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Publié le 27 Novembre 2014

francetvinfo.fr dans son article du vendredi 14 novembre 2014 nous montre que deux auteurs américains affirment avoir découvert un "évangile perdu" qui révélerait cette face cachée de la vie du Christ.

Annoncée il y a une semaine, la sortie du livre The Lost Gospel (le livre n'est pas encore traduit en français), promettait de secouer la religion chrétienne : ses auteurs, l'historien Barrie Wilson et le journaliste et écrivain israélien Simcha Jacobovici, affirment avoir découvert un manuscrit prouvant que Jésus était marié à sa disciple Marie-Madeleine, avec qui il aurait eu deux enfants.

Mais le soufflé est un peu retombé avec la publication de l'ouvrage, mardi 11 novembre. Voici les raisons pour lesquelles il faut prendre avec des pincettes ce qui était présenté comme une découverte historique.

"Décoder le texte sacré qui révèle le mariage de Jésus et Marie-Madeleine". Sur la couverture qu'il a choisie pour The Lost Gospel, l'éditeur Pegasus Books (pas vraiment spécialisé dans les textes historiques) ne laisse aucune place à l'ambiguïté. Et pourtant, le raisonnement des deux auteurs demande pas mal d'imagination. Le manuscrit qu'ils ont découvert, oublié dans les archives de la British Library, raconte l'histoire du patriarche Joseph (un personnage de l'Ancien testament qui n'a rien à voir avec Joseph le père de Jésus) et de sa compagne Aseneth. Ils sont effectivement mariés et parents de deux enfants, mais pas une fois le nom de Jésus ou de Marie-Madeleine n'est mentionné dans le manuscrit.

Ce qui n'empêche pas les auteurs d'y voir une vaste métaphore de la vie de Jésus, se basant notamment sur un passage qu'ils interprètent comme décrivant le signe de croix, alors que Joseph serait antérieur à la crucifixion. Si les textes bibliques sont loin d'être dépourvus de symbolisme, le lien avec Jésus semble un peu trop ténu pour affirmer que le texte révèle sa vraie vie. Selon le spécialiste des religions du journal britannique The Telegraph, l'ouvrage ressemble plus à un livre de Dan Brown, l'auteur du Da Vinci Code, qui évoquait lui aussi la descendance de Jésus et Marie-Madeleine, qu'à un ouvrage d'historien.

Toujours selon le Telegraph, l'histoire de Joseph et Aseneth est loin d'être une découverte des auteurs de The Lost Gospel, qui sont simplement les premiers à y voir une métaphore de la vie de Jésus. Le manuscrit de la British Library avait déjà été étudié par plusieurs historiens, qui ne l'avaient pas trouvé particulièrement remarquable. D'autres versions du texte, notamment en Grec ancien, circulaient depuis longtemps, et une version anglaise est même disponible en ligne.

Comme l'expliquait l'historien Michael Langlois à francetv info, en avril, les textes les plus fiables pour connaître la véritable vie de Jésus sont ceux qui sont le plus contemporain de sa vie. Difficile, donc, de mettre sur le même plan les évangiles reconnus par l'Église, qui se basent supposément sur les écrits des apôtres de Jésus, et le texte de "l'Évangile perdu", daté l'an 570 après Jésus-Christ. La théorie d'un Jésus marié et père n'est d'ailleurs mentionné dans aucun texte connu et antérieur à cette date. Un historien spécialiste de l'histoire de Joseph et Aseneth pense même que le manuscrit consulté par les deux auteurs, rédigé dans un dialecte de l'Araméen, a été traduit depuis sa langue originelle, le Grec ancien, ce qui augmenterait les risques d'une mauvaise interprétation.

D'ailleurs, ce manuscrit est loin d'être le seul présentant un Jésus bien différent de celui décrit par les différentes églises chrétiennes actuelles. Un parchemin copte divulgué en 2012 avait notamment crée la polémique, car on pouvait y lire "Et Jésus leur a dit, ma femme..." Ce qui témoigne surtout des croyances très diverses des premiers chrétiens sur leur messie.

C'est encore une belle tentative de montrer une vie secrète de Jésus, mais il n'y a pas la moindre crédibilité dans ces revendications, surtout que le manuscrit qu'ont découvert les deux auteurs ne concerne que le patriarche Joseph. Ce texte n'apporte rien de nouveau, mais il montre que la recherche historique sur Jésus n'est pas morte.

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Pourquoi rien ne prouve que Jésus était marié et père de deux enfants

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Publié le 21 Octobre 2014

newsweek.com dans son article du jeudi 18 septembre 2014 nous montre que Jésus peut avoir été crucifié parce que ses disciples portaient des armes, selon une analyse scientifique des livres du Nouveau Testament.

Dale Martin, professeur d'études religieuses à l'Université de Yale, affirme que cet aspect historique sur Jésus, cité dans les Évangiles, a reçu peu d'attention, mais il pourrait expliquer à lui seul l'exécution de Jésus et montre aussi que l'homme de Nazareth n'était pas un pacifiste, on est généralement convaincu qu'il l'était. Les Évangiles de Marc et de Luc montrent qu'au moins une fois (et probablement deux ou plus) des disciples de Jésus portaient une épée quand Jésus ut arrêté peu de temps après la dernière Cène, au moment de la fête de Pâque. Selon l'Evangile de Jean, un disciple, Simon-Pierre, a même utilisé son épée pour couper l'oreille d'un des soldats chargés d'arrêter Jésus.

Comme le dit Martin à Newsweek, ce comportement militant n'aurait certainement pas été toléré par les Romains, dirigés par le préfet Ponce Pilate. Par exemple, des documents historiques montrent qu'il était illégal au moment de marcher d'être armé à Rome et dans d'autres villes romaines. Selon Martin, bien qu'aucun dossiers juridiques survécurent de Jérusalem, il va de soi, en se basant sur une connaissance certaine de l'histoire romaine, que les dirigeants de la région auraient désapprouvé le port d' épées, et n'auraient pas toléré qu'une bande armée de Juifs itinérants soit dans la ville au cours de Pâque, une fête souvent turbulente. D'après Martin, "Tout comme vous pouviez être arrêté à Rome, même pour n'avoir qu'un poignard, si les disciples de Jésus étaient armés, ce serait suffisant pour le crucifier sans raison".

