Publié le 6 Juin 2011

 
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalLa fête de l'Ascension est une des fêtes mobile du calendrier chrétien, quelque soit sa confession et sa divergence de calendrier, comme les trois grandes du temps pascal. Elle célèbre, seul élément d'unité, la montée au ciel de Jésus 40 jours après Pâques, dans la grande continuité des célébrations pascales qui s'achève 50 jours après Pâques à la Pentecôte, à laquelle je consacrerai mon prochain article. Les termes latins utilisés pour la fête, Ascensio et, parfois, ascensa, signifient que le Christ a été élevé par ses propres forces, et c'est à partir de ces termes que le jour saint tire son nom. Toutefois, le Common Book of Prayer de l'Église anglicane parle de « Jeudi saint » qui est un nom alternatif pour l'Ascension. Dans l'Eglise d'Orthodoxe cette fête est connue sous le nom grec d'analepse, la «prise», et aussi d'Episozomene, le «salut d'en haut», indiquant que, en remontant dans sa gloire le Christ a achevé les travaux de la rédemption de tous les hommes. Et c'est un jour d'obligation, donc chômé, pour l'Église catholique. Cette fête, selon le calendrier orthodoxe, est aussi une des trois fêtes pour qui une autorisation d'absence peut être accordée par le chef de service pour les personnes qui travaillent dans la fonction publique en France.
 
Cependant, il convient d'abord de se poser la question de savoir si le récit de l'Ascension existait au sein de la chrétienté primitive. Paul de Tarse, qui parle des récits d'apparition de Jésus après sa résurrection dans la Première Épître aux Corinthiens (15, 3-8) l'ignore, et suggère même que Jésus continue à apparaître de son temps (15, 6 et 8). Un fait que l'ont peut retrouver dans les Actes des Apôtres ou le diacre Étienne et Paul de Tarse ont vu Jésus. D'ailleurs le Kérygme primitif du Christianisme, qui se retrouve dans les Actes des Apôtres dans la bouche du chef des Douze et des apôtres, Simon-Pierre et Paul : « Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins. »
Même le récit de l'évangile de Luc et des Actes des Apôtres se contredit sur de nombreux points, et en particulier de son équivalent de l'évangile de Matthieu, qui a sur certains points un plus haut degré d'authenticité, puisqu'il reprend quelques faits que l'on retrouve dans les plus anciens récits d'apparition.
Toutefois, l'introduction du récit des Actes des Apôtres a pour lui une certaine authenticité. Il suggère que Jésus aurait préparé les disciples sur une longue période. Mais probablement pas 40 jours, cette durée est purement symbolique, et est une référence à Moïse qui mourut sur le Mont Nébo où il laissa son testament spirituel. On devrait plutôt choisir une durée entre 1 ou 2 ans, jusqu'à la fête de Pentecôte dont on parle dans les Actes des Apôtres. On ne peut guère reconstituer ce que Jésus aurait réellement dit à ses disciples. Un passage de Actes 1, 6 pourrait être authentique du fait du critère d'embarras tel que le montre son contenu : « ... ils l'interrogeaient ainsi : " Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ? " » Jésus aurait donc préparé ses disciples à prêcher l'émergence du Royaume des Cieux tout comme il l'avait fait de son vivant. Simon-Pierre, les Douze, les Sept Diacres et Paul de Tarse croyait ainsi qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Royaume, tel que le montre les passages de Marc 9, 1 ; Luc 22, 28, 30 ; Matthieu 19, 28 et 1Thessaloniciens 4, 15, 17 ; 5, 9.
Actes 1, 13-14 montre que cette préparation a passé également par une organisation plus claire de la communauté : « Tous d'un même cœur étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus, et avec ses frères. » Mais le rôle de la famille de Jésus semble avoir été profondément diminué par l'évangéliste Luc, sans doute en conflit avec eux, surtout si l'on se reporte à ce que nous rapporte les évangiles apocryphes et les Pères de l'Église à leur sujet. Ainsi, dans l'Évangile de Thomas, un passage (le dit n°12) pourrait nous renseigner à ce sujet : « Les disciples dirent à Jésus : Nous savons que tu nous quitteras, qui se fera grand sur nous ? Jésus leur dit : Où que vous alliez, vous irez vers Jacques le juste pour qui le ciel et la terre ont été créées. » Ce qui pourrez expliquer ce que rapporte le passage du 6ème livre des Hypotyposes de Clément d'Alexandrie : « Pierre, Jacques et Jean (de Zébédée) après l'ascension du sauveur, en tant que particulièrement honorés par le Sauveur, ne revendiquèrent pas pour eux cet honneur mais choisirent Jacques le juste comme évêque de Jérusalem. » Et ce que rapporte Eusèbe de Césarée à son sujet : « Jacques, frère du Seigneur, succéda à l'administration de l'Église avec les autres apôtres. » (Histoire Ecclésiastique II, 23, 4). Une communauté fondée autour de quatre personnes principales, mais qui ne sont pas alors encore qualifiés de « colonnes », avec des rôles bien répartis probablement, sans que l'on puisse en dire plus à part que Jacques, frère de Jésus et Simon-Pierre était les dirigeants principaux de la communauté, le premier en tant que frère de Jésus et donc que régent, et le second, ayant été choisi par Jésus pour être son principal ministre. C'est ce que pourrait démontrer le passage de Matthieu 16, 17-19, et en particulier le v. 19 : « Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. » Qui est une reprise d'Isaïe 22, 22, où il prophétise la promotion d'Élyaqim fils de Hilqiyyahu, qui devint le maître du palais du roi de Judée, Ezéchias : « Je mettrai la clé de la maison de David sur son épaule, s'il ouvre, personne ne fermera, s'il ferme, personne n'ouvrira. » Ce rôle de maître de palais du roi en faisait un des hommes les plus importants du royaume. D'après Hyam Macoby ce passage serait authentique, même si comme la plupart des spécialistes, je le placerai après la Résurrection de Jésus, probablement au moment de la réorganisation de son mouvement.
Dans ce contexte, Jésus ressuscité reconstitue son mouvement de réveil spirituel. Après tout, il anticipe la venue du Fils de l'homme, qui d'après Geza Vermes, serait en fait une représentation collective du peuple juif purifié qui jugera l'humanité, à la droite du Tout-Puissant, et dont il serait l'élément précurseur en position de médiateur en tant que Messie.
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalDe plus, le récit tout comme les apparitions de Jésus aux disciples, tel que le montre Matthieu, se serait plutôt déroulé en Galilée, non à Béthanie, dans la zone de domination directe romaine, et dans une certaine atmosphère de clandestinité propre à des mouvements de Résistance, tel qu'on les a connut en France, agissant dans l'ombre. Le passage correspondant de Matthieu 28, 16 semble être une référence favorable à cette théorie : « ...ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. » De même, le fait que Jésus, dans des manuscrits plus anciens de l'évangile de Luc et des Actes des Apôtres, n'était pas enlevé au ciel mais « disparaissait au milieu d'eux », donc retourner à la clandestinité un peu à la manière du récit des pèlerins d'Emmaüs. Où ? D'après les disciples : « à la droite de Dieu », d'où il reviendra dans la gloire, à l'image de ce qu'on lit dans les Apocalypses des Synoptiques. Il n'y avait donc pas à l'origine d'élévation au ciel ni présence des deux anges comme dans le récit de l'évangile de Matthieu et de celui de Luc. Ses disciples doivent donc témoigner de ce fait : «à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités d'Israël ». En effet, d'après Daniel Schwartz, et dans ce que l'on voit dans le récit de la Pentecôte, c'est le peuple juif qui était visé par la première prédication chrétienne. Car c'est le peuple régénéré d'Israël, image du Fils de l'homme, qui devait faire revenir les païens à Dieu. La Pentecôte s'avère donc essentielle, car c'est une fête de pèlerinage où seront présents tous les fils d'Israël, dont ceux de la Diaspora. Si l'on suit les Actes des Apôtres, cet événement aurait eu lieu avant la fête, la veille. Ce qui est probable.
Mais Jésus, tel que le témoigne le passage de Matthieu 28, 20, qui n'est probablement pas authentique : « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde », démontre que les apparitions de Jésus dans les communautés judéo-chrétiennes continuaient dans les années 80-90. Ainsi, d'après 1 Corinthiens 15, 3-8, Jésus serait apparut à 500 personnes à la fois, à d'autres apôtres, proche probablement des frères de Jésus et à Paul. Et dans le livre de l'Apocalypse, rédigé dans les années 90, au visionnaire Jean de Patmos. Une église inspirée qui attendait avec ferveur la seconde Venue du Messie et ce jusqu'à peu près le IIIe siècle, avec l'échec du Montanisme. Mais à la fin du Ier siècle, vers les années 80-90, certaines communautés, dont celle de l'évangéliste Luc, ne bénéficient peut-être plus d'apparition du Christ et commence à manquer de patience face au retour de ce dernier. La réponse face à cette déception aura été de réinterpréter le fait que Jésus était dorénavant « assis à la Droite de Dieu » et que donc il avait été enlevé au Ciel. La même réponse que celle des communautés, où furent rédigés entre 90 et 140, l'épître aux Ephésiens (4, 7-13), la première épître de Pierre (3, 21-22) et la première épître à Timothée (3, 16), à peu au même moment que l'évangile de Luc et les Actes des Apôtres. Le passage des évangiles de Matthieu et de Luc : « l'on ne connaît ni le jour ni l'heure », serait datable de la même période et probablement rédigé dans les mêmes circonstances. Le Christianisme s'est donc adapté à un état de fait dès les années 80-90 à 140 que le Royaume des Cieux ne soit pas venu tout comme l'avait promis Jésus. L'Apocalypse, qui conservait l'espérance en un retour immédiat de Jésus, ne serait peut-être en fait qu'une réponse à cette déception au sein d'une communauté, probablement celle d'Ephèse, où l'inspiration prophétique survivait, à l'image du visionnaire Jean de Patmos. D'ailleurs, c'est au sein des communautés orientales, notamment à Rome, tel que le montre le Pasteur d'Hermas, que se trouvèrent les derniers bénéficiaires d'apparitions.
 
La fête de l'Ascension ne se mit en place que bien plus tard, même si selon Augustin d'Hippone (354-430) cette fête remonterait aux temps apostoliques, mais la même chose était revendiquée pour la fête de Pâques pour lui donner une caution historique. Dans les faits, elle ne semble être apparue que vers le IIIe siècle, où elle était alors fêtée avec la Pâques et la Pentecôte, mais ceci semble avoir connu une modification de son calendrier tel que le prouve le concile d'Elvire (vers 300) qui condamna la pratique de cette fête le 40e jour, car elle était semble-t-il fêté en même temps que la Pentecôte. Sa pratique ne semble s'être généralisée que dans le dernier quart du IVe siècle, entre 375 et 400, tel que le démontre les attestations de Jean Chrysostome, Grégoire de Nysse et dans les Pérégrinations d'Égérie (381-384). Cette dernière nous apprend qu'à Jérusalem, l'Ascension était fêtée lors de la troisième étape des festivités de la Pentecôte qui avait lieu au mont des Oliviers. « Une fois donc qu'on est arrivé sur le mont des Oliviers, c'est à dire à l'Eléona, on va d'abord à l'Imbomon, c'est à dire à l'endroit d'où le Seigneur est monté aux cieux ; et là, l'évêque s'assied ainsi que les prêtres, tout le peuple s'assied, on fait des lectures, on dit des hymnes qu'on intercale, on dit aussi des antiennes appropriées au jour et au lieu ; de même les prières intercalées expriment toujours des pensées qui conviennent au jour et au lieu ; on lit aussi le passage de l'évangile qui parle de l' Ascension du Seigneur ; on lit en outre celui des Actes des Apôtres qui parle de l' Ascension du Seigneur dans les cieux après sa résurrection. » (Chapitre 43,5). Celle-ci était précédée d'une vigile, qui avait lieu dans la nuit, et qui était suivit le lendemain par une procession sur le Mont des Oliviers. Mais on ne trouve trace d'un sanctuaire, formé d'un double portique entourant une rotonde dépourvue de toit pour laisser le ciel visible, situé sur le lieu de l'Ascension du Christ, qu'en 670 mentionné par le moine Arculfe. C'est dans l'église de la Sainte Ascension, bâtie par les Croisés sur le mont des Oliviers et prise en 1187 par Saladin qui la transforma en la mosquée que l'on connaît aujourd'hui, que se trouverait l'empreinte traditionnelle du pied de Jésus dans la pierre, au lieu présumé de son Ascension qui eut lieu à midi selon la tradition. Chaque année, les musulmans permettent aux différentes confessions chrétiennes d'y célébrer la Fête de l'Ascension. Une belle preuve d'œcuménisme.
A l'Ascension, déjà lors du voyage d'Égérie, outre les rites ordinaires, on faisait, au cours de l'office liturgique, la bénédiction solennelle du pain et des fruits de la terre.
 
