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Publié le 30 Mars 2017

Est-ce le premier vrai portrait de Jésus-Christ ?

Christophe Da Silva dans son article pour 7sur7.be du jeudi 30 mars 2017 nous montre qu’après 30 ans d'études et de recherches, Ralph Ellis, un spécialiste de la Bible, a conclu que Manu VI et Jésus-Christ était la même personne.

 

Jusqu'ici, le portrait de Jésus-Christ n'était représenté que sur des icônes et dans des livres religieux. Mais Ralph Ellis, historien britannique, se dit prêt à dévoiler un mystère. Selon le Daily Mail, il assure avoir trouvé une vraie image du Christ sur une pièce datant du Ier siècle. Par le passé, les experts supposaient que le visage barbu sur cette pièce, dont le diamètre ne fait que 24 millimètres, appartenait à Manu VI, souverain de l'Osroène (nord-ouest de la Mésopotamie).

 

Après 30 ans d'études et de recherches, Ralph Ellis a conclu que Manu VI et Jésus-Christ était la même personne. Il existe trop de coïncidences dans leurs biographies respectives. Le scientifique britannique a publié ses déductions dans un livre sorti récemment "Jésus, roi d'Édesse" ("Jesus, King of Edessa").

 

Toujours d'après ce spécialiste de la Bible, Jésus-Christ n'était pas un pacificateur mais plutôt une figure clé dans la guerre judéo-romaine qui a lancé un défi à l'Empire romain, ce qui lui a coûté la vie. Il a été conduit à la croix à côté de deux autres hommes, tout en portant une couronne d'épines et d'un manteau de pourpre. Ces deux symboles étaient des déclarations ouvertement politiques, mettant en garde contre de nouveaux soulèvements contre Rome.

 

Jésus-Christ est le nom donné par les chrétiens à Jésus de Nazareth qu'ils considèrent comme le Messie. Cependant, aucune source (y compris la Bible) n'est capable de le décrire physiquement. Mais son image familière avec des longs cheveux et une robe blanche est une invention plus tardive datant du VIe siècle.

 

Mais il faut faire attention aux hypothèses données par Ralph Ellis qui admet que ses conclusions sont controversées et contredisent l'histoire conventionnelle du Christ, et la pièce de monnaie qu’il utilise donne le portrait familier de Jésus qui est plus tardif (longue barbe et cheveux longs). La conclusion de l’auteur a été un peu rapide.

 

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Publié le 23 Mars 2017

LePoint.fr dan son article du jeudi 23 mars 2017 nous montre que le pape François a autorisé jeudi la canonisation de deux des trois bergers de Fatima, au Portugal, qui affirment avoir assisté à des apparitions de la Vierge en 1917, un miracle reconnu officiellement par l'Église catholique.

 

Le pape a ainsi autorisé un décret de la Congrégation pour la cause des saints "concernant le miracle attribué à l'intercession du bienheureux Francisco Marto, né le 11 juin 1908 et mort le 4 avril 1919, et de la bienheureuse Jacinta Marto, née le 11 mars 1910 et morte le 20 février 1920", indique un communiqué du Vatican.

 

Selon les médias italiens, il n'est pas exclu que le pape François puisse les canoniser au cours de son voyage à Fatima les 12 et 13 mai, même si aucune date n'a été officiellement annoncée. La canonisation équivaut à une reconnaissance officielle par l'Eglise qu'une personne est sainte et au paradis. Elle doit pour cela être créditée de deux miracles, l'un pour sa béatification, l'autre pour sa canonisation, signes tangibles de sa proximité avec Dieu.

 

Selon la tradition, la Vierge serait apparue à six reprises, de mai à octobre 1917, à Jacinta, 7 ans, Francisco, 9 ans, et leur cousine Lucia, 10 ans et leur aurait révélé un message divisé en trois "secrets" jugés prophétiques de l'Histoire du XXe siècle. Après la mort de Francisco et de Jacinta, Lucia dos Santos, devenue sœur Lucia, a confié les deux premiers secrets à un évêque en 1941 et ils ont été rendus publics par Pie XII en 1942.

 

Le premier "secret", où sœur Lucia évoque "une grande mer de feu avec des démons et des âmes" évoquerait la vision de l'enfer. Le deuxième annoncerait le début d'"une guerre encore pire que celle en cours". Sœur Lucia a transmis le 3e secret en 1944 à Pie XII avec la recommandation de ne le publier qu'après 1960. Mais aucun pape avant Jean Paul II, en 2000, n'avait voulu le révéler, ce qui avait provoqué de multiples spéculations sur sa teneur. Ce troisième secret contenait, selon le Vatican, une vision prophétique de l'attentat perpétré contre Jean Paul II en 1981 sur la place Saint-Pierre au Vatican.

 

Le pape François va un peu vite. Des sérieux doutes sur ces apparitions ont été rapportés dans les ouvrages de Thomas de Fonseca, No Rescaldo de Lourdes (1932) et surtout Fátima – Cartas ao Cardeal Cerejeira (1955), auquel on peut ajouter, Fátima Desmascarada (1971) de João Ilharco. Une «critique catholique de Fatima», entreprise par des prêtres existe aussi : comme le belge Édouard Dhanis, comme l’allemand Bernward Brenninkmeyer, l’américain Robert Graham, l’allemand Karl Rahner, le suisse Otto Karrer, l' espagnol Carlos María Staehlin, et curieusement tous les membres de la Compagnie de Jésus (au Portugal, la question catholique de Fatima a été faite, en plus du père Mário Oliveira, par les prêtres Oliveira Faria et Salvador Cabral, et le père Oliveira serait l'auteur de deux ouvrages importants, Perguntas sobre Fátima, 1975, Perguntas sobre Fátima. Há 12 anos sem resposta!, 1987).

 

Enfin le père Mário de Oliveira, connu comme le père Mário da Lixa, est l’auteur de Fátima nunca mais en 1999 et de Fátima, S.A en 2015, où il démontre que les apparitions de Fatima ont été utilisées pour discréditer la République arrivée au pouvoir en 1910 qui avait nationalisé ses biens et qui mettait les gens au-dessus des clercs. Durant le premier mois de l’apparition, la Dame que voyaient les bergers, Lúcia dos Santos, Jacinthe et Francisco Marto (respectivement 10, 7 et 8 ans), leur disait la nécessité de prier le chapelet. Depuis l’apparition de la République, les gens avaient cessé de prier car ils pouvaient améliorer leur sort sans attendre un miracle. D’où cette insistance sur le chapelet.