Harold Attridge, un ancien doyen de la faculté de théologie de Yale qui n'était pas impliqué avec le papier, trouve que l'analyse de Martin est solide et que "probablement les Romains ont été sévères contre quelqu'un vu comme une menace politique", comme ce fut certainement le cas avec Jésus. Le document "nous rappelle que les premiers disciples de Jésus et peut-être Jésus lui-même ont été inévitablement jetés dans le conflit avec l'arbitraire d'État utilisé par l'Empire romain [dans lequel] les Romains pratiquaient à la fois une violence aléatoire et intentionnelle contre les populations qu'ils avaient conquises, tuant des dizaines de milliers d'hommes par crucifixion ", selon le spécialiste du Nouveau Testament Hal Taussig, qui est à l'Union Theological Seminary de New York.

L'article de Martin aborde une question encore plus importante, dit Bart Ehrman, professeur à l'Université de Caroline du Nord : Pourquoi les disciples de Jésus étaient tous armés, en particulier au cours d'une fête religieuse ? Martin souligne le fait que Jésus et ses disciples s'attendaient probablement s'attendent à ce qu'une confrontation apocalyptique était à l'horizon, ils se trouvaient donc dans les forces divines (sous la forme des anges) qui détruiraient Rome et temple d'Hérode pour l'avènement d'un règne sainte. Il ajoute que cela pourrait exiger des combats pour les disciples de Jésus.

Il semble assez lointain, mais un scénario similaire est décrit dans certaines parties du livre de l'Apocalypse. D'après Martin, ce scénario de "forces célestes rejointes par les forces humaines ... avait une attente dans un document central de la mer Morte". En effet, de nombreux universitaires qui étudient l'historicité de la Bible croient selon Martin "que Jésus était un prophète apocalyptique juif qui attendait l'arrivée imminente du royaume de Dieu sur terre". Le document suggère également que Jésus peut avoir été en faveur de la lutte, au moins dans ce cas apocalyptique, selon Ehrman. Il dit également que "Ça me fait repenser à mon avis que Jésus était un pacifiste intégral". "Et il en faut beaucoup chez moi pour me faire changer mon point de vue au sujet de Jésus."

Mais tout le monde n'est pas d'accord avec le point de vue de Martin. Bien que le document est une "contribution extraordinaire", pour Taussig, il est "presque impossible pour nous de savoir si les théories que proposent le professeur Martin sont historiquement valable ou pas." Établir la véritable histoire derrière les livres n'est pas une tâche facile à faire, étant donné que les Évangiles ont été écrites 40 à 60 ans après la vie de Jésus, par des gens qui n'ont pas été témoins des événements et dont les écrits ne sont pas de première main. Et comme on peut l'imaginer, il ya beaucoup de désaccord entre les chercheurs.

Paula Fredriksen, une historienne du christianisme antique à l'Université hébraïque de Jérusalem, dit que l'article de Martin a plusieurs trous "qui peuvent conduire des camions de travers." D'une part, elle ne pense pas qu'il est légitime de supposer puisque porter une épée était illégale dans la ville de Rome, les mêmes lois s'appliquaient obligatoirement à Jérusalem. Le contrôle de la ville n'était pas trop serré, soutient-elle, et le préfet romain la visitait que pendant la Pâque, pour aider à maintenir la paix. Et pendant ce temps il aurait été probablement impossible pour la police de surveiller les milliers de Juifs qui se déversaient à Jérusalem. Elle dit aussi : "Je ne peux même pas imaginer dans quel pétrin il était".

En outre, dit-elle, le mot grec utilisé dans les Évangiles que Martin interprète comme une épée signifie quelque chose de plus proche d'un couteau (poignard ?). Et ceux-ci pouvaient être facilement dissimulés, ajoute-elle. selon elle, "Seuls des professionnels", comme des soldats, auraient eu "des épées". Mais elle apprécie Martin qui s'est employer à "travailler son argument", car c'est ce que font les gens qui étudient la Bible dans un critère historique. Pour Fredriksen, la controverse est inévitable et l'argument est "amusant". Elle conclut que : "C'est un sport de contact."

L'étude historique de la Bible se renouvelle continuellement et comme le montre Dale Martin, elle permet de faire un sain débat qui permet de découvrir au mieux Jésus dans son contexte et de pouvoir lire la Bible avec un regard plus ouvert.

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Publié le 13 Septembre 2014

Roger Karban dans un excellent article de NCRonline.org datant du 30 août 2014 nous montre qu'il y a près de 40 ans, lors d'une conférence générale de clergé diocésain, Raymond Brown nous disait, "Il n'y a pas de prédictions sur Jésus dans toutes les Écritures hébraïques, comme nous les connaissons." Sa déclaration n'était pas une exégèse radicale; il représente l'opinion de la grande majorité des savants, catholiques et non-catholiques.

Si les prophètes ne sont pas prédictifs, que sont-ils ? S'ils n'annoncent pas la venue de Jésus, pourquoi sont-ils inclus dans nos Écritures ? Il existe deux définitions classiques des prophètes qui se recoupent. La première, celle du père Bruce Vawter : il enseignait que les "prophètes", "sont la conscience du peuple." Le second, Hans Walter Wolff : le savant insiste sur le fait que les "prophètes", "sont les gens de la communauté qui nous fournissent les conséquences futures de nos actions présentes."

