Noël, de la nativité au commerce !

Publié le 25 Décembre 2011

Il faut savoir d'abord que la tradition chrétienne de Noël s'inscrivant dans une démarche théologique, elle fête davantage l'évènement de la naissance du Christ, plutôt qu'elle ne célèbre une date en particulier ; dans cette optique, l'exactitude et la correspondance des dates avec la réalité historique sont donc des éléments accessoires.
 
On sait, en effet, fort peu de choses sures sur la naissance de Jésus. Á part sa naissance sous le règne d'Hérode le Grand, qui a régné entre 37 et 4 avant Jésus-Christ, donc avant 4 avant Jésus-Christ. Les informations de l'évangile de Matthieu et de Luc ne concordant pas, il est difficile d'établir une date précise. Le premier semble situer les événements en 7 avant J. –C. lorsqu'Hérode exécuta ses fils Alexandre et Aristobule, le choc qui en était sorti serait à l'origine du récit des Mages, du Massacre des Innocents et de la Fuite en Égypte. D'ailleurs, des monnaies émises la même année par Hérode le grand semble suggérer le symbole de royauté dans la conjonction de Jupiter (attachée à la royauté) et de Saturne (qui pour les mésopotamiens représentait la divinité protectrice d'Israël) dans la collection du Poisson (associée au peuple juif) probablement en référence à l'astre de Jacob (nombres 24, 17). Comme le suggère Marie – Françoise Baslez : « on peut comprendre qu'une tradition évangélique l'ait utilisé comme repère chronologique... » (Les mages et l'étoile de Bethléem Les premiers temps de l'Eglise de Saint Paul à Saint Augustin, éditions Gallimard et Le Monde de la Bible, 2004, p. 249.) Les deux événements furent probablement associés car la mort des fils d'Hérode aurait pu marquer dans l'opinion des membres des sectes apocalyptiques, tel les Esséniens, la croyance qu'une nouvelle royauté allait émerger. Les premiers chrétiens aurait vu cet événements dans la naissance de Jésus.
Cependant, d'après Luc cette naissance aurait eu lieu lors du recensement de Quirinius en l'an 6 après Jésus-Christ. Mais ici, la volonté est claire de vouloir historiciser la naissance de Jésus dans un évènement historique plus précis que « aux jours d'Hérode ».  Il y a bien eut un recensement général ordonnée par Auguste en 8 avant J. - C. mais Quirinius n'exerçait pas alors en tant que légat ou gouverneur de Syrie et les royaumes vassaux n'était pas recensés car ils versaient directement le tribut à Rome. Pour une fois, Matthieu doit ici être préféré.
Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!Son lieu de naissance est difficile à définir, car avec les appoints de la recherche archéologique les récits évangéliques doivent être remis en cause. D'après Luc et Mathieu, il serait né à Bethléem, mais à la naissance de Jésus, Bethléem était une zone de grandes fermes, inhabitée. Par contre, son homonyme de Galilée est une candidate plus sérieuse, étant alors habitée. Mais ici, si l'on fait une lecture objective du texte de Luc et du récit de l'Annonciation de Matthieu, Nazareth serait une candidate plus sérieuse. Une position renforcée par les allusions de l'évangile de Marc, Jean et les Actes des Apôtres au fait que Nazareth est sa « patrie » et son surnom de Nazaréen. Ce qui correspondrait à un état primitif des deux textes de la Nativité dans l'évangile de Matthieu et de Luc.
