Publié le 28 Février 2021

José Manuel Vidal nous montre sur religiondigital.org ce dimanche 28 février 2021 que de la chaise de la fenêtre, le pape François a condamné «l'enlèvement ignoble de 317 filles enlevées à leur école» au Nigéria dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 février, après que des hommes armés ont envahi les dortoirs d’un pensionnat de Jangebe et ont forcé ces jeunes filles à les suivre, mais excédés par le manque de sécurité dans la région, des habitants ont manifesté, vendredi 26 février, alors que le ministre de l’Intérieur, Rauf Aregbesola, se rendait sur place (https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/nigeria/lyceennes-enlevees-au-nigeria/nigeria-317-adolescentes-enlevees-par-des-hommes-armes-apres-lattaque-dun-pensionnat_4313303.html) et, le jour des maladies rares, le pape s'est souvenu de ces patients, en particulier des enfants, qu'il a invité à «leur faire sentir le caresse et tendresse de Dieu.»

 

Dans le domaine plus religieux, Bergoglio commentant l’épisode de la Transfiguration du Christ dans l’évangile de Marc, a demandé qu’au Carême, les fidèles jeûnent "des ragots et des calomnies, un bon jeûne qui ne les fera pas souffrir de la faim", tout en rappelant que la mission du chrétien est "d'être de petites lampes de l’Évangile qui apporte un peu d'amour et d'espérance"         , car elle ne doit pas s’arrêter à la «béatitude» de sa rencontre avec le Christ, qui met en en garde contre la «paresse spirituelle» (https://www.cath.ch/newsf/le-pape-francois-met-en-garde-contre-la-paresse-spirituelle/).

 

Finalement, le pape François ne pense pas finir ses jours dans son Argentine natale répondant : «je serai pape, en exercice ou émérite. Et à Rome. Je ne retournerai pas en Argentine». Dans un livre intitulé La santé des papes dont les bonnes feuilles ont été publiées samedi dans le quotidien argentin La Nacion, le souverain pontife dit en effet se voir mourir à Rome. Il affirme aussi que l’Argentine ne lui manque pas : «Non, elle ne me manque pas. J’y ai vécu 76 ans. Ce qui me fait mal, ce sont ses problèmes», dans une allusion à la crise économique qui secoue le pays sud-américain (https://www.20minutes.fr/monde/2987319-20210228-vatican-pape-francois-voit-mourir-rome).

 

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Publié le 27 Février 2021

Youna Rivallain, sur laCroix.com nous montre ce samedi 27 février 2021 que comme l’a annoncé Mgr Michel Aupetit, le centre pastoral Saint-Merry, dans le 4e arrondissement de Paris, devrait fermer ses portes le 1er mars, en raison de conflits avec les deux curés qui s’y sont succédé depuis trois ans. Cette décision met fin à 45 ans d’invention «de modes nouveaux pour l’Église de demain».

 

Fondée en 1975 sous l’impulsion du cardinal François Marty et dans la lignée de Vatican II, la mission de Saint-Merry à ses débuts est assez floue : inventer des nouveaux modes pour l’Église de demain. D’ailleurs, le cardinal lui-même avoue ne pas trop savoir en quoi cela consiste. Mais progressivement, autour du père Xavier de Chalendar, une équipe de laïcs s’active pour faire de ce centre pastoral un laboratoire d’Église, lieu d’inclusion et de réflexion. «Beaucoup d’anciens prêtres et religieuses y ont trouvé un refuge. Des gens dotés d’une vraie culture théologique, faisant de Saint-Merry une paroisse cultivée religieusement, qui sait ce dont elle parle», rappelle Jean-Louis Schlegel, sociologue et auteur du livre À la gauche du Christ (Seuil 2012).

 

Au CPHB, tout est remis à plat pour réfléchir et repenser chaque morceau de la liturgie. « Beaucoup de fidèles de cette paroisse ont été blessés par l’Église dans le passé », souligne Vincent, pour expliquer cette perspective. Par exemple, pas de kyrie ou de rite pénitentiel, « car beaucoup ont été blessés par une vision culpabilisatrice du péché ». Est aussi mise en avant la coresponsabilité du prêtre et des laïcs : ce sont ces derniers qui préparent la messe chaque semaine et prononcent l’homélie. Ce jour-là, dans la nef, Alexandra, membre du CPHB, montre des chaises disposées en cercle autour d’un ambon au centre de la nef. «C’est ici qu’on fait le partage de la Parole au début de la messe, explique-t-elle. Pour la liturgie eucharistique, on se déplace dans le chœur, dans l’esprit de la Cène

 

Tous les fidèles sont alors assis autour de la table de l’Eucharistie, où le prêtre consacre le pain et le vin. «C’est ce déplacement qui m’a le plus marqué lors de ma première messe à Saint-Merry », se souvient Clarisse, 30 ans, qui a été catéchumène, s’est mariée, et a fait baptiser sa fille ici. Toute son histoire de foi est liée au CPHB. «C’est la paroisse qui m’a fait dormir en sac de couchage dans une église à 25 ans !, sourit-elle. Pendant une Nuit sacrée

 

Car Saint Merry est aussi un lieu de culture. Fondé deux ans avant l’ouverture du centre Pompidou, dans un quartier d’artistes en pleine mutation, le CPHB est avant tout une aventure locale. «Il s’agit de témoigner de l’Évangile dans un monde qui n’entend plus parler de Dieu», résume Pietro Pisarra, responsable communication de Saint-Merry. Engagement social via le soin aux migrants ou aux plus démunis – c’est d’ailleurs entre ces murs que sont lancés les Restos du Cœur en 1985; dialogue interreligieux et interculturel, notamment à travers les Nuits sacrées; catéchèses et formation pour tous les âges ainsi que de grands débats sur la société et l’Église…