Les prophètes sont les réformateurs de la communauté, ceux qui nous ramènent aux débuts de notre foi. Bien avant, que nous ayons développé une structure d'Église hiérarchique, ou même avant que nos ancêtres dans la foi aient commencé à considérer nos Écritures comme divinement inspirées, la façon dont la Bible accepta de discerner la volonté de Dieu dans nos vies est la surface de ce que nous apportent les prophètes dans notre milieu.

Nos auteurs sacrés présument que Dieu récompense toujours chaque communauté de foi avec des gens inspirés qui peuvent couper à travers les méandres de la religion organisée et nous ramener à ce que Dieu avait initialement prévu pour le peuple de Dieu. Pas étonnant que Paul, dans 1 Corinthiens 14, 1, encourage ses lecteurs, à "Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie."

C'est pourquoi les prophètes bibliques rappellent constamment à leur public à "revenir à l'Éternel", don de se rapporter à Dieu, pas d'une institution, pas d'un ensemble de règles et de règlements, ou à une figure d'autorité ou de structure. Le peuple de Dieu devraient aller seul avec le Saint Esprit, la force essentielle dans leur vie quotidienne.

Pourtant, comme Jérémie, le souligne, les choses inquiétantes se produisent pour ceux qui osent aller vers un Autre suprême. La réforme qu'il prêche et sa propre relation avec l'Éternel est de détruire sa vie. Non seulement elle le force à rester célibataire, mais ses compatriotes juifs le considèrent comme un traître pour eux et leur pays. Comme il l'avance : "La parole de l'Eternel m'a apporté la dérision et le reproche toute la journée." Au cours du terrestre de Jésus de Nazareth, la plupart des gens ne le considéraient pas comme le Fils unique de Dieu, mais comme un prophète. Il fut historiquement rejeté et tué à cause de ses déclarations prophétiques et de son mode de vie, et non à cause de sa divinité.

Bien que le Jésus de Matthieu ne pousse jamais son enveloppe théologique près de l'imagerie de Jérémie, il rappelle souvent à ses disciples, comme il le fait dans la péricope d'aujourd'hui, que ceux qui projettent de le suivre devront d'abord mourir avec lui. Jésus contredit sans douleur la version du christianisme de Pierre, non seulement avec "Passe derrière moi, Satan !" mais aussi avec une déclaration mordante : "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive." Puisque nous ne cherchons sûrement pas une crucifixion littérale, comment pouvons-nous imiter sa mort ?

De nombreux chercheurs sont convaincus que Jésus a initialement encouragé ses disciples à porter leur "tau", pas leur croix. Certains des juifs contemporains de Jésus emploient le tau - T - la dernière lettre de l'alphabet hébreu, comme un symbole du fait qu'ils étaient totalement ouverts à tout ce Yahvé voulait d'eux.

Si c'est le cas, porter sa croix ne se réfère pas à un supporter qui attend patiemment un moment dramatique de souffrance. Il décrit une relation continue, généreuse, ouverte et honnête avec Dieu, une quête quotidienne pour découvrir ce que Dieu veut de nous. Les imitateurs de Jésus savent exactement où Jérémie voulait en venir; une telle quête implique toujours une véritable mort pour soi, y compris beaucoup de douleur.

Pour quoi d'autre Paul pouvait faire référence quand il encourageait les Romains, "soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ?" L'apôtre avait déjà découvert ce que portait son tau impliquait.

Dans un certain sens c'est dommage que tant de disciples de Jésus par la suite ont mis son ministère prophétique dans les oubliettes une fois qu'ils découvrirent sa divinité. Mais, d'autre part, l'adorer est beaucoup moins douloureux que de l'imiter.

Roger Kagan conclut de la plus belle manière ce que l'Église ne veut plus faire, imiter Jésus au lieu de charger de fardeaux ceux à qui elle devrait parler.

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Publié le 25 Août 2014

Kipa nous montre que le pape François a mis en garde contre une image sécularisée de Jésus. Beaucoup voient seulement aujourd'hui Jésus comme un grand prophète, un maître de sagesse et un modèle de justice, a-t-il dit, le dimanche 24 Août 2014, au cours de sa prière de l'Angélus sur la place Saint-Pierre.

Ce n'est pas un visage sécularisé de Jésus qu'ont les gens, car il est impossible d'enfermer la figure de Jésus dans un portrait unique. Les évangiles canoniques proposent quatre portraits de Jésus différents et complémentaires. Dans les Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) Jésus est nommé rabbin, prophète, Fils de l'Homme, Messie et Fils de Dieu, tandis que dans l'Évangile de Jean il est le Roi, l'Agneau de Dieu, le Messie, Le Fils de Dieu, le Fils de l'Homme ou la personnification de l'Esprit Saint. Les options sont nombreuses et il n'est pas anormal que la vision qu'on a de Jésus peut différer.

Aujourd'hui encore, tous les gens se posent la question de savoir la position qu'ils lui confèrent au lieu de le nommer Fils de Dieu, comme l'ont fait ses disciples auparavant, déclare le pape François devant des dizaines de milliers de pèlerins et de visiteurs. Il a invité la foule à répéter trois fois avec lui la phrase : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant".

Contrairement à ce que pense le pape François, Jésus n'a pas grand-chose à voir avec la révélation surnaturelle du Jésus-Christ propagée après coup. Et comme le signale Geza Vermes (Enquête sur l'identité de Jésus : Nouvelles interprétations, Bayard, 2003), le terme Fils de dieu servait aussi à désigner le Messie depuis le IIe siècle avant J.-C., mais semble aussi juste désigner par métaphore que Jésus était un juif pieux.

Donc, que le pape François n'ait pas d'inquiétude les gens sont mieux formés et peuvent maintenait mieux comprendre qui était Jésus à travers leurs lectures et leurs actes.

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Publié le 24 Août 2014

Dans la lecture de ce dimanche 24 août, nous voyons le passage de Matthieu 16, 13-20Pierre déclare que Jésus est le Messie. Pourtant en regardant de près ce passage, ce n'est pas la vision chrétienne qui se dessine mais bien celle d'un Messie politique car la christologie qui s’est développée à partir du Nouveau Testament éclipse souvent la messianologie originelle.