 

Les bergers de Fatima furent rapidement mis en cause par le prêtre local, c’est pour cela qu’ils furent dès le mois de mai 1917 pris en main et soutenus par le clergé d’Ourem. Jusque-là, la Dame résumait son message à des promesses de «mettre au ciel» les trois bergers, de les encourager à «prier le chapelet» avec des allusions vagues à la fin de la guerre (où des jeunes de la paroisse étaient). Aucun de secret n’est donné par la Dame qu'ils voient. Le 13 août, le gouverneur d’Ourem réagit en prenant les enfants à son domicile et non en prison, la Vierge qui devait apparaître tous les 13 du mois n’est pas venu, pas grave Lucie la fait venir le 19 en dehors de la Cova de Iria. Le 13 Septembre avec plus de 20 000 personnes, le déception est énorme, rien ne se passe et enfin le 13 octobre, devant 70 000 personnes le miracle du soleil ne fut rien d’autre que la variation naturelle de la lumière du Soleil avec la densité des nuages en mouvement.

 

Selon Mário Oliveira, les apparitions ont été inventées par le clergé d’Ourem pour la restauration du diocèse de Leiria. Le diocèse de Leiria créé en 1918 a promu le phénomène marial de Fatima. Nunes Formigão, le grand inventeur des apparitions de Fatima, les a fait ressembler aux «apparitions» de Lourdes en France, qu’il avait visité. Enfin, Les Mémoires de sœur Lucie et les secrets de Fatima ne viennent pas d’elle puisque que Lucie était cloîtré depuis mai 1921, se consacrant «à des tâches de prière et mineures pour qu’elle ne soit pas trop envahissante» avec l’interdiction de parler des apparitions. Elle ne pouvait rien écrire sans autorisation. Ces écrits furent mis en page par l'évêque de Leiria et ses assistants. Manipulé par l’Église durant cette période, Lucie ira jusqu’à écrire que «Salazar est la personne choisie par lui [Dieu] pour continuer à gouverner notre pays.» D’où la consécration de la Russie communiste au cœur de Marie, principal adversaire de Salazar. En 1941, elle souhaitera même que l’on interdise le carnaval pour le remplacer par des oraisons, des sacrifices et des prières publiques dans les rues. Niveau fanatisme, c’est du très haut niveau.

 

Les «apparitions» ont seulement servi à attirer les populations les plus défavorisées. Elles les ont amenés à penser à tort que la solution à leurs problèmes graves et douloureux seront résolus avec des pèlerinages à pied ou en voiture là-bas. Fatima est l'endroit idéal pour garder les gens déprimés, tristes, aliénés, humiliés, autoflagellés, génération après génération. Fatima est devenue surtout une source de revenus financiers dont les recettes sont inestimables (on peut atteindre vingt millions d'euros, seulement pour la moitié des frais consommés), et a rendu possible la construction d'une cathédrale pharaonique très moche de 70 millions d'euros, qui est ouverte depuis 2007.

 

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Publié le 8 Décembre 2016

Pie IX tenait beaucoup au dogme de l'Immaculée Conception. Celui-ci mettait en avant que Marie a été préservée du péché originel pour devenir la mère de Dieu, alors que rien n'y transparaît dans les Écritures.
 
Le catalyseur de sa rédaction fut son expulsion de Rome entre 1848 et 1849. Il espérait vraiment que la Mère de Dieu interviendrait sur le cours du temps pour l'aider à reconquérir ses États pontificaux. Puis, par l'encyclique «Ubi primum» du 2 février 1849, le pape voulu avoir le sentiment des évêques sur une éventuelle définition du dogme de l'Immaculée Conception. Il nomme aussi deux commissions en 1849 et 1851 pour avoir une définition opportune de l'Immaculée Conception.
 
 
De plus, un fort sentiment marial pousse le pape Pie IX à consulter  les évêques du monde entier entre 1851 et 1853 pour définir seul ce dogme dans la bulle Ineffabilis deus du 8 décembre en 1854 à  la suite des apparitions de la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré, en 1830, à Paris dans la chapelle des Filles de la Charité de la rue du Bac, et ses médailles soit disant miraculeuses avec les mots «conçue sans péché» qui permirent à l'Église d'utiliser le dogme pour promouvoir la dévotion et la soumission à l'Église contre la critique religieuse, et à la demande de nombreux évêques notamment français depuis le règne de Grégoire XVI à partir de 1840, mais ce dernier ne donna pas suite de peur l'opposition des milieux théologiques allemands et français.
 
 
Ce dogme sera confirmé par les apparitions de Lourdes en 1858, où  Bernadette Soubirous voit une «Belle Dame» qui lui dit : «Je suis l'Immaculée Conception». Mais cela n'aurait rien de miraculeux, puisque Bernadette a été influencée par son confesseur l'abbé Ader, mariolâtre convaincu et fervent défenseur des fausses apparitions de La Salette en 1846. De plus, elle n'eut pas besoin d'inventer ce mot puisque l'on avait placé entre elle et sa «vision» une belle statue de «l'Immaculée Conception». Et pour ne rien arranger, il n'y eut pas d'unanimité sur ce dogme puisqu'il rencontra des oppositions en France et en Allemagne.
 
 
Entre 1849 et 1870, Pie IX veut maintenir l'ordre sans compromis, et ne laisser aucune place au libéralisme. La révolution de 1848 l'avait rendu particulièrement radical. C'est pour cela qu'il utilisa le dogme de l'Immaculée Conception en 1854 rendant également explicite le rôle de Marie comme MédiatriceConciliatriceReine du ciel et de la terre. Mais il institua ce dogme sans le faire par un concile, ce qui provoqua de vives réactions chez les théologiens modernistes qui à Malines et Munich mirent en avant la séparation de l'Église et de l'État en 1863, ce qui poussa le pape à condamner les idées modernes en 1864. En 1870, abandonné par les Français, Pie IX perd ses États pontificaux et refuse de reconnaître l'État italien, se considérant comme un prisonnier dans ce qui lui reste à Rome.
 
 
Marie n'intervint pas en sa faveur, sans doute à cause de sa vision absolutiste. Après tout comme le disait le Magnificat de Marie : «Il a déployé la force de son bras; Il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses. Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles. Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide» (Luc 1,51-53). Le pape Pie IX n'a pas suivi l'enseignement de Jésus dans lequel il aurait dû s'abaisser et être le serviteur des autres, trouvant la fin des puissants renversés de leur trônes.
 
