Publié le 8 Novembre 2016

francetvinfo.fr nous montre que quelque 600 personnes se sont recueillies, lundi 7 novembre, dans l'église Saint-Luc de Sainte-Foy-lès-Lyon (Lyon), afin de rendre hommage aux victimes d'abus sexuels. De 1972 à 1991, le père Bernard Preynat est soupçonné d'y avoir abusé de quelque 70 jeunes scouts.

 

Les fidèles de cette banlieue élégante de l'ouest lyonnais répondaient ainsi à l'appel de la Conférence des évêques de France (CEF) du 14 octobre, pour une "journée de prière et de pénitence". Célébrée par le père Eric de Nattes, la messe a duré près d'une heure trente.

 

Le prêtre a surpris l'assistance, en s'adressant directement aux membres de l'association "La parole Libérée", composée de victimes de Bernard Preynat. "Je viens pour vous demander pardon en mon nom, en votre nom à tous paroissiens, au nom de mon église qui n'a pas écouté et qui a encore tant de mal à écouter, qui a couvert d'un silence coupable ces crimes et qui a tant de mal à sortir de ce silence qui a laissé les victimes à leur solitude", a-t-il déclaré.

 

Deux lettres de parents d'anciennes victimes de Bernard Preynat - dépeint dans ces dernières comme un "prédateur", un "être ignoble (...) qui prêchait le bien et qui faisait le mal", mais aussi celle d'une femme qui a subi un viol dans les années 70 par un prêtre ont été également lues à l'assistance.

 

"L'important, c'est d'être réunis ce soir. C'est déjà un grand pas", a réagi Annick, 40 ans, après la messe. Marie-Thérèse, 54 ans, a trouvé la célébration "formidable". "Mais, on a tellement honte", a-t-elle ajouté évoquant l'affaire Preynat. "On pensait vraiment que c'étaient des ragots", a ajouté pour sa part Françoise, 80 ans, "satisfaite que l'histoire soit sortie".

 

Initialement prévus, les 70 cierges, qui devaient symboliser les 70 victimes du père Preynat, n'ont finalement pas été allumés à la demande de La Parole libérée. Lundi, les évêques de France, réunis à Lourdes, ont solennellement demandé pardon pour le "trop long silence coupable" de l'Église face à ces abus sexuels.

 

La repentance est un premier pas et le père Eric de Nattes qui s’est adressé directement aux membres de l’association La Parole Libérée pour demander pardon aux victimes du père Preynat en a montré un exemple sincère, mais il faut très vite aller vers un second pas qui est l’écoute des victimes et la poursuite en justice des prêtres abuseurs. À ce moment-là, les fidèles auront à nouveau confiance en la hiérarchie de l’Église.

 

Mais un problème se pose comme le montre Libération.fr puisqu’à la sortie de la messe où les évêques catholiques ont fait repentance, ce lundi à Lourdes, les caméras attendent de pied ferme le cardinal Philippe Barbarin. À l’automne dernier, c’est dans son diocèse qu’a éclaté l’affaire du père Preynat, responsable d’une troupe de scouts, soupçonné d’abus sexuels sur plusieurs dizaines d’enfants. Une vague de scandales a suivi, contraignant l’Église catholique à mettre en place un nouveau dispositif d’écoutes des victimes. Barbarin ne fuit pas la confrontation. Son confrère, Pierre Pican, l’ancien évêque de Bayeux-Lisieux, se dissimule, lui, sous une capuche pour ne pas être reconnu. En septembre 2001, il avait été condamné à trois mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agissements d’un prêtre pédophile, une première dans l’histoire de l’Église catholique.

 

Devant les micros, l’archevêque de Lyon est droit dans ses bottes. «Aucun enfant n’a eu à souffrir de mes décisions», répète-t-il une nouvelle fois. Il rend hommage au travail de la justice, exclut toute démission. «J’ai déjà évoqué cette question avec le pape», tranche-t-il. Un fidèle s’agace que les autres évêques aient laissé Barbarin seul devant les caméras. Aucune victime n’a été conviée à la journée de repentance de Lourdes. «Nous pensons que cela doit plutôt avoir lieu au niveau des diocèses», estime Luc Crépy. Cela a déjà été le cas dans celui d’Orléans, en pointe dans le dossier de lutte contre la pédophilie.

 

En milieu d’après-midi, les évêques tirent un premier bilan des mesures prises depuis six mois. L’essentiel du travail se concentre sur l’écoute des victimes. En 2014, Alexandre H., le lanceur d’alerte dans l’affaire du père Preynat, avait mis des mois avant de pouvoir se faire entendre et obtenir la mise à l’écart du prêtre. «Toute personne qui se signalerait aujourd’hui serait entendue par des personnes compétentes», explique Ségolaine Moog, la déléguée permanente à la Conférence des évêques de France (CEF) sur les questions de pédophilie, un poste récemment créé. Ces derniers mois, les diocèses ont travaillé pour mettre en place des cellules d’accueil et d’écoute des victimes ; quarante existent désormais, maillant le territoire.

 

«Dans mon diocèse, c’est un peu une cellule dormante, si je puis dire. Pour le moment, nous n’avons pas eu de victimes nous ayant contactés», explique, à Libération, Jean-Luc Brunin, l’évêque du Havre. Nationalement, une adresse mail a été ouverte pour que les victimes puissent se signaler. Fonctionnant depuis juin, elle a permis de faire remonter cent témoignages, selon les chiffres donnés par la CEF. «La plupart des cas ont été déjà jugés, déjà dénoncés», pointe Ségolaine Moog. De son côté, La Parole Libérée qui a aussi ouvert un site avance des chiffres beaucoup plus importants. Selon son président, plus de 500 personnes ont pris contact, par ce biais, avec l’association. «Dans ces affaires, plus de 90 % concernent des prêtres ou des religieux», pointe encore François Devault. «Il y a une crise de confiance envers l’institution», dit-il pour expliquer la différence entre les chiffres de son association et ceux de la CEF. Quoi qu’il en soit, il est encore très difficile d’avoir une vision précise de l’ampleur des cas de pédophilie dans l’Église catholique en France.

 

L’Église en France a encore quelques problèmes dans sa prise en compte du problème des prêtres abuseurs et de la passivité des évêques sur le sujet. Faisons confiance à la Parole Libérée pour lui donner une bonne vision de ces affaires avant que l’Église ne subisse pleinement cette crise de confiance des victimes à son encontre.

