A La Havane, Benoît XVI encourage Cuba à «aller de l'avant»

Publié le 28 Mars 2012

Le souverain pontife a été accueilli par des centaines de milliers de personnes, venues assister à la messe donnée place de la Révolution. Sous un soleil ardent, les fidèles, auxquels se mêlaient des athées communistes et des adeptes des rites afro-cubains de la santeria, ont prié et écouté le pape âgé de 84 ans.

 

Le pape Benoît XVI a demandé mercredi aux autorités cubaines d'«aller de l'avant» dans le respect de la liberté religieuse dans l'espace public, lors d'une grande messe donnée à La Havane en présence de quelque 500 000 Cubains, à la fin de son voyage sur l'île. «L'Église vit pour faire bénéficier les autres de l'unique chose qu'elle possède et qui n'est autre que le Christ (...) Pour pouvoir accomplir cette tâche, elle doit compter sur la liberté religieuse qui est essentielle, et qui consiste à pouvoir proclamer et célébrer la foi même publiquement», a-t-il souligné.

 

Depuis le voyage historique de Jean Paul II en 1998, l'Eglise cubaine a pu engager une collaboration, parfois difficile mais fructueuse, avec l'Etat, devenant son interlocuteur privilégié sur le terrain social. «Il faut reconnaître avec joie qu'à Cuba des pas sont actuellement en train d'être accomplis pour que l'Eglise mène à bien son incontournable mission d'exprimer publiquement et ouvertement sa foi», a reconnu Benoît XVI. Cette visite papale a pour but d'élargir l'espace acquis en vue d'affronter la concurrence religieuse, notamment en cas de changement politique. La période serait propice. Monseigneur Podvin va jusqu'à déclarer que "le pays est à un tournant de son histoire, les lignes bougent". Espérons le.

 

«Cependant, il est nécessaire d'aller de l'avant et je désire encourager les instances gouvernementales de la nation à renforcer ce qui a déjà été obtenu et à avancer sur ce chemin d'un authentique service du bien commun de la société cubaine tout entière», a-t-il ajouté. Des réformes qui, pour l'heure, se cantonnent pour l'essentiel au domaine économique laissant intacte la structure dictatoriale de l'Etat et le rôle de direction exercé en son sein par le Parti communiste.

 

Le droit à la liberté religieuse «légitime aussi le fait que les croyants offrent une contribution à l'édification de la société. Son renforcement (...) crée les conditions propices à la paix et au développement harmonieux, en même temps qu'il établit des bases fermes pour consolider les droits des générations futures», a-t-il estimé. «Quand l'Église souligne ce droit, elle ne réclame aucun privilège», a encore tenu à affirmer le pape. Mais le Vatican travaille avant tout à améliorer sa propre position, ce qui ne l'empêchera pas de défendre certains cas particuliers. Concrètement, permettre à ces associations de fonctionner, publier des journaux, organiser des processions.

 

Evoquant les domaines de l'éducation et de la culture, essentiels pour que les Cubains aient connaissance de la foi chrétienne, Benoît XVI a souhaité que l'Eglise puisse «donner son témoignage dans sa prédication et son enseignement, tant dans la catéchèse que dans le milieu scolaire et universitaire». Il est normal que l’Église veuille accompagner l’éducation et la culture, mais elle ne doit pas imposer sa vision sur ce sujet. Il faut partager, non imposer.

Le pape Benoît XVI a également reçu à sa demande le père de la révolution cubaine, l'ancien président Fidel Castro, ce mercredi à La Havane, au dernier jour de sa visite pastorale à Cuba, a annoncé le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi. Il s'agit de la première entrevue entre le «Lider Maximo», âgé de 85 ans, et le pape allemand, âgé de 84 ans. Fidel Castro avait rencontré par deux fois Jean Paul II, en 1996 au Vatican, puis lors d'une visite historique de celui-ci à Cuba, en 1998.

 

Réaffirmer sa position sur le dossier cubain pourrait également permettre à l'Eglise catholique de se remettre en avant sur la scène internationale. Cuba est un pays symbolique. Le cas cubain pourrait ainsi faire école, notamment pour la Chine ou le Vietnam. Des pays communistes, avec un certain nombre de chrétiens où l'Eglise a intérêt à élargir son espace institutionnel. Et cela Benoit XVI le sait très bien.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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