Ses parents, Marie et Joseph était un jeune couple, la première ayant entre 12 et 15 ans, et le second entre 15 et 18 ans. Contrairement à la croyance de la conception virginale, qui ne repose en réalité que sur le récit très suspect de l'évangile de Matthieu basé sur une traduction erronée de la prédiction d'Isaïe 7, 14 (où c'était à l'origine « une jeune femme » et non « une vierge » qui donnait naissance au Messie), Joseph semble bien avoir été le père de Jésus, car dans l'évangile de Mathieu, de Luc et de Jean, Jésus est considéré comme le « fils du charpentier », « de Joseph ». De plus, à l'origine les deux généalogies de Matthieu et de Luc le désignaient comme le père de Jésus, à l'image de l'affirmation de Romains 1, 3, où Jésus serait « issu de la lignée de David selon la chair », donc de Joseph. Et le récit de l'Annonciation n'évoque d'ailleurs pas la conception virginale, car l'ange Gabriel ne dit jamais que Marie enfantera miraculeusement de l'Esprit Saint, comme dans l'évangile de Matthieu, mais simplement que « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre », à l'image de la tente de la Rencontre dans le livre de l'Exode, et des prophètes de l'Ancien Testament. Tout au plus, ce récit indiquerait le rôle de cette dernière dans la communauté chrétienne primitive.
Il est probable que dans une version primitive de l'Annonciation, le récit, comme dans tous ceux de ce genre dans la Bible, se terminait par la réalisation de la promesse divine : « Le jour où elle devait accoucher arriva ; elle accoucha de son fils premier-né (, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la chambre du haut.) Huit jours plus tard, quand vint le moment de circoncire l'enfant, on l'appela du nom de Jésus. » (Luc, 6-7, 21)
Celle-ci se déroulait probablement dans la maison du couple, car une femme sur le point d'accoucher le faisait toujours en présence de femmes ou de membres expérimentés en la matière s'il n'y avait pas de sage-femme. Le risque de mort en couches était alors fréquent. La chambre haute était la pièce où vivait la famille, et celle du bas était où était entreposé les animaux qui chauffaient la maison. C'est la raison pour laquelle la mangeoire s'y trouve. On ne peut savoir pourquoi la chambre haute était occupée. Les villageois et la famille venant féliciter le père ? Un parent de Joseph et sa famille vivant avec lui ? Une fête, Pâque ou la fête des Tentes se déroulant chez Joseph avec sa famille ? Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!Une hypothèse qui pourrait correspondre au récit de l'adoration des bergers qui situe la naissance de Jésus lors de leur période d'activité qui commençait avant Pâques et se terminait à la moitié d'octobre ou de novembre. De plus le récit primitif de l'Annonciation en indiquant que Jésus était le premier-né du couple laisse à penser que Jésus fut le premier-né d'une famille nombreuse, ce qui n'est pas impossible si l'on tient compte du contexte de l'époque, tel que le montre le fait que le couple suit les procédures pour faire entrer leur enfant dans l'alliance du peuple juif avec Dieu (circoncision et don du nom). Ce petit récit était peut-être issue d'un petit sommaire rédigé par une communauté judéo-chrétienne, entre les années 50 et 60, en réponse aux arguments de Paul qui affirmait que Jésus avait libérer les chrétiens du respect de la Loi juive, en montrant que dès l'enfance Jésus respectait cette loi. Il en aurait de même probablement du récit qui a donné naissance à l'Annonce à Joseph dans l'évangile de Matthieu qui à l'origine figurait ainsi et confirmerait le précédent :
« Dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, une jeune femme dont le nom était) Marie, était accordée en mariage à (un homme du nom de) Joseph (, de la maison de David) ; Joseph prit chez lui son épouse, et elle lui enfanta un fils (premier né), auquel il donna le nom de Jésus. » (Matthieu 1, 18.)
Les récits de Nativité n'émergèrent qu'en 60 et 70, sous forme de traditions judéo-chrétiennes, où Jésus anticipait dès sa naissance, à l'image de Moïse et de Jacob, les grands événements qui marqueront sa vie, à l'image du récit des bergers, où ce sont les marginaux qui reconnaissent dans l'enfant le pasteur d'Israël, bouclant la boucle inauguré par le roi David, qui fut lui aussi berger. C'est Luc qui rassembla dans les années 80 l'Annonciation primitive avec le récit des bergers en y introduisant le recensement de Quirinius pour lier les deux.
 
