Publié le 17 Septembre 2011

Mgr Edward Daly, ancien évêque de Derry, en Irlande du Nord, appelle à la fin du célibat obligatoire imposé aux prêtres de l’Eglise catholique (de rite latin, ndr). Dans son dernier ouvrage, "A Troubled See : Memoirs of a Derry Bishop", qui vient de sortir de presse, Mgr Daly estime qu’avoir des prêtres mariés pourrait apporter des solutions au manque de vocations.

 

L’image du Père Edward Daly avait fait le tour du monde lors du "Bloody Sunday" (Le dimanche sanglant) à Derry, le 30 janvier 1972. On le voit agiter un mouchoir blanc taché de sang quand il tentait de protéger des blessés lors du massacre de 14 civils catholiques nord-irlandais par des parachutistes britanniques, au cours d’une marche de l’Association nord-irlandaise pour les droits civiques. Agé aujourd’hui de 77 ans, Mgr Daly travaille comme aumônier de l’Hospice Foyle à Derry.

 

Dans son livre, l’évêque émérite critique le célibat obligatoire pour les prêtres et les critères employés pour sélectionner les candidats à l’épiscopat. A ses yeux, pour Rome, la doctrine et l’orthodoxie sont plus importantes que l’expérience pastorale en paroisse. Il estime que si davantage d’évêques étaient choisis au sein du clergé paroissial, ce serait un "développement positif". Enfin, un ancien évêque qui critique le mauvais choix des évêques.

 

Reconnaissant qu’il y a certainement une place importante et permanente pour un clergé célibataire, il dit sa conviction qu’il devrait y avoir une place dans une Eglise catholique moderne pour un clergé marié, pour des hommes qui ne souhaitent pas s’engager à rester célibataires.

 

L’évêque émérite dit se demander de plus en plus pourquoi le célibat devrait être le paradigme du sacerdoce et non pas l’esprit de prière, la conviction dans la foi, la connaissance de la foi, la capacité de communiquer dans l’époque moderne, l’honnêteté, l’intégrité, l’humilité, l’engagement pour la justice sociale, l’éthique du travail, le respect pour les autres, la compassion… "Nombre de ces qualités sont certainement au moins aussi importantes pour un prêtre diocésain que le célibat", affirme-t-il. Il regrette que le célibat soit perçu comme l’obligation prédominante, l’obligation "sine qua non". Il n’a pas tort, car Jésus n’obligeait personne.

 

Mgr Daly relève que le célibat est une obligation qui a détourné de la vocation sacerdotale "de nombreux candidats potentiels merveilleux", et qui a poussé "d’autres excellentes personnes à renoncer à leur sacerdoce", ce qui est à ses yeux "une grande perte pour l’Eglise". Il relate son chagrin quand, comme évêque, il a vu des prêtres renoncer à leur sacerdoce parce qu’ils étaient tombés amoureux et désiraient se marier.

 

Et de relever que si les choses continuent ainsi, un grand nombre de communautés paroissiales n’auront plus de prêtres dans quelques années. Ceux qui resteront seront âgés, fatigués et surchargés de travail. Il espère que quelque chose sera entrepris rapidement pour affronter ces problèmes, en soulignant que ces vues sont souvent exprimées au sein de l’Eglise, par des responsables haut placés, mais "en privé, rarement en public". Oui, sa proposition sur le clergé marié est une solution réaliste et il ne demande pas la fin du célibat sacerdotal, mais que cette option soit un choix et non une obligation.

 

Commentant les affaires d’abus sexuels sur des mineurs, l’évêque émérite se dit horrifié que des collègues dans le sacerdoce aient pu commettre des actes criminels si horribles contre les plus vulnérables. Il n’a pas tort, les abus sexuels sur mineurs commis par les prêtres sont une tâche qui salira pour longtemps l’Église et son image sera à jamais ternie.

 

Devant la surdité continuelle du Vatican, Mgr Daly ose proposer des solutions et dire que le célibat des prêtres ne doit pas être obligatoire. Pourquoi, faut-il que cette demande ne soit pas écoutée alors qu’elle réunie de plus en plus de personnes, cela est pour moi incompréhensible. Les prophètes ne sont pas ceux qui parlent pour le système établi, mais ceux qui osent dire que quelque chose ne va pas. Et ici c’est le cas.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 15 Septembre 2011

La congrégation pour la Doctrine de la foi a soumis le 14 septembre 2011 à la Fraternité sacerdotale Saint Pie X de Mgr Lefebvre, séparée de Rome depuis 1988 un "préambule doctrinal" en vue de sa réintégration dans l’Eglise catholique.

 

La rencontre entre le cardinal William Levada et Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité a permis en outre de proposer quelques éléments en vue de la création d'une prélature personnelle qui suivrait une éventuelle réconciliation, a indiqué le Saint-Siège.

 

«Le document énonce certains des principes doctrinaux et des critères d'interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l'Eglise et au Sentire cum Ecclesia, tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l'étude et l'explication théologique d'expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du magistère successif», note le communiqué.

 

Ce "préambule doctrinal" est officiellement secret, mais on peut lire entre ces lignes que le Saint Siège veut obtenir un engagement de fond sur un certains nombre de points litigieux, afin de s'assurer de la fidélité des prêtres et évêques lefebvristes qui seraient réintégrés, tout en leur permettant une marge de manœuvre sur l'interprétation du Concile Vatican II. Il se pourrait donc que les Lefebvristes puissent être réconciliés sans s'engager sur une acceptation pleine et entière du Concile. En gros, vous pouvez revenir, sans appliquer le Concile Vatican II, ce qui sent des négociations mal menées, car le Vatican est en droit de demander une pleine adhésion du Concile à ces schismatiques.

