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Publié le 4 Février 2017

Jorge Costadoat dans son article pour periodistadigital.com du samedi 4 février 2017nous montre que ceux qui croient que le cardinal Sarah est pittoresque, ont tort. La tentative d'introduire un changement liturgique par le Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements lors de l'année écoulée ne doit pas être considéré comme bizarre :

 

«Attention ! Sa proposition aux prêtres de célébrer la messe face à l'Orient ou à l'abside des églises, dos au peuple, n'a pas été un faux pas de l’ecclésiastique africain. Le préfet est un parmi d'autres qui veulent une "réforme de la réforme" de Sacrosanctum Concilium, la Constitution sur la liturgie de Vatican II. L'antécédent le plus important de ce principe de la claudication d’un changement plus visible du Concile, est la rupture de l'unité liturgique de l'Église catholique qui a eu lieu avec la réintégration du missel de Pie V par la volonté de Benoît XVI.

 

François, cependant, semble aller dans la direction opposée. Il est le premier pape qui n'a pas été un acteur du Concile Vatican II, mais il ne semble pas ignorer que Sacrosanctum Concilium a été approuvé par 2162 votes contre 46. Le Vatican arrêta l’initiative Sarah. Mais le Pape actuel est allé beaucoup plus loin poursuivant la réforme amorcée par le Concile, ou simplement en contrecarrant les manœuvres des catholiques qui préfèrent la messe en latin ? L'envie de François en faveur d'une "sortie" pour une Église accueillante et inclusive vers d'autres cultures et modes d’humanité, va dans le sens opposé du retrait hostile antimoderniste du monde d'une Église déterminée à affirmer son propre salut.

 

Les documents de Vatican II se comprennent en relation les uns avec les autres. Ce n’est pas pour rien que les lefebvristes les rejettent complètement. Ils les considèrent comme "hérétique". Mais l’œcuménisme est-il hérétique ? Et le dialogue interreligieux? Et la participation des fidèles, la messe comme la table fraternelle (au lieu de l'autel sacrificiel) et les guitares, déforment-elles le christianisme ? Qui vient pour la laine vierge, peut sortir tranquillement.

 

Vous pouvez voir que le rapprochement avec les descendants de Marcel Lefebvre suggère que le Concile n’exprime pas vraiment la foi de l'Église et que tout donne le même résultat. Que fera François ? Va-t-il rompre l'unité dogmatique de l'Église? Va-t-il suivre Paul VI ou Benoît XVI ? Ce qui est nécessaire, à mon avis, est de poursuivre la réforme liturgique.

 

De nouveaux textes liturgiques devraient incorporer encore plus, deux des conclusions dogmatiques du Concile Vatican II d'une importance extraordinaire. La première a à voir avec ce que nous avons récupéré du Concile sur le caractère fondamental du baptême. Si la dignité fraternelle du baptême doit régir les relations entre les chrétiens, il est urgent de "décléricaliser" la messe.

 

Beaucoup de paroles rituelles sacralisent encore les papes, les évêques et les prêtres, et consacrent la séparation entre le sacré et le profane de ce que le Christ, en principe, nous libère. S'il y a quelque chose qui n’est plus pris en charge dans l'Église, c’est le prêtre qui marque sa différence; et il y a une classe sacerdotale qui diabolise le monde sans reconnaître leur propre mondanité.

 

L'autre grande innovation dogmatique du Concile est l'affirmation énergique de la volonté salvifique universelle de Dieu. Aucun mot de la messe n’est en mesure d'exprimer avec plus de force cette conviction de Vatican II que la formule de consécration "pour tous". Les textes liturgiques, doivent abroger le "pour beaucoup" de Benoît, pour porter un nouveau regard et dialoguer avec "tous" les expressions de l'humanité, religieuse ou philosophique, parce que l'Église ne peut pas savoir comment Dieu sauve "les autres", pour qu’elle soit obligée de croire qu'elle en est capable.

 

D’autres paramètres liturgiques demandent instamment une mise en œuvre : les textes doivent être reformulées dans une langue qui inclue les femmes (actuellement ignorées); il est également indispensable de prendre une perspective éco-sociale; nous devons aussi nous aider à voir l'histoire comme une clef des «signes des temps»; en bref, les lectures de l'Ancien Testament qui parlent de la violence de Dieu, de sa vengeance ou de sa punition, devraient être retirés du lectionnaire. Il est devenu insupportable que le lecteur dise : "Parole de Dieu", après que le prophète Élie avait massacré 450 prophètes de Baal et puis répéter : "Je te loue, Seigneur".

