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Publié le 2 Novembre 2011

Comme mon article précédent l'avait fait remarquer la fête de Samain, de laquelle était originaire Halloween et la Toussaint, ne disparut que progressivement. Pour la christianiser, le pape Grégoire IV en 835 fixa la fête de la Toussaint le 1er novembre. Mais ce ne fut pas suffisant. La littérature médiévale irlandaise, œuvre des clercs ente le VIIIe et le XIIe siècle, méconnaisse la Toussaint et ne cite que Samain. Si bien qu'en 988, l'Église fut obligé d'instituer une célébration afin d'honorer «tous les fidèles décédés » le lendemain de la Toussaint, notre fête des défunts actuelle, mais il faudra attendre le XIe siècle en pour voir apparaître en Écosse et en Irlande le Féile na Marbh, la fête des morts, et la fin du XIIe siècle pour la Toussaint sous le nom d'Hallowmas, All Hallows, Hallowtide et en gaélique d'Oidhche Shamhna (la nuit de la fin de l'été).
Dans ces conditions, on peut comprendre la prégnance des éléments celtes dans la tradition de la fête. Le 31 octobre, après avoir fait les provisions pour le bétail et les membres de la maisonnée (une coutume qui s'est maintenu dans quelques villages britanniques et irlandais actuels), et on faisait un feu sur une colline pour purifier la communauté (et non plus comme à Samain pour fêter la renaissance du soleil) et chasser les esprits mauvais et les démons qui viendrait perturber la fête, comme le montre l'un des rituels consistant à allumer deux feux et à passer entre les deux sans risque, et auquel on associait parfois le bétail. Dans le reste de l'Europe le feu avait plutôt lieu le 2 novembre. Une fois, le rituel terminé, la célébration de la fête suivait le rituel de Samain, mais en suivant les règles de la fête des défunts, car c'était les défunts de la famille à qui l'on rendait honneur et plus aux des défunts non réincarnés et les dieux des Tuatha Dé Danann (même si ces derniers ne furent pas écartés étant devenu des mauvais esprits, leprechauns, fées). Une bonne fête de la Toussaint à tous et à toutes !Les défunts continuaient à être guidés par des lanternes sur le chemin qui conduisait au village, où la porte de la maison où ils avaient vécut leur était ouverte préalablement, et où on leur laissait des offrandes, le plus souvent des légumes tels que les navets ou les rutabagas. Les morts étaient considérés alors comme des morts bien vivants qui revenaient voir leur proche et se nourrissait à l'image de certains récits, qui perdureront au XVIIIe siècle en Europe de l'Est, avec les vampires. Parfois, le mort pouvait vous dire votre avenir ou le faire par le biais du procédé de la divination, un héritage probablement brito-romain. Avec la christianisation, c'est la seconde forme qui prend de plus en plus le dessus et qui s'est maintenu dans certaines zones rurales. En Écosse, on rassemblait, ainsi, les jeunes en âge de marier afin qu'ils fassent des jeux de divination. Au pays de Galles, chaque personne prenait une pierre et l'introduisait dans le feu. Les gens croyaient que si la pierre d'une personne manquait le lendemain matin, elle mourrait dans l'année. Une autre tradition consistait à placer dans un gâteau ou d'autres aliments des objets comme des pièces de monnaie, bagues ou dés à coudre et autres charmes avant la cuisson. Selon la légende, l'année suivante, celui qui trouve la pièce deviendra riche, celui qui trouve la bague se mariera bientôt et celui qui a obtenu le dé ne se mariera jamais. En Irlande cette tradition existe encore de nos jours, tel que le démontre le Barmbrack (Bairin Breac en gaélique), un gateau de fruits légers, qui remplit le même rôle. Et une autre coutume d'origine celte se maintint également la oídche na h-aimléise, la nuit des bêtises, ou au cours de la nuit d'Halloween, les gens se déguisaient et faisaient des farces à leurs voisins : par exemple, enlever le linge qui sèche, changer les numéros de portes, cogner sur les portes et se sauver pour se faire passer pour un esprit.
 
Avec la mise en place progressive du jour des défunts dans toute l'Europe entre le XIe et le XIIe siècle, l'Église décide donc de christianiser la Toussaint, Hallowmas britannique qui durait trois jours (31 octobre, 1er novembre et 2 novembre) qui gardait ses éléments superstitieux. Et la matérialisation du Purgatoire, en tant que lieu bien défini, au cours des années 1170-1215, qui devint officielle au concile de Lyon de 1274, le permettra. Une bonne fête de la Toussaint à tous et à toutes !Ce lieu où demeurent les âmes ayant commis des péchés véniels, donc de moindre gravité, fragilisent donc la croyance au retour des morts qui se modifient progressivement dans les pays britanniques à la fin du XIIe siècle avec la mise en fonction de la pratique du souling en Angleterre, à laquelle Shakeaspeare fera allusion dans sa pièce Les Deux Gentilhommes de Vérone (1593) quand Speed dit de son maître qu'il « piaulait (larmoyait ou gémissait) comme un mendiant à Hallowmas ». Ce qui était le cas, les pauvres faisant, à cette occasion, le porte à porte et recevaient de la nourriture, sous la forme de gâteaux, appelés soul cakes (« les gâteaux de l'esprit »), contre lesquels ils s'engageaient à prier à All Souls Day, la fête des défunts (2 novembre), pour que les âmes (esprits en anglais) des morts de la famille des gens qui les avaient offerts puissent aller au ciel. L'Église chrétienne avait encouragé cette pratique pour remplacer l'ancienne tradition de Samain qui consistait à laisser des gâteaux et du vin pour les esprits des morts. Toutefois des pratiques similaires pour les morts étaient connus aussi jusqu'en Italie du Sud, et des gâteaux d'esprit étaient aussi donnés en échange d'une performance ou d'une chanson. Les enfants ont finalement adopté cette pratique, et recevaient de la nourriture, la bière, ou de l'argent.
D'autres modifications virent également le jour avec le triomphe du Purgatoire, comme on peut s'en apercevoir dans certaines traditions qui sont restées dans certaines régions écossaises ou irlandaises, où l'on racontait des histoires sur des ancêtres cette nuit-là. Ainsi, en Angleterre, Halloween était autrefois appelé « la nuit du casse-noisettes » ou la « nuit de la pomme croquante » (« Snap Apple Night »). Les familles réunies autour du feu racontaient des histoires tout en mangeant des noisettes et des pommes. En sculptant également des visages sur un grand navet, on commémorait les âmes du purgatoire, une coutume dont on retrouve seulement les premières attestations en Écosse au XVIe siècle mais qui furent probablement plus anciennes. On pense aussi que la Toussaint a pu inspirer aussi la présence des squelettes dans la fête d'Halloween, car les reliquaires des saints, contenant le plus souvent des ossements, faisait la tournée, que l'on appelait la visitation, des maisons le 1er novembre. Mais les rites païens résistèrent dans le folklore comme en atteste le fait que jusque vers 1900, les Irlandais priaient pour de la nourriture et faisaient la tournée en demandant des contributions au profit de « Muck Olla », un sanglier géant légendaire.
 
Une bonne fête de la Toussaint à tous et à toutes !Une évolution plus marquante fut du à l'épidémie de Peste Noire entre 1347 et 1352, et qui décima 30 à 50 % de la population européenne, ce qui provoqua une grande préoccupation et peur de la mort dans la population catholique d'autant que la maladie fit souvent sa réapparition dans les pays touchés, comme entre 1353 et 1355 en France, et entre 1360 et 1369 en Angleterre. Des messes se sont alors multipliées pour les morts (même si elles existaient déjà) et en particulier lors de la fête des défunts. A cette occasion, se développèrent des représentations artistique rappelant aux Chrétiens qu'ils étaient mortels, parmi lesquelles les fameuses danses macabres dans le cadre des Mystères, des pièces de théâtres populaires, et qui soulignait la vanité des distinctions sociales, dont se moquait le destin, fauchant le pape comme le pauvre prêtre, l'empereur comme le lansquenet. C'est semble-t-il en France qu'eut lieu la première représentation, mais dont n'a que la première attestation qu'à Paris, en 1424, sur les murs du charnier du cimetière des Innocents, et se diffusa en Angleterre en 1440 du fait du moine anglais John Lydgate qui traduisit le poème et recopia la représentation du charnier des Saints Innocents sur l'église Saint Paul de Londres. Et probablement de là en Écosse et en Irlande.
Ce qui était alors une réponse aux malheurs du temps se trouva également reprit par certains fidèles, mais cette fois avec un esprit plus burlesque. On commença la veille de la Toussaint, à orner les cimetières avec des images du diable emportant, dans la droite ligne des représentations des danses macabres, à la tombe des personnes de tout rang social : papes, rois, reines, chevaliers, moines, paysans, des lépreux. Un rapport que la mort est égale pour tous. Les représentations scéniques se firent de plus en plus avec des gens déguisés qui usurpèrent au fur et à mesure l'identité de personne célèbre, même morte, ce à quoi chacun allait arriver. On rapporte également que les gens se déguisaient en saints, en anges et en démons pendant la période de « l'Hallowmas ». C'est probablement ce qui explique pourquoi au XVIe siècle les hommes déguisés (guisers) étaient répandus lors de la fête dans la campagne écossaise.
Une bonne fête de la Toussaint à tous et à toutes !C'est également au cours de cette période que fut associée à Halloween la sorcière probablement lors de la première vague de poursuite par le tribunal de l'inquisition contre ces dernières entre 1480 et 1520. Celles-ci n'eurent que le seul tort d'être des sages-femmes ou guérisseuses, dépositaires d'une pharmacopée et de savoirs ancestraux. La population, essentiellement rurale, n'avait guère d'autre recours pour se soigner. Ces méthodes définies comme magiques se heurtent au rationalisme de la Renaissance. Des incantations en langue connue ou inconnue sont souvent associées aux soins et l'Église contraint les fidèles à remplacer ces gestes et incantations par des prières aux saints guérisseurs et par des signes de croix. Les sages-femmes étaient également accusées de pratiquer des avortements. Mais les persécutions les plus terribles eurent lieu entre 1580 et 1630, et fut menée par des tribunaux séculiers. Il y aura en tout environ 100 000 procès et 50 000 exécutions, mais l'Irlande et l'Angleterre verront nettement moins de bûchers, voire, pour l'Irlande, quasiment pas. Ainsi, l'ensemble des pays britanniques connaîtra environ 1800 exécutions. Toutefois, ce fut suffisant pour que les sorcières furent associés à la fête, et même en Espagne et au Portugal, où pourtant il y eut peu de victimes. Pourtant dans ces deux pays, la veille de la Toussaint devint le « Jour des Sorcières » (Dia das Brujas).
 
Mais les coutumes se modifièrent encore du fait de la Réforme protestante au XVIe siècle. Il faut d'abord savoir qu'ironiquement en 1517, Martin Luther choisit la nuit de la veillée de la Toussaint pour afficher ses 95 thèses sur la porte de l'église de Wittenberg en Allemagne (à l'origine du déclenchement de la réforme protestante), car il savait qu'il y aurait de grandes foules qui rempliraient les rues cette nuit-là. En Angleterre et en Écosse, où se formèrent deux puissantes églises en 1534 et en 1560, les rituels propres à la veillée de la Toussaint s'en trouvèrent modifié, notamment les feux de la soi-disant « Hallowmas » qui seront interdit en Écosse en 1589 par la Kirk, l'Église presbytérienne écossaise, équivalent de l'église anglicane. Mais comme on peut s'en douter Halloween résista plutôt bien, encore mieux en Écosse où la Kirk, a part les feux d'Halloween trop superstitieux à son goût, s'en accommoda. Elle prit même une approche des plus pragmatiques considérant Halloween comme importante pour le cycle de la vie et les rites de passage des communautés locales, assurant ainsi sa survie dans le pays.
Par contre, l'Église anglicane lui chercha un remplaçant. Et ce furent les catholiques qui le lui permirent. Une bonne fête de la Toussaint à tous et à toutes !Le 5 novembre 1605 est découverte à Londres la « Conspiration des Poudres » («Gunpowder Plot»). D'anciens officiers catholiques, en relation avec les gouvernants espagnols et peut-être les jésuites, envisageaient de faire sauter le Parlement de Westminster le jour même de la séance inaugurale en présence du roi Jacques Ier (Jacques VI d'Écosse) et de ses ministres pour protester contre la politique du roi en matière de religion, jugée intolérante, en particulier envers les catholiques. Mais l'un des conjurés, Guy Fawkes, est arrêté le 5 novembre alors qu'il s'apprête à mettre le feu à 36 barils de poudre. Après un interrogatoire sévère, lors duquel il fut torturé, un procès eut lieu à Westminster Hall dirigé par John Popham, Fawkes et ses complices furent exécutés pour trahison et tentative de régicide le 31 janvier 1606. A partir de là naquit une fête qui devint plus populaire qu'Halloween pour les petits anglais, la Guy Fawkes Night (également Bonfire Night ou Fireworks Night) le 5 novembre, jour de l'échec des conjurés. On allumait alors des feux pour brûler la nuit tombée une effigie du pape catholique, qui fut remplacée 200 ans plus tard, une effigie de Guy Fawkes, nommée le Guy, qui peut également représenter un personnage célèbre ou les malheurs de l'année que les enfants promènaient de porte à porte pour demander « a penny for the Guy ». De là pour certains, auraient vu le jour la coutume du Trick or Treat.
 
Au même moment, en Irlande, au XVIIe siècle, les paysans irlandais allaient de porte en porte demandant des dons pour célébrer une fête en l'honneur de sainte-Colombe (qui, croyaient-ils, avait remplacé le seigneur des morts). Probablement une tentative de christianisation de la tournée des contributions au nom de Muck-Ola, qui continuèrent malgré tout jusqu'en 1900.
Plus tard, la célébration de la Guy Fawkes Night passa dans les colonies anglaises d'Amérique du Nord, apporté par les premiers colons, car ces derniers étaient des protestants puritains, qui voyaient avec méfiance la fête d'Halloween, qu'ils considéraient comme une fête catholique, épiscopale et païenne et l'ignorèrent de ce fait. Il n'y avait que dans les colonies du Sud, comme la Virginie et du Maryland, qu'on trouvait certaines coutumes d'Halloween observées, peut-être du fait de l'émigration irlandaise et écossaise au XVIIIe siècle. Ces premières manifestations communes furent appelés « party game », au cours desquels on se réunissait pour célébrer les quartiers de la récolte, danser, chanter, raconter des histoires de morts, dire la bonne aventure, et les enfants défilaient en costume. Mais ces manifestations restaient concentrées sur une partie du territoire. Et on pense que les premiers colons pour éviter toute concurrence ont déménagé la Guy Fawkes Night au 31 octobre, pour la joindre à la célébration de l'Halloween. Peine perdue car lorsque les 13 colonies d'Amérique du Nord  devinrent les États-Unis d'Amérique, la Guy Fawkes Night sombra dans l'oubli, peut-être du fait trop britannique de cette dernière.
Un chroniqueur d'Anglesey, une région de l'extrême nord-ouest du pays de Galles, notait qu'en 1741, les feux d'Hallowmas étaient en déclin, mais ce qui démontre leur persistance malgré les interdictions du XVIe siècle. Ainsi, en Écosse, malgré l'interdiction, dans certains villages, on continuait à allumer des feux immenses sur les collines pour chasser les sorcières et autres esprits maléfiques.
 
C'est au XVIIIe siècle que nous sommes mieux renseignés sur la fête d'Halloween surtout en Écosse, qui put bénéficier de la bienveillance de la Kirk. En 1780, la première mention complète de la fête est celle du poète écossais John Mayne qui fait figurer deux des blagues d'Halloween dans la rubrique « Quelle terribles farces en découle! », et permet de savoir combien de cette nuit a été associée avec le surnaturel dans «bogies» (fantôme), qui influencera 5 ans plus tard un autre poète écossais Robert Burns. Ils présentent également des éléments de la saison d'automne, comme les citrouilles, feuilles de maïs et l'Epouvantail (Scarecrown, le personnage de Batman en serait une allusion), dont les maisons étaient souvent décorées avec dans la période d'Halloween.
Robert Burns, complétera son travail dans son poème Hallowe'en (1785) où il fera un portrait des différentes coutumes de la fête, qui se nommait toujours en Écosse Oidhche Shamhna, et qui consistait alors principalement des enfants déguisés (souvent en sorcière ou en fantôme) faisant du porte-à-porte et offrant des divertissements variés, à savoir chanter une chanson ou raconter une histoire de fantôme. Si la performance est appréciée, les enfants sont récompensés avec des bonbons, des fruits ou un peu d'argent, ce qui pour certains avec la Guy Fawkes Night a pu donner naissance à la tradition du trick or treat américaine. Ici le folklore, incluant Halloween, est centré sur la croyance envers les fées et non pas sur les fantômes, comme dans les écrits de John Mayne.
Une bonne fête de la Toussaint à tous et à toutes !Les enfants se costumaient et transportaient une Neepy Candle, un visage diabolique gravé dans un rutabaga (neep en anglais) évidé, éclairé de l'intérieur, pour effrayer les mauvaises fées. Ce qui n'était pas le cas en Angleterre et en Irlande où l'on utilisait aussi des betteraves, des pommes de terre et des navets mais pour faire des lanternes. Ces lanternes étaient nommés des Jack-O'-Lanterns, dont le terme proviendrait du nom « Jack à la lanterne » donnait au veilleur de nuit ou un homme qui portait une lanterne qui apparut pour la première fois dans un livre, en 1750, et qui d'anonyme deviendra un personnage de conte en Irlande pour expliquer cette tradition.
Jack-O'-Lantern, dit le Pingre, aurait été un maréchal-ferrant irlandais, avare, ivrogne, méchant et égocentrique, qui rencontra le Diable une veille de Toussaint. Avant de partir avec lui pour son dernier voyage, Jack, sans un sou sur lui, veut lui offrir une dernière pinte de bière. Pour payer, Satan se transforme en pièce de monnaie, aussitôt escamotée dans la poche de Jack. Pris au piège, le diable lui accorde un sursis. Depuis ce jour là, Jack erre dans le noir entre le paradis et l'enfer, ne pouvait ni entrer au ciel car trop avare et mauvais ni entrer en l'enfer car il avait joué de mauvais tours au diable. Selon la légende il fut donc condamné à errer sur terre jusqu'au Jour du Jugement avec sa lanterne, qui consistait en une braise offerte par le Diable qu'il mit dans un navet.
Un jeu d'enfants populaire durant cette soirée est celui où une pomme soit être attrapée dans un bac d'eau en utilisant seulement sa bouche. Un autre jeu consiste à essayer de manger, en ayant les yeux bandés, un pain enrobé de mélasse pendant au plafond par une ficelle.
En Irlande, les enfants se maquillaient en noir et blanc, ils portaient de vieux habits ou draps et des chapeaux de sorcières et allaient chanter dans le voisinage pour avoir des cadeaux. On leur donnait un peu d'argent, des pommes et des noix. La chanson : Halloween arrive bientôt et les oies engraissent. S'il vous plait mettez un penny dans le chapeau du vieil homme. si vous n'avez même pas un penny, la moitié d'un fera l'affaire. Si vous n'avez même pas un penny, que Dieu vous bénisse et votre père aussi.
Les traditions écossaises et irlandaises se sont maintenus telles quelles jusqu'à nos jours avec quelques innovations, que nous verrons plus bas.
À la suite de la Grande Famine, les coutumes et les pratiques se déplacèrent, avec l'émigration irlandaise de 1846 à 1848, vers les États-Unis, à l'image de la sculpture des citrouilles pour remplacer les Jack-o'-lantern traditionnel qui s'explique par l'ancienneté de la sculpture de ce cucurbitacée, remontant à 1837 et qui était associée à la récolte, en général, tout comme Halloween. Mais la fête n'était alors fêté que par les britanniques (anglais, écossais, gallois) et les Irlandais et restait très donc communautaire, mais ces derniers apportèrent avec eux un élément qui sera essentiel au succès d'Halloween une grande tradition du déguisement et de la farce.
En 1852, le Révérend John M. Wilson, dans la Cyclopedia rural, nous rapporte qu'Halloween était alors l'une des fêtes les plus importantes, en particulier pour la population rurale en Angleterre et en Écosse. Il déplore les rites païens superstitieux, et les plus répréhensibles de la population rurale en Écosse, qui violerait le sens commun, des bonnes mœurs et la religion chrétienne, et en Angleterre, surtout les farces volontaires inoffensives (« Joyeuse Joyeuse Faites », « Merry Merry Making » en anglais) qui ont tenu.
 
Mais le déguisement d'Halloween ne devint un élément essentiel qu'en Écosse en 1895, car il faut dire que ce dernier a évolué depuis le XVIIIe siècle et est devenu un élément d'appartenance, tiré du folklore celte et chrétien (leprechaun, fée, sorcière, démon), avec les lanternes faites de navets évidés, la visite des foyers et la récompense avec des gâteaux, des fruits et des pièces de monnaie. Une coutume qui sera aussi attestée par la suite de sa diffusion en Angleterre, et en Irlande, amis seulement après 1900, et qui ne passa l'autre côté de l'Atlantique qu'en 1911, où un journal de Kingston, en Ontario, au Canada, nota que les enfants allaient « déguisés » dans le quartier. La seconde allusion était dans un lieu inconnu en 1915 et la troisième à Chicago en 1920, montrant qu'Halloween était devenue populaire aux Etats-Unis au début du XXe siècle, tout autant pour les adultes que pour enfants. Et c'est au même moment que la tradition, plutôt campagnarde des Jack-o'-lantern, n'est devenue vivace partout aux États-Unis. On utilisa alors des citrouilles d'une variété particulière de ce cucurbitacée orange appelées « Jack-o-Lantern », elles sont devenues rapidement le symbole majeur de la fête d'Halloween grâce à leur forme régulière, rappelant un visage et la facilité avec laquelle on peut les creuser.
Une bonne fête de la Toussaint à tous et à toutes !La coutume du trick or treat, qui signifie « tu paies ou tu as un sort », est, elle, apparue aux États-Unis dans les années 1930, d'abord le terme en 1934, et sa première utilisation dans une publication nationale Survenant en 1939. Et avec elle apparait la première production en masse de costumes d'Halloween qui cette fois-ci furent tirés des grands classiques des fims gothiques, et fantastiques des années, tel le Dracula de Tod Browning (1931), et Frankestein (1931). Une action qui avait probablement pour but de relancer la consommation au lendemain des difficiles conséquences qui avait suivit le Krach de Wall Street de 1929. Ce qui a donc fait que la fête est alors devenu une source de festivité avec les déguisements et les décorations tournant autour des têtes de morts, fantômes, squelettes, sorcières, les enfants déguisés en sorcières ou en fantômes défilant dans les rues en frappant aux portes et en revendiquant des petits cadeaux (des bonbons) sous menace de malédiction en cas de refus. Ce qui fit qu'Halloween ressemble aujourd'hui plus à une fête de famille aux États-Unis, à l'image de Noël, mais qui a du mal à dépasser ses frontières.
Il faut savoir également qu'il existe en France un équivalent la Rommelbootzennaat (nuit des betteraves grimaçantes en Francique Lorrain) s'est maintenu. C'est une tradition célébrée la veille de la Toussaint essentiellement dans le Pays de Nied en Lorraine, issue d'une ancienne fête d'origine celtique, probablement Samain. Cette tradition semble s'être maintenue en Lorraine germanophone lorsque la langue et les traditions celtiques ont été éclipsées par la culture germanique. Ainsi, la veille de la Toussaint, à l'image de ses équivalents britanniques et irlandais, les enfants sculptent des têtes grimaçantes dans des betteraves, légumes dont la récolte marque la fin des travaux des champs. Éclairées par la lumière d'une bougie, les têtes sont déposées sur les rebords de fenêtres, des puits, les murs des cimetières ou aux croisements des chemins pour effrayer les passants. Une différence notable tout de même envers son équivalent Halloween, sauf si on met la Rommelbootzennaat en rapport avec son équivalent américain, mais ici le côté commercial en moins.
freyr1978

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

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Publié le 1 Novembre 2011

La fête de Toussaint et d'Halloween ont une origine très lointaine puisqu'en fait elle nous provient en ligne directe des Celtes. En effet, ceux-ci divisaient l'année en deux saisons, l'hiver et l'été. Les moines irlandais qui ont mis par écrit les coutumes celtiques, à partir du VIIIe siècle, ont précisé que le 1er novembre (selon notre calendrier moderne) était une date très importante puisqu'ils fêtaient le début de l'année. C'était Samain (le mot s'écrit Samhain en Irlande, Samhuinn en Ecosse et Sauin sur l'île de Man), la fête religieuse qui célèbre le début de la saison « sombre » de l'année celtique (pour les Celtes, l'année était composée de deux saisons : une saison sombre et une saison claire). Bonne fête de Toussaint à tous et à toutes !!! Elle est mentionnée dans de nombreux récits épiques irlandais car, de par sa définition, elle est propice aux évènements magiques et mythiques. Son importance chez les Celtes est incontestable, puisqu'on la retrouve en Gaule sous la mention Tri nox Samoni (les trois nuits de Samain), durant le mois de Samonios (approximativement le mois de novembre), sur le Calendrier de Coligny. « C'est une fête de fermeture de l'année écoulée et d'ouverture de l'année à venir. Le temps de Samain est celui du Sidh (l'autre monde) brièvement confondu avec celui de l'humanité » (Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Fêtes celtiques, Ouest-France Université, chapitre Samain, pages 35 à 81, coll. « De mémoire d'homme : l'histoire », Rennes, 1995). C'est la période de possibles rencontres mythiques ans la nuit du 31 octobre – les fêtes celtes commencent à la tombée de la nuit entre certains hommes, défunts, non réincarnés, et les dieux des Tuatha Dé Danann. C'est pourquoi on laissait la porte entre ouverte et une place à table et on plaçait des lanternes sur les chemins pour les guider. Ainsi, on a relaté l'aventure de héros, ou d'hommes exceptionnels, qui se rendent dans le Sidh (généralement à l'invitation d'une Bansidh), et y passent quelques agréables heures. Le temps des dieux n'étant pas le même, leur séjour est, en fait, de plusieurs siècles et, quand ils reviennent chez eux, ils ne peuvent vivre puisqu'ils sont morts depuis longtemps.