 

La plupart des personnes proches du dossier annonçant la possibilité de la création d'une prélature personnelle et internationale du pape, conférant à la Fraternité un statut semblable par exemple à celui de l'Opus Dei qui serait très avantageuse pour les bénéficiaires car elle offrirait une grande autonomie aux réconciliés, qui dépendraient du Saint Siège et non des évêques. Cela ne tient guère compte des souhaits exprimés par les Eglises locales, qui elles ne veulent pas voir revenir les lefebvristes, sauf dans le cas des courants minoritaires du catholicisme qui voient en ces derniers des alliés de choix dans leur politique de restauration. Ils sont des mouvements " musclés " traditionalistes, presque sectaires et politiquement à droite, tout à la dévotion du pape sans aucune réflexion. Ils font partie du "renouveau charismatique" ou ont pour noms : Comunione e Liberazione, les Focolari; le Chemin Néocatéchuménal, les Légionnaires du Christ, et surtout l'Opus Dei (l'" OEuvre de Dieu ").

 

Une commission mixte d'études, composée d'experts de la Fraternité et d'experts de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s'est réunie à huit reprises à Rome entre octobre 2009 et avril 2011. Ces colloques, dont l'objectif était d'exposer et d'approfondir les difficultés doctrinales majeures sur des thèmes controversés, ont atteint leur but, qui était de clarifier les positions respectives et leurs motivations. Oui, ils ont atteint leur véritable but faire du concile Vatican II un vulgaire texte de loi sans aucune saveur.

 

Mgr Fellay, quant à lui, s'est exprimé sur la rencontre dans l'organe de presse interne de la Fraternité; il a souligné la "grande courtoisie et la grande franchise" qui ont présidé à la rencontre, et appelle les fidèles de la Fraternité à "intensifier la croisade du Rosaire pour nous permettre d’obtenir, par l’intercession de Marie, Mère de l’Eglise, les grâces de lumière et de force dont nous avons besoin plus que jamais". La Fraternité Saint-Pie X dispose maintenant de quelques mois pour faire part de sa réponse à la proposition romaine.

 

Si les lefebvristes reviennent, alors le Vatican comprendra pourquoi peu à peu les fidèles quittent l’Église, car les décisions importantes ne se prennent pas seule et dans le dos des fidèles. Ils doivent comprendre que l’Église est de tous pour tous. Cela me rappelle les propos de l'ancien évêque auxiliaire de Rome, Mgr Pietro Rossano, quand il lançait cet avertissement, quelques jours avant sa mort sur l’Opus Dei : "L'Eglise est en état de péché grave parce qu'elle s'occupe de pouvoir, et parce qu'elle est occupée par le pouvoir, à savoir par Satan. Cette occupation a lieu à cause, tout spécialement, de l'Opus Dei. J'estime que c'est un devoir pour chaque chrétien de lutter pour chasser de l'Eglise un tel péché."


Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 14 Septembre 2011

"Les JMJ ont donné une image autoritaire et patriarcale de l'Eglise, et ont incité à une exaltation du pape virant à la papolâtrie dans l'une des plus fortes expressions qui soient du fondamentalisme". C'est ce que l'on peut lire (en espagnol) dans les conclusions du 31e Congrès de théologie, réunissant à Madrid plus de 700 théologiens contestataires se basant sur l’ouverture de Vatican II et réunis dans l'association Jean-XXIII. Ce que dit ce Congrès n’est pas faux, car ce que j’ai retenu de ces JMJ sont la papolâtrie des jeunes attendant le pape sous la chaleur ou sous la pluie, ce qui était risible.

 

Les théologiens disent à raison que les catholiques sont généralement canalisés «par le mouvement néoconservateur» et «les actions intolérantes de la hiérarchie» sont destinées à «minimiser ou même nier les aspects fondamentaux de Vatican II». Ce courant rejette certains domaines de la modernité, au nom, précisément, de la Tradition. Les JMJ pour eux donneraient cette vision d’un intégrisme catholique.

 

Le congrès, qui s'est achevé le dimanche 11 septembre, a déploré l'avancée des fondamentalismes dans toutes les religions et proposé comme remède "le renoncement à toute possession d'une vérité absolue, le respect du pluralisme, le dialogue interculturel et interreligieux pour la paix et la justice, la solidarité avec les exclus, la défense de l'environnement et l'égalité des droits entre les hommes et les femmes." Des solutions que l’Église devrait actuellement prendre en compte.

 

Et le Congrès se termina en soulignant que les religions ont elles-mêmes des ressorts de droit pour s'adresser à la peste intégriste : «La dignité des personnes, le tissu communautaire, l'acceptation d'autrui, le pardon, la miséricorde, une option des pauvres et des marginalisés et l'hospitalité.» En gros, le salut des religions vient de la paix et de la règle d’or qu’on retrouve dans toutes les religions : «Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur, vous aussi, de même(…)» (Matthieu 7,12).

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 14 Septembre 2011

Les traditionalistes de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X tirent à boulet rouge sur la décision du pape Benoît XVI de fêter le 25èmeanniversaire de la rencontre d’Assise, le 27 octobre prochain. Cela ne nous étonne guère.


L’abbé Régis de Cacqueray, supérieur du District de France, dénonce le «renouvellement du scandale d’Assise». Il déclare le faire «avec l’approbation de Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X». ce qui n’est guère étonnant. Il qualifie la rencontre d’Assise de «foire des religions qui offense gravement le premier commandement, selon lequel «Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu ne rendras de culte qu’à Lui seul». Quelle vue basse. Cette rencontre est l'occasion d'une redécouverte radicale de l'unité de l'humanité, et la réaffirmation de la présence mystérieuse de l'Esprit-Saint dans le cœur de tout homme comme l’affirme le cardinal Roger Etchegaray. Benoit XVI n’a t-il pas dit en 2002 quand il était le cardinal Joseph Ratzinger qu’«il ne s'agissait d'affirmer une égalité des religions, qui n'existe pas. Assise a été plutôt l'expression d'un chemin, d'une recherche, du pèlerinage pour la paix qui ne l'est que si elle est unie à la justice».