 
En réalité la définition de ce dogme n'a pas été fait pour de bonnes raisons puisque le pape voulait renforcer son autorité (un prélude au dogme de son infaillibilité); la soumission au magistère, favoriser la dévotion mariale, particulièrement populaire, et souligner certaines vérités religieuses pour combattre les idées modernistes dans l'Église. Imposer cette croyance fut fatale à un catholicisme moderne et à un œcuménisme naissant. Comme le disait saint Bonaventure : «Marie n'a pas besoin de nos mensonges.»
 
 
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Publié le 20 Novembre 2016

L’Église de Franco

Comme le montre periodistadigital.com ce dimanche seront commémorés les 41 ans de la mort de Franco et les 80 ans de celle de Primo de Rivera. Pour commémorer cet anniversaire, la Fundación Nacional Francisco Franco a organisé divers actes d'hommage au fascisme dans une douzaine de villes espagnoles, dont Madrid, Séville, Grenade et Valladolid. Une douzaine d'églises espagnoles célèbreront alors des messes pour "Francisco Franco, Primo de Rivera et de ceux tombés pour Dieu et pour l'Espagne". Même si l’archevêché de Madrid s’y oppose, elle n’empêche pas ces messes en l’honneur de ces dictateurs. L’Église espagnole n’apprendra donc jamais de ses erreurs. C’est pour cela que nous allons voir aujourd’hui le rôle décisif joué par l'Église catholique durant la guerre d’Espagne comme soutien actif de Franco à travers deux ouvrages des éditions Critica, La Iglesia de Franco (2001) de Julian Casanova et Por la religion y por la patria : La Iglesia y el golpe militar de 1936 (2014) de Francisco Espinosa Maestre et José María García Márquez.

 

L'Église catholique espagnole qui avait vécu en 1931 l'arrivée de la République comme une véritable catastrophe, s'est empressée d'appuyer le soulèvement militaire de juillet 1936. Elle n’hésita pas. Dès la naissance de la République, l'Église s'y est opposé. «Que la colère de Dieu s'abatte sur l'Espagne si la République persévère», fulmine alors en 1931 le cardinal Segura. Deux lignes s’affrontent durant la République, celle fondamentaliste représentée par Isidro Gomá y Tomás et celle progressiste autour de Francisco de Asís Vidal y Barraquer, mais c’est la première qui a fini par être prédominante plutôt que la première. Cette ligne fondamentaliste était manifestement incompatible avec la République, qui voulait la formation d'un État laïc où l'Église n'aurait plus les privilèges dont elle avait joui jusque-là, en particulier dans les questions d'éducation, ainsi que dans le contrôle de nombreux aspects liés au droit civil et familial. Pour l'Église, l'existence même de la République et de son engagement ferme pour un État laïc était une agression insupportable.

 

L'Église parle toujours de la «persécution religieuse» comme étant voulue par la République et met en avant ses «martyrs» après le coup d'État. Contrairement à ce qu’à fait croire l’Église sous Franco, il n'y a pas eu en Espagne de plan concerté et organisé de persécution antichrétienne.  L'essentiel des assassinats de prêtres et religieux a eu lieu en août, septembre, octobre 1936, à un moment où l'appareil d'État s'effondrait et faisait place à des règlements de comptes de villages et de quartiers, où on tuait autant d'instituteurs républicains, humanistes et laïcs, que de curés. Donc, on ne pouvait pas rendre la République responsable de ces règlements de compte.

 

Une fois dans la guerre civile avec les militaires, le rôle de l'Église dans la répression, fut également crucial, même si elle ne soutint la Junte militaire officiellement que le 1er juillet 1937 dans sa Lettre collective des évêques espagnols en l’absence de Mateo Mugica et Francesc Vidal y Barraquer. Elle coopéra de façon active dans celle-ci. Elle s’est joint à la police, la Garde civile ou à la Phalange pour dénoncer ceux qui n’étaient pas conforme à la vision fondamentaliste de l’Église. Des religieux furent abattus pour ne pas avoir été conformes au canon national catholique avec ceux qui s’étaient montrés distants, critiques ou s’étaient opposés ouvertement aux pratiques du coup d'État militaire fasciste. L’Église espagnole expulsa les dissidents, les arrêta et justifia même leur assassinat. À quelques exceptions près, le cardinal Vidal y Barraquer qui s’opposa à Franco en 1937 et s’exila en Italie pour sauver sa vie.

 

Les responsables d’un tel mariage contre nature furent l’évêque de Salamanque, Enrique Plá y Deniel, ou le cardinal Isidro Gomá y Tomás. Mais le fait que beaucoup de religieux participaient à la répression n’est pas connu. Et d'autres qui ont péché par omission et préféré à regarder de l'autre côté, pour être plus à l'aise. Dans les villages, des épisodes répétés de répression eurent lieu. Avec plus d'emphase parfois. Localement, il y avait beaucoup de prêtres qui menèrent une politique active de répression sans oublier ceux qui ont fait des déclarations vindicatives, car beaucoup d'entre eux ont été ouvertement identifiés avec les droitistes locaux les plus récalcitrants. Actuellement on est en attente d’une enquête intensive dans de nombreux endroits à ce sujet.

 

La croisade soit disant politique permettait aux cérémonies religieuses de se répandre dans l'Espagne contrôlé les soldats qui étaient révoltés contre la République, avec une symbolique spéciale avec d'innombrables actes de «remplacement» et de «retour» des crucifix dans les écoles au début de l'année scolaire 1936 et 1937. L'abolition de la loi républicaine et son remplacement par l'Espagne traditionnelle se serrèrent la main avec les enfants en tant que témoins.  Le Vatican plus prudent n’enverra un nonce qu’en juin 1938. Après la victoire des troupes de Franco en avril 1939, les rites et les manifestations liturgiques ont rempli les rues des villes. L'Église et la religion catholique inondèrent les écoles, les douanes, l'administration et les lieux de pouvoir.

 

Pourtant comme le montre Gabriel Jackson dans Juan Negrín : Physiologist, Socialist and Spanish Republican War Leader en  2010 l’Église ne s’est pas empressée d’aider le dernier président de la Seconde République espagnole, Juan Negrín, qui a en vain cherché à se réconcilier avec elle depuis qu'il a pris ses fonctions en 1937, avec diverses initiatives inhabituelles et presque inconnues faites entre 1937 et 1938 comme la normalisation du culte, la libération des prêtres détenus, l'ouverture d'églises, la liberté de l'enseignement religieux et des congrégations religieuses, la liberté de faire des œuvres de bienfaisance catholiques, l'assistance religieuse dans l'armée, l'assistance religieuse dans les prisons et la charité,  enfin l'autorisation d'organiser des services religieux dans les maisons privées agréées par le gouvernement. Il y eu aussi plusieurs projets de réconciliation avec le Saint-Siège. Pendant l'hiver 1938, sont revenu d'exil 2000 prêtres, 1000 qui ont été établis à Barcelone pour habiter certains logements fournis par la municipalité.