 

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Publié le 7 Novembre 2016

Bernadette Sauvaget, envoyée spéciale à Lourdes, nous montre aujourd’hui sur Libération.fr que pressés de tourner la page, les évêques catholiques font repentance à Lourdes sur les questions de pédophilie. Et discutent politique : déjà, en octobre, ils s'étaient fait remarquer avec la publication d’un texte prenant clairement ses distances avec les thèmes identitaires de la droite décomplexée.

 

Un lundi long comme un jour sans pain. Empêtré dans les scandales de pédophilie depuis l’automne dernier, l’épiscopat français, réunis à Lourdes, se prépare à jeûner, ce 7 novembre, pour faire repentance. La centaine d’évêques en activité, présents pour cette assemblée plénière d’automne, va surtout tirer le bilan du dispositif mis en place, il y a six mois. Même si la vague de révélations n’atteint pas (pour le moment) le niveau de celles qui ont eu lieu dans le courant des années 2000 en Irlande ou aux États-Unis, plusieurs affaires emblématiques comme celle de l’abbé P. à Lyon ont mis au jour le silence qui régnait sur des cas anciens. Sous la pression d’associations de victimes, comme la Parole Libérée à Lyon, les responsables catholiques tentent d’apurer ce passé.

 

Ce lundi, les évêques vont aussi parler politique à la suite de la publication, en octobre, d’un texte remarqué, prenant ses distances avec les thèmes identitaires de la droite décomplexée. «Il était temps que les évêques s’expriment», remarque Marc Leboucher, éditeur et écrivain catholique. Pour la frange ouverte et proche du pape François, c’est une sorte de soulagement. «L’enjeu désormais est que le texte soit partagé par tous les évêques», souligne un responsable religieux. De fait, les thèmes développés prennent à rebrousse-poil l’aile conservatrice et très active, tel Mgr Dominique Rey à Toulon qui avait reçu Marion Maréchal-Le Pen, fin août 2015, lors de son colloque annuel.

 

En fait, une période de transition est en train de s’ouvrir. Pour l’épiscopat français, la grande affaire des prochains mois sera la succession du cardinal André Vingt-Trois à la tête de l’archevêché de Paris, un poste stratégique. Sans être évoqué publiquement à Lourdes, le dossier est dans toutes les têtes. Les évêques partent théoriquement à la retraite à 75 ans. Mais pour les sièges épiscopaux très importants comme celui de Paris, il est de coutume que le mandat soit prolongé de quelques années. Fatigué de sa charge, Vingt-Trois, atteint par la limite d’âge à l’automne prochain, a fait savoir urbi et orbi, qu’il ne ferait pas «un jour de plus». Le petit monde catholique français bruisse de rumeurs, établit ses pronostics. Parmi les favoris, il y aurait l’un des poulains de l’archevêque de Paris, Michel Aupetit, en charge du diocèse de Nanterre, démographiquement l’un des plus importants en France.

 

De l’avis des spécialistes, le dossier de Paris est déjà sur le bureau du pape. «Le choix du successeur sera celui de François lui-même», pointe l’écrivaine et journaliste Christine Pedotti. En 2005, le cardinal Lustiger avait imposé à un Jean-Paul II quasiment à l’agonie le nom d’André Vingt-Trois. Il est peu vraisemblable que ce scénario se reproduise. Pour le moment, le pape François n’a guère imprimé sa marque sur l’épiscopat français. Avec la nomination de l’archevêque de Paris, c’est l’occasion. À un Aupetit, spécialiste des questions bioéthiques, le pape pourrait préférer un profil plus social (comme l’évêque du Havre Jean-Luc Brunin, bon connaisseur aussi des relations islamo-chrétiennes et bête noire de La Manif pour tous) ou un homme de confiance choisi chez les jésuites, l’ordre religieux dont il est issu. «L’épiscopat français s’est assagi depuis de nombreuses années, analyse le politologue Gaël Brustier. C’est l’aile conservatrice qui se fait bruyamment entendre. Quant la gauche catholique, elle n’est pas organisée.» L’assemblée de Lourdes va permettre à chacun d’évaluer les équilibres. En attendant d’autres changements.

 

la-Croix.com nous montre enfin que les évêques ont célébré une messe «pour le pardon des péchés» commis par les membres du clergé, dans un geste très fort à l’issue de cette année de la miséricorde. Ils ont reconnu avoir «failli» dans leur mission en restant parfois silencieux, et se sont engagés à «déraciner l’arbre du mal» de la pédophilie dans l’Église, ainsi qu’à mieux écouter les victimes, à travers l’homélie de Mgr Luc Crepy, évêque du Puy. Ce dernier a  aussi mis en cause la volonté de «sauvegarder l’image de respectabilité de l’Église», «la peur du scandale».

 

Mais dans LeMonde.fr et franceinfo.fr l’association La Parole libérée, à l’origine de l’affaire lyonnaise, reste perplexe. «Le temps de prière de lundi, les cellules d’écoute sont potentiellement une bonne chose, mais s’il n’y a pas de volonté de l’Église derrière, c’est insuffisant», estime son président, François Devaux. Au-delà des mesures prises et de la messe prévue aujourd'hui, il est important «d'envoyer un signal fort et de l'y associer avec des paroles fortes, comme la tolérance zéro, des actes clairs et nets qui sont un peu tardifs à venir.»

 

Tourner la page est-elle possible quand on voit que les évêques conservateurs veulent mettre les problèmes sous le tapis. Il est sans doute temps de changer une bonne partie de la hiérarchie qui ne s’est pas montré ouverte à l’écoute des victimes des prêtres pédophiles pour partir sous un jour nouveau. Pour que cela soit possible, l’Église de France doit profondément réformer son fonctionnement et son positionnement moral pour retrouver la confiance des fidèles. Cela sera difficile, et espérons que Jean-Luc Brunin soit le prochain archevêque de Paris plutôt que Michel Aupetit.

 

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Publié le 6 Novembre 2016

«Les trois T (terre, toit et travail), votre cri que je fais mien, a quelque chose d’une intelligence humble mais en même temps, forte et saine» : le pape François recevait ce samedi 5 novembre 2016 en fin d’après-midi dans la salle Paul VI les participants de la Troisième rencontre mondiale des mouvements populaires comme le montre Radio Vatican. Dans un long discours en espagnol, le pape a salué le travail mené par ces centaines d’organisations et d’associations à travers le monde en faveur d’un «projet-pont des peuples face au projet-mur de l’argent». Dans une dénonciation sans concession de la corruption de l’argent sur les âmes, le pape a donné certains conseils à ceux qu’il appelle «les poètes sociaux».