 

«Saint-Merry est un lieu de confrontation, de débat, c’est un lieu qui vit !», s’enthousiasme Pietro Pisarra. La paroisse devient également un lieu de rencontre pour les réfugiés politiques sud-américains débarqués en France. C’est ici aussi qu’Óscar Romero, archevêque de San Salvador et «Voix des sans voix», se rend pendant une visite dans l’Hexagone en 1980. Le CPHB est le seul lieu d’Église à Paris où les fidèles homosexuels sont explicitement intégrés à la communauté. Une fois par mois, un temps de prière organisé par l’association catholique LGBT David & Jonathan y est célébré. «Saint Merry n’a pas fait les choses à moitié. Ils n’ont pas juste prêté leurs locaux à David & Jonathan. L’équipe du CPHB a vraiment voulu que cette association fasse partie de la communauté à part entière», insiste Vincent.

 

Choqué par la décision de Mgr Aupetit, Pietro Pisarra le maintient : Saint-Merry est un exemple de l’Église en sortie dont parle le pape François. «Ce projet n’est pas périmé, au contraire, il faut davantage de lieux comme celui-ci !» François Euvé, théologien jésuite, espère que l’expérience Saint-Merry pourra se poursuivre ailleurs. «C’est normal que dans des expérimentations, il y ait des erreurs, des tâtonnements. Mais ces lieux de parvis sont essentiels dans l’Église.»

 

Mgr Aupetit a pris une mauvaise décision, car le centre pastoral Saint-Merry représente une Église ouverte et non repliée sur elle-même à travers une expérience novatrice et un espace de liberté permettant d’accueillir les périphéries comme le souhaite le pape François à travers un réel engagement dans la société et une foi cohérente. Mais pouvait-on attendre un geste de la part d’un évêque qui a marché dans les manifestations de la Manif pour tous pour s'opposer à loi Taubira permettant l’adoption du mariage pour tous, et plus préoccupé par l’avortement, la PMA et l’euthanasie. Le doute est permis.

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Publié le 26 Février 2021

religiondigital.org nous montre ce vendredi 26 février 2020 que les victimes d'abus ont demandé à l'Église catholique espagnole de mener une «recherche active» des cas d'abus sexuels sur mineurs, sur la base des plaintes qui les atteignent car elles trouveraient, selon les estimations, «non pas huit mais des milliers» de victimes.

 

«Ce que l'Église catholique doit faire pour trouver les victimes d'abus, c'est de les rechercher activement, lorsqu'il reçoit une plainte, menant l'évêque de service doit se rendre dans les paroisses où il a travaillé. S'ils suivaient cette méthode, ils n'auraient pas huit cas ou 80 mais, comme dans d'autres pays, comme la France ou l'Allemagne, des milliers de victimes», a déclaré à Europa Press le porte-parole de l'Association de l’enfance volée, Miguel Hurtado. Cela a été prononcé après avoir pris connaissance des données offertes ce jeudi par les évêques, qui ont dénombré huit plaintes d'abus sur mineurs - passées et récentes - dans leurs bureaux de soins aux victimes depuis leur lancement il y a huit mois.

 

Hurtado a ajouté que dire qu'en Espagne il y a moins de cas d'abus dans l'Église que dans d'autres pays est «faux» parce que «la Conférence épiscopale sait parfaitement comment les cas de pédophilie ont été traités pendant des décennies : le délinquant était protégé, était changé de paroisse et les parents ont été persuadés de ne pas le signaler.» "Ce n'est pas qu'en Espagne il y a moins de cas, mais qu'en Espagne que l'Église a eu beaucoup plus de pouvoir que dans d'autres pays, elle a eu plus de capacité à se couvrir", a-t-il dénoncé. En ce qui concerne le refus des évêques de créer un fonds pour indemniser les victimes d'abus, Hurtado estime que "cela montre qu'ils ne veulent pas que l'ampleur de ce qui s'est passé soit révélée" car un système d'indemnisation est "une incitation à laisser les gens révéler les abus qu'ils ont subis."

 

Dans ce contexte, l'Association de l’enfance volée demande au gouvernement de réformer le Code civil afin d'éliminer ou, du moins, de prolonger le délai de prescription afin que les victimes qui ont subi des abus puissent signaler des dommages et recevoir une indemnisation, comme c'est déjà le cas, dans des pays comme l'Écosse, l'Australie ou le Canada. Ils affirment également qu'il sera rétroactif pour les victimes d'abus dans le passé.

 

Plus précisément, ils réclament la réforme de la responsabilité civile extracontractuelle de l'article 1902 du Code civil. De cette manière, selon leurs besoins, non seulement les victimes d'abus commis par des membres de l'Église catholique mais aussi par d'autres institutions en bénéficieraient. "Ce serait la solution car la hiérarchie catholique a clairement démontré qu'elle ne veut pas indemniser volontairement les victimes", a dit Hurtado.

 

Les victimes n’attendent plus rien de l’Église qui ne se soucie pas d’elles, ne désire pas créer un fond d’indemnisation et ne veut pas commander une véritable étude des cas de pédophilie en Espagne, et préfère maintenant se tourner vers l’État. Ce qui est compréhensible devant tant de mépris. L’institution-Église en Espagne à force de se couvrir va tout perdre.