 

Mais l'Église a surtout montré un zèle pour cacher la répression. Les chercheurs ont des difficultés pour avoir un accès à la correspondance réservée aux chefs du coup d'État et au nouveau régime, ou les rapports qui étaient envoyés tous les cinq ans à l'autorité ecclésiastique du diocèse. Ce qui est facile à comprendre car la Guerre d’Espagne s'acheva le 1er avril 1939 par la victoire des troupes franquistes, puis l'Église et l'"envoyé de Dieu, fait Caudillo" marchèrent, main dans la main, pendant quarante ans. Ensuite le mécanisme juridique répressif de Franco, activé avec la loi des responsabilités politiques de février 1939 et de la cause générale d'avril 1940, s’est servi de prêtres idéologues et politiques. Dans leurs rapports, ils approuvèrent l'extermination légale organisée par les vainqueurs après la guerre et l’Église s’impliqua dans des réseaux poussant à la vengeance, la jalousie, la haine et l'hostilité envers tout ce qui entourait la vie quotidienne de la société espagnole de base.

 

L'Église ne voulut rien savoir des coups, de la torture et de la mort dans les prisons. Les aumôniers de prison, un corps qui avait été dissous par la République fut restauré par Franco, et imposa la morale catholique, l'obéissance et la soumission à ceux qui furent condamnés à mort ou à de longues années d'emprisonnement. Ils étaient puissants dans  les prisons à l'intérieur et à l'extérieur. Le pouvoir que leur donnait la loi leur permettait de décider, avec des critères religieux, qui devait purger ses péchés et vivre à genoux. Oublié aussi la complicité de l’Église dans le meurtre et la disparition de femmes, leur viol avant d'être abattues, ou que leurs enfants volés soient admis sous tutelle dans les centres de soins et des écoles religieuses.

 

Les évêques espagnols prétendent aujourd'hui que «les martyrs morts en pardonnant sont le meilleur encouragement à la réconciliation», mais la réalité est que jamais la hiérarchie catholique n'a fait le moindre acte de repentance. Les 200 000 victimes du franquisme (parmi elles se trouvent aussi des religieux) valent-elles moins que 7000 religieux tués par des anarchistes ? Sans doute pour l’Église. Elle est aussi accusée à cet égard de maintenir une «idéologie franquiste» comme le signale Hilari Raguer dans son livre La pólvora y el incienso. La Iglesia y la Guerra Civil Española (1936-1939) en 2001.

 

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Publié le 15 Octobre 2016

Comme le montre Carl Bernstein et Marco Politi dans leur ouvrage Jean-Paul II et l’histoire cachée de notre époque datant de 1996, lors du synode des évêques de 1985 lors de la IIe Assemblée Générale Extraordinaire (24 novembre-8 décembre) portant sur “Le vingtième anniversaire de la conclusion du Concile Vatican II”, le cardinal König disait que «Mettre l’accent sur le mot restauration, résonne comme de la nostalgie. L’Église d’hier considérait d’un œil apeuré tout élément nouveau survenant dans l’histoire. Le concile a inversé cette tendance en favorisant l’ouverture d’esprit que nous manifestons désormais face à l’histoire, aux non chrétiens, au mouvement œcuménique…» «Comment pouvons nous  ne serait-ce que songer à un  sentiment de peur qui inciterait l’Église à regretter de s’être ouverte, pour reprendre en définitive l’arme de la condamnation ? L’Église doit aller de l’avant.»

 

Ce synode aurait pu faire les réformes salutaires pour l’Église puisque les épiscopats ont défié directement la curie romaine. Les évêques Hollandais condamnèrent le manque de collégialité du Saint Siège à travers l’intrusion des nonces dans les affaires des Églises locales et le comportement autoritaire de la publication d’Humanae Vitae. Les évêques canadiens ne furent pas plus tendres puis qu’ils condamnèrent la tendance uniformisante et centralisatrice de la curie, tout en demandant au pape un synode permanent avec des responsabilités élargies et de pouvoirs adéquats. Les évêques belges souhaitaient aussi que le synode ait une juridiction élargie. Les évêques britanniques sous la conduite de Basil Hume allèrent plus loin en critiquant le centralisme de Rome en matière liturgique, doctrinale et de nomination des évêques. Ils osèrent aussi critiquer le Vatican pour la mauvaise gestion de sa banque, l’IOR. Les évêques américains dirent même à leur avis que les conférences épiscopales devraient jouer un rôle plus important. L’indignation de Rome face à une réduction du pouvoir de la curie fut vive.

 

Au sein même du synode, l’opposition est vive : le cardinal coréen Kim s’oppose à la fermeture des réforme en disant  que la «Réforme de l’Église ne s’achève pas en vingt ans», puis critique la curie en disant que des interprétations trop rigoureuses risquaient de réprimer la créativité des Églises locales. L’évêque sud africain Denis Eugene Hurley proposa de mettre en application le principe de subsidiarité, en gros que la curie ne s’occupe plus des problèmes des Églises locales. L’évêque ukrainien de Winipeg, Maxim Hermaniuk osa demander que les évêques puissent légiférer. Le président de la conférence épiscopale canadienne, Karl Berg, alla jusqu’à demander dans un discours de mettre fin à l’interdit de la contraception puis de permettre aux divorcés remariés de recevoir la communion. Il était soutenu par les évêques du Japon et d’Afrique. Le président de la conférence épiscopale tchadienne, Charles Vandame proposa de rétablir les synodes régionaux ou continentaux, et d’instaurer un synode africain. Les évêques asiatiques souhaitaient la même chose.