 

S’il y a bien quelque chose qui menace la lente maturation du travail initié par les mouvements populaires, c’est l’argent qui «gouverne» avec «le fouet de la peur, de l’inégalité, de la violence économique, sociale, culturelle et militaire qui engendre encore plus de violence dans une spirale descendante qui ne semble jamais finir». Pour le pape, il n’y a pas d’hésitation. L’argent est «le terrorisme de base qui émane du contrôle global de l’argent sur la terre et attente à l’humanité entière». Il ne faut pas se tromper d’ennemi selon lui, car «aucun peuple, aucune religion n’est terroriste».

 

Cette peur que nous éprouvons malgré tout, nous pousse à commettre des massacres, à entretenir l’injustice ou à opprimer. Cette peur insidieuse poussent même «les citoyens qui conservent encore quelques droits» à bâtir «des murs physiques ou sociaux» qui leur procurent une fausse sécurité déplore François. C’est ainsi que l’on se retrouve avec d’un côté, «des citoyens emmurés et terrorisés», et de l’autre, «des exclus, des bannis, plus terrorisés que jamais». Mais le pape ne désespère pas : «tous les murs tombent. Ne nous laissons pas duper» rappelle-t-il.

 

Les mouvements populaires qui agissent sur le terrain, faisant comme Jésus qui guérit la main atrophiée d’un homme, prennent des risques. Le pape les a ainsi salués, soulignant qu’il n’y a pas «de plus grand amour que de donner la vie». Ces hommes et ces femmes qui risquent donc parfois leur vie, montrent clairement «que nous devons aider pour que le monde guérisse de son atrophie morale», non pas avec la croissance économique ou les avancées techniques, mais avec le «développement de l’être humain dans son intégralité».

 

Or, nous vivons dans un monde qui semble avoir perdu le sens des priorités. Le pape s’interroge ainsi : «Qu’arrive-t-il au monde d’aujourd’hui où, quand une banque fait faillite, des sommes scandaleuses  apparaissent immédiatement pour la sauver alors que quand c’est l’humanité qui fait faillite, il n’y a pas une once de ces sommes pour sauver les frères qui souffrent tant ?». Encore une fois, c’est «la peur» qui «endurcit le cœur» et qui «se transforme en cruauté aveugle qui nie voir le sang, la douleur et le visage de l’autre» qui en est responsable.

 

Ce problème est mondial explique le pape. « Nul ne devrait être obligé de fuir sa patrie». Or le mal est double regrette-t-il. D’une part il y a les souffrances qui poussent au départ, d’autre part il y a celles que l’on rencontre sur le chemin de l’exil : les trafiquants d’êtres humains. Le mal est même triple quand, dans le pays d’accueil, on se trouve exploité ou méprisé.

 

Pour améliorer le monde, les mouvements populaires peuvent compter sur une grande richesse qu’ils possèdent en propre. «Ce ne sont pas des partis politiques», et comme tel, «ils expriment une forme distincte, dynamique et vitale de participation sociale dans la vie publique». Mais ils font face à deux périls : celui de se laisser corseter, et celui de se laisser corrompre.

 

Le pape met le doigt sur un problème bien concret : quand ces mouvements se contentent de petites initiatives locales, s’inscrivant dans les «politiques sociales», tout va bien. Mais quand ils ont la prétention de remettre en cause les «macrorelations», alors ils deviennent une menace car «ils sortent du corset, ils investissent le terrain des grandes décisions que certains prétendent monopoliser au sein de petites castes». «Ne tombez pas dans la tentation du corset qui vous réduit au rang d’acteurs secondaires, ou pire encore, à de simples administrateurs de la misère existante» met en garde le pape.

 

Autre mal qui menace le bien-fondé et toute l’œuvre des mouvements populaires : la corruption. Le pape François est là aussi très clair et donne ce conseil radical. Que celui qui aime trop les choses matérielles, le luxe, les villas somptueuses, l’argent en somme, «qu’il ne fasse pas de politique, qu’il ne s’implique pas dans une organisation sociale ou un mouvement populaire, car il va causer des dommages à lui-même et à son prochain et va gâcher la noble cause qu’il arbore». Le pape François lui conseille même de prier Dieu pour qu’il le libère de ces liens.

 

Le pape demande ainsi aux membres des mouvements populaires de donner l’exemple car «la valeur de l’exemple a plus de force que mille mots». Il demande tout particulièrement aux dirigeants de ne pas se fatiguer de pratiquer «l’austérité». «La corruption, l’orgueil, l’exhibitionnisme des dirigeants augmente le discrédit collectif, la sensation d’abandon et alimente le mécanisme de peur qui soutient ce système inique».

 

Le pape François a fait face aux participants de la Troisième rencontre mondiale des mouvements populaires une critique sévère du modèle économique actuel système qui crée l'inégalité et empêche de vivre avec dignité, qu’il qualifie de «terroriste» et gouverne avec la peur. Ses solutions sont un retour à l’«austérité morale» de la part des gouvernants et «l'amour qui guérit tout», tout en soutenant que «L'avenir de l'humanité est entre les mains du peuple».

 

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Publié le 6 Novembre 2016

brasildefato.com.br nous montre dans son article du 4 novembre 2016 que les journées de travail ont favorisé la discussion entre les mouvements sociaux du monde entier, qui présenteront une proposition au pape François.

 

La Rencontre mondiale des mouvements populaires atteint sa troisième édition, le second à Rome, en Italie. Conçu par le pape François, l'événement qui a commencé le mercredi 2 novembre et qui s’est poursuivi jusqu'au samedi 5 novembre, cherche à amener le dialogue avec les différents organes et organismes de l'Église catholique qui travaillent avec les populations mal desservies.

 

Le mercredi 2 novembre, dans l'après-midi, avait lieu le premier jour de travail, avec une discussion sur «La démocratie populaire», où les délégués ont commencé un débat et apporté des détails au sujet de leurs pays, où on comptait à la table Beatriz Cerqueira, le Syndicat unique des travailleurs de l'éducation de Minas Gerais (SindUTE), John Mark Mwanika, le Syndicat Uni des travailleurs des zones de transport et d'autres catégories générales (ATGWU, Ouganda) et le père Luigi Giotti. Le débat consistait à créer des propositions d'action qui seront remises au pape François à la fin de la réunion.