Comme toutes les principales fêtes celtiques, Samain dure pendant sept jours (le jour de Samain lui-même et trois jours avant et trois jours après), mais les réjouissances pouvaient se poursuivre sur 15 jours : le premier est consacré à la mémoire des héros, le deuxième à celle de tous les défunts, et le troisième est livré aux réjouissances populaire et familiales, car le nom de Samain signifie « réunion », c'est une fête obligatoire de toute la société celtique qui donne lieu à des rites druidiques, des assemblées, des beuveries et des banquets rituels ; son caractère religieux la place sous l'autorité de la classe sacerdotale des druides et la présidence du roi, toute absence est punie de mort. Bonne fête de Toussaint à tous et à toutes !!! Il faut souligner que, selon l'idéologie tripartite des indo-européens définie par Georges Dumézil, les trois classes de la société (sacerdotale, guerrière et artisanale) sont associées aux cérémonies (Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Fêtes celtiques, pages 35 à 82, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d'homme : l'histoire », Rennes, avril 1995). Cette assemblée religieuse et sociale a progressivement disparu avec la christianisation, mais reste attesté jusqu'au XIIe siècle dans la littérature médiévale irlandaise.
La veille de la nuit de Samain, avait lieu la cérémonie de la renaissance du feu. Les propriétaires des maisons éteignaient les feux de l'âtre avant de se rassembler à la nuit tombante sur la place où les druides procédaient à l'allumage d'un nouveau feu sacré en frottant quelques bois secs du chêne sacré. Ils allaient ensuite allumer de grands feux de joie sur les collines environnantes pour éloigner les esprits malfaisants. Puis chaque maître de maison repartait avec quelques braises tirées du nouveau feu sacré pour rallumer un nouveau feu dans l'âtre de sa maison qui devait durer jusqu'à la prochaine fête de Samain et protéger ainsi le foyer tout au long de l'année.

Les fêtes druidiques ont disparu d'Irlande et de Gaule au Ve siècle, avec l'arrivée du christianisme, mais la tradition de Samain n'a pas complètement disparu ni avec la romanisation de la Gaule et de la Gaule, ni avec le développement du christianisme. L'abondante littérature irlandaise médiévale, élaborée par les clercs entre le VIIIe et le XIIe, ne mentionne que la fête sacrée de Samain (les sources pour la Gaule sont fragmentaires). La fête chrétienne de la Toussaint, à laquelle est adossée Halloween (le 31 octobre, la veille), n'a été instituée qu'au IXe siècle par le pape Grégoire IV. En effet, incorporer la fête de Samain pour le moins débraillée au calendrier catholique ne se fit pas sans peine et prit plusieurs siècles.

La fête de Toussaint a longtemps eu lieu après les fêtes de Pâques ou suite à la Pentecôte. Au IVe siècle, l'église grecque décide de fêter les martyrs chrétiens, à l'origine, les premiers saints, après les apôtres, étaient des martyrs, morts pour leur foi. Cette fête est célébrée le premier dimanche après la Pentecôte dans l'église orthodoxe. Au Ve siècle, elle est célébrée en Syrie le vendredi de Pâques. A Rome, au Ve siècle également, une fête en l'honneur des saints et martyrs était déjà célébrée le dimanche après la Pentecôte.Bonne fête de Toussaint à tous et à toutes !!!
Après la transformation du Panthéon de Rome en sanctuaire chrétien, le pape Boniface IV le consacra, le 13 mai 610, sous le nom de l'église Sainte-Marie-et-des-martyrs. Il voulait ainsi faire mémoire de tous les martyrs chrétiens dont les corps étaient honorés dans ce sanctuaire. Ainsi, au culte des divinités romaines se substitue le culte des saints catholiques. C'est à cette occasion que la fête de la Toussaint est instituée, et elle fut alors fêtée le 13 mai, date anniversaire de la dédicace de cette église consacrée aux martyrs.
C'est peut-être à partir du VIIIe siècle qu'elle est fêtée le 1er novembre, lorsque le pape Grégoire III dédicace, en l'honneur de tous les saints, une chapelle de la basilique Saint- Pierre de Rome.
Vers 830, le pape Grégoire IV ordonne que cette fête soit célébrée dans le monde entier. Pour certains, c'est à l'occasion de cette décision, prise en 835, que la fête de la Toussaint est fixée au 1er novembre. Le désir de ce pape était de supprimer un ancien usage encore ouvertement pratiqué à cette époque. La célébration, le premier novembre, de la fête de la Toussaint est donc un essai tenté par l'Eglise pour donner une couleur de christianisme à l'ancien rite celtique; en substituant aux âmes des morts, les saints comme véritables objets d'adoration.
Sur le conseil de Grégoire IV, l'empereur Louis le Pieux institua la fête de tous les saints sur tout le territoire de l'empire carolingien. Cette tentative se solda par un échec puisque l'Eglise décida, à regret, de sanctionner la "superstition populaire" en admettant dans le calendrier une Commémoration des fidèles défunts, fêtée le lendemain. Cette dernière est un héritage des lectures monastiques du « rouleau des défunts » : la mention des frères d'une abbaye, ou d'un ordre religieux, au jour anniversaire de leur décès. Elle a été inaugurée par Odilon, abbé de Cluny, en 1048. Mais il existait un précédent romain institué en 988. Cette fête ne se répandit qu'en le XIe et la fin du XIIe siècle, même en Irlande et dans les pays britanniques, qui adoptèrent à la fin du XIIe siècle la célébration de la Toussaint sur 3 jours telle que nous la connaissons aujourd'hui.
Bonne fête de Toussaint à tous et à toutes !!!
Pour l'Eglise catholique, la Toussaint se fonderait sur des textes bibliques comme, entre autres, l'Apocalypse de saint Jean (Apoc., 7, 2-14), la première lettre de saint Jean (3) et l'évangile selon saint Matthieu (5, 1-12). Ce n'est pas autre chose que la fête de Tous les Saints, c'est-à-dire de la Communauté des vivants et des morts. «Cette célébration groupe non seulement tous les saints canonisés, c'est-à-dire ceux dont l'Église assure, en engageant son autorité, qu'ils sont dans la Gloire de Dieu, mais aussi tous ceux qui, en fait et les plus nombreux, sont dans la béatitude divine» (Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de Liturgie, Editions CLD). Il s'agit donc de toutes les personnes, canonisées ou non, qui ont été sanctifiées par l'exercice de la charité, l'accueil de la miséricorde et le don de la grâce divine. Cette fête rappelle donc à tous les fidèles, la vocation universelle à la sainteté.
Le mot anglais 'Halloween' viendrait donc de cette époque de christianisation. All Hallows' day pour la Toussaint, All Hallows'Even, contracté en 'Halloween' pour la nuit sainte qui précède (qui est une reprise de la fête de Samain).

Cependant, du fait qu'en France, le 1er novembre, jour de la Toussaint, est un jour férié depuis 1801 (Napoléon Ier, alors consul, recherchait, en effet, la faveur de la puissante Eglise catholique), l'usage est établi de commémorer les morts ce jour au lieu du 2 novembre, comme le témoigne la tradition multi-séculaire de chandelles et bougies allumées dans les cimetières et, le fleurissement, avec des chrysanthèmes, des tombes à la Toussaint (évènement particulièrement bien représenté dans le tableau "La Toussaint" du peintre Émile Friant) ; ces deux gestes symbolisant la vie heureuse après la mort. Bonne fête de Toussaint à tous et à toutes !!!
Alors qu'en France la culture celte disparaissait, des coutumes populaires de Samain continuèrent à se développer en Irlande, Ecosse, Pays de Galles, et certaines régions d'Angleterre. Il semble que la célébration de la Toussaint et du "All Hallows' Even" ait été transmise en Amérique par les immigrants irlandais gallois et écossais catholiques au début du XIXème siècle, notamment à la suite de la Grande famine d'Irlande avec la grande émigration Irlandaise de 1846/48 vers les Etats-Unis, et à la fin du XIXe siècle Halloween y devint une fête nationale. D'Amérique, la tradition se serait retransmise en Angleterre, après avoir subi une "légère" transformation aux Etats-Unis.

 

Je mettrais à la suite un article sur la fête d'Halloween telle qu'elle était fêté auparavant et ses changements.

 

freyr1978

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

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Publié le 3 Août 2011

Avant de partir, je vous propose cet article car je ne pourrai pas le faire le 15 août, car je pars en vacances.
Il faut savoir d'abord que la fête de l'Assomption de Marie célèbre un dogme propre à l'Eglise catholique, et qui concerne la Marie, la mère de Jésus. Selon laquelle le corps de Marie, après sa mort, fut emportée au Ciel et ne connut donc pas la corruption, comme pour Jésus, son fils. Ce qui explique l'utilisation du terme « assomption » qui provient du verbe latin assumere, qui signifie « prendre », « enlever ». Son équivalent orthodoxe, s'appelle la Dormition de Marie, qui n'est pas un Dogme. Cette fête est célébrée dans les deux confessions le 15 août.
 
Ses origines sont très obscures car on n'en a aucune mention dans les textes du Nouveau Testament et encore moins dans les écrits chrétiens du IIe au Ve siècle, Marie disparaissant de l'histoire de l'Église après sa mention dans Actes 1, 14, au point qu'en 378, Epiphane de Salamine dans son ouvrage Panarion (notice 78 contre les antidicomarianites) dit qu'il ne peut pas affirmer que la vierge est morte ou non mais que si elle est morte sa mort a été heureuse. Tout ce qui suit reste du domaine de la supputation. D'ailleurs, les textes apocryphes du Transitus Mariæ, daté du Ve siècle, Grégoire de Tours, au VIe siècle, et Jean Damascène au VIIIe siècle, ne nous sont pas ici d'une grande utilité, sauf pour nous apprendre que Marie serait morte à Jérusalem, et aurait été enterré dans le Jardin de Gethsémani, au Mont des Oliviers.
L'Assomption de Marie, une fête avant d'être un dogmeMais même pour ces deux informations, elles peuvent être relativisées. Il vaut donc mieux faire preuve de prudence, et essayer de restituer les événements avec le peu que nous apprend le Nouveau Testament et les écrits patristiques. D'abord, Marie a probablement vécut avec les « frères de Jésus », aux côtés desquels elles se trouvent dans le Cénacle après l'Ascension dans Actes 1, 14, et elle était probablement présente lors de la Pentecôte, comme l'indique le « tous ensemble » de Actes 2, 1. Sa demeure possible était probablement la même que celle où demeurait le frère de Jésus, Jacques, qui dirigea l'église de Jérusalem et la première communauté chrétienne de 30 à 62. Sa mort dut se passer avant ou pendant la persécution soit contre les Héllénistes, en 36, soit d'Hérode Agrippa entre 41 et 44 car on ne parle pas d'elle à ce moment là, la tradition situant sa mort entre 40 et 42 serait en faveur de cette théorie. Elle semble avoir été un des membres fondateurs en qualité de témoins de la Résurrection du Christ, et l'une des chefs de cette dernière. Le rôle de prophétesse que lui attribuent certains historiens n'est pas impossible. De plus en tant que Mère du Messie elle était donc très estimée comme le montre sa récurrence dans l'Évangile de Jean, où elle est la plus citée des Quatre évangiles. Elle est probablement morte, entouré de sa famille et de proche, peut-être Thomas, qui pourrait avoir été plus proche que l'on ne pense de la famille de Jésus comme le montre le dit 13 de l'évangile de Thomas. Mais probablement pas tous les Douze. On ne sait pas si cette mort a marqué la communauté naissante. Mais vu le silence, on peut en douter, mais il se peut aussi que les choix de l'auteur des Actes des Apôtres ne se portaient que sur quelques événements significatifs, dont la mort de la mère de Jésus ne faisait pas partie. D'autant que la place qu'elle prend dans l'évangile de Jean est significative de l'importance qu'elle prit dans l'Église chrétienne naissante, peut-être parce que l'auteur avait grandi dans un milieu converti par les missionnaires judéo-chrétiens. Il faut se rappeler qu'il en fut de même pour les Quatre évangiles pour la mort de Joseph, son époux, qui a pourtant dû être significative pour Jésus. Si elle est morte un sabbat, la tradition que rapporte Juvénal prend de la consistance, car Thomas aurait pu être chargé par la famille au moment de la persécution de transférer le corps de Marie du tombeau où elle avait été déposé peut-être sur le Gethsémani, comme le rapporte la tradition, au tombeau familial peut-être à Nazareth, et non parce qu'il aurait été en retard.
Après, c'est la tradition qui prend le relais. D'après moi, au départ, le récit était un récit de tombeau vide, tel que le rapporte Jean Damascène au VIIIe siècle, d'après le récit de Juvénal, patriarche de Jérusalem entre 418 à 458. Thomas entre alors dans le tombeau et découvre qu'elle est vide. Tout ce qu'il reste sont les linges autour de son corps. Et probablement le récit s'arrêtait là tout comme celui de l'évangile de Marc. Il n'y avait aucune allusion au fait que Marie aurait été enlevée au Ciel.
 
On ne sait pas trop quand émerge les premiers récits de la Dormition de Marie, mais il est possible que ce ne soit qu'après le Concile d'Ephèse en 431, où Marie fut reconnu Theotokos, Mère de Dieu. La piété populaire a tout de suite fait sienne cette affirmation des théologiens et ne pouvait concevoir que Marie avait connut après sa mort, la fameuse Dormition, la corruption corporelle, à l'image de son fils. Ce qui peut expliquer l'apparition au milieu du Ve siècle peut-être en Egypte d'un ensemble d'écrits apocryphes, sur le Transitus Mariæ, Passage de Marie, parmi lesquels le transitus Mariae, du pseudo-Méliton et le Livre de la Dormition (Koimesis) de la Sainte Mère de Dieu par le pseudo-Jean.
L'Assomption de Marie, une fête avant d'être un dogmeLe récit était le suivant. Divinement averti, sur le mont des Oliviers, par un ange de sa mort prochaine, Marie meurt, entourée des Apôtres de Jésus, revenu miraculeusement de Mission. Jésus vient chercher son âme qui est confiée à l'archange Michel. Ses apôtres enterrent Marie au pied du mont des Oliviers, puis quelques jours plus tard, Jésus vient chercher le corps, corps et âme se trouvant dorénavant au Paradis.
Un bon récit pour la piété populaire, à tel point qu'après le Concile de Chalcédoine en 451, peut-être pour calmer ce mouvement, Marcien et Pulchérie, les co-empereurs de Constantinople, demandèrent le corps de Marie au patriarche de Jérusalem, Juvénal. Celui-ci fit preuve d'intelligence. D'après Jean Damascène qui rapporte le récit, il aurait dit que Marie est morte, entourée des apôtres, sauf Thomas, qui était en retard. Celui-ci demanda à voir sa tombe qu'il trouva inoccupé, d'où que les apôtres conclurent qu'elle était montée au Ciel. Marcien et Pulchérie firent donc élever une première église de la Dormition de Marie sur le site présumée de la tombe de Marie dans le mont des Oliviers, dans le jardin de Gethsémani. Si l'on suit une hagiographie, la Vie de Saint Théodose, la fête de la Dormition pourrait avoir été célébrée en Palestine avant l'an 500, ce que pourrait confirmer la célébration de « La commémoration de la sainte mère de Dieu » qui avait lieu, semble-t-il, dans l'église de la Dormition de Marie de Jérusalem suite à sa fondation tous les 15 Août. Celle-ci était précédée d'un jeûne.
Inquiet de la place prise par cette fête qui n'était fondé sur aucune source biblique et pastorale, le pape Gélase Ier condamne les Transitus Mariae en même temps que d'autres écrits apocryphes en 495-496, mais il est bien trop tard, car ces récits continuent à circuler et à alimenter la piété populaire au point que cette tradition orientale franchit bientôt l'Orient. La fête de la Dormition de Marie est ainsi connue en Gaule et en Égypte dès le VIe siècle où elle est célébrée le 18 janvier. La date proche de l'épiphanie avait été vraisemblablement choisie en ne gardant que le sens strict de maternité divine. On trouve aussi des martyrologes dans lesquels la fête est marquée pour le 23 Septembre.
La fête fut fixée définitivement le 15 août en Orient par l'empereur byzantin Maurice (588-602), suite à la consécration d'une autre Église à Gethsémani, qui venait remplacée la précédente, et qui l'étendit à tout son empire.
 
La fête, qui était cantonnée à quelques îlots en Occident, se développa progressivement, mais avec beaucoup de lenteur, car la Dormition de Marie s'appuyait sur des récits apocryphes dont on se méfiait avec raison. D'ailleurs, c'est Grégoire de Tours, vers 594, qui est le premier à en faire une mention et à en donner la première formulation théologique en Occident, en s'appuyant justement sur les Transitus Mariae. En Orient, ce sera Méthode, patriarche de Jérusalem de 632 à 634, l'église qui fut à l'origine de la fête de la Dormition de Marie, qui va promouvoir ce concept à l'ensemble de l'église : « À titre de très glorieuse mère du Christ, l'auteur de la Vie et de l'Immortalité, Marie est vivifiée dans l'incorruptibilité éternelle de son corps, par celui-là même qui l'a ressuscitée du tombeau et l'a élevée jusqu'à lui de la manière que lui seul connaît » (Dormition de la bienheureuse Vierge Marie n°14). Au même moment, Timothée, un prêtre de Jérusalem (VIe - VIIe siècle) présumait que « la Vierge est jusqu'à présent immortelle (c'est-à-dire n'est pas morte) ». Une théorie que ne fera pas l'unanimité. Mais le concept d'Assomption après la Dormition ne semble pas prendre avant le VIIIe siècle en Orient et le XIIe siècle en Occident, sa mort était alors semble-t-il universellement reconnut par les savants chrétiens, la liturgie et la tradition
Le pape Théodore (642-649), originaire de Constantinople, est le premier à célébrer cette fête à Rome le 15 août sous le nom de « Dormition de Marie » et le pape Serge Ier l'établit parmi les quatre fêtes mariales que doit célébrer tout chrétien avec l'Annonciation, la Nativité et la Purification. Elle prend le nom de Pausatio (Repos) dans un évangéliaire, datant de 740, puis d'Assumptio Sanctae Mariae, Assomption de Sainte Marie dans un missel ou sacramentaire de 770, nom sous lequel la connaisse les catholiques actuellement, qui affirme : « Elle a subi la mort temporelle, mais n'a pas été soumise à ses liens ». Cette dénomination se retrouve dans le sacramentaire envoyé par le pape Adrien Ier à Charlemagne entre 784 et 791. Cette fête était rendue solennelle par une procession nocturne qui allait de Saint-Adrien-au-Forum à Sainte Marie-Majeure, et par une vigile et un jeûne. A Rome aussi se trouvait une fresque (encore visible) représentant l'Assomption dans la basilique souterraine de Saint-Clément.
C'est au même moment qu'en Orient, des savants chrétiens prennent pour la première fois parti sur la question. Le premier est semble-t-il Jean Damascène (676-749) qui défend nettement ce concept : « Il fallait que celle qui avait conservé sans tache sa virginité pendant l'enfantement, conservât son corps sans corruption même après la mort... Celle qui avait hébergé le Verbe de Dieu en son sein, ne pouvait qu'être logée dans la demeure de son Fils » (Homélie pour la Dormition II, 3, 14, PG 96, 723-726). Il faut dire que l'environnement où il avait été élevé le prêtait à cette croyance, lui et son père avant lui, occupait le poste de chancelier impérial de l'empire islamique des Omeyyades, et que pour celui-ci une ascension corporelle de Muhammad dans le ciel était la politique officielle, puisque une sourate du Coran, le Voyage Nocturne, rapporte une montée au ciel de Muhammad après sa mort. Une position qui prend presque un caractère officiel quand Germain, patriarche de Constantinople de 715 à 730, la défend : « La mère de la Vie devait elle-même demeurer avec la Vie ; la mort ne pouvait être pour elle qu'un sommeil, et l'Assomption comme un réveil pour la mère de la Vie » (Homélie pour la Dormition, PG 98, 346-347). Toutefois, elle ne prit jamais le caractère d'un dogme comme il en sera plus tard dans l'Église catholique.
En 813, le Concile de Mayence rend la fête obligatoire à tout l'empire franc. En 847 une octave est jointe à cette solennité par le pape Léon IV, et en 863, le pape Nicolas Ier plaça la fête de l'Assomption au même plan que les fêtes de Noël et de Pâques.
Toutefois, l'Assomption en tant que doctrine ne semble pas prendre alors en Occident, où les textes sur lesquels ils reposaient étaient alors vu avec méfiance. D'ailleurs, le martyrologue du moine Usuard, datant de 875, en reprenant le pseudo-Jérôme, prend partie en faveur de la Dormition contre l'Assomption. Il sera d'ailleurs repris par Rome, ce qui peut expliquer la difficulté qu'a eut une doctrine de l'Assomption à émerger. On a donc juste alors officialisé la culture populaire qui en avait émergé.
Au même moment apparaît une nouvelle tradition sur la Dormition de Marie, dont la première allusion se situerait à la fin du IXe siècle dans un manuscrit syriaque dans lequel Marie aurait suivit l'apôtre Jean, auquel le Christ, sur la croix, l'avait confié, et y serait morte. Les seules autres sources pré-modernes sont trois auteurs syriaques des XIIe et XIIIe siècles. On situait sa Dormition dans le lieu qu'on appelle aujourd'hui la « Maison de Marie ».
 
Ce n'est qu'au XIIe siècle que les choses évolueront. Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux de 1115 à 1153, directeur de conscience de l'ordre cistercien, portait une dévotion particulière à la Vierge, qu'il nommait Notre Dame, et dont il chercha à développer le culte dans toute la Chrétienté. Cette dernière devient alors la figure de la Chrétienté franque.
On peut alors comprendre alors le réveil du débat sur l'Assomption de Marie. Bernard de Clairvaux sera le premier à discourir à ce sujet dans ses Sermons sur l'Assomption : « S'il est pour toute chair un temps pour parler, s'écrie-t-il, c'est bien aujourd'hui où la Mère du Verbe fait chair est enlevée aux cieux... La piété ne souffre pas que nous taisions aujourd'hui la gloire de Marie » (4e Sermon sur l'Assomption, Seuil, 1953, p. 1003). Un argument de poids vient alors soutenir cette doctrine, le traité Liber de assumptione, attribué à Augustin d'Hippone, qui acceptait l'Assomption corporelle de Marie et fut probablement écrit en réaction au Pseudo-Jérôme.
L'Assomption de Marie, une fête avant d'être un dogmeMais c'est surtout à partir du XIIIe siècle que cette doctrine prend forme, lorsque les théologiens se déclarèrent en sa faveur. Le franciscain portugais, Antoine de Padoue, custode de Limoges en 1226 et provincial d'Italie du Nord de 1227 à 1231, prend position en ces termes : « Vous savez clairement que la Vierge Marie a été élevée au ciel dans son corps. De la même façon que Jésus Christ est ressuscité en triomphant de la mort et est monté à la droite du Père, ainsi pareillement est ressuscitée aussi l'Arche de sa sainteté, lorsque la Vierge Marie a été élevée dans la demeure céleste » (Serm. In Assump. B.V.M). Le Dominicain, Albert le Grand, maître de théologie à l'Université de Paris de 1245 à 1248, maître régent de l'École supérieure de théologie (Studium generale) de 1248 à 1254, et évêque de Ratisbonne de 1260 à 1263, prend également position sur le sujet : « Il est clair que la bienheureuse Mère de Dieu a été élevée en son âme et en son corps au-dessus du chœur des anges » (Mariale, q. 132). Son disciple, Thomas d'Aquin, maître régent à Rome de 1265 à 1268 et du studium generale de Naples de 1272 à 1273, fera de même en ces termes : « le corps de Marie a été élevé au ciel avec son âme » (MD n°511). Et de même son contemporain, le franciscain Bonaventure de Bagnoregio, ministre-général des franciscains de 1257 à 1273 et cardinal-évêque d'Albano de 1273 à 1274 : « Dieu n'a permis en aucune façon que le corps de Marie fut réduit à la corruption ou tombé en cendres. Il est donc évident que c'est en son âme et en son corps qu'elle se trouve au ciel : sans quoi elle n'aurait pas la jouissance béatifique achevée » (Sur le Cantique 8, 5).
La culture populaire put donc, sous la caution des théologiens, développer certaine forme plus expressive de foi en l'honneur de l'Assomption de Marie, mais il faudra attendre le XVe siècle avec l'apparition en France de la première procession de l'Assomption. A l'occasion d'une victoire remportée sur les Anglais qui furent obligés de lever le siège de la ville en 1443, la procession de l'Assomption fut instituée à Dieppe. Par la suite, peut-être en réaction à la Réforme protestante qui ne reconnait pas l'Assomption de Marie car elle n'est fondée sur aucune source biblique ou patristique (tel que le démontre le fait que l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Cramner n'hésita pas à l'enlever du Book of Common Prayer de l'Église établie d'Angleterre de 1552), se développe à la fin du XVIe siècle en Italie une procession pour le 15 août, qui existe toujours comme nous le verrons plus bas.
C'est donc dans le même esprit que le pape Pie V, lors de la réforme du Bréviaire (1570), enleva les citations du « pseudo-Jérôme », qui ne prenaient partie contre l'Assomption corporelle et remplacés par d'autres qui défendaient ce point de doctrine.
Cette fête prendra de l'importance en France surtout à partir de 1638, le roi Louis XIII, lors ce qu'il eu la certitude d'avoir un enfant (Louis XIV né en 1638) après 22 ans de mariage, à la suite d'un vœu fait à Toulouse, en reconnaissance consacre sa personne et son royaume à le Vierge Marie par une déclaration donnée à Saint Germain en Laye le 10 février 1638. Il demande également que des processions aient lieu en son honneur le 15 Août dans chaque paroisse. L'Assomption devient une fête nationale, d'autant que la consécration du royaume de France à Marie fut confirmée par Louis XIV en 1650 et par Louis XV en 1738.
Mais celui que l'on surnomma le pape des Lumières, Benoit XIV (1740-1758) prend alors fermement position contre l'Assomption dans De festis Domini Nostri Jesus Christi et Beatae Virginis Mariae avec de très bons arguments : « L'assomption de la bienheureuse Vierge n'est pas un article de foi... les textes de l'Ecriture que l'on a l'habitude de citer en sa faveur peuvent être interprétés autrement et la tradition ne suffit pas pour élever cette doctrine au rang des articles de foi... ». Ce qui explique certainement pourquoi on en entendit plus parler avant 1849.
L'Assomption de Marie, une fête avant d'être un dogmeEn 1801, après le Concordat, L'Assomption devient une des quatre fêtes d'obligation, c'est-à-dire chômées pour célébrer Dieu, Jésus, la Vierge et les Saints avec Noël, l'Ascension et la Toussaint. Napoléon Ier naît le 15 août 1769, en fit, par le décret du 19 février 1806, sa fête officielle, la « Saint-Napoléon ». Selon l'hispaniste français Damas-Hinard (1805-1870), « le pape Pie VII proposait à l'empereur de canoniser un Bonaventure Bonaparte, mort obscurément dans un cloître. » Mais Napoléon préféra s'inspirer d'un personnage historique à l'existence contestée (Saint Neopolis aurait été un martyr vivant au IV° siècle avant Jésus Christ.), l'objectif de l'Empereur était, en effet, d'opérer une sorte de syncrétisme entre une fête religieuse, l'Assomption, et une célébration étatique, la Saint Napoléon. C'est ainsi que la fête nationale, du moins jusqu'en 1815, continua à être célébrée le 15 août.
Evidemment abandonnée lors de la Restauration, la Saint Napoléon ne fut célébrée que par les milieux bonapartistes, nostalgiques de l'Empire, la fête de l'Assomption retrouvant son rôle religieux. En 1852, devenu Empereur suite à un coup d'Etat, Napoléon III décida d'instituer cette fête par décret. Festivité aussi bien laïque que chrétienne, le 15 août resta la fête nationale jusqu'en 1870, date de l'entrée en guerre contre la Prusse. Suite à ce conflit désastreux pour la France, la république fut proclamée, et la Saint Napoléon disparut pour de bon.
Les nouveaux dirigeants, aussi hostiles à l'Empire qu'à l'Eglise, décidèrent en mai 1880 que la fête nationale serait désormais fêtée le 14 juillet, ce qui donna naissance à notre fête nationale actuelle, alors qu'étrangement au Canada d'anciens colons français, les Acadiens choisirent le 15 août 1881 Notre Dame de l'Assomption pour sainte patronne. Le 15 août est depuis pour eux un jour férié, équivalent de notre fête nationale.
Le 15 août est resté également un jour férié en France après la séparation de l'Église et de l'état en 1905, mais aussi en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, au Luxembourg, en Pologne, en Autriche, en Bavière et en Grèce, mais elle ne l'est pas dans les autres pays d'Europe et particulièrement dans les pays protestants. En effet, refusant toute exégèse sur la question car ne prenant en compte que ce qui est relaté dans les livres seuls considérés comme inspirés de Dieu, le protestantisme refuse cette doctrine, ou croyance dans laquelle il voit une nouvelle tendance de l'Église catholique à la « mariolâtrie » (adoration idolâtre de la mère de Jésus Christ plutôt que de Dieu). Toutefois, dans l'anglicanisme et le luthérianisme, la fête s'est maintenue comme une célébration en l'honneur de Marie, mais sans usage officiel du mot « Assomption », a part pour les anglo-catholiques.
 