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalA partir du Ve siècle elle devient une fête séparée. Dans un sermon sur l'Ascension, le pape Léon Ier le Grand (440-461) déclare : « Aujourd'hui est accompli le nombre de quarante jours qui avait été disposé par un arrangement très saint, et qui avait été dépensé au profit de notre instruction ». Il atteste ainsi qu'à l'époque l'Ascension était bien célébrée quarante jours après la résurrection à Rome.
Mamert, évêque de Vienne sur le Rhône de 462 à 476, institua vers 470 les Rogations, trois jours avant l'Ascension, pour détourner des calamités qui s'abattaient dans le Dauphiné à cette époque (notamment séismes, incendies et bêtes féroces), et qui furent étendue à toute la Gaule lors du concile d'Orléans (511). Celles-ci précédaient la fête de l'Ascension et allaient du dimanche au mercredi inclus. Le mot rogations vient du latin « rogare » qui veut dire « demander ». Les rogations étaient une période de jeûne pour se préparer à la célébration de l'Ascension. Pendant ces journées, les prêtres bénissaient aussi les cultures pour les préserver des calamités au cours d'une procession : pour les fenaisons, les moissons, les vendanges, d'où la raison des trois jours de la célébration. Les processions qui accompagnaient ces journées sont appelées des Litanies mineures. L'origine païenne en est évidente car, lorsque Mamert les mis en place, les rogations ont pris la place, dans le calendrier, de la fête romaine des robigalia, célébrations cultuelles pour la protection des céréales contre la rouille qui se déroulaient le 6e jour avant les calendes de mai.  
Dans son Histoire des Francs, Grégoire de Tours (538-594) fait mention d'une procession qui avait lieu ce jour-là dans presque toutes les églises, en mémoire du voyage des apôtres accompagnant le Sauveur de Jérusalem au Mont des Oliviers et revenant de la montagne au cénacle. La messe de la vigile de l'Ascension est aussi indiquée dans certaines listes romaines du milieu du VIIème siècle, mais elle est antérieure aux Rogations introduites à Rome en 816 sur l'initiative du pape Léon III, qui généralisa cette tradition à l'ensemble de l'Eglise romaine.
Une coutume de certaines paroisses anglaises et galloises, celle de « battre les limites » apparaît au même moment dans les lois d'Alfred le Grand (878-899) et d'Athelstan (924/925-939), qui sont un équivalent britannique des Rogations. Elle consistait à une procession autour des limites de l'église, conduite par le curé de la paroisse et de représentants de l'Eglise, afin de les faire connaître aux fidèles, à une période où le cadastrage n'était pas très développé, et procéder au cours de cet office aux Rogations. L'origine païenne du rite est indéniable, car ce pourrait être une christianisation des Terminalia romaine, célébrée le 23 Février en l'honneur de Terminus, le dieu gardien des bornes, à qui des gâteaux et du vin ont été offerts, et des sports et de la danse se déroulaient devant les bornes.
A Rome au Moyen Age, le jeudi de l'Ascension comportait deux processions : le matin on allait de Saint Pierre à la basilique du Latran et en fin de matinée on allait du Latran à un sanctuaire hors de la ville. Mais la célébration prenait également une couleur particulière avec un certains nombres de coutumes. Cette période avait toujours été riche en fêtes agraires liées au mûrissement de la végétation. Cavalcades, courses équestres, jeux vont se multiplier : le martèlement du sol était lié à la fertilité.
Ainsi, l'ancienne reconnaissance à cheval des bordures d'un territoire se poursuit encore en Suisse ou en Allemagne. Des centaines de cavaliers, aux chevaux parfois parés, se réunissent aussi à l'occasion de pèlerinages ou de processions.
De même, les moldaves, orthodoxes, ont conservé des coutumes particulières pour cette fête qu'ils appellent « Ipsas ». Les femmes apportent à l'église des gâteaux aux noix, des gimblettes, ainsi que des œufs peints pour les faire bénir et en faire ensuite aumône. Le samedi qui précède la fête, les chrétiens orthodoxes se dirigent vers les tombeaux de leurs proches et ils y font l'aumône. A la veille du jeudi de l'Ascension, les jeunes filles plantent des fleurs, car on dit que c'est un temps très propice pour la plantation : les plantes s'élèveront vers les cieux, pareilles au Christ. La veille, aux crépuscules, les gars et les filles vont dans la forêt cueillir des fleurs d'aulne qui s'épanouissent et se fanent cette même nuit. Ces fleurs sont cherchées pour leurs propriétés curatives et aussi... miraculeuses : elles servent à préparer des tisanes d'amour. Le jeudi de la fête, les gens vont cueillir et font bénir des plantes médicinales.
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalLa signification de la fête à Venise était, elle, plus politique que religieuse. Le jour de l'Ascension, le jour de la fête du jeudi de l'Ascension on célèbre à Venise La Senza qui commémorait l'expédition du Doge Pietro II Orseolo sur les côtes de Dalmatie, qui apporta à Venise la maîtrise de l'Adriatique en l'an 1000. La fête de la Senza fut instituée en 1173. Embarqué sur une prestigieuse galère dorée richement parée le Doge quittait la lagune pour la mer et procédait aux épousailles (sposalizio del mare). Il jetait dans l'eau un anneau d'or et prononçait la déclaration : « Je t'épouse, ô mer, en signe de vraie et perpétuelle domination » Puis le Doge entrait dans la Basilique Saint Marc pour une messe solennelle, entouré de tous les prélats et des chœurs qui glorifiaient le Seigneur. La tradition de la sortie en mer et de la messe solennelle du jour de l'Ascension existe toujours aujourd'hui, désormais sans la présence du Doge, mais en présence du Maire de Venise.
Á l'image des processions anglaises, tout aussi politiques, car il était de coutume en Angleterre de porter à la tête de la procession la bannière portant le dispositif du lion et au pied la bannière du dragon, pour symboliser le triomphe du Christ sur le Mal dans son Ascension, mais qui peut-être également être interprétée par analogie comme une célébration du triomphe de l'Angleterre sur le Pays de Galles en 1282 sur un champ de bataille, avec la victoire d'Édouard Ier sur Llywelyn le Dernier, le dernier prince indépendant.
Á Florence, la fête mettait aussi en valeur la richesse et le prestige de la cité car elle était observée en faisant glisser une colombe le long d'une chaîne à partir du maître-autel de la cathédrale pour déclencher la décoration du grand récipient, rempli feux d'artifice, en face de l'entrée principale de la cathédrale.
Avec ces exemples, les Rogations françaises paraissent bien mineures.
Mais des décorations plus modestes avaient aussi cours pour célébrer le Christ et non sa cité. Ainsi, dans certaines églises à travers l'Europe, la scène de l'Ascension était reproduite par l'élévation de la figure du Christ sur l'autel par une ouverture dans le toit de l'église. Dans d'autres églises, tandis que la figure du Christ était en train de monter, celle du Diable descendait.
Depuis le XVe siècle, l'Ascension comporte également une octave, c'est-à-dire une semaine de huit jours, ce qui est mis à part pour une neuvaine de préparation à la Pentecôte, en conformité avec les directives du pape Léon XIII. Mais celle-ci n'est plus appliquée aujourd'hui par les catholiques comme je le montrerai plus bas.
En France, suite au Concordat (1801) signé entre Bonaparte et le pape Pie VII, l'Ascension est resté, depuis 1802 l'une des quatre fêtes d'obligation avec Noël, l'Assomption et la Toussaint. Coïncidant avec la fête liturgique, l'Ascension est aussi le jour de la commémoration annuelle par le mouvement ouvrier chrétien (notamment syndicales, en Belgique) de l'encyclique Rerum Novarum émis par l'Église catholique romaine le Pape Léon XIII le 15 mai 1891.
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalL'obligation légale de jour chômé a été maintenue en France en 1905 lors de la renégociation des relations entre l'Etat français et l'Eglise catholique suite à la mise en place de la Loi de séparation de l'Église et de l'État. Ce qui est l'occasion pour certains de faire un grand pont jusqu'au Lundi suivant, mais ce n'est pas la norme. Il faut savoir que le Jeudi de l'Ascension est également un  jour férié dans beaucoup d'autres pays, par exemple en Allemagne, en Autriche, en Belgique, au Danemark, en Finlande, en Islande, au Liechtenstein, au Luxembourg, en Norvège, aux Pays-Bas, en Suède, en Suisse, au Burundi, à Madagascar, en Namibie, en Colombie, à Haïti, en Indonésie, au Vanuatu, etc. L'Allemagne célèbre aussi sa fête des Pères à la même date. Mais on trouve, par exemple en Europe, quelques exceptions, tel en Espagne, en Hongrie, en Italie, en Grèce et au Portugal
Avant la Réforme de 1951 la liturgie romaine demandait d'éteindre le cierge pascal après la lecture de l'évangile de la messe de l'Ascension et jusqu'au samedi avant la pentecôte pour symboliser que Jésus-Christ est monté au ciel et n'est plus visible aux yeux des hommes. Maintenant c'est après la Pentecôte. Le cierge pascal, qui était dans le sanctuaire pendant le temps pascal, est placé auprès des fonts baptismaux.
Les Églises anglicanes supprimèrent, elles, les Rogations en 1976. Cependant, en cette période actuelle de sécheresse, les Rogations semblent revenir à la mode en France alors qu'elle n'avait pas été pratiquée depuis un siècle, tel que le montre l'initiative du père Cyprien dans le Beauvaisis. De même, la coutume anglaise, consistant à « barrer les limites » qui sembla menacée par l'interdiction d'Elisabeth Ière en 1559, ne fut pourtant pas abandonné partout et commencèrent à se généraliser en 1856-1858 et est aussi célébrée aux États-Unis dans le New Hampshire. C'est peut-être une des raisons de l'interdiction des Rogations, car elle se déroule au cours de celle-ci et aussi peut-être parce que c'est coutume traditionnelle anglaise.
Le missel romain 2002 prévoit aussi « L'Ascension du Seigneur est célébrée le quarantième jour après Pâques, à moins que, là où elle n'est pas de précepte, elle ne soit reportée au VIIe dimanche de Pâques » (Titre II II-25). En effet, l'Eglise catholique romaine dans un certain nombre de pays a obtenu l'autorisation du Vatican pour déplacer le respect de la Fête de l'Ascension du traditionnel jeudi au dimanche suivant, le dimanche avant la Pentecôte. Ceci est conforme avec une tendance à déplacer les fêtes d'obligation de la semaine au dimanche, pour encourager plus de catholiques à observer les fêtes considérées comme importantes. Le déplacement au dimanche a été faite en 1992 par l'Église en Australie ; avant 1996 dans certaines parties de l'Europe; en 1996 en Irlande ; avant 1998 au Canada et des parties de l'ouest des États-Unis; dans plusieurs autres provinces aux États-Unis à partir de 1999 ; et en Angleterre et au Pays de Galles à partir de 2007. Les diocèses des États-Unis qui conservent le respect du jeudi en 2009 sont Boston, Hartford, New York, Newark, Omaha, et Philadelphie.
 