Jésus dans ce texte demande à ses disciples : "Mais vous, qui dites-vous que je suis ?" Et Pierre répond : "Toi, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !"

Quand Pierre dit à Jésus qu'il est le Messie, il y montre ses espoirs politiques et non spirituels. Il désire à travers Jésus la libération de l'Empire romain et la restauration de la grandeur d'Israël (Chrétiens du Nicaragua : l'évangile en révolution, KARTHALA Éditions, 1980). Il faut dire que l'entourage de Jésus l'avait suivi mais dans la forme du Messie qu'ils espéraient eux-mêmes (Minnerath, Jésus et le pouvoir, Éditions Beauchesne, 1987). Ce n'est nullement comme l'annonce l'Évangile de Matthieu son "Père qui est aux cieux" qui lui a "révélé cela", mais son rêve de voir un Jésus politique prenant les armes contre Rome.

Comme le montre Roland Minnerath (Jésus et le pouvoir, Éditions Beauchesne, 1987), Jésus choisit d'être le Messie selon la vision de Zacharie IX, un roi pacifique des petits et des opprimés, contrairement à celle que souhaite Pierre. Mireille Hadas-Lebel (Une histoire du Messie, Albin Michel, 2014) de façon plus précise montre que les Messies juifs se prétendaient d'authentiques descendants de David, justes et bons comme le conseiller merveilleux d’Isaïe XI, humbles comme le roi monté sur un âne de Zacharie IX. Jésus ne différait pas d'eux dans cette prétention, sauf peut être dans ses méthodes. Il ne désirait pas utiliser la violence pour instaurer le Royaume de Dieu.

Jésus reprend Pierre et lui annonce : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux."

Contrairement à ce que l'on pourrait croire dans ce passage, Jésus ne fonde pas l'Église, qui est ici encore une mauvaise traduction, car ekklesia en grec, veut dire assemblée, et dans le papyrus d'Éléphantine, le mot servait à désigner la synagogue, qui est une assemblée des croyants. Donc, Simon devenu Pierre ne sera que l'une des colonnes d'un mouvement purement juif. De plus, Jésus en donnant les clés du Royaume à Pierre ne le fait devenir que son vizir pas son successeur, car cette capacité de lier et de délier est un pouvoir juridique qui fait référence à la prérogative du vizir, lui permettant d’autoriser ou de refuser l’entrée dans le palais et l’accès au roi, et il avait également par ce dernier le pouvoir de lier et délier les affaires (Hyam Maccoby, Paul et l'invention du christianisme, 1987).

Enfin comme le dit l'Évangile de Matthieu : "Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ." Le fait que Jésus demande à ses disciples de taire sa prétention messianique, c'est afin d'éviter le risque que Rome puisse réagir, car le préfet de Judée Ponce Pilate n'hésitait pas à se débarrasser des gêneur sans procès. Il faut dire qu'au tournant du premier siècle, une révolte générale couve et Jésus pourrait devenir le symbole de la résistance juive face à l’occupation romaine. Il préfère la prudence à une mort trop précipitée.

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Publié le 3 Août 2014

À peine reconnu, Jésus rassemble ses disciples, probablement plus que les quatre disciples comme le suggère le « avant tout autre » aperçu plus haut, mais on ne peut savoir lesquels - même si les hypothèses que j'ai relaté plus haut permettent de remplir quelques vides -, et se rend en Judée :

« Après cela, Jésus se rendit avec ses disciples dans le pays de Judée ; il y séjourna avec eux et il baptisait. Jean, de son côté, baptisait à Aenon, non loin de Salim. Les gens venaient et se faisaient baptiser. »

Probablement dans la vallée du Jourdain, il baptise avec ses disciples, prenant le relais de l'action du Messie-Grand Prêtre, Jean, qui a dû déplacer ses activités en Samarie, à Aenon, signifiant « source », près de Salim, qui se situe à ’Aïn Fâr’ah, 12 km au nord-est de la ville de Sichem et de l'actuelle Naplouse, d'après Boismard et Robinson, et à proximité duquel se situe de nombreuses sources, un bon site pour pratiquer des baptêmes. De plus, Jean n'a pas choisi innocemment cet endroit, d'après James Tabor, car l'endroit se situait à l'intersection de la vallée de Jezréel et du Jourdain. C'était la route utilisée par les Galiléens pour se rendre au sud de la Judée pour l'automne prochain pour les fêtes de Roch Hachana, Yom Kippour, et de Soukkot (ou des Tabernacles). Jean se situait à la donc à la croisée des chemins, ou sur une voie nationale. Ce qui n'est pas sans conséquence, d'après James Tabor, car l'Année sabbatique 26-27 commence et termine en automne (mois de Tishri), celui de grandes fêtes juives, où l'on laisse la terre en repos, et donc une masse de paysans se retrouvent libres, de quoi provoquer un mouvement de masse, mais probablement pas un soulèvement de masse comme le pense notre universitaire. Donc les débuts du baptiste situait par les exégètes en octobre 27 serait tout sauf innocent. Qui plus est le choix de la préfecture de Judée, gouvernée depuis 26 par Ponce Pilate, où il ne sera pas menacé par Hérode Antipas qui semble maintenant bien décidé à agir contre Jean le Baptiste, démontre bien un plan coordonné avec Jésus, qui lui-même prêche en dehors de la zone d'influence du tétrarque, en Judée, et probablement à proximité du sud de la Judée emprunté par les Galiléens. Ici, tel que le suggère la prophétie de Zacharie 6, 3, l'action est commune et concerté vu le choix des sites baptismaux : « et tous deux témoigneront d'une entente parfaite entre eux », et signifie donc l'arrivée prochaine de Dieu.

