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Publié le 21 Mai 2011

A52C62A828D933F4248326 LargeL’assouplissement des restrictions à l'utilisation du Missel Romain de 1962 qu’a fait le pape Benoît XVI, connue sous le nom du rite tridentin, n'est que la première étape d'une "réforme de la réforme" de la liturgie a estimé le cardinal Kurt Koch, le 14 mai 2011, déjà connu pour sa vision démodée de l’œcuménisme catholique. Il a affirmé qu’“Entre la liturgie ancienne et la réforme liturgique post-conciliaire, il n’y a pas de rupture radicale mais une continuité de fond”. Et d’ajouter: “On ne peut comprendre le Motu proprio “Summorum Pontificum” de Benoît XVI qu’à la lumière de cette conviction”. Selon le cardinal suisse, le pape “ne comprend pas l’histoire liturgique comme une succession de divisions, mais comme un processus organique de croissance, de maturation et d’auto-purification”. Avec le Motu proprio, le pape aurait voulu contribuer à la réconciliation au sein de l’Eglise. Si le pape ne voit pas que l’histoire du christianisme est faite de divisions, je peux lui passer les 13 tomes de l’Histoire du christianisme : des origines à nos jours, sous la direction de Jean-Marie Mayeur, parus entre 1990 et 2000, cela lui sera très instructif.

 

L’objectif à long terme du pape n'est pas simplement de permettre à des rites anciens et nouveaux de coexister, mais d'aller vers un «rite commun» qui sera façonnée par l'enrichissement mutuel des deux formes de messe. Impossible d’en faire un rite commun, car comparer le rite extraordinaire et rite ordinaire romain est comme comparer le jour et la nuit. Ils n’ont rien de commun dans la forme.

 

En effet, le pape lance un nouveau mouvement de réforme liturgique, c’est du moins ce que le cardinal a dit. Ceux qui s'y opposent, y compris les "rigides" progressistes, ont tort de voir le Concile Vatican II comme une rupture avec la tradition liturgique de l'église, dit-il. Si on regarde de plus près les 22 conciles œcuméniques (je compte parmi eux le concile de Jérusalem), on verra que tous ces conciles sauf deux visaient à condamner une hérésie, instaurer un dogme, asseoir la domination du pape sur les autres églises et définir la discipline ecclésiastique. Les deux conciles qui se différencient nettement sont celui de Jérusalem en 49 ou 52 et celui de Vatican II entre 1962 et 1965. Ce sont des conciles d’ouvertures et en totale rupture avec les conciles œcuméniques connus. Ce qui vient démentir que la Tradition n’admet pas la rupture et qu’elle serait fixe.

 

Cardinal Koch a fait ces remarques lors d'une conférence à Rome sur "Summorum Pontificum", la lettre apostolique de Benoît XVI de 2007 qui offre une plus grande latitude d’action pour l'utilisation du rite tridentin. Le texte du cardinal a été publié le même jour par L'Osservatore Romano, le journal du Vatican.

 

Cardinal Koch déclare que le pape Benoît XVI pense que les modifications liturgiques post-Vatican II ont apporté "beaucoup de fruits positifs" mais aussi des problèmes, notamment l'accent sur les questions d'ordre purement pratiques et une négligence du mystère pascal dans la célébration eucharistique. Le cardinal a dit qu'il était légitime de se demander si les innovateurs liturgiques étaient intentionnellement allés au-delà des intentions déclarées du concile. Je crois que le mouvement liturgique ne serait pas du même avis. Le mouvement liturgique, qui depuis plus d’un siècle a travaillé inlassablement, créant dans le clergé et chez de nombreux fidèles un intérêt et même une certaine culture liturgique. C'est sans aucun doute un mérite. La liturgie actuelle est l'aboutissement et le fruit d'un siècle de mouvement liturgique.

 

La pièce se termine ici : Le dernier jour de la conférence le 15 mai 2011, les participants ont assisté à une messe célébrée selon le rite tridentin à l'autel de la Chaire de la Basilique Saint Pierre. Le cardinal Walter Brandmüller présida la liturgie. C'était la première fois depuis plusieurs décennies que l'ancien rite fut célébré dans l'autel. Ce qui est pour moi, juste anecdotique, mais un symbole fort pour ceux qui veulent revenir en arrière.

 

Je vous livre l'expression de la pensée de Paul VI qui s’exprime dans sa grande lettre du 11 octobre 1976 à Mgr Marcel Lefebvre : «Nous avons sanctionné cette réforme [de la messe] de notre autorité, en demandant son adoption par tous les catholiques. Si, en général, nous n'avons pas jugé bon de maintenir plus longtemps des retards ou des exceptions à cette adoption, c'est en vue du bien spirituel et de l'unité de l'entière communauté ecclésiale, car, pour les catholiques de rite romain, l'Ordo missae est un signe privilégié de leur unité. C'est aussi parce que, dans votre cas, l'ancien rite est en fait l'expression d'une ecclésiologie faussée, un terrain de lutte contre le Concile et ses réformes, sous le prétexte que là seulement on conserverait, sans que leurs significations soient obscurcies, le véritable sacrifice de la messe et le sacerdoce ministériel. Nous ne pouvons accepter ce jugement erroné, cette accusation injustifiée, ni tolérer que l'eucharistie du Seigneur, sacrement d'unité, soit l'objet de pareilles divisions et qu'elle soit elle-même utilisée comme instrument et signe de rébellion.» Vous voyez qu’ainsi le retour au rite tridentin est une arme contre le concile Vatican II pour les intégristes et les traditionnalistes, et que Paul VI n’a jamais cédé sur la liturgie qu’il a établie sachant cela, comme ce fut le cas pour Jean-Paul II.

 

Les négociations entre la Fraternité Saint-Pie-X et le Vatican sont en effet au point mort et, au Vatican, on considère qu’elles n’aboutiront jamais. Nous voyons donc qu’aucune réconciliation n’est possible. Dans sa paroisse populaire de Bordeaux, le père Francis Aylies nous disait en 2006, qu’il n'avait qu'une crainte : que les catholiques ordinaires soient désormais "confondus" avec les traditionalistes. Et que l'Eglise de Vatican II, "son" Eglise, ressorte encore plus fragilisée. Une vision des plus réaliste.

 

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Publié le 17 Mai 2011

Mgr William Morris estime que sa révocation récente par le Vatican est "un signal envoyé aux évêques du monde entier" et demande la publication du rapport envoyé au Vatican et qui a conduit à sa retraite forcée. Evêque de Toowoomba, en Australie, il avait émis l'idée d'ordonner des femmes, dans une lettre pastorale de 2006. C’est ce qu’il a dit sur l’Australian Broadcasting Corporation dans le show "Sunday Nights with John Cleary" du 8 mai 2011.

 

Jean Paul II aurait mis le poids de son infaillibilité dans une Lettre apostolique de 1994 où il réaffirme que l'Eglise ne peut ordonner les femmes, ce qui amène à se poser la question sur les possibles conséquences de cette interdiction de débattre de la question et y voir une sanction disproportionnée contre Mgr Morris, qui n’a rien d’un prêtre rouge. A sa connaissance, il n'avait jamais vu ça par écrit avant, car Jean Paul II, n'a jamais utilisé le mot infaillible, Mgr Morris dit. "Si ma mémoire est fiable, sans regarder le document. Je crois qu'il a dit qu’il ne se voyait aucun pouvoir ou de droit d'ordonner des femmes, ou quelque chose comme cela. Mais il n'a jamais utilisé le mot infaillible." La Congrégation pour la doctrine de la foi a précisé que la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis du 22 mai 1994, n'entre pas dans le champ de l'infaillibilité pontificale mais de celle du magistère. Donc Mgr Morris n’est pas en tort.