L'Ascension est ainsi l'une des fêtes les plus importantes du calendrier chrétien, et même l'une des douze plus importantes de celui orthodoxe.
Les célébrations catholiques et orthodoxes commencent la veille par une vigile ou veillée de l'Ascension. Chez les catholiques, on chante à cette occasion le Gloria in excelsis. Mais actuellement, on préfère plutôt la remplacer par une messe anticipée le mercredi soir. Ce qui n'est pas le cas des orthodoxes, où la vigile de l'Ascension, qui est une veillée qui dure toute la nuit, tout comme celle de Pâques. Le mercredi qui suit le cinquième dimanche après Pâques est, en effet, le jour où, selon la terminologie liturgique, on « prenons congé » de la fête de Pâques, l'apodose. Trois leçons de l'Ancien Testament, le Paroemia, sont lues aux vêpres de l'Ascension, le mercredi soir. La première leçon (Isaïe 2, 2-3) nous parle d'une montagne : « Il adviendra dans l'avenir que le mont du Temple du Seigneur sera établi au sommet des montagnes... Toutes les nations y afflueront... Venez, montons à la montagne du Seigneur ». C'est une allusion au Mont des Oliviers, d'où Jésus s'éleva vers son père. La deuxième leçon (Isaïe 62, 10 – 63, 3, 7-9) a été choisie à cause des paroles suivantes : « Franchissez, franchissez les portes ! Frayez un chemin au peuple... Dans son amour et sa pitié, lui-même les racheta ; il se chargea d'eux, les porta... ». Jésus montant aux cieux ouvre les portes à son peuple, lui prépare la route, le porte et l'élève avec lui. La troisième leçon (Zacharie 14, 1, 4, 8-11) est encore une allusion au mont qui fut la scène du triomphe final de Jésus : « Voici qu'un jour vient pour le Seigneur... Ses pieds, en ce jour se poseront sur la montagne des oliviers, qui fait face à Jérusalem du côté de l'Orient... En ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem... ».
Les matines de l'Ascension sont déjà, dans leurs chants, pleines d'allusions à l'Esprit consolateur que Jésus va envoyer. En effet, l'Ascension prélude à la Pentecôte dans les trois grandes confessions chrétiennes.
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalLa messe de l'Ascension du Seigneur est une messe solennelle, pendant laquelle les Chrétiens ressentent une grande allégresse parce que Jésus va entrer au Ciel comme un triomphateur dans la gloire de Dieu, Son Père, après nous avoir délivrés de la mort et du péché par sa mort et sa Résurrection. Ce qui est également renforcé dans l'Église orthodoxe par la commémoration des Saints Martyrs de Perse (XVIIe – XVIIIe siècles). La couleur des ornements liturgiques (vêtements du prêtre et ornements de l'autel) est le blanc, couleur qui représente dans l'Église la lumière et l'allégresse.
Dans l'Église catholique, les prières de la messe du jour de l'Ascension de Jésus-Christ mettent en valeur la signification de l'Ascension. Elles expriment la participation des Chrétiens à la montée du Christ au ciel comme le montre la prière d'ouverture de la messe : « Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l'action de grâce, car la montée au ciel de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c'est là que nous vivons en espérance. » Il en est de même, au sein de l'Église orthodoxe, pour la prière d'ouverture de la messe, qui sera aussi récité tout au long de l'Octave de l'Ascension : «O Dieu Tout-puissant, nous Te supplions de nous accorder Ta grâce, à nous qui croyons que Ton Fils unique Jésus-Christ, notre Seigneur, est monté aux Cieux, d'y monter aussi cœur et âme, et de demeurer continuellement avec Lui, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles. »
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalLes lectures se rapportent toutes à l'événement de l'Ascension. Dans la liturgie orthodoxe, la Divine liturgie est composée d'abord par le début du livre des Actes des Apôtres (1, 1-12), où Jésus, après un dernier entretien avec ses apôtres, s'élève et disparaît dans un nuage. Ensuite, par l'évangile de la liturgie (Luc 24, 36-53) reprend le récit des événements depuis la première apparition de Jésus ressuscité à l'assemblée des disciples et continue ce récit jusqu'à l'ascension proprement dite. Dans la liturgie catholique, en première lecture de la messe de l'Ascension, on a toujours le récit des Actes des apôtres sur l'évènement de la montée au ciel (Actes 1, 1-13), tout comme les orthodoxes. Ensuite, l'épître du Pseudo-Paul Apôtre aux Éphésiens (1, 17-23). L'évangile de la messe de l'Ascension varie sur le cycle de 3 ans, ce qui fait que les sujets d'homélies du jour de l'Ascension sont assez divers. Pour l'Année A (2011, 2014, 2017), c'est l'évangile de Matthieu 28, 16-20, où Jésus n'est pas enlevé au ciel, pour l'Année B (2009, 2012, 2015), le récit de l'annexe de Marc 16, 15-20, et pour l'Année C (2010, 2013, 2016), Luc 24, 46-53, où dans les deux récits, Jésus est enlevé au ciel, même si l'annexe de Marc semble plutôt résumer les récits des apparitions des autres évangiles, à part quelques exceptions. Ces récits ont une vocation universaliste, par l'appel de Jésus à convertir les Nations. Le principe est identique dans la liturgie orthodoxe, qui est suivit par l'homélie de Grégoire le grand sur les évangiles.
Les homélies de la messe de l'Ascension sont différentes dans la liturgie catholique, selon les années A, B et C parce que les lectures de la messe de l'Ascension sont différentes. Mais actuellement les homélies de l'Ascension commentent souvent cette parole « Pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? » Afin d'expliquer que Jésus n'est pas monté au ciel comme une fusée, mais que ce départ a été le développement de tout son enseignement, où il sera dorénavant notre médiateur. Les Protestants, notamment luthériens et anglicans, au cours de leur homélie, font de même. On pourrait y voir une certaine forme d'œcuménisme. Mais dans les faits, cela viendrait peut-être du fait que l'Ascension pose aussi problème aux protestants, comme nous le verrons plus bas. La liturgie catholique se poursuit par la prière eucharistique, ainsi que par la bénédiction finale, sont également propres à la liturgie de l'Ascension.
La formule de salut utilisée par les orthodoxes le jour de l'Ascension, après la célébration, est « Le Christ s'est élevé », la réponse y étant « En vérité, il s'est élevé », qui met alors fin au salut pascal, « Le Christ est ressuscité » , auquel on répondait « En vérité, il est ressuscité », qui a été sur toutes les bouches pendant les 39 jours que durèrent les festivités pascales.
Toutefois, la fête de l'Ascension est de toutes celles du calendrier chrétien la moins célébrée chez les protestants, plus particulièrement réformés. Plusieurs paroisses la suppriment purement et simplement, ou bien la remplace par une sortie paroissiale. La principale raison de cette désaffection est à trouver dans le caractère mythologique d'un événement qui, il est vrai, n'occupe pas une place importante dans les textes évangéliques.
Les huit jours, suivant la fête, forment l'Octave de l'Ascension. Cependant, en 1955, le Décret de simplification des rubriques a supprimé l'Octave de l'Ascension de la liturgie catholique. Les jours dans l'octave sont devenus des fériés du Temps pascal, où l'on reprend la Messe de l'Ascension sans Credo ni Communicantes propre. Au bréviaire, l'Office est réduit à la lecture de l'Écriture occurrente (ancien premier nocturne des Matines), la psalmodie est celle du jour de la semaine et non plus celle du Jour de l'Ascension. Le Code des Rubriques de 1960 a entériné cet état de fait. Toutefois, comme auparavant, le Dimanche, qui suit l'Ascension, nous prépare à la Pentecôte, à l'image des disciples de Jésus réunit dans le Cénacle après l'Ascension, qui se préparaient à leur nouvelle mission par la prière, et qui constitue la première lecture de ce jour, tiré d'Actes 1, 12-14.
Par contre, la liturgie orthodoxe a conservé ces huit jours de festivité après l'Ascension. Le dimanche après l'Ascension est le dimanche des Saints Pères des six premiers conciles œcuméniques depuis le concile de Nicée en 325 car leur enseignement a bien défendu les deux natures, divines et humaine, en Christ, ainsi que la consubstantialité du Fils avec le Père, confirmée par l'Ascension du Christ, tel que l'a formulé le Credo de Nicée jusqu'à ces mots: «Il (Jésus) est monté aux cieux, est assis à la droite du Père, et viendra de nouveau, avec la gloire, pour juger les vivants et les morts; son règne n'aura pas de fin. » La période de la fête se termine le vendredi précédant la Pentecôte. Le lendemain, est communément le samedi de la mort, une commémoration générale de tous les fidèles défunts, un équivalent de la fête des défunts de l'Église catholique qui a lieu le 2 novembre, le lendemain de la Toussaint.
Mon prochain article sera consacré à la fête de la Pentecôte.
                                                                                                                                                                                                       Freyr1978

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Publié le 5 Juin 2011

Le diocèse de Versailles a débuté jeudi son assemblée synodale. 317 délégués laïcs élus doivent débattre et adopter des propositions pour l'avenir de l'Eglise dans les Yvelines. La consultation auprès des fidèles durant l'année a réuni 24.000 participants. Depuis la réforme du droit canon en 1983 qui a autorisé les non-prêtres à y siéger, plus de 50 synodes diocésains ont été organisés en France, le pays le plus impliqué dans cette pratique. Une "révolution synodale", directement issue du concile, «qui pourrait bien se révéler à terme aussi importante pour l’Église catholique que le changement liturgique», selon le quotidien La Croix. J’espère que cette révolution synodale se fera dans le bon sens au profit des fidèles.

 

Ils sont à l’image de l’Église de France, qui, depuis vingt ans, s’est emparée de l’outil synodal, avec une vigueur sans équivalent dans d’autres pays. Le synode, c’est la possibilité donnée à l’évêque de consulter son diocèse pour des décisions importantes. Elle existe depuis les premiers temps de l’Église. Mais elle a été profondément renouvelée depuis Vatican II : autrefois, seuls les prêtres pouvaient siéger; désormais, le «Peuple de Dieu», donc les laïcs, est consulté. Pour le diocèse des Yvelines, l’évêque a souhaité entendre tous les baptisés.

 

Le nouveau code de droit canon, en 1983, a lancé cette dynamique, car il a ouvert les synodes aux laïcs, ce qui n’était pas le cas avant. Cela a fait émerger une tout autre figure de l’Église. Dans un synode, tous les membres, prêtres et laïcs, ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Chacun possède une voix pour le vote. C’est une bonne chose, car le peuple de Dieu est invité à donner son avis

 

Car le synode est un «acte de gouvernement» qui donne lieu à un vote et à la promulgation de décrets. Mais encore faut-il s’entendre sur sa portée. D’abord, il ne concerne que ce qui relève du diocèse : les questions de dogme et de discipline, comme le problème des divorcés remariés, ne sont pas de la responsabilité de l’évêque. D’autre part, l’évêque reste maître de son application. Certaines expériences ont ainsi donné lieu à de cuisants échecs, l’évêque refusant de promulguer les décisions votées, comme à Bordeaux, en 1993. 

 

À Orléans, en 1994, le texte final a paru bien court au vu de l’investissement engagé. À Châlons (2002-2003) ou Digne (1992-1994), les Actes ne contenaient aucun décret. Enfin, l’Église n’est pas une démocratie : le synode vise à dégager un consensus, avec la règle des deux tiers, et non une majorité. On voulait toucher à tout, tout réformer, ce qui était impossible  : on attendait trop des synodes. Dommage, mais il est vrai qu’ils ne peuvent définir de doctrine et que cela tient à l’évêque qui le demande. Et la règle du consensus apporte souvent des documents frileux et sans imagination.

 

Dans les années 1990, les synodes ont consistés en des consultations générales, à la portée ambitieuse. Elle a ainsi permis dans certains diocèses d’importantes transformations des paroisses, la mise en place de conseils pastoraux, dans la lignée de Vatican II. Une seconde vague est caractérisée par des synodes de dimension plus modeste, avec des objectifs plus limités. Une seconde vague s’est caractérisée par des synodes de dimension plus modeste, avec des objectifs plus limités.

 

Plus généralement, de nombreux synodes accompagnent les remodelages paroissiaux et créent de nouvelles structures diocésaines. Ce qui est voté par un synode et promulgué par l’évêque a, dans un diocèse, une forte légitimité, car il est le fruit d’une large consultation, par rapport à une décision qui serait prise par l’évêque seul. De plus, l’événement synodal lui-même donne de l’élan à un diocèse.

 

Les synodes ont fait évoluer les mentalités. D’abord en obligeant à voir la mission de l’Église au-delà des paroisses et en forgeant une conscience diocésaine. Plus largement, on a sollicité les chrétiens en leur demandant leur avis. C’est vraiment un processus de discernement diocésain où le plus grand nombre est associé. Même si les résultats ne sont pas toujours mesurables, cela met les catholiques dans une dynamique de projet. Cette articulation débat-spiritualité est rare dans l’Église.

 

Le synode diocésain est peut-être le seul outil de l’Église, où le fidèle peut s’exprimer et il serait bien que le pape fasse de même quand une décision importante doit être prise. Un bon outil du concile Vatican II qui sera peut-être la seule bonne chose durant un pontificat intransigeant et peu ouvert sur le monde.

 

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Publié le 3 Juin 2011

Le Vatican a publié le mardi 31 mai 2011 un message du Pape à l’Institut pontifical de Musique Sacrée qui fête ses 100 ans d’existence. Un message sous la forme d’une lettre au cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique et donc grand Chancelier de l'Institut. L’Institut pontifical de Musique Sacrée a été fondé par le Pape Pie X, qui souhaitait favoriser le retour à la grande tradition de l’Église contre l’influence exercée par la musique profane. Pas étonnant venant de ce pape qui condamna le modernisme qui aurait pu aider l’Église à entrer dans le mode moderne.