« Or il arriva qu'une discussion concernant la purification opposa des Juifs à des disciples de Jean. »

Il est peu probable que cette discussion comme l'on pensait des exégètes tel que Maurice Goguel, R. Meyer et Bultmann marquerait la rupture entre le mouvement de Jésus et celui de Jean ou, d'après André Chouraqui, qu'il aurait existé des tensions entre les deux groupes, mais ce serait plutôt un débat qu'il y avait entre les différentes sectes juives. Peut-être des débats avec d'autres groupes baptistes, tels celles cités parmi les sept hérésies juives par Hégesippe (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, 4, 22, 7), tels les Masbothéens et les Héméropatistes, ces derniers étant cités par le Talmud, qui rapporte un épisode entre les Pharisiens et ces derniers, qui réitérait le baptême chaque jour. Serait-ce les mêmes qui se serait opposé à la vision de Jean d'un seul baptême purificateur ? Ou les voisins proches de Jean, la communauté de Qumran, dont j'ai montré dans l'article précédent que la vision de Jean différait de la leur sur les Deux Messies, mais aussi probablement sur la purification. Comme l'indique David Flusser : « Étant persuadé que les Esséniens s'étaient trompés en divisant Israël et en se constituant en une secte séparée, Jean le Baptiste proposa à l'ensemble du peuple d'Israël l'option du rite de l'immersion sans changer de vie. » ( Les sources juives du Christianisme. Une introduction, éditions de l'éclat, Paris-Tel Aviv, 2003, p. 66-67.) On peut comprendre qu'il soit né une discussion entre les deux groupes à ce sujet si il remettait en cause tout ce que les Esséniens avait appris jusqu'ici.

Cependant, un débat avec les Pharisiens ne peut être tout à fait rejeté, car André Chouraqui donne du verset 36 une position originale qui dans la version primitive suivait peut-être le débat (ce qui est entre parenthèse sont mes modifications) :

« Celui qui croit au Fils a (le Royaume de Dieu) ; celui qui n'obéit pas au Fils ne verra pas l(e royaume), mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Dans le texte actuel, on a la « vie éternelle » et la « vie », mais d'après l'article de Jacques Buchhold, L'évangile de Jean, une traduction des « synoptiques » (in ThEv vol. 4, n° 1, 2005, p. 22-23), à l'origine ce serait le terme « Royaume de Dieu » qui recouvrait dans l'évangile de Jean les mêmes réalités eschatologiques que ceux des synoptiques (Matthieu 19). Ce qui rend d'ailleurs d'un point de vue juif ce passage plus compréhensif. D'après Chouraqui, la pensée de Jean serait ici dirigée contre les cercles pharisiens, qui prêchaient le rassemblement d'Israël non autour d'un homme, mais de la Torah. Mais cette vision est minoritaire parmi les exégètes, car il est peu probable que les Pharisiens, comme la plupart des Juifs pratiquants, passait par la Samarie, même s'ils habitaient en Galilée comme Hillel, pour aller en pèlerinage à Jérusalem surtout depuis que les Samaritains avaient jeté un cadavre dans le Temple. Mais rien n'empêche de la retenir quand on se rappelle que certains Sages pharisiens puis les rabbis jusqu'en 150 ont considérés les Samaritains comme des membres du peuple d'Israël, à l'image de Jésus, ce qui n'était donc pas un phénomène isolé et explique la participation des Samaritains à la Guerre Juive de 66-70. Donc le point de Chouraqui n'est pas sans intérêt pour ce passage précis.

Ensuite, Jean est interpellé par des disciples inquiets :

« Ils vinrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, voici qu'il se met lui aussi à baptiser. » Jean leur fit cette réponse : « Celui qui a l'épouse est l'époux ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il l'écoute et la voix de l'époux le comble de joie. »

Les disciples de Jean semble avoir été surpris que Jésus baptise également. Il faut dire que ce dernier n'a mis au courant du rôle de Messie-royal de Jésus que deux disciples. Pourquoi ? Probablement pour qu'il ne soit pas menacé lui aussi par Hérode Antipas. La suite lui donnera raison. Il décide donc d'expliquer à ses disciples que ce que fait Jésus l'est avec son accord avec une réponse qui est on ne peut plus clair : « Celui qui a l'épouse est l'époux ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il l'écoute et la voix de l'époux le comble de joie. » L'ami de l'époux était le garçon d'honneur chargé de vérifier la soumission aux prescriptions en matière de pureté rituelle, et surtout de parer et de conduire la fiancée au domicile du futur époux. C'est probablement ce dernier aspect que l'on met en valeur ici. Une allusion nette au rôle du Messie, chargé de préparer et conduire Israël vers Yahvé, qui dans l'Ancien Testament est comparé à l'époux d'Israël, comme le montre les nombreuses références du livre d'Osée à ce sujet. L'époux, ici, ne concernerait donc pas Jésus dans cette tradition mais Dieu et l'ami de l'époux serait, en fait, les Deux Messies chargés de préparer Israël, son épouse, au retour prochain de Dieu. Une réponse qui semble avoir été comprise par les disciples de Jean, le maître reconnaissant devant tout le groupe la messianité royale de Jésus. Mais assez obscur pour que les espions d'Hérode Antipas ne puisse la saisir, surtout si l'on songe que parmi les premiers chrétiens, notamment ceux qui furent à l'origine de la rédaction de l'évangile de Jean entre 88 et 95, ce ne fut pas le cas non plus, car ces derniers n'avaient pas les référents hébraïques nécessaires pour comprendre ce passage.

Jacques Tissot

Jacques Tissot

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Publié le 8 Juin 2014

Croire que Jésus est en vie est une chose, mais pour que le mouvement continue, les disciples doivent convaincre les autres que Jésus est bel et bien ressuscité. Une tâche ardue. C'est pourquoi beaucoup pensent qu'un autre événement a été crucial pour la survie du mouvement, il s'agit de la Pentecôte. Entre temps, ils ont passé leur temps à prier ensemble. C'est cet événement religieux qui transforme le groupe du moins le croit-on.