 

Il faudra encore faire un changement majeur : supprimer la langue sacrificialiste des prières eucharistiques qui obscurcit les vrais sacrifices que sont ceux de l'amour (inspiré par Jésus qui a donné sa vie pour proclamer le royaume aux exclus, aux méprisés, aux diabolisés, aux pécheurs et à toutes sortes de malheureux) et non ceux de la souffrance et du sang comme une réparation sadomasochiste du Fils au Père (comme si Dieu était un être en colère dans le besoin de d’un sacrifice propiatoire). Le sacrificialisme est la mère de la distance marquée entre les prêtres et les laïcs, et le père des condamnations répétées de l'Église au monde.

 

Ce dont l’Église a besoin n’est pas de "réformer" la réforme liturgique, mais «continuer» la mise en œuvre de Sacrosanctum Concilium qui devrait être encore en mesure d'apporter des améliorations pour rendre plus compréhensible l’amour de Dieu; plutôt que de trahir son impulsion à célébrer l'eucharistie dans une langue et des symboles compréhensibles dans des cultures distinctes dans lesquelles l'Église veut prendre racine.»

 

Jorge Costadoadt nous montre que la réforme de la liturgie doit se poursuive pour être inclusive et montrer l’amour de Dieu, plus compréhensive et sachant voir le monde d’une manière différente. La liturgie si elle arrête d’être sacrificielle et se diversifie fortement permettra à l’Église de s’ouvrir vers l’humanité et aux laïcs (plus particulièrement aux femmes) qui pourront prendre une plus grande place.

 

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Publié le 14 Novembre 2016

Cameron Doody nous montre dans son article pour periodistadigital.com du dimanche 13 novembre 2016 que le rêve d'une «réforme de la réforme» de la liturgie est terminé. Voilà ce qui ressort du retrait imprévu du cardinal Robert Sarah d'une conférence internationale en Allemagne sur le motu proprio Summorum Pontificium.

 

Dans un communiqué publié sur le site Internet de la Conférence Liturgique Internationale de Cologne, le père Guido Rodheudt, organisateur de l événement, a déclaré que Mgr Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin «a malheureusement dû annuler sa» participation à la 18e édition de la réunion, prévue pour Mars 2017. Dans ce communiqué de presse, le prêtre a laissé entendre que l'absence du cardinal Sarah vient des critiques qu'il a reçu depuis qu'il a demandé en juillet aux prêtres de célébrer la messe dos aux fidèles. Une telle une «suggestion» ne pouvait que lui retirer la confiance du pape François, et le fait que le cardinal Sarah a dit en octobre dans un livre que la  liturgie vernaculaire de Vatican II est «profane et superficielle».

 

Dans une interview publiée lundi dans le site catholique autrichien kath.net, le père Rodheudt puisé dans les motifs du retrait inattendu du cardinal Sarah de l’événement, du fait que le cardinal avait confirmé sa présence à trois reprises depuis novembre l'année dernière. «Le Cardinal Sarah nous a informés qu’il avait un certain nombre d'engagements comme préfet de la Congrégation pour le Culte Divin le forcent à se retirer durant cette année», a déclaré le père Rodheudt. Quant à la possibilité que l'un de ces «engagements» annulé peut avoir été une instruction directe du pape pour qu’il n’assiste pas au congrès, le père Rodheudt a déclaré que «nous n’en savons rien», mais il a admis que le message cohérent transmis par le pape François est que la «réforme de la réforme n’est pas nécessaire».

 

Le cardinal Sarah est maintenant isolé dans la Congrégation pour le Culte Divin après le récent licenciement de la frange la plus conservatrice de ses membres. À cette occasion, la pape François a nommé 27 nouveaux membres de la Congrégation et remplacé, à son tour, les cardinaux les plus favorables à la cause de la messe en latin, comme Raymond Burke, George Pell ou Angelo Scola. Il a nommé à la Congrégation, des hommes engagés à l’ouverture théologique et la liturgique des prélats aux réalités du monde moderne, tels que Piero Marini (maître de cérémonie sous Jean-Paul II), Domenico Sorrentino (Archevêque d'Assise) ou John Dew (Cardinal archevêque de Wellington, Nouvelle-Zélande).