 

La deuxième journée de travail a commencé le jeudi 3 novembre, avec l’intitulé "Territoire et Nature", avertissant le plus grand nombre à faire attention au grand bien de tous : la Terre. La table fut composé par l'éco-féministes Vandana Shiva, d’Inde, Rosalina Tuyuc, de la Coordination nationale des veuves (Guatemala), Mónica Crespo, de la Fédération des ramasseurs et des recycleurs (Argentine); et Te Ao Pritchard, de la Pacific Panthers Network (Nouvelle-Zélande). Vandana a souligné l'importance d'une bonne nutrition comme un programme urgent de mouvements qui luttent pour la souveraineté populaire. «Nous avons fait de l'agriculture un art de vendre du poison», dit-elle.

 

Le samedi 5 novembre, après des discussions à chaque tour, ces discussions et les résolutions prisent seront présentées au pape François. Selon pt.radiovaticana.va les participants ont approfondi les autres aspects et défis du thème central «la relation entre le peuple et la démocratie, du territoire et de la nature, la situation des migrants et des réfugiés.»

 

Ils ont également mis en évidence les facteurs et les structures qui contribuent et perpétuent souvent le cycle de la pauvreté, tels que la «démocratie de façade» au niveau politique, le manque de travail décent, la discrimination sociale. D'autres orateurs se sont consacrés à l'approfondissement d'autres aspects de la vie sociale, tels que la protection des minorités, la lutte contre la corruption et le crime; «l'écologie intégrale» préconisée par le pape dans son encyclique 'Laudato Si', ainsi que la crise de l'immigration qui remet en question la construction d'une «culture vivante, authentique et solide.»

 

losandes.com.ar nous montre aussi que l'ancien président de l'Uruguay Jose "Pepe" Mujica a participé aux deux derniers jours et hier dans son discours et il a averti que le fossé des inégalités se creuse du fait que la concentration économique «finit par être la concentration du pouvoir politique.» Dans le contexte de cette rencontre, l'association Barrios de Pie a donné au pape un rapport sur la malnutrition des enfants et des adolescents qui fréquentent les salles à manger de la communauté dans le district de Buenos Aires, de La Matanza. L'étude de l'organisation sociale, dont le référent national est Daniel Menendez, a averti d'un degré élevé de malnutrition, de surpoids, d'obésité et le retard de croissance chez les enfants de 0-19 ans.

 

Enfin elpais.com.uy dans son article du 6 novembre 2016 nous signale que l'ancien président José Mujica «admirateur politique de l'Église catholique en dépit de ne pas être un croyant», comme il l'a dit à d'autres occasions au pape François qu’il a défini comme un «combattant social» après une audience avec le souverain pontife avec les autres participants à la troisième réunion mondiale des mouvements populaires tenue au Vatican et qui a pris fin hier.

 

Parlant à la presse italienne après l'audience, Mujica a déclaré que «l'Amérique latine a besoin de marges d’unités si elle veut être dans le monde d'aujourd'hui et sur des axes qu’elle a en plus de la langue, qui est sa tradition catholique, apostolique et romaine». «François incarne tout cela, j’en suis pleinement conscient. Je ressens une profonde satisfaction à soutenir son message, sa lutte, son action parce qu’il considère cette part de drame que nous les Latino-Américains sont en mesure de nous remettre sur pied en quelque sorte», a déclaré l'ancien président.

 

La IIIe rencontre mondiale des mouvements populaires montre que l’engagement dans la défense des «terres, des maisons et des emplois pour tous», est réel, car il faut attirer l'attention sur trois choses, la justice, une vie digne et la paix, qui est plus visible à travers : la terre, un toit et du travail.

 

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Publié le 5 Novembre 2016

LaDepeche.fr nous montre ce samedi 5 octobre que depuis hier et jusqu'à mercredi, Lourdes accueille l'assemblée plénière des évêques, au Sanctuaire. Une occasion pour eux de s'interroger sur la baisse de l'engagement religieux.

 

«Il ne faut pas laisser planer le nuage toxique de l'angoisse vocationnelle», commence Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier. Par sa casquette de président du conseil épiscopal pour la pastorale des enfants et des jeunes, il a participé au Congrès international des vocations à Rome. Pendant deux jours, avec les évêques présents à Lourdes, ils vont travailler sur la façon de relancer la vocation chez les jeunes. «On demande à des prêtres de moins en moins nombreux d'être tout aussi présents. Nous sommes condamnés à n'être plus nulle part, commence l'évêque de Pamiers, Mgr Jean-Marc Eychenne, il faut vivre le non-cumul des mandats pour s'investir totalement.»

 

Tous s'accordent pour dire que les jeunes doivent être accompagnés, guidés, pour pouvoir se lancer. Mgr Dominique Rey, l'évêque de Toulon, a demandé à des futurs prêtres diocésains les raisons de leur engagement. L'utilité, le service des autres, le chemin le plus court vers la sainteté les encouragent. Pourtant, des peurs persistent, comme la durée des études, le célibat, la surcharge de responsabilités. Mgr Laurent Ulrich, évêque de Lille, demande aux paroisses de «développer la dimension intergénérationnelle des activités», pour toucher le plus de jeunes. «Le sujet des vocations ne doit plus être tabou dans les communautés ou dans les familles.» Le sujet continue d'animer la séance plénière ce matin, mais comme le montre la-Croix.com leurs échanges se sont engagés dans un début de réflexion sur les laïcs en mission ecclésiale, qui se poursuivra au printemps. Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard a invité ses confrères à engager un travail sur la notion de «sacerdoce commun». Ce souhait, repris notamment par Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, a illustré la volonté d’une majorité d’évêques d’envisager l’appel au sacerdoce d’une manière globale et d’y associer l’ensemble de la communauté chrétienne.

 

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a toutefois mis en garde l’assemblée contre l’idéalisation de la figure du prêtre. «Il est illusoire de vouloir mettre en place les conditions d’une vie sans épreuve, ce qui vaut d’ailleurs pour le mariage. Il faut que les candidats à la prêtrise, comme les couples qui se destinent au mariage, soient préparés aux épreuves qu’ils devront traverser. Ce discours de vérité est essentiel sinon nous sommes coupables de raconter des calembredaines alors que nous savons très bien que le sacerdoce, comme le mariage, est constitué d’épreuves à surmonter.»