 

Le pape Jean-Paul II n’était pas Jean XXIII, c’était un homme autoritaire qui exigeait l’obéissance et malheur à celui qui s’opposait à lui, puisqu’il pouvait envoyer un évêque dans un épiscopat moins prestigieux et ceux qui partaient à la retraite étaient remplacés par des évêques conservateurs détestés des fidèles. Les nominations d’évêques se faisaient sans consultation des fidèles et des conférences épiscopales. Afin d’éviter que le synode puisse faire des réformes, il sera bref, ce qui permettait d’empêcher les évêques de former des groupes de pression et aux proches du pape d’orienter le synode. Enfin, pour éviter qu’on puisse voter contre lui sans le dire vraiment, le pape a enlevé le vote avec le «oui, mais avec des réserves», ce qui devait faire choisir les évêques entre le «oui» et le «non». Sachant que les évêques ne pourraient pas voter contre lui ou s’abstiendrait était gagnant. Cela nous donne aujourd’hui la vision très bancale du concile Vatican II ne faisant pas de mal aux catholiques conservateurs.

 

Enfin dans le synode des évêques sur les laïcs de 1987, les cardinaux Carlo Maria Martini, Aloisio Lorscheider et František Tomášek ont exprimé leur méfiance envers les communautés nouvelles et les nouveaux mouvements ecclésiaux, les critiquant comme des «Églises parallèles», puisqu’ils ne comprennent pas les réalités des Églises locales et n’ont pas choisi l’«option pour les pauvres». Mais cela ne posa pas de problème à Jean-Paul II puisque cela lui permettait de contrer la théologie de la libération et l’Action catholique ouvrière qu’il jugeait trop gauchiste à son goût, avec les résultats désastreux que nous voyons aujourd’hui.

 

Après pour ne pas porter la responsabilité de l’échec actuel, la curie et les catholiques conservateurs se sont défaussés sur les catholiques progressistes en leur mettant tout sur le dos au lieu d’adapter le message chrétien au monde moderne. Sont-ils responsables de la baisse de la pratique religieuse, de la désaffection des fidèles, de la baisse du nombre de prêtres et du vieillissement du clergé ? Non, car ce sont les papes depuis 1972 en écoutant toujours les courants conservateurs qui ont nommés de mauvais évêques, centralisés le pouvoir à Rome et à chaque fois refusés de faire des réformes. Les progressistes n’étaient pas au pouvoir, ils n’ont pas à prendre la responsabilité de ceux qui dirigeaient à l’époque. La situation s’aggrava avec la désignation du cardinal Ratzinger, orfèvre de la restauration sous les ordres de Jean-Paul II, comme pape sous le nom de Benoît XVI. Ce n’était pas un homme de gouvernement et il était entouré d’hommes incompétents.

 

Le synode de 1985 a été la chance manquée de l’Église et le pape François aura beaucoup de mal à faire aujourd’hui les réformes qu’on pouvait faire hier puisque Jean-Paul II et Benoît XVI ont nommés des évêques vassaux qui ne voudront jamais que les réforme puissent aller trop loin. La hiérarchie au service du «Peuple de Dieu» n’est pas pour demain.

 

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Publié le 4 Septembre 2016

Phoebé de Cenchrées, une femme importante dans la communauté chrétienne primitive

Hier, a été fêtée Phoebé qui est la seule diaconesse mentionnée par Paul dans la lettre de saint Paul aux Romains, car parmi les fidèles de Cenchrées, en Grèce actuelle, elle a beaucoup aidé ce dernier.

Cenchrées est le port oriental de Corinthe, où se trouvait Phoebé une négociante qui est saluée en premier par Paul dans Romains 1,16. C’est elle qui portera la lettre au Romains, selon le code épistolaire du temps. Paul la pare aussi de titre de ministre (diaconesse) (Marie-Josèphe Aubert, Des femmes diacres : un nouveau chemin pour l'Église, Editions Beauchesne, 1 janv. 1987 et Élisabeth Dufourcq, Histoire des chrétiennes. T.1 - Des origines évangéliques au siècle des sorcières, Tallandier, 2015).

Phoebé est aussi «protectrice des chrétiens» de la ville, c’est-à-dire qu’elle s’occupe du «patronat», l’assistance matérielle et morale accordée à des personnages fortunés et influents dans leur communauté ou à des individus qui formaient leur «clientèle». Elle recevait les frères chrétiens venus d’Asie ou de Syrie. Elle ouvrait aussi sa maison aux réunions de l’Église, c’est à cette époque que se tenaient des assemblées chrétiennes dans des maisons privées (Marie-Josèphe Aubert, Des femmes diacres : un nouveau chemin pour l'Église, Editions Beauchesne, 1 janv. 1987 et Élisabeth Dufourcq, Histoire des chrétiennes. T.1 - Des origines évangéliques au siècle des sorcières, Tallandier, 2015).

Le titre de ministre, semble désigner son titre de diaconesse, et montre que le charisme commence à devenir le point d’appui pour la mission, la fonction. En utilisant le terme de diaconesse, ou ministre, Paul désigne ici une collaboratrice et évoque ainsi le service bien concret qu’elle rend à la communauté. Elle fait mieux que de l’accueillir, dans les moments difficiles, elle lui servit de prostate, c'est-à-dire de garant judiciaire, fonction essentielle pour la protection des voyageurs dans le monde romain (Marie-Josèphe Aubert, Des femmes diacres : un nouveau chemin pour l'Église, Editions Beauchesne, 1 janv. 1987 et Élisabeth Dufourcq, Histoire des chrétiennes. T.1 - Des origines évangéliques au siècle des sorcières, Tallandier, 2015).

Enfin, Phoebé est la seule femme dont le Nouveau Testament parle comme ayant eu un titre et une fonction dans l’institution ecclésiale. Elle est dans doute morte à Corinthe et elle est fêtée le 3 septembre. Elle est actuellement mise de côté pour des raisons linguistiques car le terme «ministre» ou diakonoi pose problème à la hiérarchie purement masculine, car elle ne veut pas conclure que les femmes ont eu des ministères ordonnés dès le début de l’Église (Michele Bennardo, Lorenzo Bortolin, et Benito Cutellè, Il diacono : Chi è. Cosa fa. Come diventarlo, Effata Editrice IT, 2007, Élisabeth Dufourcq, Histoire des chrétiennes. T.1 - Des origines évangéliques au siècle des sorcières, Tallandier, 2015 et http://www.ihu.unisinos.br/noticias/557137-sera-que-a-igreja-aceitara-mulheres-diaconos-santa-febe-rogai-por-nos).