L'épisode de la Pentecôte est souvent considéré comme le début de l'Église chrétienne, mais il représente une menace, dans l'ambiance de l'ancienne Jérusalem où des habitants rappellent que les messies provoquent des représailles à grande échelle. Pierre et les disciples doivent susciter des craintes légitimes. Ils annoncent le Royaume de Dieu et le rendent réel à travers l'organisation de leur groupe.

Il sont privés de chef et une expérience commune les rapproche, elle les motive, les encourage à prêcher, à convertir, à partager leur expérience. Expérience pas si sûr, car les disciples auraient pu décider de proclamer le Royaume de Dieu après une longue réflexion qui aurait pu durer 2 ans, le temps d'organiser le groupe. Le fait de parler des langues différentes n'est pas étonnant, car pour faire du commerce les disciples devaient savoir parler le grec et l'araméen, tout en sachant lire et parler l'hébreu pour la synagogue.

Il y a également le fait que le groupe devait déjà être organisé. Le nouveau groupe n'avait pas attendu béatement que Dieu vienne détruire le mal et instaurer le Royaume de Dieu, Pierre construit déjà une société modèle au sein de la nouvelle enclave. Il supervise un système communautaire où les biens sont partagés, où chacun se soutien. Ce style de vie radicale n'est pas isolé au 1er siècle. Ce que les disciples proposaient c'était le modèle du Royaume de Dieu à travers l'organisation du groupe.

Le fait de proclamer la venue du Messie et la nouvelle ère messianique est une revendication politique. Les Juifs de Jérusalem étaient quotidiennement confronté au pouvoir des Romains. Ils savaient que César ne tolérait aucune remise en question de son pouvoir. Le fait de proclamer un nouveau roi signifiait que la vie des Juifs était menacée parce que le gouverneur romain n'accepterait aucun chef suprême en dehors de César.

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La Pentecôte ou la naissance d'un mouvement politique juif

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Publié le 29 Mai 2014

À partir des années 1960, un certain nombre de théologiens ont donné leur interprétation sur la tradition néotestamentaire de l'ascension de Jésus. Certains l'ont même rejeté à raison comme le vestige d'une vision postérieure datant du IIe siècle, au moment où les éléments juifs du christianisme commencent à être relégués. Ils laissent entendre que les contemporains ne pouvaient croire à la montée corporelle de Jésus au ciel, ce qui n'est pas faux.

La première interprétation colle à la pensée juive de la résurrection à l'époque de Jésus ? L'objection viendrait du fait que les chercheurs s'inspirent de Paul qui disait que «la chair et le sang ne peuvent hériter de royaume de Dieu» (1 Corinthiens 15, 50). Vient alors l'idée que l'ascension est une tradition tardive et qui fut rajoutée dans les écrits du Nouveau Testament. La déclaration que fait Paul signifie clairement que les corps terrestres sont soumis à la corruption, montrant la puissance du péché, ce qui fait que les morts ne peuvent pas entrer au ciel, mais seraient dans un stade intermédiaire en attendant la résurrection des morts. Suivant la tradition juive, la résurrection pouvait être spirituelle, on peut ainsi voir l'ascension et l'envoi en mission comme une expérience spirituelle qui aurait décidé les disciples de Jésus à continuer le mouvement.

La deuxième interprétation colle à celle de Rudolph Bultmann (1884-1976), un spécialiste du Nouveau Testament. Il écrit que «La cosmologie du Nouveau Testament est essentiellement mythique dans son personnage, le monde est considéré comme une structure à trois étages, avec la Terre au centre, le Ciel au-dessus et en dessous l'enfer. Le Ciel est la demeure de Dieu et des anges célestes .... Personne n'est assez vieux pour penser ou supposer de lui-même que Dieu vit dans un ciel local». Des idées telles que l'incarnation corporelle, l'ascension et les apparitions de Jésus dans la gloire sont pour ce courant théologique de la mythologie.

La troisième interprétation est que l'ascension est une pure fiction. Robert Funk et le Jesus Seminar affirment que dès les premières étapes du mouvement chrétien, que "résurrection et ascension / exaltation [étaient considérés] comme un événement unique." Cela implique que Jésus fut repris immédiatement au ciel après sa résurrection et que les apparitions venaient du ciel. Mais lorsque les apparitions plus tardives commencèrent à être dépeintes comme physiques, "il est devenu nécessaire de mettre un terme aux apparitions corporelle, car Jésus ne pouvait pas continuer à errer sur la terre. Il aurait été vu par beaucoup de gens et aurait dû mourir une seconde fois". Donc, toute la tradition de l'ascension est une fiction inventée par Luc pour résoudre ce problème. Ce serait une "résurrection spirituelle", "où la personne de Jésus fut élevé mais pas son corps."

La quatrième interprétation sans doute la meilleure donne une interprétation plus combattive de l'ascension. Jésus disparaît, pour partir à la droite de Dieu, si l'on suit Actes 2, 34, ou dans la clandestinité, pour ceux qui croient qu'en fait il était juste dans le coma dans le tombeau, d'où il ne serait ressorti que lors de la Guerre Juive de 66-70. Le 9 août 70, lors d'un conseil de guerre pour délibérer sur l'opportunité d'incendier et de raser le Temple, Titus évoque 'la lutte l'une contre l'autre de ces deux sectes, en dépit de leur origine commune'. Rome a décidé de mettre fin aux violences entre juifs et judéo-chrétiens. Le mouvement de Jésus est alors le seul qui puisse résister aux Zélotes, moins nombreux mais moins connus, ils ont des soutiens parmi quelques légionnaires, les cas de Longin est Corneille le démontre. Le mouvement est non violent, mais Jésus n'a pas interdit de défendre sa vie. Et si Jésus était revenu à ce moment là, qui sait ? Les apparitions continuèrent après sa disparition. L'ascension ne serait juste qu'un départ précipité de Jésus pour continuer son mouvement de résistance non violent. Il fut donc toujours présent au sein de sa communauté, grâce au rôle important de sa famille qui dirigea l'Église jusqu'en 135.