 

Benoît XVI, qui aime la musique liturgique, s’était rendu dans les locaux de l’Institut en 2007. Dans ce message, lu le 26 mai dernier à l’ouverture d’un congrès organisé à l’occasion du centenaire, le Pape rappelle que la musique sacrée a pour but de rendre gloire à Dieu et de sanctifier les fidèles et qu’elle doit donc répondre à un certain nombre de critères : le sens de la prière, de la dignité et de la beauté ; l’adhésion totale aux textes et aux gestes liturgiques; la participation de l’assemblée et la prise en compte à la fois des cultures locales et du caractère universel du message chrétien. C’est ce que la réforme liturgique fit, elle qui a aboutie au nouvel ordre de la messe en 1969. Là où la liturgie est vivante, elle est naturellement créatrice. Cette force créatrice ne peut être le monopole exclusif des organismes d'autorité: elle agit aussi dans tout le peuple chrétien célébrant une liturgie, où se manifeste tout son dynamisme.

 

Le chant grégorien modèle suprême de la musique sacrée, la polyphonie, la schola cantorum, ont été considérées à tort comme des expressions du passé, accusées de limiter la liberté et la créativité des individus et des communautés, selon Benoit XVI. Cependant, historiquement, le répertoire grégorien n'a jamais été le chant universel de l'Église romaine. Sa pratique a toujours été limitée aux communautés monastiques, et à quelques communautés ecclésiales. Seuls les chants de l'ordinaire peuvent prétendre avoir eu une expansion plus générale.

 

Mais le sujet authentique de la liturgie n’est ni l’individu ni le groupe – souligne le Pape – c’est l’Église, avec son histoire, sa riche tradition et sa créativité. Et Benoît XVI réaffirme que la Liturgie comme la musique sacrée vivent du rapport correct et constant entre la saine tradition et le progrès légitime. Le Pape assure les membres de l’Institut de sa sollicitude constante et de ses prières.

 

Benoit XVI ne dit pas que la musique sacrée est vaste. Elle peut être classique comme les Passions de Jean-Sébastien Bach ou les Messes d’Amadeus Mozart, ou issue de la culture noire américaine ou du jazz, comme dans le Gospel ou le Negro Spiritual. Il existe d’autres formes de musiques sacrées, notamment dans la musique africaine, sud-américaine, indienne, etc.

 

Piero Marini, fut l'incontournable maître des cérémonies pontificales, celui que l'on voit à côté du pape à toutes les célébrations liturgiques, depuis 1987, avait bien décrit que l’Église devait accepter que la musique sacrée se modernise en disant : «Mais elle ne peut pas résister !», avant de rappeler que le propre de la liturgie catholique est de faire mémoire du passé (l’anamnèse) pour aujourd’hui. Selon lui, il s’agit d’articuler la pérennité de l’esprit de la liturgie et l’évolution des formes, de lier le passé et le présent. «Tel est bien ce qui s’est passé avec la réforme liturgique de Vatican II» nous dit-il. «Elle a débouché, de fait, sur une internationalisation du rite romain.» Il n’avait pas la nostalgie de l’ancienne messe, et de son exaltation du célébrant au détriment du peuple de Dieu; il déplorait et à raison la coupure trop marquée entre le prêtre et l’assemblée.

 

Mgr Piero Marini répondait que les lignes de son travail étaient au nombre de deux: "un travail de toilettage de la liturgie pour la débarrasser de toutes les scories accumulées durant les siècles passés", et "un travail d'inculturation". Mgr Marini critique ainsi à demi-mot, chez de jeunes prêtres, «un certain esthétisme qui pourrait priver leur formation d'un contenu plus sérieux. Ce retour aux dentelles, aux guipures, et à toutes les manières qui conduisirent au drame du clergé du XVIIIe siècle, me fait un peu peur: ce n'est pas de la liturgie.» Car le cœur de la liturgie, insiste le cérémoniaire, «c'est l'amour». Et il continue: «Maintenir le patrimoine que nous avons connu, oui; retourner au passé, non ! L'Église n'est pas l'Église d'hier. Et, même si c'est toujours la même Église, ce n'est pas l'Église du concile de Trente, c'est l'Église d'aujourd'hui.»


En octobre 2003, il avait intégré lors de la messe de canonisation de trois missionnaires, des danses africaines et indiennes. Il démontra ainsi que la musique sacrée sait s’adapter à son époque et n’a pas besoin de revenir en arrière.

 

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Publié le 1 Juin 2011

Les premières célébrations se déroulent dès les premiers rayons du soleil.
Pour célébrer la fin du Carême, qui n'est plus aussi dur qu'au IV e siècle, les Irlandais ont coutume de manger à ce moment là un œuf.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)Certaines églises préfèrent également garder la veillée très tôt le dimanche matin au lieu du samedi soir, en particulier les églises protestantes, afin de refléter le récit évangélique des femmes qui viennent au tombeau à l'aube du premier jour de la semaine. Ces services sont connus comme de Sunrise Service, le Service du Soleil, et se produisent souvent dans des établissements de plein air tels que le cimetière de l'église, la cour de celui-ci ou un parc à proximité. Le premier enregistrement du Sunrise Service a eu lieu en 1732 parmi les Frères Moraves à Herrnhut, en Saxe, dans l'Allemagne actuelle. Après une nuit entière veillée, ils allèrent avant l'aube au cimetière de ville, sur la colline au-dessus de celle-ci, pour célébrer la Résurrection parmi les tombes des défunts. Ce service a été répété l'année suivante par toute l'assemblée et s'est ensuite propagée aux missionnaires moraves dans le monde entier, y compris Old Salem à Winston-Salem, en Caroline du Nord.
Aux Philippines et en Pologne, au matin de Pâques (voire à l'aube), la célébration, qui est nommée en polonais Rezurekcja (la Procession de la Résurrection), qui est en fait, le nom de la messe du matin de Pâques, et Pasko ng Muling Pagkabuhay (les Pâques de la Résurrection) en philippin, est marquée par des processions qui se déroulent à l'aube. C'est à ce moment là qu'aura lieu la messe du dimanche de Pâques, que l'on appelle messe de la Résurrection. Aux Philippines, la première procession, Salubong (la rencontre), fait mettre ensemble de grandes statues de Jésus et Marie dans l'église illustrant la première réunion de Jésus et de sa mère Marie après la Résurrection après une procession autour de celle-ci. Et en Pologne, c'est une procession de fête avec le Saint-Sacrement est effectuée dans le parvis entourant l'église, sous le son des clochettes vigoureusement secouées par les enfants de chœur, les cloches ne sonnant pas encore, l'air rempli avec de l'encens et d'hymnes de Pâques séculaire. Ensuite, dans les deux pays, la messe de Pâques commence dans l'allégresse.
Toutefois, la messe du matin de Pâques, chez les catholiques et les protestants se déroulent plus tard dans la matinée, comme nous le verrons plus bas.
 
Dans certains pays catholiques et orthodoxes, le matin de Pâques s'est maintenu une tradition qui a perdu de sa force, celle de la bénédiction des maisons qui auparavant se déroulait la veille de Pâques dans le rituel romain. Celle-ci commémorait le passage de l'Exode où l'ange, qui tuait les premiers-nés égyptiens, avait évité les maisons qui avait été marqué par le sang de l'agneau. Un rappel de l'origine juive de la fête. Par exemple, au nord du Portugal, ce rituel s'est maintenu sous le nom de Compasso", où un groupe de personnes vêtues d'habits de fêtes, présidé par un prêtre et cheminant avec la croix, va de porte en porte, venant annoncer la Résurrection du Christ et bénir les foyers qu´il visite, accompagné par des clochettes qui symbolisent la joie, et s'en suit alors la bénédiction de la maison et présentation de la Croix à tous ceux qui sont réunis pour qu´ils déposent un baiser. A cette occasion est aussi recueillie l´enveloppe pascale (don en argent). Une coutume est suivie avec beaucoup de ferveur dans tous les milieux ruraux mais aussi en ville où les personnes qui le souhaitent peuvent s'inscrire sur la liste des visites pascales.
Dans certains pays, il y a un petit déjeuner solennel de Pâques, par exemple en Pologne, qui se compose des œufs qui ont été bénis et qui sont partagés entre les convives. Ceux-ci sont normalement trouvés au cours d'une chasse aux œufs dans le jardin, qui lui aussi a été décorés pour l'occasion, en Allemagne, par exemple, avec les « arbres de Pâques » (Osterstrauch), des arbres décorés avec des œufs, symbole du retour de la nature, et en Angleterre, avec la pratique du « jardin de Pâque » (« an Easter garden »), très répandue chez les anglicans. Il s'agit de représenter le jardin avec le mont du calvaire et les trois croix, le Tombeau et la pierre qu'on roule. Le tout aménagé avec un Petit sentier. Les éléments peuvent être apportés chaque Jour de la semaine sainte à partir du dimanche des Rameaux. Construire et aménager ce jardin avec les enfants amène un dialogue sur les textes de l'Evangile qui auront été au préalable racontés avec des images. Le jour de Pâques, on peut ajouter quelques fleurs printanières dans les récipients remplis d'eau et rouler la pierre sur le côté de la grotte pour bien montrer qu'elle est vide.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)La coutume de la chasse aux œufs semble remonter au XIIIe siècle, époque où Rome interdit de sonner les cloches en métal. De là serait né la tradition que les cloches allaient se faire bénir à Rome et revenaient avec des œufs qu'elles déposaient dans le jardin au moment où l'on sonnait les cloches. Au XVIIème et XVIIIème siècles jusqu'à la révolution qui y mit un terme, « l'œuf » était l'apanage de la cour et de la noblesse. L'œuf le plus gros du royaume, pondu pendant la Semaine Sainte, revenait de droit au roi. Louis XIV faisait bénir solennellement le jour de Pâques de grandes corbeilles d'œufs dorés qu'il remettait en cérémonie à ses proches ; Madame Victoire, fille du roi Louis XV, avait même reçu deux œufs de Pâques peints et historiés par Lancret et Watteau. C'est aussi au XVIIIe siècle, en France, qu'on décida de vider un œuf frais et de le remplir de chocolat. Les œufs de Pâques se démocratisèrent cependant au XIXe siècle, on parvint à réaliser les premiers œufs en chocolat, grâce aux progrès d'affinage de la pâte de chocolat (chauffée à 50 degrés, puis malaxée jusqu'à l'obtention d'une matière fine et lisse), conjointement à l'apparition des premiers moules ad hoc. Le musée du Chocolat de Biarritz détient une dizaine de ces très vieux moules, en argent, en cuivre ou en fer étamé. Selon Serge Couzigou, le collectionneur qui est à l'origine de ce musée, « la pièce la plus ancienne détenue ici est un moule ovoïde des années 1870, par la maison Létang et Rémy à Paris ».
En Allemagne, en Alsace, en Suisse et aussi en Autriche, les œufs de Pâques sont apportés par le lièvre de Pâques (Osterhase), qui comme on a pu le voir plus haut, n'est apparut qu'entre le XVIe et le XVIIe siècle, sans doute dans un contexte de concurrence entre le catholicisme et le protestantisme. Le lièvre, très prolifique au printemps, est probablement un symbole de fécondité antérieur au christianisme. Même si une tradition a christianisé le lièvre, qui aurait le premier témoin de la Résurrection et qui depuis, offrirait des œufs, symbole de la Résurrection. Une tradition qui a traversé l'Atlantique à partir du milieu du XVIIIe siècle avec l'émigration d'allemands dans les treize colonies d'Amérique du Nord, où le lièvre de Pâques devint le lapin de Pâques (Easter Bunny), nom sous lequel on le connaît actuellement. Cette tradition du lapin apportant les œufs de Pâques a également émigré au Brésil où elle est encore vivace ; l'origine tiendrait à l'immigration germano-suisse débutée par le roi de Portugal en 1818, et poursuivie dès 1824 avec 400 immigrants germaniques par l'épouse du premier Empereur du Brésil, qui était l'archiduchesse autrichienne.
En Angleterre, les enfants vont également de maison en maison en quête d'œufs de Pâques.
 
