le peuple français, ses plus vives condoléances. «Je prie avec ferveur le Seigneur pour qu’il accueille le défunt dans sa paix, et pour qu’il assure à tous ceux que sa mort éprouve, en particulier son épouse et sa famille, le réconfort de l’espérance. Que Dieu bénisse la France et tous les Français».

 

L’Église de France a également fait part de ses prières pour la famille de l’ancien chef de l’État français, à travers Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, qui a également publié un communiqué pour présenter les condoléances de la CEF. «Le président Jacques Chirac a marqué les Français par son énergie, son goût du contact humain, sa capacité à affronter l’adversité, écrit Mgr Moulins-Beaufort. Au-delà de son bilan politique, dans la longue durée de sa carrière, il a incarné, de manière singulière, une certaine attitude française devant les défis créés par la crise économique, les transformations du monde avant et après 1989, en Europe et sur les autres continents, les choix de société rendus possibles et nécessaires par les évolutions techniques».

 

L’ensemble des évêques fera mémoire du «service généreux» de Jacques Chirac envers son pays. Mgr Riocreux, évêque de Basse-Terre (Guadeloupe), un ami proche de la famille Chirac, sera présent aux funérailles. Un hommage populaire sera organisé dimanche 29 septembre à Paris, aux Invalides. Jacques Chirac sera ensuite inhumé lundi dans la plus stricte intimité au cimetière Montparnasse, à Paris, aux côtés de sa fille Laurence, décédée en 2016. Des livres d’or ont été mis à disposition un peu partout en France, notamment dans le hall d’entrée de l’Élysée. La journée de lundi a été décrétée jour de deuil national. Une minute de silence sera respectée à 15h dans les administrations publiques et les écoles.

 

Solène Cordier dans LeMonde.fr nous montre dans son article que le vendredi 27 septembre après des débats longs et parfois houleux, quelquefois techniques, souvent répétitifs (le fameux «effet domino» du passage de la PMA vers la gestation pour autrui, GPA), où il fut question parfois des droits des femmes, beaucoup de la figure du père, et très fréquemment de l’intérêt supérieur de l’enfant, mais sans modification importante, à l’arrivée, de l’article 1er du projet de loi de bioéthique qui prévoit d’étendre aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes l’accès aux techniques de procréation médicalement assistée (PMA) a été adopté vendredi avec 55 voix pour, 17 voix contre et trois abstentions (https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/09/27/bioethique-les-deputes-adoptent-l-article-qui-elargit-l-acces-a-la-pma_6013315_823448.html).

 

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Publié le 26 Septembre 2019

Comme le montre José Manuel Vidal ce jeudi 26 septembre 2019 sur religiondigital.org qu’il se trouve qu’il est un ami fidèle et un défenseur du pape et ne le cache pas. Le cardinal allemand Walter Kasper vient de se rendre à Madrid, lors de la réunion internationale pour la paix de l'archevêché de Madrid et de la communauté de Sant’Egidio, et a accordé une interview exclusive à religiondigital.org.

 

Simple et proche, il a répondu à tout sans détours ni fausse prudence. Il croit que le pape n'a pas peur de "l'épouvantail du schisme" soulevé par "de petits groupes qui s'opposent ouvertement au pape, mais vous devez savoir et garder à l'esprit qu'ils sont peu nombreux, très peu nombreux, bien qu'ils fassent beaucoup de bruit", il dit aussi que l'ordination des hommes mariés, après le Synode, dépendra de la décision unanime des évêques de la région que le "pape, avec son esprit synodal, mettra en œuvre", il enfin élimine le fer du frottement de l'Église allemande avec Rome, puisqu’"Il y a toujours eu une tension entre l'Allemagne et Rome. C'est quelque chose d'historique, mais pour le moment, je peux dire que la grande majorité de l'Église allemande est en totale harmonie avec Rome", et affirme avec emphase que le pape prépare sa succession, avec la nomination de nouveaux cardinaux, et que "le peuple n'acceptera pas que le prochain conclave choisisse un pape "a contrario"", "car ils veulent un pape humain normal et non un pape impérial, comme ceux du passé".