 

Le Vatican a réagit. Bien sûr, on lui donne une image qui plait mieux à l’hypothèse de son renvoi. Mgr William Morris, était en conflit ouvert avec le Vatican depuis de nombreuses années, et sa révocation n'a été décidée par le pape qu'au bout d'un long processus de négociation qui a échoué. Rome lui aurait demandé à plusieurs reprises de démissionner de ses fonctions en raison de ses positions théologiques et de sa vision des sacrements. Il aurait notamment déclaré qu'il était prêt à avoir recours au ministère de pasteurs d'Eglises issues de la Réforme, et il refusait de mettre fin à la pratique des absolutions collectives dans son diocèse. Je ne vois pas en quoi ce sont des gestes graves. Ces éléments sembleraient corriger la version donnée par Mgr Morris d'une mesure disciplinaire brutalement expédiée. L'évêque déchu avait rencontré le pape il y a deux ans pour s'expliquer, mais n’avait pas été révoqué. Mais des évêques qu’il faudrait révoquer comme Mgr Jean-Pierre Cattenoz et Mgr Vitus Huonder eux sont confirmés dans leur fonction par Benoit XVI. Le lobbying traditionnaliste marche fort bien.

 

Enfin le 12 mai 2011, Les évêques australiens affirment leur solidarité avec la décision du Vatican de relever de ses fonctions l'évêque de Toowoomba, ce qui étonne puisqu’ils se disaient solidaires de Mgr Morris. C’est un peu lâche mais pas étonnant car depuis 1987, les évêques doivent prêter un serment de fidélité au pape et ne peuvent plus publier de déclarations doctrinales sauf si elles sont approuvées par Rome depuis 1990. Les évêques ont donc une marge de manœuvre limitée et s’ils s’opposent au pape, ils perdront leur poste ou seront mis dans une voie de garage.

 

L'Australie s'attendait à cette lettre, envoyée aux paroisses et aux écoles à catholiques travers le pays, ce qui fait enrager les partisans de Mgr Morris. Le Conseil national des prêtres, par exemple, a condamné «le traitement mesquin infligé à un pasteur remarquable» et «le manque de transparence et de respect qui a conduit à cette décision».

 

Une Église qui ne sait que condamner les gens leur proposant des solutions ne peut donner quelque chose de bon. Cela me rend triste car l’Église que j’aime perd ainsi son prestige au profit d’une minorité qui ne sait que condamner le monde dans lequel elle vit, nous envoyant peu à peu comme une voiture sans frein dans un mur qu’elle ne peut éviter.

 

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Publié le 15 Mai 2011

Trois ans après la publication en 2007 du Motu Proprio Summorum Pontificum pour permettre la célébration de la forme «extraordinaire» du rite romain, le Vatican rend publique ce vendredi 13 mai 2011 l'Instruction Universae Ecclesiae, destinée à préciser et à faciliter l'application du Motu Proprio.

 

Dans une note synthétisant cette Instruction, le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, évoque un texte «d'un grand équilibre», qui entend favoriser «l'usage serein» de la forme extraordinaire du rite romain pour les prêtres et les fidèles «qui en ressentent le sincère désir pour leur bien spirituel».

 

Ce texte insiste aussi sur «l'esprit de communion ecclésiale qui doit être présent chez tous - fidèles, prêtres, évêques» et ce afin que «la finalité de réconciliation, ainsi présente dans la décision du Saint-Père, ne soit pas empêchée ou freinée, mais favorisée et atteinte». Benoit XVI n’a-t-il pas eu face de lui les lefebvristes pour voir que cette réconciliation est impossible, car on quand on leur donne quelque chose, ils en voudront toujours plus.

 

Ce document, qui émane de la Commission Pontificale «Ecclesia Dei», a été signé de son président le cardinal William Levada, et de son secrétaire, Mgr Guido Pozzo. Il a été promulgué «en vue de garantir la correcte interprétation et la juste application» du Motu Proprio Summorum Pontificum.


Durant ces trois années qui séparent de la promulgation du Motu proprio, les évêques ont été invités à écrire au Saint-Siège si de «sérieuses difficultés» d'application de Summorum Pontificum apparaissaient. L'Instruction porte donc en soi «le fruit de la vérification triennale de l'application de la loi, qui avait été prévue depuis le début», estime le père Lombardi. «Le document est présenté dans un langage simple et de lecture facile», précise encore le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

 

Après une brève histoire du Missel romain, la finalité du Motu proprio est confirmée autour de trois points principaux : a) offrir à tous les fidèles la Liturgie Romaine dans son usage le plus ancien, considérée comme un précieux trésor à conserver ; b) garantir et assurer réellement, à ceux qui le demandent, l'usage de la forma extraordinaria ; c) favoriser la réconciliation au sein de l'Eglise (cf n. 8).

 

Dans ce document, la compétence des évêques diocésains est confirmée pour la réalisation du Motu proprio, rappelant qu'en cas de controverses sur la célébration dans la forma extraordinaria, c'est la Commission «Ecclesia Dei» qui tranchera. Normalement en cas de controverses c’est l’évêque qui doit décider, si ce n’est plus lui qui décide sur ce sujet alors la collégialité sera un beau mot qui n’aura plus de sens.

 

Le document apporte aussi une clarification sur le concept du «groupe de fidèles» qui souhaite assister à la messe dans sa forme extraordinaire : les personnes ne doivent pas forcément appartenir à une même paroisse et pourront même venir de différents diocèses (§ 15).

 

Une précision importante est toutefois ajoutée : les fidèles qui demandent la célébration du rite dans sa forme extraordinaire «ne doivent en aucune façon soutenir ou appartenir à des groupes qui se disent contraires à la validité ou légitimité de la forme ordinaire» du rite romain et/ou à l'autorité du Pape comme Pasteur Suprême de l'Eglise universelle. «Cela irait, en effet, en contradiction manifeste avec la finalité de ‘réconciliation' du Motu proprio lui-même». Il est bon de le rappeler, car déjà en 1970, Paul VI avait mis ce point essentiel pour permettre le rite extraordinaire pour quelques minorités en attendant l’acceptation définitive du rite ordinaire promulgué en 1970, et non pour le libéraliser comme l’a fait Benoit XVI. Je rappelle qu’extraordinaire veut dire qui sort de la règle, de l'usage ordinaire.

 

Des indications «importantes» sont aussi apportées sur l'aptitude du prêtre à célébrer dans la forme extraordinaire. «Naturellement celui-ci ne doit pas avoir d'empêchement d'un point de vue canonique, suffisamment bien connaître le latin et le rite à célébrer», précise le P. Lombardi. Les évêques sont aussi invités à encourager une «formation adéquate» dans les séminaires. Je pense qu’il y aura malgré tout quelques résistances, car beaucoup d’évêques doivent faire face aux prêtres lefebvristes et traditionalistes qui essayent d’imposer leur propre vision de l'Église.

 

Ce dimanche 15 mai2 011, le IVe dimanche de Pâques, une messe solennelle selon le rite ancien sera célébrée à la basilique pontificale Saint-Pierre au Vatican, pour la première fois à l'Autel de la Chaire. Le célébrant sera le cardinal Antonio Cañizares Llovera, préfet de la congrégation pour le culte divin. Le chœur sera dirigé par le cardinal Domenico Bartolucci, ancien maître de chapelle perpétuel de la Chapelle Sixtine. La messe conclura un colloque consacré au motu proprio "Summorum Pontificum". Parmi les intervenants figureront le cardinal Cañizares lui-même, l’évêque Athanasius Schneider et Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission pontifical "Ecclesia Dei". Il n’est guère étonnant que trois d’entre eux sont favorable au rite ancien : Antonio Cañizares Llovera, pour le retour de la communion à la bouche, ayant soutenu le Motu Proprio Summorum Pontificum et portant la capa magna, Domenico Bartolucci, opposé à l’abandon du latin et à l'impact d'un tel abandon sur le répertoire de musique sacrée en usage au cours des célébrations, et enfin, Athanasius Schneider qui est bien connu pour sa défense de la forme traditionnelle pour recevoir la communion (à genoux, sur la langue), et lors d'une conférence théologique à Rome en Décembre 2010, Mgr Schneider proposa la nécessité d’"un nouveau programme" (en souvenir du Syllabus de 1864), dans lequel l'autorité doctrinale du pape permettrait de corriger les interprétations erronées des documents du Concile Vatican II. On sent les traditionalistes en puissance. Où sont les progressistes ? Cela veut tout dire.