Les célébrations de la matinée, plus connu sous le nom de messe de la Résurrection, la messe du Dimanche de Pâques, qui est la célébration la plus importante, commence le plus souvent  à 10-11 heures chez les catholiques. Le jour de Pâques est donc le « dimanche des dimanches », tel que le montre le Missel Romain de 1970, qui en a fait le jour autour duquel tourne tout le calendrier liturgique catholique. C'est également un jour d'obligation qui est chômé, où tous doivent assister à la messe. C'est aussi le moment où le fidèle de préférence vient prendre la communion de façon annuelle, « faire ses pâques » comme on dit, mais aussi vient célébrer la messe, en famille, comme à Noël, ce qui explique la présence de nombreuses personnes à Pâques.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)Cette messe poursuit celle de la veillée pascale à laquelle elle fait référence, à laquelle on intègre des éléments qui en ont font une importante fête populaire. La musique du service, en particulier, affiche souvent un ton très festif, l'intégration des cuivres (trompettes, etc) pour compléter l'instrumentation habituelle d'une église est commune. Souvent, l'espace d'adoration d'une église est décoré avec des bannières spéciales et des fleurs (comme le lis de Pâques, originaire du Japon, qui, d'après la tradition, se seraient courbé en signe de respect devant Jésus sur sa croix, ce qui expliquerait sa forme actuelle).
On fait souvent la procession d'entrée avec le cierge pascal et la vasque d'eau bénite, on encense le cierge pascal et on asperge l'assemblé avec l'eau qui a été bénite à la veillée pascale. En France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Autriche, au gloria, les cloches sonnent mettant fin au silence de ces dernières après les trois jours de deuil qu'elles marquent et qui suivent la mort de Jésus. L'Alelluia est alors chanté avec plus de force. Les lectures qui suivent, telle celle de la veillée, sont centrées autour de cet événement et toutes trois tirés du Nouveau Testament : Actes 10, 34-43, Colossiens 3, 1-4 ou 1 Corinthiens 5, 6b – 8 ; Jean 20, 1-9, qui mettent en valeur le centre de la célébration, la Résurrection de Jésus, dont on été témoins ses disciples, même si le texte de Jean 20, 1-9 est un peu abrupt, et qui dans les deux lectures d'épîtres pauliennes, montre que par Jésus « Pâques immolé », tous les Chrétiens sont « ressuscités dans le Christ ».
Dans l'ancien temps, en Allemagne, lors du sermon il y avait une tradition originale, celle de la blague de Pâques, né en Bavière au XVe siècle. Le curé parsemé ainsi son sermon d'histoire drôle qui causait le rire à ses auditeurs (Ostermärlein). Comme on pouvait s'y attendre cette pratique fut finalement condamné par le pape Clément X (1670-1676) et au XVIIIe siècle par le Prince-Électeur de Bavière Maximilien III (1745-1777) et les évêques de la province. La tradition s'est conservée de manière plus profane dans les fameuses blagues de Pâques, dont l'équivalent français est le poisson d'avril.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)La prière universelle qui suit est un peu plus longue que d'habitude, mais moins que celle de la veillée. Et avant, l'Eucharistie, on fait le signe de paix en disant : « Christ est ressuscité ! » et la personne qui le reçoit, répond : « Il est vraiment ressuscité ! » Une façon de rappeler à nouveau l'événement qui est l'âme de cette fête et qui est une reprise de la salutation orthodoxe de la vigile pascale. A la fin de la messe, la prière finale est suivit de quatre amen, car lors des grandes fêtes, on fait toujours une bénédiction solennelle, et chacun repart avec le cierge pascal, pour apporter à sa maison la lumière de Pâques, symbole de la Résurrection du Christ.
Une coutume que l'on retrouve, dans deux pays orthodoxes, la Grèce, et la Russie, où il est, aussi, d'usage de ramener chez soi la « lumière sainte », mais le jeudi saint après la lecture des douze évangiles, et de faire un signe de croix au-dessus de sa porte avec la flamme. Conserver la lumière sainte quarante jours, sans qu'elle ne s'éteigne, porterait bonheur, selon la tradition.
Une tradition australienne a lieu à la sortie de la messe, et consiste à asperger d'eau les jeunes mariés afin de leur assurer le bonheur dans leur couple.
Dès la sortie de la messe pascale, a lieu, par exemple dans certaines régions de Pologne, en Angleterre, et aux États-Unis dans les pays Scandinaves, le fameux rituel du « combat d'œufs », dont j'ai parlé dans mon article précédent lors de la veillée pascale orthodoxe. En effet, dans les pays catholiques et protestants, elle n'a lieu qu'à ce moment là.
 
La Fête de Pâques ayant clos le jeûne du Carême, le repas est festif et familial, tel que le montre le cas des pays orthodoxes, notamment en Grèce. En effet, les personnes sont accueillis avec la salutation pascale dont j'ai parlé plus haut : « Christ est ressuscité ! » Ce à quoi, on répond, « Il est vraiment ressuscité ! » Et pendant tout l'après-midi, on mange, on chante, on danse. La renaissance du Christ est « fêtée dans la joie ».
La table est, elle aussi, particulièrement décoré. Par exemple, en Pologne et en Italie, on décore la table avec des œufs pour le repas de Pâques, ou avec les paniers d'offrande.
L'œuf de Pâques reste un aliment privilégié de la fête, qui est appelé le « menu saint » en Pologne. En Russie, il est ainsi traditionnel de trouver de manière traditionnelle des œufs alimentaires, associés aux deux gâteaux traditionnels de Pâques, Kulitsch, et Pacha, qui ont été, eux aussi, bénit lors de la veillée pascale.
Dans les pays catholiques et orthodoxes (France, Belgique, Allemagne, Italie, Grèce, Pologne, Norvège, etc.), l'agneau est l'une des pièces maîtresse du repas du dimanche de Pâques. La tradition en remonte au VIIe siècle, époque où l'on commença à faire bénir un agneau en souvenir de la mémoire de Jésus. Jusque-là, on ne le faisait pas, car Jésus était considéré par les Chrétiens jusque là comme la « Pâques immolé » pour sauver l'humanité (1 Corinthiens 5, 7). Un renvoi au repas du Seder juif où l'agneau était sacrifié lors de la Pâque juive, en mémoire de la libération d'Israël. Une image comme on peut le voir ici à laquelle Jésus fut très vite identifié du fait de sa mort. D'ailleurs Pâques a finit par désigner l'agneau, ce qui donna naissance à l'expression « manger ses Pâques ». Ainsi, en Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l'occasion de partager un gigot d'agneau rôti accompagné de flageolets (qui venait d'Amérique, donc l'ajout de ces derniers serait une tradition qui remonterait tout au plus au XIXe siècle), et les Grecs cuisent à la broche le fameux agneau pascal (badigeonné d'un mélange d'huile, d'origan et de citron). Dans plusieurs villes de Grèce, les broches sont même installées sur les trottoirs pour que les passants puissent aussi participer à la fête. De même, en Italie, c'est l'agneau rôti qui est la pièce centrale du repas et au Portugal, c'est l'Ensopado d'agneau (ragoût d'agneau de mouton, à la menthe).
Même, dans les endroits, où l'agneau ne fait pas partie des repas pascaux, on retrouve la tradition de l'agneau pascal sous une forme différente. En Alsace et dans certaines régions d'Allemagne, on confectionne un biscuit en forme d'agneau appelé Osterlammele ou Lamala. Cette tradition typiquement alsacienne du Lammele est attestée par le théologien catholique Thomas Murner en 1519 : le fiancé offrait un agneau pascal à sa promise. On l'offrait aussi aux enfants au retour de la messe du jour de Pâques. Après le temps du Carême, ce biscuit riche en œufs permettait d'écouler le stock d'œufs accumulé avant Pâques et dont la consommation est proscrite. L'agneau était décoré d'un étendard aux couleurs des États pontificaux (jaune et blanc) ou de l'Alsace (rouge et blanc).
En Pologne, de même, l'agneau de beurre (wielkanocny Baranek) est aussi un plat traditionnel pour le repas de Pâques. C'est une patisserie, confectionnée avec du beurre et de la pate d'amende, fait en forme d'agneau à la main ou dans un moule en forme d'agneau.
D'autres spécialités ont également une inspiration religieuse telle la colombe de Pâques, Colomba di Pasqua, un gâteau traditionnel milanais en forme de colombe, qui symbolise la paix. Le premier gâteau de Pâques en forme de colombe aurait été préparé, selon la légende, par un pâtissier de Padoue, qui l'aurait offert au roi des Lombards, Alboïn (vers 560-572), convaincu par ce geste de paix de renoncer à ses assauts contre Padoue, qui pourtant s'est soumise à l'autorité lombarde. Serait-ce une allusion au fait que la ville se soit rendue sans combattre ?
En Russie, qui ne fête pas la Toussaint comme les Catholiques, on porte aussi des œufs au cimetière pour honorer les défunts de sa famille.
Chez les Grecs et les Russes, après le long et sévère Carême auxquels ils se sont astreints, Pâques était aussi une journée de sport populaire. En Russie, on dansait et tout le monde pouvait entrer dans les clochers et sonner les cloches. En France, les jeux de balle (symbolisant peut-être le soleil, identifié au Christ), où l'on utilisait la main, ainsi qu'en Allemagne, et en Angleterre, était aussi d'usage à partir de ce jour, mais encadré par évêques, moines ou prêtres, et durait toute la semaine, et était associé à des concours de danse. On peut en voir une survivance chez nous dans le lundi de Pentecôte. Mais aussi dans les concours de danse qui se sont maintenus dans les pays britanniques jusqu'en Irlande du Nord, mais avec une codification d'habillement bien plus spécifique aujourd'hui.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)Pour les orthodoxes, le dimanche de Pâques, il n'y a pas de Divine Liturgie, car la liturgie de ce jour a déjà été célébrée. Au lieu de cela, l'après-midi, il est souvent traditionnel de célébrer l'«Agapè des Vêpres ». Dans ce service, il est devenu habituel au cours des quelques derniers siècles pour le prêtre et les membres de l'église de lire une partie de Jean 20, 19-25 (dans certains endroits, la lecture est étendue pour inclure des couplets 19, 26-31) dans autant de langues que possible, afin de montrer l'universalité de la Résurrection.
Au coucher du soleil et le lendemain, lundi de Pâques, des grands feux (Osterfeuer allemands, et Paasvuur en néerlandais) sont allumés à l'est des Pays-Bas, en Suisse et en Autriche, et dans le massif montagneux allemand du Harz, et au Danemark, en Suède et en Finlande, où ils furent introduits au XVIIIe siècle des Pays-Bas. Á l'origine, ils étaient allumés au sommet des montagnes (montagne de Pâques, Osterberg) et à partir d'un fau nouveau suite à la friction d'un bois. Son origine se trouve probablement dans un rite préchrétien d'origine saxonne, tout comme de la crémation de Judas, qui montrait le triomphe du printemps sur l'hiver. D'ailleurs, pour assurer la fécondité de la terre, on répandait les cendres dans les prairies. Les évêques émirent graves édits contre la sacrilège les feux de Pâques (Conc. Germanicum, a. 742, cv; Concile de Lestines, A. 743, n. 15), mais n'a pas réussi à les abolir partout. Si bien que l'Église catholique finit par les intégrer vu leur succès en les christianisant, les grands feux devenant les symboles de la Résurrection du Christ.
 