 

Avec tous ces mouvements, le pape montre des signes clairs que la vision de la messe du cardinal Sarah n’est pas la sienne puisqu’elle s’oppose à sa pastorale de la miséricorde. Après tout pour le pape, la liturgie doit aussi livrer des messages comme le montre la-Croix.com ce lundi 14 novembre, puisque du 10 au 13 novembre à Rome, le pèlerinage de 4000 personnes précaires rassemblées par l’association Fratello à l’invitation du pape, lui a permis de rappeler que «les pauvres sont le trésor de l’Église». Tandis que le vendredi 11 et le dimanche 13 novembre, le pape François leur a demandé pardon pour les chrétiens qui se détournent d’eux et les a exhortés à «rêver que le monde puisse changer».

 

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Publié le 22 Août 2016

Vatican Insider dans son article du dimanche 21 août 2016 nous montre que dans une lettre signée par le secrétaire d'État du Vatican, Pietro Parolin, le pape François a envoyé ses «salutations cordiales et les bons vœux» aux participants au synode, qui commence aujourd'hui à Torre Pellice.

Le pape appelle à un chemin «vers la pleine communion» avec les Vaudois. Il dit dans le message envoyé au synode des Vaudois et des églises méthodistes qui s’ouvre le dimanche 21 août à Torre Pellice (Turin) et dans lequel il souligne que les catholiques et les Vaudois peuvent encore fonctionner déjà ensemble en particulier dans le service des pauvres et des migrants.

Le pape François «comme un signe de sa proximité spirituelle» envoie ses «salutations cordiales et ses bons vœux» aux participants au synode des Vaudois et des églises méthodistes. Dans une lettre signée par le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, le pape a assuré «un souvenir spécial dans la prière et invoque le Seigneur pour le don de la marche avec un cœur sincère vers la pleine communion pour assister efficacement le Christ pour toute l'humanité, en longeant les hommes et les femmes d'aujourd'hui pour leur transmettre le cœur de l'Évangile».

Le cardinal Parolin explique comment le pape souhaite que «les différences entre les catholiques et les Vaudois n'empêchent pas de trouver des formes de collaboration dans l'évangélisation, le service aux pauvres, aux malades, aux migrants et pour l'intégrité de la Création.» Et il conclut : «Avec ces souhaits, le Pape invoque l'Esprit Saint pour nous aider à vivre cette communion qui précède chaque contraste et obtenir pour nous le Seigneur par sa bonté et sa paix.»

Le pape François a très bien compris que ce qui fait l’unité ne base pas sur de vaines querelles dogmatiques, mais bien de faire que les chrétiens portent leurs efforts dans le service envers les pauvres et les migrants qui est un véritable acte de foi qui permet de chasser des oppositions qui n’ont pas lieu d’être.

cath.ch nous montre aussi que le pape François a rédigé une lettre à l’occasion de la 67e Semaine liturgique nationale, organisée par l’épiscopat italien à Gubbio (Italie), du 22 au 25 août 2016. Il y rappelle que chaque évènement liturgique doit être vécu “avec le regard fixé sur Jésus et sur son visage miséricordieux”.

Dans ce message, signé par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, et envoyé à Mgr Claudio Maniago, évêque de Castellaneta, le pape François précise que la liturgie est “le lieu de la miséricorde rencontrée et accueillie pour être donnée, le lieu où le grand mystère de la réconciliation est rendu présent, annoncé, célébré et communiqué”.

Le sacrement de la pénitence doit être perçu comme l’expression d’une “Église en sortie”, comme “un seuil ouvert vers les diverses périphéries d’une humanité qui a toujours plus besoin de compassion”, écrit encore le Saint-Père. C’est dans ce sacrement que “s’accomplit la rencontre avec la miséricorde recréatrice de Dieu, de laquelle sortent des femmes et des hommes nouveaux pour annoncer la vie bonne de l’Évangile à travers une existence réconciliée et réconciliatrice”.

Le pape donne un sens ouvert de la liturgie qui doit amener l’Église à sortir, à être compatissante et miséricordieuse. La liturgie doit donc suivre Jésus et accueillir le plus grand nombre sans se fermer aux autres.