L'Assomption de Marie, une fête avant d'être un dogmeC'est aussi XIXème siècle, après la proclamation du dogme de l'Immaculée conception par Pie IX en 1854 que se développe dans un courant de piété marial, avec envoi de nombreuses pétitions à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l'Assomption, même si il y avait déjà eut un précédent. Les archevêques de Malines (Belgique) et d'Osma (Espagne) avaient, en effet, demandé au Pape, dès l'année 1849, une définition du dogme de l'Assomption. De 1854 à 1945, ce seront huit millions de fidèles qui écriront en ce sens, auxquels il faut y ajouter les pétitions de 1332 évêques, de 83 000 prêtres, religieuses et religieux. Pendant près d'un siècle la foi populaire se passionne littéralement pour cette cause, tel que le montre peut-être le fait que le 21 mars 1922, le pape Pie XI proclama dans la Lettre apostolique, « Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam », Notre-Dame de l'Assomption patronne principale de la France, suite à une réclamation de l'évêque d'Orléans.
Face à ces demandes répétées, par la lettre Deiparae Virginis Mariae du 1er mai 1946, le pape Pie XII demande à l'épiscopat du monde entier s'il était souhaitable de procéder à la définition de ce dogme. 90% des évêques y furent favorables. 10% des évêques s'interrogèrent sur l'opportunité d'une telle déclaration. Quelques-uns émirent des doutes sur le « caractère révélé » (ce qui est tout à fait compréhensible si l'on tient compte de ce que j'ai rapporté plus haut) de l'Assomption de Marie. La réponse, ayant été donné à la quasi-unanimité, le pape avait annoncé qu'il confirmait « l'enseignement unanime du magistère ordinaire de l'Église et la croyance unanime du peuple chrétien ». Mais ce ne fut que le 1er novembre 1950 que l'Assomption de Marie fut établie sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus de Pie XII, en ces termes :
« En l'autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et par notre propre autorité, nous prononçons, déclarons, et définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste » (§ 44).
Depuis la déclaration d'infaillibilité pontificale par Vatican I, en 1870, cette déclaration de Pie XII constitue la seule utilisation de l'infaillibilité papale ex cathedra. Et Pie XII, en choisissant le terme d'Assomption, qui est un terme passif, voulait ainsi signifier que selon lui que Marie ne s'est élève pas élevé au ciel d'elle-même. Mais que ce ne fut qu'après sa mort qu'elle fut prise, corps et âme, et élevée au Ciel.
Des célébrations mémorables accompagnèrent la proclamation du dogme, qui clôturait une année jubilaire, à l'occasion desquelles Pie XII couronna une statue de la Vierge, dans la crypte de saint Pierre à Rome.
Le 21 novembre 1964, le pape Paul VI promulgua la Constitution dogmatique Lumen gentium sur l'Eglise qui énonça : « Enfin, la Vierge Immaculée, préservée de toute tache de la faute originelle, au terme de sa vie terrestre, fut élevée à la gloire du ciel en son âme et en son corps et elle fut exaltée par le Seigneur comme Reine de l'univers afin de ressembler plus parfaitement à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Apocalypse 19, 16) et vainqueur du péché et de la mort. » (Chapitre VIII, & II.)
 
Les célébrations divergent selon les confessions mais nous allons tenter de faire des comparaisons.
Cette fête, que les deux confessions fêtent le 15 août, est aussi importante pour les catholiques que les orthodoxes. Pour les premiers, c'est une fête d'obligation, donc ils doivent assister à la messe du jour, et pour les seconds c'est l'une des Douze grandes fêtes du Calendrier orthodoxe.
La fête est précédée, dans la tradition orthodoxe, d'un jeûne strict de 14 jours du 1 au 14 août (le jour de la fête de la Transfiguration, le 6 août, il est cependant permis de manger du poisson et de boire du vin), le « carême de la mère de Dieu ».
À la veille de la fête (c'est-à-dire au début du jour liturgique de la fête), des vêpres sont célébrées en début de soirée chez les orthodoxes et les catholiques. Le rituel orthodoxe contient trois lectures de l'Ancien Testament, interprétées symboliquement à partir du Nouveau Testament. En Genèse 28:10-17, l'échelle de Jacob qui unit le ciel et la terre désigne l'union de Dieu avec les hommes qui se réalise pleinement et plus parfaitement en Marie portant Dieu en sein. En Ézéchiel 43:27-44:4, la vision du temple dont la porte orientale est perpétuellement fermée et remplie de la gloire du Seigneur, symboliserait la virginité perpétuelle de Marie. Marie est aussi identifiée avec la « maison », en Proverbes 9:1-11, que la Divine Sagesse a construit pour elle-même : « La Sagesse de Dieu a bâti en Toi, Vierge Sainte, sa maison - et s'est incarnée dans sa mystérieuse descente - Entre toutes les générations Tu fus l'Élue pure pour être la demeure du Verbe pur. » Dans le rituel catholique, les trois lectures sont 1 Chroniques 15,3 - 16,2, concernant la procession pour le transport de l'arche au temps de David, 1 Corinthiens 15, 54-57 : « O mort ou est ta victoire ? », symbolique lors de l'Assomption de Marie et ce qui étrange Luc 11, 27-28, où Jésus sermonne en ces termes une femme qui avait félicité sa mère pour sa naissance : « Heureux ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la gardent ». Mais chez les catholiques, ces vêpres sont peu à peu remplacées par des messes anticipées.
Le rituel catholique de la fête, la messe se déroulant le matin, comme lors des célébrations du dimanche, est également tourné vers Marie, comme le montre les deux principales lectures du jour. D'abord, le récit de l'Apocalypse (11,19-12,10) qui rapporte la vision d'une femme vêtue de soleil, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles, qui sans doute au sens premier représente l'Église, mais la tradition a eut une tendance à y voir une figure de Marie. Ensuite, Luc 1,39-56 qui rapporte la scène de la Visitation (probablement fictive) de Marie à sa cousine Élisabeth et la prière de Marie : « Mon âme exalte le Seigneur... le puissant fit pour moi des merveilles ». Symbolique à plus d'un titre, car cet épisode constitue un passage de relais entre Jean le Baptiste et Jésus, et l'espoir qu'aurait fait naître cette naissance dans sa mère, celui de la libération des hommes. Chez les orthodoxes, cette dernière figure en première lecture suivit par les récits de Luc 10, 38-42, et de Luc 11, 27-28. Le premier relate l'épisode de Marthe et Marie, où Jésus nous apprend que Marthe aurait dû préférer écouter la Parole de Dieu comme sa soeur plutôt que de travailler à la bonne tenue de la maison en ces termes : « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. » Et le second passage est celui lu comme évangile chez les catholiques lors des vêpres. Il y aussi une autre spécificité purement orthodoxe dans le fait que la célébration se déroule avec l'icône de la dormition de Marie qui la représente endormie couchée sur son lit de mort entourée des apôtres et le Christ en gloire recevant dans ses bras l'âme de sa Mère pour l'emmener au ciel.
L'Assomption de Marie, une fête avant d'être un dogmeL'après-midi, se sont mis en place depuis le XVe siècle, un nombre important d'événement en relation avec cette fête. D'abord, des processions, célébrées dans les églises catholiques, avec la statue de la Vierge où la statue est transportée sur les épaules des porteurs la veille ou le soir du 15 août soit autour de l'église, soit de l'église vers une chapelle. Il en existe de nombreux exemples. Ainsi, depuis la décision de Louis XIII en 1638, on fait partout en France une procession solennelle pour la fête de l'Assomption. La procession avec la statue de la Sainte Vierge n'est plus prescrite par le rituel liturgique, mais elle se fait encore dans un certain nombre de paroisse. La statue est transportée sur les épaules des porteurs. C'est une procession aux flambeaux le soir du 15 août ou parfois la veille. La procession a lieu soit autour de l'église, soit de l'église vers une chapelle. Le 15 août est une date très importante pour les Marseillais. Ils sont le 14 au soir à la procession de la statue de Notre Dame de la Garde. A Paris, le 14 août, il y a une procession fluviale sur la Seine. A Lyon : en présence du cardinal Barbarin, procession aux flambeaux à 20h30, le 14 août. Au Puy-en-Velay (Haute-Loire), chaque 15 août, une longue procession derrière la Vierge noire se déroule dans les rues de la vieille ville, en présence de 10 000 pèlerins et touristes. Plus de 10 000 motards à Porcaro (Morbihan) pour la « fête de la Madone » avec bénédiction des motards.
Il en est de même en Italie, où plusieurs processions se déroulent lors de cette fête, qui la plus importante pour les Italiens après Noël. A Sassari en Sardaigne,il existe depuis 1580 une procession dite des Candelieri. On offre à la vierge des cierges le jour de l'Assomption. Les « candelieri » (chandeliers) sont de grandes colonnes de bois en forme de cierges, décorées de l'image du saint patron de la corporation ou des outils de travail. A Valentano, la procession du 15 août remonte à l'an1655. Quand il est déjà nuit noire, dans les rues illuminées par de nombreuses lumières à chaque balcon, passe la procession avec la statue de la Sainte Vierge. Dans l'île de Pescatori, une procession de bateaux pour la pêche amène une belle statue de la Vierge « Assunta » tout autour de l'île.
Il en est de même en Belgique où après la messe de la fête de l'Assomption le 15 août en Belgique à Marbais, une procession démarre avec le Saint-Sacrement, escorté par les pèlerins de la Confrérie de Saint-Roch.
De nombreuses fêtes ont également lieu, le 15 août, en liaison avec la procession.
D'abord, la fête du pain et de la moisson, au cours de laquelle dans certaines régions françaises, on porte aujourd'hui à l'église les premiers fruits du jardin, joliment arrangés en des bouquets que bénit le prêtre. Cette coutume remonte à l'usage païen de ramasser, vers cette époque de l'année, des plantes odorantes (bienfaisantes et maléfiques) pour les placer dans les maisons, les étables, afin de chasser mauvais esprits et mauvaises bêtes. La liturgie christianisa cette coutume. On relève des formulaires de bénédiction à partir du Xe siècle. L'Assomption se fêtant avec le mûrissement des grains, il était obvie de bénir les premiers fruits de la terre, les fleurs et les plantes médicinales au moment où l'on fêtait Marie, fleur des prés et lys des vallées (Cantique 2,1). Assurément, de tous les fruits de la terre, Marie, en son assomption, est le plus beau.
L'Assomption de Marie, une fête avant d'être un dogmeEnsuite, les fêtes de la mer avec bénédiction de la mer et bénédiction des bateaux pavoisés dans le nord, en Bretagne et en Provence, avant le début de la saison de pêche. Cette tradition a vraisemblablement pour origine les temps reculés où leurs maris passant de longs mois en mer, les femmes s'adressaient à la Vierge Marie pour lui demander de protéger un mari, un frère, un fils. Lors de la bénédiction de la mer et des bateaux, le prêtre, qui est sur une vedette avec les enfants de chœur, bénit chaque bateau par un signe de croix et on jette une gerbe de fleurs au large à la mémoire des marins disparus.
Et pour beaucoup de paroisses de Provence, le 15 août, est également la fête paroissiale, la fête patronale de beaucoup de paroisses en Provence. On y fait souvent, encore actuellement, une procession dans le village.
En Belgique, en Outre-Meuse, le 15 août est une aussi une fête qui se déroule sur 3 jours à Liège. C'est une célébration religieuse (où la messe y est dite en wallon et en français, où une procession y célèbre l'Assomption) mais la particularité la plus caractéristique de cette fête est de boire un alcool de baies de génévrier appelé « peket », une tradition qui remonte au passé wallon. Il y a aussi un défilé folklorique, sans signification religieuse, avec des personnages géants.
Dans la basilique de Santa Maria de Elche en Espagne se tient également chaque année pendant les festivités en l'honneur de l'Assomption de la Vierge Marie une représentation théâtrale lyrique dans les diverses traditions qui sont construit par les apocryphes concernant l'Assomption de Marie. El Misteri d'Elx acquit la reconnaissance à tel point qu'en 1632 le pape Urbain VIII par une bulle dispensa la basilique Santa Maria de l'interdiction de jouer une représentation à l'intérieur des églises qui avait été acceptée par le Concile de Trente.
La fête de la Dormition orthodoxe est suivit 8 jours d'après fête, la célébration de l'octave qui n'existe plus dans le rituel catholique. La fête est aussi encadré et accentuée par trois fêtes en l'honneur de Jésus-Christ, connue sous le nom des «Trois fêtes du Sauveur au mois d'août ». Ce sont la procession de la Croix (1er août), la Transfiguration (6 août), et l'icône du Christ « pas faite  à la main » (16 août).
J'espère que cet article vous aura appris des choses utiles sur cette fête. Je consacrerai à mon retour à un article moins festif et plus prosaïque.
                                                                                                                                                                                                       Freyr1978

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Publié le 21 Juillet 2011

Jésus, le rebelle de NazarethCette image de Jésus au jardin des Oliviers tiré de Manga Bible de Siku disant : "C'est le temps de mourir", montre le mieux le caractère subversif de Jésus. Pourquoi subversif me direz vous, je me dois de vous le montrer.

Le message de Jésus est radical. Il est le continuateur du message prophétique de Jean le Baptiste, dont il a été le disciple, qui rassemblait des foules toujours plus nombreuses et menaçait le pouvoir d'Hérode Antipas, qui le décapitera. C'est le cas des Béatitudes présentes dans l'Evangile de Matthieu et de Luc, où l'on trouve de nombreuses exhortations à renverser les codes établis, à dénoncer les conformismes, à se dégager de toute propriété. Lisez cela et vous comprendrez : "En marche, les humiliés ! Oui, il est à vous, le royaume d'Elohîms !
21 En marche, les affamés de maintenant ! Oui, vous serez rassasiés ! En marche, les pleureurs de maintenant ! Oui, vous rirez !
22 En marche, quand les hommes vous haïssent, vous bannissent, vous flétrissent, et jettent dehors votre nom comme criminel, à cause du fils de l'homme !
23 Jubilez, ce jour-là, dansez de joie ! Voici : votre salaire est grand au ciel ! Oui, cela, leurs pères l'ont déjà fait contre les inspirés."
(Luc, 6,20-23).

Jésus, le rebelle de NazarethCe Jésus hait les puissants, la grande propriété de son époque. Il semble que Jésus souhaite une réforme agraire et de la hiérarchie villageoise. Et d'après les formules les plus percutantes du texte évangélique, le message apparaît comme destiné aux plus pauvres. C'est là sa plus grande audace. "Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait" (Matthieu 25,40). Jésus devient dangereux, car il annonce que le "règne de Dieu" commence "ici et maintenant" pour tous ceux qui acceptent de se convertir. Un tel message répond à l'attente des plus pauvres, "les laborieux et les accablés", les malades et les marginaux. Un tel message ne peut que faire peur aux élites en place.

C'est un homme en colère. Il méprise la réputation et les étalons traditionnels de la réussite. Il se forgea d'une façon ou d'une autre une réputation "de glouton et d'ivrogne" (Luc 7,34). Il mange à table avec des pêcheurs, ce qui remet en cause la communauté de table telle qu'on la concevait en Orient, car selon Jésus tout le monde sera présent au grand banquet de la fin des temps, même les pêcheurs. D'ailleurs ses paraboles sont souvent sur les pouvoirs en place. Et ceux qui y sont visés s'y reconnaissent.

A entendre le message de Jésus, ce sont les obligations familiales elles-mêmes qui doivent être abandonnées, car "le royaume de Dieu est proche". Chez Jésus on rencontre un dédain certain des liens familiaux. Jésus n'a-t-il pas dit : "Qui vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses soeurs, et son propre être aussi, ne peut être mon adepte." (Luc 14, 26; Matthieu 10,37).

Ce Jésus n'est ni le docteur universel ni même l'apôtre de la paix que l'on nous présente par la suite. C'est un homme pressé par l'urgence de son message; un justicier divin apportant "le glaive et non la paix" (Matthieu 10,34). Il tient des discours incroyablement violents contre les villes de Capharnaüm, Chorazin, Bethsaïde et Jérusalem.

Jésus, le rebelle de NazarethJésus privilégiait une rébellion culturelle. Il voulait réveiller à une vie plus profondément juive et séparée des Romains. Son "Rendez à César ce qui est à César" n'est qu'une nouvelle affirmation que le mélange culturel avec l'occupant n'est pas possible. Il veut regrouper les croyants monothéistes et, à cette époque, il n'y a que les juifs et les samaritains. Il tente ainsi de diminuer le clivage entre les samaritains et les juifs, sans toutefois aller jusqu'à abolir les différences qui persistent entre eux.

Chez Jésus il y a également l'exigence d'un don de son soi inconditionnel allant jusqu'au martyre, l'attente de la fin des temps très marquée dans les passages les plus anciens des Évangiles, ainsi qu'une opposition sourde à l'autorité romaine, souvent décelable, en particulier quand il dit aux disciples : "Allez ! Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups." (Luc 10,3; Matthieu, 10,16). Cette phrase vise les collaborateurs des Romains et les Romains eux-mêmes.

Sa réputation de Messie est à l'origine d'un vaste mouvement populaire qui inquiétait aussi bien les notables d'Israël que le pouvoir du protecteur romain. Son entrée à Jérusalem est son plus beau coup. A chaque fête du Temple, le préfet romain entrait dans Jérusalem avec ses cohortes en venant de l'ouest, pour assurer la tranquilité et l'ordre durant la période de fête souvent agitée. Si Jésus entre dans Jérusalem sans troupe et venant de l'est accompagné de pèlerins, et y est salué comme le représentant du "règne de David notre père" (Marc 11,10), il s'agit sans doute là d'une contre mise en scène délibérée. Jésus ici prend au dépourvu les autorités juives et romaines. Elles n'osent intervenir et cela durant plusieurs jours, car une foule nombreuse l'écoute et le soutien.

Jésus, le rebelle de NazarethIl faut aussi signaler l'épisode des marchands chassé du Temple (Marc 11, 15). Jésus les chasse avec une certaine violence, bizarre pour quelqu'un qu'on dit non violent. Son but est la purification du Temple, car le Temple actuel avec l'aristocratie qui y est liée, se voit privé par là de sa légitimation religieuse.

Le danger qu'il représente pousse les autorités juives à conspirer contre lui, sans doute poussées par le gouverneur romain en place, Ponce Pilate. Après le repas du Seder, Jésus est arrêté pendant la nuit, et conduit devant les autorités juives pour l'interroger. Ne trouvant rien contre lui ou n'arrivant pas à le sauver, les chefs des prêtres l'envoient devant Pilate. Ce dernier, cherche un motif de condamnation à travers un court interrogatoire, qui doit se résumer à cela : "Es-tu le roi des juifs ?" Jésus en lui répondant : "Tu le dis", donne à Pilate le motif de sa condamnation et ce dernier le fait crucifier.

La croix montre que Jésus était une menace pour l'autorité romaine. Pilate ne se privera pas de placarder les raisons de sa condamnation : INRI (Iesus Nazareus Rex Iudaeorum) : Jésus le Nazaréen roi des Juifs. Condamnation on ne peut plus politique.

Mais la résurrection de Jésus après sa mort, peut servir pour les disciples et les frères de Jésus à continuer le mouvement, et la croyance qu'il n'était pas mort n'est pas si inimaginable, car son charisme et sa puissance de persuasion ne pouvait mourir avec lui. Alors a-t-il survécu ou pas ? Là, c'est question de foi.

Merci !

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Publié le 16 Juin 2011

La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (2ème partie)Une des marques de la célébration de la Pentecôte dans le Catholicisme et une grande partie des confessions protestantes est la couleur rouge, tel que je l'ai évoqué dans la première partie de mon article. Les Prêtres, les ministres et les chœurs portent ainsi des vêtements de couleur rouge, et dans les temps modernes, coutume qui s'est étendue aux congrégations de laïcs, aux temps modernes (XVe-XVIIe siècles) dans la célébration, comme on peut le voir en Espagne par exemple ou en Provence. Des drapeaux rouges sont souvent accrochés sur les murs ou les plafonds pour symboliser le souffle du «grand vent» et la libre circulation de l'Esprit.
De même, peuvent figurer des symboles de l'Esprit Saint, comme la colombe ou les flammes, ou des symboles de l'Église comme de l'Arche de Noé et la grenade, ou en particulier au sein des églises protestantes réformées et évangéliques, des mots plutôt que des images, tel par exemple, les dons et les fruits de l'Esprit.
Les fleurs rouges peuvent être placées sur l'autel et la zone de prédication, ou des géraniums autour de l'église qui sont également des décorations typiques des services et de la messe de la Pentecôte. Elles symbolisent le renouveau de la vie, l'entrée de la chaleur de l'été, et la croissance de l'Église à partir de la première Pentecôte. Ces fleurs jouent souvent un rôle important dans les rites ancestraux, et d'autres rites, d'une Confession particulière. Par exemple, dans les deux Églises Protestantes et Catholiques, les fleurs rapportées dans la décoration pour la fête peuvent être chacune «parrainés» par des particuliers pour la mémoire d'un particulier, d'un être cher, ou en l'honneur d'une personne vivant une grande occasion, tels que le jour de sa Confirmation. Ces dédicaces sont ensuite imprimées dans des bulletins distribués lors du service.
Toutefois, la couleur rouge ne fait pas l'unanimité dans toutes les confessions chrétiennes. Ainsi, les églises orthodoxes sont souvent décorés avec de la verdure et des fleurs ce jour de fête, et la célébration est, donc, intentionnellement similaire à la fête juive de Chavouot, qui célèbre le don de la Loi mosaïque, que j'ai évoqué dans la première partie de mon article. Un peu un retour aux sources. Dans la tradition russe orthodoxe, la couleur liturgique utilisé lors de la Pentecôte est également le vert, et le clergé et les fidèles portent des fleurs et branches vertes dans leurs mains pendant les offices. De même, dans des pays de langue allemande et d'Europe centrale, et en particulier de confessions protestantes, des branches vertes sont aussi traditionnellement utilisés pour décorer les églises de la Pentecôte. Le bouleau est l'arbre le plus souvent associé à cette pratique en Europe, mais d'autres espèces sont aussi utilisées sous différents climats.
 