 

Et comme nous le montre Claire Lesegretain (avec Ucanews), dans son article du mercredi 25 septembre dans la-Croix.com (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Monde/Vives-critiques-lancien-archeveque-Tokyo-contre-Curie-romaine-2019-09-25-1201049874) le retour à l’Église du temps de Jean-Paul II et de Benoît XVI n’est pas souhaité non plus au Japon. Deux mois avant le voyage du pape François au Japon, Mgr Takeo Okada, archevêque émérite de Tokyo reproche au Vatican de ne pas rendre service à l’Église au Japon, du fait de sa centralisation administrative et de l’image déplorable qu’il donne au monde, plus particulièrement ceux qui travaillent à la Curie romaine  qui ne font pas «signe», en tant que «pauvres, humbles, fidèles et saints serviteurs de notre Seigneur Jésus-Christ», et suggère que le Saint-Siège «tente une plus grande décentralisation du pouvoir par délégation aux Conférences des évêques». «Il est très souhaitable que l’Église universelle partage la responsabilité entre les Églises locales», écrit encore l’ancien archevêque de Tokyo, apportant ainsi son soutien au pape François qui souhaite ardemment une Église décentralisée et synodale.

 

Mgr Okada ne manque pas de rappeler que «la moitié de la population mondiale (étant) composée d’Asiatiques, le Saint-Siège devrait davantage utiliser les ressources humaines des pays asiatiques». Enfin, Mgr Okada souligne, pour le déplorer, que «la nouvelle traduction de l’Instruction générale de la messe romaine entraînera l’annulation de certaines adaptations précédemment autorisées à la Conférence des évêques du Japon». Il rappelle à ce propos que les évêques japonais ont envoyé leur nouvelle traduction alternative à la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements «il y a quelques années», mais «jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune réponse de la part de la Congrégation». L’archevêque émérite de Tokyo n’est pas le premier à dénoncer la lenteur de la Congrégation pour le culte divin pour corriger et valider les traductions réalisées par les Conférences épiscopales. Et ce, alors que depuis l’an dernier le Motu proprio Magnum principium du pape François, accorde normalement une plus grande marge de manœuvre aux Conférences épiscopales.

 

Enfin, L'Eglise allemande dans sa voie synodale agira "rapidement" contre le fléau des abus des enfants par le clergé. Cela a été annoncé par Monseigneur Ackermann, responsable de la lutte contre la pédophilie dans l'épiscopat du pays, qui a donné des informations sur l'indemnisation. Ainsi, 2100 demandes d'indemnisation des victimes ont été approuvées, pour un montant total de 9 millions d'euros. La proposition des évêques est basée sur la gravité des abus et des souffrances endurées par les victimes et implique plusieurs développements par rapport à la pratique antérieure. Si auparavant chaque survivant recevait 5000 euros à titre de "reconnaissance matérielle de sa souffrance", des échelles différentes sont désormais établies, pouvant aller de 40 000 à 400 000 euros, en fonction de la gravité de l'affaire. Ces décisions ont été prises après le profond rapport rédigé par les diocèses allemands il y a un an. Il a estimé qu'entre 1946 et 2014, il aurait pu y avoir 3 677 cas d'abus commis par 1 670 prêtres. Cette étude est, entre autres raisons, à l’origine de l’approche dite du "chemin synodal" (https://www.religiondigital.org/mundo/obispos-alemanes-destinan-millones-victimas_0_2162183764.html).

 

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Publié le 26 Septembre 2019

"Nous courons le risque de répandre la culture de la mort quand, au contraire, nous sommes obligés de tout faire pour propager une mentalité qui aime la vie et que la culture de la vie essaie de défendre jusqu'à la fin", a averti le cardinal Angelo Becciu, préfet de la Congrégation pour la cause des saints, s’ajoutant la réaction des évêques italiens qui ont exprimé leur "stupéfaction" devant la décision de la Cour constitutionnelle italienne d'ouvrir la porte à l'euthanasie comme le montre religiondigital.org ce vendredi 27 septembre 2019.