Pâques se poursuit ensuite pendant huit jours, lors de la semaine dite de l'Octave de Pâques, que j'ai évoqué dans l'article précédent. Les orthodoxes orientaux et les églises catholiques orientales qui suivent le rite byzantin l'appellent eux la Semaine de la Lumière et est considéré comme un jour continu. Celle-ci, dans les deux confessions chrétiennes, était auparavant fériée. Mais ce ne fut plus le cas à partir du XIXe siècle. A partir du Concordat, en France, ce ne fut plus que le Lundi de Pâques qui resta férié, ce qu'officialisa la loi du 8 mars 1886. Il en est de même dans plus de 100 pays de tradition chrétienne à travers le monde, excepté en Russie, au Portugal, aux États-Unis et en Espagne où le lundi est travaillé au moins dans certaines régions, et au Mexique.
Des traditions païennes christianisées se sont maintenus le lundi de Pâques en particulier celle du « lundi mouillé» en Pologne (Śmigus-Dyngus ou poniedziałek Lany), en Hongrie, en Slovaquie (veľkonočný pondelok, appelée Šibačka / Polievačka ou Oblievačka)  et en République Tchèque (pondělí velikonoční ou pomlázka), où le réveil est parfois difficile, car en début de matinée, les garçons jettent sur les filles un seau d'eau sur leur tête ou leur frappe les jambes avec une branche d'arbre fine, fait à partir de bouleau, de saule ou de tout arbre, qui a été préalablement décoré. Les documents les plus anciens qui en parlent datent du XVe siècle en Pologne, mais les premières traces pourraient dater de 750, 250 ans avant l'adoption du Christianisme en Pologne. C'était probablement un rite de purification destiné à amener la fertilité du sol, comme on peut le voir dans la maintenance du rite de purification des prairies en ce jour en Hongrie. L'Église catholique finit par christianiser cette coutume en faisant valoir que l'origine serait du au baptême le lundi de Pâques de Mieszko Ier, premier duc de Pologne (935-992) en 966, qui fut à l'origine de la conversion de la Pologne au Christianisme. Cette tradition a d'ailleurs émigré avec les communautés polonaises, tel qu'on peut le voir aux États-Unis.
En France, c'est également ce jour-là que se déroule la chasse aux œufs, tout comme au Canada. Aux États-Unis, on fait également un jeu où l'on fait rouler les œufs, et qui a lieu par exemple à la Maison Blanche à Washington. C'est l'œuf qui va le plus loin qui l'emporte. Cette coutume se retrouve dans les pays Scandinaves et au Royaume-Uni mais la veille, le jour de Pâques.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)Le lundi de Pâques est aussi fêté de façon plus familiale, comme en Italie, où le lundi de Pâques est appelé « Pasquetta ». Il est de coutume de préparer un pique-nique à la campagne en famille et c'est l'occasion de manger les œufs qui ont été décorés l'avant-veille. De même, dans le sud de la France, il est (était) de coutume de faire un grand pique-nique avec la famille et les amis le lundi de Pâques à midi avec comme plat principal une grande omelette, préparée avec les œufs de Pâques. Cette tradition s'appelle « pâquette » et pourrait avoir une origine commune à celle de l'Italie.
Cependant, depuis le nouvel ordo liturgique de Paul VI, le lundi de Pâques n'est plus solennisé pour les catholiques. Ce n'est plus une fête liturgique. La messe n'a d'ailleurs pas toujours lieu ce jour-là.
Par contre ce n'est pas le cas dans l'Église orthodoxe orientale et dans celles des Églises orientales catholiques qui suivent le rite byzantin, où le lundi de Pâques est appelé Lundi de la lumière ou Lundi du renouvellement, et est le deuxième jour de la Semaine de la lumière. Les services sont exactement les mêmes que ceux du dimanche de Pâques, sauf que les hymnes de l'Octoèchos sont en deux tons. Il est de coutume d'avoir une Crucession (procession dirigée par une croix), soit après les Matines pascales ou après la Divine Liturgie pascale. Il est habituel au cours de cette journée de visiter la famille et les amis. Le lundi de Pâques est aussi le jour de la fête de Saint George est célébrée, dans les années où le Jour de Saint George (23 avril) tombe pendant la Semaine Sainte ou le dimanche de Pâques.
Ce qui n'empêche que, dans l'église catholique, pendant 8 jours, la messe se répète aux grands offices, aux laudes comme aux vêpres : ce sont les mêmes psaumes et les mêmes antiennes (sauf aux cantiques évangéliques). Le psaume 109, qui est le premier psaume des vêpres du dimanche, est ainsi accompagné du psaume 113, le psaume « pascal » par excellence puisqu'il fait référence à la traversée de la mer rouge (In exito Israel de AEgypto). La célébration vespérale se poursuit avec le cantique de l'Apocalypse, que l'antiphonaire romain propose de chanter à la façon d'un tropaire, ce qui renforce encore la dimension solennelle de cette célébration.
Les chants de la messe se répètent, comme le répons Haec dies, dont le verset varie chaque jour; c'est ce même répons qui est utilisé (mais sans son verset) après les lectures des grandes heures. Hæc dies quam fecit Dóminus: exsultémus et lætémur in ea, allelúia. (Voici le jour qu'a fait le Seigneur, exultons et soyons dans sa joie, alléluia.) Pendant 8 jours, l'Eglise répète Pâques, et prolonge la solennité de la résurrection pour mieux la méditer. Pendant 8 jours, les néophytes (ceux qui viennent d'être baptisés) portent le vêtement blanc et ne le déposent qu'au deuxième dimanche de Pâques, est appelé « dimanche octave », dimanche de Quasimodo, dimanche In Albis, (historiquement, il s'agirait en fait plutôt du samedi précédent qui était « in albis depositis »), dont le nom est tiré de l'introit « Quasi modo geniti infantes », comme des enfants nouveaux-nés (1 Pierre 2, 2) Il faut voir là une allusion aux néophytes baptisés pendant la vigile pascale. Ils y ont reçu un vêtement blanc qui est un symbole de la robe blanche des élus de l'Apocalypse (7, 9) qu'ils déposaient la veille de ce dimanche. Ce deuxième dimanche de Pâques, la collecte (la prière d'ouverture de la messe et la prière de conclusion des offices aux grandes heures) leur est spécialement adressé. On lit le récit évangélique qui raconte l'histoire de l'apôtre Thomas.
Il a vu son rôle modifié lorsqu'a été institué dans l'Église catholique romaine par Jean-Paul II le 30 avril 2000, le jour de la canonisation de Faustine Kowalska, le « dimanche de la Miséricorde », en référence à la dévotion de Soeur Faustine, mais aussi en lien évident avec les premiers mots de sa collecte (Deus misericordiae sempiternae). Il fut donc célébré pour la première fois dans l'histoire de l'Église le 22 avril 2001, et est célébré depuis chaque année le dimanche qui suit le dimanche de Pâques, prenant la place du dimanche octave.
Jean-Paul II, étant mort, lors des vêpres de la divine miséricorde, et en l'honneur de sa dévotion à la miséricorde, sa béatification eut lieu le 1er mai 2011, dimanche de la divine Miséricorde.
Le rituel de la Semaine de la Lumière orthodoxe diffère du fait d'une ritualisation plus recherché. Les Portes Saintes de l'iconostase (qui abrite les icônes) sont laissés ouvertes à partir du moment où elles ont été ouvertes à minuit tout au long de la Semaine de la lumière, et ne sont fermées qu'à la fin de la neuvième heure le Samedi de la Lumière. La plupart des caractéristiques de la vigile pascale se répète, avec seulement de légères variations: le ton dans lequel les services sont chantés car ils sont changés de jour en jour, les Matines et la Divine Liturgie sont célébrées séparément, et l'homélie pascale de saint Jean Chrysostome n'est pas relut. Aussi, à la fin de la liturgie (ou, plus traditionnellement, des Matines) il ya une Crucession autour de l'église tous les jours (ou au moins le Lundi de la lumière, dont j'ai parlé plus haut). La semaine entière est une journée de jeûne, même ceux du mercredi et du vendredi, qui sont normalement des jours de jeûne pendant toute l'année ecclésiastique.
Dans mon prochain article, je parlerais du Jeudi de l'Ascension.
                                                                                                                                                                                                       Freyr1978

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Publié le 31 Mai 2011

Le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, institué en octobre dernier, s’est réuni pour sa première Assemblée plénière, sous la présidence de Mgr Rino Fisichella. Les membres de ce nouveau dicastère ont été reçus par Benoît XVI le lundi 30 mai 2011. L’occasion pour le Pape d’expliquer pourquoi l’Église est appelée à accomplir une nouvelle évangélisation et à intensifier son action missionnaire.

 

Pour Benoit XVI, les temps ont changé, les mutations culturelles sont profondes, la sécularisation a laissé de lourdes traces y compris dans les pays de tradition chrétienne. La crise actuelle se traduit par l'exclusion de Dieu de la vie des personnes, une indifférence généralisée à l’égard de la foi chrétienne, et même la tentative de marginaliser le christianisme dans la vie publique. C’est la version du courant réactionnaire supportant Benoit XVI craignant les sociétés sécularisées, à cause de l'apport des sciences humaines et des sciences pures favorisant un regard critique sur la «Vérité soit disant éternelle» de l’Église. Leur analyse du contexte moderne les amène à considérer qu'un raidissement moral et théologique revaloriserait le christianisme miné par la laïcisation et le relativisme. Ce qui est tout sauf réaliste.

 

Evoquant le thème du Synode des évêques de 2012 (Nouvelle évangélisation et transmission de la foi chrétienne), Benoît XVI a souligné la nécessité de renouveler le mode d'annonce, en particulier pour qui vit dans une société où la sécularisation a laissé un lourd héritage, notamment dans les pays de tradition chrétienne. Benoît XVI a brossé un sombre tableau de la situation actuelle : la crise qui tenaille les sociétés n’épargne pas la foi et les sentiments religieux - a-t-il dit - aujourd’hui, nous sommes confrontés au drame de la fragmentation qui ne permet plus d’avoir une référence unique. Des personnes désireuses d’adhérer à l’Église sont fortement façonnées par une vision de la vie en contradiction avec la foi. Pour Benoit XVI annoncer Jésus comme seul Sauveur du monde est plus compliqué que par le passé. Comment l’Église veut-elle parler au monde moderne, quand elle a remplacé les évêques de type prophétique par des évêques distants du peuple, et qu’elle a fermé certaines institutions de théologie et condamné ses professeurs. Le dialogue et la libre expression sont réduites au silence, car l’avis du fidèle ne compte pas comparé à ce que veut le magistère.

 

Benoît XVI a alors dit son espoir que les travaux de cette assemblée débouchent sur "un projet de relance immédiate de l'annonce qui prenne en comptes la formation, celle des jeunes notamment. Il faut des gestes concrets en mesure de rendre évidente la réponse de l'Eglise. Si toute la communauté est appelée à raviver son esprit missionnaire pour répondre aux attentes de l'humanité d'aujourd'hui, il ne faudra pas sous-estimer que le style de vie des croyants doit être crédible et convainquant pour les demandeurs". Benoît XVI demande aux membres du nouveau dicastère de mettre au point un projet qui puisse aider toute l'Église catholique à affronter la nouvelle évangélisation. Cela ne m’emballe pas.

 

Cette nouvelle évangélisation n’est pas une solution pour faire revenir les fidèles à l’église. Il faut plutôt adopter une approche contextuelle et donc resituer le message du Christ au cœur de notre histoire pour y déceler l'intuition des personnes croyantes qui nous ont précédés. Celles qui ont donné naissance aux théologies féministes, écologiques ou de la libération. Autrement dit, on doit favoriser une relecture de l'expérience chrétienne en fonction des défis contemporains marqués par la pluralité spirituelle. Cela nous invite donc au dialogue et à l'ouverture, au sein du christianisme mais aussi au cœur de nos sociétés. Par là, le christianisme pourra offrir une voie plus humaine pour mieux contribuer à la construction d'un monde plus juste, plus fraternel, pacifique et pluriel.

 

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Publié le 30 Mai 2011

La théologie de la libération se situe dans la droite ligne du concile Vatican II. Elle réunit des intellectuels mais aussi des habitants des quartiers populaires groupés dans des «communautés de base» dont est issue en partie la théologie de la libération. Ces prêtres généreux et populaires, sont plongés au cœur d’une injustice sociale flagrante et ils puisaient leur inspiration chez le Christ ouvrier que chez Saint Jean de la Croix.


C’est une «Église du peuple», organisée autour de «communauté de base» - une Église novatrice, politiquement engagée en faveur du changement social (si nécessaire par la force des armes), dont l’ardeur était attisée par les vents de la théologie de la libération. Les groupes de laïques réunis au sein de ces communautés constituaient une Église, mais une Église dans une grande mesure indépendante des structures ecclésiastiques établies : ils prient ensemble, s’administrent mutuellement les sacrements et luttaient contre l’oppression et les conditions de vie misérable des pauvres.


La thèse centrale de la théologie de la libération était que l’enseignement des Évangiles ne doit pas devenir désincarné, abstrait et négligeant les conditions de vie réelles du peuple. La foi chrétienne devait être une force active, contribuant à libérer des centaines de millions de Latino-Américains de leurs conditions de vie misérables et de l’oppression sociopolitique. Afin d’éliminer les structures perpétuant l’injustice, soutenaient les théologiens de la libération, il était possible d’utiliser l’analyse sociale marxiste, sans pour autant accepter le matérialisme de l’idéologie communiste. Il faut signaler que la théologie de la libération n’est pas marxiste, c’est seulement avec la survenue des dictatures et l’extrême politisation des enjeux qu’elle a été associée à cela.


Ses théoriciens sont pour la plupart des Espagnols émigrés après 1939, à la fin de la guerre civile. Des franquistes retournées par la misère découverte sur place. Ils ont étudiés en Europe et se sont notamment inspirées de la théologie politique allemande développée dans les années 1960. Le chef de file de ce courant, Johann Baptist Metz, postule notamment que l’Église en tant qu’institution sociale a une influence sur la vie collective; qu’il lui revient d’assumer la charge d’œuvrer au sein de la société pour plus de justice et de paix.