La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (2ème partie)Auparavant, la veille de la Pentecôte était traditionnellement un jour de jeûne pour les catholiques, mais aujourd'hui le droit canonique n'oblige pas les fidèles à le pratiquer. Toutefois, cela n'empêchent pas encore aujourd'hui certains Catholiques et protestants de pratiquer des retraites spirituelles, la prière des veillées et des litanies dans les jours précédant la Pentecôte.
Les célébrations de la Pentecôte, tout comme celle de Pâques, commence par un veillée le Samedi soir quelque soit la confession chrétienne, vers 21-22 heures, bien que dans certains cas, des veillées de Pentecôte peuvent durer toute la nuit dans les trois grandes confessions chrétiennes. Toutefois avec quelques variantes. Chez les Orthodoxes, ce service est nommé le Service des Grandes Vêpres. Tout, comme à Pâques, c'est une veillée en lecture, autour cette fois-ci du livre des Nombres 11, 16-17, 24-29 ; Joël 3, 1-5 ; Ezéchiel 36, 24-28. Des lectures qui préparent le lecteur à l'événement qui se célébrera le lendemain, car Dieu promet à son peuple, Israël, un esprit nouveau au temps de son retour. Prédictions qui imprégnés alors les disciples de Jésus. De même, dans la liturgie catholique, on peut proposer quatre textes de l'Ancien Testament qui mettent en lumière la signification multiple de la solennité. Toutefois, actuellement, on peut aussi n'en lire qu'un, mais une célébration développée comportant les quatre lectures est également proposée, laissée au choix pour la deuxième : Genèse 11, 1-9 ; Exode 19, 3-20 ou Ezéchiel 37, 1-14 ou Joël 3, 1-5, Psaume 104, 1 ; Romains 8, 22-27 ; Jean 7, 37-39. La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (2ème partie)Et qui, comme on peut le voir, ne sont pas toutes issues de l'Ancien Testament. Des lectures ne sont pas les mêmes que celle du Dimanche de Pentecôte. Mais cela est aussi propre aux deux autres confessions chrétiennes. Mais tout comme dans la religion orthodoxe, ces lectures préparent à l'événement qui aura lieu le lendemain, la venue de l'Esprit sur les disciples, comme le montre la quatrième lecture, Jean 7, 37-39, interprétée par l'évangéliste comme une promesse de Jésus à ses disciples de l'Esprit Saint, et sa présence dans l'Église, symbolisée par exemple par la deuxième et la troisième lecture.
Toutefois, la pratique tend à diminuer dans l'Église catholique, et on lui préfère souvent une messe anticipée de Pentecôte, qui a lieu à 18-19 heures.
Lors de cette messe, on fait parfois des confirmations, au cours de laquelle les confirmés portent la robe blanche rappelant le baptême, et une procession dans l'église avec le cierge pascal allumé. Le départ du pèlerinage de Chartres Notre Dame de chrétienté a lieu aussi la veille de la Pentecôte. Il y a aussi des rencontres de jeunes qui participent à la messe de la veillée de Pentecôte.
 
La messe du lendemain, celle du Dimanche de Pentecôte, est une des plus importantes du calendrier chrétien avec celle de Pâques et de Noël. Elle est précédée, le matin, dans la liturgie orthodoxe, par le service de Matines.
Au-delà des frontières confessionnelles, cette solennité est aussi la fête de l'avènement, de la fondation de l'Église, nouveau peuple de Dieu qui s'étend à toute l'humanité, dans un contexte œcuménique, même si théologiquement, les orthodoxes ne considèrent pas la Pentecôte comme la « naissance » de l'Eglise, car ils voient l'Eglise comme ayant existé avant la création du monde, à l'image du Pasteur d'Hermas. C'est aussi une célébration missionnaire que souligne au cours de la célébration le récit d'Actes 2, 1-12 : la Bonne nouvelle a été apportée, dès la Pentecôte, à toutes les nations (d'où le récit de glossolalie). Cet aspect est souvent exprimé et mis en valeur dans la célébration de l'assemblée. C'est aussi une occasion pour les chrétiens de mettre à l'honneur le rôle de l'Esprit Saint dans leur vie.
Depuis Vatican II qui a remis à l'honneur le culte rendu à l'Esprit-Saint, cette fête, dans la liturgie catholique, donne parfois lieu à des célébrations particulièrement festives, notamment au sein des communautés charismatiques qui laissent une grande place à l'Esprit Saint, à l'image du mouvement pentecôtiste protestant pour qui la fête de Pentecôte est aussi particulièrement importante, car le Pentecôtisme est caractérisé par le baptême de l'Esprit saint qui est une deuxième œuvre du Saint-Esprit. C'est une expérience que toute personne croyant en Jésus peut recevoir. Il est caractérisé aussi par les dons charismatiques de l'Esprit particulièrement le parler en langues ou glossolalie. Les pentecôtistes insistent enfin sur l'imposition des mains aux malades qui opère une guérison par l'action de l'Esprit. Pour ma part, je ne suis pas vraiment amateur de ces deux mouvements trop spiritualiste à mon goût.
Ce côté festif est particulièrement mis en valeur par les chants d'hymnes de Pentecôte et l'usage d'instruments de musique de la famille des cuivres au cours de la célébration dans le Catholicisme et le Protestantisme.
La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (2ème partie)Des Hymnes, tels celui de Martin Luther, « Viens, Esprit Saint, Dieu et Seigneur » (« Komm Heiliger Geist Herre Gott »), ceux de Charles Wesley, «Esprit de Foi descend » et « Viens Saint-Esprit inspirer nos cœurs », ou celui de Hildegarde de Bingen, « O Esprit Saint Racine de Vie», sont très populaires. Certains chants traditionnels de la Pentecôte font référence non seulement à des thèmes relatifs à l'Esprit Saint ou à l'église, mais aux coutumes populaires liées à la fête, comme la décoration avec des branches vertes dans certaines confessions protestantes que j'ai évoqués plus haut. Parmi eux, « Oh qu'il y eut un millier de voix » (« O daß ich tausend hätte Zungen ») de l'allemand, Johann Mentzer ou « O Journée pleine de grâce » (« Den signede Dag ») de Dane, et «Oui tous les arbres ont été doués de la parole et tous les chants remarquent... » de Nicolas Grundtvig. Dans la tradition catholique romaine, Veni Sancte Spiritus a été l'hymne de séquence pour le jour de la Pentecôte. Il a été traduit en plusieurs langues et est chantée dans de nombreuses autres confessions actuellement. La Pentecôte est aussi une des occasions spécialement désigné pour chanter la litanie luthérienne.
Des Trompettes ou des ensembles d'instrument de la famille des cuivre sont souvent spécialement choisit pour accompagner le chant et la musique des services de la Pentecôte, rappelant le bruit du vent puissant de l'Esprit saint qui entre dans le Cénacle où était réunit les apôtres. Bien que cette pratique soit courante chez un large éventail de Confessions catholiques et protestantes (l'Eglise orthodoxe n'employant pas l'accompagnement instrumental dans leur culte), il est particulièrement typique et caractéristique de l'héritage de l'Église Morave. A l'identique, en Sicile et dans la péninsule italienne s'est maintenue la coutume du jet de pétales de roses depuis les tribunes au cours de la congrégation, se rappelant les langues de feu.
Ce côté est parfois encore plus mis en valeur chez les Catholique et les Protestants, car pour mettre en valeur le caractère universaliste de l'évènement de la Pentecôte, un certain nombre de paroisse font le jour de la fête de la Pentecôte une messe appelée Messe des peuples ou Messe des nations. Un accent particulier est mis sur l'ouverture aux étrangers. On verra un peu plus loin pourquoi.
Un côté festif moins présent chez les Orthodoxes qui fêtent ce jour là la Trinité, d'où le nom que porte le Dimanche de Pentecôte, le « Dimanche de la Trinité ».
 
A la messe du dimanche de la Pentecôte, dans la liturgie catholique, en première lecture on a toujours le récit de l'évènement (Actes des Apôtres 2,1-11). L'évangile, où Jésus annonce l'envoie de l'Esprit Saint, ou Paraclet sur ses disciples, varie sur le cycle de trois ans : année A, Jean 20,19-23, année B, Jean 15, 16-26, année C, Jean 14,15-26. Par contre, la liturgie orthodoxe (Jean 7, 14-36), qui n'est pas une célébration de l'Esprit saint, tel que je le rappelle plus haut, rapporte l'action de Jésus le jour de la fête des Tentes ou il annonce son départ prochain vers le Père. Parfois, une autre coutume est de lire les enseignements de la Bible dans plusieurs langues étrangères racontant le parler en langues enregistrées dans Actes 2, 4-12.
Le sens de la fête est bien exprimé par ces homélies pour la Pentecôte, Les homélies pour la Pentecôte commentent habituellement le texte des Actes des apôtres et font réfléchir sur le miracle des langues. Les homélies pour la Pentecôte nous posent aussi la question de l'engagement du chrétien dans sa vie spirituelle. Les homélies pour la Pentecôte peuvent ainsi marquer la plénitude et la fin du temps pascal.
La Communion est également souvent une caractéristique de la célébration de la Pentecôte protestante. C'est l'un des rares dimanches où certaines églises réformés peuvent offrir le repas de communion (l'Eucharistie protestante n'est offerte qu'aux gens qui se sont astreint à un jeûne purificateur la veille, ce qui explique que ces derniers communient moins souvent que chez les catholiques), et est l'un des jours de l'année spécialement désigné parmi les Moraves pour la célébration de leur fête de l'Amour. Les ordinations sont également célébrées à travers un large éventail de confessions catholiques et protestantes à la Pentecôte, ou à proximité de celle-ci. Dans certaines communautés, par exemple l'Église luthérienne, même si une ordination ou la consécration d'une diaconesse n'est pas célébrée à la Pentecôte, la couleur liturgique sera invariablement rouge, et le thème du service sera le Saint-Esprit.
Afin d'insister sur le côté universel de la célébration, on dit parfois, le dimanche de la Pentecôte, la prière universelle en plusieurs langues et on demande aux personnes d'origine étrangère de se réunir dans le chœur pour dire le Notre Père.
La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (2ème partie)Au cours de la célébration du « Dimanche de la Trinité » orthodoxe, l'icône de la Trinité est offerte à la contemplation des fidèles avec l'icône de la Pentecôte. Et depuis la réforme liturgique de 1955-1956, dans la liturgie catholique, c'est après la Pentecôte que le cierge pascal, qui était dans le sanctuaire pendant le temps pascal, est retiré du sanctuaire et placé auprès des fonts baptismaux.
Dans de nombreux autres cas, cependant, la Pentecôte est un jour férié ignoré dans les églises protestantes évangéliques. Peut-être ironiquement, ce qui inclut de nombreuses congrégations pentecôtistes. Les chrétiens de ces traditions seraient surpris d'apprendre l'importance accordée à la fête par des tiers, et en fait dans de nombreuses églises évangéliques aux États-Unis, la Fête des Mères laïque est plus célèbre que la biblique et ancienne fête de la Pentecôte. (Cela tend à être beaucoup moins le cas chez les évangéliques dans les pays où la Pentecôte est célébrée en bonne place, comme l'Allemagne, patrie du luthéranisme, ou la Roumanie). Mais comme on l'a vu plus haut, cela tend à changer. De nombreux évangéliques sont aujourd'hui en train de redécouvrir le calendrier liturgique et d'observer la Pentecôte comme un jour d'enseignement sur les dons de l'Esprit Saint.
Plus tard, à la neuvième heure (15 heures) pour l'ancienne église orthodoxe copte d'Alexandrie, ou pendant la nuit, pour l'église orthodoxe, on est célèbre ce que l'on appelle les Vêpres effectuées, où l'on propose un service auquel sont ajoutés trois longues séries de prières poétiques, composées par Basile le Grand, connu sous le nom « Office de la génuflexion (Genoux prière) », au cours duquel tout le monde fait beaucoup de prostration, pose le front sur le sol (les prosternations à l'église ayant été interdite à partir du jour de Pâques jusqu'à la Pentecôte). Ces prières marquent le début de la pratique de s'agenouiller lors de la liturgie au moment où le pain et le vin sont consacrés comme le corps et le sang du Christ. Cette pratique prépare à la célébration qui se déroulera le lendemain.
Afin de marquer que, à la Pentecôte, le cycle liturgique a atteint sa plénitude, l'Eglise orthodoxe appelle tous les Dimanches qui suivent «Dimanches après la Pentecôte». Elle continue même de les désigner ainsi jusqu'au premier Dimanche de la préparation au grand Carême.
Selon la tradition reprise par Charles Péguy le 14 juin 1912 et réactivée depuis 1983, il y a actuellement il y a deux pèlerinages de Chartres du samedi au lundi. Le pèlerinage Notre Dame de chrétienté et le Pèlerinage de tradition, le premier traditionnaliste et l'autre intégriste.
 
La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (2ème partie)C'est seulement le jour suivant appelé « Lundi de l'Esprit saint » ou « Journée de l'Esprit saint » où l'on célèbre la descente de l'Esprit saint sur les apôtres. Cela montre que c'est la Trinité qui est la source de la venue de l'Esprit. Dans le service du lundi de l'Esprit Saint de nombreux hymnes sont chantés, les mêmes que le jour de la Pentecôte. La liturgie de ce jour se compose de l'épître aux Ephésiens 5:8-19 et de l'évangile de Matthieu 18:10-20. Pendant la Liturgie le diacre entonne l'introït même que le jour de la Pentecôte, et le licenciement est le même que le jour de la Pentecôte. Des Canons spéciaux pour l'Esprit Saint sont chantés en complies et en vigiles. Mais le lundi de l'Esprit saint il n'y a pas dans toutes les églises une célébration ou l'on fête avec l'icône la descente du Saint Esprit. La fête de la Pentecôte s'achève le lendemain, le mardi qui est appelé le« troisième jour de la Trinité », gardant ainsi la vieille tradition de la Pentecôte en trois jours qui n'existe plus dans l'Église Catholique depuis 1771. Non seulement les monastères et les cathédrales, les églises paroissiales célèbrent en ce jour souvent la Liturgie en ce jour.
La Procession dansante d'Echternach a lieu le mardi de Pentecôte.
Depuis 1965 et le nouvel ordo liturgique de Paul VI, le lundi de la Pentecôte n'est plus liturgiquement solennisé. Il n'y a donc plus de liturgie du lundi de la Pentecôte sauf dans les églises qui pratique le Rite Extraordinaire Romain, mais elles sont très minoritaires. De même, dans le rite catholique byzantin, le lundi de Pentecôte n'est plus un jour de fête d'obligation, mais plutôt un simple jour de fête. Ce qui n'est pas le cas de l'Allemagne, où le lundi de Pentecôte (en allemand : Pfingstmontag) est une fête d'obligation pour les catholiques romains, et dans de nombreuses églises protestantes, comme l'Eglise (luthérienne) de Suède, l'Église évangélique luthérienne de Finlande, et encore d'autres, où, il reste une fête de l'église officielle
Dans la liturgie catholique, l'ancienne octave a été supprimée, lui aussi en 1965, pour que le « cinquantième » jour retrouve pleinement sa fonction d'achèvement ; par contre, les dix jours qui séparent l'Ascension de la Pentecôte sont célébrés comme une solennelle préparation à la venue de l'Esprit, dans l'assiduité à la prière auprès de Marie, Mère de Jésus (Actes 1, 14).
Il s'est cependant, maintenu chez les orthodoxes, où il dure une semaine, au cours de laquelle le jeûne n'est pas permis, même le mercredi et le vendredi, car depuis Pâques il est prohibé.
 
J'espère que cet article vous aura plu, et vous aura appris des choses utiles pour cette fête. Du moins assez pour briller en société.
                                                                                                                                                                                                       Freyr1978

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Publié le 14 Juin 2011

 
La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (1ère partie)Il faut savoir que La Pentecôte est une fête chrétienne inspirée de la fête juive de Chavouot ou fête des Semaines, la Pentecôte juive, à l'occasion duquel se serait déroulé l'événement à son origine. Dans les pays anglophones, la Pentecôte est aussi connu sous le nom de Whitsunday. Dans d'autres parties du monde, la Pentecôte a d'autres noms, notamment « Dimanche vert » en Ukraine et « Vacance verte » en Pologne. J'en expliquerai les raisons plus loin.
Elle commémore une expérience mystique collective des apôtres de Jésus de Nazareth rapportée par les Actes des apôtres et célèbre la descente de l'Esprit Saint sur ceux-ci le cinquantième jour à partir de Pâques, comme Chavouot commémore, cinquante jours après la Pâque juive, la descente du Mont Sinaï par Moïse, porteur des Tables de la Loi. Ainsi, la Pentecôte est un temps pour de nombreux chrétiens pour célébrer deux réalités importantes: l'Esprit Saint, troisième personne de la trinité chrétienne, et de l'Eglise. Pentecôte a longtemps été une fête très importante dans la religion catholique et les Eglises orthodoxes, car il célèbre le début officiel de l'Église. Elle est l'un des douze grandes fêtes de l'Eglise d'Orient, la deuxième en importance après Pâques. Et est une des fêtes mobiles du calendrier chrétien, se déroulant lors du temps pascal le septième dimanche, soit quarante-neuf jours, après le dimanche de Pâques. Elle se poursuit le lendemain, dans certains pays, par un lundi férié ou chômé, dit « Lundi de Pentecôte ».
Toutefois, il faut savoir que le récit qui est à l'origine de cette fête, celui d'Actes 2, 1-41 est dû à un travail de rédaction de l'évangéliste Luc sur un récit primitif très différent qu'il est possible de reconstituer.
 
Comme indiqué en 2, 1 ce récit se déroule lors de la fête juive de Pentecôte dans un lieu inconnu mais assez grand pour accueillir les disciples qui n'est pas celui où ils étaient réunit en Actes 1, 13. Si le Cénacle ne convient plus, c'est qu'ils sont plus qu'une dizaine ou une vingtaine. Les disciples ont-ils reformé leurs groupes qui étaient en sommeil depuis la mort de Jésus en Galilée et en Judée ? On peut légitimement se poser la question.
Dans le récit primitif, les pèlerins qui se retrouvent devant la maison, sont attirés par un « bruit, qui remplit toute la maison où ils se tenaient » (Actes 2, 2). Il est probable que les disciples ont bougé les meubles pour être soit plus à l'aise pour discuter s'il devait sortir de la clandestinité lors de cette fête au risque de se retrouver de nouveau en conflit avec les grands prêtres soit pour préparer la fête des moissons que restait la Pentecôte. Mais le hasard fit bien les choses et fut peut-être vu comme un signe par les disciples qui y virent un instrument de la volonté de Dieu qui les incitait à prêcher dès maintenant l'imminence du Royaume de Dieu.
Cette fête s'y prêter à merveille. Vers le début du Ier siècle, elle devient l'un des trois grands pèlerinages annuels, surtout célébré par certains juifs hellénisés et par certaines sectes juives, en particulier, dans les deux cas provenant des milieux apocalyptiques, expliquant sa mise en valeur dans le Livre des Jubilés et au sein de la Communauté de Qumran. Un choix qui n'est donc pas dû au hasard. Surtout pour une communauté apocalyptique, comme le fut à l'origine, celle de Jésus.
La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (1ère partie)Ils prêchent, tel que le montre Actes 2, 6 en langues diverses, mais il ne faut pas y voir un phénomène de glossolalie (le fait de parler en langues) les Douze et les frères de Jésus, étant membre des professions de l'artisanat, du commerce, et même collecteur d'impôts (je parle ici de Matthieu) et Galiléen, maniait probablement l'Araméen, le Grec et le Latin, langue des pèlerins, qui venait alors à Jérusalem, et dont Actes 2, 9-11, qui est probablement un ajout rédactionnel de l'évangéliste Luc, rapporte les origines : «Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes... » Ces origines sont probablement celles de la Diaspora Juive du Ier siècle, mais peut-être aussi celle des communautés chrétiennes des années 80-90, date de rédaction des Actes des Apôtres.
D'où leur étonnement tout à fait compréhensible : «Que peut bien être cela ? »
C'est alors que les disciples entrent en jeu. Mais c'est Simon Pierre, seul, qui s'exprime. La raison en est simple. Les Douze ont été chargés de son vivant par Jésus de transmettre la Parole de Dieu, et parmi eux, c'est Pierre qui était le plus à l'aise, étant déjà du vivant de Jésus le porte-parole du groupe. Ensuite, en tant que principal ministre de Jésus, si l'on suit Matthieu 16, 19, et donc de Jacques, frère de Jésus, qui assure la régence en attendant son retour (un bon moyen d'éviter un conflit de succession), il est le plus à même de tenir son rôle. Il deviendra d'ailleurs plus tard, le chef des Missions.
Il n'a sans doute pas tenu le long discours que lui a prêté Actes 2, 14-36, 38-39. Mais plutôt le Kérygme primitif plus court : « Hommes israélites, écoutez ces paroles : Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez, ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu — lui, vous l'avez cloué à une croix et vous l'avez fait périr par la main d'hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité, ayant délié les douleurs de la mort, puisqu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle. (...) Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins. (...) Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé, en rémission des péchés; et vous recevrez le don du Saint Esprit.»
Un discours dans sa substance très proche de celui que tient Jésus aux disciples de Jean Baptiste, où il est accrédité par ses actes en tant que Messie par Dieu, et au début de sa prédication, où il invite les Juifs à la Conversion car le Royaume de Dieu s'approche. Ce qui compte ici c'est l'urgence de la proximité du Royaume que Jésus a promis à ses disciples de son vivant. Un discours que comprendrait facilement les disciples car il avait accès mentalement au texte bibliques. Il comprendrait facilement les références à Isaïe 61, 1-3, qui est une référence au Jubilé messianique qui aura lieu au retour de Dieu, et qui montre que Jésus était un «homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous ». De plus, la Résurrection n'avait pas être explicité par les Écritures car le témoignage des disciples suffisaient, et Jésus, en étant le premier Ressuscité, avait montré l'imminence du Royaume, dont Israël purifié viendrait, avec Jésus à sa tête, juger l'humanité. La vision collective du Fils de l'homme, qui est l'hypothèse retenu par les spécialistes. Et le baptême, si l'on Actes 18, 25, ne se faisait pas au nom de Jésus au sein des communautés judéo-chrétiennes, et consistait simplement en une immersion complète dans l'eau. Il pouvait également, comme le montre le baptême de Jésus, être un moment de communion avec le Saint Esprit, et sans référence au propose du Baptiste qui à l'origine, pense-t-on actuellement, promettait que celui qui viendrait après lui (probablement Dieu) offrirait un baptême de feu seulement.
Cette enseignement, intriguant, mais basé sur des références bibliques, attira d'après le texte 3 000 personnes. Ce qui est peu probable quand on sait que le groupe des disciples ne comptait, ainsi, que 120 membres à ses débuts, tel que le montre Actes 1, 15. D'ailleurs, ils ne sont guère inquiétés à l'époque. Les Grands Prêtres n'agiront réellement qu'à partir du moment où la prédication des Hellénistes remis en cause le Temple, et les apôtres ne furent d'ailleurs pas inquiété avant le règne d'Hérode Agrippa Ier, entre 41 et 44. Ce qui montre qu'avant cette date, ils n'étaient guère nombreux et menaçants. C'est surtout la prédication des Hellénistes et de Paul de Tarse qui augmentera le nombre de membres de la secte Nazoréenne, même jusqu'en Samarie.
Mais l'Église n'est probablement pas née lors de la Pentecôte. Les communautés chrétiennes se sont reformés suite aux apparitions de Jésus entre 1 et 2 ans, au cours desquels le Ressuscité réorganise les Nazoréens en Galilée surtout. Á l'instar de cette réorganisation, les groupes se réorganisent aussi en Judée, et à Jérusalem, dans des maisons de proches, comme celle où ils se trouvent lors de la Pentecôte. Lieu d'importance, car c'est là où se situe le Temple, le lieu principal de pèlerinage du Judaïsme, qui attirait tous les Juifs de l'empire Romain et de l'empire Parthe. Le lieu le plus indiqué pour faire connaître l'enseignement de Jésus. Il n'y a donc pas naissance, mais plutôt sorti de clandestinité.
La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (1ère partie)C'est l'évangéliste Luc qui donnera à la Pentecôte un sens différent de celui originel. Sa communauté vivait dans un contexte différent dans les années 80-90, dans une communauté principalement pagano-chrétienne, éloigné des références bibliques du récit primitif, et plus sujette, à l'enthousiasme. C'est une raison probable des ajouts bibliques de Joël 3, 1-5, citée dans le verset 17, et de Psaume 16, 10, dans les versets 25-28, mais aussi du récit de la descente de l'esprit en langue de feu sur les disciples, qui est une référence évidente de l'image du feu conforme à la tradition juive de l'époque sur l'épisode de la révélation sinaïtique. Joël 3, 1-5 et l'image de feu n'ont donc pas été choisi au hasard elles sont une référence évidente au fait que le peuple d'Israël, par le choix divin, est devenu un peuple de prophètes. Et que les Chrétiens, face à la concurrence des Pharisiens dans la Diaspora, étaient appelés à renouveler l'annonce prophétique peut-être au moment où sa communauté ne bénéficiait plus d'apparition de Jésus. Il chercha donc un moyen plus commode de l'expliquer d'abord par une promesse de la venue de l'Esprit, alors que Jésus avait déjà remis son pouvoir aux disciples lorsqu'ils les avaient envoyé en Mission, ensuite par le fait qu'il soit enlevé au Ciel, et que l'Esprit Saint était descendu sur les disciples, et que ce fait se renouveler après chaque baptême après imposition des mains par un responsable de l'Église. Le même phénomène semble avoir touché, dans les années 90, celle de l'auteur de l'évangile de Jean, où Jésus promet le Paraclet, en fait l'Esprit Saint, lui aussi lors du dernier repas, et qu'il le souffle sur les disciples dans sa première apparition aux apôtres. Face à la diminution des apparitions, la solution de communauté inspirée fut donc privilégiée.
 