 

En dépit d'une loi qui l'interdit, la Cour constitutionnelle italienne a estimé, mercredi 25 septembre, que le suicide assisté peut être jugé licite si une série de conditions sont réunies. Dans une sentence très attendue, la haute cour a jugé que l'aide au suicide "n'est pas punissable" quand sont respectés "le consentement éclairé" de la personne, "les soins palliatifs", "la sédation profonde" ainsi qu'un contrôle ("vérification de ces conditions et des modalités d'exécution" du suicide assisté) effectué par les autorités de santé publique après "avis du comité éthique" local (https://www.francetvinfo.fr/monde/italie/italie-la-cour-constitutionnelle-rend-possible-le-suicide-assiste-sous-certaines-conditions_3631995.html).

 

Dans ce contexte, la Conférence épiscopale italienne a critiqué le fait que cette décision marque une "vision utilitariste de la vie" et l’Association des docteurs catholiques italiens (Amci) a affirmé dans une déclaration garantissant la liberté de conscience aux médecins qui ne souhaitent pas intervenir sur les cas actuellement traités par la Cour. Selon Giuseppe Battimelli, vice-président d’Amci, au moins 4000 médecins italiens sont prêts à exercer leur liberté de conscience en rejetant cette disposition.

 

Cette décision de la Cour constitutionnelle a amené la Conférence épiscopale italienne à se souvenir des paroles du pape François dans son discours aux membres de la Fédération nationale des associations de chirurgiens et de dentistes le 20 septembre. Les évêques "confirment et ratifient leur engagement de proximité et d'accompagnement de l'Eglise envers tous les malades".

 

En Italie, pays à forte tradition catholique, l'euthanasie est interdite et le code pénal punit "l'instigation ou l'aide au suicide" par des peines allant de 5 ans à 12 ans de prison. Les juges constitutionnels étaient saisis du cas de Marco Cappato, un responsable du Parti radical (historiquement favorable à l'avortement et à l'euthanasie), qui avait conduit un célèbre DJ italien en Suisse en 2017 pour un suicide assisté. Fabiano Antoniani, dit DJ Fabo, était resté tétraplégique et aveugle après un accident de la route en 2014. "A partir d'aujourd'hui nous sommes tous plus libres, y compris ceux qui ne sont pas d'accord" avec l'euthanasie, s'est félicité Marco Cappato sur Facebook, évoquant une "victoire de la désobéissance civile". "Pour moi aider DJ Fabo était un devoir, la Cour a établi que c'était son droit", a-t-il ajouté (https://www.francetvinfo.fr/monde/italie/italie-la-cour-constitutionnelle-rend-possible-le-suicide-assiste-sous-certaines-conditions_3631995.html).

 

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Publié le 25 Septembre 2019

Mélinée Le Priol, nous montre ce mercredi 25 septembre 2019 dans la-Croix.com qu’alors que le projet de révision des lois de bioéthique est examiné à l’Assemblée nationale à partir du mardi 24 septembre, plusieurs évêques de France plus particulièrement ceux de Bayonne (Mgr Marc Aillet), Pamiers (Mgr Jeanan-Marc Eychenne), Versailles (Mgr Éric Aumonier), Beauvais (Mgr Jacques Benoit-Gonnin) ou encore Cambrai (Mgr Vincent Dollmann), ont écrit aux fidèles de leur diocèse pour exprimer leurs inquiétudes quant à ce texte, dont ils dénoncent les «transgressions éthiques» que comporte ce projet de loi, «gravement défaillant», selon Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre.

 

Les évêques rappellent comme celui de Nanterre, que l’Église catholique n’est pas la seule à s’être prononcée contre ce projet de loi : «l’ensemble des confessions religieuses» a exprimé des réticences, ainsi que l’Académie de médecine, et même une philosophe du féminisme – Sylviane Agacinski – ou encore un sociologue de mai 68Jean-Pierre Le Goff.