En 1968, à Medellin (Colombie), le CELAM (Conseil épiscopal latino-américain) avait constaté que la pauvreté loin d’être un hasard, était planifiée et structurellement organisée. Il avait décidé de s’engager  plus délibérément dans la promotion des pauvres et la défense des droits de l’homme. Alertés par les mouvements de laïcs et de jeunes prêtres, interpellés par Helder Camara, les évêques dans leur majorité, entrent dans les perspectives de la théologie de la libération.


Les Églises d’Amérique latine, malgré leurs tensions intérieures, s’engagent sérieusement pour la défense des droits de l’homme et dénoncent courageusement les situations d’injustice, la torture, les emprisonnements arbitraires. Pour beaucoup de prêtres fervents, le marxisme est la bonne explication de la vie sociale qu’ils observent en Amérique du Sud. Certains rejoignent les violences des guérillas communistes comme Camillo Torres Restrepo, un prêtre qui consacra toute sa vie à la défense des pauvres en Colombie, qui mourut au combat en 1966, au sein de l’Armée de libération nationale, qui s’opposait à l’armée gouvernementale. D’autres se limitaient à des cours d’hygiène d’alphabétisation et de petits métiers. Ils légitimaient leurs analyses par le dévouement. Le succès de la théologie de la libération tient au fait qu’une flamme parcourt le continent, nourrie des scandales de corruption, de l’arrogance des privilèges et des sentiments anti-yankees, vu que les États-Unis protégeaient et finançaient ces régimes. Le brésilien Hugo Assmann refuse le modèle soviétique et préconise une logique de majorité démocratique, assez différente de la dictature du prolétariat. Le cardinal franciscain Evaristo Arns en tire argument pour ne pas voir le marxisme dans ses écrits. Depuis les États-Unis, les Pères de Maryknoll soutiennent les «communautés de base», véritable alternative aux paroisses traditionnelles.


Entraînés par des évêques, dont Helder Camara, archevêque de Recife, dom Fragoso, évêque de Crateus, le cardinal Evaristo Arns, archevêque de Sao Paulo, le cardinal Lorscheider, archevêque de Fortaleza, elles se retrouvent exposées en même temps à la persécution. Le développement de l’Église des pauvres est jalonnée par des arrestations, des morts tragiques, des morts tragiques et des assassinats se militants chrétiens, de religieux, de religieuses, de prêtres, tels l’archevêque de San Salvador, Oscar Romero (mort en 1980) ou l’abbé Jarlan (mort en 1984).


Mais la théologie de la libération réunissait des courants divers, certains assez radicaux, ce qui la fit suspecter de tendances marxistes et provoque, en 1984, une mise en garde sévère de la Congrégation pour la doctrine de la foi, interprétée comme une condamnation, ce qu’elle n’était pas. En 1986, la Congrégation pour la doctrine de la foi s’applique à montrer que le clergé peut répondre aux maux de l’Amérique du Sud à travers la doctrine sociale de l’Église. Enfin, la Commission pontificale biblique admet en 1993, la théologie de la libération comme une lecture possible de l’Évangile pourvu qu’elle ne repose pas sur des principes contraires à la Bible.


A partir de 1979 quand Lopez Trujillo (Colombie) devint président du CELAM et que Castrillon Hoyos (Colombie) lui succéda en 1983, alors que ce dernier accepta par deux fois l’argent de la drogue, les conservateurs organisent leur contre attaque, avec la complicité tacite du pape Jean-Paul II obsédé par le communisme. Les responsables du CELAM se déchainent alors contre les théologiens de la libération, contre les évêques, contre les religieux et les religieuses de la CLAR (Confédération latino-américaine des religieux) qui compte 105 000 religieuses et 43 000 religieux. La convergence des amis de Lopez Trujillo avec le cardinal Baggio, proche de l’Opus Dei, qui a été pendant 11 ans, «patron» de la Congrégation des évêques, permet de contrôler et d’orienter la nomination des évêques.


Car si la théologie de la libération est morte des sa version révolutionnaire, elle muté dans la mesure des changements de société. Elle inspire de nombreux chrétiens qui s’engagent pour l’environnement, le recul de la misère, qui est moins important que l’évangélisation pour le Vatican, et pour une mondialisation humaine. Ce sont aujourd’hui le plus souvent des laïcs, donc moins dépendant de l’appui de la hiérarchie catholique, et qui s’investissent dans les mouvements sociaux et altermondialistes. Pour preuve, l’élection à la présidence de la République au Paraguay de l’ancien évêque, Lugo Mendez en 2008. Enfin, la théologie de la libération, dans sa dimension théorique, est loin d’avoir perdu sa pertinence : en 2007, le jésuite Jon Sobrino, l’un des poids lourds du mouvement, était mis en cause par la Congrégation de la doctrine de la foi. Celle-ci lui reproche un Jésus trop humain, pas assez divin.


Le mouvement a encore de beau jour devant lui, surtout que depuis 2007, les évêques brésiliens et honduriens revinrent aux communautés de base pour faire face aux protestants évangéliques, tant les solutions proposées par les communautés nouvelles étaient limitées.


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Publié le 28 Mai 2011

puerta sol.bigEn 2011, suite à une manifestation le 15 mai à l'appel du mouvement ¡Democracia Real Ya! (Une vraie démocratie, maintenant), de nombreux manifestants ont campé la nuit sur la place, débutant l'occupation de la place qui dura plus d'une semaine. Des dizaines de milliers de personnes s'y réunirent tous les jours, débattant et s'appropriant l'espace public. Le mouvement des «indignés» de la Puerta del Sol, qui n’est affilié à aucun parti, ne rassemble pas seulement des jeunes, mais aussi des chômeurs, des travailleurs, des retraités et même des riches. Beaucoup disent avoir l’impression qu’ils portaient cette révolution en eux et qu’enfin aujourd’hui elle est rendue possible.

 

La puerta del Sol s’est transformée en 7 jours en agora, à la fois centre de débats et centre de vie, qui compte maintenant une garderie, une bibliothèque une infirmerie, et trois points d'alimentation. L'organisation de ce rassemblement est impressionnante. Les manifestants font le ménage, au point que les services municipaux disent n'avoir jamais vu la Puerta de Sol aussi propre. Le campement de la Puerta del Sol, improvise une efficace organisation par assemblées et se construit comme un petit village autosuffisant, qui subsiste grâce aux donations anonymes des habitants, seulement acceptées si elles sont en nature, car tout apport monétaire est refusé. Aussi bien à Sol que sur les autres places du pays, de nombreuses assemblées sont réunies, dans lesquelles la parole est donnée à tous. Des décisions sont prises sur les étapes suivantes, ainsi que sur les manifestes et les communiqués. A la manière de la place Tahrir au Caire lors de la révolution égyptienne de 2011, la Puerta del Sol est devenue un symbole de la lutte en faveur d'une vraie démocratie lors des Manifestations de mai 2011 en Espagne.

 

Depuis une semaine, le mouvement s'est répandu à travers l'Espagne sous le mot d'ordre «Toma la plaza» (Prend la place). Cette mobilisation spontanée, aussi appelée Mouvement du 15 mai, s'est organisée, comme les révoltes arabes, via les réseaux sociaux en ligne Twitter et Facebook et sur le principe du «droit à s'indigner». Les mots d'ordre: la mainmise des grands partis sur la vie politique espagnole, l'injustice sociale et la «corruption des politiciens». Le mouvement, qui se veut apolitique, s'est rapidement étendu à toutes les villes d'Espagne, où des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue. Les manifestations se sont poursuivies samedi et dimanche en dépit de la trêve électorale, qui, selon la loi, interdit tout rassemblement politique. À Madrid, des centaines de manifestants restaient mobilisés dimanche à la Puerta del Sol, où le village de bâches bleues et de tentes des jeunes "indignés" est devenu le foyer de la contestation. En toile de fond, un taux de chômage de 21,19%, le plus élevé de la zone euro, qui touche presque la moitié des moins de 25 ans.

 

Les porte-parole du mouvement ont l’intention de poursuivre leur action. Mais la poursuivre autrement, de façon coordonnée, organisée, en réseau. Bien que le nombre de campeurs ait diminué ces derniers jours, le mouvement reste extrêmement actif sur le Web avec plus de 150 000 "amis" sur Facebook et autant d’internautes qui le suivent sur Twitter. La mondialisation par le bas doit se poursuivre. Déjà le dialogue aurait été établi avec des personnes qui partagent ce sentiment d’indignation dans d’autres pays, en Islande, en Grande-Bretagne ou même au Maroc.

 

Le mouvement à pris de l'ampleur et s'est étendu à toutes les grandes villes espagnoles, ainsi qu'a d'autres villes européennes, comme à la place de la Bastille, à Paris, tous les soirs à 19h, ou bien encore à Athènes, Lisbonne. A l'instar des «Indignés» de la Puerta del Sol à Madrid, un collectif, les «Indignés», qui proteste via les réseaux sociaux contre les nouvelles mesures d'austérité décidées sous la pression des créanciers du pays, a lancé un appel à manifester place Syntagma, devant le Parlement, au centre d'Athènes. Selon la police, environ 8.000 personnes étaient présentes. Comme en Espagne, la manifestation a été organisée via Internet, notamment le réseau Facebook, sous un seul mot «les indignés», qui rassemble à droite et à gauche. Sur la place, quelques slogans «voleurs», ou «kleptocratie» ont été criés malgré un mot d'ordre de rassemblement silencieux. La page Facebook «Indignez-vous à Syntagma» compte désormais plusieurs milliers de fans.

 

En France, le collectif "Belle démocratie maintenant !", calqué sur le "Democracia real, ya !" des jeunes espagnols, appelle (sur le web et les réseaux) les citoyens à se réunir sur les places des grandes villes, pour la "régénération démocratique du système politique et défense d’une politique sociale". Après la Place de la Bastille à Paris, des rassemblements sont organisés ce mercredi dans une vingtaine de villes françaises. Après que les forces de l'ordre aient prié lundi à une cinquantaine d'"indignés" de libérer la place de la République de Perpignan, de nouveaux rassemblements sont annoncés. Plusieurs ont eu lieu à Paris; Nîmes Montpelier, Perpignan.

 

Ces mouvements montrent le désarroi de plus en plus de personnes envers les politiciens et qui souhaitent retrouver une véritable démocratie où le marché ne dicte pas sa loi. Mais comment faire quand l’Église qui devrait soutenir ce mouvement ne sait dire que pour elle que la crise économique est surtout morale, ce n’est pas les valeurs qui amènent le pain sur la table. Pendant ce temps là, pour financer les JMJ, l’Église espagnole se vend à la plupart des présidents de société de l’Ibex 35 (l’équivalent du Cac 40) pour un grand cirque de la foi, alors que les jeunes ne se reconnaissent plus dans cette église car plus de la moitié des 15-24 ans, se déclarent athées et on le comprend tant le cardinal-archevêque de Madrid, Rouco Varela, fait preuve d’autoritarisme.

 

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Publié le 28 Mai 2011

Le pape Benoît XVI a réaffirmé le soutien du Saint-Siège pour Caritas Internationalis dans une audience avec les délégués des Caritas du monde entier le dernier jour de la 19ème Assemblée générale de la confédération.

 

Benoît XVI a rappelé que «la communion entre tous les fidèles dans l'exercice de la charité» devait être «entendue non seulement comme une vague philanthropie, mais comme don de soi». «En même temps», a ajouté le pape, cette organisation «est appelée à offrir sa propre contribution pour porter le message de l'Eglise dans la vie politique et sociale sur le plan international». Le pape a ensuite demandé que Caritas travaille «en étroite collaboration» avec les évêques locaux. Ici, Benoit XVI a choisit une solution mixte pour apaiser les tensions et faire un travail constructif avec CI.

 

Le pape Benoît XVI a dit que «les Caritas nationales sont appelées à continuer à rendre leur témoignage fondamental au mystère de l’amour vivifiant et transformant de Dieu manifesté en Jésus Christ. La même chose vaut aussi pour Caritas Internationalis, qui, dans l’engagement pour accomplir sa propre mission, peut compter sur l’assistance et sur l’appui du Saint-Siège, particulièrement à travers le Dicastère compétent, le Conseil Pontifical Cor Unum.» La demande du pape est de ne pas oublier de rendre témoignage de sa foi, et fait confiance à CI qui recevra le soutient du Saint Siège à travers le Conseil Pontifical Cor Unum.