«Tandis que le pape se prépare à l’un des actes les plus graves de son pontificat, nous clamons vigoureusement et publiquement notre indignation», affirme-t-il. L’un des actes le plus grave de son pontificat a été de faire revenir la Fraternité Saint Pie X et non cette merveilleuse initiative et beaucoup de fidèles ont fait part publiquement de leur indignation.


Sur «La Porte Latine», site internet officiel du District de France de la Fraternité Saint Pie X, l’abbé Régis de Cacqueray souligne que «l’on n’assistera pas à l’appel à la conversion à la foi catholique, mais à la réunion des représentants de toutes les fausses religions, appelés par le pape en personne, à une journée de réflexion où tous sont invités à prier pour la paix». Il n’y comprend rien, car les membres des religions les plus diverses ou de la non-croyance se réunissent pour entamer un dialogue en profondeur, sans confondre leur identité particulière, mais rassemblés par un désir de paix enraciné dans chacune des traditions respectives. Un geste plutôt honorable.


Il voit dans le pape présidant la réunion d’Assise «non le chef de l’Eglise catholique, mais le chef d’une ’Eglise’ de l’ONU, le primus inter pares d’une religion de toutes les religions». Cela est purement faux, la rencontre d'Assise, est un événement où des représentants de toutes les religions du monde prient côte-à-côte pour la paix. Benoit XVI a d’ailleurs précisé que l’affirmation de sa foi (la vérité) est un préalable à tout dialogue avec l’autre, qui est nécessaire pour atteindre l'objectif de la rencontre : la paix.


Pour sa part, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, avait tenu à préciser le 6 juillet dernier, dans les colonnes de «L’Osservatore Romano», que cette journée du 27 octobre ne devait pas être interprétée «comme un acte syncrétique». Il soulignait que «chaque religion serait invitée à adresser à Dieu la prière qui correspond à sa croyance spécifique». Une bonne mise au point.


Cette sortie de l'abbé de Caqueray intervient à la veille de la réception au Vatican de Mgr Fellay, successeur de Mgr Lefebvre, pour un point peut-être décisif sur les discussions entre Rome et la Fraternité. De toute façon, il n’y avait aucune chance que les négociations avec les lefebvristes réussissent un jour tant ils n’ont fait aucun effort pour cela.


Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 13 Septembre 2011

L’évêque d’Innsbruck va lancer une enquête suite aux révélations de la télévision autrichienne ORF concernant des célébrations eucharistiques "privées" qui ont lieu dans son diocèse en l’absence d’un prêtre ordonné validement.

 

Mgr Manfred Scheuer, évêque d'Innsbruck, veut d'abord établir les faits, au cours d'une enquête préalable, et en examiner les conséquences juridiques, peut-on lire sur le site internet de l'évêché autrichien. Cet évêque n’a pas tort de vouloir faire une enquête pour voir si cette affaire va porter préjudice à l’image de l’Église, afin de trouver une solution annexe pour contenter les parties concernées.

 

Pour l'évêque tyrolien, l'eucharistie est une fête de l'unité et de la communauté de l'Eglise. Du moment qu'une eucharistie est célébrée contre les prescriptions liturgiques et légales de l'Eglise, c'est une contradiction en soi, souligne-t-il. Vu le manque de manque de prêtres, est-on en droit de punir des personnes voulant faire une célébration eucharistique ? Non, je ne crois pas.

 

Etant donné qu'un acte contre la foi en ce qui concerne l'eucharistie appartient aux délits les plus graves, les "graviora delicta", la décision à ce propos est réservée à la Congrégation vaticane pour la doctrine de la foi. Parmi ces "graviora delicta contre la sainteté du très vénérable sacrifice et sacrement de l'Eucharistie", il y a justement "le fait d'attenter, sans être prêtre, une célébration liturgique du Sacrifice eucharistique, ou de la simuler". Le droit canon et les évangiles se contredisent sur ce point. Jésus a dit de faire cela en mémoire de lui, sans mettre en avant les prêtres, puisqu’ils n’existaient pas à l’époque. Les laïcs pouvaient le faire puisque les Actes des Apôtres le précise (2, 46-47).

 

Si l'enquête préalable établit qu'un tel délit existe, écrit Mgr Manfred Scheuer, "en tant qu'ordinaire, je dois l'annoncer immédiatement à la Congrégation pour la doctrine de la foi". Depuis plusieurs années, un groupe de catholiques engagé(e)s organise de façon privée des célébrations de l'eucharistie. Parmi les personnalités qui participent à ces célébrations, on note la présence de Martha Heizer, co-fondatrice de la plateforme "Nous sommes Eglise". Derrière cela, commence à poindre une idée, celle de punir les groupes contestataires pour des raisons ridicules.

 

Selon la presse autrichienne, la théologienne sait qu'elle doit compter avec des sanctions de la part de l'Eglise. Au pire avec une excommunication, admet-elle, "car d'après le droit canonique, il est interdit à des personnes qui n'ont pas été ordonnées prêtres de présider la cérémonie de l'eucharistie". Elle participe avec une poignée d'autres personnes à ce type de cérémonie qui ont lieu à huis clos, trois à quatre fois par an.

 

Pour quelques célébrations par an, cela ne vaut pas une telle condamnation, mais une meilleure compréhension des besoins des fidèles. On attendait tout de même mieux que cela.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 13 Septembre 2011

L'évêque d'Innsbruck Manfred Scheuer s'est prononcé pour la communion des fidèles remariés, vendredi au cours d'une conférence de presse, donnant en partie raison à un groupe de prêtres autrichiens qui demandent des réformes. Ce qui est une bonne chose.