 

Ces déclarations font suite à la soirée organisée au Collège des Bernardins, le 16 septembre, par la Conférence des évêques de France (CEF), au cours de laquelle trois poids lourds de l’épiscopat avaient déjà émis leurs réserves et inquiétudes face au projet de loi. Quelques mouvements d’Église ont aussi pris publiquement la parole sur ces questions, à l’instar du Mouvement chrétien des retraités (MCR), qui invite ses membres à «savoir à quels risques nous exposent les choix dénués de toute reconnaissance de la dignité de la personne».

 

Alors que la Conférence des évêques de France n’a pas officiellement appelé à manifester le 6 octobre, plusieurs des communiqués d’évêques publiés ces derniers jours semblent éviter le sujet. L’archevêque de Cambrai Mgr Vincent Dollmann, quant à lui, mentionne explicitement la manifestation du 6 octobre, intitulant même son communiqué : «Manifestation «Marchons enfants»». «Je salue la mobilisation des personnes qui (y) participeront», déclare-t-il, regrettant que cette démarche soit «parfois stigmatisée comme réactionnaire». Même son de cloche chez Mgr Aillet : «J’ai bien conscience qu’un encouragement épiscopal à manifester pourra être taxé hâtivement de «clivant», selon l’expression consacrée. J’en prends le risque, car ce n’est pas la posture, mais c’est la Vérité qui a un effet clivant !»

 

L'évêque de Grenoble-Vienne (Isère) Guy de Kerimel s’ajoute à eux en affichant son opposition à l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules ce mardi. Il appelle également les fidèles à manifester le 6 octobre aux côtés du collectif catholique conservateur La Manif pour tous (https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/bioethique-eveque-grenoble-dit-non-pma-appelle-marcher-manif-tous-1727805.html).

 

D’autres types d’actions sont également recommandées, comme l’organisation de veillées dans les paroisses ou la lecture des documents épiscopaux déjà publiés sur les questions de bioéthique. La prière «personnelle et communautaire», enfin, est encouragée par l’ensemble des évêques : «pour que les digues qui demeurent tiennent encore», s’émeut Mgr Aumonier.

 

Mais le débat sur la PMA pour toutes est loin d’être vu à tête reposée. Les députés doivent examiner ce texte qui prévoit notamment l'ouverture de la PMA à toutes les femmes ou encore l'accès aux origines pour les enfants nés grâce à un don de sperme. Mais du centre à l'extrême-droite, dès l'ouverture des débats, les élus ne taisent pas leurs craintes. La première serait celle d'un éventuel glissement de la PMA à la GPA, la gestation pour autrui. En revanche à gauche, on trouve que le texte ne va pas assez loin. Les socialistes ont par exemple déposé des amendements réclamant l'autorisation de la PMA post-mortem, pour les femmes dont le conjoint décède au cours du processus de procréation médicalement assistée (https://www.francetvinfo.fr/societe/mariage/mariage-et-homoparentalite/adaptation-du-droit-a-la-societe-glissement-vers-la-gpa-des-son-premier-jour-devant-l-assemblee-nationale-le-projet-de-loi-bioethique-divise_3631163.html).

 

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Publié le 25 Septembre 2019

religiondigital.org nous montre ce mercredi 25 septembre 2019 que le nonce apostolique du pape en Allemagne, Nikola Eterovic, a souligné devant les évêques allemands que le but de la "voie synodale" qu'ils avaient commencée devait être l'évangélisation et leur avait également rappelé l'importance de la lettre du pape aux catholiques allemands du mois de juin.

 

"Il ressort clairement des paroles du souverain pontife que l'objectif de la Voie synodale doit être l'évangélisation. Pour l'efficacité de l'évangélisation, l'unité entre l'Église universelle et les églises particulières est essentielle", a souligné Eterovic lors de l'ouverture de l’assemblée générale d'automne de la Conférence épiscopale allemande lundi dans la ville allemande de Fulda.