Mais la naissance de Jésus, que les Pères de l'Eglise le faisait naître entre Mars et Juin, ne semblait guère intéressait les Chrétiens, Pâques étant alors la fête par excellence. D'ailleurs, la date du 25 décembre, à partir du règne d'Aurélien (270-275), correspondait à l'une des fêtes les plus importantes du calendrier païen romain: la fête de Sol invictus, du Soleil invaincu, qui avait lieu au même moment que le solstice d'hiver, et dont l'empereur était un adorateur. Le Soleil était alors couramment associé à la figure du dieu Jupiter, chef du panthéon gréco-romain classique, ou encore à l'image du dieu Mithra, l'une des plus importantes divinités orientales.C'est au même moment que le Christianisme, né au Ier siècle de la tradition juive, a rapidement gagné, dans les IIIe et IVe siècles, de nombreux sympathisants auprès de l'aristocratie lettrée romaine, déjà gagnée à la cause du néoplatonisme (qui professait l'existence d'un Être suprême) et pour qui l'idée de gagner son salut et la vie éternelle pouvait être une perspective attrayante. Or, si la conversion de l'élite romaine connaissait beaucoup de succès, celle du vulgum pecus, du « bas peuple », n'allait pas de soi. Pour une population majoritairement rurale habituée à prier une multitude de dieux (il s'agissait d'une religion somme toute utilitariste, chaque aspect de la vie étant balisé par une divinité), l'idée de s'adresser désormais qu'à un seul dieu unique pouvait sembler incompréhensible et encore plus saugrenue si cela devait aussi signifier d'abandonner toutes les fêtes religieuses (et elles étaient nombreuses) qui ponctuaient l'année. Dans cette optique, l'Église chrétienne naissante n'eut d'autre choix que de « romaniser » ses dogmes et le culte de son dieu: l'on christianisa l'art païen, l'on instaura aussi le culte des saints intercesseurs (qui encadraient différents aspects de la vie quotidienne, à la façon des anciens dieux) et l'on récupérera les fêtes les plus importantes de l'ancien calendrier païen. 
 
En effet, pour la religion chrétienne, la fête de Noël n'existait pas car théologiquement, la royauté du Christ n'étant pas de ce monde, certains comme Origène (milieu du IIIe siècle ) refusent de célébrer cette naissance ainsi qu'on le faisait à l'époque pour un souverain temporel (roi, empereur, pharaon, reine) ; c'est à partir du IIe siècle, que l'Eglise recherche la date précise de la naissance du Christ pour laquelle les évangiles sont muets. L'absence de document établissant la date de naissance de Jésus permit de laisser le champ libre à l'Eglise pour choisir une date qui coïncide avec le solstice d'hiver pour contrer la fête païenne de Sol Invictus.Pourtant, pendant près de trois siècles, les chrétiens ne semblent pas avoir célébré d'autre fête annuelle que Pâques. Progressivement va apparaitre le désir d'historiciser la naissance de Jésus-Christ. C'est à partir du IVe siècle, une fête de la conception et de la naissance de Jésus, traduites par l'Epiphanie et Noël, va prendre place à côté des fêtes plus anciennes de Pâques et de la Pentecôte dans le calendrier liturgique chrétien en composition le 6 janvier. C'est vers 330 que l'empereur Constantin fixa la date au 25 décembre, mais ce n'est qu'en 353, sous le pape Liberius (ou Liberos) que la fête de la naissance du Christ fut instituée à Rome. L'Eglise d'orient, qui jusqu'alors célébrait la naissance de Jésus le 6 janvier jour de l'Epiphanie, adopta en 381 elle-aussi la date du 25 décembre sur l'initiative de Grégoire de Nazianze, célébrant ainsi la venue sur terre du sauveur. Cependant, même si les patriarcats de Constantinople et d'Antioche et l'Église de Grèce  célèbrent la naissance de Jésus et la visite des mages le 25 décembre parce qu'ils ont adopté le calendrier grégorien, les Églises russes, serbes, arménienne, copte et éthiopienne continue de célèbrer la naissance de Jésus et la visite des mages le 7 janvier (13 jours après le 25 décembre), parce qu'elles ont gardé le calendrier julien.
En 425, l'empereur d'Orient Théodose II codifia officiellement les cérémonies de la fête de Noël, ainsi Noël devint une fête exclusivement chrétienne.Le concile d'Agde en 506 rendit cette fête obligatoire, et l'empereur d'Orient Justinien, en 529, en fit un jour férié. C'est à partir du Ve siècle, sous le pontificat de Grégoire le Grand que l'on commença à célébrer la messe de minuit.Au VIIe siècle, l'usage s'établit à Rome de célébrer 3 messes : la vigile au soir du 24 décembre, la messe de l'aurore et la messe du jour le 25 décembre. La fête de Noël se repandit progressivement en Europe, puisqu'elle fut célébrée dés le Vème siècle en Irlande, le VIIe siècle en Angleterre, et au VIIIe siècle en Allemagne , au IXe siècle, dans les Pays scandinaves, aux IXe et Xe siècles dans les pays slaves.

Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!Mais malgré la codification des cérémonies par l'Empereur Théodose, les rites de la fête de Noël chrétienne s'étaient peu à peu mélangées à ceux de celle célébrée par les païens, notamment ceux des fêtes des Saturnales. En effet, les éléments de ces deux célébrations s'accommodent et on parvient donc à un mélange des traditions du solstice d'hiver et de la célébration de Nativité. C'est cette « union » qui serait probablement à l'origine de certaines des coutumes actuelles. Par exemple, déjà à cette époque, les gens s'offraient des cadeaux, décoraient leurs maisons avec du lierre, du gui ou encore du houx, et on y trouvait déjà le côté festif que la fête a encore aujourd'hui à travers d'immenses festivités, qui étaient caractérisées par un gaspillage inouï. C'est peut-être aussi à cette époque qu'aurait vu le jour la tradition originale de la bûche de Noël, où l'on faisait brûler dans la cheminée une véritable bûche, et son embrasement constituait l'un les moments forts de la veillée de Noël. Bénie par le chef de famille, arrosée d'eau-de-vie ou de vin, elle était décorée de rubans et de feuillages, et ses tisons soigneusement conservés étaient censés protéger de la foudre. En Sicile, on la brûlait solennellement devant la crèche figurant la Nativité. Chêne, frêne, tilleul ou olivier, l'arbre utilisé varie selon les régions.
On se retrouvait autour d'immenses tablées, autour desquelles on mangeait et on buvait souvent en excès, on dansait et on jouait. Les jeux de cartes étaient particulièrement à la mode. En Angleterre cette pratique n'était autorisée que durant la période de Noël.
Les pièces de théâtres et les représentations scéniques étaient très appréciées en Europe. Elles étaient en général assez crues, animées et équivoques. Leur contenu, symbolique, puisait souvent dans le répertoire dramatique et comique gréco-romain, fortement inspiré par la mythologie gréco-romaine. Mais l'Église sut être pragmatique. Au lieu d'interdire formellement ces pratiques, elle tenta de leur opposer des pièces et tableaux vivants qui avaient pour thème principal la naissance du Sauveur selon les données des Evangiles de Matthieu et de Luc. Donc de christianiser les représentations scéniques si bien qu'à partir du XIIe siècle, la célébration religieuse fut accompagnée de drames liturgiques, les mystères mettant en scène l'adoration des bergers ou la procession des mages. Ces drames liturgiques se jouent primitivement dans les églises, puis gagnent les parvis, et sont à l'origine des crèches vivantes, dont pourtant, la première aurait été l'œuvre de François d'Assise, fondateur des franciscains, en 1223. Les premières crèches d'église apparues dès le XVe siècle en Italie, et au XVIe siècle en France, ont remplacé de manière statique et théâtrale les jeux scéniques des liturgies médiévales.
Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!C'est en 1521 que l'arbre de Noël est mentionné pour la première fois à Sélestat en Alsace. Le rapprochement avec les mystères, pièces de théâtre jouées dans les églises ou sur les parvis est probable : au temps de Noël, on représentait les récits bibliques de la Création du monde, et un sapin figurait l'arbre de vie planté au milieu du paradis terrestre. Cet arbre était décoré d'oblatas (offrandes, petites friandises figurant les hosties), et de pommes représentant le fruit défendu, objet du premier péché, et parfois des roses, symbole de la vierge, bouclant ainsi la chaîne.
Noël était devenu une fête d'une grande prodigalité. Il a toujours été de coutume de fêter Noël avec un plat à base de volaille, essentiellement des oies, car elles étaient considérées comme l'oiseau solaire et garantissaient la protection du soleil à celui qui en mangeait. La dinde est devenue un menu de Noël car elle représentait un volatile inhabituel et était dégusté en temps de grandes fêtes. On pense que cette tradition serait plutôt venue d'Angleterre, puisque ce serait le roi Henri VIII (1509-1547) qui l'aurait mise à l'honneur dans le second quart du XVIe siècle, et qu'en France la première dinde aurait été mangée au cours du repas de Noël de Charles IX (1560-1574).
 