 

Et ledauphine.com (https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2021/02/26/au-vatican-on-demande-a-un-pretre-soupconne-de-viols-d-indemniser-sa-victime-presumee), nous apprend aussi qu’un prêtre italien soupçonné de viols sur un adolescent dans un hébergement pour jeunes de la Cité du Vatican a reçu pour consigne de son évêque, Mgr Oscar Cantoni - de Côme (nord de l’Italie), de verser 20 000 euros à sa victime présumée, plus 5 000 euros pour les frais d’une enquête interne menée par le diocèse de Côme, après que des prêtres avaient dénoncé des comportements "sexuellement inappropriés". Il s'agit du père Gabriele Martinelli, aujourd’hui âgé de 28 ans, qui est soupçonné d’avoir imposé durant sa jeunesse des relations sexuelles à un jeune homme âgé d’un an de moins que lui, L.G.. Les faits auraient débuté en 2007 lorsqu’ils étaient encore tous deux adolescents, âgés de 14 et 13 ans. Ils se seraient déroulés durant cinq ans jusqu’en 2012, année où Gabriele Martinelli avait atteint ses 19 ans.

 

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Publié le 25 Février 2021

"Je ne sais pas. Honnêtement, je ne sais pas". Deux ans après le Sommet anti-pédophilie, les évêques espagnols admettent que "nous ne connaissons pas les cas (d'abus sur mineurs) dans toute l'Espagne" comme le montre Jesús Bastante ce jeudi 25 février 2021 sur religiondigital.org. C'est ainsi que le porte-parole de la Conférence épiscopale, Luis Argüello, a dû supposer, en soulignant néanmoins que les nouvelles plaintes, se référant à des affaires en cours, qui ont été reçues dans les bureaux diocésains tout au long de cette année sont «sept ou huit, et dans certains cas, juste des potins».

 

Pressé par la presse (et malgré les tentatives de couper les questions du chef du bureau de presse), le secrétaire général a fini par constater que «150 personnes sont venues dans les bureaux diocésains pour diverses raisons», sans savoir lesquelles. Mais, malgré ce manque de rigueur dans les données, les évêques continuent de refuser d'établir une étude globale, comme d'autres épiscopats, tels que l'Allemagne, la France, les États-Unis, l'Irlande ou la Pologne elle-même, l’ont préparé qui nous permettent un aperçu du drame de la pédophilie cléricale.

 

"Nous n'avons pas commandé d'étude générale", a admis Argüello juste après avoir annoncé un service de coordination pour "continuer à avancer dans la volonté de prévenir, de soigner les victimes de ces abus et d'offrir tout le service pour faire face à ces situations". Interrogé à plusieurs reprises, l'évêque auxiliaire de Valladolid a conclu que «nous allons collecter les données, aider dans cet aspect de coordination, puis ensemble nous verrons ce que nous pouvons faire». Il voulait affirmer comment les diocèses et les congrégations religieuses «font un effort pour voir quelle est notre histoire». "C'est notre plus grand mea culpa, ayant détourné le regard, ce qui se reflète dans le fait qu'il n'y a généralement pas beaucoup de preuves dans les archives" qui, comme Argüello lui-même l'avait déjà indiqué à d'autres occasions, mène à une réelle investigation sur le passé.

 

Bien qu'il n'y ait pas de données, les évêques ont utilisé certains d'entre eux pour attaquer un prétendu «modèle dans les médias qui vient à dire que, si dans d'autres lieux en Europe, 4% des prêtres impliqués sont apparus dans des études, en Espagne ça doit être le cas aussi. Et si 0,2% est reconnu, on cache le reste. Et ce n'est pas comme ça», a-t-il déclaré, ignorant que les études menées dans d'autres pays étaient promues par l'Église de chaque lieu, ouvrant les archives à des chercheurs indépendants, ce qui n'est pas le cas ici.

 

Citant une étude de la Fondation ANAR, Argüello a extrapolé des chiffres qui suggèrent que 0,2% des agresseurs au cours des douze dernières années étaient des prêtres. «De tous les cas de ces douze années, il y a eu douze personnes», ce qui «nous paraît particulièrement grave, mais nous voulons que cela soit replacé dans le contexte» où il est reflété que la plupart des abus se produisent dans l’environnement familial. "Bien que les chiffres soient très petits, nous devons reconnaître la gravité de chaque chiffre pour chaque personne, chaque victime", a déclaré Argüello. "Nous pouvons dire avec regret que nous sommes confrontés à une situation sociale grave, avec honte que les ecclésiastiques et les personnes consacrées aient participé à ce drame, mais aussi avec courage que le nombre de personnes institutionnellement liées à l'Église a été très faible."

 

Argüello a également refusé de créer un fond d'indemnisation stable de l'Église espagnole pour les victimes de la pédophilie, bien qu’il a promis de faire face à l'indemnisation dans les cas où la justice le dicte, et d'accompagner, au «cas par cas», les personnes qui ont souffert et manifesté de mauvais traitements et qui ont besoin d'une aide ou d'un soutien psychologique. «Nous sommes prêts à reconnaître la compensation que les juges établissent, à accepter la première compensation lors de conversations personnelles. Dans la mesure où il y a un besoin de thérapie et de travail de soutien. Pas comme critère général, ni comme fonds ouvert, mais à partir d'une relation personnelle et personnalisée avec les personnes qui peuvent se trouver dans ces situations (…). Ce qui est important, c'est qu'il existe un désir de servir les victimes dans toutes les dimensions possibles. Il n'est pas nécessaire de créer un fonds, pour aider les victimes, vous devez recourir aux ressources dont vous disposez, sans avoir besoin de fonds spécifiques», a conclu Argüello.

 

L’épiscopat espagnol démontre son peu d’entrain à véritablement en finir avec les abus sexuels puisqu’ils refusent une étude globale sur le % de prêtres pédophiles et de créer un fond d'indemnisation pour les victimes de ceux-ci trop occupé à déplorer la "très grande difficulté" à parler à l'exécutif de "questions liées à la culture", comme l'euthanasie, l'avortement ou la loi trans, annoncé une journée de jeûne et de prière le mercredi 16 décembre pour la défense de la vie, et d’ aborder le régime fiscal de l'Église avec le gouvernement mais aussi  de la classe de religion, des couloirs humanitaires ou du revenu vital minimum, et de l'étendre à d'autres sujets (https://www.religiondigital.org/espana/obispos-espana-inmatriculaciones-mujeres-laicidad-iglesia_0_2317568241.html).