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Publié le 12 Juillet 2016

Radio Vatican et la-Croix.com nous montrent que le Vatican a apporté lundi 11 juillet des précisions sur les propos sur la célébration de la messe du cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, lors d’une conférence à Londres et rapportés dans les journaux, il y a quelques jours. L’archevêque de Westminster, le cardinal Vinchent Nichols a d’ailleurs écrit aux prêtres de son diocèse pour leur déconseiller de suivre le conseil du cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, qui a recommandé de célébrer la messe «dos au peuple».

«Le cardinal Sarah s’est toujours justement préoccupé de la dignité de la célébration de la messe», a souligné le directeur de la salle de presse du Saint-Siège. Mais «certaines de ses expressions ont toutefois été mal interprétées, comme si elles annonçaient de nouvelles indications différentes de celles données jusqu’à maintenant dans les normes liturgiques et dans la parole du pape sur la célébration face au peuple et sur le rite ordinaire de la messe» ajoute le père Lombardi.

Des normes qu’avait rappelées le pape François, à l’occasion de sa visite au dicastère du Culte divin. Le pape avait alors déclaré que la forme «ordinaire» de la célébration de la messe était celle fournie par le Missel promulgué par le Pape Paul VI, et que la forme «extraordinaire», celle permise par le pape Benoit XVI pour des occasions qu’il définit dans le Motu Proprio Summorum Pontificum, ne devait pas prendre la place de «l’ordinaire». Tout ceci a été rappelé, ajoute le Vatican, lors d’une audience du pape avec le cardinal Sarah.

Le pape François reprend la main en montrant clairement qu'il n'y a pas de nouvelles directives liturgiques qui seront introduites pour l'Avent et il préfère éviter l'expression «réforme de la réforme».

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Publié le 7 Juillet 2016

Marie Malzac dans son article pour la-Croix.com le mercredi 6 juillet 2016 qu’à l’occasion d’une conférence à Londres, mardi 5 juillet, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a proposé que les prêtres commencent à favoriser la célébration de la messe «vers l’Orient» à partir de l’Avent prochain.

Cela revient en pratique à célébrer «dos au peuple», comme cela se faisait avant la réforme liturgique issue du Concile Vatican II. S’il est toujours possible de le faire, cette façon de dire la messe est désormais choisie dans les milieux traditionalistes. La précision sur une date souhaitable pour commencer à introduire ce changement, à partir du 27 novembre prochain donc, donne une «nouvelle urgence» au souhait du cardinal Sarah de voir un retour généralisé à cette orientation de la messe, estime le journal. De source proche du dossier, le pape François n’aurait pas été mis au courant de cet appel.

Présent à cette rencontre, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a aussitôt annoncé qu’il appliquerait cette suggestion dans son diocèse. Le même jour, le cardinal Sarah a aussi indiqué que le pape François lui avait demandé d’étudier «la réforme de la réforme», à savoir l’adaptation de la réforme liturgique. Ce travail, a-t-il souligné, aura pour objectif «d’enrichir les deux formes du rite romain».

Rien n’est sûr, on peut encore se demander si le pape peut encore faire confiance au cardinal Sarah qui fait des choses sans qu’il le sache. Pas sûr non plus que les fidèles suivent ce retour en arrière. Le pape a déjà fait savoir qu’il est impossible de revenir en arrière, puisque ceux regardent en arrière se trompent. Le cardinal Sarah se tromperait donc, puisque que le pape François a mis en avant que le renouveau liturgique en avant par Vatican II était un geste courageux de l’Église pour se rapprocher du Peuple de Dieu.

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Publié le 31 Mai 2016

Bernard Litzler dans son article pour cath.ch du dimanche 29 mai 2015 nous montre qu’objet de dissensions entre le Vatican et les évêques francophones, la traduction officielle du Missel romain en français est bloqué, révèle La Croix du 27 mai 2016. Un conflit qui dure et qui concerne également d’autres langues.

“Ne nous laisse pas entrer en tentation” : le changement de la finale du Notre Père avait été annoncé. Son entrée en application, prévue au printemps 2017, à la place de “Ne nous soumets pas à la tentation” risque d’être différée. En effet, les évêques francophones (France, Canada, Suisse, Belgique) chargés de la liturgie s’opposent toujours à la volonté inflexible de la Congrégation pour le culte divin. Selon le quotidien La Croix du 27 mai, les autorités romaines veulent imposer une traduction intégrale du texte latin, sans ajout ni omission. Or les évêques de langue française demandent des adaptations guère prisées en haut lieu.