Un fragment du IIe siècle attribué à Irénée, évêque de Lyon entre 177 et 202, donne une origine apostolique à cette fête, mais c'est peu probable. D'ailleurs ce fragment est la trace la plus ancienne de cette fête. Mais les Chrétiens célébraient alors Pâques « grand dimanche » pendant 50 jours et seulement en Syrie et en Asie Mineure. Dans Sur le baptême 19 de Tertullien, apologiste chrétien (155-220) la fête apparaît comme déjà bien établie vers l'an 200. Cependant quand on parle de Pentecôte à l'époque, c'est pour désigner la durée de ces 50 jours et non la fête du 50ème jour. Ces 50 jours formaient un unique jour de fête. C'était aussi un des moments où l'on baptisait les catachumènes avec la fête de Pâques : « Un autre jour solennel du baptême est la Pentecôte, lorsqu'il s'est passé un assez long intervalle de temps pour disposer et instruire ceux qui doivent être baptisés » (id.). Le choix n'est pas innocent car lors du baptême, l'évêque pose sa main droite sur la tête du néophyte en appelant l'Esprit saint au moyen d'une bénédiction (Sur le baptême 8, 1). Le pèlerin gaulois, originaire de Bordeaux, donne également un compte rendu détaillé, datant de 333, de la manière solennelle par laquelle elle a été observée à Jérusalem (Peregrin. Silviæ, iv).
C'est au IVème siècle qu'on se mit à célébrer le 50e jour... mais on célébrait aussi en même temps l'Ascension de Jésus, qui ne fut séparée de la Pentecôte qu'au Ve siècle. Et ce n'est que vers la fin du IVe siècle que la liturgie a célébrée la fête de la Pentecôte comme une fête distincte de l'Ascension, célébrant la venue de l'Esprit Saint, et au cours de laquelle, on célébrait une vigile dans la nuit du Samedi au Dimanche, qui constitue une seconde édition de la veillée pascale, car l'on pouvait baptiser les catachumènes qui n'avaient pas reçut le baptême la nuit de Pâques , et pour les néophytes la solennité de la Pentecôte s'ouvrait au moment même de leur baptême. Comme ceux de la Pâque, ils revêtaient alors les habits blancs, et ils les déposaient le samedi suivant, qui était compté pour le huitième jour. Au cours de cette vigile, comme à celle de Pâques, il y avait un jeûne très strict.
Vers 380, Les Constitutions apostoliques (V, xx, 17) nous apprennent également que la Pentecôte durait une semaine. L'origine de l'Octave de la Pentecôte. Elle semble alors se généraliser, étant attester à Rome et à Milan vers 380, et peut-être était-elle déjà connue en Espagne dès le début du IVème siècle.
A partir de Léon Ier le grand, pape de 440 à 461, la solennité de Pentecôte tout comme en Orient fut prolongée d'une semaine à Rome. Á cette occasion, lors de la veillée de la Pentecôte, une place importante était accordée à Rome à Pierre, qui avait une place si importante dans le récit et donc à son successeur le Pape, au cours d'u double office : d'abord on en célébrait un dans l'hypogée de la Basilique ad Vincula, dédiée aux Princes des Apôtres, Pierre et Paul, où l'on vénérait la châsse sépulcrale de l'Apôtre, puis un second à l'autel majeur. En ce dernier office qui était le plus solennel, les chanoines chantaient la première leçon, les cardinaux la seconde et le Pape lui-même la troisième. Après la messe, le Pontife était couronné du regnum et retournait processionnellement à la Basilique du Latran, Mère et Chef de toutes les églises de la ville et du monde.
L'Occident ne commencé à célébrer l'Octave qu'à l'époque carolingienne, à partir du VIIIe siècle avec l'extension de la liturgie romaine, et la Pentecôte y a été préféré, même à Pâques pour le rite du baptême, car les températures de fin de printemps étaient censées être plus favorable au baptême par immersion comme c'était alors la pratique. Il est probable que le terme anglais de Whitsunday découle de la coutume des baptisés vêtus de blanc, et des vêtements blancs portés par le clergé en anglais lors des usages liturgiques. La liturgie de la Pentecôte sera conservée jusqu'en 1969. La liturgie de la veillée de Pentecôte est un bon exemple, car les cérémonies de samedi étaient semblables à celles du Samedi saint car on procédait au baptême des catachumènes retardataires. Suivant le type romain primitif, la liturgie consistait, comme dans la nuit pascale, en douze lectures scripturaires. Celles-ci étaient faites en grec et en latin, et alternaient avec le chant des cantiques des prophètes et des collectes dites par le Pontife. La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (1ère partie)Le pape Grégoire Ier le Grand (590-604) réduisit à six le nombre des lectures, et ce nombre fut respecté même quand, au VIIIe siècle, par suite de l'influence du Sacramentaire Gélasien, revenu en honneur à Rome durant la période carolingienne, les leçons de la grande vigile de Pâques furent ramenées au nombre symbolique primitif de douze. Á partir du IXe siècle, s'y ajouta l'hymne Veni Creator Spiritus, Viens Saint Esprit Créateur, entonné en grégorien, composé par Raban Maure, archevêque de Mayence entre 847 et 856, sous l'influence de la Réforme clunisienne. En effet, son usage de l'office de tierce aurait commencé dans la liturgie de Cluny, puisqu'il commémore la descente de l'Esprit à la troisième heure du jour
Mais l'Octave de Pâques ne fit cependant jamais l'unanimité. Il ressort de Bernon (943-1048), supérieur du couvent de Reichenau, que c'était un point discutable à son époque de savoir si le Dimanche de pentecôte devait avoir un Octave. Si bien que la Pentecôte fut réduite à trois premiers jours de la semaine au Concile de Constance en 1094. Depuis le concile de Latran en 1215, réunit par le pape Innocent III (1198-1216), la fête a été aussi l'un des trois jours (avec Noël et Pâques) où, chaque année, les catholiques étaient tenus de se confesser et recevoir le sacrement de la sainte communion, afin de rester en règle bonne église. De même fut ajouté à la messe de Pentecôte une séquence, le Veni Sancte Spiritus, attribué au pape Innocent III ou, plus probablement à Stephen de Langhton archevêque de Canterbury (1207-1228), et qui fut l'un des seuls quatre hymnes médiévaux préservés dans le Missale Romanum à la suite du concile de Trente (1545-63).
 
Au Moyen-Age se développent également en plus du rituel un certain nombre de traditions. On donna à la fête de la Pentecôte le gracieux nom de « Pâque des roses », qui est resté dans certaines régions du centre et du sud de l'Italie sous le nom de rosatum Pascha, le nom italien rossa Pasqua venant de la couleur rouge des vêtements utilisés lors de la Pentecôte ; nous avons vu celui de Dimanche des roses s'est vu également imposé au Dimanche dans l'Octave de l'Ascension. La couleur vermeille de la rose et son parfum rappelaient les langues enflammées qui descendirent dans le « Cénacle » sur les disciples. La sainte Liturgie est entrée dans la même pensée en choisissant la couleur rouge, un symbole de l'Esprit Saint ou des langues de feu, pour la messe durant toute l'Octave. Dans certains cas, les amateurs de rouge, ou mouchoirs rouges sont distribués aux fidèles assemblés pour être agité au cours de la procession. D'autres congrégations ont intégré l'utilisation de ballons rouges, signifiant la «Date de naissance Eglise » dans leurs festivités qui peut être fait par les fidèles, ou utilisé pour décorer le sanctuaire, ou libérée en une seule fois. La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (1ère partie)Guillaume VI Durand, évêque de Mende (1296-1330), dans son rational, nous apprend qu'au XIIIème siècle, à la Messe de la Pentecôte, on lâchait des colombes qui voltigeaient au-dessus des fidèles en souvenir de la première manifestation de l'Esprit-Saint au Jourdain, et que l'on répandait de la voûte des étoupes enflammées et des fleurs en souvenir de la seconde au Cénacle. Dans certains pays on faisait également descendre une pluie de fleurs de la voûte des églises pour symboliser la descente du St Esprit, ou deux colombes doubles, découpées dans du bois, peint et décoré avec des fleurs, au moment où l'on étonnait le Veni Creator Spiritus. En Italie, on faisait même voler dans certaines églises des colombes au dessus des fidèles pour symboliser la descente du Saint Esprit. De même afin que le symbolisme soit plus fort, les cathédrales et les grandes églises dans toute l'Europe occidentale étaient équipées d'une architecture caractéristique particulière connue sous le nom d'un trou Saint-Esprit, une petite ouverture circulaire dans le toit qui symbolise l'entrée du Saint-Esprit au milieu des fidèles assemblés. A la Pentecôte, ces trous du Saint-Esprit étaient décorés de fleurs, et parfois une colombe descendait dans l'église alors que le récit de la Pentecôte était lu. On peut voir encore aujourd'hui des trous du Saint-Esprit dans les églises européennes telles que la cathédrale de Canterbury.
La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (1ère partie)Le lundi de Pentecôte, il y avait également la fête séculaire de Notre-Dame : la procession se terminait avec le retour de la pluie abondante de pétales de roses et il était nécessaire d'avoir sur la table de la salle à manger le pastiera, gâteau de Pâques. Dans le Haut-Adige, également le dimanche suivant est célébré le Sacré-Cœur, le Corps du Christ. Des processions religieuses étaient organisées avec les groupes et les entreprises de « tireurs ». Dans la soirée du dimanche, le Sacré-Cœur étant posé sur le sommet des montagnes étaient allumés des feux en forme de croix et les cœurs, les feux du Sacré-Cœur.
En Angleterre, on organisait des courses de chevaux auxquelles participait la foule qui les organisait. De même, la chevauchée de la Pentecôte à Kötzting compte parmi les processions à cheval les plus grandes d'Europe et remonte à un vœux de 1412. Dans le village de Steinbühl à peu près à 7 km de Kötzting un homme mourant pria et demanda le réconfort de l'église. Le prêtre ne se voyait pas capable d'aller là bas sans protection.
C'était ainsi que spontanément les jeunes garçons de Kötzting partirent accompagner le prêtre. Après un heureux retour, il fût décidé que la chevauchée serait répétée chaque année. Il en resta ainsi. Chaque année le lundi de Pentecôte, près de 800 cavaliers en prière traversent la vallée en fleurs de Zellertal pour Steinbühl dans leur costumes traditionnels, chevauchant leur monture décorée.
Sous le tintement solennel des cloches d'églises, les citadins et les paysans quittent à 8 heures la ville en priant, sur leurs chevaux décorés pour l'occasion, afin de renouveler l'ancien vœu. La procession à cheval est conduite par un cavalier portant la croix, viennent ensuite ceux portant des lanternes, les joueurs de fanfares, le dirigeant spirituel accompagné des servants de messe. Derrière suivent le fiancé de Pentecôte avec les deux garçons d'honneur. La tête du convoi se termine par le fiancé de Pentecôte de l'année précédente, qui porte le drapeau de la bourgade, et ses garçons d'honneur ainsi que par la délégation des garçons de la commune. Les autres cavaliers suivent.
Dans les temps anciens on allumait des feux aussi bien dans le sud de la Norvège qu'au nord, dans le Trøndelag, et il fallait veiller toute la nuit pour voir danser le soleil le lendemain matin. À l'époque moderne, la Pentecôte s'est sécularisée. À la faveur d'un pont, elle est devenue un week-end prolongé consacré au jardinage de printemps, à l'entretien des bateaux de plaisance et à l'ouverture de la saison de villégiature dans les chalets. C'est aussi un week-end de sorties en forêt ou dans les landes.
Chez les Orthodoxes, se sont développé également des rituels originaux.
Ainsi, une célébration typiquement chypriote, Le Kataklysmos coïncide avec cette fête. Elle est célébrée chaque année pendant cinq jours dans toutes les villes côtières, mais surtout à Larnaka où ont lieu les principales festivités. La célébration même de la fête consiste en une joyeuse procession jusqu'à la mer où les participants s'aspergent généreusement d'eau en signe de purification du corps et de l'esprit. Elle est célébrée aussi par des danses folkloriques ou des courses de bateaux.
On débat parfois des origines de cette fête qui pourrait rappeler de façon très lointaine le déluge et Noé sauvé des eaux, ou encore l'arrivée sur le rivage de Saint Lazare ressuscité, à moins qu'il ne faille y voir la résurgence d'une fête païenne célébrant la naissance d'Aphrodite. Mais c'est en tout cas une fête exclusivement chypriote et tout à fait particulière.
A la Pentecôte, les moldaves ornent les maisons et les églises de rameaux verts. Ils appellent le jour de la Pentecôte le « Grand dimanche ». Ce grand dimanche est précédé du Samedi des morts, jour ou on nettoie les puits et les sources d'eaux.
 
La fête de la Pentecôte, une façon de vivre l'Esprit (1ère partie)Le repos du mardi de Pentecôte a été finalement aboli en 1771, ce qui réduisit à deux les jours chômés au sein de l'Église bien qu'en France, avant la Révolution française, la semaine qui suivait la Pentecôte fut fériée. Ce qui montre qu'il y eut quelques difficultés d'application à la nouvelle liturgie. Il en fut de même par la suite pour le lundi de Pentecôte tel que le montre la France où le Concordat de 1801 réduisit le caractère férié au seul Lundi de la Pentecôte. Le Lundi de Pentecôte est finalement devenu officiellement un jour férié d'après la loi du 8 mars 1886 et l'est toujours resté sans autre particularité jusqu'en 2004. C'est finalement Pie X qui abrogera le Lundi de Pentecôte comme jour chômé en 1911. Cependant, il reste encore un jour férié jour férié en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en France, au Luxembourg, aux Pays-Bas, dans certains cantons suisses, en Norvège, au Danemark, en Ukraine, en Roumanie, en Islande, à Madagascar, en Grèce, au Sénégal, au Togo. En Suède, il ne l'est plus depuis 2005, année où le 6 juin (fête nationale suédoise) est devenu férié. Mais il ne l'est pas dans des pays pourtant de tradition catholique comme l'Italie, le Brésil, l'Irlande, l'Espagne, le Canada (qui célèbre la Fête de la Reine Victoria et la Journée nationale des patriotes au Québec, lesquelles sont fixées à la même date, c'est-à-dire le dimanche qui précède le 25 mai), le Portugal, la Pologne, ni au Cameroun, ni dans les pays de tradition orthodoxe comme la Russie. Entre 2004 et 2007, suite à la décision du gouvernement Raffarin d'en faire un Journée de solidarité envers les personnes âgées, il reste férié mais devient non chômé pour beaucoup d'entreprises. Il redevient simplement férié dès 2008, à l'exception de certaines branches relevant de l'État, telle l'Armée de Terre.
La réforme de la Sainte Liturgie sous le pape Pie XII (1955-1956) a supprimé le caractère de vigile qu'avait le Samedi précédant le Dimanche de Pentecôte. Jusqu'au concile Vatican II, le lundi de Pentecôte était également une fête d'obligation au cours de laquelle l'Église catholique s'adressait aux nouveaux baptisés et confirmés. Ce qui n'est plus le cas depuis le Missel Romain de 1970, établi par le pape Paul VI. Depuis cette date, le lundi de Pentecôte n'est plus solennisé hormis dans les branches traditionalistes de l'Église. La réforme de 1960 a également réduit les matines de Pentecôte à un seul nocturne (comme les autres vigiles : neuf psaumes, évangile et commentaire de l'évangile) tandis qu'auparavant, comme pour tous les jours de l'Octave de l'Ascension et le Vendredi après l'Octave, l'Office est festif, avec les trois nocturnes à Matines.

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Publié le 6 Juin 2011

 
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalLa fête de l'Ascension est une des fêtes mobile du calendrier chrétien, quelque soit sa confession et sa divergence de calendrier, comme les trois grandes du temps pascal. Elle célèbre, seul élément d'unité, la montée au ciel de Jésus 40 jours après Pâques, dans la grande continuité des célébrations pascales qui s'achève 50 jours après Pâques à la Pentecôte, à laquelle je consacrerai mon prochain article. Les termes latins utilisés pour la fête, Ascensio et, parfois, ascensa, signifient que le Christ a été élevé par ses propres forces, et c'est à partir de ces termes que le jour saint tire son nom. Toutefois, le Common Book of Prayer de l'Église anglicane parle de « Jeudi saint » qui est un nom alternatif pour l'Ascension. Dans l'Eglise d'Orthodoxe cette fête est connue sous le nom grec d'analepse, la «prise», et aussi d'Episozomene, le «salut d'en haut», indiquant que, en remontant dans sa gloire le Christ a achevé les travaux de la rédemption de tous les hommes. Et c'est un jour d'obligation, donc chômé, pour l'Église catholique. Cette fête, selon le calendrier orthodoxe, est aussi une des trois fêtes pour qui une autorisation d'absence peut être accordée par le chef de service pour les personnes qui travaillent dans la fonction publique en France.
 
Cependant, il convient d'abord de se poser la question de savoir si le récit de l'Ascension existait au sein de la chrétienté primitive. Paul de Tarse, qui parle des récits d'apparition de Jésus après sa résurrection dans la Première Épître aux Corinthiens (15, 3-8) l'ignore, et suggère même que Jésus continue à apparaître de son temps (15, 6 et 8). Un fait que l'ont peut retrouver dans les Actes des Apôtres ou le diacre Étienne et Paul de Tarse ont vu Jésus. D'ailleurs le Kérygme primitif du Christianisme, qui se retrouve dans les Actes des Apôtres dans la bouche du chef des Douze et des apôtres, Simon-Pierre et Paul : « Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins. »
Même le récit de l'évangile de Luc et des Actes des Apôtres se contredit sur de nombreux points, et en particulier de son équivalent de l'évangile de Matthieu, qui a sur certains points un plus haut degré d'authenticité, puisqu'il reprend quelques faits que l'on retrouve dans les plus anciens récits d'apparition.
Toutefois, l'introduction du récit des Actes des Apôtres a pour lui une certaine authenticité. Il suggère que Jésus aurait préparé les disciples sur une longue période. Mais probablement pas 40 jours, cette durée est purement symbolique, et est une référence à Moïse qui mourut sur le Mont Nébo où il laissa son testament spirituel. On devrait plutôt choisir une durée entre 1 ou 2 ans, jusqu'à la fête de Pentecôte dont on parle dans les Actes des Apôtres. On ne peut guère reconstituer ce que Jésus aurait réellement dit à ses disciples. Un passage de Actes 1, 6 pourrait être authentique du fait du critère d'embarras tel que le montre son contenu : « ... ils l'interrogeaient ainsi : " Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ? " » Jésus aurait donc préparé ses disciples à prêcher l'émergence du Royaume des Cieux tout comme il l'avait fait de son vivant. Simon-Pierre, les Douze, les Sept Diacres et Paul de Tarse croyait ainsi qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Royaume, tel que le montre les passages de Marc 9, 1 ; Luc 22, 28, 30 ; Matthieu 19, 28 et 1Thessaloniciens 4, 15, 17 ; 5, 9.
Actes 1, 13-14 montre que cette préparation a passé également par une organisation plus claire de la communauté : « Tous d'un même cœur étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus, et avec ses frères. » Mais le rôle de la famille de Jésus semble avoir été profondément diminué par l'évangéliste Luc, sans doute en conflit avec eux, surtout si l'on se reporte à ce que nous rapporte les évangiles apocryphes et les Pères de l'Église à leur sujet. Ainsi, dans l'Évangile de Thomas, un passage (le dit n°12) pourrait nous renseigner à ce sujet : « Les disciples dirent à Jésus : Nous savons que tu nous quitteras, qui se fera grand sur nous ? Jésus leur dit : Où que vous alliez, vous irez vers Jacques le juste pour qui le ciel et la terre ont été créées. » Ce qui pourrez expliquer ce que rapporte le passage du 6ème livre des Hypotyposes de Clément d'Alexandrie : « Pierre, Jacques et Jean (de Zébédée) après l'ascension du sauveur, en tant que particulièrement honorés par le Sauveur, ne revendiquèrent pas pour eux cet honneur mais choisirent Jacques le juste comme évêque de Jérusalem. » Et ce que rapporte Eusèbe de Césarée à son sujet : « Jacques, frère du Seigneur, succéda à l'administration de l'Église avec les autres apôtres. » (Histoire Ecclésiastique II, 23, 4). Une communauté fondée autour de quatre personnes principales, mais qui ne sont pas alors encore qualifiés de « colonnes », avec des rôles bien répartis probablement, sans que l'on puisse en dire plus à part que Jacques, frère de Jésus et Simon-Pierre était les dirigeants principaux de la communauté, le premier en tant que frère de Jésus et donc que régent, et le second, ayant été choisi par Jésus pour être son principal ministre. C'est ce que pourrait démontrer le passage de Matthieu 16, 17-19, et en particulier le v. 19 : « Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. » Qui est une reprise d'Isaïe 22, 22, où il prophétise la promotion d'Élyaqim fils de Hilqiyyahu, qui devint le maître du palais du roi de Judée, Ezéchias : « Je mettrai la clé de la maison de David sur son épaule, s'il ouvre, personne ne fermera, s'il ferme, personne n'ouvrira. » Ce rôle de maître de palais du roi en faisait un des hommes les plus importants du royaume. D'après Hyam Macoby ce passage serait authentique, même si comme la plupart des spécialistes, je le placerai après la Résurrection de Jésus, probablement au moment de la réorganisation de son mouvement.
Dans ce contexte, Jésus ressuscité reconstitue son mouvement de réveil spirituel. Après tout, il anticipe la venue du Fils de l'homme, qui d'après Geza Vermes, serait en fait une représentation collective du peuple juif purifié qui jugera l'humanité, à la droite du Tout-Puissant, et dont il serait l'élément précurseur en position de médiateur en tant que Messie.
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalDe plus, le récit tout comme les apparitions de Jésus aux disciples, tel que le montre Matthieu, se serait plutôt déroulé en Galilée, non à Béthanie, dans la zone de domination directe romaine, et dans une certaine atmosphère de clandestinité propre à des mouvements de Résistance, tel qu'on les a connut en France, agissant dans l'ombre. Le passage correspondant de Matthieu 28, 16 semble être une référence favorable à cette théorie : « ...ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. » De même, le fait que Jésus, dans des manuscrits plus anciens de l'évangile de Luc et des Actes des Apôtres, n'était pas enlevé au ciel mais « disparaissait au milieu d'eux », donc retourner à la clandestinité un peu à la manière du récit des pèlerins d'Emmaüs. Où ? D'après les disciples : « à la droite de Dieu », d'où il reviendra dans la gloire, à l'image de ce qu'on lit dans les Apocalypses des Synoptiques. Il n'y avait donc pas à l'origine d'élévation au ciel ni présence des deux anges comme dans le récit de l'évangile de Matthieu et de celui de Luc. Ses disciples doivent donc témoigner de ce fait : «à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités d'Israël ». En effet, d'après Daniel Schwartz, et dans ce que l'on voit dans le récit de la Pentecôte, c'est le peuple juif qui était visé par la première prédication chrétienne. Car c'est le peuple régénéré d'Israël, image du Fils de l'homme, qui devait faire revenir les païens à Dieu. La Pentecôte s'avère donc essentielle, car c'est une fête de pèlerinage où seront présents tous les fils d'Israël, dont ceux de la Diaspora. Si l'on suit les Actes des Apôtres, cet événement aurait eu lieu avant la fête, la veille. Ce qui est probable.
Mais Jésus, tel que le témoigne le passage de Matthieu 28, 20, qui n'est probablement pas authentique : « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde », démontre que les apparitions de Jésus dans les communautés judéo-chrétiennes continuaient dans les années 80-90. Ainsi, d'après 1 Corinthiens 15, 3-8, Jésus serait apparut à 500 personnes à la fois, à d'autres apôtres, proche probablement des frères de Jésus et à Paul. Et dans le livre de l'Apocalypse, rédigé dans les années 90, au visionnaire Jean de Patmos. Une église inspirée qui attendait avec ferveur la seconde Venue du Messie et ce jusqu'à peu près le IIIe siècle, avec l'échec du Montanisme. Mais à la fin du Ier siècle, vers les années 80-90, certaines communautés, dont celle de l'évangéliste Luc, ne bénéficient peut-être plus d'apparition du Christ et commence à manquer de patience face au retour de ce dernier. La réponse face à cette déception aura été de réinterpréter le fait que Jésus était dorénavant « assis à la Droite de Dieu » et que donc il avait été enlevé au Ciel. La même réponse que celle des communautés, où furent rédigés entre 90 et 140, l'épître aux Ephésiens (4, 7-13), la première épître de Pierre (3, 21-22) et la première épître à Timothée (3, 16), à peu au même moment que l'évangile de Luc et les Actes des Apôtres. Le passage des évangiles de Matthieu et de Luc : « l'on ne connaît ni le jour ni l'heure », serait datable de la même période et probablement rédigé dans les mêmes circonstances. Le Christianisme s'est donc adapté à un état de fait dès les années 80-90 à 140 que le Royaume des Cieux ne soit pas venu tout comme l'avait promis Jésus. L'Apocalypse, qui conservait l'espérance en un retour immédiat de Jésus, ne serait peut-être en fait qu'une réponse à cette déception au sein d'une communauté, probablement celle d'Ephèse, où l'inspiration prophétique survivait, à l'image du visionnaire Jean de Patmos. D'ailleurs, c'est au sein des communautés orientales, notamment à Rome, tel que le montre le Pasteur d'Hermas, que se trouvèrent les derniers bénéficiaires d'apparitions.
 
La fête de l'Ascension ne se mit en place que bien plus tard, même si selon Augustin d'Hippone (354-430) cette fête remonterait aux temps apostoliques, mais la même chose était revendiquée pour la fête de Pâques pour lui donner une caution historique. Dans les faits, elle ne semble être apparue que vers le IIIe siècle, où elle était alors fêtée avec la Pâques et la Pentecôte, mais ceci semble avoir connu une modification de son calendrier tel que le prouve le concile d'Elvire (vers 300) qui condamna la pratique de cette fête le 40e jour, car elle était semble-t-il fêté en même temps que la Pentecôte. Sa pratique ne semble s'être généralisée que dans le dernier quart du IVe siècle, entre 375 et 400, tel que le démontre les attestations de Jean Chrysostome, Grégoire de Nysse et dans les Pérégrinations d'Égérie (381-384). Cette dernière nous apprend qu'à Jérusalem, l'Ascension était fêtée lors de la troisième étape des festivités de la Pentecôte qui avait lieu au mont des Oliviers. « Une fois donc qu'on est arrivé sur le mont des Oliviers, c'est à dire à l'Eléona, on va d'abord à l'Imbomon, c'est à dire à l'endroit d'où le Seigneur est monté aux cieux ; et là, l'évêque s'assied ainsi que les prêtres, tout le peuple s'assied, on fait des lectures, on dit des hymnes qu'on intercale, on dit aussi des antiennes appropriées au jour et au lieu ; de même les prières intercalées expriment toujours des pensées qui conviennent au jour et au lieu ; on lit aussi le passage de l'évangile qui parle de l' Ascension du Seigneur ; on lit en outre celui des Actes des Apôtres qui parle de l' Ascension du Seigneur dans les cieux après sa résurrection. » (Chapitre 43,5). Celle-ci était précédée d'une vigile, qui avait lieu dans la nuit, et qui était suivit le lendemain par une procession sur le Mont des Oliviers. Mais on ne trouve trace d'un sanctuaire, formé d'un double portique entourant une rotonde dépourvue de toit pour laisser le ciel visible, situé sur le lieu de l'Ascension du Christ, qu'en 670 mentionné par le moine Arculfe. C'est dans l'église de la Sainte Ascension, bâtie par les Croisés sur le mont des Oliviers et prise en 1187 par Saladin qui la transforma en la mosquée que l'on connaît aujourd'hui, que se trouverait l'empreinte traditionnelle du pied de Jésus dans la pierre, au lieu présumé de son Ascension qui eut lieu à midi selon la tradition. Chaque année, les musulmans permettent aux différentes confessions chrétiennes d'y célébrer la Fête de l'Ascension. Une belle preuve d'œcuménisme.
A l'Ascension, déjà lors du voyage d'Égérie, outre les rites ordinaires, on faisait, au cours de l'office liturgique, la bénédiction solennelle du pain et des fruits de la terre.
 