 

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Publié le 24 Février 2021

Céline Hoyeau nous montre dans la-Croix.com ce mercredi 24 février 2021 que pendant trois jours, les évêques éprouvant une certaine gêne, et la crainte d’être «encore dans l’autoflagellation», ont réfléchi à l’épineuse question de leur responsabilité face aux abus sexuels commis dans l’Église. Les échanges avec des victimes durant les groupes de parole, et l’intervention de Henry Rousso, le président de la Mission de préfiguration du Musée-mémorial du terrorisme, ont dédramatisé et clarifié à ses yeux l’épineuse question de la responsabilité des évêques.

 

Pour l’historien Henry Rousso, il peut y avoir responsabilité sans imputabilité. Autrement dit, quand l’État reconnaît sa responsabilité vis-à-vis des victimes et les indemnise, cela ne signifie pas que tel responsable politique est responsable pénalement. La liberté et la gratuité de ces échanges, qui n’étaient pas censés conduire à des décisions immédiates, ont favorisé la qualité du dialogue et de l’écoute, saluée par les victimes associées au travail. La pièce de théâtre Pardon ? de Laurent Martinez, projetée lundi soir, a aussi alimenté la réflexion et marqué les esprits. Ces réflexions ont permis d’avancer notamment sur la question d’une démarche de pardon soit sous la forme d’une déclaration ou d’une célébration liturgique du pardon.

 

Au terme de leur assemblée, ils ont remis de grandes orientations au conseil permanent qui doit se réunir lundi 1er et mardi 2 mars, avant de leur faire un retour. Le communiqué final de l’assemblée est demeuré assez général, indiquant simplement que cette session s’inscrivait dans la perspective de l’Assemblée plénière de printemps qui aura lieu du 23 au 26 mars et «dont le but sera d’engager l’Église en France pour plusieurs années dans un dispositif viable afin de la conduire hors de la crise des agressions sexuelles et des abus de pouvoir» ; mais aussi «dans la perspective de la réception du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase)», en octobre prochain.

 

La question du calendrier reste en débat. Certains, sensibles au discours des victimes, souhaitent attendre l’assemblée de novembre pour prendre des décisions. D’autres évêques estiment qu’il leur faut « prendre leurs responsabilités dès maintenant », quitte à ce qu’elles soient complétées par la suite, à partir des préconisations de la Ciase. D’autres encore ne veulent pas se faire dicter les décisions par une instance extérieure. Si l’idée d’une indemnisation forfaitaire systématique semble en tout cas abandonnée, celle d’un secours adapté au cas par cas a été évoquée. La Ciase, elle, réfléchirait à un forfait de base auquel s’ajouterait un deuxième niveau d’indemnisation, en fonction de la situation de chaque victime et du préjudice subi.

 

Pourtant, aucune mesure concrète n'a été décidée, les annonces devant intervenir fin mars, lors de l'assemblée de printemps, juste avant Pâques, durant laquelle l'Église de France devrait s'engager pour plusieurs années dans un dispositif viable afin de la conduire hors de la crise des agressions sexuelles et des abus de pouvoir (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-02/cef-france-abus-sexuels-reflexion-assemblee-extraordinaire.html). Espérons-le.

 

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Publié le 23 Février 2021

José Luis Gómez de Segura, correspondant en Allemagne, nous montre dans religiondigital.org ce mardi 23 février 2020 que ce premier dimanche de Carême, le mouvement "Maria 2.0" a placé aux portes des cathédrales et des églises de toute l'Allemagne un manifeste avec sept thèses, qui font référence aux réformes urgentes dont l'Église a besoin. Ce faisant, des militantes catholiques défendent le geste réalisé il y a 500 ans par Martin Luther.

"Le fait que Luther ait cloué ses thèses à la porte de l'église du château de Wittenberg est probablement une légende, mais ses thèses ont mis en mouvement quelque chose d'important, ce que veulent également les composants de Mary 2.0", disent-elles dans un communiqué. Les sept thèses s'adressent à «tous les hommes de bonne volonté». En eux, le mouvement réclame une église juste dans laquelle tout le monde a accès à tous les postes, ainsi que la clarification et la lutte contre les causes de la violence sexuelle. En outre, une attitude positive à l'égard de la sexualité et l'abolition du célibat obligatoire sont nécessaires. De plus, les thèses se retournent contre «toutes sortes de faste, contre les transactions financières douteuses et l'enrichissement personnel des responsables de l'Église». L'Église doit gérer de manière responsable et durable les biens qui lui sont confiés selon les principes chrétiens. La direction de l'Église a risqué sa crédibilité, dit le manifeste. C'est pourquoi elle est incapable de «se faire entendre de manière convaincante et d'œuvrer pour un monde juste dans l'esprit de l'Évangile». L'Église est toujours pertinente pour beaucoup de gens, pour la société et l'environnement : c'est pourquoi elles disent : "notre mission est le message de Jésus-Christ. Nous agissons en conséquence et participons aux défis sociaux." De son point de vue, il est nécessaire que la Conférence épiscopale allemande commence à "aborder sérieusement les réformes nécessaires dans l'Église catholique et à témoigner de la volonté de changement par des actes", dit le message de "Maria 2.0".