 

Mgr Scheuer a estimé qu'«un changement était nécessaire» concernant la règle selon laquelle les catholiques remariés ne peuvent pas communier. Il a cependant souligné qu'il ne s'agissait pas de généraliser la communion des fidèles remariés, mais de prendre en compte l'histoire de chacun. «J'espère que l'Eglise avancera sur cette question dans les prochaines années», a-t-il ajouté plus tard dans un communiqué. Nous l'espérons tous.

 

Mgr Scheuer a également déclaré qu'il fallait se pencher sur la question de permettre aux pratiquants non ordonnés de prononcer des sermons. Une idée qui permettra aux laïcs d’enfin avoir une participation plus visible à l’Église et plus celle de sulbalterne.

 

Ces deux points sont abordés par un groupe de prêtres autrichiens avides de réformes, dont les demandes suscitent le débat en Autriche et qui bénéficient d'un large soutien au sein de la population. Mgr Scheuer reste cependant opposé à leurs autres revendications, comme la remise en cause du célibat des prêtres, la possibilité d'un remariage religieux ou encore l'ordination des femmes. Il est normal qu’il soit contre, car ceux qui voudraient de telles réformes chez les évêques sont on le sait tous poussés à la démission ou renvoyés. Les cas sont nombreux.

 

Environ 330 prêtres, selon leur site internet, soutiennent activement «l'Initiative des prêtres», créée en 2006 et dont l'écho médiatique s'est amplifié depuis l'été. La petite république alpine, où le catholicisme est la religion dominante, compte près de 4 000 ecclésiastiques. Espérons qu’ils arrivent à leur fin pour le salut de l’Église.

 

Une prise de position qui illustre le désarroi d'une partie de l'épiscopat autrichien, soucieux de faire un pas en direction des prêtres rebelles pour éviter un schisme que certains médias et observateurs autrichiens jugent d'ores et déjà inéluctable. Un vrai geste empêchera cela, et pas quelques promesses bien senties trop longtemps administrées pour ne pas avoir à faire de vraies réformes.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 11 Septembre 2011

Nous paroissiens progressistes,

 

Demandons une réforme de l’Église, car la situation actuelle l’exige. Il faut dire que depuis le concile Vatican II, l’Église a évité de traiter les sujets sensibles non évoqués dans ce dernier pensant qu’elle pourrait garder le même langage démodé pour régler les problèmes urgents.

 

La politique de restauration actuelle suscite également tellement de rancœur, de conflits et d’éloignement des fidèles qu’une fois que la situation sera des plus problématiques, la hiérarchie devra d’elle-même discuter. Les exemples sont légions de la sourde oreille dont ont fait preuve durant l’histoire ceux qui étaient au sommet de l’Église.

 

La «reconquête» de la visibilité de l'Église contre le sécularisme par la nouvelle évangélisation est vouée à l’échec, car elle ne s’occupe que de la foi et non de l’action. L’un ne peut pas aller sans l’autre. Jésus n’a jamais demandé qu’on s’oppose à un système, mais à l’injustice.

 

C’est pour cela que nous nous sentons proches des 143 théologiens de langue allemande et de leur manifeste intitulé «L’Église 2011, un renouveau indispensable», des 300 prêtres autrichiens et leur «Appel à la désobéissance», et du mouvement «Nous Sommes l’Église».

 

Nous voulons une Église humble et servante en phase avec son temps qui s’adapte au monde, d’une religiosité ouverte aux sciences. Malheureusement, le pape Benoit XVI favorise des courants minoritaires et conservateurs plus intéressés par la visibilité de l’Église que par son salut. Cela explique pourquoi beaucoup de fidèles se sentent mis à l’écart.

 

L’Église est en crise à cause de l’aveuglement de la hiérarchie face aux prêtres pédophiles et au retour des Intégristes. Pire encore, les prêtres ayant abandonnés le sacerdoce pour une femme, les divorcés remariés et les homosexuels sont traités de la pire des manières car eux ont choisis un autre mode de vie dans une Église qui promet normalement le salut à tous les hommes, mais qui rejette ceux qui n’adoptent pas son point de vue. Les bancs vides à la messe, elle en est la seule responsable, la sécularisation n’est qu’une excuse agréable pour les courants minoritaires du catholicisme.

 

L’Église a bloqué tout ce qui aurait pu l’aider à innover son message et pour ne citer que les plus célèbres, les prêtres ouvriers et les théologiens de la libération. Maintenant la situation est là, baisse de la pratique et crise du sacerdoce. De plus les courants conservateurs du catholicisme qui sont entendus par le sommet de l’Église ont favorisé ce mouvement qui risque de continuer. Cela me rappelle les mouvements dévots qui n’eurent jamais une place importante dans l’Église, car ils ne purent jamais convertir les fidèles à leurs idées, le molinisme ayant heureusement gagné. L’Église n’a pas besoin de dévots mais de prophètes, mais depuis les prophètes se sont tus.

 

Nous refusons que l’Église fasse des spectacles de la foi comme les voyages du pape et les JMJ qui demandent de l’argent aux contribuables et aux fidèles. Comment peut-on parler d’Église humble et servante quand nous voyons ces exemples médiatiques et commerciaux. Ce luxe ne représente pas ceux qu’elle devrait protéger et servir.

 

C’est pourquoi l’Église doit faire une réforme profonde qui doit reposer sur ces points :

 

1) Il faut revoir la collégialité qui n’a jamais été vraiment pratiquée. Il faut une plus grande collaboration entre le pape et les évêques. Nous savons tous que l’ordre du jour au synode des évêques est établi par le Vatican, donc il n’y a pas de débats possibles. Il faut donc que le synode des évêques puisse dresser son ordre du jour et rédiger ses procès-verbaux tout en collaborant avec le pape. Cela pourra mieux informer le pape afin de prendre les meilleures décisions pour l’Église. Les évêques doivent retrouver leur rôle de conseiller du pape.