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalA partir du Ve siècle elle devient une fête séparée. Dans un sermon sur l'Ascension, le pape Léon Ier le Grand (440-461) déclare : « Aujourd'hui est accompli le nombre de quarante jours qui avait été disposé par un arrangement très saint, et qui avait été dépensé au profit de notre instruction ». Il atteste ainsi qu'à l'époque l'Ascension était bien célébrée quarante jours après la résurrection à Rome.
Mamert, évêque de Vienne sur le Rhône de 462 à 476, institua vers 470 les Rogations, trois jours avant l'Ascension, pour détourner des calamités qui s'abattaient dans le Dauphiné à cette époque (notamment séismes, incendies et bêtes féroces), et qui furent étendue à toute la Gaule lors du concile d'Orléans (511). Celles-ci précédaient la fête de l'Ascension et allaient du dimanche au mercredi inclus. Le mot rogations vient du latin « rogare » qui veut dire « demander ». Les rogations étaient une période de jeûne pour se préparer à la célébration de l'Ascension. Pendant ces journées, les prêtres bénissaient aussi les cultures pour les préserver des calamités au cours d'une procession : pour les fenaisons, les moissons, les vendanges, d'où la raison des trois jours de la célébration. Les processions qui accompagnaient ces journées sont appelées des Litanies mineures. L'origine païenne en est évidente car, lorsque Mamert les mis en place, les rogations ont pris la place, dans le calendrier, de la fête romaine des robigalia, célébrations cultuelles pour la protection des céréales contre la rouille qui se déroulaient le 6e jour avant les calendes de mai.  
Dans son Histoire des Francs, Grégoire de Tours (538-594) fait mention d'une procession qui avait lieu ce jour-là dans presque toutes les églises, en mémoire du voyage des apôtres accompagnant le Sauveur de Jérusalem au Mont des Oliviers et revenant de la montagne au cénacle. La messe de la vigile de l'Ascension est aussi indiquée dans certaines listes romaines du milieu du VIIème siècle, mais elle est antérieure aux Rogations introduites à Rome en 816 sur l'initiative du pape Léon III, qui généralisa cette tradition à l'ensemble de l'Eglise romaine.
Une coutume de certaines paroisses anglaises et galloises, celle de « battre les limites » apparaît au même moment dans les lois d'Alfred le Grand (878-899) et d'Athelstan (924/925-939), qui sont un équivalent britannique des Rogations. Elle consistait à une procession autour des limites de l'église, conduite par le curé de la paroisse et de représentants de l'Eglise, afin de les faire connaître aux fidèles, à une période où le cadastrage n'était pas très développé, et procéder au cours de cet office aux Rogations. L'origine païenne du rite est indéniable, car ce pourrait être une christianisation des Terminalia romaine, célébrée le 23 Février en l'honneur de Terminus, le dieu gardien des bornes, à qui des gâteaux et du vin ont été offerts, et des sports et de la danse se déroulaient devant les bornes.
A Rome au Moyen Age, le jeudi de l'Ascension comportait deux processions : le matin on allait de Saint Pierre à la basilique du Latran et en fin de matinée on allait du Latran à un sanctuaire hors de la ville. Mais la célébration prenait également une couleur particulière avec un certains nombres de coutumes. Cette période avait toujours été riche en fêtes agraires liées au mûrissement de la végétation. Cavalcades, courses équestres, jeux vont se multiplier : le martèlement du sol était lié à la fertilité.
Ainsi, l'ancienne reconnaissance à cheval des bordures d'un territoire se poursuit encore en Suisse ou en Allemagne. Des centaines de cavaliers, aux chevaux parfois parés, se réunissent aussi à l'occasion de pèlerinages ou de processions.
De même, les moldaves, orthodoxes, ont conservé des coutumes particulières pour cette fête qu'ils appellent « Ipsas ». Les femmes apportent à l'église des gâteaux aux noix, des gimblettes, ainsi que des œufs peints pour les faire bénir et en faire ensuite aumône. Le samedi qui précède la fête, les chrétiens orthodoxes se dirigent vers les tombeaux de leurs proches et ils y font l'aumône. A la veille du jeudi de l'Ascension, les jeunes filles plantent des fleurs, car on dit que c'est un temps très propice pour la plantation : les plantes s'élèveront vers les cieux, pareilles au Christ. La veille, aux crépuscules, les gars et les filles vont dans la forêt cueillir des fleurs d'aulne qui s'épanouissent et se fanent cette même nuit. Ces fleurs sont cherchées pour leurs propriétés curatives et aussi... miraculeuses : elles servent à préparer des tisanes d'amour. Le jeudi de la fête, les gens vont cueillir et font bénir des plantes médicinales.
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalLa signification de la fête à Venise était, elle, plus politique que religieuse. Le jour de l'Ascension, le jour de la fête du jeudi de l'Ascension on célèbre à Venise La Senza qui commémorait l'expédition du Doge Pietro II Orseolo sur les côtes de Dalmatie, qui apporta à Venise la maîtrise de l'Adriatique en l'an 1000. La fête de la Senza fut instituée en 1173. Embarqué sur une prestigieuse galère dorée richement parée le Doge quittait la lagune pour la mer et procédait aux épousailles (sposalizio del mare). Il jetait dans l'eau un anneau d'or et prononçait la déclaration : « Je t'épouse, ô mer, en signe de vraie et perpétuelle domination » Puis le Doge entrait dans la Basilique Saint Marc pour une messe solennelle, entouré de tous les prélats et des chœurs qui glorifiaient le Seigneur. La tradition de la sortie en mer et de la messe solennelle du jour de l'Ascension existe toujours aujourd'hui, désormais sans la présence du Doge, mais en présence du Maire de Venise.
Á l'image des processions anglaises, tout aussi politiques, car il était de coutume en Angleterre de porter à la tête de la procession la bannière portant le dispositif du lion et au pied la bannière du dragon, pour symboliser le triomphe du Christ sur le Mal dans son Ascension, mais qui peut-être également être interprétée par analogie comme une célébration du triomphe de l'Angleterre sur le Pays de Galles en 1282 sur un champ de bataille, avec la victoire d'Édouard Ier sur Llywelyn le Dernier, le dernier prince indépendant.
Á Florence, la fête mettait aussi en valeur la richesse et le prestige de la cité car elle était observée en faisant glisser une colombe le long d'une chaîne à partir du maître-autel de la cathédrale pour déclencher la décoration du grand récipient, rempli feux d'artifice, en face de l'entrée principale de la cathédrale.
Avec ces exemples, les Rogations françaises paraissent bien mineures.
Mais des décorations plus modestes avaient aussi cours pour célébrer le Christ et non sa cité. Ainsi, dans certaines églises à travers l'Europe, la scène de l'Ascension était reproduite par l'élévation de la figure du Christ sur l'autel par une ouverture dans le toit de l'église. Dans d'autres églises, tandis que la figure du Christ était en train de monter, celle du Diable descendait.
Depuis le XVe siècle, l'Ascension comporte également une octave, c'est-à-dire une semaine de huit jours, ce qui est mis à part pour une neuvaine de préparation à la Pentecôte, en conformité avec les directives du pape Léon XIII. Mais celle-ci n'est plus appliquée aujourd'hui par les catholiques comme je le montrerai plus bas.
En France, suite au Concordat (1801) signé entre Bonaparte et le pape Pie VII, l'Ascension est resté, depuis 1802 l'une des quatre fêtes d'obligation avec Noël, l'Assomption et la Toussaint. Coïncidant avec la fête liturgique, l'Ascension est aussi le jour de la commémoration annuelle par le mouvement ouvrier chrétien (notamment syndicales, en Belgique) de l'encyclique Rerum Novarum émis par l'Église catholique romaine le Pape Léon XIII le 15 mai 1891.
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalL'obligation légale de jour chômé a été maintenue en France en 1905 lors de la renégociation des relations entre l'Etat français et l'Eglise catholique suite à la mise en place de la Loi de séparation de l'Église et de l'État. Ce qui est l'occasion pour certains de faire un grand pont jusqu'au Lundi suivant, mais ce n'est pas la norme. Il faut savoir que le Jeudi de l'Ascension est également un  jour férié dans beaucoup d'autres pays, par exemple en Allemagne, en Autriche, en Belgique, au Danemark, en Finlande, en Islande, au Liechtenstein, au Luxembourg, en Norvège, aux Pays-Bas, en Suède, en Suisse, au Burundi, à Madagascar, en Namibie, en Colombie, à Haïti, en Indonésie, au Vanuatu, etc. L'Allemagne célèbre aussi sa fête des Pères à la même date. Mais on trouve, par exemple en Europe, quelques exceptions, tel en Espagne, en Hongrie, en Italie, en Grèce et au Portugal
Avant la Réforme de 1951 la liturgie romaine demandait d'éteindre le cierge pascal après la lecture de l'évangile de la messe de l'Ascension et jusqu'au samedi avant la pentecôte pour symboliser que Jésus-Christ est monté au ciel et n'est plus visible aux yeux des hommes. Maintenant c'est après la Pentecôte. Le cierge pascal, qui était dans le sanctuaire pendant le temps pascal, est placé auprès des fonts baptismaux.
Les Églises anglicanes supprimèrent, elles, les Rogations en 1976. Cependant, en cette période actuelle de sécheresse, les Rogations semblent revenir à la mode en France alors qu'elle n'avait pas été pratiquée depuis un siècle, tel que le montre l'initiative du père Cyprien dans le Beauvaisis. De même, la coutume anglaise, consistant à « barrer les limites » qui sembla menacée par l'interdiction d'Elisabeth Ière en 1559, ne fut pourtant pas abandonné partout et commencèrent à se généraliser en 1856-1858 et est aussi célébrée aux États-Unis dans le New Hampshire. C'est peut-être une des raisons de l'interdiction des Rogations, car elle se déroule au cours de celle-ci et aussi peut-être parce que c'est coutume traditionnelle anglaise.
Le missel romain 2002 prévoit aussi « L'Ascension du Seigneur est célébrée le quarantième jour après Pâques, à moins que, là où elle n'est pas de précepte, elle ne soit reportée au VIIe dimanche de Pâques » (Titre II II-25). En effet, l'Eglise catholique romaine dans un certain nombre de pays a obtenu l'autorisation du Vatican pour déplacer le respect de la Fête de l'Ascension du traditionnel jeudi au dimanche suivant, le dimanche avant la Pentecôte. Ceci est conforme avec une tendance à déplacer les fêtes d'obligation de la semaine au dimanche, pour encourager plus de catholiques à observer les fêtes considérées comme importantes. Le déplacement au dimanche a été faite en 1992 par l'Église en Australie ; avant 1996 dans certaines parties de l'Europe; en 1996 en Irlande ; avant 1998 au Canada et des parties de l'ouest des États-Unis; dans plusieurs autres provinces aux États-Unis à partir de 1999 ; et en Angleterre et au Pays de Galles à partir de 2007. Les diocèses des États-Unis qui conservent le respect du jeudi en 2009 sont Boston, Hartford, New York, Newark, Omaha, et Philadelphie.
 
L'Ascension est ainsi l'une des fêtes les plus importantes du calendrier chrétien, et même l'une des douze plus importantes de celui orthodoxe.
Les célébrations catholiques et orthodoxes commencent la veille par une vigile ou veillée de l'Ascension. Chez les catholiques, on chante à cette occasion le Gloria in excelsis. Mais actuellement, on préfère plutôt la remplacer par une messe anticipée le mercredi soir. Ce qui n'est pas le cas des orthodoxes, où la vigile de l'Ascension, qui est une veillée qui dure toute la nuit, tout comme celle de Pâques. Le mercredi qui suit le cinquième dimanche après Pâques est, en effet, le jour où, selon la terminologie liturgique, on « prenons congé » de la fête de Pâques, l'apodose. Trois leçons de l'Ancien Testament, le Paroemia, sont lues aux vêpres de l'Ascension, le mercredi soir. La première leçon (Isaïe 2, 2-3) nous parle d'une montagne : « Il adviendra dans l'avenir que le mont du Temple du Seigneur sera établi au sommet des montagnes... Toutes les nations y afflueront... Venez, montons à la montagne du Seigneur ». C'est une allusion au Mont des Oliviers, d'où Jésus s'éleva vers son père. La deuxième leçon (Isaïe 62, 10 – 63, 3, 7-9) a été choisie à cause des paroles suivantes : « Franchissez, franchissez les portes ! Frayez un chemin au peuple... Dans son amour et sa pitié, lui-même les racheta ; il se chargea d'eux, les porta... ». Jésus montant aux cieux ouvre les portes à son peuple, lui prépare la route, le porte et l'élève avec lui. La troisième leçon (Zacharie 14, 1, 4, 8-11) est encore une allusion au mont qui fut la scène du triomphe final de Jésus : « Voici qu'un jour vient pour le Seigneur... Ses pieds, en ce jour se poseront sur la montagne des oliviers, qui fait face à Jérusalem du côté de l'Orient... En ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem... ».
Les matines de l'Ascension sont déjà, dans leurs chants, pleines d'allusions à l'Esprit consolateur que Jésus va envoyer. En effet, l'Ascension prélude à la Pentecôte dans les trois grandes confessions chrétiennes.
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalLa messe de l'Ascension du Seigneur est une messe solennelle, pendant laquelle les Chrétiens ressentent une grande allégresse parce que Jésus va entrer au Ciel comme un triomphateur dans la gloire de Dieu, Son Père, après nous avoir délivrés de la mort et du péché par sa mort et sa Résurrection. Ce qui est également renforcé dans l'Église orthodoxe par la commémoration des Saints Martyrs de Perse (XVIIe – XVIIIe siècles). La couleur des ornements liturgiques (vêtements du prêtre et ornements de l'autel) est le blanc, couleur qui représente dans l'Église la lumière et l'allégresse.
Dans l'Église catholique, les prières de la messe du jour de l'Ascension de Jésus-Christ mettent en valeur la signification de l'Ascension. Elles expriment la participation des Chrétiens à la montée du Christ au ciel comme le montre la prière d'ouverture de la messe : « Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l'action de grâce, car la montée au ciel de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c'est là que nous vivons en espérance. » Il en est de même, au sein de l'Église orthodoxe, pour la prière d'ouverture de la messe, qui sera aussi récité tout au long de l'Octave de l'Ascension : «O Dieu Tout-puissant, nous Te supplions de nous accorder Ta grâce, à nous qui croyons que Ton Fils unique Jésus-Christ, notre Seigneur, est monté aux Cieux, d'y monter aussi cœur et âme, et de demeurer continuellement avec Lui, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles. »
La fête de l'Ascension, en route vers la fin du temps pascalLes lectures se rapportent toutes à l'événement de l'Ascension. Dans la liturgie orthodoxe, la Divine liturgie est composée d'abord par le début du livre des Actes des Apôtres (1, 1-12), où Jésus, après un dernier entretien avec ses apôtres, s'élève et disparaît dans un nuage. Ensuite, par l'évangile de la liturgie (Luc 24, 36-53) reprend le récit des événements depuis la première apparition de Jésus ressuscité à l'assemblée des disciples et continue ce récit jusqu'à l'ascension proprement dite. Dans la liturgie catholique, en première lecture de la messe de l'Ascension, on a toujours le récit des Actes des apôtres sur l'évènement de la montée au ciel (Actes 1, 1-13), tout comme les orthodoxes. Ensuite, l'épître du Pseudo-Paul Apôtre aux Éphésiens (1, 17-23). L'évangile de la messe de l'Ascension varie sur le cycle de 3 ans, ce qui fait que les sujets d'homélies du jour de l'Ascension sont assez divers. Pour l'Année A (2011, 2014, 2017), c'est l'évangile de Matthieu 28, 16-20, où Jésus n'est pas enlevé au ciel, pour l'Année B (2009, 2012, 2015), le récit de l'annexe de Marc 16, 15-20, et pour l'Année C (2010, 2013, 2016), Luc 24, 46-53, où dans les deux récits, Jésus est enlevé au ciel, même si l'annexe de Marc semble plutôt résumer les récits des apparitions des autres évangiles, à part quelques exceptions. Ces récits ont une vocation universaliste, par l'appel de Jésus à convertir les Nations. Le principe est identique dans la liturgie orthodoxe, qui est suivit par l'homélie de Grégoire le grand sur les évangiles.
Les homélies de la messe de l'Ascension sont différentes dans la liturgie catholique, selon les années A, B et C parce que les lectures de la messe de l'Ascension sont différentes. Mais actuellement les homélies de l'Ascension commentent souvent cette parole « Pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? » Afin d'expliquer que Jésus n'est pas monté au ciel comme une fusée, mais que ce départ a été le développement de tout son enseignement, où il sera dorénavant notre médiateur. Les Protestants, notamment luthériens et anglicans, au cours de leur homélie, font de même. On pourrait y voir une certaine forme d'œcuménisme. Mais dans les faits, cela viendrait peut-être du fait que l'Ascension pose aussi problème aux protestants, comme nous le verrons plus bas. La liturgie catholique se poursuit par la prière eucharistique, ainsi que par la bénédiction finale, sont également propres à la liturgie de l'Ascension.
La formule de salut utilisée par les orthodoxes le jour de l'Ascension, après la célébration, est « Le Christ s'est élevé », la réponse y étant « En vérité, il s'est élevé », qui met alors fin au salut pascal, « Le Christ est ressuscité » , auquel on répondait « En vérité, il est ressuscité », qui a été sur toutes les bouches pendant les 39 jours que durèrent les festivités pascales.
Toutefois, la fête de l'Ascension est de toutes celles du calendrier chrétien la moins célébrée chez les protestants, plus particulièrement réformés. Plusieurs paroisses la suppriment purement et simplement, ou bien la remplace par une sortie paroissiale. La principale raison de cette désaffection est à trouver dans le caractère mythologique d'un événement qui, il est vrai, n'occupe pas une place importante dans les textes évangéliques.
Les huit jours, suivant la fête, forment l'Octave de l'Ascension. Cependant, en 1955, le Décret de simplification des rubriques a supprimé l'Octave de l'Ascension de la liturgie catholique. Les jours dans l'octave sont devenus des fériés du Temps pascal, où l'on reprend la Messe de l'Ascension sans Credo ni Communicantes propre. Au bréviaire, l'Office est réduit à la lecture de l'Écriture occurrente (ancien premier nocturne des Matines), la psalmodie est celle du jour de la semaine et non plus celle du Jour de l'Ascension. Le Code des Rubriques de 1960 a entériné cet état de fait. Toutefois, comme auparavant, le Dimanche, qui suit l'Ascension, nous prépare à la Pentecôte, à l'image des disciples de Jésus réunit dans le Cénacle après l'Ascension, qui se préparaient à leur nouvelle mission par la prière, et qui constitue la première lecture de ce jour, tiré d'Actes 1, 12-14.
Par contre, la liturgie orthodoxe a conservé ces huit jours de festivité après l'Ascension. Le dimanche après l'Ascension est le dimanche des Saints Pères des six premiers conciles œcuméniques depuis le concile de Nicée en 325 car leur enseignement a bien défendu les deux natures, divines et humaine, en Christ, ainsi que la consubstantialité du Fils avec le Père, confirmée par l'Ascension du Christ, tel que l'a formulé le Credo de Nicée jusqu'à ces mots: «Il (Jésus) est monté aux cieux, est assis à la droite du Père, et viendra de nouveau, avec la gloire, pour juger les vivants et les morts; son règne n'aura pas de fin. » La période de la fête se termine le vendredi précédant la Pentecôte. Le lendemain, est communément le samedi de la mort, une commémoration générale de tous les fidèles défunts, un équivalent de la fête des défunts de l'Église catholique qui a lieu le 2 novembre, le lendemain de la Toussaint.
Mon prochain article sera consacré à la fête de la Pentecôte.
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Publié le 1 Juin 2011

Les premières célébrations se déroulent dès les premiers rayons du soleil.
Pour célébrer la fin du Carême, qui n'est plus aussi dur qu'au IV e siècle, les Irlandais ont coutume de manger à ce moment là un œuf.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)Certaines églises préfèrent également garder la veillée très tôt le dimanche matin au lieu du samedi soir, en particulier les églises protestantes, afin de refléter le récit évangélique des femmes qui viennent au tombeau à l'aube du premier jour de la semaine. Ces services sont connus comme de Sunrise Service, le Service du Soleil, et se produisent souvent dans des établissements de plein air tels que le cimetière de l'église, la cour de celui-ci ou un parc à proximité. Le premier enregistrement du Sunrise Service a eu lieu en 1732 parmi les Frères Moraves à Herrnhut, en Saxe, dans l'Allemagne actuelle. Après une nuit entière veillée, ils allèrent avant l'aube au cimetière de ville, sur la colline au-dessus de celle-ci, pour célébrer la Résurrection parmi les tombes des défunts. Ce service a été répété l'année suivante par toute l'assemblée et s'est ensuite propagée aux missionnaires moraves dans le monde entier, y compris Old Salem à Winston-Salem, en Caroline du Nord.
Aux Philippines et en Pologne, au matin de Pâques (voire à l'aube), la célébration, qui est nommée en polonais Rezurekcja (la Procession de la Résurrection), qui est en fait, le nom de la messe du matin de Pâques, et Pasko ng Muling Pagkabuhay (les Pâques de la Résurrection) en philippin, est marquée par des processions qui se déroulent à l'aube. C'est à ce moment là qu'aura lieu la messe du dimanche de Pâques, que l'on appelle messe de la Résurrection. Aux Philippines, la première procession, Salubong (la rencontre), fait mettre ensemble de grandes statues de Jésus et Marie dans l'église illustrant la première réunion de Jésus et de sa mère Marie après la Résurrection après une procession autour de celle-ci. Et en Pologne, c'est une procession de fête avec le Saint-Sacrement est effectuée dans le parvis entourant l'église, sous le son des clochettes vigoureusement secouées par les enfants de chœur, les cloches ne sonnant pas encore, l'air rempli avec de l'encens et d'hymnes de Pâques séculaire. Ensuite, dans les deux pays, la messe de Pâques commence dans l'allégresse.
Toutefois, la messe du matin de Pâques, chez les catholiques et les protestants se déroulent plus tard dans la matinée, comme nous le verrons plus bas.
 
Dans certains pays catholiques et orthodoxes, le matin de Pâques s'est maintenu une tradition qui a perdu de sa force, celle de la bénédiction des maisons qui auparavant se déroulait la veille de Pâques dans le rituel romain. Celle-ci commémorait le passage de l'Exode où l'ange, qui tuait les premiers-nés égyptiens, avait évité les maisons qui avait été marqué par le sang de l'agneau. Un rappel de l'origine juive de la fête. Par exemple, au nord du Portugal, ce rituel s'est maintenu sous le nom de Compasso", où un groupe de personnes vêtues d'habits de fêtes, présidé par un prêtre et cheminant avec la croix, va de porte en porte, venant annoncer la Résurrection du Christ et bénir les foyers qu´il visite, accompagné par des clochettes qui symbolisent la joie, et s'en suit alors la bénédiction de la maison et présentation de la Croix à tous ceux qui sont réunis pour qu´ils déposent un baiser. A cette occasion est aussi recueillie l´enveloppe pascale (don en argent). Une coutume est suivie avec beaucoup de ferveur dans tous les milieux ruraux mais aussi en ville où les personnes qui le souhaitent peuvent s'inscrire sur la liste des visites pascales.
Dans certains pays, il y a un petit déjeuner solennel de Pâques, par exemple en Pologne, qui se compose des œufs qui ont été bénis et qui sont partagés entre les convives. Ceux-ci sont normalement trouvés au cours d'une chasse aux œufs dans le jardin, qui lui aussi a été décorés pour l'occasion, en Allemagne, par exemple, avec les « arbres de Pâques » (Osterstrauch), des arbres décorés avec des œufs, symbole du retour de la nature, et en Angleterre, avec la pratique du « jardin de Pâque » (« an Easter garden »), très répandue chez les anglicans. Il s'agit de représenter le jardin avec le mont du calvaire et les trois croix, le Tombeau et la pierre qu'on roule. Le tout aménagé avec un Petit sentier. Les éléments peuvent être apportés chaque Jour de la semaine sainte à partir du dimanche des Rameaux. Construire et aménager ce jardin avec les enfants amène un dialogue sur les textes de l'Evangile qui auront été au préalable racontés avec des images. Le jour de Pâques, on peut ajouter quelques fleurs printanières dans les récipients remplis d'eau et rouler la pierre sur le côté de la grotte pour bien montrer qu'elle est vide.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)La coutume de la chasse aux œufs semble remonter au XIIIe siècle, époque où Rome interdit de sonner les cloches en métal. De là serait né la tradition que les cloches allaient se faire bénir à Rome et revenaient avec des œufs qu'elles déposaient dans le jardin au moment où l'on sonnait les cloches. Au XVIIème et XVIIIème siècles jusqu'à la révolution qui y mit un terme, « l'œuf » était l'apanage de la cour et de la noblesse. L'œuf le plus gros du royaume, pondu pendant la Semaine Sainte, revenait de droit au roi. Louis XIV faisait bénir solennellement le jour de Pâques de grandes corbeilles d'œufs dorés qu'il remettait en cérémonie à ses proches ; Madame Victoire, fille du roi Louis XV, avait même reçu deux œufs de Pâques peints et historiés par Lancret et Watteau. C'est aussi au XVIIIe siècle, en France, qu'on décida de vider un œuf frais et de le remplir de chocolat. Les œufs de Pâques se démocratisèrent cependant au XIXe siècle, on parvint à réaliser les premiers œufs en chocolat, grâce aux progrès d'affinage de la pâte de chocolat (chauffée à 50 degrés, puis malaxée jusqu'à l'obtention d'une matière fine et lisse), conjointement à l'apparition des premiers moules ad hoc. Le musée du Chocolat de Biarritz détient une dizaine de ces très vieux moules, en argent, en cuivre ou en fer étamé. Selon Serge Couzigou, le collectionneur qui est à l'origine de ce musée, « la pièce la plus ancienne détenue ici est un moule ovoïde des années 1870, par la maison Létang et Rémy à Paris ».
En Allemagne, en Alsace, en Suisse et aussi en Autriche, les œufs de Pâques sont apportés par le lièvre de Pâques (Osterhase), qui comme on a pu le voir plus haut, n'est apparut qu'entre le XVIe et le XVIIe siècle, sans doute dans un contexte de concurrence entre le catholicisme et le protestantisme. Le lièvre, très prolifique au printemps, est probablement un symbole de fécondité antérieur au christianisme. Même si une tradition a christianisé le lièvre, qui aurait le premier témoin de la Résurrection et qui depuis, offrirait des œufs, symbole de la Résurrection. Une tradition qui a traversé l'Atlantique à partir du milieu du XVIIIe siècle avec l'émigration d'allemands dans les treize colonies d'Amérique du Nord, où le lièvre de Pâques devint le lapin de Pâques (Easter Bunny), nom sous lequel on le connaît actuellement. Cette tradition du lapin apportant les œufs de Pâques a également émigré au Brésil où elle est encore vivace ; l'origine tiendrait à l'immigration germano-suisse débutée par le roi de Portugal en 1818, et poursuivie dès 1824 avec 400 immigrants germaniques par l'épouse du premier Empereur du Brésil, qui était l'archiduchesse autrichienne.
En Angleterre, les enfants vont également de maison en maison en quête d'œufs de Pâques.
 