 

L’Église ne gagne rien à cette unité de façade qui lui fera plus de mal que de bien. Il ne faut pas être naïf et voir ce que cela sous tend, une reprise en mains où le Peuple de Dieu, lui n’a pas son mot à dire. Les méthodes doivent changer, car le pape ne peut imposer et gouverner seul.

 

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Publié le 14 Mai 2011

Comme nous l’a apprit l’AFP en ce 10 mai 2011, un tribunal de l'Oregon vient de citer le Saint Siège comme témoin dans une affaire remontant à 1965 et lui demande de produire des documents d'ici le 20 juin afin de déterminer s'il peut être considéré comme l'employeur, et donc le responsable, du prêtre poursuivi pour abus sexuels. "C'est une décision historique et monumentale", a déclaré Jeff Anderson, avocat de la personne à l'origine de l'affaire. Jeff Anderson avait déjà porté en 2002 devant la justice une plainte similaire, mais d'une bien moins grande ampleur. Celle-ci est actuellement entre les mains de la Cour suprême des États-Unis qui doit déterminer si le Vatican peut être poursuivi par une cour américaine. Les avocats poursuivant les prêtres pédophiles, Jeff Anderson en particulier, avancent l'idée simple que le Vatican devrait désormais être considéré comme un « employeur ». Ainsi, le pape et les autres responsables à la curie pourraient donc être «tenus responsables» des agissements d’un prêtre pédophile, comme l'a écrit Le Point dans le titre d'un article sur le sujet le 29 juin 2010. Autrement dit, le Saint-Père lui-même, tel un PDG d’une entreprise qui n’aurait pas dénoncé des salariés criminels, pourrait risquer la prison.

 

La victime accuse le Vatican de ne pas avoir défroqué le prêtre ou au moins de ne pas l'avoir sanctionné et écarté dès les premières agressions. Un premier juge chargé de la plainte avait estimé que le Saint-Siège pouvait être poursuivi comme employeur dans le transfert de ce prêtre, pourtant décidé au niveau des évêchés. Le Vatican avait fait alors appel auprès de la Cour suprême. En juin dernier, la plus haute juridiction américaine avait donné raison à ce juge en ne se prononçant pas sur la reconnaissance de l'immunité diplomatique du Vatican.

 

En citant aujourd'hui le Vatican comme témoin avant la tenue éventuelle d'un procès, un juge américain s'engage pour la première fois dans cette brèche ouverte par la Cour suprême. Pour ce faire, le juge de l'Oregon, Michael Mosman, a demandé au Saint-Siège de produire d'ici au 20 juin un certain nombre d'informations sur les règles internes à l'Eglise relatives à la gestion des prêtres, leur nomination, leur transfert, leur responsabilité ou encore leur excommunication en cas de plaintes pour agressions sexuelles. Déboutée de son appel par la Cour Suprême, l'Eglise compte bien continuer à ferrailler sur la question. Ainsi, selon elle, si le pape exerce une hiérarchie spirituelle sur les prêtres à travers le monde, il ne peut en aucun cas être considéré comme un employeur, toute charge matérielle revenant aux diocèses.

 

Pour Jeffrey Lena, l'avocat américain du Vatican, la partie est loin d'être perdue. L'avocat entend résister à certaines demandes de la justice. "La question centrale de cette affaire, la seule qu'il faille retenir, est de savoir si oui ou non l'Eglise peut être considérée comme l'employeur de cet homme à l'époque des faits. Et à notre avis, non, ce n'est pas le cas", a-t-il ajouté. La loi de l'Etat d'Oregon possède une interprétation étendue de la relation d'employeur à employé. Néanmoins, il apparaît peu probable que les plaignants obtiennent gain de cause.

 

"S'ils parviennent à démontrer qu'un tel lien existait entre ce prêtre et le Saint-Siège, ce serait dévastateur pour le Vatican qui a beaucoup plus de ressources qu'un simple diocèse", estime Charles Zech, directeur du centre de recherche sur l'encadrement de l'Eglise à l'université catholique de Villanova en Pennsylvanie. Aux Etats-Unis, huit évêchés, dont celui de l'Oregon, ont été ruinés après des plaintes contre des agressions sexuelles de prêtres.

Qu'il gagne ou non la partie, le plaignant dans cette affaire aura créé un précédent. "Du point de vue du Vatican, l'affaire est très problématique", estime Charles Zech. Le Saint-Siège "n'a jamais aimé ouvrir ses dossiers à quiconque. Et les ouvrir même un tout petit peu, c'est tout un problème".

 

S’ensuit une autre affaire dans laquelle la mère d’un enfant victime d’abus sexuels de la part d’un prêtre catholique a porté plainte mercredi 11 mai 2011 devant la justice américaine contre le Vatican qu’elle accuse d’avoir occulté l’affaire. Cette action en justice intervient au moment où un tribunal civil américain vient de citer pour la première fois le Vatican comme témoin, l’obligeant à produire des documents internes devant la justice qui cherche à examiner sa qualité "d’employeur" dans l’affaire d’un prêtre accusé de pédophilie dans l’Oregon (nord-ouest).

 

L’avocat Jeffrey Anderson a indiqué à des journalistes que la mère du garçon était déçue que le Vatican n’ait pas été en mesure de protéger son fils contre les abus sexuels commis par un prêtre dont elle connaissait les agissements. La famille du garçon avait conclu en 2008 un accord avec l’archidiocèse de Chicago, d’un montant de 1,6 million de dollars, après que le prêtre eut plaidé coupable d’abus sexuels sur cinq garçons. Plusieurs enfants avaient été violés après que celui-ci eut été autorisé à poursuivre son travail dans une école catholique, alors même qu’il avait fait l’objet de plaintes et avait été arrêté.

 

"Cette affaire n’a pas lieu d’être", a estimé de son côté Jeffrey Lena, un avocat représentant le Saint-Siège dans les affaires d’abus sexuels. "La plainte reprend les mêmes vieux arguments déjà rejetés par les tribunaux américains. Le plaignant a déjà reçu un dédommagement de la part de l’archidiocèse de Chicago, renonçant ainsi a nouvelles demandes. Et, ce qui est le plus important, le Saint-Siège n’est pas du tout impliqué dans cette affaire", a-t-il assuré. L’avocat représentant le Vatican montre la réalité, le Vatican ne veut pas prendre de responsabilités, mais qui a nommé ces évêques qui ont couvert les pédophiles, le pape. Jean-Paul II a laissé à Benoit XVI un dossier brûlant où il devra prendre des mesures exceptionnelle sinon l’Église ne s’en remettra jamais.

 

L’Église va devoir ouvrir les yeux, car maintenant la justice va poursuivre le Vatican pour avoir laissé de tels prêtres en fonction qui ont continués à commettre leurs crimes. Je suis d’accord avec le cardinal Christoph Schönborn qui a déploré que «malheureusement dans l'Église, par le passé, les auteurs des faits (aient) été à tort souvent plus protégés que les victimes». Benoît XVI, dans la Lettre aux catholiques d'Irlande, observe que des évêques «ont manqué, parfois gravement, dans l'application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d'abus sur les enfants. (...) il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu». Une des raisons de ces manquements est, d'après le pape, «une préoccupation déplacée pour la réputation de l'Eglise» et une volonté «d'éviter les scandales».

 

Aujourd’hui la réputation de l’Église est entachée de ce scandale, alors que Jésus avait bien dit : «Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer.» (Matthieu 18,6) Si Jésus a dit cela, alors pourquoi l’Eglise a couvert de telles personnes, la plupart comme Roger Vangelhuwe ne regrettent pas leurs gestes. Pas de pardon, car s’en prendre aux enfants est un geste inadmissible, et l’Eglise en couvrant des pédophiles s’est montré tout autant criminelle qu’eux et devra maintenant se montrer exemplaire.