 

Cette inclinaison pour un discours de vérité s’est retrouvée dans de nombreuses interventions, dont les auteurs avaient le souci manifeste de ne pas rabaisser l’exigence de l’appel au sacerdoce, ce qui peut être tentant quand les volontaires se font plus rares «Un prêtre diocésain n’est pas un prêtre au rabais. Il ne doit pas devenir un prestataire de services mais accompagner dans la progression de la foi des fidèles qu’il n’a pas choisis. Il y a aussi une radicalité dans le choix de devenir prêtre diocésain», a insisté Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre.

 

C’est bien à une réflexion sur la vocation au sens large qu’ont voulu s’atteler les évêques, conscients que la baisse du nombre de prêtres et l’appel de l’Église à des laïcs en mission ecclésiale conduit à une «transformation de la structure ministérielle », c’est-à-dire à repenser la mission profonde des uns et des autres.

 

Il n’est donc pas anodin que le thème des laïcs en mission ecclésiale – ils sont actuellement 9000 en France, pour environ 5 000 prêtres de moins de 75 ans et 2 000 prêtres «venus d’ailleurs» – ait immédiatement suivi l’échange des évêques sur les vocations sacerdotales. Au cœur de cette réflexion, introduite par le père Christian Delarbre, vicaire général du diocèse d’Agen : les laïcs doivent-ils remplir une fonction ou une mission ? «La question de leur enracinement spirituel et ecclésial est essentielle», a-t-il esquissé, ouvrant un champ large de discussions aux évêques, pour un débat qu’ils reprendront lors de leur assemblée de printemps.

 

Intéressante réflexion que celle de la crise du sacerdoce et du rôle des laïcs, mais le sacerdoce pour la jeunesse est une vie difficile à laquelle on peut rajouter la mauvaise image de l’Église actuelle qui ne rend pas plus engageante cette vocation. Malheureusement, la mission profonde des laïcs dans l’Église n’est pas encore repensée.

 

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Publié le 5 Novembre 2016

HuffingtonPost.fr nous montre ce samedi 5 octobre 2016 que pour le père Giovanni Cavalcoli, les récents tremblements de terre sont une "punition divine" liée aux unions homosexuelles en Italie.

 

Le prêtre italien avait qualifié les récents tremblements de terre survenus en Italie de "punition divine" liée aux unions homosexuelles : il s'est attiré les foudres du Vatican jugeant ses déclarations offensantes pour croyants et athées. Les médias italiens ont précisé ce samedi 5 novembre que le père Giovanni Cavalcoli, vieux théologien d'une faculté, connu pour ses positions extrêmes, s'était exprimé dimanche 30 octobre, jour du puissant séisme de 6,5 qui a frappé la région centrale de l'Ombrie. Les secousses sismiques constituent une "punition divine" pour "l'offense à la famille et à la dignité du mariage, en particulier à travers les unions civiles", a-t-il déclaré sur "Radio Maria", qui a dû quelque jours plus tard prendre ses distances avec le prêtre.

 

Le Vatican a réagi vendredi soir de manière particulièrement cinglante, en jugeant que la notion d'un Dieu vengeur était "une vision païenne" remontant "à l'ère préchrétienne". Les propos du prêtre sont "offensants pour les croyants et scandaleux pour les non-croyants", a fustigé l'archevêque italien Angelo Becciu, numéro deux de la Secrétairerie d'État du Vatican (plus important "ministère" assistant le pape), selon des propos rapportés dans les médias.

 

Demandant "pardon" aux victimes des tremblements de terre, Angelo Becciu a rappelé qu'ils avaient "la solidarité et le soutien" du pape François. Pas de quoi ébranler le père Cavalcoli dans ses convictions: il a répété dans la foulée au micro d'une autre radio que les tremblements de terre était bien provoqués par "les pêchés de l'Homme". "Le Vatican ? Qu'ils révisent leur catéchisme !".

 

L'Italie, dernier grand pays d'Europe occidentale qui n'accordait aucun statut aux couples de même sexe - avec une forte opposition de l'Église catholique - a opté fin juillet pour l'union civile, distincte du mariage.

 

Le Vatican a demandé pardon pour un prêtre qui aurait mieux fait de se taire et qui a pu blesser les victimes du tremblement de terre en Italie. Ces victimes n’ont rien à voir avec les opinions religieuses et politiques de cet homme. Elles ont tout perdu et mérite mieux que des propos aussi nauséabonds.

 

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Publié le 4 Novembre 2016

LeParisien.fr nous montre que les quelques 120 évêques catholiques de France sont réunis depuis ce vendredi 4 novembre 2016 à Lourdes pour une assemblée de six jours dont le temps fort, lundi, sera une journée "de prière et de pénitence" inédite pour les victimes de pédophilie, après des mois de scandales. Cette assemblée plénière d'automne, plus étoffée que celle qui se tient au printemps, se déroule en l'absence du président de la Conférence des évêques de France (CEF) et archevêque de Marseille, Mgr Georges Pontier, 73 ans, au repos après un malaise le 17 octobre.

 

En amont de cette session, le numéro 2 du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, a adressé aux évêques français un message au nom du pape François. "Dans un contexte encore marqué par les attentats qui ont meurtri votre pays et dans la perspective d'échéances électorales importantes, le Saint-Père vous encourage à aider les habitants de France à affermir leur espérance et à contribuer à la recherche du bien commun", est-il indiqué dans cette lettre transmise à l'AFP. Le conseil permanent de la CEF avait publié il y a trois semaines une lettre "aux habitants de France" inquiète sur l'état de la société française.

 

Lundi, les évêques vivront dans le sanctuaire marial un "temps de prière et de pénitence consacré aux victimes de la pédophilie", après des mois de révélations d'abus sexuels dans plusieurs diocèses, dont celui de Lyon. Ils en profiteront pour faire un "point d'étape" sur les mesures renforcées de prévention et de lutte contre la pédophilie annoncées en avril dernier.

 

L'assemblée consacrera en outre de longs débats à la question des vocations sacerdotales, cruciale dans un pays où le nombre de prêtres catholiques a presque été divisé par deux en vingt ans. Le pape a souhaité que ces échanges puissent "manifester" la "sollicitude pastorale" des évêques envers les jeunes.