Après tout, il est possible que l'auteur de Luc et des Actes s'inspire d'une tradition populaire faisant un parallèle avec les assomptions respectives de Moïse, d'Hénoch ou d'Isaïe, ou encore avec d'autres récits édifiants mettant en scène l'élévation de personnages illustres de la mythologie gréco-romaine, comme Romulus, Hercule ou Médée, voire des apothéoses d'empereurs romains, dans une démarche et un récit qui tendent à historiciser le phénomène d'élévation de Jésus.

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Les interprétations théologiques récentes de l'ascension de Jésus

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Publié le 5 Mai 2014

theglobaldispatch.com dans son article du vendredi 02 mai 2014 nous montre qu'un groupe d'archéologues espagnols travaillant en Égypte a trouvé un portrait à côté d'un tombeau dont certains disent qu'il pourrait être une représentation anticipée de Jésus-Christ.

Selon le rapport du Huffington Post, une mystérieuse série de tombes datant du VIe et du VIIe siècles ont été découvertes par une équipe catalane, après 20 années de fouilles et avoir retiré 45 tonnes de roche.

Le chercheur principal, Josep Padró dit que l'image montre le Christ sur un mur de roche : "[c'est] la figure d'un jeune homme, aux cheveux bouclés, vêtu d'une tunique courte avec sa main levée comme pour donner une bénédiction." Padró déclare à La Vanguardia que "Nous pourrions avoir affaire à une très ancienne image de Jésus-Christ".

Le reportage local dit que d'autres images coptes ont été trouvés dans les tombes, et que ces images sont protégé par toute une équipe de traducteurs qui est assemblé pour traduire les inscriptions trouvées dans les tombes. Ceci est le dernier des nombreux objets anciens trouvés que l'on pensé être connecté avec Jésus de Nazareth.

En 2011, des archéologues travaillant à proximité de la mer de Galilée avaient découvert un livret âgé de 2000 ans avec ce qui était alors considéré comme l'une des plus anciennes représentations de Jésus. Le livret aurait porté l'inscription "Sauveur d'Israël". L'identité de ce livret est questionnée.

Le découvertes archéologiques ont le charme de toujours faire des découvertes intéressantes et attendons de voir ce que vont donner celles-ci dans ces tombes égyptiennes qui peuvent livrer des renseignements sur le christianisme de cette époque.

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Josep Padró, d'une équipe archéologique en Égypte aurait trouvé le plus ancien portrait de Jésus-Christ

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Publié le 20 Avril 2014

Le thème de la résurrection devint un des thèmes de l'Église pré-conciliaire notamment dans l'exégèse moderne. Il fut considéré comme une question de l'apologétique, une preuve afin de garantir ce que Jésus avait dit et fait, mais pas le cœur même de la foi chrétienne, et elle fut à attaché à la rédemption future.

Par conséquent, il n'est pas étonnant que FX Durrwell, livra un travail de la théologie biblique en 1950, qui trouva une oreille réceptive, ensuite le Concile Vatican II inaugura un intense de travail exégétique et théologique sur la résurrection dans les années 1960 et au début des années 1970, par exemple, en 1966 Pierre Benoit, avec La Passion et la Résurrection de Jésus-Christ et Léon-Dufour en 1971, avec La Résurrection et le Message de Pâques. Ce ferment exégétique ne passa pas inaperçue à Rome, et les exégètes furent invités à tenir un séminaire sous l'égide du Vatican en 1970, pour afficher le fruit de leurs travaux historiques. Parmi ces qui firent des présentations se trouvaient B.M. Ahern, R.E. Brown, J. Dupont, A. Feuillet, J. Guitton, J. Kremer, M.-J. le Guillou, X. Léon-Dufour, et C.M. Martini, et les participants furent abordés par Paul VI. Les théologiens à propos de la résurrection auraient bénéficié d'une certaine ouverture sur les études historico-critiques qui se divisa entre une théologie modérée d'un Gerald O'Collins ou d'un Raymond Brown en 1973, et les présentations plus radicales d'un Hans Küng et d'un Edward Schillebeeckx en 1974.

Gerald O'Collins en 1973, dans The Resurrection of Jesus Christ (The Easter Jesus) fait appel à des études bibliques récentes sur la résurrection. Il suggère, par exemple, que deux traditions authentiques mais distinctes sont à l'origine des récits évangéliques de la résurrection. La première est l'apparition de Jésus à Pierre et aux Douze, et de l'autre les femmes visitant le tombeau vide, ce n'est que progressivement que ces deux traditions furent réunies, d'abord dans l'Évangile de Marc, puis dans celui de Luc, et enfin sous forme entièrement intégrée dans Jean. Il pense aussi qu'il est plausible, malgré "un point mineur" que la première apparition avait eu lieu en Galilée. L'épisode du tombeau vide est pour lui une pièce importante. Raymond Brown lui dans The Virginal Conception and Bodily Resurrection of Jesus en 1973, pense que la résurrection corporelle de Jésus est un élément sûr. Pour Brown l'historicité du tombeau vide ne fait également aucun doute. En ce qui concerne Joseph d'Arimathie, il écrivait : "Il est pratiquement certain que ce n'était pas le fruit de l'imagination chrétienne, on se souvenait précisément de lui parce qu'il a joué un rôle de premier plan dans la sépulture de Jésus, et donc il y avait quelqu'un qui savait exactement où Jésus avait été enseveli." Et dans l'élaboration de ses conclusions définitives à propos de la résurrection de Jésus, il écrit : "Et donc à partir d'une étude critique de l'évidence biblique, je jugerais que les chrétiens peuvent et doivent continuer de parler d'une résurrection corporelle de Jésus. Nos premiers ancêtres dans la foi proclamèrent une résurrection corporelle dans le sens où ils ne pensaient pas que le corps de Jésus avait été corrompu dans la tombe."