De plus les conférences épiscopales devraient être renforcées et devraient prendre des décisions sans recourir aux autorisations de Rome. L’Église doit faire la promotion des synodes locaux, régionaux ou supranationaux dont nous l’espérons les débats seront facilités pour traiter des problèmes cruciaux.

 

2) Il faut revoir le choix des évêques qui n’est pas très démocratique. L’élection épiscopale devrait être faite par le clergé et le peuple (a clero et populo en latin), c’est-à-dire que le clergé et le peuple élisent, parmi les prêtres, celui qui leur semble le plus compétent pour diriger la communauté. Elle sera ensuite confirmée par d’autres évêques (au moins deux). Ce rite conférera au nouvel évêque l’autorité apostolique.

 

3) Il faut réformer la Curie romaine. Elle souffre d’un manque de personnel, seulement 2000 personnes pour s’occuper des affaires concernant plus d’un milliard de personnes, c’est bien peu. Ce personnel devra être mieux formé, plus professionnel et moins enclin à s’occuper des affaires relevant des églises locales.

 

4) Il faudra revoir la place de la femme à l’Église, car on ne peut plus la mettre en bas de l’autel. Sa présence dans l’autel devra être assurée par des places comme l’acolytat, le lectorat et le diaconat. Et n’ayons plus peur de parler du sacerdoce féminin, car les femmes ont montré leurs capacités dans de nombreux postes clés au sein de la société. Comme le disait Edith Stein en 1928, rien au plan dogmatique ne semble empêcher une telle nouveauté incroyable.

 

5) De plus rien n’empêche les divorcés remariés de recevoir la communion et à l'Église dêtre plus respectueuse envers les homosexuels. N’ont-ils pas démontrés au sein de leur paroisse par leur rôle, leur pratique et leur action auprès de leurs frères les plus pauvres qu’ils méritent leur place au sein de l'Église autant que les autres. Leur vie sexuelle n’est en rien un frein au salut de leur âme.

 

6) Il faut que l’Église revoie le célibat des prêtres, car c’est une norme de discipline, pas un dogme. Faire venir des prêtes de l’étranger n’est pas une solution face à la crise des vocations, mais elle se trouverait sans doute dans une solution mixte : on pourrait réserver l’obligation du célibat à ceux qui en ont la vraie vocation et permettre l’accès à la prêtrise aux hommes mariés ayant fait leur preuves.

 

7) De même l’Église devrait peut-être revoir sa position sur la contraception. Le concile avait pourtant insisté sur le fait que la décision concernant le nombre d’enfants à avoir appartenait uniquement aux parents, donc rien n’interdisait la contraception pour cela. Mais Paul VI condamna par l’encyclique Humane Vitae en 1968 toutes les méthodes dites artificielles et les considérait comme contraire à la morale, ce qui ne fut pas suivi par bon nombres de pratiquants. Il faudrait que l’Église autorise la contraception, car Dieu nous a dit de croitre et de multiplier, mais il ne nous a pas dit de le faire n’importe comment, car rien ne s’oppose à un contrôle des naissances dans la Bible.

 

8) L’Église devrait donner un meilleur rôle aux laïcs. Il faudrait en l’absence de prêtres des hommes et des femmes choisis par la communauté pour présider la célébration eucharistique. Leur permettre de faire une homélie serait souhaitable, car parmi les fidèles se trouvent des diacres, des théologien(ne)s, des professeur(e)s de religions et des personnes aussi compétentes qu’un prêtre pour remplir ce rôle.

 

9) Les laïcs devront aussi participer aussi aux prises de décisions de l’Église et cela à tous les niveaux de celle-ci afin de répondre à ses défis pastoraux. Cela évitera les nombreuses vexations que subissent actuellement les fidèles. Après tout le pape se doit d’accueillir les mises en cause croissantes de son pontificat qui sont l’expression d’une profonde préoccupation quant au bien de l’Église tout entière comme le précise le Code de Droit Canon (Can. 212) quand il dit que «Les fidèles chrétiens sont libres de manifester aux Pasteurs de l’Église leurs besoins, en particulier d’ordre spirituel, et leurs désirs (§2).»

 

11) L’Eglise ne peut dire vouloir faire de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux, puis proclamer qu’elle est la seule à détenir la vérité. Pour le dialogue œcuménique, les fidèles veulent aujourd’hui une vraie rencontre, qui prenne en compte ce qui les sépare. De plus en plus de communautés chrétiennes préfèrent se visiter les unes les autres, dans leurs liturgies respectives. Le désir de communier ensemble n’est pas rempli aujourd’hui. Donc comment l’unité peut-elle venir quand on interdit les pratiques d’intercommunion entre catholique et protestants.

Pour les religions non chrétiennes, les relations se sont faites notamment avec les juifs, musulmans, bouddhistes et hindous mais ne semblent pas avoir évoluées. L’Église est-elle en droit de se poser la question de savoir si les autres religions sont des voies de salut différentes. Pourtant l’indouisme, le bouddhisme et l’Islam lui-même, témoignent de vérités religieuses qui peuvent être des médiations pour la justification et le salut d’un certain nombre d’hommes et de femmes. Le concile Vatican II porta un jugement positif sur les traditions religieuses et il est grand temps que l’Église revienne à nouveau dans ce sens.

 

12) Enfin l’Église se doit d’éviter d’avoir une vision trop dogmatique de la théologie, de l’exégèse et du catéchisme. Elle doit mettre en contexte ces matières puis voir ce en quoi les différents passages de la Bible peuvent être actuels, car une vision trop littérale et dogmatique est mauvaise.