 

 

L'assemblée traitera aussi de l'évangélisation dans les quartiers populaires - à l'occasion du 60e anniversaire de la Mission ouvrière - et dans un monde rural en mutation : des "périphéries" qui doivent être le cadre d'"un nouvel élan pour la mission de l'Église en France", a souligné le Vatican. Les évêques écouteront également, à huis clos, le cardinal Jean-Louis Tauran, l'un des piliers de la curie romaine, qui viendra leur parler du dialogue avec les musulmans, difficile dans les milieux catholiques les plus conservateurs.

 

La Conférence des évêques à Lourdes devra comme le montre Radio Vatican discuter sur des sujets comme les vocations sacerdotales diocésaines, la situation politique et religieuse de la France, le dialogue avec les musulmans, mais aussi les implications pastorales d’Amoris laetitia, ainsi que la pastorale en monde ouvrier et populaire et en monde rural et la lutte contre la pédophilie.

 

Pour le pape la CEF devra s’y mettre sérieusement pour «avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de l’Évangile, sera, à n’en pas douter, l’occasion d’un nouvel élan pour la mission de l’Église en France» et «ouvrir des chemins nouveaux pour que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu». Il faut dire que certains évêques ne sont pas en phase avec cet idéal, il faudra qu'ils forcent leur nature.

 

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Publié le 4 Novembre 2016

Le pape François, qui recevait le jeudi 3 octobre 2016 au Vatican 200 représentants internationaux de diverses religions, dont une délégation du Conseil français du culte musulman, les a appelés à condamner clairement la violence et le terrorisme comme le montre L’Express.fr.

 

L'audience s'est tenue dans le cadre du Jubilé, l'année sainte de "la miséricorde", qui s'achève le 20 novembre, un thème "familier à de nombreuses traditions religieuses et culturelles", a rappelé le souverain pontife, en accueillant notamment des chrétiens, des juifs, des musulmans ou des bouddhistes.

 

"Que nous rejetions le chemin du désaccord et de la fermeture d'esprit. Que les religions, en raison du comportement de certains de leurs fidèles, ne véhiculent plus un message déformé, sans rapport avec la miséricorde", a-t-il exhorté.

 

"Tristement, il ne se passe pas un jour sans que nous n'entendions parler d'actes de violence, de conflit, d'enlèvements, d'attaques terroristes, d'assassinats et de destruction. C'est horrible que parfois, pour justifier des actes barbares, le nom de la religion ou le nom de Dieu soit évoqué", a déploré le souverain pontife.

 

"Qu'il y ait une condamnation claire de ces attitudes iniques qui profanent le nom de Dieu et salissent la quête religieuse de l'Homme", a ajouté le pape, en appelant au contraire à "une rencontre paisible des croyants et une véritable liberté religieuse".

 

Le pape s'est notamment entretenu pendant une quinzaine de minutes avec une délégation de cinq personnes du Conseil français du culte musulman (CFCM). À la sortie, le secrétaire général du CFCM et président de l'Observatoire contre l'islamophobie, Abdallah Zekri a qualifié la rencontre de "très émouvante"

 

"Nous avons invité le pape à venir en France discuter avec des musulmans et nous l'avons remercié d'avoir prononcé des paroles rejetant l'amalgame entre terrorisme et religion musulmane", a-t-il relaté. "Le pape a indiqué qu'il avait été très touché par l'initiative des musulmans d'aller prier dans des églises après l'assassinat du père Hamel et nous a parlé d'une humanité blessée", a rapporté M. Zekri

 

Le père Jacques Hamel, 85 ans, avait été égorgé le 26 juillet par deux jihadistes de 19 ans se réclamant de l'organisation État islamique (EI) alors qu'il célébrait la messe à Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen. En septembre, le pape François avait célébré une messe en son honneur au Vatican, en qualifiant le père Hamel de "martyr", laissant envisager une procédure en béatification.

 

La délégation du CFCM a également déjeuné jeudi avec le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

 

Le pape François demande une nouvelle fois aux acteurs religieux de faire une condamnation claire de la violence de la part des religions, puis il a discuté longuement avec le CFCM qui l’a invité à venir en France dialoguer avec des musulmans et remercié d’avoir dénoncer l’amalgame facile entre terrorisme et religion musulmane. La rencontre paisible entre croyants voulue par le pape ne peut arriver que si l’on accepte de voir la religion des autres comme une amie et non comme une concurrente. La miséricorde peut y aider.

 

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Publié le 3 Novembre 2016

Brian Roewe dans son article du mercredi 2 novembre 2016 sur NCRonline.org nous montre que le prêtre jésuite James Martin a offert ce week-end un plan pour apaiser les longues tensions à long existant entre la communauté LGBT et l'Église catholique américaine, celle où les prêtres et les évêques ont une place plus confortable dans un accompagnement des gays et lesbiennes - et d'utiliser effectivement ces termes - alors que les personnes LGBT offrent au clergé «le don de leur temps» afin d’apprendre à les connaître, à un moment où le pays a connu des changements majeurs dans leur acceptation.

 

Ces mesures font partie d'un plus grand recours de respect mutuel, de compassion et de sensibilité venant de ce prêtre populaire et rédacteur en chef du magazine America, décrites dans une conférence qui a eu lieu ce dimanche à un rassemblement de New Ways ministry, à Pikesville, au Maryland. Ce groupe catholique LGBT honorait le père Martin avec son prix pour les constructions de ponts, qui, selon son site Web, reconnaît les gens «qui, par leur érudition, leur leadership ou leur témoignage ont favorisé la discussion, la compréhension et la réconciliation entre la communauté lesbienne / gay et l'Église catholique.»

 

Le père Martin a pris le thème du pont dans sa conférence, intitulée «Un pont à deux voies», dans lequel il propose une voie à suivre pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres et pour l'Église institutionnelle afin de répondre la plupart du temps à leurs contentieux et leurs interactions combatives.  Mais comme le titre suggère, ses conseils sont à double tranchant, d'abord pour tracer une voie pour que l'Église hiérarchique s’adresse d’abord au côté opposé, il suggère les personnes LGBT suivent. À plusieurs reprises dans son discours, le père Martin a reconnu que son message à la communauté LGBT «peut être difficile à entendre pour les personnes qui se sentent exclues par l'église.» «Une grande partie de la tension caractérisant cette relation complexe résulte d'un manque de communication et, malheureusement, beaucoup de méfiance entre les catholiques LGBT et la hiérarchie. Ce qui est nécessaire est un pont entre la communauté et l'Église», dit-il. Plus précisément, un pont avec deux voies construites sur le respect, la compassion et la sensibilité.