Le conflit n’est pas nouveau. Depuis 2001 et l’instruction Liturgiam autenticam, une version francophone du Missel est en chantier. Premier refus de Rome en 2007. Une nouvelle commission a remis l’ouvrage sur le métier et a rendu sa copie récemment. Mais Rome la refuse : pas question d’adaptations, mais une traduction du texte latin. Or, argumentent les Canadiens, pourquoi nous imposer par exemple le mot “calice” – un juron au Canada – plutôt que le mot “coupe” ?

Selon La Croix, Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, archevêque de Tours et président de la commission liturgique de l’épiscopat français, tient à faire avancer le dossier. Mais le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin, insiste : “Les nouvelles traductions du Missel romain doivent impérativement respecter le texte latin”, a-t-il confié à l’hebdomadaire Famille chrétienne.

Les difficultés des traductions liturgiques du Missel ne sont pas propres aux pays francophones. La version anglaise du Missel, adoptée en 2011, passe mal : la moitié des fidèles et 71% des prêtres la rejettent, car trop formelle et pompeuse, indique La Croix. En Allemagne, la commission instaurée par Benoît XVI a essuyé un refus de la part des évêques en 2013. Du côté hispanophone, le travail n’a pas commencé et les Italiens renâclent également.

Les francophones espèrent pourtant que les choses se débloquent du côté de la recognitio officielle. Mais rien n’est certain pour le moment. L’entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Missel, prévue pour le carême 2017, pourrait être reportée à l’Avent 2017.

La traduction du Missel romain montre que la décentralisation serait salutaire plutôt que d’imposer d’en haut une traduction ne voulant pas coller aux langues locales alors que l’adaptation serait de mise.

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Publié le 28 Juin 2015

Un évêque allemand veut révoquer la prière du vendredi saint de Benoît XVI

The Tablet nous montre le vendredi 26 juin 2015 que la critique de la prière du Vendredi Saint dans le rite tridentin qui prie pour que les Juifs à reconnaissent Jésus "comme le sauveur de tous les hommes" a été renouvelée.

Lors d'une discussion sur la commémoration du 50e anniversaire de la déclaration du concile Vatican II Nostra Aetate, organisée par la conférence des évêques allemands, Mgr Heinrich Mussinghoff d'Aix-la-Chapelle a soutenu une demande par le président du Conseil central des juifs en Allemagne, Josef Schuster, pour que l'Église révoque la prière du Vendredi Saint de l'ancien rite. La prière actuellement en usage a été révisé après 2008 par un motu proprio de Benoît XVI qui a permis une utilisation plus large du missel romain de 1962. La prière original visait la "cécité" des Juifs.

Mgr Mussinghof dit qu'il "ne pouvait pas comprendre ou mettre en œuvre cette version révisée. Nous avons une merveilleuse prière du Vendredi Saint dans le rite ordinaire et nous serions très heureux si le formulaire révisé pour le rite extraordinaire était révoqué car il est un fardeau sur les relations judéo-chrétiennes et pourrait facilement être révoqué. Je ne comprend pas pourquoi le pape Benoît l'a réintroduit en premier lieu".

C'est une excellente initiative que celle de Mgr Heinrich Mussinghoff qui souhaite remplacer cette version du pape Benoît XVI de la prière du Vendredi Saint avec la version du rite ordinaire de 1970, qui espérons le sera entendu. Ce serait un geste significatif, affirmant les grands progrès réalisés par l'Eglise catholique dans ses relations avec les Juifs depuis Nostra Aetate.

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Publié le 12 Mars 2015

The Tablet dans son article du jeudi 12 mars 2015 nous signale que le pape François a a donné le dimanche 8 mars une de ses affirmations les plus fortes à ce jour de sa conviction dans la réforme du Concile Vatican II qui a introduit la messe dans la langue vernaculaire. Il a célébré la messe dans la paroisse d'Ognissanti à Rome pour le cinquantième anniversaire de la première messe vernaculaire qui a été célébrée par le pape Paul VI en 1965.