 

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Publié le 10 Mai 2011

Le théologien allemand David Berger, âgé de 42 ans, spécialiste de Saint Thomas d’Aquin et responsable de la revue Theologisches, vient d’être exclu de ses fonctions le jeudi 5 mai 2011 auprès de l’Académie Pontificale de Saint Thomas d’Aquin, pour avoir révélé son homosexualité contraint par la rumeur internet, rapporte ce samedi 07 mai 2011 le site internet du magazine Têtu. L’archidiocèse a confirmé cette information du journal "Frankfurter Rundschau". Le théologien David Berger «a détruit la confiance de l'évêque et ne peut plus assurer de manière crédible pour le compte de l'Eglise des cours d'enseignement de la religion catholique», selon l'archevêché.

 

L’archevêque Joachim Meisner explique avoir procédé au retrait de la "mission canonique" parce que David Berger par ses publications et ses déclarations dans les médias s’est mis lui-même, par son enseignement et son mode de vie, dans une situation qui ne correspond pas aux normes morales et canoniques de l’Eglise.

 

David Berger s'était publiquement déclaré homosexuel au mois d’avril 2010, et il avait même demandé une révision de la position de l'Eglise à ce sujet. Il s'est dit déçu et bouleversé, dans le Frankfurter Rundschau, et on le comprend amplement, car l’Église devrait évoluer sur ce sujet. C'est «un coup dur porté à la paix au sein de l'archevêché», a-t-il estimé. Le théologien a dit connaître au sein même du diocèse de Cologne un bon nombre d'homosexuels au service de l'Eglise, prêtres, aspirants prêtres et autres professeurs de religion. «Ils m'avaient témoigné leur profonde reconnaissance d'avoir exprimé ouvertement ce qu'ils pensent», a déclaré M. Berger au journal. C’est un secret de polichinelle, car les homosexuels ont toujours été de très bons pratiquants et sont même très investis dans leur paroisse, ce qui montre que la sexualité ne compte pas dans la croyance. "Pour avoir travaillé avec des évêques et des prêtres (...) du monde entier, je ne doute pas un instant que Dieu appelle les homosexuels à la prêtrise, et qu'ils font les prêtres les plus dévoués et les plus impressionnants qu'il m'ait été donné de voir", a déclaré le père Timothy Radcliffe, qui a dirigé par le passé l'ordre dominicain. "Et nous pouvons penser que Dieu continuera à appeler à la fois des hétérosexuels et des homosexuels à la prêtrise parce que l'Eglise a besoin de leurs talents", écrit-il dans l'hebdomadaire catholique britannique The Tablet. Un meilleur accueil est pour moi nécessaire à leur encontre.

 

Par ailleurs, il accuse et à raison l’Eglise catholique d’avoir une position hypocrite et bigote sur l’homosexualité, et se plaint d’une croissance des tendances homophobes au sein du catholicisme. Quelques événements lui donnent raison. Chargé par Jean-Paul II de rédiger les méditations du chemin de croix du vendredi saint au Colisée en 2005, le futur Benoît XVI avait alors tenu des propos très durs sur les mœurs dans l’Église : «Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement. Souvent, Seigneur, ton Église nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l’eau de toutes parts !». Tout le monde avait alors immédiatement associé cette condamnation au dossier de la pédophilie et aux scandales à répétition qui depuis plusieurs années secouent, et risquent de ruiner, l’Église américaine. Mais de l’avis des spécialistes régulièrement consultés par le Vatican pour tenter de mettre de l’ordre dans ses séminaires, l’homosexualité est aussi devenue un problème majeur. «Même si on ne peut le comparer au fléau de la pédophilie, par son ampleur le problème de l’homosexualité est encore plus vaste», confiait en 2004 un des principaux conseillers du Vatican en la matière. Et surtout, le pape Benoît XVI a clairement décidé de mobiliser l’église catholique contre toutes les législations régularisant, par le mariage ou le Pacs, les unions homosexuelles. L’Église est ainsi montée au créneau dans l’Espagne de Zapatero, dans le débat italien sur l’introduction des Pacs, en Suisse, au Canada.

 

Un texte du Vatican intitulé Instruction de la Congrégation pour l'Education catholique sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l'admission au séminaire et aux Ordres sacrés, qui avait été rendu public mardi 22 novembre 2005, semble confirmer cette inquiétude, car il vise à empêcher les homosexuels à devenir prêtres, parce qu’ils «se trouvent dans une situation qui fait obstacle à une relation juste avec des hommes et des femmes». Benoît XVI voulait réagir à la multiplication des scandales sexuels impliquant l’Eglise. Le texte évoque aussi, sans plus de précision, «les conséquences négatives qui peuvent découler de l’ordination de personnes présentant des tendances homosexuelles». Il souligne enfin que si les homosexuels ont droit au «respect», l’Eglise considère les «actes» homosexuels comme des «péchés graves».

 

En janvier 2010, sur l'homosexualité, le primat de Belgique, André Léonard avait déclaré qu'elle n'était "pas en cohérence avec la logique objective de la sexualité", tout en affirmant cette semaine que cela n'autorisait pas pour autant à dire que les homosexuels sont "anormaux". Pour rappel, l'évêque de Namur avait déjà ironisé sur les homosexuels dans une interview qu'il avait accordée au magazine Télémoustique en avril 2007.

 

Le lundi 12 avril 2010, le cardinal secrétaire d'État Tarcisio Bertone avait récusé le lien entre les cas récents de pédophilie de la part du clergé et la question du célibat des prêtres, estimant plutôt que "le problème" est lié à l'homosexualité. "Nombre de psychologues et de psychiatres ont démontré qu'il n'y a pas de relation entre célibat et pédophilie, mais beaucoup d'autres ont démontré, et m'ont dit récemment qu'il y a une relation entre homosexualité et pédophilie", a affirmé Mgr Bertone, lors d'une visite officielle à Santiago du Chili. "C'est la vérité, c'est le problème." "Cette pathologie touche toutes les catégories de gens, et les prêtres à un moindre degré si l'on regarde les pourcentages", a-t-il poursuivi. Affligeant car aucune étude ne peut étayer les propos du cardinal Bertone. Il s'agit ici d'une stratégie perverse du Vatican qui cherche à fuir sa propre responsabilité dans les cas de pédophilie.

 

Lorsque l'Onu vota mardi 22 mars 2011 une déclaration au Conseil des droits de l'homme dénonçant les violences commis à raison de l'orientation sexuelle de la victime, l'archevêque Silvano Tomasi, représentant du Vatican aux Nations-unies, a fait le mardi soir une déclaration fracassante contre ce texte, et il n'hésita pas à dire que les homophobes seraient aussi des victimes. Tout en condamnant -malgré tout- toute violence envers les homosexuels, il a précisé qu'il existait un consensus dans toutes les sociétés contre certains comportements sexuels, citant l'inceste et la pédophilie.

 

Un dirigeant des Verts, Volker Beck, a vertement critiqué Joachim Meisner après que David Berger fut exclu de ses fonctions, «apôtre de l'intolérance». Il a déploré que l'Eglise catholique n'ait pas été aussi «conséquente dans des dossiers d'abus sexuels en son sein». On ne lui donne pas tort.

 

L’Église devrait peut-être changer de vision sur l’homosexualité. Déjà, le cardinal William Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi peu connu pour son support des homosexuels, ne s'opposa pas à l'existence de la paroisse du Most Holy Redeemer Church de San Francisco, composé essentiellement de fidèles gay et lesbiens. Le 4 février 2011, 143 théologiens catholiques germanophones ont publié un mémorandum proposant un certain nombre de réformes pour l'Eglise catholique; leur déclaration a été aussi signée par 71 théologiens de pays non-germanophones. Le paragraphe sur la "Liberté de conscience", tout en reconnaissant la légitimité de l'attachement traditionnel au mariage et au célibat consacré, propose une vision positive de l'homosexualité, en invitant à ne pas exclure ceux qui «vivent de manière responsable l'amour, la fidélité et l’attention réciproque au sein d’un couple de même sexe [...]» Cela laisse songeur, et me fait dire que l’Église doit ne pas s’éloigner de ses fidèles que pour quelques raison que ce soit.