 

Si l’Église accepte de faire une véritable réforme, elle pourra sauver ce qui peut encore l’être, ici c’est le regard inquiet de paroissiens voyant que cette dernière prend la mauvaise route et qu’elle doit se réveiller. Après tout l'Église ne doit-elle pas être l'Église de tous pour tous.

 

Si vous vous sentez concernés par ce message alors n’hésitez pas, distribuez le ou affichez le dans votre église pour montrer que la situation actuelle vous déplait et que vous aussi à votre manière vous pouvez aider l’Églis.

.

 

 

                                                                              tai_gong_wang et frey1978

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Pensées de paroissiens-progressistes

Repost 0

Publié le 9 Septembre 2011

"La situation n'est pas si désespérée que les médias autrichiens le laissent à penser", selon le porte-parole du diocèse de Vienne, interrogé par Catholic News Service (en anglais). Une interview dans laquelle Michael Pruller se montre surtout soucieux d'apaiser la tension: il n'y aura pas de sanctions collectives si l'un ou l'autre des prêtres signataires de l'Appel à la désobéissance transgressent les lois de l'Eglise. Leurs cas seront traités individuellement, et le cardinal Schönborn n'est aucunement en train de jouer au qui cède en premier a perdu.

 

Il récuse également l'idée d'une rencontre générale de tous les protagonistes de cette affaire, lancée par le président de la conférence des ordres religieux masculins, et se borne à préciser que le cardinal ne rencontrera que les quatre prêtres leaders du mouvement dans son diocèse. Le cardinal Schönborn, avait pourtant déjà rencontré le 10 août 4 prêtres de Vienne à la tête de cette initiative, prévoit de les revoir à nouveau dans quelques semaines, mais aucune date n’a encore été fixée.

 

"L’initiative des prêtres" a été lancée le 19 juin dernier par le groupement du même nom, fondé par 7 prêtres en 2006. Elle exprime une série de demandes en 7 points. Parmi celles-ci figurent: "Ne pas empêcher l’accès à l’eucharistie aux fidèles de bonne volonté", une demande qui touche les divorcés remariés, les membres des autres Eglises ou encore d’autres exclus. Il faut dire que la communion à l’époque de Paul était interdite à ceux qui ne s’intéressaient pas à leur frère et aux pauvres. Donc rien, sur les divorcés remariés, les homosexuels et les protestants.

 

Les divorcés remariés ressentent leur exclusion de la communion comme une blessure profonde et pourtant un bon geste serait plus louable en leur faveur. En France, l'ancien évêque d'Autun, Armand Le Bourgeois, s'était déclaré favorable en 1998, dans un livre intitulé Divorcés remariés mes frères (DDB), à l'adoption d'une cérémonie religieuse pour les nouveaux époux, proche de celle en vigueur au sein de l'Église orthodoxe. Cette proposition reprenait une demande formulée par un synode des évêques réuni en 1980 (adoptée à une large majorité). À ceux qui persistent à vouloir se remarier devant Dieu, l'Église propose de tenter sa chance en faisant annuler son mariage, ce qui ne convainc pas toujours des croyants authentiques qui ne souhaitent pas considérer comme nulle leur première union, surtout s'ils ont des enfants.

 

Pour les homosexuels, l’Église condamne tout de même leurs gestes et attitudes. Ce qui est  difficile à concilier. Le discours de l'Église ne tient pas compte de la réalité, car bon nombre d’homosexuels sont devenus des cadres importants de l’Église. Leur refuser l’eucharistie est une vraie injustice envers des croyants œuvrant pour leur salut.

 

Enfin la question de l'hospitalité eucharistique fait également débat entre catholiques et protestants. Les Églises protestantes historiques (celles de la Concorde de Leuenberg) admettent généralement facilement les autres chrétiens à la communion, tandis que les Églises catholique et orthodoxes sont très restrictives, une même communion dans les sacrements supposant selon leur doctrine une même communion dans la foi. La période actuelle, où les principes sont réaffirmés avec fermeté, déçoit les milieux œcuméniques protestants, qui attendaient plus d'ouverture dans la suite du concile Vatican II. Comment peut-on parler d’Unité de l’Église, quand on refuse de faire la communion en commun. C’est risible.

 

Les auteurs veulent ensuite "ignorer les interdictions de prédication touchant les laïcs compétents et formés et les professeurs de religion". Ce qui est tout à fait juste. En 2008, le pape Benoit XVI en France disait aux laïcs : «Les prêtres ne peuvent déléguer leurs fonctions aux fidèles en ce qui concerne leurs missions propres.» Cela ressemble à une demande aux laïcs de se retirer du champ pastoral, alors que ce sont eux qui font tourner la machine. Cela souligne également un point, le fait que le laïc est exclu de l’homélie, c’est-à-dire de l’interprétation donnée aux lectures de l’Écriture au cours de la célébration de l’Eucharistie. Pourtant les «théologiens laïcs» et les assistants pastoraux par leur formation (dans plusieurs domaines) sont tout aussi compétents qu’un prêtre dans ce domaine.

 

"L’initiative des prêtres" se prononce également pour l’accès des femmes et des hommes mariés au sacerdoce. Le célibat sacerdotal a toujours posé question et rien ne s’oppose au modèle de l’homme marié prêtre, et il faut dire que les exemples sont légions. Ulrich (890-973), évêque d’Augsbourg, tire argument des Ecritures et du bon sens pour dire que la seule façon de purifier l’Eglise des pires excès du célibat est de permettre aux prêtres de se marier. Lors des conciles de Constance (1414-1418), de Bâle (1431-1439) et de Trente (1545-1563), des évêques et des théologiens réclament en vain l’abrogation de la règle du célibat. Le 12 octobre 2010, en marge du synode sur le Moyen-Orient en cours au Vatican, Mgr Guy-Paul Noujaim, évêque maronite de Sarba (Liban) estime que le fait que des prêtres soient mariés a contribué au maintien des Eglises chrétiennes face à l'islam en Irak : "Au temps de Saint Augustin, en Afrique du Nord, il y avait 400 évêques et, après l'invasion musulmane, il n'y en avait plus un seul, alors qu'en Irak, encore aujourd'hui, les Eglises chaldéennes et syriennes ont survécu".