Hans Küng dans Être chrétien en 1974 nous dit que Paul dans I Corinthiens n'en parle jamais, et il ne "pouvait imaginer la résurrection dans le sens d'être revêtu d'un corps nouveau qui nous attend déjà dans les cieux" et donc il aurait pu supposer que le corps de Jésus est resté dans le tombeau. Mais même si Paul "ne pouvait pas imaginer une résurrection sans un tombeau vide ..." Sa foi en la résurrection ne repose ni sur le tombeau vide, ni sur certains événements du matin de Pâques. Pour Hans Küng, "Il n'est guère possible, par conséquent, de réfuter l'hypothèse que les histoires de la tombe vide comme des élaborations mythiques du message de la résurrection." Il suffit de noter les difficultés rencontrées par les disciples qui ont dû prêcher Jésus ressuscité à Jérusalem tandis que son corps était dans la tombe, un problème que reconnaît Hans Küng, mais il note la période écoulée entre l'enterrement et la prédication qui aurait rendu la vérification du corps difficile, ou bien que la prédication, elle-même, n'aurait pas eu de retentissement dans à Jérusalem. Pour Hans Küng le tombeau vide "ne peut fournir aucune preuve de la résurrection." Hans Küng en vient à la conclusion que la foi en Jésus ressuscité est indépendante du tombeau vide. Enfin Hans Küng affirme que, bien que la résurrection n'est pas un événement historique, ni un miracle, elle est en quelque sorte un événement réel. Le tombeau vide n'est pas l'affirmation d'une réanimation du corps de Jésus, pour Hans Küng, tous ses aspects corporels ont été laissé derrière lui.

Edward Schillebeeckx va plus loin dans Jezus, het verhaal van een levende en 1974, nous disant que l'épisode du tombeau est légendaire, de même que les apparitions après la résurrection le sont. Ce n'est pas le tombeau vide et les apparitions après la résurrection qui ont amené les disciples à croire que Jésus était ressuscité, mais ils en possédaient déjà que la croyance qu'ils ont ensuite sur une certaine période rempli par la création des histoires du tombeau vide et sur les apparitions. De cette façon, la question fondamentale de l'existence de ces évènements est renversée : le tombeau vide est née de pèlerinages au tombeau et des liturgies qui y étaient célébrées. L'histoire des femmes au tombeau est une légende, tandis que Luc compte les apparitions après la résurrection selon un modèle hellénistique. Nous ne devons pas nous se soucier se trouvant dans le tombeau parce qu'il suit "l'eschatologie de la résurrection des corps, qui théologiquement parlant, n'a cependant rien à voir, avec un cadavre."

Le dominicain Jacques Pohier en 1977 dans la revue Concilium, lui nous dit que les témoins de la résurrection ne croient pas en Jésus ressuscité, car ils l'ont rencontré de leur vivant, mais c'est leur foi en Jésus qui leur fait croire en Jésus ressuscité, et dire qu'il était ressuscité. En 1984, Thomas Sheehan écrivit un avis dans un livre concernant la résurrection. Son titre était “Revolution in the Church”, et sa première ligne est explicite : "Le démantèlement de la théologie catholique traditionnelle, par les catholiques eux-mêmes, est désormais un fait accompli." Les histoires sur la résurrection, nous dit Sheehan, sont «en contradiction l'une avec l'autre», qui est l'une des raisons pour lesquelles il en vient à la conclusion qu'ils "ne sont pas des récits historiques, mais les mythes religieux." Alors que selon lui le tombeau de Jésus a sans doute été trouvé vide, les histoires d'apparitions "sont relativement des légendes tardives" puisqu'elles figurent dans Matthieu et Luc aux environ de l'année 85, et en dernière analyse, "ils ne sont pas essentiels à la foi chrétienne". Simon, après la mort de Jésus, s'était rendu à Capharnaüm, et il avait eu une "expérience révélatrice", ce qui a peut-être été rien de plus qu'une réflexion "sur la vie et le message" de Jésus. Sheehan essaie ensuite d'imaginer ce que le contenu de ce message aurait pu être : "Jésus allait bientôt revenir dans la gloire pour inaugurer le royaume de Dieu !" Après cette expérience, Pierre parla à ses condisciples sur ce sujet. Pas d'apparitions, pas besoin de se demander si le tombeau était vide ou non, et donc, pas de résurrection qui conduisit à une apparition à Simon pour qu'il puisse recouvrer la foi en Jésus ressuscité. Au contraire, l'expérience révélatrice de Simon vient en premier lieu et elle fut formulée plus tard comme la résurrection de Jésus, mais cette expérience pourrait être, et était probablement, exprimé d'une autre manière au sein des premier Chrétiens.

John Dominic Crossan, un ancien prêtre Servite, nous montre dans The Historical Jesus : The Life of a Mediterranean Jewish Peasant, en 1991, la reconstruction savante du Jésus historique prend la place de celui de la foi. Et sa reconstruction de la résurrection n'est pas "sur les origines de la foi chrétienne, mais sur les origines de l'autorité chrétienne", il démontre la rivalité pour le leadership dans l'Église primitive qui sont exprimé dans les différentes histoires au sujet de Pierre, et dans l'Évangile de Jean, sur le disciple bien-aimé courant au tombeau.

La plupart des chercheurs pensent aujourd'hui que quelque chose s'est réellement passé. Les disciples auraient eu des expériences réelles. Ils crurent avoir vu Jésus ressuscité. Et la plupart de ces chercheurs pensent que les disciples ont vraiment vu quelque chose, qu'ils eurent des expériences réelles. Mais la majorité des savants qui admettent que Jésus leur est apparu, répugnent à un corps physique et ils pensent qu'il y avait une sorte d'esprit vaporeux ou bien quelque chose d'autre, un corps glorieux qui pourrait être physique. Le débat reste ouvert.

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La résurrection de Jésus selon l'exégèse moderne

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