 

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Publié le 6 Mai 2011

Un évêque catholique d’Australie avait osé proposer que l’Eglise ordonne des hommes et des femmes mariés, compte tenu du déficit du nombre de prêtres. Le propos n’a pas plu au très traditionnel Benoît XVI. Et Mgr William Morris a été prié de prendre sa retraite anticipée. «Le pape Benoît XVI a considéré que le diocèse serait mieux administré sous l’égide d’un nouvel évêque», a écrit l’ecclésiastique de 67 ans dans une lettre lue lors des messes du week-end. Officiellement, il prend sa retraite de façon anticipée. Mais Mgr William Morris, évêque australien de Toowoomba, dans l'État du Queensland, pourrait selon certains observateurs, avoir été révoqué par le pape pour avoir estimé que l'Église devrait ordonner des femmes et des hommes mariés, compte tenu du déficit du nombre de prêtres.

 

C’est en 2006 que l’évêque australien avait mis sur le tapis la question de l’ordination de personnes mariées des deux sexes, alors que l’Eglise catholique n’admet que celle des hommes, qui de plus doivent faire vœu de chasteté. Il avait écrit une lettre pastorale dans laquelle il avait soutenu qu’étant donné la pénurie des vocations, l'Église catholique serait ouverte à toutes les éventualités, afin de faciliter la réinsertion des anciens prêtres et de reconnaître la validité les célébrations anglicanes et des luthériennes. En outre, il y eu controverse sur le type de programmes d'éducation sexuelle introduit dans les écoles catholiques du diocèse qui n’est pas le point fort de l’Église puisqu’elle se résume à Humanae Vitae, et aussi sur la pratique de l'absolution sans confession individuelle, mais Jésus la donnait aussi sans confession.

 

Pour remédier à cette pénurie de vocations et en favoriser le renouveau, plusieurs solutions sont régulièrement avancées, y compris au sein de l'Eglise, au premier rang desquelles le mariage des prêtres ou l’ordination des femmes. Néanmoins Benoit XVI a tranché les débats en mars 2010 et avait martelé lors d’une conférence sur la prêtrise organisée au Vatican : "Les hommes et les femmes d'aujourd'hui attendent de nous d'être prêtres jusqu'au bout, et rien d'autre". Mgr William Morris a proposé des solutions concrètes et n’a pas été écouté. La collégialité est bien finie.

 

William Morris, évêque du vaste diocèse de Toowoomba dans l’Etat du Queensland (est) depuis 1993, a déclaré que ses propos avaient été mal interprétés et qu’on ne lui avait pas donné l’occasion de préciser sa pensée. Son départ est «en fait une révocation», a déploré à la radio locale le vicaire général de Toowoomba, le père Peter Dorfield.

 

Le blogueur Andrea Tornielli précise qu'après ces déclarations sur les conclusions à tirer de la pénurie des prêtres, le Saint Siège avait demandé à l'archevêque de Denver, Mgr Charles J. Chaput, adversaire de Barack Obama et l’une des chevilles ouvrière de la restauration menée per Benoit XVI, de mener une enquête. Mgr Morris a été démis de ses fonctions pastorales sans avoir pu donner sa démission. C'est ce que l'évêque a annoncé lui-même à ses fidèles dans une lettre où il précise qu'il n'a pas pu lire le rapport le concernant. Le Lundi 2 mai 2011 en milieu de journée le Vatican a confirmé l'information par un très bref communiqué.

 

Plus de 500 fidèles ont manifesté mardi soir 3 mai 2011 à Toowoomba, dans l’Etat australien du Queensland, contre la déposition par Rome de leur évêque, Mgr William Martin Morris. Selon la presse locale, ils ont bravé la pluie et le mauvais temps en signe de solidarité avec Mgr Morris. L’évêque a dû renoncer à son poste, qu’il occupait depuis 18 ans, en raison de ses idées jugées trop libérales. Il était depuis plusieurs années dans le collimateur de catholiques conservateurs qui l’avaient dénoncé à Rome, rapportent les médias australiens. Nous savons que le Vatican placera un de ses hommes qui comme dans le cas de Coire ou d’Avignon, sera en opposition constante avec ses fidèles et non apte à gouverner.

 

Nous revoilà revenu à l’époque de Pie X, où les progressistes sont considérés aujourd’hui par les courants intransigeants qui sont minoritaires, comme déviant et menant à l'hérésie. S'appuyant sur une nouvelle lecture de la Bible, les progressistes acceptent l'idée d'une évolution dynamique de la doctrine de l'Église par opposition à un ensemble de dogmes fixes. Cela est une bonne chose, car une Église ouverte sur le monde permet au fidèle de mener une vie plus proche de ce que le Christ attend d’eux.

 

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Publié le 30 Avril 2011

110114122154425 34 000 apx 470Dans l'attente d'une cérémonie pour laquelle le Vatican attend une foule sans précédent depuis les funérailles du pape polonais, Rome est prise d'une frénésie. L'affluence énorme annoncée il y a deux mois pour la béatification du pape le plus populaire du XXe siècle, a été redimensionnée. Guerre en Libye et insécurité en Méditerranée obligent : nombre d'Américains et d'Asiatiques ont renoncé au voyage. Même si je pense que certains fidèles ont eu des doutes sur cette béatification trop rapide.

 

On attend moins de 300 000 pèlerins qui ont été annoncés par l'Oeuvre romaine des pèlerinages, organisatrice côté Vatican. Interrogé sur l'affluence prévue pour la béatification, le maire s'est montré évasif et n'a pas voulu donner de chiffres précis. Des portraits de Karol Wojtyla s'affichent un peu partout dans la ville éternelle dont il fut évêque pendant 27 ans. Karol Wojtyla sera déclaré dimanche bienheureux, lors d'une cérémonie en la basilique Saint-Pierre, à l'issue d'un procès en béatification particulièrement rapide. La veille, une grande cérémonie d'hommage aura lieu au Circus Maximus à Rome. De nombreuses églises seront ouvertes pour une veillée de prières. Après la messe solennelle, les pèlerins pourraient défiler devant sa dépouille mortelle.

 

Deux expositions, un grand concert, un dispositif exceptionnel d'accueil des touristes: Rome fera les choses en grand pour la béatification de Jean Paul II, que le maire de Rome, Gianni Alemanno, a qualifié mardi de "père" pour les Romains. Lors d'une conférence de presse conjointe avec le cardinal Agostino Vallini, vicaire de Rome, M. Alemanno a évalué à 3,5 millions d'euros le coût des trois jours --le 30 avril, les 1er et 2 mai-- qui verront se dérouler à la fois la béatification et la Fête annuelle du travail, avec les traditionnels concerts organisés par les syndicats. Cela me laisse circonspect, l’Église devrait faire les choses simplement au lieu de faire une espèce de cirque, après tout Jean-Paul II n’était qu’un homme. Mais que voulez vous, certains ont vu la manne financière de cette célébration.

 

"Durant les trois jours, Rome est invitée à se montrer sous son meilleur jour. Toute la ville, sans exception, est liée à cet homme, qui y est perçu comme un père. Il a visité 301 des 313 paroisses romaines" en tant qu'évêque de Rome, a rappelé le maire. Quant à la concomitance de la Fête du travail et de la béatification, M. Alemanno a évoqué "la dimension sociale" du message du pape polonais. On aurait alors pu faire béatifier Paul VI le même jour alors.

 

Des centaines de milliers de pèlerins sont attendus sur la place Saint-Pierre où Benoît XVI, son successeur, prononcera la formule latine proclamant Jean Paul II bienheureux. Cette célébration, pour le Saint-Siège, devra être sans faux pas, pour lui permettre de retrouver un peu du lustre que lui ont fait perdre les scandales de pédophilie. Accompagnées de multiples retransmissions, les cérémonies feront revivre les images célèbres de ce pape venu de l'autre côté du Rideau de fer: vigoureux et fringant à son élection, très affaibli mais stoïque quand la maladie de Parkinson a commencé à le diminuer. Voilà, c’est la naissance de la Jean Paul II mania qui ne profitera pas aux fidèles mais seulement pour asseoir la vision intransigeante de l’Église appuyé par la curie romaine.