Le porte-parole de la Conférence épiscopale, Matthias Kopp, a exprimé sa compréhension du malaise ressenti par de nombreux catholiques. "Nous savons que des changements sont nécessaires. C'est pourquoi la Conférence des évêques allemands a lancé la"Voie synodale" pour poursuivre ces questions", a déclaré Kopp. La protestation est un moyen légitime, "mais nous ne pouvons pas changer l'Église du jour au lendemain, mais nous devons le faire à travers un dialogue ouvert marqué par la confiance". L'Assemblée des évêques discutera des progrès de la Voie synodale. Cependant, l'Église en Allemagne "n'empruntera pas un chemin spécial sans Rome" en ce qui concerne les questions pertinentes pour l'Église mondiale.

De son côté, le vicaire général du diocèse d'Essen, Klaus Pfeffer, parle d'un «signe de grande force» dans l'action. L'acuité des thèses a révélé sans équivoque «à quel point la situation de conflit dans notre Église a atteint un point critique», a déclaré Pfeffer. "Cette protestation doit être prise très au sérieux, car elle vient du sein de notre Église et parle du cœur d'une grande majorité de fidèles". Des thèses sont également accrochées à la porte de la cathédrale du diocèse d'Essen. "Un nombre croissant de fidèles catholiques en Allemagne - même les plus fidèles - ne sont plus disposés à soutenir notre Église à moins que des changements très fondamentaux ne suppriment les causes de nombreuses tristes histoires de souffrance", a expliqué le vicaire général d'Essen, Pfeffer. En même temps, il a appelé tous les participants au débat "à se traiter les uns les autres avec respect dans cette phase difficile de notre Église, même avec des opinions différentes".

À Mayence, Mgr Peter Kohlgraf a déclaré aux femmes catholiques : "Je ne vais pas retirer l'affiche", a-t-il dit. Et il a souligné qu'il avait de la sympathie pour certaines thèses. «Mais à l'église, dit-il, rien ne peut être accompli aussi rapidement.» Mgr Meier d'Augsbourg accepte les thèses et promet son ouverture et sa volonté de dialogue et avait proposé de discuter plus intensément des questions lors d'une réunion au printemps.

Les gestes commencent dans un épiscopat très ouvert aux changements comparé à la France comme nous le montre Jesús Bastante dans religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/mundo/mujer-secretaria-general-obispos-alemanes-beate-gilles-iglesia-abusos-sexuales-batzing-woelki_0_2316968306.html). Une femme est maintenant à la tête du Secrétariat général de la Conférence épiscopale en Allemagne. Et pas n'importe quelle femme, mais une théologienne, Beate Gilles. Pour la première fois dans l'histoire, une femme occupera ce poste de coordination et d'organisation dans l'épiscopat allemand. Le président de la Conférence épiscopale, Georg Bätzing, a souligné que l'élection de Gilles était un signe que les évêques catholiques sont prêts à donner suite à leur annonce d'amener les femmes à des postes importants. Au cours de sa présentation, Bätzing, qui a convenu que la femme du diocèse de Limbourg, a décrit Gilles comme «une théologienne profonde avec de grands dons d'organisation». «C'est une excellente occasion de travailler sur l'avenir de l'Église», a-t-elle souligné. "C'est une période pleine de défis et aussi très excitante pour l'Église en Allemagne. Avec le processus de réforme et le chemin synodal, quelque chose de nouveau a commencé", a-t-elle souligné.

Mais l’Église allemande a surtout besoin de réformes, car selon le théologien catholique Thomas Schüller de l'Université de Münster, ce que l'on vit actuellement est "le plus grand exode de catholiques de tous les temps", car "Les croyants montrent le carton rouge à l'Église mais elle ne s'en rend pas vraiment compte", et à cela s’ajoute un nombre élevé de curés qui se sont opposés à l'attitude de Woelki, qui a fait de la crise «presque une rébellion».

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Publié le 22 Février 2021

ouest-france.fr avec l’AFP nous montre que les évêques de France ont entamé lundi 22 février une assemblée plénière consacrée à la pédocriminalité et la question de la «responsabilité» de l’Église, une notion qui ne fait pas consensus, avant d’éventuelles décisions fin mars.

 

Cette rencontre, à huis clos en visioconférence, est un préalable à une autre assemblée plénière qui se déroulera fin mars, lors de laquelle les quelque 120 évêques de la Conférence des évêques de France (CEF) auront à se prononcer sur un dispositif de «reconnaissance de la souffrance vécue» par les victimes. Ce dispositif, dont les options ne sont pas définies à ce stade, pourrait passer par des mesures sur le plan financier mais aussi des démarches en ce qui concerne la mémoire (monument, plaques), la prévention et enfin l’accompagnement des clercs coupables, quatre chantiers sur lequel travaillent les évêques depuis deux ans et demi.

 

Jusqu’à mercredi, les évêques discutent du thème de «la responsabilité et ses implications pastorales», en écoutant experts et anciennes victimes avec lesquelles ils travaillent sur les quatre chantiers. Ils vont visionner lundi 22 février au soir la pièce de théâtre «Pardon ?», de Laurent Martinez, qui raconte l’histoire d’un homme agressé sexuellement par un prêtre lorsqu’il était enfant.

 

«La reconnaissance de la responsabilité est un véritable processus en soi, fondamental», affirme Olivier Savignac, membre du collectif d’anciennes victimes Foi et Résilience, qui participe aux échanges. «Il est temps qu’au niveau individuel et collectif, les évêques prennent la mesure de ce qui s’est passé», ajoute-t-il, insistant également sur l’importance de «la notion de mémoire, dans le processus de reconnaissance». À la CEF on admet qu’il y a «débat au sein de l’épiscopat» sur la notion de responsabilité et que  les évêques ont besoin de se mettre d’accord ou de marquer leurs différences».