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Publié le 14 Juillet 2016

Une commission historique chargée d'étudier la figure du cardinal Stepinac

la-Croix.com dans son article du mardi 12 juillet et Radio Vatican dans son article du mercredi 13 juillet 2016 nous montrent que la commission mixte composée d’experts croates et serbes chargée de procéder à une relecture de la vie d’Alojzije Stepinac (1898-1960), béatifié en 1998, en voie d’être canonisé, et accusé par certains d’avoir collaboré avec le régime oustachi, s’est réunie pour la première fois ces mardi et mercredi. Cette commission avait été instituée à l’initiative du pape François afin d’«éclaircir quelques questions de l’histoire». Dans un communiqué la salle de presse du Saint-Siège précise que les experts catholiques et orthodoxes, seront chargés d’étudier la vie de l’ancien archevêque de Zagreb «avant durant et après la seconde guerre mondiale».

Selon un communiqué diffusé par ce mercredi par le Vatican, cette commission mixte patronnée par le religieux Mgr Bernard Ardura, président du Conseil pontifical des sciences historiques, a été chargée par le pape de procéder à une relecture commune de la vie du cardinal Stepinac de répondre à l’exigence d’éclaircir certaines questions historiques. La mise en place a été acceptée il y a un an par les orthodoxes serbes. Les travaux de la commission, qui se réunira une prochaine fois mi-octobre à Zagreb, devraient durer une douzaine de mois. Au Vatican, on précise d’ores-et-déjà que le résultat de ce travail scientifique basé sur la documentation disponible et sa contextualisation, interférera pas sur le processus de canonisation qui est de la seule compétence du Saint-Siège.

Selon certains, le cardinal aurait été complaisant avec le régime oustachi, violemment antiserbe et antisémite. A la tête du diocèse de Zagreb de 1937 à 1960, Mgr Alojzije Stepinac lutta durant la Seconde Guerre mondiale en faveur des droits des personnes persécutées et discriminées rejetant la persécution des juifs et des Tsiganes, et rappelant aussi en chaire que «l’Église catholique a toujours condamné, et condamne toujours, toute injustice et violence au nom des théories de classe, de race ou de nationalité», mais il s’était en effet tout de suite montré favorable à la création de l’État indépendant de Croatie, État satellite créé en 1941 par les puissances de l’Axe lors de l’invasion de la Yougoslavie. En 1946, il est arrêté sur ordre des autorités communistes, qui ont pris le pouvoir en Yougoslavie, car il rejette l’ordre de Tito de créer une «Église nationale serbo-croate» indépendante de Rome.

Au terme d’un procès très discuté, il est condamné à 16 ans de travaux forcés et emprisonné par les autorités yougoslaves pour collaboration avec le régime pronazi Oustachi, et complicité dans la conversion forcée de serbes-orthodoxes au catholicisme. Sa figure restera dès lors très controversée. Mgr Stepinac est créé cardinal en 1952 par Pie XII, puis est mort en 1960 à Zagreb et fut béatifié en octobre 1998, par Jean Paul II, ce qui provoqua l’incompréhension tant du côté serbe que pour de nombreux juifs. Il reste à ce jour le premier martyr du régime communiste à avoir été déclaré bienheureux. Lors de son voyage en Croatie en juin 2011, le pape Benoît XVI avait défendu la figure de l'ancien archevêque de Zagreb, qui avait su s'élever "contre l'esprit du temps".

C’est «à cause de sa solide conscience chrétienne qu’il a su résister à tout totalitarisme, devenant au temps de la dictature nazie et fasciste le défenseur des juifs, des orthodoxes et de tous les persécutés, et puis, dans la période du communisme, ‘avocat’ de ses fidèles, spécialement de tant de prêtres persécutés et tués» avait rappelé le pape allemand dans un messages aux évêques, prêtres et religieux croates. La prochaine réunion de cette commission se tiendra à Zagreb les 17 et 18 octobre.

Le sujet est complexe puisque d’après la presse croate, les membres du groupe de travail doivent réfléchir à des conclusions consensuelles sur la figure du cardinal, grâce à l’échange d’informations historiques et d’analyses. Pour l’Église catholique locale, c’est le gouvernement communiste de Tito, auquel le cardinal Stepinac était opposé, qui aurait mis en avant les accusations contre lui. Mais le cas controversé du cardinal Stepinac est à prendre avec beaucoup de prudence et il faut laisser ce travail aux historiens qui sauront dégager toute la vérité sur le rôle de ce cardinal durant la Seconde guerre mondiale.

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Publié le 7 Mai 2016

José María Castillo dans son article du vendredi 6 mai 2016 sur periodistadigital.com nous montre que cardinal Müller dit exactement le contraire de ce que dit le pape François et que les divorcés qui se remarient ne sont pas excommuniés :

«Comme on le sait, le Cardinal L. G. Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a déclaré récemment à Madrid et Oviedo, que divorcées et remariées sont excommuniés. Mais cette excommunication n’est pas sur l'actuel code de droit canonique puisque le cardinal a précisé dans sa déclaration une distinction entre une «excommunication canonique» (qui est pas le cas des divorcés remariés) et une «excommunication sacramentelle», qui permet de nier l’Eucharistie aux divorcés qui "vivent une nouvelle union." Avec ce que le cardinal a dit c’est exactement le contraire de ce dit le pape François dans son Exhortation "Amoris laetitia" (# 243).

Le cardinal Müller, pour justifier sa confrontation avec le pape, dit (tel que l’ont rapporté les médias) qu'il n’est pas "une copie servile du Pontife, mais (il est au pouvoir) pour servir avec son chef." Naturellement, en faisant cette déclaration - si en effet Gerhard L. Müller a dit ce que je viens de mentionner - est que ce cardinal, non seulement s’oppose au pape, mais aussi le Concile Vatican II, qui stipule expressément que les évêques, "en union avec le Pontife romain, son chef, et jamais en dehors de ce chef ", sont soumis au pouvoir suprême dans l'Église (LG 22, 63). Ce qui suit inévitablement est que les catholiques nous obligent, à partir de maintenant, à organiser nos croyances et nos conduites qui ne s’enseigne pas seulement avec l'Écriture Sainte, la Tradition et le Magistère, mais aussi pour ce que nous dicterait le cardinal Müller.

Je vous avoue sincèrement croire et accepter le travail d'un cardinal de l'Église, qui occupe un poste ayant une telle responsabilité, ait dit ces choses. Surtout si l’on considère que dans cette affaire, où est en jeu est le bonheur ou la misère de milliers de familles qui, en raison de situations très difficiles et souvent sans que personne n'est en faute, doivent supporter des dommages irréparables qui suivent la majorité de ces cas.