Selon Pray Tell du blogueur Anthony Ruff, qui était présent dans l'assemblée qui était déversée à l'extérieur de l'église, le pape François est sorti après et s'est adressée à ceux qui avaient suivi la liturgie sur un écran. Selon la traduction de Ruff, le pape François déclara : "Nous rendons grâce au Seigneur pour ce qu'il a fait dans son Église durant ces 50 années de réforme liturgique. C'était vraiment un geste courageux pour l'Église que de se approcher du peuple de Dieu afin qu'ils soient en mesure de bien comprendre ce qu'ils font. C'est important pour nous, de suivre la messe de cette façon. Il n'est pas possible de revenir en arrière. Nous devons toujours aller de l'avant."

Quelques jours plus tôt, dans une lettre au cardinal Aurelio Poli, chancelier de l'Université catholique de l'Argentine pour le 100e anniversaire de sa fondation, le pape a souligné que l'anniversaire coïncidait avec celui des 50 ans à partir de la clôture du Concile Vatican II. Le Concile, a-t-il dit, était "une mise à jour, une nouvelle lecture de l'Évangile dans la perspective de la culture contemporaine. Il a produit un mouvement irréversible de renouveau qui vient de l'Évangile. Et maintenant, nous devons aller de l'avant."

On savait que le pape François n'était pas un supporter de la messe en latin comme l'avait montré en 2014 le site Rorate Cæli, vu que pour lui c'est surtout une question de mode qui n'a pas besoin de beaucoup d'attention. Pour lui, il est juste nécessaire de montrer un peu de patience et de bonté pour les personnes qui sont accros à cette mode.

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Publié le 10 Février 2015

Comme le montre Romandie.com, lors de son sermon, un prêtre catholique ne devra plus donner un cours savant. Il ne devra pas non plus raconter son histoire personnelle ou "tordre les textes" pour imposer ses idées, recommande mardi 10 février 2015 une directive destinée aux prêtres du monde entier.

Intitulé "le directoire sur l'homélie", ce document compte pas moins de 117 pages. Il répond à une priorité du pape François qui soulignait dès 2013 l'importance d'un sermon clair, bref et convaincant, dans un langage susceptible d'être compris, et censé réconforter les fidèles, et non les affliger.

"Pour devenir un bon prédicateur, il n'est pas nécessaire d'être un grand orateur", rassure cette longue lettre. Elle signale que Moïse souffrait de difficultés d'expression, que Jérémie se considérait trop jeune et que Paul "éprouvait crainte et tremblement". Les voix tonitruantes et les mimiques théâtrales doivent céder la place à "un usage approprié de la voix et aussi des gestes".

"L'homélie doit être brève et éviter de ressembler à une conférence. Elle ne doit pas être l'occasion de tenir des propos complètement étrangers à la célébration ou (...) de tordre les textes dans tous les sens pour les soumettre à une idée préconçue". "Enfin, l'homélie ne doit pas être considérée comme un temps réservé au témoignage personnel" du prédicateur, selon le texte. Celui-ci rejette également la prédication "purement moralisante ou qui s'apparente à un endoctrinement".

Le document évoque aussi les mariages et les obsèques. Il invite les prêtres à les préparer en tenant compte du fait que "beaucoup de ceux qui y participent ne sont pas chrétiens ou ne sont pas catholiques".

Le sermon reste strictement réservé aux évêques, aux prêtres et aux diacres, mais il est interdit aux laïcs. "Certes, des enseignements de bonne qualité peuvent être dispensés par des responsables laïcs bien préparés de certaines communautés, mais de telles interventions doivent être faites dans d'autres contextes".

Le souhait du pape François de sermons clairs, brefs et convaincants, dans un langage que tout le monde peut comprendre et qui n'est pas une leçon de morale assénée par des prêtres qui ne seront pas obsédées par la transmission désarticulée d’une multitude de doctrines à imposer avec insistance, semble être en bonne voie. Mais avec le manque de prêtres peut on encore se passer des laïcs ? Telle est la question.

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Publié le 8 Septembre 2014

Dans cet article de NCRonline.org du vendredi 5 septembre, le jésuite Thomas Reese nous montre qu'avec la vacance à la tête de la Congrégation du Vatican pour le Culte Divin et les Sacrements, le pape François a une occasion de relancer le renouveau liturgique, qui a été bloqué par les pontificats des papes Jean-Paul II et Benoît XVI.