Les célébrations de la matinée, plus connu sous le nom de messe de la Résurrection, la messe du Dimanche de Pâques, qui est la célébration la plus importante, commence le plus souvent  à 10-11 heures chez les catholiques. Le jour de Pâques est donc le « dimanche des dimanches », tel que le montre le Missel Romain de 1970, qui en a fait le jour autour duquel tourne tout le calendrier liturgique catholique. C'est également un jour d'obligation qui est chômé, où tous doivent assister à la messe. C'est aussi le moment où le fidèle de préférence vient prendre la communion de façon annuelle, « faire ses pâques » comme on dit, mais aussi vient célébrer la messe, en famille, comme à Noël, ce qui explique la présence de nombreuses personnes à Pâques.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)Cette messe poursuit celle de la veillée pascale à laquelle elle fait référence, à laquelle on intègre des éléments qui en ont font une importante fête populaire. La musique du service, en particulier, affiche souvent un ton très festif, l'intégration des cuivres (trompettes, etc) pour compléter l'instrumentation habituelle d'une église est commune. Souvent, l'espace d'adoration d'une église est décoré avec des bannières spéciales et des fleurs (comme le lis de Pâques, originaire du Japon, qui, d'après la tradition, se seraient courbé en signe de respect devant Jésus sur sa croix, ce qui expliquerait sa forme actuelle).
On fait souvent la procession d'entrée avec le cierge pascal et la vasque d'eau bénite, on encense le cierge pascal et on asperge l'assemblé avec l'eau qui a été bénite à la veillée pascale. En France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Autriche, au gloria, les cloches sonnent mettant fin au silence de ces dernières après les trois jours de deuil qu'elles marquent et qui suivent la mort de Jésus. L'Alelluia est alors chanté avec plus de force. Les lectures qui suivent, telle celle de la veillée, sont centrées autour de cet événement et toutes trois tirés du Nouveau Testament : Actes 10, 34-43, Colossiens 3, 1-4 ou 1 Corinthiens 5, 6b – 8 ; Jean 20, 1-9, qui mettent en valeur le centre de la célébration, la Résurrection de Jésus, dont on été témoins ses disciples, même si le texte de Jean 20, 1-9 est un peu abrupt, et qui dans les deux lectures d'épîtres pauliennes, montre que par Jésus « Pâques immolé », tous les Chrétiens sont « ressuscités dans le Christ ».
Dans l'ancien temps, en Allemagne, lors du sermon il y avait une tradition originale, celle de la blague de Pâques, né en Bavière au XVe siècle. Le curé parsemé ainsi son sermon d'histoire drôle qui causait le rire à ses auditeurs (Ostermärlein). Comme on pouvait s'y attendre cette pratique fut finalement condamné par le pape Clément X (1670-1676) et au XVIIIe siècle par le Prince-Électeur de Bavière Maximilien III (1745-1777) et les évêques de la province. La tradition s'est conservée de manière plus profane dans les fameuses blagues de Pâques, dont l'équivalent français est le poisson d'avril.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)La prière universelle qui suit est un peu plus longue que d'habitude, mais moins que celle de la veillée. Et avant, l'Eucharistie, on fait le signe de paix en disant : « Christ est ressuscité ! » et la personne qui le reçoit, répond : « Il est vraiment ressuscité ! » Une façon de rappeler à nouveau l'événement qui est l'âme de cette fête et qui est une reprise de la salutation orthodoxe de la vigile pascale. A la fin de la messe, la prière finale est suivit de quatre amen, car lors des grandes fêtes, on fait toujours une bénédiction solennelle, et chacun repart avec le cierge pascal, pour apporter à sa maison la lumière de Pâques, symbole de la Résurrection du Christ.
Une coutume que l'on retrouve, dans deux pays orthodoxes, la Grèce, et la Russie, où il est, aussi, d'usage de ramener chez soi la « lumière sainte », mais le jeudi saint après la lecture des douze évangiles, et de faire un signe de croix au-dessus de sa porte avec la flamme. Conserver la lumière sainte quarante jours, sans qu'elle ne s'éteigne, porterait bonheur, selon la tradition.
Une tradition australienne a lieu à la sortie de la messe, et consiste à asperger d'eau les jeunes mariés afin de leur assurer le bonheur dans leur couple.
Dès la sortie de la messe pascale, a lieu, par exemple dans certaines régions de Pologne, en Angleterre, et aux États-Unis dans les pays Scandinaves, le fameux rituel du « combat d'œufs », dont j'ai parlé dans mon article précédent lors de la veillée pascale orthodoxe. En effet, dans les pays catholiques et protestants, elle n'a lieu qu'à ce moment là.
 
La Fête de Pâques ayant clos le jeûne du Carême, le repas est festif et familial, tel que le montre le cas des pays orthodoxes, notamment en Grèce. En effet, les personnes sont accueillis avec la salutation pascale dont j'ai parlé plus haut : « Christ est ressuscité ! » Ce à quoi, on répond, « Il est vraiment ressuscité ! » Et pendant tout l'après-midi, on mange, on chante, on danse. La renaissance du Christ est « fêtée dans la joie ».
La table est, elle aussi, particulièrement décoré. Par exemple, en Pologne et en Italie, on décore la table avec des œufs pour le repas de Pâques, ou avec les paniers d'offrande.
L'œuf de Pâques reste un aliment privilégié de la fête, qui est appelé le « menu saint » en Pologne. En Russie, il est ainsi traditionnel de trouver de manière traditionnelle des œufs alimentaires, associés aux deux gâteaux traditionnels de Pâques, Kulitsch, et Pacha, qui ont été, eux aussi, bénit lors de la veillée pascale.
Dans les pays catholiques et orthodoxes (France, Belgique, Allemagne, Italie, Grèce, Pologne, Norvège, etc.), l'agneau est l'une des pièces maîtresse du repas du dimanche de Pâques. La tradition en remonte au VIIe siècle, époque où l'on commença à faire bénir un agneau en souvenir de la mémoire de Jésus. Jusque-là, on ne le faisait pas, car Jésus était considéré par les Chrétiens jusque là comme la « Pâques immolé » pour sauver l'humanité (1 Corinthiens 5, 7). Un renvoi au repas du Seder juif où l'agneau était sacrifié lors de la Pâque juive, en mémoire de la libération d'Israël. Une image comme on peut le voir ici à laquelle Jésus fut très vite identifié du fait de sa mort. D'ailleurs Pâques a finit par désigner l'agneau, ce qui donna naissance à l'expression « manger ses Pâques ». Ainsi, en Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l'occasion de partager un gigot d'agneau rôti accompagné de flageolets (qui venait d'Amérique, donc l'ajout de ces derniers serait une tradition qui remonterait tout au plus au XIXe siècle), et les Grecs cuisent à la broche le fameux agneau pascal (badigeonné d'un mélange d'huile, d'origan et de citron). Dans plusieurs villes de Grèce, les broches sont même installées sur les trottoirs pour que les passants puissent aussi participer à la fête. De même, en Italie, c'est l'agneau rôti qui est la pièce centrale du repas et au Portugal, c'est l'Ensopado d'agneau (ragoût d'agneau de mouton, à la menthe).
Même, dans les endroits, où l'agneau ne fait pas partie des repas pascaux, on retrouve la tradition de l'agneau pascal sous une forme différente. En Alsace et dans certaines régions d'Allemagne, on confectionne un biscuit en forme d'agneau appelé Osterlammele ou Lamala. Cette tradition typiquement alsacienne du Lammele est attestée par le théologien catholique Thomas Murner en 1519 : le fiancé offrait un agneau pascal à sa promise. On l'offrait aussi aux enfants au retour de la messe du jour de Pâques. Après le temps du Carême, ce biscuit riche en œufs permettait d'écouler le stock d'œufs accumulé avant Pâques et dont la consommation est proscrite. L'agneau était décoré d'un étendard aux couleurs des États pontificaux (jaune et blanc) ou de l'Alsace (rouge et blanc).
En Pologne, de même, l'agneau de beurre (wielkanocny Baranek) est aussi un plat traditionnel pour le repas de Pâques. C'est une patisserie, confectionnée avec du beurre et de la pate d'amende, fait en forme d'agneau à la main ou dans un moule en forme d'agneau.
D'autres spécialités ont également une inspiration religieuse telle la colombe de Pâques, Colomba di Pasqua, un gâteau traditionnel milanais en forme de colombe, qui symbolise la paix. Le premier gâteau de Pâques en forme de colombe aurait été préparé, selon la légende, par un pâtissier de Padoue, qui l'aurait offert au roi des Lombards, Alboïn (vers 560-572), convaincu par ce geste de paix de renoncer à ses assauts contre Padoue, qui pourtant s'est soumise à l'autorité lombarde. Serait-ce une allusion au fait que la ville se soit rendue sans combattre ?
En Russie, qui ne fête pas la Toussaint comme les Catholiques, on porte aussi des œufs au cimetière pour honorer les défunts de sa famille.
Chez les Grecs et les Russes, après le long et sévère Carême auxquels ils se sont astreints, Pâques était aussi une journée de sport populaire. En Russie, on dansait et tout le monde pouvait entrer dans les clochers et sonner les cloches. En France, les jeux de balle (symbolisant peut-être le soleil, identifié au Christ), où l'on utilisait la main, ainsi qu'en Allemagne, et en Angleterre, était aussi d'usage à partir de ce jour, mais encadré par évêques, moines ou prêtres, et durait toute la semaine, et était associé à des concours de danse. On peut en voir une survivance chez nous dans le lundi de Pentecôte. Mais aussi dans les concours de danse qui se sont maintenus dans les pays britanniques jusqu'en Irlande du Nord, mais avec une codification d'habillement bien plus spécifique aujourd'hui.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)Pour les orthodoxes, le dimanche de Pâques, il n'y a pas de Divine Liturgie, car la liturgie de ce jour a déjà été célébrée. Au lieu de cela, l'après-midi, il est souvent traditionnel de célébrer l'«Agapè des Vêpres ». Dans ce service, il est devenu habituel au cours des quelques derniers siècles pour le prêtre et les membres de l'église de lire une partie de Jean 20, 19-25 (dans certains endroits, la lecture est étendue pour inclure des couplets 19, 26-31) dans autant de langues que possible, afin de montrer l'universalité de la Résurrection.
Au coucher du soleil et le lendemain, lundi de Pâques, des grands feux (Osterfeuer allemands, et Paasvuur en néerlandais) sont allumés à l'est des Pays-Bas, en Suisse et en Autriche, et dans le massif montagneux allemand du Harz, et au Danemark, en Suède et en Finlande, où ils furent introduits au XVIIIe siècle des Pays-Bas. Á l'origine, ils étaient allumés au sommet des montagnes (montagne de Pâques, Osterberg) et à partir d'un fau nouveau suite à la friction d'un bois. Son origine se trouve probablement dans un rite préchrétien d'origine saxonne, tout comme de la crémation de Judas, qui montrait le triomphe du printemps sur l'hiver. D'ailleurs, pour assurer la fécondité de la terre, on répandait les cendres dans les prairies. Les évêques émirent graves édits contre la sacrilège les feux de Pâques (Conc. Germanicum, a. 742, cv; Concile de Lestines, A. 743, n. 15), mais n'a pas réussi à les abolir partout. Si bien que l'Église catholique finit par les intégrer vu leur succès en les christianisant, les grands feux devenant les symboles de la Résurrection du Christ.
 
Pâques se poursuit ensuite pendant huit jours, lors de la semaine dite de l'Octave de Pâques, que j'ai évoqué dans l'article précédent. Les orthodoxes orientaux et les églises catholiques orientales qui suivent le rite byzantin l'appellent eux la Semaine de la Lumière et est considéré comme un jour continu. Celle-ci, dans les deux confessions chrétiennes, était auparavant fériée. Mais ce ne fut plus le cas à partir du XIXe siècle. A partir du Concordat, en France, ce ne fut plus que le Lundi de Pâques qui resta férié, ce qu'officialisa la loi du 8 mars 1886. Il en est de même dans plus de 100 pays de tradition chrétienne à travers le monde, excepté en Russie, au Portugal, aux États-Unis et en Espagne où le lundi est travaillé au moins dans certaines régions, et au Mexique.
Des traditions païennes christianisées se sont maintenus le lundi de Pâques en particulier celle du « lundi mouillé» en Pologne (Śmigus-Dyngus ou poniedziałek Lany), en Hongrie, en Slovaquie (veľkonočný pondelok, appelée Šibačka / Polievačka ou Oblievačka)  et en République Tchèque (pondělí velikonoční ou pomlázka), où le réveil est parfois difficile, car en début de matinée, les garçons jettent sur les filles un seau d'eau sur leur tête ou leur frappe les jambes avec une branche d'arbre fine, fait à partir de bouleau, de saule ou de tout arbre, qui a été préalablement décoré. Les documents les plus anciens qui en parlent datent du XVe siècle en Pologne, mais les premières traces pourraient dater de 750, 250 ans avant l'adoption du Christianisme en Pologne. C'était probablement un rite de purification destiné à amener la fertilité du sol, comme on peut le voir dans la maintenance du rite de purification des prairies en ce jour en Hongrie. L'Église catholique finit par christianiser cette coutume en faisant valoir que l'origine serait du au baptême le lundi de Pâques de Mieszko Ier, premier duc de Pologne (935-992) en 966, qui fut à l'origine de la conversion de la Pologne au Christianisme. Cette tradition a d'ailleurs émigré avec les communautés polonaises, tel qu'on peut le voir aux États-Unis.
En France, c'est également ce jour-là que se déroule la chasse aux œufs, tout comme au Canada. Aux États-Unis, on fait également un jeu où l'on fait rouler les œufs, et qui a lieu par exemple à la Maison Blanche à Washington. C'est l'œuf qui va le plus loin qui l'emporte. Cette coutume se retrouve dans les pays Scandinaves et au Royaume-Uni mais la veille, le jour de Pâques.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : célébrations et traditions (4ème partie)Le lundi de Pâques est aussi fêté de façon plus familiale, comme en Italie, où le lundi de Pâques est appelé « Pasquetta ». Il est de coutume de préparer un pique-nique à la campagne en famille et c'est l'occasion de manger les œufs qui ont été décorés l'avant-veille. De même, dans le sud de la France, il est (était) de coutume de faire un grand pique-nique avec la famille et les amis le lundi de Pâques à midi avec comme plat principal une grande omelette, préparée avec les œufs de Pâques. Cette tradition s'appelle « pâquette » et pourrait avoir une origine commune à celle de l'Italie.
Cependant, depuis le nouvel ordo liturgique de Paul VI, le lundi de Pâques n'est plus solennisé pour les catholiques. Ce n'est plus une fête liturgique. La messe n'a d'ailleurs pas toujours lieu ce jour-là.
Par contre ce n'est pas le cas dans l'Église orthodoxe orientale et dans celles des Églises orientales catholiques qui suivent le rite byzantin, où le lundi de Pâques est appelé Lundi de la lumière ou Lundi du renouvellement, et est le deuxième jour de la Semaine de la lumière. Les services sont exactement les mêmes que ceux du dimanche de Pâques, sauf que les hymnes de l'Octoèchos sont en deux tons. Il est de coutume d'avoir une Crucession (procession dirigée par une croix), soit après les Matines pascales ou après la Divine Liturgie pascale. Il est habituel au cours de cette journée de visiter la famille et les amis. Le lundi de Pâques est aussi le jour de la fête de Saint George est célébrée, dans les années où le Jour de Saint George (23 avril) tombe pendant la Semaine Sainte ou le dimanche de Pâques.
Ce qui n'empêche que, dans l'église catholique, pendant 8 jours, la messe se répète aux grands offices, aux laudes comme aux vêpres : ce sont les mêmes psaumes et les mêmes antiennes (sauf aux cantiques évangéliques). Le psaume 109, qui est le premier psaume des vêpres du dimanche, est ainsi accompagné du psaume 113, le psaume « pascal » par excellence puisqu'il fait référence à la traversée de la mer rouge (In exito Israel de AEgypto). La célébration vespérale se poursuit avec le cantique de l'Apocalypse, que l'antiphonaire romain propose de chanter à la façon d'un tropaire, ce qui renforce encore la dimension solennelle de cette célébration.
Les chants de la messe se répètent, comme le répons Haec dies, dont le verset varie chaque jour; c'est ce même répons qui est utilisé (mais sans son verset) après les lectures des grandes heures. Hæc dies quam fecit Dóminus: exsultémus et lætémur in ea, allelúia. (Voici le jour qu'a fait le Seigneur, exultons et soyons dans sa joie, alléluia.) Pendant 8 jours, l'Eglise répète Pâques, et prolonge la solennité de la résurrection pour mieux la méditer. Pendant 8 jours, les néophytes (ceux qui viennent d'être baptisés) portent le vêtement blanc et ne le déposent qu'au deuxième dimanche de Pâques, est appelé « dimanche octave », dimanche de Quasimodo, dimanche In Albis, (historiquement, il s'agirait en fait plutôt du samedi précédent qui était « in albis depositis »), dont le nom est tiré de l'introit « Quasi modo geniti infantes », comme des enfants nouveaux-nés (1 Pierre 2, 2) Il faut voir là une allusion aux néophytes baptisés pendant la vigile pascale. Ils y ont reçu un vêtement blanc qui est un symbole de la robe blanche des élus de l'Apocalypse (7, 9) qu'ils déposaient la veille de ce dimanche. Ce deuxième dimanche de Pâques, la collecte (la prière d'ouverture de la messe et la prière de conclusion des offices aux grandes heures) leur est spécialement adressé. On lit le récit évangélique qui raconte l'histoire de l'apôtre Thomas.
Il a vu son rôle modifié lorsqu'a été institué dans l'Église catholique romaine par Jean-Paul II le 30 avril 2000, le jour de la canonisation de Faustine Kowalska, le « dimanche de la Miséricorde », en référence à la dévotion de Soeur Faustine, mais aussi en lien évident avec les premiers mots de sa collecte (Deus misericordiae sempiternae). Il fut donc célébré pour la première fois dans l'histoire de l'Église le 22 avril 2001, et est célébré depuis chaque année le dimanche qui suit le dimanche de Pâques, prenant la place du dimanche octave.
Jean-Paul II, étant mort, lors des vêpres de la divine miséricorde, et en l'honneur de sa dévotion à la miséricorde, sa béatification eut lieu le 1er mai 2011, dimanche de la divine Miséricorde.
Le rituel de la Semaine de la Lumière orthodoxe diffère du fait d'une ritualisation plus recherché. Les Portes Saintes de l'iconostase (qui abrite les icônes) sont laissés ouvertes à partir du moment où elles ont été ouvertes à minuit tout au long de la Semaine de la lumière, et ne sont fermées qu'à la fin de la neuvième heure le Samedi de la Lumière. La plupart des caractéristiques de la vigile pascale se répète, avec seulement de légères variations: le ton dans lequel les services sont chantés car ils sont changés de jour en jour, les Matines et la Divine Liturgie sont célébrées séparément, et l'homélie pascale de saint Jean Chrysostome n'est pas relut. Aussi, à la fin de la liturgie (ou, plus traditionnellement, des Matines) il ya une Crucession autour de l'église tous les jours (ou au moins le Lundi de la lumière, dont j'ai parlé plus haut). La semaine entière est une journée de jeûne, même ceux du mercredi et du vendredi, qui sont normalement des jours de jeûne pendant toute l'année ecclésiastique.
Dans mon prochain article, je parlerais du Jeudi de l'Ascension.
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Publié le 13 Mai 2011

La fête de Pâques est la plus importante du calendrier liturgique chrétien, toute confession confondue, car elle célèbre l'événement fondateur de la religion chrétienne, la Résurrection de Jésus, qui eut lieu d'après les évangiles, le « premier jour de la semaine », c'est-à-dire le Dimanche. Raison pour laquelle la célébration du Dimanche de Pâques est la plus importante, et porte le nom de messe de la Résurrection.
 
Celle-ci, comme je l'ai montré dans l'article précédent et dont je vais montrer ici les spécificités dans les différentes confessions chrétiennes, commence lors de la veillée pascale, qui est identique sauf sur certains points chez les catholiques, les luthériens et les anglicans.
 
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : les célébrations et les traditions (3ème partie)Celle-ci peut-être précédé par une symbolique crémation de Judas, qui est encore pratiqué dans certaines parties de la Grèce, au Mexique, au Brésil, au Portugal, en Espagne, en Uruguay, au Venezuela, à Chypre où elle est appelé « lambratzia », et au Philippines, et qui fut pratiqué autrefois en Allemagne, en Alsace, en Lorraine, même francophone, en Suisse, en Corse, en Grande-Bretagne, en en Slovaquie. L'effigie de Judas est généralement pendus le vendredi saint puis brûlée dans la soirée du Samedi saint, avec quelques exceptions, comme au Mexique, où ce sont des piñatas, des constructions en papier mâché dans lesquelles ont été placés des bonbons, des chocolats de Pâques et autres gourmandises, qui remplace les effigies de Judas et sont brisés par les enfants. Avant, le cierge pascal était allumé au bûcher, mais depuis il est allumé de manière plus traditionnelle. Cette cérémonie a lieu le plus souvent au cimetière dans un but auparavant de purification contre les objets souillés et de protection contre les maléfices. Des coutumes proches de celles de quelques nombreuses régions de l'Amérique latine cette pratique est extrêmement symbolique et a pour but de se débarrasser soi-même du mal et de commencer une nouvelle année dans la pureté spirituelle une nouvelle saison. Certaines communautés observent ce rituel en utilisant diverses effigies, y compris le Judas biblique (qui a trahi Jésus), Satan, une prostituée, ou un Juif (représentée par la représentation stéréotypée européenne). Cette coutume, au cours de laquelle l'effigie est brûlée sur un bûcher, est toujours appelé « Quema del Año Viejo» qui signifie littéralement "la combustion de la vieille année. ». Aujourd'hui en Europe par contre, la fonction n'en est plus guère religieuse, tout comme les feux de la Saint Jean. On pense que cette coutume serait apparut en Allemagne au VIIe siècle. Elle y aurait remplacé une cérémonie archaïque, probablement d'origine païenne, celle des "Notfeuer" ou "Willfire", feux d'alarme ou feux sauvages. Lorsqu'une épidémie décimait les hommes ou les troupeaux, on éteignait tous les feux domestiques. Il en est de même en Amérique Latine où ces feux seraient l'héritage de rites agraires de purification, et le fruit du métissage de ces cultures lorsque le Christianisme s'y développa, ce qui peut expliquer leur maintenance. Cependant, l'église catholique condamna ce rituel populaire dès le XIIe siècle, y voyant la dangereuse correspondance qu'il pouvait y avoir entre Judas et le Juif. Dans certains villages d'Alsace, par exemple, ne disait-on pas que l'on brûlait le Juif ? Après 1945, on comprend aisément que ces feux, qui avaient résisté jusque-là, aient progressivement disparut en Europe, à part quelques exceptions, du fait des dérives du nazisme, qui surent dès les années 1930, détourner ces feux de leur but premier. D'ailleurs, pour ceux qui les pratiquent actuellement, la personne qu'on brûle n'est pas le Juif, mais le Mal, dans la même optique que les feux de la Saint Jean.
 