 

Cette frénésie aurait tendance à assourdir la voix de ceux parmi les catholiques qui s'interrogent sur les raisons d'un tel empressement. La réponse dépend peut-être de la définition que l'on donne à la sainteté qui est ici très restrictive. La décision de l'Eglise rejoint le jugement spontané des fidèles, relève George Weigel, théologien américain et biographe de Jean Paul II, qu'il a bien connu. «On assiste ici à la reconnaissance d'une vie chrétienne, dont on peut s'inspirer», a-t-il dit à Reuters, en rappelant qu'aux funérailles du pape, décédé le 2 avril 2005, la foule avait scandé "santo subito" (canonisez-le tout de suite). Mais a-t-il oublié qu’il se montrait impitoyable envers ses adversaires et ses choix contestables d’évêques contre l’avis des fidèles.

 

Benoît XVI n'a pas suivi la désormais célèbre injonction des fidèles, mais il a fait exception à une règle de l'Eglise qui observe normalement un délai de cinq ans avant de pouvoir entamer une procédure de béatification. Cette procédure, au cours de laquelle la vie et les oeuvres du défunt pape ont été examinées avec attention, a été bouclée lorsque le Vatican a jugé que la guérison inexpliquée d'une religieuse française atteinte de la maladie de Parkinson relevait d'un miracle dû à l'intercession de Jean Paul II.

 

Beaucoup de fidèles estiment que cette canonisation est dès à présent assurée. Mais certains n'en sont pas moins réticents. "J'ai beaucoup de considération pour l'homme - sa jeunesse héroïque, son authenticité, son courage historique face au régime communiste en Pologne. Il y a lieu de l'honorer pour tout cela", estime James Carroll, auteur et éditorialiste américain et ancien prêtre. "Mais la sainteté est quelque chose d'autre. Je crois qu'il a fait beaucoup de tort à l'Eglise de multiples façons. Je pense aussi que le Vatican trouve son intérêt dans le processus de canonisation en général et dans celle de Jean Paul II en particulier. Il s'agit d'une tentative de consolider une autorité chancelante", a-t-il dit à Reuters. Oui, cela est vrai, car les scandales de pédophilie, les remises en cause du concile Vatican II et les choix d’évêques contestables qui ont contre eux leurs fidèles montrent que l’Église connait une grave crise.

 

L'aile progressiste de l'Eglise juge que Jean Paul II a été trop sévère avec les théologiens de la libération qui s'efforçaient d'aider les plus pauvres, en particulier en Amérique latine. Certains affirment qu'il porte une part de responsabilité dans les scandales de pédophilie parce qu'ils se sont produits ou ont été dévoilés sous son pontificat. Mais il a aussi fermé les yeux sur les actes pédophiles de Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, accusé de nombreux abus sexuels.

 

Les plus conservateurs reprochent au futur bienheureux une ouverture trop grande aux autres religions. Ils lui reprochent en outre d'avoir, lors de ses nombreux voyages à l'étranger, laissé la liturgie s'imprégner des cultures locales, avec par exemple des messes rythmées par des danses africaines. L’une des bonnes choses de ce pontificat qui ne mérite ici aucune critique.

 

D'autres formulent des doutes quant à la guérison miraculeuse de la religieuse française atteinte de la maladie de Parkinson, mal dont a aussi souffert le pape au cours des douze dernières années de son existence. "Imaginez les dégâts pour la crédibilité de l'Eglise si la religieuse souffrait d'une reprise des symptômes", avance le journal catholique conservateur The Remnant. Grzegorz Opala, neurologue polonais a rappelé dans le quotidien polonais Rzeczpospolita que la maladie de Parkinson n’est pas curable mais que d’autres maladies – présentant les mêmes symptômes – le sont. Ces symptômes parkinsoniens peuvent apparaître après des traumatismes, des empoisonnements et disparaissent dès qu’on arrête la prise de médicaments. Il a souhaité que les sept médecins de la commission vaticane chargés d’examiner le cas de la religieuse française, n’éludent pas cette possibilité. Ce que cette commission a oublié agréablement de faire.

 

Mais, pour ses partisans, ces reproches sont secondaires par rapport aux mérites du bienheureux. A commencer par le pape allemand Benoît XVI, qui a été son plus proche collaborateur. Le silence assourdissant du pape pour les crimes des dictatures d’Amérique latine, les scandales de pédophilie et la mise au silence des théologiens qui ne pensent pas comme lui serait un détail, tout cela est simplement consternant.

 

Pour la sainteté, un autre miracle est nécessaire. Plusieurs milliers de témoignages, sérieux ou délirants, évoquant grâces et guérisons, sont parvenus au Vatican. Le festival continuera de plus belle. Au moment où la mairie de droite s'apprête à accueillir les pèlerins, elle est sous le feu des critiques d'organisations catholiques pour son attitude de rejet vis-à-vis des roms et des immigrés tunisiens. Ce qui est vraiment contestable. Mais heureusement la communauté de Sant’Egidio condamne fermement les évacuations des camps de fortune qui ne sont pas une solution.

 

Le cardinal Vallini a souligné la dimension spirituelle de l'évènement, relevant que plusieurs églises resteraient ouvertes pour une nuit de prière le 30 avril. Voilà une dernier signe qui montre que ce n’est pas l’homme Jean-Paul II qui est canonisé mais une image idéalisé qui résultait de l’immense réputation de sainteté dont ce dernier a joui de son vivant et au moment de sa mort, mais souvent une réputation ne tient pas face à la réalité des faits.

 

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Publié le 15 Avril 2011

Malgré la crise au sein du diocèse de Coire, Mgr Vitus Huonder bénéficie de l’entière confiance de Benoît XVI. C’est du moins ce qu’il déclare après s’être entretenu avec le pape. Conservateur, l’évêque de Coire est fortement contesté par les Eglises catholiques cantonales.

 

«Le Saint-Père souhaite de la continuité dans le service» que Mgr Huonder accomplit, indique vendredi l’évêché de Coire dans un communiqué le 7 avril 2011. Et d’ajouter que l’évêque fait sienne cette attente et qu’il est prêt à poursuivre sa mission épiscopale «aussi longtemps que Dieu et la santé le permettent». Le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation des évêques, a clairement exprimé à l'évêque de Coire qu'il avait "la confiance totale" du pape Benoît XVI, et que ce dernier souhaitait qu'il poursuive son ministère épiscopal. Un aveuglement des plus contestable tant la crise de confiance entre les fidèles et l’évêque s’est creusée.

 

La tension est forte entre l’évêché et les Eglises cantonales du diocèse qui avaient songé il y a un mois à demander au Vatican la révocation de Vitus Huonder. Ces dernières lui reprochent son traditionalisme intransigeant alors qu’elles suivent une ligne modérée. Plusieurs démissions et nominations contestées ont en outre émaillé les rapports entre les deux camps depuis l’arrivée de l’évêque en 2007. D’ailleurs Mgr Huonder avait mis en cause le droit des Eglises cantonales de disposer des recettes de l'impôt ecclésiastique. Mais elles eurent «avec satisfaction» le soutien des évêques suisses à ce sujet. Le diocèse de Coire a été secoué par les démissions de Andreas Rellstab, vicaire général pour les Grisons, et de Ernst Fuchs, recteur du séminaire.

 

Au vu de la position de l'évêque, Werner Inderbitzin, porte-parole de l'association des Eglises cantonales du diocèse de Coire (Conférence de Biberbrugg) ne peut se représenter «comment nous allons continuer avec Mgr Huonder alors que la relation de confiance est détruite». Le 9 avril 2011, il a confié au Neue Luzerner Zeitung que la Conférence de Biberbrugg exige de Mgr Huonder qu'il se sépare de Martin Grichting, vicaire général controversé. Ce dernier est connu pour son opposition au système suisse dual et à la levée d'impôts ecclésiastiques. Le dialogue n’est pas le fort de cet homme, il est sur le modèle de Mgr Huonder qui nereconnaît que les structures hiérarchiques et dirige son diocèse selon le credo: "Qui ne m’obéit pas, n’est pas catholique".