 

Pour l’accès des femmes, rien ne s’y oppose. Du moins on devrait en discuter. «Du point de vue dogmatique rien ne semble empêcher l’Église d’introduire une telle nouveauté incroyable. Est-ce que cela s’imposera pratiquement ? Il y a des motifs pour et contre…» Ces phrases sont extraites du tome V des œuvres complètes d’Edith Stein, tirée d’une note de sa première conférence en 1928 à Ludwigshafen (Rhénanie-Palatinat) dans laquelle elle parle de la «spécificité» féminine, qu’elle mettait en valeur en élargissant ses implications à des domaines jusque là réservés aux hommes, comme la recherche scientifique et la philosophie, et de façon implicite, le sacerdoce. Catéchistes, accompagnatrices en catéchuménat, théologiennes de choc, elles forment la grande partie de la militance ecclésiale. Elles accèdent aussi de plus en plus à des fonctions de responsabilité, dans l'enseignement de la théologie, et l'accompagnement spirituel. Plus d'un tiers des diocèses ont intégré une femme au sein de leur conseil épiscopal. On ne compte plus les femmes chefs de service dans les curies diocésaines, en charge du catéchisme, de la communication ou des finances. Mais la révolution de velours a ses revers. L'animatrice en pastorale est très souvent ramenée à une âpre réalité : en dernier ressort, les leviers de commande sont plutôt dans les mains des clercs. Le texte de Jean Paul II, Mulieris Dignitatem, où le pape cantonne les femmes dans les rôles subalternes d'assistanat et de dévouement silencieux envers les misères du monde ne semble pas les avoir convaincue, heureusement. Ayant pris acte de l'impossibilité du sacerdoce ministériel, les femmes en Église attendent d'être appelées à une «vocation» d'ampleur.

 

Des évêques ainsi que des associations catholiques ont vivement critiqué la démarche des prêtres contestataires. Ainsi la Communauté de travail des associations catholiques en Autriche (Arbeitsgemeinschaft Katholischer Verbände/AKV) a exprimé de sévères critiques contre "l’appel à la désobéissance" lancé par "l’Initiative des prêtres". L’organisation considère "totalement inacceptable" la forme de désobéissance qui est proposée et la pression publique qui est exercée. Elle appelle à davantage de modération. La modération n’est pas une solution face à la surdité de la hiérarchie.

 

La réaction du père Schüller, chef de file de la contestation, ne devrait pas tarder. Ce sera très intéressant, car il n’est pas du genre à renier ses principes.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0

Publié le 6 Septembre 2011

L’archevêque de Fribourg-en-Brisgau, Mgr Robert Zollitsch, a empoigné un sujet ecclésial brûlant quelques jours avant la visite du pape en Allemagne. Son intervention en faveur des divorcés remariés a suscité des réactions d’approbation, mais a aussi fait souffler un fort vent contraire.

 

Dans une interview diffusée dans le journal "Zeit", le président de la Conférence épiscopale allemande espère que l'Eglise progresse encore de son vivant dans un domaine très controversé depuis plusieurs décennies : la relation avec les divorcés remariés.

 

Selon l'archevêque, âgé de 73 ans, l'Eglise se trouve devant la question de sa position face aux personnes dont le parcours de vie est marqué par des événements malheureux. "C'est une question de miséricorde, et nous allons prochainement en parler intensivement", a affirmé l'archevêque de Freiburg.

 

Le Synode des évêques de 1980 en France  souhaitait «qu’une recherche nouvelle et encore plus approfondie, et tenant compte aussi de la pratique des Églises orientales, soit engagée en vue d’une miséricorde pastorale encore plus profonde» (proposition 14, n.6). Cette recommandation semble d’autant plus importante que l’argumentation de Familiaris consortio n°84 n’est pas pleinement convaincante et invite un grand nombre de chrétiens, engagés de fait dans des secondes noces, à une «complète continence», solution dont la pertinence pastorale est loin d’être démontrée. Les Églises orthodoxes semblent admettre une cause légitime de divorce, puisque les époux divorcés peuvent se remarier après une pénitence adéquate pour le conjoint fautif de l'adultère.

 

Le nonce apostolique en Allemagne, le Suisse Jean-Claude Perisset, voit les choses différemment. "La position de l'Eglise est claire et il ne faut pas miser sur un changement", a-t-il affirmé le 2 septembre à l'agence KNA. Il a toutefois précisé que la non participation à la communion ne signifie nullement une exclusion de l'Eglise. Mgr Périsset rappelle qu'il existe dans certains cas la possibilité de demander une nullité de mariage.

 

Le cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne, ne rejoint pas non plus la position de son confrère Zollitsch. Il a réaffirmé que l'Eglise ne peut pas remettre en question l'indissolubilité du mariage. Pourtant dans l'Évangile selon Matthieu, Jésus semble admettre une cause légitime de divorce ou de répudiation : l'adultère. Ce qui est une raison valable pour divorcer.

 

Beaucoup de gens pensent que le divorce est interdit par l'Église. Ce n'est pas le divorce qui est interdit, mais le remariage à l'église. En effet le divorce civil n'annule pas le mariage religieux. Dans certains cas, le divorce est le moindre mal, mais il ne permet pas le remariage religieux. Les divorcés peuvent donc communier s'ils ne sont pas remariés et s'ils ne vivent pas en concubinage. Mais cette solution ne prend pas en compte les sentiments amoureux et le droit à une nouvelle vie de couple.