 

D’autant qu’ils ont dû suspendre une décision prise en 2019 en faveur des victimes : ils avaient alors voté le principe du versement d’un forfait unique pour chacune d’elle, qui aurait été financé par la création d’un fonds spécifique. Mais une partie des fidèles, appelés à participer s’ils le souhaitaient à abonder ce fonds, avaient très mal perçu l’annonce de ce dispositif. Par ailleurs, des victimes, ou des associations de fidèles laïcs font valoir qu’à quelques mois près, il serait préférable d’attendre la publication des préconisations de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) présidée par Jean-Marc Sauvé à l’automne prochain.

 

Comme le montre Alan Le Bloa et Claire Haubry dans leur article sur ouest-france.fr (https://www.ouest-france.fr/faits-divers/pedophilie/pedocriminalite-dans-l-eglise-un-collectif-interpelle-la-conference-des-eveques-7163142) le Collectif des victimes d’abus sexuels dans l’Église catholique en Vendée appelle le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort à s’inspirer de la démarche de repentance portée par l’évêque Mgr François Jacolin en Vendée le 23 octobre 2020. Elle poursuit : «Cet acte courageux et responsable, bien qu’il ne résolve pas tout, notamment la question des réparations, a été perçu comme une délivrance par toutes les victimes concernées. […] C’est cela que nous attendons de la Conférence des évêques de France : qu’elle incite aux actes de reconnaissance et repentance dans chaque diocèse, à l’instar de celui de Vendée.» Le courrier insiste sur «la responsabilité institutionnelle de l’Église catholique».

 

La discussion sera tenue à huis clos pour permettre aux évêques de confronter les points d’accord et de désaccord, tandis que les victimes et des experts seront entendus en petits groupes, et toutes les décisions seront prises après un vote, mais il est malheureux que la Conférence des évêques de France n’attende pas la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), en septembre. Mais pour ces hommes et ces femmes victimes des abus sexuels, se relever est un parcours très long, douloureux, qui passe souvent par des années de thérapie (https://www.la-croix.com/Religion/blessures-indelebiles-victimes-dabus-sexuels-2021-02-22-1201142073). Ce qu’ont enduré les victimes oblige à reconnaître leur souffrance et à la réparer.

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Publié le 21 Février 2021

"Je suis entre les mains de Dieu. Le seul rocher est le Christ. Nous vous verrons bientôt à Rome et ailleurs." De cette manière, le cardinal Robert Sarah a dit au revoir à sa position à la tête de la congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements comme nous le montre Jesús Bastante dans religiondigital.org ce dimanche 21 février 2021. Il l'a fait à travers ses réseaux sociaux, accompagnant ses réflexions finales de deux images de lui, très significatives. Un, priant sur la tombe de Jean-Paul II; l'autre, célébrant l'Eucharistie dos au peuple. «Aujourd'hui, le Pape a accepté la démission de mon poste de préfet de la Congrégation pour le culte divin après mon 75e anniversaire», a-t-il expliqué.

 

Est-ce un au revoir ? Personne n'y croit. Pour l'instant, Sarah ne quittera pas le Vatican, ni ne retournera en Guinée Conakry, ni rien du genre. Le cardinal ultraconservateur a depuis longtemps rompu les liens vitaux et intimes avec l'Afrique et est, à toutes fins utiles, un citoyen «romain». Il ne saurait quoi faire dans son village. Mais, en plus, il sait qu'il maintient un poids important dans les secteurs les plus traditionalistes de l'Église, qui en sont venus à l'élever comme un possible futur papable. Quelque chose d'impensable si ce n'était pas parce que, dans l'Église catholique et, surtout, dans les couloirs de la curie, tout est possible. Et, pour beaucoup, il serait le pape idéal pour une restauration qu'ils jugent de plus en plus nécessaire. Pour éviter un schisme, disent-ils.

 

Sarah a toujours refusé, en public, de se déclarer ouvertement opposée au pontificat de François, comme si les autres prophètes de la grotte ecclésiale l'avaient fait, avec plus ou moins de fortune : Burke, Müller, Rouco ... «Je mets au défi quiconque de trouver dans mes œuvres ou dans mes gestes une critique du Pape», a-t-il dit à une occasion. Nous pourrions en remplir quelques pages. Toujours de manière sibylline, bien qu'il y a un an, se laissant sûrement emporter par la menace de crise qui a surgi après le synode sur l'Amazonie et la possibilité d'ouvrir le sacerdoce aux viri probati, avec le lancement du synode allemand et l'annonce d'un synode sur la synodalité elle-même, Sarah a fait un pas en avant, publiant ses réflexions sur le sacrement, le sacerdoce, et utilisant, dans une manœuvre grossière - dans laquelle le rôle de Georg Gänswein n'a jamais été pleinement clarifié - la figure du pape émérite, il a écrit que «son travail qui supposait une torpille à la ligne de flottaison de la papauté actuelle.»

 

Il n'a pas réussi - en fait, Ratzinger a refusé avec force sa paternité - mais il a provoqué le retrait de certaines réformes (sans veto), et le pape n'est pas allé plus loin en accordant la permission à certains laïcs de présider l'Eucharistie en Amazonie. Une porte ouverte qui, cependant, n'a pas été fermée. "Les gens écrivent des choses pour s'opposer à nous, contre le Saint-Père, ou entre évêques ou cardinaux. C'est ridicule. Nous ne devons pas tomber dans ce piège. Nous devons continuer à enseigner. Je me fiche de ce qu'ils disent", a déclaré Sarah. «Que ferez-vous maintenant ? C’est écrit définitivement. Sur la liturgie, sur les erreurs doctrinales, sur l'Église qui rêve et qui, qu'elle le veuille ou non, n'a rien à voir avec ce dont rêve le saint peuple de Dieu.» Retourner à ? Personne ne le sait. Mais ce qui est clair, c'est que Robert Sarah n'est pas parti. Peut-être est-il sorti de son bureau à la curie (le pape François n'a pas encore nommé son successeur, peut-être attend-il d'autres changements, ou l'approbation du nouveau règlement de la curie ?), mais pas des intrigues de palais. Les mêmes qui, secrètement, préparent déjà un hypothétique nouveau conclave. Avec un candidat clair, dans l'ombre de Bergoglio. Le temps (et l'esprit) le diront.