Mais la Réforme protestante amena une certaine évolution. En effet, dans les pays réformés, les célébrations de Noël, fête jugée trop païenne ou trop catholique, sont limitées, voire même modifiés, tel que le montre le fait qu'à partir de 1560 les réformés préfèrent le sapin de Noël, symbole du Paradis, à la représentation de la Nativité par la crèche. On est alors en plein iconoclasme protestant.
Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!C'est ainsi qu'en Ecosse les presbytériens interdirent dès 1583 les célébrations de Noël. Et de même, les puritains anglais finirent par faire triompher leurs conceptions lors de la guerre civile de 1642 et les célébrations de la Nativité furent interdites à partir de 1647. Les britanniques furent donc obligé de travailler le jour de Noël comme un jour ordinaire. Mais certains le refusèrent et continuèrent à fêter Noël en famille. Et finalement, le roi Charles II finit par lever cette interdiction et les célébrations furent rétablies en 1660 mais elles restaient mal vues de la majorité du clergé anglican. En Amérique du Nord à Boston, les premiers colons, puritains, interdirent, également, les célébrations de Noël. L'interdit sera levé en 1681, et les coutumes européennes s'y répandront. Les troupes allemandes du roi d'Angleterre introduisent, ainsi, l'arbre de Noël en Pennsylvanie dès l'époque de la guerre d'Indépendance (1776-1783), et ce sont ensuite des Germano-Américains installés dans le New Jersey et l'Ohio qui l'acclimatent définitivement outre-Atlantique.
La Réforme, qui va de pair avec l'imprimerie, a aussi permis de populariser un peu plus la fête, notamment avec sa volonté de donner accès à tous à la Bible et en mettant en avent les cantiques et le chant. Ce qui explique pourquoi les chants de Noël, au XVIe siècle, étaient alors attestés dans toutes les provinces et, parce qu'ils sont détachés de la liturgie (en latin), commencent à être édités dans les langues régionales et diffusés par les colporteurs. Et en même temps, les Bibles de Noël, contenant les paroles de Noëls régionaux, ont connu de très nombreuses éditions dans la littérature de colportage du XVIIe au XIXe siècle. Les colporteurs vendaient également des estampes qui représentaient la Nativité et comportaient des cantiques.
 