Le pape François n'est pas un fan de la messe tridentine, qu'il avait interdite à Buenos Aires. De plus, il ne l'a jamais célébré et ne le fera jamais. Il espère que cela va disparaître. Il n'est pas non plus content de la poussée littérale pour des traductions liturgiques, y compris la traduction de pro multis comme «pour beaucoup» plutôt que «pour tous». En conséquence, la pression du Vatican pour les nouvelles traductions italiennes, allemandes, et autres ont été mises en attente. Le pape François préfère aussi un style liturgique simple et n'a aucun scrupule à enfreindre les règles liturgiques pour des raisons pastorales. Il n'y a aucune indication que le renouveau liturgique est une priorité majeure pour le pape François.

S'il y a un nouveau préfet pour la Congrégation pour le Culte Divin, il devra développer une nouvelle façon de gérer le changement liturgique dans l'église. La réponse du Vatican était d'arrêter tout changement, de sévir sur l'expérimentation, et de forcer les évêques réticents à fournir à la messe tridentine à tous ceux qui voulaient l'avoir. Il poussa également à travers des traductions littérales des textes liturgiques qui étaient difficiles à comprendre. Cette réaction excessive causa des mécontentements chez les spécialistes de la liturgie et, surtout, des problèmes pastoraux dans les paroisses. Il faudra donc une approche plus intelligente et pastorale pour les changements liturgiques qui comprendraient trois choses : des centres de recherche liturgique et de développement, les tests de marché, et l'inculturation.

Donc les nouvelles pratiques liturgiques exigent des tests pour savoir ce qui fonctionne, mais chaque prêtres n'ont pas la formation et les compétences nécessaire pour le faire. Ce qui est nécessaire sont des centres de recherche liturgique et de développement où les savants et les artistes peuvent collaborer avec une communauté prête à développer de nouvelles pratiques liturgiques. Des séminaires et des universités avec des chercheurs liturgiques sont des endroits évidents pour cela, mais certaines paroisses pourraient être disposés à être des sites bêta pour de nouvelles pratiques, en particulier si elles ont été autorisées à donner leur avis.

Les évêques doivent être autorisés à mettre en place des centres de recherche liturgique et de développement, exploité par des experts créatifs avec de la surveillance et un contrôle approprié. Une fois que nouvelles pratiques liturgiques sont élaborées et acceptées par les responsables de l'Église, ils devraient être testés sur le marché dans une variété de contextes pastoraux avant d'être offert au reste de l'Église. Seulement, il ne faut imiter les entreprises les plus arrogantes qui mettent en place un nouveau produit partout dans le monde sans le tester sur le marché.

Enfin, le défi le plus difficile est de développer une liturgie qui correspond à la culture locale. C'est très difficile dans les pays multiculturels comme les États-Unis et l'Inde. Aux États-Unis, la liturgie doit être sensible aux différences culturelles fondées sur la langue, l'origine ethnique, l'âge, l'éducation et le milieu social. Ce qui est approprié dans une école secondaire peut ne pas être approprié à une maison de retraite. En Inde, la sensibilité liturgique de la culture hindoue peut être offensante pour les minorités qui se sentent opprimés par la majorité hindoue. Ces pays peuvent nécessiter de plusieurs formes liturgiques pour servir de multiples cultures. L'inculturation, il est plus facile d'en parler que de la faire, et c'est pourquoi nous avons besoin de centres de recherche et développement liturgique.

Le nouveau préfet doit aussi voir comment sa congrégation fonctionne. Il a besoin de remplacer un grand nombre de consulteurs et le personnel dont leur seule qualification liturgique est leur soutien à la messe tridentine. Il serait également judicieux d'avoir les présidents des comités de liturgie des conférences épiscopales en tant que membres de la congrégation plutôt que les cardinaux qui n'ont pas expertise dans la liturgie. La congrégation devrait fonctionner comme une sage-femme pour le renouveau liturgique et arrêter de jouer la police de la liturgie. Cela signifie plus de consultation et de confier les changements liturgiques plus directement à des conférences épiscopales, ce qui était l'intention originale de Vatican II, plutôt que la micro gestion des choses à Rome.

Thomas Reese démontre ici que le renouveau liturgique ne se fait pas dans la solitude et que tous peuvent y prendre part pour éviter de faire des mauvais choix comme à l'époque de Jean-Paul II et Benoît XVI.

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