 

Selon Vatican News, Eterovic a conseillé aux évêques allemands de "placer la question de Dieu au centre des réflexions synodales". Ainsi, il a souligné que le sens concret de la "voie synodale" fait toujours l'objet de discussions, mais a souligné qu'il ne s'agissait pas d'un "sondage d'opinion" ou d'une "enquête sociologique", mais, comme le souligne le pape François dans sa lettre, "L’Église est sous la lumière du Saint-Esprit, sous sa direction et son enthousiasme, pour apprendre à écouter et à reconnaître l'horizon toujours nouveau."

 

Selon le portail katholisch.de, le cardinal Reinhard Marx a ouvert mardi la séance solennelle sur la cathédrale de Fulda, afin de s'assurer que "le moment est venu". Marx a souligné que Jésus a également créé une nouvelle communauté avec l’Église, prenant l'évangile de Luc, a rapporté certains changements opérés par Jésus, tels que l'ignorance consciente de catégories humaines ou le fait de toucher les pauvres et les malades. "Il ne s'agit pas de tradition, mais de savoir si nous écoutons la parole de Dieu et si nous la suivons. C'était depuis le début la mission de Jésus jusqu'à ce jour", a-t-il déclaré.

 

Tout au long de ce mardi, l’assemblée a également présenté un document de proposition commandé à un groupe de travail indépendant, composé d’experts universitaires et d’experts politiques, qui permet d’approfondir le processus de reconnaissance des souffrances des victimes d’abus sexuel au sein de l'Église. Cette œuvre a été commandée par les évêques allemands après l’étude présentée il y a un an, dans laquelle 3 677 cas d’abus sexuels sur des enfants et des jeunes par 1 670 membres du clergé ont été enregistrés entre 1946 et 2014.

 

La Conférence épiscopale allemande s'adressera du lundi 23 septembre au jeudi 26 septembre aux citoyens allemands de Fulda pour sa session plénière d'automne, à laquelle participeront 60 évêques et qui sera présidé par le cardinal Marx. Les évêques allemands vont donc traiter des cas d'abus sexuels dans l'Église catholique ainsi que la "voie synodale" décidée par les évêques au printemps, qui traite des structures du pouvoir ecclésiastique, du mode de vie sacerdotal, de la moralité sexuelle et du rôle des femmes dans l'Église, et souhaitent opérer des changements comme Jésus. Si seulement la Conférence des évêques en France avait le même courage.

 

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Publié le 24 Septembre 2019

Fabien Hünenberger dans son article pour rts.ch du lundi 23 septembre 2019 nous montre que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, créée en 1969 à Fribourg par Mgr Marcel Lefebvre, a obtenu le droit de célébrer ses 50 ans dans une église diocésaine. L'autorisation est justifiée en invoquant un "acte œcuménique".

 

Samedi 5 octobre, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X commémorera son demi-siècle d'existence à Fribourg. Les célébrations auront lieu en l'église paroissiale Saint-Maurice et à la chapelle de Bourguillon. Mgr Morerod, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a fait dérogation "à titre exceptionnel" à une norme qui interdit qu'une église de son diocèse soit mise à disposition d'une communauté intégriste.

 

On évalue à 600 le nombre de prêtres intégristes dans le monde. En Suisse romande, la Fraternité Saint-Pie X possède des écoles privées à Villars-Tiercelin (VD), Riddes (VS), Onex (GE) et souhaite en ouvrir une nouvelle – pour une cinquantaine d'élèves – à Essertes (VD), selon une enquête du journal Le Temps.

 

Les habitants redoutent de voir leur commune devenir une «Ecône vaudoise» et cela génère une certaine inquiétude dans le village. Un flyer, récemment distribué par quelques riverains, interpelle ainsi la population : «La population d’Essertes est-elle d’accord pour accueillir une telle église et devenir ainsi ’l’Ecône vaudoise' ?» (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Monde/En-Suisse-projet-Fraternite-sacerdotale-Saint-Pie-X-inquiete-village-2019-09-23-1201049411).