 

Le président du Conseil synodal de l'Eglise catholique romaine du canton de Zurich n'est pas d'un autre avis. Benno Schnüriger ne peut comprendre la réaction du pape. «Dans n'importe quelle entreprise, le chef aurait tiré la sonnette d'alarme. Mais dans le diocèse de Coire, nous devons simplement passer à l'ordre du jour», s'est-il indigné.

 

Son évêque auxiliaire de Zurich, Mgr Marian Eleganti avait sommé le représentant de l'Eglise catholique zurichoise de cesser toute collaboration avec la communauté LGBT locale, et notamment de ne plus organiser de cérémonie oecuménique dans le cadre de la gay pride, qualifiée d'«événement de propagande» s’attirant ainsi les foudres de l'évêché de l'Eglise catholique zurichoise. Les catholiques zurichois y participaient depuis plusieurs années. Mgr Marian Eleganti n’est pas le mieux placé pour faire une critique envers des personnes qui ont le droit de vivre leur sexualité sans en rendre compte aux autres, car au début de son sacerdoce il aurait vécu plus de 13 ans au sein d'une communauté intégriste clandestine. Le dirigeant de cette dernière était un prêtre à la réputation sulfureuse: Joseph Seidnitzer. Dans les années 1960, cet Autrichien avait été reconnu coupable d'abus sur des mineurs de plus de 18 ans (la majorité était alors fixée à 21 ans), et plusieurs fois emprisonné.

 

Confirmé dans ses fonctions par le pape, Mgr Huonder a annoncé dans la foulée plusieurs nominations. L’évêque auxiliaire Marian Eleganti remplira aussi les tâches de «vicaire épiscopal pour la formation philosophico-théologique et la formation continue des prêtres» et de «vicaire épiscopal pour les ordres». Il avait déjà été nommé à la tête du séminaire des prêtres.

 

L’official Joseph Bonnemain devient lui «vicaire épiscopal chargé des relations avec les organisations de droit ecclésiastique et les cantons». La fonction de chancelier de l’évêché sera elle occupée pour la première fois par un laïc, Alfred Schriber. Le diocèse de Coire couvre les cantons de Zurich, Glaris, Zoug, Schwyz, Obwald, Nidwald et des Grisons.

 

Il est grand temps qu’une réforme s’impose dans le choix des évêques afin d’éviter que des hommes n’ayant pas l’habileté dans ces fonctions soient choisis. La solution nous est donnée dans le manifeste "Eglise 2011: un renouveau indispensable" de 143 théologiens allemands, autrichiens et suisses c’est celle où Les fidèles doivent participer aux nominations des principaux ministres (évêque, curé). Ce qui peut être décidé localement doit être décidé localement. Et les décisions doivent être transparentes. Cela tiendra mieux que des choix contestables et sans dialogue. Imposer ses évêques à la population est vraiment archaïque et montre une vision dépassée de la société.

 

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Publié le 9 Avril 2011

santo-subito articleLors de l'enterrement de Jean Paul II, le 8 avril 2005, la foule avait réclamé qu'il soit immédiatement canonisé en scandant "santo subito". Un mois plus tard, Benoît XVI avait accéléré la procédure grâce à une dérogation, qui doit normalement commencer cinq ans après la mort du candidat, au plus tôt. Et dès le 19 décembre 2009, Benoît XVI a publié un décret le proclamant "vénérable". Le délai entre sa mort et sa béatification sera ainsi l'un des plus courts de l'histoire. Six ans et un mois après sa mort, Jean-Paul II sera béatifié dimanche 1er mai 2011, à Rome. La date a été annoncée vendredi 14 janvier 2010 par le Bureau de presse du Saint-Siège. Elle correspond à la Journée de la divine miséricorde instaurée par le pape polonais lui-même. Benoît XVI présidera la cérémonie dans la basilique Saint-Pierre. Le corps de Karol Wojtyla y sera transféré directement depuis la crypte, sans être exhumé. Une simple plaque de marbre portera l'inscription "Bienheureux Jean Paul II". Cette béatification intervient dans un délai record, qui s’explique, précise le Vatican, par «l'imposante réputation de sainteté dont jouissait le pape Jean Paul II pendant sa vie, à sa mort et après sa mort».

 

Certains émettent à raison des doutes tant cette béatification fut rapide. Un groupe de théologiens, de philosophes et d'historiens des religions signèrent le lundi 5 décembre 2005 un "appel à la clarification" sur les actions de Jean Paul II. Plusieurs de ses actions pendant son pontificat méritent une analyse critique et plaident contre sa béatification, affirment-ils. La répression de la théologie de la libération et les brimades infligées aux théologiens contestataires sont les principales critiques portées contre le pape défunt par ces contestataires. L'appel est signé par les Espagnols Jaume Botey, Casimir Marti', Ramon Maria Nogues, Rosa Cursach, Casiano Floristan, Jose Ramos Regidor et Juan Jose Tamayo, les Italiens Giovanni Franzoni, Filippo Gentiloni et Giulio Girardi, l'Autrichienne Martha Heizer et le Salvadorien Jose Maria Castillo. Ils déplorent également la bienveillance montrée pendant le pontificat de Jean Paul II envers certains régimes dictatoriaux en Amérique latine, coupables de l'assassinat de prêtres et de religieuses; les positions conservatrices en matière d'éthique sexuelle, sur le célibat des prêtres et sur le rôle des femmes dans l'Eglise et les dérives de l'Institut pour les oeuvre religieuses (IOR), la banque du Vatican.

 

L'annonce de sa béatification pour le 1er mai 2011 n'a pas fait que des heureux, notamment chez les victimes d'abus sexuels par des prêtres, qui accusent le pape d'avoir ignoré ces pratiques au sein de l'Eglise. Une association de victimes, SNAP, a dénoncé "la précipitation à conférer la canonisation au souverain pontife sous le règne duquel ont eu lieu la plupart des crimes sexuels du clergé, prouvés et étouffés".

 

Le Père Scalese, lui, est dubitatif, même critique. Il signe aujourd'hui un billet intitulé "Sens de la mesure", dont voici la traduction.

«Dans l'organisation de la béatification de Jean Paul II, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Quand, en janvier dernier, le pape Benoît XVI promulgua le décret qui attribue un miracle à l'intercession du Serviteur de Dieu et que la béatification fut annoncée pour le 1er mai, quelques jours seulement après l'annonce, la nouvelle était communiquée que l'on affichait déjà complet. Aujourd'hui, à moins d'un mois de la béatification, nous sommes invités à aller à Rome, parce que - nous assure-ton - des places sont encore disponibles. Que s'est-il passé? Evidemment, quelqu'un nous a raconté des histoires: c'était juste un stratagème de promotion pour encourager les pèlerins à hâter la réservation (??). On ne peut sans doute pas en accuser les organisateurs de la béatification, mais le fait est que quelqu'un en a profité.