 

Le prêtre et auteur a commencé son discours par les étapes que l'Église doit prendre. Il a dit le respect envers la communauté LGBT «signifie, au tout dernier moment, de reconnaitre que la communauté LGBT existe», et de reconnaissant aussi les cadeaux qu'ils apportent à l'Église, «comme chaque communauté le fait.» Et comme d'autres groupes, il dit que l'Église ne devrait pas hésiter à créer des ministères pastoraux pour la communauté LGBT, telles que des messes spéciales et des programmes de sensibilisation, pour les aider à se sentir plus connecté à leur église et comme «enfants bien-aimés de Dieu.»

 

Parallèlement à cela, le père Martin a dit qu'il était «découragé par la tendance» des organisations religieuses à propos des personnes LGBT, en disant que l'autorité de l'enseignement de l'église est «appliqué d'une manière très sélective» et que c’est un «signe de discrimination injuste». Il appelle aussi à l'église de «mettre au repos» des termes comme «affligé avec une sexualité de même attraction», «personne homosexuelle» et «objectivement désordonnée», et d'utiliser les mots les plus communs à la communauté, tels que les LGBT, LGBTQ et gay et lesbienne. «Les gens ont le droit de se nommer comme il convient», a-t-il dit. «L'utilisation de ces noms fait partie du respect. Et si François peut utiliser le mot gay, le reste de l'Église le peut aussi.»

 

D'un autre côté, il a demandé aux catholiques LGBT catholiques de reconnaître la hiérarchie de l'église - le pape, les évêques, les prêtres - comme maîtres de la foi, mais avec des niveaux d'autorité différents, et que tous doivent écouter et «avec une attitude de prière sur ce qu'ils enseignent» même s’ils peuvent être en désaccord avec leur message, y compris sur les questions LGBT. En plus du «respect ecclésial», le père Martin a demandé à la communauté LGBT de montrer également envers les prêtres et les évêques un «respect humain simple». Il a dit qu'il est souvent «découragé» par la façon dont il entend certains parlent du clergé, en particulier d’un ton moqueur à propos de leur vœu de célibat, mais aussi leurs vêtements, y compris les vêtements liturgiques élaborés.

 

Il dit aussi que la compassion pour la communauté LGBT signifie qu’on soit avec eux, comme toute autre communauté catholique, dans les joies et les souffrances de leur vie. Et cela commence par l'écoute. Mais la compassion appelle également l'Église à aller au-delà de l'écoute et de se tenir aux côtés des personnes LGBT quand ils sont persécutés, et le père Martin dit, encore une fois que l'Église doit éviter «toute marque de discrimination injuste.» Mais une plus grande sensibilité ne peut pas se développer sans que l'Église engage la communauté LGBT plus délibérément, puisque pour le père Martin l’Église doit être un lieu de «rencontre» et «accompagnement.» Le prêtre a aussi encouragé ses collègues du clergé à se tourner vers l’exemple des rencontres de Jésus avec le centurion romain et le collecteur d'impôts Zachée, où sa première réaction a été de ne pas les appeler «païen» ou «pécheur», mais plutôt de se les lier par amitié. «Jésus vit au-delà des catégories, il a rencontré des gens là où ils étaient et les accompagnaient», a-t-il dit.

 

En revenant à la communauté LGBT, le père Martin demande de montrer une plus grande compassion, envers la hiérarchie de l'Église, en reconnaissant d'abord les nombreuses responsabilités d'un évêque moderne : entre autres, les retombées du scandale des abus sexuels du clergé, les vocations qui diminuent, les fermetures de paroisses et d’écoles, et la collecte de fonds. Au-delà de cela, il dit que la compassion est de reconnaître que certains leaders religieux «peuvent être eux-mêmes mauvais» avec leur sexualité, qui peut-être un facteur qui les a conduit à la vie religieuse, dans l'intimité qu'elle offrait ainsi que la sécurité des attitudes haineuses qu'eux aussi ont connu étant jeunes. Le père Martin a également reconnu que beaucoup dans la communauté LGBT en sont peut-être venu à voir l'Église institutionnelle comme ses ennemis et persécuteurs. Mais, cette vision de la communauté LGBT viendrait d’une minorité de l’Église.

 

Le père Martin a dit enfin qu'il était déçu que certains catholiques gays et lesbiennes ont rejeté l'appel du pape François dans son exhortation apostolique Amoris Laetitia qu’«avant tout ... chaque personne, indépendamment de son orientation sexuelle, doit être respecté dans son ou sa dignité et traité avec considération, tandis que «toute marque de discrimination injuste» doit être soigneusement évité, en particulier, toute forme d'agression et de violence.» Pour le père Martin, ces paroles ont du poids «dans un pays où la violence contre les personnes LGBT est endémique et où l'Église est restée silencieuse.»

 

Le père James Martin offre ici à l’Église une solution pour pleinement accepter les LGBT catholique par le dialogue et l’acceptation de celui-ci, mais cela s’avère difficile quand la hiérarchie ne fait aucun effort et que les communautés LGBT doivent alors fermer le dialogue alors qu’elles le recherche. Une difficile recherche de dialogue qui pourrait commencer avec une main tendue de la part de la hiérarchie.

 

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Publié le 2 Novembre 2016

Radio Vatican nous montre que de retour de Suède, le pape a répondu aux questions des journalistes qui étaient avec lui à bord de l’avion qui le ramenait vers Rome le mardi 1er novembre 2016. Plusieurs thèmes ont été abordés lors de cet exercice traditionnel au terme de chaque voyage apostolique à l’étranger : l’accueil des migrants dans une Europe qui a peur, les causes de la sécularisation, ou encore les motivations du pape à combattre l’esclavage.

 

Interrogé sur la crainte des pays européens à accueillir des étrangers sur leur sol, le pape a expliqué qu’«en théorie, on ne peut pas fermer son cœur à un réfugié», mais il a reconnu que les gouvernements, «qui doivent être très ouverts à les recevoir», avaient le droit de calculer, avec «prudence» et chacun selon ses possibilités, la capacité d'accueil de leur pays, car il ne s’agit pas que d’accueillir ces réfugiés, mais aussi de les intégrer. «Il n'est pas humain de fermer les portes et les cœurs, et à la longue, ça se paie politiquement. Tout comme peut se payer politiquement une imprudence dans les calculs, en recevant plus de personnes qu'on ne peut intégrer», a insisté le pape François. Pour lui, «le plus mauvais conseiller pour les pays qui tendent à fermer les frontières est la peur. Le meilleur conseiller est la prudence».