En plus de tout cela, il est important d’ajouter que, sur la question de l'indissolubilité du mariage, on ne peut pas faire valoir immédiatement "la tradition constante de l'Église". Pour la simple raison que la «tradition constante» n'a pas existé. Dans toute étude, bien documentée, la théologie des sacrements, on nous dit que, dans les premiers siècles de l'Église, les chrétiens étaient les mêmes conditionnements et usages, en ce qui concerne le mariage, que le contour païen. Et nous savons avec certitude que cette situation a duré au moins jusqu'au quatrième siècle (J. Duss-Von Werdt, Mysterium Salutis, volume IV / 2,411, 1975).

Nous savons, en effet, que dans l’Égypte, du IIIe siècle, certains évêques ont permis aux femmes de se remarier, même si leur ex-mari est toujours vivant. Comme il est également connu qu’Origène croit, que ces évêques, n’ont "pas agi entièrement sans raison ... pour éviter de plus grands maux" (PG 13, 1245 à 1246). Et il est connu que, dans l'article IV, le Concile d'Arles (314) demande que les divorcés soient avisés de ne pas se marier, mais ils ne sont pas interdits de le faire (can. 10; cf. H. Crouzel, G. Cereti, Divorce, remariage et pénitence dans l'Église primitive, Revue des Sciences Religieuses, Année 1978, Volume 52, Numéro 2). En outre, au VIIIe siècle, le synode des Verbería (753-756) admet le divorce et donc la liberté de se marier à nouveau (J. Gaudemet, Les Sources du droit canonique, VIIIe-XXe siècle, Paris, 1993), et plus important encore , le pape Grégoire II (726) répond à un consultation qui vient de l'évêque saint Boniface, sur un mari dont la femme l’a rendu malade et qui ne peut donc pas mener à bien le devoir conjugal, et qui permet à cette dernière "de se marier à nouveau, mais parce qu’on ne peut pas l’aider financièrement puisqu’elle l’a rendu malade" (PL 89, 525). Il est même connu que Charlemagne (vénéré comme un saint à Aachen) répudia sa femme et se remaria, dans les années 770 et 771 (Jean Gaudemet, Le mariage en Occident; les mœurs et le droit, Éditions du Cerf, 1987).

Et pourtant, on trouve deux indications importantes. Par-dessus tout, la théologie des sept sacrements, y compris le mariage, n’ont été élaborées qu’à la moitié du XIIe siècle. Dans un second temps, quand on parle de ces questions, il faut se rappeler que les canons de la Session VII du Concile de Trente, où s’affirme l'enseignement officiel de l'Église sur les sept sacrements (DH 1600 à 1630), ils ne sont pas des définitions dogmatiques et donc ils ne proposent pas une «doctrine de foi». Parce que la question de savoir ce qui est condamné étaient soit des «hérésies» ou des «erreurs», les Pères du Concile n'arrivèrent pas à se mettre d'accord sur ce point. Par conséquent, il est dit en premier, il est dit que ces canons sont proposés "pour éliminer les erreurs et extirper l’hérésie" (DH 1600).

Par conséquent, les canons de Trente n'ont pas donné d'eux des conclusions déclaratives non contestées. Et encore moins infaillible. Dans tous les cas, la tant répétée "tradition constante de l'Église". Ni la tradition, que nous disposons justifiant des excommunications, ni canoniques ni sacramentelles. On ne doit pas prétendre à ce que l’Église soit une officine de l’affront et de l’humiliation, alors que nous devons conduire à plus de gens à s’unir à cette Église, sinon à s’alléger avec elle.»

Un bon compte rendu de José María Castillo pour montrer que l’Église n’a pas toujours eu cette vision directe au sujet des divorcés remariés, et que la tradition de l’Église n’a pas été constante sur ce sujet. Après tout, l’Église a une vaste histoire qu’il est bon de relire afin de voir qu’elle appelle le plus grand nombre et pas une caste d’élus.

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Publié le 3 Février 2016

Padre Pio superstar

Moine capucin contesté de son vivant mais canonisé par Jean-Paul II, Padre Pio est célébré à Rome à l'occasion du jubilé de la Miséricorde comme nous le montre Dominique Dunglas dans Le Point.fr ce mercredi 3 févier 2016.

Moment fort du jubilé de la Miséricorde, la dépouille de saint Pio de Pietrelcina, vénéré dans le monde entier sous le nom de «Padre Pio», est arrivée mercredi à Rome pour 13 jours de célébrations. Le transport du corps depuis le sanctuaire de San Giovanni Rotondo jusqu'à la ville éternelle a mobilisé des mesures de sécurité dignes d'un chef d'État. Le cercueil de verre, saturé de gaz argon afin de protéger le corps embaumé des bactéries, a été placé dans un autre cercueil de plexiglas, puis fixé sur un fourgon équipé de suspensions spéciales pour éviter les vibrations. Le convoi a parcouru les 500 km séparant San Giovanni Rotondo de Rome escorté par plusieurs dizaines de voitures des forces de l'ordre alors qu'une «no fly zone» était imposée sur son passage.

La dépouille est arrivée dans la basilique Saint-Laurent hors les murs, près de la faculté de Sapienza, pour une veillée de prières. Jeudi soir, le cercueil sera transporté dans la paroisse San Salvatore in Lauro, dans le centre historique de Rome, où se réunissent traditionnellement les centaines de groupes de prière dévots du moine capucin. Pour chacune de ses étapes, où des dizaines de milliers de pèlerins sont attendus, 800 policiers et des tireurs d'élite ont été mobilisés et des portiques de sécurité ont été installés.

Mais l'événement phare se déroulera le 5 février : la procession qui conduira le cercueil, porté par des fidèles, de San Salvatore in Lauro à la basilique Saint-Pierre. Une «zone rouge» sera instaurée sur le parcours, le transport d'explosifs interdit et le tournage de films nécessitant l'utilisation d'armes feintes suspendu… Après plusieurs cérémonies en présence du pape François, la dépouille de Padre Pio quittera Rome le 11 février, et fera étape à Pietrelcina avant de reprendre place dans le sanctuaire de San Giovanni Rotondo le 16 février prochain.