 

Les propos de l'archevêque de Freiburg sont soutenus par le juriste canoniste émérite de Münster Klaus Lüdicke. Il a souligné qu'en Allemagne, la norme était de ne pas refuser la communion aux fidèles qui étaient remariés. Et l'Eglise devrait officiellement l'accepter.

 

Le théologien moraliste Eberhard Schockenhoff, de Freiburg, a souligné à "domradio" que Mgr Zollitsch n'avait pas remis en question l'indissolubilité du mariage. Il voulait seulement trouver un chemin de miséricorde dans le rapport avec les personnes dont le mariage était raté. L'eucharistie n'est pas qu'une reconnaissance pour un comportement exemplaire, mais elle a également une force réparatrice, a-t-il affirmé. Ici, ce théologien vise juste et montre que la communion concerne tout le monde et que personne n’y est rejeté même ceux qu’on qualifie soi disant de pécheurs.

 

Beaucoup de chrétiens, et pas seulement des divorcés remariés, considèrent comme une injustice de traiter avec tant de rigueur les divorcés remariés, alors qu’on laisse s’approcher de l’eucharistie des dictateurs notoires, des racistes sans complexe, des profiteurs et exploiteurs sans scrupule. Ce qui est juste.

 

Plusieurs évêques ont beau tenté d'avancer de nouvelles pratiques pastorales, Rome résiste. Dans l'exhortation apostolique sur l'Eucharistie en 2007, Benoît XVI soulignait que les divorcés remariés n'ont pas accès à l'Eucharistie "parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Eglise, signifié et mis en œuvre dans l’Eucharistie." Pourtant en lisant Paul (1 Co 11,22), rien n’exclu les divorcés remariés de l’eucharistie, car pour lui les seuls qui ne peuvent communier sont ceux qui refusent de partager, ceux qui ignorent les pauvres, ceux qui méprisent les autres, ceux qui condamnent et qui excluent les petits, les mal-aimés, les blessés de la vie; ceux-là sont indignes de communier et de célébrer l’Eucharistie.

 

Il est grand temps que l’Église arrête de traiter les divorcés remariés de cette façon, est-ce un crime que de vouloir refaire sa vie. Non, le plus grand crime est de rejeter son prochain et de ne pas lui permettre de faire partie réellement de l’Église.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 4 Septembre 2011

C'est l'ancien bras droit de Mgr Schönborn de 1995 à 1999 et qui a dirigé en Autriche l'organisation Caritas, le cardinal-archevêque de Vienne, le père Helmut Schüller, qui est à l'origine d'une pétition qui fait du bruit en Autriche. Sa campagne, dit-il, vise à forcer la hiérarchie catholique à accepter officiellement des changements déjà entrés dans les faits. Il affirme en effet que de nombreux prêtres ne respectent déjà plus les règles établies, souvent sans se cacher de leurs évêques.

 

Signée par plus de 300 prêtres, cette pétition demande la fin du célibat des prêtres, l'accession des femmes à la prêtrise, l'intercommunion avec les protestants et la possibilité de communier pour les divorcés remariés. Et afin de faire face au recul des vocations, ils proposent de permettre aux pratiquants non ordonnés, hommes ou femmes, de prononcer des sermons et de diriger des paroisses. "Nous allons à l'avenir, lors de chaque célébration, intercéder en vue d'une réforme de l'Eglise. Nous prenons au sérieux la parole biblique : Demandez et vous recevrez. Ce qui compte devant Dieu, c'est la liberté de parole", écrivent-ils dans le premier article de leur manifeste. L’Objectif est d’inciter Rome à "mener une réforme de l'Eglise, nécessaire depuis longtemps", expliquent-ils dans leur manifeste publié sur Internet, qui a déjà été signé par 369 prêtres en Autriche. Cette réforme est inévitable, car la situation actuelle de l’Église est problématique.

 

Le primat d'Autriche a aussitôt répliqué fermement par la négative aux pétitionnaires. Il avait immédiatement brandi la menace de sanctions si ces "réformateurs" ne renonçaient pas dans les semaines à venir à leurs projets. "Cela ne peut pas continuer", a-t-il dit au quotidien viennois Der Standard, comparant les prêtres contestataires à des joueurs de football qui entreraient sur le terrain en refusant les règles du jeu. "Si quelqu'un décide d'entrer en dissidence, cela a évidemment des conséquences." Mgr Schönborn avait pourtant lui-même demandé l'ouverture d'un débat sur le célibat ecclésiastique avant de se rétracter en 2010.

 

Cet appel à des réformes, en contradiction avec le dogme catholique, n'a pas fini de provoquer des remous au sein de l'institution. Pour le théologien Paul Zulehner, il faut que l'Eglise catholique agisse vite si elle veut éviter un schisme. Le très écouté abbé de Schlägl, Martin Felhofer, a en effet déclaré que le schisme ne pourrait plus être évité par le seul cardinal Schönborn, "mais en écoutant tous ceux qui sont partie prenante et en discutant ensemble". Une situation qui risque de perturber la visite du pape Benoît XVI en Allemagne, prévue fin septembre. Mais, il faudra que le primat d’Autiche lâche du lest pour que la situation redevienne normale.

 

Les contestataires bénéficient déjà du soutien populaire. D'après un sondage diffusé cette semaine par l'institut Ökonsult, 76 % des personnes interrogées soutiennent le père Schüller, actuellement curé de paroisse à Vienne et aumônier universitaire. Des chiffres qui détonnent au sein d'un pays pourtant très catholique. Ce qui commence à inquiéter les responsables de l'Eglise catholique autrichienne. C’est une vraie bouffée d’air frais dans une Église qui n’écoute plus ses fidèles.

 

Malgré l’avertissement donné par Mgr Schönborn, les prêtres frondeurs sont bien décidés à continuer leur mouvement, le père Helmut Schüller en tête. Espérons que ce mouvement réussisse pour le salut de notre Église.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0