 

Après une tentative infructueuse de rapprochement tentée par le pape Benoît XVI, les relations semblent s'être distendues sous le pontificat du pape François. En janvier 2019, celui-ci a dissous la commission instaurée par Jean-Paul II pour dialoguer avec les intégristes. Rome semble considérer aujourd'hui que la tectonique des plaques l'a définitivement éloigné d'Ecône et que les divergences doctrinales sont irréconciliables. Un nouveau paradigme qui transparaît d'ailleurs dans les éléments de langage utilisés par Mgr Morerod pour justifier sa dérogation : "Un acte œcuménique." Une terminologie que l'on réserve, au sein de l'Église catholique, aux relations avec des Églises que l'on ne considère pas comme catholiques romaines.

 

Les relations entre la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et Rome sont froides, venant de la méfiance de la première envers le pape François à cause de son souci de réformes. Et le plus drôle, c’est que la FSSPX est contre l’œcuménisme et Rome traite sa relation avec elle de manière œcuménique.

 

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Publié le 24 Septembre 2019

Raphaël Zbinden nous montre dans cet article sur cath.ch le lundi 23 septembre 2019 que les bénédictines Andrea Felder (78 ans) et Fidelis Schmid (86 ans), du couvent de Fahr, dans le canton d’Argovie, participeront début octobre 2019 à Rome à la conférence de «Voices of Faith», qui revendique le droit de vote des femmes dans les synodes des évêques. Elles s’expriment sur leur engagement. Cinq religieuses de la communauté de Fahr, près de Zurich, feront le voyage avec elles à Rome. Le 3 octobre, trois jours avant le début du Synode sur l’Amazonie, elles participeront à une rencontre internationale rassemblant des religieuses occupant un poste à responsabilité au sein de leur communauté. L’événement est organisé par la démarche internationale «Voices of Faith» (les voix de la foi). Cette initiative demande en particulier un droit de vote pour les religieuses dans les synodes des évêques. Son principal argument est que, lors des deux synodes précédents, l’état clérical n’a plus été un critère de droit de vote, celui-ci ayant été étendu aux baptisés non-ordonnés, néanmoins toujours masculins.

 

La prieure de Fahr, Irene Gassmann, participera, lors de la rencontre, à une table ronde. Sœur Andrea Felder, qui a été l’adjointe de la prieure pendant sept ans et est entrée au monastère il y a 53 ans, la soutiendra sur place. Ainsi que sœur Fidelis Schmid, ancienne prieure, qui vit dans la communauté de la vallée de la Limmat depuis 1957. Sœur Andrea souligne que les questions concernant la place des femmes dans l’Église, la possibilité de leur ordination, le célibat obligatoire pour les prêtres, et l’accès au sacerdoce pour les hommes mariés (viri probati) – qui touchent l’Église universelle- ont été vivement discutées à l’intérieur du couvent. Ceci déjà bien avant l’annonce de la conférence à Rome. «On parle de ces thématiques lors de nos activités de loisirs, quand on entend ce que dit tel ou tel homme d’Eglise sur tel ou tel sujet», confie la religieuse. Le livre «Les Femmes catholiques et le Concile Vatican II» (Katholikinnen und das Zweite Vatikanische Konzil, 2018) est actuellement lu lors des repas au monastère. Grâce à cela, les religieuses ont pu apprendre que beaucoup de femmes ont fait entendre leur voix lors de cet événement, remarque Sœur Andrea.

 