On dira : pas étonnant; il est inévitable que, dans de telles circonstances, se déclenchent quelques mécanismes. Certes, mais je préférerais qu'au moins dans l'Eglise, on ne favorise pas les excès et qu'on maintienne une attitude plus sobre. Et au contraire, que se passe-t-il ? Le cardinal-vicaire, dans une conférence de presse a révélé qu'il avait soumis au Saint-Siège la demande que la fête liturgique du nouveau bienheureux, en dérogation à la pratique actuelle (...), soit étendue comme «mémoire obligatoire» à toute l'Eglise. Honnêtement, je ne comprends pas le sens de cette demande. Je pensais que la béatification mettrait un terme à la phase d'"exceptionnalité" du cas Wojtyla. Il y avait déjà eu la dérogation à la règle de cinq ans pour l'introduction de la cause; le procès s'est déroulé en un temps record (suscitant inévitablement des inquiétudes légitimes sur le strict respect des procédures). Maintenant que nous avions enfin atteint leur but, je pensais que tout serait de retour à la normale. Mais non: même la célébration liturgique du nouveau bienheureux devra jouir du caractère extraordinaire, presque comme si Karol Wojtyla était un saint unique dans l'histoire de l'Église; personne comme lui avant lui, personne comme lui après lui. Est-il possible qu'on ne réalise pas que nous perdons le sens de la mesure? À ce rythme, peu de temps après la béatification, on prétendra tout aussi rapidement à la canonisation, et pendant que nous y sommes, sa proclamation comme "docteur de l'Eglise"(...) L'ironie, que certains trouveront déplacée (et elle l'est sans doute), cache l'amertume pour une façon de procéder qui ne respecte pas les règles, comme si les règles n'avaient aucune valeur (mais alors pourquoi en fait-on?), ou ne valaient que pour certains. Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est la raison de ce « traitement de faveur ». Jean-Paul II est saint? OK, personne ne nie cela; mais quel mal y aurait-il à le traiter comme tous les autres saints? Qu'est-ce qui le distingue des autres? Ne se rend-on pas compte qu'en procédant ainsi, on risque d'obtenir, au moins dans certains cas, le résultat contraire ?»


Et voici (en substance), pour compléter le tableau, le dernier commentaire d'Andrea Tornielli, publié dans Il Foglio : Le Bienheureux Karol monte aux autels, Jean-Paul II peut attendre.

«Le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation des Saints, a en effet déclaré: "la cause de béatification n'est pas parvenue à son terme à cause de l'impact que le Pontificat a eu sur l'histoire de l'Eglise, mais pour les vertus de foi, d'espérance, de charité, qui ont été celles de la vie de Wojtyla". Autrement dit, c'est l'homme qui est béatifié, pas le Pape.» Et Andrea Tornielli ajoute: «L'intention de Benoît XVI qui, le 3 mai 2005, poussait le cardinal Vicaire de Rome (à l'époque Camillo Ruini) à ouvrir la phase diocésaine du procès, sautant le délai habituel de 5 ans, n'était rien d'autre qu'une façon de donner la parole à la puissante requête des fidèles, réclamant Wojtyla "Santo subito". Quant au Pontificat et à ses problèmes, on avait le temps. Au point que le Pontificat de Ratzinger peut aussi se lire de cette manière, autrement dit la tentative de mettre de l'ordre dans un certain désordre laissé par son prédécesseur.»

En effet, poursuit Andrea Tornielli, «les polémiques autour du Pontificat ne sont pas peu, et certaines viennent du sein même de la Curie Romaine, de cardinaux qui ont déposé au procès: comme par exemple le cardinal Martini, critique envers les voyages internationaux du Pape, qui ont "mortifié" les églises locales.»


Andrea Tornielli nous parle d’une autre voix critique qui est celle du cardinal Godfreed Danneels, qui tout en finesse, émettait des réserves sur le Pape polonais reconnaissant lui avoir toujours préféré Paul VI. En réponse anticipée à l’annonce toute récente de Benoît XVI d’une voie ouverte vers la béatification rapide, Godfreed Danneels estime que « la sainteté n’a pas besoin de passer par des voies privilégiées. La procédure de canonisation doit prendre tout le temps nécessaire. Sans faire d’exceptions. Le Pape est un baptisé comme tous les autres. Donc la procédure de béatification devrait être la même que celle prévue pour tous les baptisés ». Le cardinal belgedit même que : «  le cri »Santo Subito« ne m’a pas plus »).

 

Et Andrea Tornielli conclut: «personne, dans l'Eglise catholique, ne met en doute la sainteté de Wojtyla... Les critiques se fondent uniquement sur des aspects circonscrits de son Pontificat. Deux "noeuds" émergent plus que d'autres: "une certaine digue défensive érigée face à l'émergence des cas de pédophile dans le clergé, et un usage pas toujours limpide des finances qui transitaient par l'IOR. Deux "nœuds que Benoît XVI, aujourd'hui, avec un grand engagement, s'emploie à dénouer, même si ce n'est pas facile".


Une béatification trop rapide qui montre que l’Église se centre trop sur son passé au lieu de voir l’avenir. Benoit XVI avait besoin d’un exemple pour appuyer son pontificat, il l’aura en béatifiant Jean-Paul II, mais de meilleurs exemples auraient pu mieux servir l’Église comme Jean-Paul 1er et Mgr Óscar Romero. Comme quoi, le Vatican se sert de l’image de Jean-Paul II et non de l’homme.

 

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Publié le 26 Mars 2011

L’Église ne sait-elle que s’exprimer par ses valeurs ? Une question que pose dans l’éditorial de La Stampa du 28 décembre 2010 Gian Enrico Rusconi. Voyons ce qu’il écrit dans le journal turinois et cela s’avère très instructif sur les mauvais choix de l’Eglise :  

 

«Il n’est pas besoin d’évoquer le “retour de la religion dans l’époque post-séculière” pour constater en Italie la forte présence publique de la religion - d’église (c’est-à-dire d’une expression religieuse qui passe exclusivement à travers les structures de l’Église catholique). Mais l’importance publique de la religion, qui est grande sur les thèmes “éthiquement sensibles” (comme on dit), s’accompagne de difficultés substantielles de communication dans les contenus théologiques qui devraient être le fondement de ces mêmes thèmes. Ou mieux, les contenus théologiques ne sont cités que s’ils servent à soutenir les recommandations morales. Nous nous trouvons devant une religion dé-théologisée qui cherche une compensation dans un nouvel accent mis sur la “spirirualité”. Mais il s’agit-là d’une phénoménologie très fragile qui va de l’élaboration toute subjective de motifs religieux traditionnels à des thérapies de bien-être psychique. Les contenus de “vérité” religieuse théologiquement forts et fondamentaux – les concepts de révélation, de salut, de rédemption, de péché originel (sans parler d’autres dogmes plus complexes) qui ont, dans leur formulation dogmatique, profondément conditionné le développement spirituel et intellectuel de l’Occident chrétien, sont refoulés hors du discours public. Pour les croyants, ils restent un fond et un support “narratif”, ils font office d’illustration, mais ne fondent pas la pratique rituelle. La Nativité que nous venons à peine de célébrer est fondée sur le dogme théologique du Christ “vrai Dieu et vrai homme”. Il s’agit d’une “vérité” qui a profondément marqué et formé des générations de croyants pendant des siècles. Aujourd’hui – enveloppée dans une atmosphère de sentimentalisme superficiel – on la répète sans comprendre le sens d’une vérité qui n’est plus transmissible dans les termes du discours public. Mais vient à l’esprit le doute que ce qui importe aujourd’hui aux hommes d’Église dans leurs discours publics, c’est exclusivement de défendre ce qu’ils appellent “les valeurs” tout court, lesquelles coïncident avec le thème de la “vie”, de la “famille naturelle” et avec les problèmes bioéthiques tels que les entend la doctrine officielle de l’Église. Rien d’autre».

 

Un constat révélateur sur la situation actuelle de l’Eglise. Nous devrions plutôt suivre ce qu’a dit Leonardo Boff en 2005, qu'il faut avoir le "regard porté davantage sur l’humanité et moins sur l’Eglise". Mais aujourd’hui l’Église est intransigeante, radicale et rétive aux compromis, elle s’est figée sur le droit canon. Nous sommes devant un dogmatisme figé qui ne permet pas à l’Église d’avancer. Jésus n’avait-il pas lutté contre les docteurs de la loi pour le même propos. De plus, l’Église ne veut malheureusement pas faire de «casuistique» qui exigerait de traiter les sujets difficiles au cas par cas et de façon plus humaine pour ainsi trouver un juste milieu. L’Église n’a plus ce discours évangélique, beaucoup plus pastoral qui lui faisait tant de bien à l’époque de Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul 1er. Il faudrait utiliser un message évangélique plus adapté à la personne. Une solution que l'Église devrait méditer plutôt que d'imposer ses valeurs.

 

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