 

Il a dit, «C’est seulement sur les bases d’un engagement quotidien à accueillir et à vivre pleinement l’amour de Dieu, qu’on peut promouvoir la dignité de chaque être humain en particulier.» «Tout ce que vous dites et faites, le témoignage de votre vie et de vos activités, sont importants et contribuent à promouvoir le bien intégral de la personne humaine», a déclaré le pape. Le pape a rappelé que le rôle de Caritas est l’option préférentielle pour les pauvres comme il l’avait déjà dit dans Caritas in veritate, et montrant qu’il faisait confiance à CI dans ce domaine.

 

Dans son discours en anglais, le pape a aussi mis en avant le «rôle important sur le plan international» de l'organisation, qui est le «porte-parole, dans la communauté internationale, d'une saine vision anthropologique, nourrie de la doctrine catholique et engagée à défendre la dignité de toute vie humaine». Benoit XVI a fait une mise en valeur du fait que CI est une organisation humanitaire d’inspiration chrétienne.

 

L'assemblée a réélu le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga en tant que président. Michel Roy a été choisi comme nouveau secrétaire général remplaçant Lesley-Anne Knight, qui avait servi son mandat de quatre ans. Donc, à travers ces choix, CI a choisie la continuité et aussi le dialogue tendu mais convivial avec le Saint Siège.

 

Dans ses vœux au pape Benoît XVI, le cardinal Maradiaga, a dit que : «Caritas ose rêver d'un monde de communion et de charité, comme une seule famille humaine à pauvreté zéro. Ceci, cher Saint-Père, est votre Caritas au cœur de la mission sociale de l'Eglise.» Une preuve que benoit Xvi ne doit pas s’inquiéter sur CI.

 

Les délégués ont également travaillé sur le cadre stratégique de la confédération pour les quatre prochaines années: Une Famille Humaine, Pauvreté zéro. Caritas va concentrer ses efforts sur les objectifs suivants:

- Sauver des vies, soulager la souffrance et aider à reconstruire les moyens de subsistance afin que les femmes, hommes et enfants dans les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables soient en mesure de survivre et de se remettre des crises humanitaires afin de vivre dans un environnement sûr et sécurisé.

- Promouvoir le développement afin que les femmes et les hommes dans les communautés les plus pauvres et les plus défavorisés aient un accès égal aux services essentiels comme l'eau potable, l'éducation, les soins et les ressources dont ils ont besoin pour vivre de manière durable, avec dignité.

- S'efforcer de transformer les systèmes injustes et les structures afin que les femmes et les hommes dans les communautés les plus pauvres et les plus défavorisés soient en mesure d'influencer les systèmes, les décisions et les ressources qui les touchent et pour vivre sous des gouvernements, des institutions et des structures mondiales qui sont justes et responsables.

- Le renforcement des capacités de Caritas de sorte qu’elle soit plus forte et mieux équipée pour faire face au défi de la pauvreté mondiale, enracinée dans la foi, par la prière et l'action dans des partenariats mondiaux efficaces.

 

Le cadre stratégique est intéressant et montre que Caritas internationalis va continuer d’apporter de l’aide aux plus vulnérables, sans distinction de race ou de religion, au nom des catholiques du monde entier, sans pour autant oublier sa foi. Ce que Caritas a toujours fait, même si le Siège en doutait, mais je pense que le problème a été réglé.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Publié le 27 Mai 2011

Caritas Internationalis a un nouveau secrétaire général. Michel Roy a été élu ce jeudi par 14 voix contre 6, par le Comité exécutif, un choix qui a ensuite été ratifié par l’Assemblée générale. C’est donc un français, directeur du plaidoyer international au Secours catholique Caritas France qui succède à Lesley-Anne Knight. Depuis 2003, Michel Roy était Directeur du plaidoyer international, responsable des dossiers relatifs à la gouvernance mondiale, au financement du développement, à la promotion de la paix et des droits humains ou encore à la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Dans le cadre de cette mission, Michel Roy a intégré de nombreux réseaux internationaux dont l'Initiative de Transparence des Industries Extractives, la plateforme française «Publiez ce que vous payez» ou encore le CRID, un collectif de 53 associations françaises de solidarité internationale. Il devra reconstruire un lien de confiance entre Rome et Caritas Internationalis. Ce lien semble terni par la volonté du Vatican à ne pas se center su le vécu, car la foi tout le monde peut l’avoir, mais l’exprimer est plus noble.

 

François Soulage, président du Secours Catholique qui se félicite de cette élection fait part de sa réaction : «C’est une très belle élection, avec un mandat clair, d’autant que sa déclaration de candidature reprenait précisément le positionnement de Caritas Internationalis, qui est le même que celui du Secours Catholique face à la pauvreté et aux chrétiens.» C’est une bonne nouvelle, car en choisissant Michel Roy, CI dit au Vatican qu’elle va continuer à aider les pauvres sans distinction et obligation. La continuité avant tout, voilà ce qu’a choisit CI.

 

La réélection de Mgr Maradiaga à la présidence de CI, celle du trésorier, ont montré le soutien de la confédération à la politique suivie jusqu’ici par CI, et met fin à la “critique” formulée par le Saint Siège sur la nécessité de «réaffirmer l'identité catholique» de l'organisation.

 

Des représentants du Vatican obsédé par la doctrine, rappelaient sans cesse aux Caritas qu’elles étaient d'abord des acteurs de l'Eglise, expliquant parfois que la transmission de la foi passait même avant l'exercice de la charité. Choquant, en la transmission de la foi est supérieure à la charité.

 

Plusieurs cardinaux intervenus au cours de l'Assemblée générale ne se sont pas privés de critiquer indirectement plusieurs Caritas nationales pour leur caractère trop «social», qui ne serait pas «assez catholique»... car d’autres Caritas sont davantage engagées sur des champs professionnels. Comme en Allemagne par exemple, où la Caritas est chargée par l’État d’assurer les services sociaux, avec un grand nombre de salariés qui ne sont pas forcément des agents d’évangélisation. Ce qui montre qu’on pas besoin de montrer sa foi quand on aide les plus pauvres.

 

François Soulage explique cette différence de conception entre CI et le Saint-Siège : «Du fait d’une relative clarté des propos du Vatican, l’assemblée générale a permis de mieux comprendre le conflit sous-jacent qui existait et le refus du Nihil Obstat du Vatican, face à la candidature de la sortante Lesley-Ann Knight. Le Saint-Siège considère en effet CI comme partie intégrante du Vatican, en vertu d’un décret de Jean-Paul II qui remonte à 2004. Alors que CI se vit comme une confédération autonome. L’assemblée générale a permis de mettre au jour cette différence de conception. Mais il aurait été préférable que tout cela soit exprimé plus clairement avant afin d’éviter le conflit.»


Si CI se plie au décret qui implique pour elle une perte d’une bonne partie de son autonomie directionnelle, cela ne veut pas dire pour autant que le débat de fond est réglé entre justice et charité. Le débat est lancé et le Vatican par son insistance a créé l’incompréhension dans les rangs des Caritas présentent.

 

François Soulage nous montre bien que le débat n’est pas fini : «Nous n’avons pas la même conception de l’évangélisation avec le Saint-Siège, mais ce n’est pas conflictuel pour autant, c’est juste en débat.» Heureusement que CI n’a pas la même conception que le Saint Siège, car la pauvreté doit pas passer avant la foi, comme nous l’a dit Victor Hugo dans Pour les pauvres : «Qui donne au pauvre prête à Dieu.»


Le vendredi 27 mai, en fin de matinée, les quelques 300 délégués, représentant plus de 160 organisations membres de Caritas, seront reçu par Benoît XVI dans la salle Clémentine au Vatican.

 

Ces choix sont bons et ont montré que le Vatican ne peut pas mettre fin à la liberté de conscience de ces organisations qui elles vivent sur le terrain la misère humaine et essayent de la soulager.

 

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Publié le 25 Mai 2011

cardinal3Le mardi 24 mai 2011, le cardinal Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga a été réélu président de Caritas Internationalis, à Rome, pour un second mandat de 4 ans, avec 75% des voix. Pourtant, l’élection du cardinal hondurien à sa propre succession demeurait incertaine. Selon des sources vaticanes, lui-même aurait d’ailleurs hésité à se représenter suite à l’éviction de Lesley-Ann Knight, l’actuelle secrétaire générale de l’ONG. Une bonne nouvelle car le cardinal Maradiaga ne cache pas qu'il regrette «l'ethnocentrisme» de Rome qui a conduit par exemple à une condamnation «sans nuances» de la théologie de la libération où lui observait de réels fruits pastoraux, dans des assemblées pas forcément politisées.

 

Le cardinal Rodríguez a déclaré aux membres de la confédération que «le service des plus pauvres» serait «au cœur» de son travail pour les quatre prochaines années. Le Cardinal réélu a souhaité «remercier la Confédération pour son soutien et est impatient d’apporter ses services aux pauvres durant ces quatre prochaines années». Jürg Krummenacher a été élu trésorier. Il était depuis un an trésorier intérimaire.

 

Il semble, de plus, que l’archevêque de Tegucigalpa ne soit pas tout à fait sur la même longueur d’onde que le Vatican concernant la réorientation que celui-ci souhaite donner à l’ONG. En effet, si, pour le cardinal Maradiaga, «la justice est la première voie de la charité», pour le Vatican, la charité ne peut se réduire à une action sociale ou politique. L’erreur que fait le Vatican, est qu’il ne pense pas le message chrétien à partir des derniers, un peu à la manière dont Walter Benjamin qui préconise de connaître l’histoire en commençant par les derniers. Il faut être engagé avec les pauvres, afin de faire en sorte qu’ils deviennent acteurs de leur propre destin.

 

Le Vatican n’ayant pas autorisé Lesley-Anne Knight à se représenter au poste de secrétaire générale qu’elle occupait depuis quatre ans, la Confédération va se doter d’un nouveau secrétaire général. Jugée pour une gestion trop autonome, Mme Knight a pourtant été défendue par le Cardinal Rodriguez Maradiaga : «la façon dont elle n’a pas été autorisée à être candidate (…) a suscité des doléances, surtout parmi les nombreuses femmes travaillant pour Caritas, qui avaient placé tant d’espoir dans son élection et ses réalisations».

 

L'assemblée générale de Caritas Internationalis rassemble actuellement à Rome (22-27 mai) trois cents représentants des organismes membres. En réélisant le cardinal Maradiaga à la tête de l’ONG, les délégués des 165 Caritas ont donc exprimé leur préférence pour la continuité plutôt que pour le changement. Une bonne chose car le choix prioritaire des pauvres comme l’avait fait remarqué le congrès de Medellin en 1968, engage «l'Eglise pour le développement intégral de tout l'homme et de tous les hommes vers une libération.»


Jeudi 26 mai 2011, ils doivent également élire le nouveau/la nouvelle secrétaire général/e, actuellement Mme Lesley Anne Knight, qui n’est pas candidate à sa succession, le Vatican souhaitant un changement. Il y a le sentiment chez certains responsables du Vatican que Mme Lesley Anne Knight n’a pas fait assez pour inculquer une identité spécifiquement catholique dans le sens de l'évangélisation dans la mission de Caritas internationalis et de ses activités. Pourtant les membres de la Congrégation ont fait son éloge pour son «professionnalisme», la lutte contre la dette et la réforme des opérations financières. Le refus de sa candidature vient sans doute du fait qu’elle a observée qu'à Rome, l'Église peut sembler fixée sur la tradition : «Du coup, elle oublie parfois la réalité du monde tel qu'il est.»


Le cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical Cor Unum a confié à Zenit à ce sujet, en février dernier, que Mme Lesley-Ann Knight «a fait beaucoup pour rendre la Confédération plus efficace et pus professionnelle ». Il a ajouté : «Aujourd'hui, Caritas Internationalis est confrontée à des défis internes qui incluent la révision des statuts. Ces défis concernent aussi la collaboration interne, l'identité catholique de la Confédération, la coopération avec le Saint-Siège, une plus grande participation des divers continents et une compréhension plus juste de l'autonomie de chaque membre de la Confédération».

 

Caritas internationalis n'est pas là pour défendre l'agenda de l'Église, car elle apporte l’aide aux plus vulnérables, sans distinction de race ou de religion, au nom des catholiques du monde entier. Caritas n’a pas besoin de changer ses statuts, mais le Vatican doit changer ses méthodes pour gouverner et doit prêter un peu l'oreille aux clameurs du monde. Le pape ne doit plus gouverner seul et devrait être entouré d’une équipe de collaborateurs ouverts au monde dans lequel ils vivent.

 

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