Elle-même est convaincue par l’objectif de la conférence de «Voices of Faith». «J’estime qu’il serait positif que les femmes aient le droit de vote dans les synodes des évêques. Elles ont parfois des points de vue complètement différents des hommes». Sœur Andrea est en faveur de réformes dans l’Église. «Il doit se passer quelque chose». Elle apprécie l’engagement de la prieure Irene Gassmann envers la place des femmes dans l’institution. «Je suis heureuse de participer à cette conférence, mais je ne vais pas à Rome pour manifester», tient à relever la religieuse de 78 ans. Car elle n’aime pas la façon dont certaines femmes demandent l’égalité dans l’Église. «C’est répugnant de voir des femmes manifester avec une mitre sur la tête», affirme-t-elle. Elle fait allusion à la grève des femmes du 14 juin, où des femmes portant des mitres roses se sont mêlées aux grévistes. Elle déplore le fait que, lors de cet événement, les discussions se soient concentrées exclusivement sur les femmes, et que les hommes aient été mis de côté. «Au contraire, tout devrait être fait dans l’amour et la justice, dans l’échange. Hommes et femmes devraient se rencontrer». Sœur Andrea, qui s’avoue d’un caractère réservé, n’aime pas être au premier plan. Elle se sent gênée par le fait qu’elle et ses consœurs du couvent de Fahr soient «toujours sous les feux de la rampe». Il serait préférable, selon elle, que les monastères travaillent tous ensemble pour les droits des femmes dans l’Église. Elle admet cependant que c’est difficile, en raison du vieillissement de la plupart des communautés.

 

Sœur Fidelis Schmid n’a, elle, aucun problème avec l’attention publique que le voyage à Rome suscite. Le but de l’institution n’est pas de se mettre en avant, précise-t-elle. Il s’agit plutôt de montrer que : «oui nous sommes des religieuses. Nous sommes toujours en vie et nous sommes ouvertes au changement». Dans le monde entier, les consacrés masculins se penchent activement sur les problèmes de l’Église. «Il est important que nous puissions également exprimer notre opinion sur ce qui pourrait et devrait changer dans l’Église». La rencontre de «Voices of Faith» en donne l’opportunité. Sœur Fidelis Schmid a été prieure du couvent bénédictin de Fahr de 1988 à 2003. Elle est heureuse que la sœur qui lui a succédé, Irene Gassmann, participe à cette table ronde à Rome et que la communauté l’accompagne. «Le soutien de toute la communauté aura plus d’effet que si une seule représentante se rendait à Rome». Elle considère le non droit de vote des religieuses aux synodes des évêques comme une «grande lacune» et «un énorme défaut». Les religieux sont autorisés à voter uniquement parce qu’ils sont des hommes, indépendamment de leur niveau d’expertise, déplore-t-elle. Une règle dont il faut montrer l’absurdité à tous «ces grands hommes à Rome» – encore et encore, jusqu’à ce qu’ils s’en rendent compte, martèle Sœur Fidelis.

 

Alors que Sœur Andrea aimerait que les choses se passent de la façon la plus conciliante, l’ancienne prieure sait que si les femmes ne font pas preuve d’opiniâtreté, rien ne se passera. Mais même si les deux moniales ne s’engagent pas de la même manière, leur voyage à Rome sera certainement pour les deux un moment très fort. Il s’agira de leur second séjour dans le cœur battant de l’Église. Dans le cadre de la conférence, des visites guidées sont prévues. Sœur Fidelis est très heureuse de revoir Rome, avec ses nombreuses et belles églises, ainsi que les catacombes. Sœur Andrea attend également avec impatience son séjour dans cette ville et les «belles rencontres avec d’autres consacrées». Elle espère voir de près le pape à l’audience générale.

 

Les bénédictines de Fahr partiront pour Rome en bus le 30 septembre. Elles atteindront la ville après une halte près de Sienne le 1er octobre. Elles seront accompagnées par d’autres religieuses de Suisse, dont la dominicaine Ingrid Grave, et Sabine Lustenberger, supérieure du couvent des capucines de Sainte-Claire, à Stans (NW). La conférence de «Voices of Faith» du 3 octobre peut être suivie à partir de 11h30 via Livestream, également au couvent de Fahr, qui invite à une projection publique de l’événement.

 

Les bénédictines Andrea Felder et Fidelis Schmid veulent faire entendre votre voix Le 3 octobre 2019, avec des religieuses du monde entier qui se réuniront à Rome pour discuter de questions sur lesquelles elles ne resteront plus les bras croisés. Pour «Voices of Faith» le temps est venu pour les femmes dans le leadership et la prise de décision dans l'Église.

 

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