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : les célébrations et les traditions (3ème partie)La veillée commence le soir du Samedi Saint, entre 21 et 22 heures chez les catholiques, et 23 heures chez les orthodoxes, dans l'obscurité complète du fait du rituel du feu qui débute alors par l'allumage d'un grand feu, symbole de la présence de Dieu, soit à l'intérieur ou à l'extérieur du sanctuaire, qu'à préalablement bénit le prêtre, et avec lequel il allume un cierge, le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité, qui restera allumé jusqu'à la Pentecôte, 50 jours après. Et auquel sont ensuite allumés tous les cierges offerts préalablement aux fidèles, qui chez, les orthodoxes, chantent : « Approchez et recevez la lumière de la vie éternelle et glorifiez le Christ, qui est resurgi des morts ! » Suit ensuite la procession des fidèles, conduit par le prêtre,  avec les chandelles à la main, et chez les orthodoxes, avec la croix et les icônes, dans l'église obscure, symbole du Christ qui par sa résurrection nous a fait quitter les ténèbres de la mort. Chez les orthodoxes, on fait une ou trois fois le tour de l'église, dont les portes sont fermées, afin de rappeler le parcours des femmes au tombeau de Jésus. Après la lecture du récit de la Résurrection (Marc 16, 1-8) par le prêtre et l'encensement, les fidèles rentrent dans l'église toute illuminée (où toutes les lampes et les cierges ont été allumés par celui qui avait la charge des lampes) dont les portes sont alors ouvertes. Cette procession est suivit par la proclamation de la Résurrection, qui suit l'entrée dans l'église, chez les catholiques et les orthodoxes. Pâques, la plus grande solennité chrétienne : les célébrations et les traditions (3ème partie)Pour les premiers, à l'entrée, le diacre, tenant le cierge élevé, chante : « lumière du Christ » et l'assemblé répond « Nous rendons grâce à Dieu » et chante « Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père, saint et bienheureux Jésus-Christ ». Puis on renouvelle l'acclamation de la lumière, au milieu de la nef, qui est de nouveau transmise aux fidèles, et suit une troisième acclamation, au pied de l'autel, le diacre chante alors l'Exultet, ou sinon on prononce la proclamation de Pâques, attribuée à Ambroise de Milan. Ici, les rites sont équivalents pour les anglicans et les luthériens. Pour les seconds, celle-ci a lieu lorsque les fidèles pénètrent dans l'église, où le prêtre les dirige dans l'intonation de l'hymne de la Résurrection, le tropaire pascal : « Le Christ est ressuscité des morts. Par la mort, il a vaincu la mort. A ceux qui sont dans tombeaux, il a donné la vie ! » La salutation pascale suit alors : « Christ est ressuscité ! ». Ce à quoi les fidèles répondent : « Il est vraiment ressuscité ! »
 
Les différences sont surtout au niveau de la liturgie de la parole qui suit. Comme, je l'ai évoqué dans mon article, consacré au Samedi Saint, chez les orthodoxes, celle-ci a lieu l'après-midi voire le matin du Samedi Saint, c'est la liturgie de Saint Basile, composé de 15 textes de l'Ancien Testament (Genèse 1, 1-13 ; Isaïe 60:1-16; Exode 12:1-11; Jonas 1, 01-4, 11 ; Josué 5, 10-15 ; Exode 13:20-15:19 ; Sophonie 3, 8-15 ; 1 Rois 17, 8-24 ; Isaïe 61, 10-62, 5; Genèse 22:1-18 ; Isaïe 61, 1-9, 2 Rois 4, 8-37; Isaïe 63, 11-64:5; Jérémie 31, 31-34; Daniel 3, 1-68) qui préparent la veillée pascale qui commence à la fin de cette liturgie. Une survivance de la période où la vigile se déroulait l'après-midi ou le matin.
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : les célébrations et les traditions (3ème partie)Ce qui n'est pas le cas chez les catholiques, depuis la réforme liturgique de 1955, les luthériens et les Anglicans. Pour ces derniers, il y a des divergences. Dans l'église catholique, la liturgie est composée de 7 textes 6 lectures (Genèse 1, 1 -2, 2 ; Genèse 22, 1-18 ; Exode 14, 15 - 15, 1 ; Ezékiel 36,16-18 ; Baruch 3, 9-15,32 - 4,1 ; Romains 6, 3-1 ; et l'évangile qui varie en fonction des années liturgiques : Année A, Matthieu 28/1-10, Année B, Marc 16/1-8, Année C, Luc 24/1-12), voire 2, qui résume l'histoire du salut de la création du monde à la Résurrection de Jésus, point central de cette fête, et dont les lectures doivent montrer la réalisation et met aussi en avant avec Romains 6, 3-1, le baptême qui est pratiqué le plus souvent lors de la veillée pascale, comme je l'ai expliqué plus haut, car c'est le moment où, d'après Paul de Tarse, les chrétiens participent à la mort et la résurrection de Jésus. Chez les anglicans, elles sont au nombre de 9 et chez les luthériens de 12 qui varie de ceux proposés par la liturgie romaine. Chez les catholiques, au moment du gloria solennel, qui précède cette lecture, on fait alors sonner les cloches (déliées des liens qu'on leur avait posé le Jeudi saint en Italie), marquant ainsi la fin du deuil commencée le soir du Jeudi Saint, mais aussi du Carême, afin de célébrer et de proclamer la Résurrection de Jésus et la lecture de l'évangile, qui suivra, en est alors le sommet. Dans la liturgie orthodoxe, les Matines pascales commencent immédiatement après la procession, où les fidèles psalmodient alors et au chant de chaque ode, et le prêtre encense toute l'église et échange des voeux pascals avec les fidèles, suivit par les Heures pascales, qui sont également chantés. Le prêtre qui se tient ensuite devant l'église avec l'évangéliaire le donne à baiser au fidèle. Puis suit l'homélie pascale de Jean Chrysostome, qui est le point culminant de la liturgie, au cours de laquelle l'assemblée se lève. Tout le monde ensuite s'embrasse, le baiser de paix, qui s'est perdu dans la liturgie romaine, où il est remplacé par le geste de paix, qui est triple chez les Russes. Le baiser de paix terminé, les portes royales de l'autel sont ouvertes pour montrer qu'il n'y a plus de différence entre le ciel et la terre, que tous sont les invités du Seigneur pendant toute cette fête.

Pâques, la plus grande solennité chrétienne : les célébrations et les traditions (3ème partie)On célèbre ensuite, chez les catholiques, les luthériens et les anglicans, la liturgie baptismale, car la nuit de la Résurrection est celle de l'émergence d'une vie nouvelle dans le Christ ressuscité, toutefois chez les anglicans, elle peut suivre les lectures de l'Ancien Testament. Après avoir chanté la litanie des saints (qui remplace la prière universelle) et procédé à la bénédiction de l'eau baptismale, le célébrant baptise les catéchumènes, une pratique qui se poursuit dans le catholicisme romain, le luthéranisme et la Communion anglicane. Qu'il y ait des baptêmes à ce stade ou pas, il est de tradition de renouveler les voeux de leur foi baptismale, le sacrement de Confirmation catholique, qui a encore cours chez les anglicans et les luthériens, pour les deux premiers seulement si un évêque est présent, et d'asperger des fidèles en mémoire de leur baptême. C'est seulement après qu'a lieu chez les anglicans, le chant du Gloria.
 
Après la prière, suit la liturgie de l'Eucharistie, comme dans toutes les messes du dimanche. Il s'agit de la première messe de Pâques. Au cours de l'Eucharistie, les nouveaux baptisés reçoivent la sainte communion pour la première fois. Selon les rubriques du Missel romain, l'Eucharistie devrait se terminer avant l'aube. Chez les orthodoxes, il y a un équivalent, car à la fin du service, le prêtre bénit l'Artos, une grosse miche de pain au levain, qui représente le Christ ressuscité. Il est ensuite mis en regard de l'icône de la Résurrection et est vénéré par les fidèles tout au long de la Semaine de la Lumière, dont je parlerais plus loin.
 
Pâques, la plus grande solennité chrétienne : les célébrations et les traditions (3ème partie)Suite à la fin de la Divine Liturgie, dans la liturgie orthodoxe et romaine, des paniers de nourriture, qui avait été interdite lors du Carême, comme la viande, les oeufs qui ont été teints en rouge, voire de plusieurs couleurs différentes, comme en Russie et en Ukraine, le beurre et le fromage, sont bénis avec de l'eau bénite, et sont généralement distribués à la population pour la rupture rapide du Grand Carême. Une coutume que l'on retrouve dans certains pays catholiques, par exemple la Croatie, la Slovénie et la Pologne et en Italie (où ce sont les oeufs seuls qui sont bénis et en Pologne, ces derniers sont peints de couleurs différentes comme en Russie, si bien qu'on n'en trouve pas un identique). En effet, ces vivres s'avéreront important car ils seront la base du petit déjeuner et du déjeuner mais cette bénédiction a lieu le matin du Samedi Saint.
Après la fin de la Liturgie orthodoxe, dans maintes communautés, les fidèles se retirent pour une « agape », un déjeuner en commun pour marquer la fin du Carême (mais à 2 heures ou plus tard).En Grèce, lors de ce repas est
consommé le repas traditionnel, la mageiritsa, un ragoût de foie d'agneau haché et assaisonné de plantes sauvages et sauce aux œufs et au citron.
Une tradition, très populaire, qui a été perdue dans les sociétés de rite catholique et protestant (sauf dans les pays de l'Est, en Pologne, en Croatie, en Suède), restent vivaces chez les orthodoxes, par exemple en Grèce, en Russie et en Serbie : Les oeufs de Pâques, des oeufs durs teints en rouge vif pour symboliser le versement du Sang du Christ et la promesse de vie éternelle, sont fissurés et réunis pour célébrer l'ouverture de la tombe du Christ et s'accompagne de la salutation pascale «Christos Anesti!», «Le Christ est ressuscité», salutation que les croyants s'échangent de Pâques à l'Ascension, à laquelle on répond «Alithos Anesti!», «En vérité il est ressuscité!». De ce fait, le service, dans l'église orthodoxe, se termine généralement autour de 4 heures. Par la suite, chacun rentre à la maison à l'aube.
C'est à ce moment là que débutera la célébration du dimanche de Pâques dans toutes les confessions chrétiennes mais avec des caractéristiques diverses.

 

                                                                                                                                                                                                 Freyr1978

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

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Publié le 2 Mai 2011

Vers la fin du IVème siècle apparaît déjà la tradition du triduum saint (Constitutions apostoliques, vers 380 ; Pérégrinations d'Égérie en 383), qui d'après Ambroise, évêque de Milan de 374 à 397, « est le triduum saint ... pendant lequel (le Christ) a souffert, s´est reposé et est ressuscité » (Ep. 23, 12-13 : Pl 16,1030). Augustin, évêque d'Hippone, met en relation le passage de Jonas dans la baleine avec le triduum pendant lequel le Seigneur est mort et est ressuscité: vendredi, samedi, dimanche (De consensu Evang., 3, 66 : Pl 34,1199). La liturgie de Jérusalem, populaire sur ces trois jours, « la Pâque célébrée en trois jours » À la mémoire de la résurrection du Christ, furent unis la mémoire de sa Passion et de sa mort, le Triduum du Christ « crucifié, enseveli et ressuscité » en revivant de plus en plus sur les lieux la Passion du Christ (répartition de la vigile pascale sur la semaine, procession des Rameaux, adoration de la Croix au Golgotha, etc.).

Dès lors, Pâque reste le nom propre de la Vigile, le cœur de toute la célébration, qui achevait le temps de « quarante jours de jeûne et de pénitence ». A l'issue de ce dernier, on offrait des œufs, qui avaient été interdit de consommation lors du Carême. En effet, le jeune était plus strict qu'aujourd'hui. C'est l'origine des œufs de Pâques. A cette occasion, se mit également en place une fête de la lumière, en ouverture de la cérémonie, introduite par l'empereur Constantin Ier, qui consistait à allumer des lampes à la tombée du jour au chant de « Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père, saint et Bienheureux Jésus-Christ », qui est l'œuvre de Basile, évêque de Césarée de 370 à 379. Mais la célébration n'était pas limitée au seul dimanche de Pâques mais s'étendait à toute la semaine qui était chômée. Les fidèles communiaient chaque jour et les nouveaux baptisés conservaient leur robe blanche, signe d'appartenance à la foi, de la vigile du Samedi saint au dimanche suivant Pâques, le dimanche de Quasimodo. Ce qui montre aussi l'importance qu'avait pris jusqu'au Ve-Vie siècle le baptême lors de la vigile pascale (grandes catéchèses baptismales d'Ambroise de Milan, de Cyrille de Jérusalem, d'Augustin d'Hippone) qui fut fortement ritualisé à la fin du IVe siècle, avec l'importance prise par le catéchuménat : on vit apparaître une procession des catachumènes, préparés pendant les 40 jours du Carême, vers la fontaine baptismale. On introduisit une longue bénédiction de l'eau. Après avoir été dépouillés de leurs vêtements, les catéchumènes étaient immergés trois fois dans l'eau en proclamant la triple profession de foi. Ils étaient ensuite revêtus du vêtement blanc et oints du Saint-Chrême. Enfin, l'évêque confirmait les nouveaux baptisés qui retournaient solennellement dans l'église pour la célébration de l'eucharistie avec les autres membres de l'assemblée.
Tirant son origine dans l'Ancien Testament avec la fête des Tabernacles, l'octave pascale fut introduite par l'empereur Constantin dans la liturgie chrétienne.
Égérie a décrit dans ses Pérégrinations comment elle était vécue en 383 à Jérusalem : « (...) pendant l'Octave, toute cette pompe et cette décoration se déploient dans tous les lieux saints. (...) Pendant toute cette Octave, tous les jours, c'est la même décoration et la même pompe (...) Les moines de l'endroit, au complet, continuent à veiller jusqu'au jour en disant des hymnes et des antiennes. (...) À cause de la solennité et de la pompe de ces jours, des foules innombrables se rassemblent de partout, non seulement des moines, mais aussi des laïques, hommes et femmes. » Mais elle prit du temps à s'étendre à l'Occident entre le VIIIe et le XIe siècle, à l'occasion de divers synodes.

La liturgie de Rome, était beaucoup plus sobre au départ. Mais, lentement, elle accueille les rites populaires de Jérusalem. En effet, à partir du Ve siècle, se met en place un élargissement du symbolisme rituel: bénédiction du feu (le cierge pascal apparaît au VIe siècle), du cierge, de l´eau, qui se mettent en place entre le Ve et le XIIe siècle. L'Exultet, qui signifie  "sauter hors de soi", prit place au cœur de la bénédiction du feu afin de rendre grâce à Dieu pour la lumière et pour annoncer la joyeuse nouvelle de la résurrection : « Ô nuit de vrai bonheur, où le ciel s'unit à la terre, où l'homme rencontre Dieu ! ». Celui qui est chanté dans la liturgie romaine d'aujourd'hui remonte au VIIe siècle et fait partie d'une énorme collection littéraire dont la presque totalité est perdue. L'assemblée avait l'habitude de se regrouper autour de l'ambon pour écouter le chant exécuté par le diacre. Souvent, le rouleau du chant était orné d'enluminures que les participants pouvaient contempler en écoutant l'annonce de la Pâque. Comme toutes les lumières étaient éteintes le soir du jeudi saint, une flamme neuve devait s'allumer pour qu'on puisse célébrer dans la nuit du samedi. La plus ancienne bénédiction du feu nouveau que nous connaissons se trouve dans le Pontifical romain du XIIe siècle. On y décrit aussi la procession du feu nouveau à l'extérieur jusqu'à l'ambon dans le lieu de célébration. Du XIIIe siècle jusqu'à la réforme de Pie XII en 1951, on utilisait un cierge à trois branches pour allumer le cierge pascal. La coutume a sans doute été empruntée à la liturgie de Jérusalem.
Cette phase symbolique fut bientôt suivie de la phase dramatique, quand, sous l´influence de la liturgie de Jérusalem, on scénifie les circonstances de la passion. Déjà au Vème siècle, le dimanche qui inaugure la Semaine Sainte, la liturgie orientale fête l´entrée messianique de Jésus à Jérusalem tandis que la liturgie romaine (avec Léon Ier le Grand, pape de 440 à 461) inclut déjà la passion (mercredi et vendredi saint aussi). D´un autre côté, Augustin répond à une question sur ce qu´on devait faire le jeudi saint : la règle d´or est de suivre les pratiques de l´Église dans laquelle on se trouve (Ep. 54, 5: Pl 32,202). Selon Concile d'Agde (506), la communion n'était plus autorisée qu'aux trois grandes solennités chrétiennes, dont fait partie Pâques. C'est à partir du VIIe siècle, qu'en hommage à la mort de Jésus, que l'on garde les cloches silencieuses jusqu'au matin de Pâques, ce qui est à l'origine des cloches de Pâques.
Une des raisons de l'élargissement du symbolisme rituel pourrait-être dû au fait que les progrès de l'évangélisation : à partir du VIe siècle se répand l'habitude du baptême des enfants à n'importe quel moment de l'année, ce qui entraîne donc la fin du catéchuménat, bien que plusieurs conciles luttent contre cet état de fait en recommandant le baptême des enfants à Pâques, ce qui donnera naissance à la coutume du parrainage. Une autre pourrait être aussi l'interdiction du rite des œufs entre le Ve et le VIe siècle.
La célébration se terminant, depuis le VIe siècle, à minuit, le besoin d'un office de jour qu'on trouve dès le pontificat Grégoire Ier le Grand (590-604), se fit sentir. Dès le VIIe siècle, elle fut déplacée au milieu de l'après-midi. On réservait toutefois la célébration de la messe en début de soirée pour la vigile pascale. Puis, on procéda à la bénédiction du feu nouveau sur l'heure du midi, avec l'Exultet, qui est chanté par le diacre à partir du XIe siècle.

Au même moment, coupée de l'Europe barbare, l'Église celte d'Irlande avait développé sa propre méthode de calcul ; une longue querelle devait s'ensuivre avec les missionnaires romains venus avec Augustin de Cantorbéry évangéliser les Anglo-Saxons du Kent. Bède le Vénérable, avant et pendant le synode de Whitby, en 664, a fait peser son influence en faveur de Rome. L'archevêque de Cantorbéry Théodore de Tarse (un saut géographique encore plus considérable que celui d'Irénée) imposa le calcul romain à toute l'Angleterre en 669. En 768, selon les Annales Cambriae, le Pays de Galles commença à célébrer Pâques à la date de l'Église de Rome.
La liturgie romaine s'étendit au VIIIe siècle dans les pays Francs, lorsque Charlemagne (768-814) voulut resserrer les liens entre les diverses régions de son empire en unifiant la liturgie, ce qui va donner naissance à une liturgie « romano-franque » qui ajoute à la forme simple de l'ancienne liturgie romaine, avec par exemple la litanie des saints (jusqu'à parfois 267 saints !) qui fit souche sous Charlemagne et la consécration du cierge pascal qui apparaît au VIIIe siècle, qui allait progressivement s'installer dans la plupart des terres de l'Occident chrétien tout au long du IXe siècle, comme dans l'archevêché de Cologne, où à ce siècle, apparaît le terme Pasche pour désigner Pâques.

Depuis le VIIIème siècle, une nouvelle conception du triduum s´impose dans l´église latine, le triduum avant la Pâque : jeudi, vendredi et samedi, et la veillée pascale a connu un changement avec la rupture du jeûne après la prière de "None" (15h), et surtout à partir de midi au XIVème siècle avec certains illogismes possibles (veillée nocturne en plein jour...). Et la fête de Pâques se trouva allongé, depuis 1091, pendant la semaine d'octave de Pâques, qui est officiellement reconnut afin de rappeler que la Résurrection de Jésus durait au-delà de cette fête. Mais la liturgie de Jérusalem ne pouvant s'appliquer en dehors de la ville, on transforma ces huit jours jusqu'au dimanche de Quasimodo, ou dimanche in albis, à cause du vêtements blancs déposés alors par les nouveaux baptisés, que j'ai évoqué plus haut, en célébration de messes journalières avec les prières de la fête de Pâques. La pratique s'est depuis perdue et actuellement seul le lundi de Pâques est resté un jour férié. J'en dirais plus dans la deuxième partie que je consacrerai aux cérémonies religieuses et aux traditions s'y attachant.
Au XIIe s d'ailleurs, l'Église, à qui il ne suffisait plus de consacrer toute une semaine à Pâques, fixa même le début de l'année à cette fête. Le concile de Reims, tenu en 1235, mentionne même cette date comme « l'usage de France », un usage qui était devenu presque général au Moyen Age, sauf en Angleterre.

La coutume de s'offrir des œufs de Pâques de diverses couleurs apparaît alors chez les chrétiens d'Égypte (Coptes) aux Xème et XIIème siècles. Si les Occidentaux redécouvrent le rite des œufs chez les coptes d'Alexandrie c'est à l'occasion des Croisades. La première attestation en Europe date d'ailleurs de cette période et concerne le roi d'Angleterre Édouard Ier qui offrit des œufs dorés à sa cour en 1200. Au XIIIe siècle, à Paris, le jour de Pâques, les clercs des églises, les étudiants de l'université ainsi que les jeunes gens des différents quartiers s'assemblaient sur les places publiques et formaient un long cortège en tête duquel on retrouvait bannières, tambours et trompettes. Ils se rendaient en chœur sur le parvis de l'église cathédrale, où ils chantaient une partie de l'office appelée « Laudes » puis ils s'éparpillaient dans les rues où ils faisaient la quête des œufs de Pâques. La tradition voulait que l'on s'envoie des œufs teints en rouge ou en bleu et bariolés de diverses couleurs entre parents, amis et voisins. Enfants et domestiques recevaient également des présents.
Et au même moment, on donne plus de solennité à la liturgie pascale, tel que le montre la liturgie de la Parole, avec ses sept textes actuels, synthèse de la Liturgie du Latran, des paroisses de Rome (VIIème siècle) et de la liturgie gallicane (IXème siècle) qui elle, comptait 12 textes, le Credo proclamé solennellement à la vigile pascale, qui apparût en Orient au VIème siècle, et ne fût finalement introduit dans toute l'Eglise qu'à partir de 1014, et le "lumen Christi" de la procession de la Vigile pascale qui est un rite d'origine byzantine. Celui-ci remonte, au début du XIIIe siècle, au pape Innocent III (1198-1216) qui réunit le concile de Latran en 1215, qui imposa (canon 21, Omnis Utriusque Sexus) l'obligation au moins annuelle, à Pâques, de la confession à son curé et de la communion. Ce qui a donné naissance à l'expression faire ses Pâques.

À partir du XIIIe siècle, face à la disparition généralisée de candidats au baptême pendant la Vigile, les livres liturgiques romains, puis le Missel de Pie V (1570), gardent les rites baptismaux et font de la bénédiction de l'eau le sommet de cette liturgie. Et avec les papes d'Avignon (1309-1378), la célébration de l'Eucharistie (veillée et messe) est passée en matinée, et ce fut la messe du dimanche matin qui supplanta de fait la grande veillée en lui empruntant des éléments (bénédiction du cierge et de l'eau).
A partir du XVIe siècle, il devient d'usage de rajouter un s à « Pâque », du fait probablement de l'expression « faire ses pâques » qui s'était généralisé, et qui désigne encore actuellement la fête chez les Catholiques et les Protestants, tandis que les astronomes s'aperçoivent que l'année calendaire dépasse l'année solaire de... 11 minutes 14 secondes. Le cumul de cette avance quinze siècles après la réforme julienne se monte à une dizaine de jours avec pour conséquence de plus en plus de difficultés à fixer la date de Pâques. Ce problème fut rediscuté lors du Concile de Trente (1545-1553) sans qu'une solution soit apportée sinon qu'un décret confiait le soin de la réforme au pape Pie IV. Au même moment, s'étend une nouvelle coutume pascale naît en Allemagne vers le XVe siècle, où l'on associe pour la première fois le lapin et ou le lièvre de Pâques avec les œufs pour célébrer le printemps, une coutume qui s'étend à l'Alsace en 1572. Le protestantisme en Allemagne, en plein développement, au cours du XVIe siècle, aurait-il cherché un autre symbole que les cloches ? L'Autriche, qui ne connaît pas cette tradition, confirmerait peut-être cette hypothèse.
En pleine période de Réforme Catholique, suite au Concile de Trente (1547- 1563), le pape Pie V défendit en 1566 de célébrer la messe l´après midi, ce qui fait que l´office de la veillée pascale est avancé au matin du samedi. Cette décision fut rendu obligatoire par le Missel Romain de 1570 à tous les diocèses. C'était en soit une manière de sauvegarder l'identité catholique de la fête. Peut-être que l'on peut aussi voir ce fait dans la prière qu'officialisa pour la bénédiction des œufs le matin du dimanche du Pâques le pape Paul V (1605-1621) : « Bénis, Ô Dieu, nous t'en supplions, cette création qui est la tienne, ces œufs qui sont l'œuvre de tes mains afin qu'ils deviennent une nourriture fortifiante pour tes serviteurs, qui les mangent en souvenir de notre Seigneur Jésus-Christ. »
Pour remédier à la dérive calendaire, le pape Grégoire XIII imposa, en 1582, son propre calendrier, qui était principalement une tentative pour maintenir Pâques au printemps et retrancha 10 jours à l'an 1582 pour corriger les erreurs du calendrier Julien.
En 1622, cette mesure fut généralisée par le Pape Grégoire XV à l'ensemble du monde catholique, notamment pour simplifier le calendrier des fêtes religieuses.
En 1642, le pape Urbain VIII fit disparaître les Jours saints de la liste des fêtes d'obligation.
A partir de 1752, date à laquelle le calendrier grégorien fut également adopté par la Grande-Bretagne et l'Irlande, Pâques est célébrée le même jour dans toute la partie occidentale du monde chrétien.
Cependant, les Eglises orientales, qui continuèrent à observer le décret du concile de Nicée, n'ont pas adopté le calendrier grégorien, et commémorent Pâques le dimanche qui précède ou qui suit la date à laquelle se conforme l'Occident, entre le 4 avril et le 8 mai au plus tard. Ces dates peuvent occasionnellement coïncider, comme ce fut le cas cette année et ce sera le cas en 2017.

Il fut maintes fois envisagé de remplacer les dates mobiles de la fête par une date fixe.
Le problème fut soumis au Saint-Siège en 1923, qui n'opposa aucune objection de principe à cette proposition de réforme mais elle n'a pas lieu.
En 1928, le parlement britannique autorisa l'Église établie d'Angleterre (mieux connue sous le nom d'Église anglicane) à commémorer Pâques le premier dimanche suivant le second samedi d'avril mais cette possibilité ne fut pas mise en pratique.
Alors qu'on ne trouvé pas de solution pour fixer une date, les années 1950 furent importante car elles mirent en place la célébration pascale veillée/journée, telle que nous la connaissons actuellement. Le mouvement liturgique, courant réformateur catholique apparu en France au milieu du XIXe siècle avec la publication de « l'année liturgique » de Dom Prosper Guéranger (1806-1875) et en Allemagne pour « faire de nos assemblées des communautés de prière » convainquit le pape Pie XII, pour qui le mouvement avait été comme le « passage du Saint Esprit dans son Église », de procéder à la restauration de la Veillée pascale. Par le décret Dominicæ resurrectionis vigiliam du 9 février, il permit la célébration nocturne de la de la fête de Pâques, qu'il rendit obligatoire par le décret Maxima redemptionis nostra mysteria du 16 novembre 1955, pour favoriser l'assistance des fidèles. Le missel de 1970 de Paul VI poursuivit la démarche de 1951. Dorénavant, la veillée a lieu à 21-22  heures et la messe de la Résurrection le dimanche matin à 10-11 heures.
En 1975, le pape Paul VI avait suggéré de fixer Pâques le dimanche compris entre le 9 et le 16 avril. Une déclaration du concile de Vatican II (1958-1965) énonce, en effet, que l'Église ne s'opposerait pas au principe d'une date fixe pour Pâques. La mesure a même failli rentrer en vigueur en 1977. De leur côté, les orthodoxes, très attachés au calendrier Julien qui leur permet de vivre au rythme de la vie de Jésus, ont aussi accepté d'étudier le problème. Le Conseil œcuménique des Églises proposa une réforme de la méthode de détermination de la date de Pâques lors d'un sommet à Alep (Syrie), en 1997. Cette réforme aurait permis d'éliminer les différences de dates entre églises occidentales et orientales; elle devait entrer en application en 2001, mais échoua.
 
Mais, depuis les cérémonies dans chacune des deux grandes confessions chrétiennes se sont établies tel qu'on les connaît aujourd'hui, tout en christianisation des traditions locales, que je vais vous évoquer avec le cheminement des célébrations pascales.

 

                                                                                                                                                                                                    Freyr1978

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

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