Francesco Forgione est né en 1887 dans une famille modeste de paysans dans le sud-est de la péninsule. Il n'a que 5 ans lorsque le Seigneur et la Madone lui apparaissent en vision. À 16 ans, il devient novice dans un couvent de capucins. En 1907, il est ordonné moine et prend le nom de Padre Pio. Le 20 septembre 1918, la vie du moine capucin bascule. Après la messe, il est pris d'une sorte de torpeur. Lorsqu'il revient à lui, ses mains, ses pieds et son thorax sont en sang. Des stigmates semblables aux blessures infligées au Christ sur la croix. Immédiatement, la nouvelle se répand et des pèlerins se précipitent vers le couvent de San Giovanni Rotondo. Mais la hiérarchie de l'Église se méfie et ordonne une enquête dont les conclusions sont sans appel : Padre Pio est un imposteur. Et, en 1922, le Vatican lui interdit de dire la messe. Neuf ans plus tard, en 1931, l'interdiction est levée, mais Padre Pio n'a pas le droit de rencontrer ses fidèles en privé.

Cependant, rien n'arrête le culte de Padre Pio, perçu par les foules comme le saint François d'Assise du XXe siècle. De toute l'Italie, des fidèles affluent pour lui demander des grâces. Non seulement les stigmates sont pour les croyants le signe évident de sa sainteté, mais il multiplie les miracles. Padre Pio apparaît en plusieurs endroits en même temps. Durant la guerre, des pilotes américains voient son visage entre les nuages. De grands malades guérissent après l'avoir vu en rêve. Cela ne met pas pour autant fin aux doutes du Vatican. Jean XXIII demande en 1960 une nouvelle enquête qui, elle aussi, conclut qu'il s'agit d'un escroc. Toutefois, Padre Pio est réhabilité en 1964 par Paul VI, et c'est Jean-Paul II qui encouragera le culte du moine capucin, après sa mort en 1968, et autorisera sa canonisation le 16 juin 2002.

Le phénomène Padre Pio est également à l'origine d'une véritable manne financière : l'hôpital qu'il a ouvert en 1956 à San Giovanni Rotondo compte aujourd'hui 1 200 lits. À cela s'ajoutent une télévision, des journaux et quinze millions de dévots à travers le monde. Sa vie aura également fait l'objet d'un film, dans lequel l'acteur interprétant Padre Pio de 30 à 80 ans a été doublé en français par Michael Lonsdale. Avec sept millions de pèlerins par an, San Giovanni Rotondo a même longtemps talonné Lourdes au hit-parade du tourisme religieux. Mais plusieurs enquêtes ont révélé des scandales financiers dans la gestion de cette bonne fortune céleste. Cependant, depuis quelques années, la ferveur est un tant soit peu retombée : les pèlerins ne sont plus «que» quatre millions et les hôteliers de San Giovanni Rotonde font grise mine. Les célébrations du jubilé réanimeront-elles la flamme ? Ce serait un nouveau miracle du moine capucin de Pietrelcina.

La célébration de Padre Pio pendant le jubilé de la Miséricorde pose problème, car on sait que ces stigmates auraient été creusées par de l'acide phénique pur qu'il réclamait et que beaucoup de ces miracles sont soit des rumeurs, soit des témoignages partiaux de se partisans et des moines de San Giovanni Rotondo, ou ont des explications rationnelles. Sans oublier son entourage des plus que douteux puisque ce sont des hommes controversés, compromis avec le fascisme ou pratiquant le marché noir dans le Paris occupé de la Seconde Guerre mondiale, enfin le monumental hôpital voulu par Padre Pio pour San Giovanni Rotondo en 1956 fut financé, grâce à une forme de captation de fonds des Nations unies destinés à la reconstruction de l'Italie qui ont été détournés. Le but réel est de retrouver la manne financière autour du Padre Pio qui a été pendant longtemps vu par l'Église comme un imposteur et un escroc.

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Publié le 2 Décembre 2015

La mémoire de quatre martyres de l'Église au Salvador

Le 2 décembre 1980 au Salvador, a eu lieu le martyre de 2 sœurs de Maryknoll, d'une Ursuline et d'une laïque associé à Maryknoll. 35 ans plus tard, on commémore le souvenir de ces quatre femmes pour souligner leur service et leur héritage.

La raison de leur mort est le fait qu'elles répondirent à l'appel de Mgr Romero le 24 mars 1980 pour accompagner le peuple salvadorien dans sa lutte pour la justice contre la dictature militaire. Maura Clarke et Ita Ford, deux sœurs de Maryknoll qui ont été de nombreuses années missionnaires au Nicaragua et au Chili, Dorothy Kazel, une Ursuline au Salvador depuis 1974, et Jean Donovan une laïque associé à Maryknoll, la plus jeune des trois qui refusa mariage et vie lucrative pour aller au Salvador, organisaient la distribution de nourriture, de fournitures et de médicaments pour les réfugiés de guerre, escortées par des prêtres dans les zones dangereuses où ils pouvaient dire la messe, et qui se documentaient sur la disparition de personnes enlevées et tuées par les forces de sécurité. Elles offraient aussi du réconfort aux catéchistes isolés et terrifiés.

Inspiré par l'affirmation des pauvres lors de l'Assemblée des sœurs de Maryknoll en 1978, elles ont cherchés des principes de vie en dehors de la théologie de la libération. Elles n'étaient pas des militantes politiques, mais leur travail était en appui à celui de l'Église salvadorienne, et leur appui à l'option préférentielle pour les pauvres, leur porta à montrer que le témoignage de l'Évangile est inséparable à une vie de solidarité avec les opprimés.

Leur meurtre suite à leur enlèvement et leur viol par les forces de sécurité du gouvernement Salvadorien fut une onde de choc envoyée à travers l'Église catholique aux États-Unis. Les pèlerins sont toujours attirés par le parcours qu'ont suivi les sœurs de Maryknoll. Ita Ford et Maura Clarke, l'Ursuline Dorothy Kazel et la laïque Jean Donovan, et où elles ont travaillé et sont mortes, leurs noms et leurs visages inscrits dans les écoles et centres salvadoriens et américains. En 1984, quatre hommes des forces de sécurité ont été reconnus coupables des meurtres et condamnés à 30 ans de prison, mais ceux qui ont planifié les meurtres et ont donné les ordres ont jamais été traduits en justice.

globalsistersreport.org nous montre enfin que la Leadership Conference of Women Religious et la fondation SHARE El Salvador mène une délégation de 117 hommes et femmes à El Salvador du 28 novembre au décembre 5 pour célébrer la vie de ces quatre femmes. Les organisations ont travaillé avec le gouvernement d'El Salvador pour déclarer l'endroit où ces femmes ont été tuées comme un site historique. La délégation se joindra également à l'hommage Salvadorien du 2 décembre en l'honneur des ces femmes d'Église. Le thème de la célébration est : "En mémoire de nos sœurs, portons leur héritage en avant".

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