Avec la Contre-réforme catholique au XVIIe siècle, les représentations liturgiques seront, elles aussi interdites, jugées trop profanes. Mais il faut dire, comme nous l'avons vu plus haut, qu'elles ne furent jamais en odeur de sainteté.
Cependant, cette Réforme catholique favorisa des éléments qui ne furent plus mis en valeur par les Protestants, tout en reprenant ceux que j'ai évoqués plus haut. À Naples ou dans le Tyrol, les crèches baroques des XVIIe et XVIIIe siècles deviennent de véritables œuvres d'art, riches de dizaines de personnages réalisés en bois, en terre cuite ou en faïence. Installée dans une grotte ou dans une modeste étable, la crèche traditionnelle s'est répandue dans les familles de fidèles où elle ne rassemble plus modestement que les personnages de l'Enfant Jésus, de Marie, de Joseph, des bergers et de Rois mages, sans oublier l'âne et le bœuf, omniprésents dans toute l'iconographie traditionnelle de la Nativité mais absents des textes évangéliques évoquant la naissance du Christ. C'est à la fin du XVIIIe siècle que le Marseillais Jean-Louis Lagnel invente les « santons de Provence », c'est-à-dire les représentants de tout le petit peuple du Midi, assimilés aux santi boni, aux « bons saints » devenus les santoni italiens et les santouns provençaux, favorisant, en France tout d'abord, la diffusion des crèches domestiques. Les personnages étaient alors façonnés avec de la mie de pain séchée, puis peints à l'huile et au vernis.
En 1582, lorsque le pape Grégoire XIII décide de corriger le calendrier julien, il décide de ne pas déplacer Noël, qui tombe alors un 25 décembre, conformément au Concile, mais contrairement à la fête païenne romaine dont elle était inspirée. Une manière de marquer la victoire du Christianisme ?
 
Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!On prit alors l'habitude à partir de là de fêter Noël plus discrètement et les coutumes devinrent semblables à celles que nous connaissons aujourd'hui.
Même dans les pays catholiques comme l'Italie et la France, où les puritains n'avaient pas beaucoup d'influence, Noël était devenu une fête de recueillement en famille. Au XVIIIe et XIXe siècle, la tradition qui consiste à échanger des cadeaux à Noël ou des étrennes au jour de l'An commença à se répandre. Les cadeaux de Noël sont sans doute une représentation symbolique des présents que les Roi Mages apportèrent à Jésus.
Et à sa suite, les coutumes de Noël ne feront qu'évoluer par la suite avec les progrès techniques et autres artifices. Par exemple, la tradition d'illuminer le sapin apparaîtra au XVIIe siècle, d'abord avec des coquilles de noix vides remplies d'huile à la surface desquelles flottait une petite mèche (la cire étant très chère à l'époque), puis avec des bougies, et en 1806, une gravure illustre de nouvelles ornementations inaugurant les petits personnages, les animaux et les gâteaux. L'étoile accrochée traditionnellement au sommet de l'arbre symbolise l'étoile de Bethléem qui guida les Rois Mages vers Jésus-Christ. Mais tous ces artifices ne se développeront vraiment que milieu XIXe- début XXe siècle avec la révolution industrielle et il faut attendre 1880 pour que les premières décorations électriques apparaissent aux Etats-Unis. Edward Johnson, l'associé de Thomas Edison, installa une guirlande de 80 petites ampoules électriques sur un arbre de Noël. Jusqu'en 1950, c'est en Allemagne et en Europe de l'Est que la production des décorations de Noël culminait. Les artisans travaillaient le verre, le métal, la cire et le bois. Les personnages étaient fabriqués en coton et les cheveux d'ange en fibres métalliques. La boule de Noël était à l'origine une pomme, mais l'hiver rigoureux de 1858 en réduisit considérablement la récolte. Un artisan verrier eut alors l'idée de créer les boules que nous connaissons aujourd'hui.
C'est aussi à partir du XIXe siècle, en même temps qu'apparurent la plupart des chants profanes (Mon beau sapin, Jingle bells...), que les organismes caritatif offrent aux plus démunis le traditionnel repas de Noël, et au même moment que la dimension religieuse va s'estomper vers 1850 pour laisser place à une fête encore plus familiale car l'enfant acquiert une place fondamentale au sein de la famille. Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!Le fait qu'en 1868 Santa Claus, le Père Noël, dont la première évocation du Père Noël date de 1823 dans un poème américain de Clement Clarke Moore, soit popularisé aux États-Unis par la couverture du Harper's Magazine, dessinée par Thomas Nast, originaire du Palatinat, qui est à l'origine de sa représentation moderne en rouge, le démontre aisément. Et aussi l'acclimatation de coutumes en dehors de l'Allemagne, tel l'arbre de Noël. En Angleterre, c'est une suivante de la reine Caroline de Brunswick, épouse allemande du roi George IV, qui introduit à la cour le premier arbre de Noël en 1821, et la coutume se généralise sous le règne de la reine Victoria, elle-même mariée à un prince allemand, Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. À Paris, c'est également une princesse allemande, Hélène-Louise de Mecklembourg-Schwerin, épouse du duc d'Orléans, fils aîné de Louis-Philippe, qui fait dresser aux Tuileries, en 1837, le premier sapin de Noël ; mais il faut attendre les lendemains de la guerre de 1870 et l'extraordinaire popularité de tout ce qui rappelle l'Alsace perdue pour que la coutume se généralise. L'Italie et l'Espagne, terres de forte tradition catholique, demeureront longtemps rétives au sapin de Noël, assimilé à une pratique étrangère, née dans les pays protestants de l'Europe germanique et rapidement adoptée par les Anglo-Saxons et les Scandinaves. Et dès 1890, le président Harrison fait installer un sapin de Noël à la Maison-Blanche. C'est aussi en 1875 qu'apparait l'imitation de la vraie buche par un pâtissier de la rue Bucci à Paris, 6e.
Une chose dont est de plus en plus consciente l'Église catholique qui en 1893 enrichit le temps de Noël en instaurant la fête de la Sainte Famille le dimanche qui suit immédiatement Noël. Ce qui n'est pas une mauvaise idée, en effet, le développement économique qui s'opère plus tard, au milieu de XXe siècle, ne fait qu'accentuer l'importance de la fête, en même temps que le Père Noël, quittant le sol américain, gagne toute l'Europe, même si les Mages résistèrent plutôt bien en Espagne. Ceci va engendrer la modification de la symbolique de la fête de Noël qui va peu à peu se transformer, pour finalement devenir une fête commerciale orientée sur la famille et l'échange de présents, de cadeaux, notamment avec le développement de la commercialisation de la bûche à partir de 1945.
 Mais Noël continue malgré tout à être un moment où l'on célèbre la paix si bien qu'à cette occasion le pape prononce son fameux message au Monde, urbi et orbi.

J'espère vous avoir appris des choses utiles sur cette fête qui comme cela arriva souvent d'un départ religieux pris un tour commercial. Toutefois, elle reste une fête de famille, ce qui est une bonne chose, même pour un catholique pratiquant tel que moi !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

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Fred 28/12/2011


Un petit conseil pour 2012


Faites vos article plus court ou alors faites les en plusieurs parties .Il y a plusieurs de vos articles que
je ne lis pas à cause de la longueur .Un blog ce n'est pas une encyclopédie la lecture d'un blog c'est une lecture de zapping on passe de blog à blog donc lorsqu'un article est long tout
simplement on ne le lit pas on passe à un autre blog. Par exemple cet article sur Noel (que je ne lirais pas à cause de sa longueur) sur un blog en principe c’est minimum 3 ou 4
articles. 

Clovis Simard 18/05/2013

LE PARADOXE D'ALBERT DE SAXE
COMMENT REMPLIR TOUTE L'ESPACE/ LA MULTIPLICATION DES PAINS.