 

Mais le pape François ne va pas attendre comme le montre le communiqué de presse annonçant le départ de Sarah, dans l'article du 20 février sur la question dans le média officiel Vatican News qui était inhabituellement court, avec seulement deux paragraphes résumant brièvement la carrière du cardinal. Jusqu'à ce que le pape François nomme le remplaçant de Sarah, la congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements sera dirigée par l'archevêque Arthur Roche, un prélat anglais qui a été le fonctionnaire n° 2 du bureau depuis 2012. Le pape François a également accepté la démission le 20 février du cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre et vicaire général de l'État de la Cité du Vatican. Mais le pape a également annoncé le remplacement de Comastri : le cardinal Mauro Gambetti. Gambetti, un franciscain conventuel, avait servi jusqu'à l'année dernière en tant que chef de la communauté au Sacré Couvent de Saint-François à Assise, en Italie. Il était l'un des 13 cardinaux créés par le pape François au dernier consistoire, tenu en novembre (https://www.ncronline.org/news/vatican/francis-accepts-resignation-cardinal-sarah-head-vatican-worship-office).

 

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Publié le 20 Février 2021

france3-regions.francetvinfo.fr nous montre dans son article du vendredi 19 février 2020 que c’est une première dans l'Église de France, sur les 21 victimes agressées par Bernard Preynat entre 1971 et 1991, 14 d’entre elles ont été indemnisées par le diocèse de Lyon, quant aux 7 autres, elles restent dans l’attente.

 

Ces 14 personnes, "dont les faits étaient prescrits et qui ne pouvaient donc pas saisir le tribunal judiciaire, ont obtenu une indemnisation de l'Église qui leur a été versée en décembre", a précisé un porte-parole du diocèse. Les sommes allouées proviennent d'une enveloppe globale de 169 500 euros récoltée en quelques mois auprès de "donateurs ciblés" via une association dédiée, selon la même source. Ce fonds a été abondé "uniquement à hauteur des montants demandés par le Tribunal ecclésiastique". Cette indemnisation, une première dans l'Église de France, a été annoncée au printemps dernier après que le tribunal inter-diocésain lyonnais eut reconnu le statut de "victime" à 21 anciens scouts agressés par Bernard Preynat entre 1971 et 1991.

 

Sept d'entre elles, pour lesquels les agressions n'étaient pas prescrites, n'ont pas encore été indemnisées car il fallait attendre pour cela la fin du processus judiciaire engagé contre l'ex-curé. Condamné le 16 mars 2020 à cinq ans de prison ferme, Bernard Preynat, 75 ans, avait fait d'abord appel avant d'y renoncer à l'automne. "Le Tribunal ecclésiastique attendait que la sentence pénale concernant Bernard Preynat soit rendue exécutoire, c'est-à-dire que tous les appels soient tombés, ce qui est le cas désormais, pour pouvoir examiner la question des victimes qui n'étaient pas prescrites" précise le porte-parole du diocèse.  Une réunion est prévue à cette fin "dans les prochaines semaines" mais il est "improbable qu'il soit permis d'accorder aux sept victimes non prescrites une indemnité supplémentaire à celle obtenue auprès de la justice civile", prévient-on de même source.

 

«Que l’Église tienne ses engagements de reconnaissance et de réparation jusqu’au bout. Pour toutes les victimes. On est dans l’attente d’un geste cohérent et digne pour tourner la page définitivement», a espéré Pierre-Emmanuel Germain-Thill, partie civile au procès Preynat. Interrogé par La Croix, le diocèse n’a pas souhaité réagir à ces propos (https://www.la-croix.com/Religion/Le-diocese-Lyon-indemnise-quatorze-victimes-Bernard-Preynat-2021-02-20-1201141698). L'initiative lyonnaise est intervenue alors que l'épiscopat catholique a voté à l'automne 2019 le principe d'un fonds spécifique pour les victimes d'agressions sexuelles.

 

Mais sa mise en œuvre patine depuis, une partie des fidèles, appelés à participer s'ils le souhaitaient, ayant très mal perçu l'annonce de ce dispositif. En juin dernier, François Devaux, le président de l’association de victimes La Parole libérée, avait estimé que l’Église «[jouait] sur des bonnes valeurs qu’elle ne s’applique pas» et faisait preuve de «désinvolture» en s’appuyant à la fois sur Bernard Preynat et sur le public pour satisfaire, via ce mécanisme d’indemnisation, la «demande de réparation» des victimes (https://www.la-croix.com/Religion/Le-diocese-Lyon-indemnise-quatorze-victimes-Bernard-Preynat-2021-02-20-1201141698).

 

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Publié le 19 Février 2021

religiondigital.org nous montre ce vendredi 19 février 2021que le prêtre jésuite allemand Hans Zollner, membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs et directeur du "Centre pour la protection de l'enfance" de l'Université grégorienne (Rome), estime qu'"il y a encore un long chemin à parcourir" dans l'Église mettre en place un système parfait de prévention des abus sexuels.