 

Le pape a distingué «migrants» et «réfugiés». «Les migrants doivent être traités avec certaines règles, parce que migrer est un droit, mais un droit très réglementé». En revanche, le statut de réfugié, «celui qui provient d'une situation de guerre, d'angoisse, de faim, d'une situation terrible», a besoin «de plus de soins, plus de travail». Enfin, le danger est le même pour les réfugiés et migrants qui ne sont pas intégrés : «ils entrent dans un ghetto». Or «une culture qui ne se développe pas par rapport à une autre culture, c'est dangereux», a estimé le pape François.

 

Le pape a salué la tradition d’accueil de la Suède, où se sont réfugiés de nombreux Sud-américains lors des périodes de dictatures et qui a accueilli 245 000 réfugiés entre 2014 et 2015. Évoquant une conversation avec un fonctionnaire suédois qui avouait des difficultés pour organiser l’arrivée des étrangers, le pape a dit ne pas croire que «la Suède diminue sa capacité d'accueil par égoïsme».

 

La sécularisation est-elle une fatalité ? Qui en est responsable : les gouvernements laïcs ou l’Église qui serait trop timide ? Le pape se montre positif : «La sécularisation n’est pas une fatalité». Il identifie deux causes à cette sécularisation qui touche notamment la Suède. Le pape regrette «la suffisance de l’homme créateur de culture, mais qui dépasse les limites et se sent Dieu». Le pape précise qu’il ne s’agit pas d’un problème de laïcité, car «on a besoin d’une saine laïcité», de «l’autonomie sainte des choses». Ensuite, le pape François estime que la sécularisation est due à la tiédeur de la foi. «Quand la foi est tiède, l’Église se fragilise». Il cite la France en exemple, «du temps de la mondanité de la Cour, quand des prêtres étaient l’abbé de la cour, un fonctionnalisme clérical (…) Il manquait la force de l’évangélisation». Une force à retrouver.

 

Le pape met en garde contre «la ‘mondanisation’ spirituelle», notamment au sein de l’Église. Il n’y a rien de pire. «Quand Jésus a prié pour nous tous à la Cène, a expliqué le pape, il a demandé une chose pour nous au Père : de ne pas les enlever du monde, mais de les garder du monde, de la mondanité», rappelle le pape.

 

Après avoir rencontré en Suède, une femme à la tête d’une Église protestante, le pape a été appelé à se prononcer sur l’avenir des femmes dans l’Église catholique. Il a réaffirmé la doctrine de l’Église sur l’ordination des femmes, qui n’est pas d’actualité. «Mais les femmes peuvent faire tant de choses», a souligné le pape François. «Dans l’ecclésiologie catholique, il y a deux dimensions: la dimension pétrinienne, celle de Pierre et du collège apostolique, qui est la pastorale des évêques. Et puis la dimension mariale, qui est la dimension féminine de l’Église. Je me demande qui est la plus importante dans la théologie et la mystique : les apôtres ou Marie? C’est Marie !», s’exclame le pape. Il précise qu’il n’y a pas d’Église sans cette dimension féminine car l’Église elle-même est femme, mère et épouse.

 

Le pape a reçu le président du Venezuela la semaine dernière au Vatican, lors d’une escale de Nicolas Maduro à Rome après une visite au Qatar. Le président qui avait déjà rencontré le pape en 2013, avait exprimé le souhait de pouvoir être reçu par le pape François. «Quand un président le demande, on le reçoit». Lors de cet échange de trente minutes, le pape l’a écouté, lui a posé des questions. «Il est bon d’entendre tous les avis».  Pour débloquer la situation vénézuélienne, le pape a réaffirmé que «l’unique chemin valable pour tous les conflits, c’est le dialogue». Ou on se crie dessus ou l’on dialogue. Le pape ne sait pas comment l’avenir se déterminera pour le pays, «c’est très complexe», mais les gens engagés dans ce dialogue ont une stature politique importante, comme l’ancien premier ministre espagnol Zapatero, et ils ont demandé à l’Église de prendre part au dialogue. Le Saint-Siège a alors désigné Mgr Tscherrig, le nonce apostolique en poste en Argentine.

 

Le pape a enfin répondu à une demande sur l’esclavage moderne. Pourquoi est-il si sensible à ce sujet ? Le pape François a expliqué que déjà à Buenos Aires, comme prêtre, il a été «préoccupé» par la chaire du Christ, et le fait que le Christ continue de souffrir. «Le Christ est crucifié continuellement à travers ses frères les plus faibles, cela m’a toujours ému», confie le pape. Il a évoqué son travail avec des croyants et de non-croyants en Argentine pour aider les migrants ‘esclavagisés’ à leur arrivée dans le pays, ou auprès des «esclaves de la prostitution». En Italie, le pape souligne qu’il existe également de nombreux groupes de volontaires qui travaillent contre toutes formes d’esclavage, dans le travail ou des femmes. «En Italie, on travaille bien». Le pape salue le travail des prêtres et des bénévoles de l’Église italienne.

 

Le pape François allie comme dans chacune de ses interviews le bon et le moins bon. Le pape sait faire la différence entre migrants et réfugiés, mais il serait bon aussi que les populations sachent aussi faire de même. Il souhaite aussi à travers l’exemple de la Suède, un accueil plus ouvert aux réfugiés. Le pape pose aussi le problème de la sécularisation, sans pour autant en rendre responsable la laïcité, car pour lui la tiédeur de la foi et le fonctionnalisme de la hiérarchie de l’Église en sont responsables. Il est aussi dommage que le pape se limite à une vision limitée de rôle de la femme dans l’Église refusant une évolution plus productive en se limitant à la dimension mariale, plutôt qu’à une vision réaliste des femmes actuelles peu en phase avec celles du Ier siècle : indépendantes, courageuses et travailleuses. Le pape François espère aussi trouver une solution pour en finir avec la crise au Venezuela sans pour autant savoir si l’opposition et Nicolas Maduro arriveront à trouver un terrain d’entente. Enfin, il apporte son soutien, à tous ceux qui luttent contre l’esclavage dans le monde. Comme à son habitude, le pape François donne une vision ouverte et modératrice qui laisse progressistes et conservateurs entre deux eaux, à la fois content et mécontent.

 

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