 

«Même aujourd'hui, il y a des endroits où l'Église continue de nier les preuves d'abus, de protéger les violeurs, ou ne font pas ce qui est nécessaire pour purger les responsables quand on découvre qu'un évêque provincial a dissimulé les abus ou les a nié», a-t-il déclaré. C'est ce que Zollner a montré dans une interview accordée à Europa Press à deux ans ce vendredi du sommet anti-pédophilie qui s'est tenu au Vatican, qui a réuni la plupart des épiscopats du monde. En ce sens, il reconnaît que "malheureusement, cette tâche est encore considérée par de nombreux diocèses comme quelque chose qui s'adresse aux experts ou à ceux qui doivent s'occuper du linge sale". "Malheureusement, dans de nombreux pays, la prévention et la justice pour les victimes ne sont toujours pas prises au sérieux. Deux éléments qui doivent faire partie intégrante de la culture de l'Église", déclare Zollner.

 

Les lois canoniques ont été mises à jour avec la promulgation du Motu proprio ''Vos estis lux mundi'' (''Vous êtes la lumière du monde''), qui oblige le clergé et les religieux à dénoncer les abus et établit l'ouverture de tous les diocèses d'un système d'écoute aux victimes, ainsi que l'abolition du secret pontifical. "La prévention doit être la marque d'une communauté chrétienne saine", note Zollner, regrettant que certains diocèses et ordres religieux n'aient pas pris "la tâche de prévention et de réparation suffisamment au sérieux et rendre justice aux victimes". "C'est un obstacle qui ne nous permet pas de décoller et de pouvoir être un modèle. Nous avons perdu la confiance des gens. Par conséquent, nous ne pouvons pas échouer à nouveau et il est normal que nous fassions l'objet d'un examen plus approfondi", dit-il.

 

Pour cette raison, il appelle tous les responsables ecclésiaux à ne pas «vaciller» car pour faire face au fléau des abus dans l'Église, une action «solide et cohérente» doit être mise en place. "On ne peut pas jouer avec ça. La défense des plus vulnérables doit être le gouvernail qui nous guide", souligne-t-il. Il assure que la tâche implique toute la communauté ecclésiale, «aussi les laïcs», dont la contribution est «fondamentale» pour parvenir à «une Église plus sûre». «Les laïcs gèrent souvent des écoles catholiques, prennent la catéchèse pour préparer les sacrements de communion et de confirmation, sont en contact avec des mineurs. Par conséquent, ils doivent devenir forts et attirer l'attention des évêques quand ils ne le font pas bien, quand ils voient que les normes de l'Église ne s'appliquent pas. Ils doivent donner le signal d'avertissement lorsque les évêques couvrent un cas d'abus», soutient-il.

 

Zollner a une perspective globale qui l'amène à reconnaître que dans certains secteurs de l'Église, il existe une «certaine résistance passive» qui se manifeste par «l'hésitation et l'inertie». Parmi ceux qui ont été exemplaires figurent les diocèses des États-Unis, d’Irlande, de Belgique ou d’Australie, qui ont été poussés à «compter avec le passé» après le déclenchement de leurs scandales respectifs et ont passé des années à vérifier la mise en œuvre des directives, "ils ont institué des bureaux spécifiques, ils ont formé du personnel qualifié". Mais son exemple est loin d'être une réalité consolidée au niveau mondial. En ce sens, Zollner divise la carte du monde ecclésiale en trois parties : "En second lieu, les diocèses qui ont un protocole d'action, mais qui n'ont pas inclus les dernières directives du Pape. Et le dernier groupe est composé de ceux-ci avec un long délai, qui n'ont même pas de manuel d'action contre les abus". En tout cas, il souligne que dans ce dernier groupe, il y a au plus «sept ou huit conférences épiscopales». "Ce sont ceux qui sont basés dans des pays en guerre ou qui traversent de graves crises humanitaires. La plupart se situent entre les groupes deux et un", dit-il.

 

D'autre part, il a assuré que si l'Église «ne peut pas se présenter comme un modèle dans de nombreux pays», c'est l'institution «qui a investi le plus dans le monde pour prévenir les abus». Cependant, il a averti que "dans le domaine de l'indemnisation des victimes, l'Église est à la queue". "Nous devons améliorer le système de justice pour les victimes", souligne-t-il. Interrogé sur la revendication historique des associations de victimes de transmettre automatiquement aux autorités civiles les plaintes pour abus commis par un prêtre, un religieux ou un laïc sur des mineurs ou des adultes vulnérables, il a exprimé son désaccord. "Cela ne peut pas être une obligation. Il faut se concentrer sur la sécurité de la victime. Et dans de nombreux pays, déposer une plainte auprès de la police n'implique pas une plus grande sécurité. Il y a des cas où c'est encore pire", dit-il. "L'Église est universelle. Elle est présente dans les pays en guerre, avec des systèmes corrompus, des pays où le système judiciaire ne fonctionne pas."

 

Et il semble qu’Hans Zollner n’ait pas totalement tort surtout quand on voit qu’une juge de Milan, Patrizia Nobile a statué que le procès pouvait se poursuivre dans une affaire dans laquelle des prêtres et des avocats de l'ordre religieux catholique de la Légion du Christ sont accusés d'avoir offert de payer la famille d'une victime d'abus sexuels 15 000 €uros en octobre 2013 pour qu'elle mente aux procureurs sur un prêtre défroqué de la Légion, Vladimir Resendiz, qui a agressé sexuellement des garçons au séminaire des jeunes de la Légion dans le nord de l'Italie. Pour les procureurs, cela équivaut à une tentative d'extorsion et d'entrave à la justice. La famille demande des dommages et intérêts non spécifiés en tant que partie civile dans l'affaire. La Légion a refusé de commenter avant le procès (https://www.ncronline.org/news/accountability/delayed-legion-christ-extortion-trial-goes-ahead-italy).

 

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