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Publié le 30 Avril 2020

Aujourd’hui, nous fêtons nos 42 ans en pleine période de confinement.

 

Le pape François a voulu dédier aujourd'hui son Eucharistie à la résidence Sainte Marthe à "tous ceux qui sont morts de la pandémie, en particulier pour le défunt «anonyme». Nous avons vu ses photographies dans les fosses communes. Tant de gens qui ont été là...", tout en mettant en avant que celui qui converti n’est pas le missionnaire, ni lé prêtre, mais Dieu qui touche le cœur des gens, concluant par un  "N'oubliez pas : témoignage oui, prosélytisme non" (https://www.religiondigital.org/el_papa_de_la_primavera/Papa-difuntos-anonimos-pandemia-enterrados-francisco-vaticano-misa_0_2227277252.html).

 

Et José María Castillo délivre une pensée sur ceux qui veulent un retour à la messe sur religiondigital.org aujourd’hui (https://www.religiondigital.org/teologia_sin_censura/Castillo-amparados-justifican-conducta-ocultar_7_2227047277.html) que nous partageons : «Les récits évangéliques abondent et expriment clairement la conviction de Jésus : dans l'Évangile, il est clair que la santé et la vie sont plus importantes que l'observance des rites de la religion. De plus, si cette question est mûrement réfléchie, la conclusion doit être que la religion est au service de la vie et non la vie au service de la religion.» Et il ne se montre pas tendre en disant : "Je ne suis pas contre les messes ou les prières, mais contre ceux qui, couverts par elles, justifient un comportement dans lequel il y a des choses à cacher".

 

Et il n’a pas tort puisque le mouvement «Rouvrez nos Églises», vient de groupes notamment au Brésil qui critiquent le pape François et la CNBB (Conférence nationale des évêques du Brésil), et créent des conflits davantage motivés par des raisons politiques et idéologiques que par des raisons véritablement religieuses et spirituelles, puisque ces groupes sont ceux qui soutiennent les politiques de l'actuel gouvernement brésilien, le grand négationniste de la pandémie, de plus en plus isolé sur la scène internationale, et avec des réponses tonales constantes qui montrent leur caractère moral, et selon Mgr Mgr Leonardo Steiner, évêque de Barra, ces gens devraient plutôt aider à «nourrir tant de gens qui ont faim, et consoler ceux qui sont désespérés, accueillir ceux qui ne savent pas où aller et quoi faire» (https://www.religiondigital.org/luis_miguel_modino-_misionero_en_brasil/Obispo-brasileno-oportunistas-conflictos-ideologicas_7_2227047282.html).

 

Tandis qu’Edouard Philippe a annoncé que les célébrations publiques du culte ne reprendraient pas avant le 2 juin, les évêques ont manifesté leur tristesse et leur incompréhension. Pourtant, certains fidèles voient «dans ce confinement prolongé l’occasion de redécouvrir le vrai culte à rendre à Dieu, de ré-expérimenter le sens profond de l’eucharistie, pain partagé», et d’autres acceptent volontiers le prolongement de l’absence de célébrations publiques pour aider à la fin de la propagation du virus (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Deconfinement-Reprise-cultes-2-juin-lincomprehension-catholiques-2020-04-30-1201091914). L’empressement n’est jamais bon et il entraine des risques.

 

Mais le culte est-il plus important ? En cette période de crise, notre regard devrait se porter sur des choses plus importantes. Libération.fr (https://www.liberation.fr/debats/2020/04/28/l-apres-ne-sera-pas-favorable-a-une-societe-de-gauche-mais-a-une-acceleration-des-mesures-neoliberal_1786730) nous montre qu’Aux États-Unis, alors même que 26 millions d'Américains ont perdu leur emploi en quatre semaines, la fortune cumulée des milliardaires a augmenté de 308 milliards de dollars. Rien de plus normal, selon l'historien américain Philip Mirowski : en étudiant la crise de 2008, il a observé que les néolibéraux étaient mieux organisés que la gauche, ce qui leur a permis de tirer un meilleur parti de la crise. Le philosophe de la pensée économique souligne que si la réponse à un moment de crise peut être une augmentation temporaire de la solidarité, ce n'est qu'un progrès en trompe-l'œil, avant une accélération vers un système encore plus dérégulé.

 

«L’après ne sera pas favorable au modèle de société de la gauche, mais plutôt à une accélération des mesures néolibérales», puisque «L’abdication de Bernie Sanders a été encore une bonne nouvelle pour eux», et que «la gauche américaine avance quelques idées générales, comme le Medicare For All [«les soins pour tous»], mis en avant par Bernie Sanders dans sa campagne, mais elle n’a aucun programme soigneusement mis au point pour tirer profit d’une pandémie.» Ce qu’il voit c’est qu’«un très petit groupe de gens va s’accaparer un immense pouvoir» et «la situation est actuellement gérée par des profiteurs qui vont chercher à s’approprier le plus de ressources possible», on aura finalement le droit à «Un marché encore moins régulé, une industrie pharmaceutique toujours plus forte et une accentuation du discours populiste : voilà le futur qui nous attend.»

 

Mais, comme le dit Jack Jenkins dans American Prophets en 2020 : "les communautés religieuses dévouées aux causes progressistes perdureront. Car elles ont l'audace de croire en une foi qui ne leur donne d'autre choix que de crier". Et si nous mettions cette audace avec cet élan de solidarité dont font preuve les citoyens européens en aidant un voisin à faire ses courses, à fabriquer des masques de protection, à proposer du soutien scolaire via Internet, dans les associations, et avec les propositions d’aide qui se multiplient pour éviter l’isolement des personnes, pour les sans-abris, et les réfugiés (http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200429-covid-19-europe-confinement-provoque-%C3%A9lan-solidarit%C3%A9-in%C3%A9dit).

 

Et pour que cela dure, nous sommes du même avis que Naomi Klein : «Nous devons profiter du confinement pour préparer la mobilisation et un autre modèle économique» et sur le fait qu’«Il faut être prudent et ne pas dire que la gestion de la crise passe par l’autoritarisme. La Chine a ainsi caché des informations sur la propagation de l’épidémie. Nous ne pouvons donc pas faire confiance à Beijing. De nombreux dirigeants autoritaires ont été lents à mettre en place une gestion de crise et ont dissimulé des informations. La Chine, les États-Unis, Benyamin Netanyahu en Israël, Viktor Orban en Hongrie, Jair Bolsonaro au Brésil, Rodrigo Duterte aux Philippines, Narendra Modi en Inde… Ils ont tous profité de la crise pour renforcer leurs pouvoirs, mais rien ne prouve qu’ils la gèrent mieux. En fait, c’est tout le contraire» (https://www.huffingtonpost.fr/entry/naomi-klein-coronavirus-crise-analyse-interview_fr_5e9576f2c5b60e5553ab5681).

 

Et ce changement ne pourra passer que par une grande volonté, et refonder pourquoi pas un nouveau Conseil National de Résistance comme le propose Claude Alphandéry, de choisir de nouvelles formes de solidarité qu’on trouve au sein des quartiers, des territoires urbains et ruraux dans des expériences d’économie sociale, solidaire, participative, de monnaies complémentaires, etc., on les trouve aussi dans les grandes industrie lorsqu’elles se tournent vers la protection de l’environnement et l’aptitude à bien vivre ensemble. Ces expériences solidaires se multiplient, il faut les rassembler, valoriser ces efforts en nouant des liens, en créant des coopérations. C’est le moment de prendre pour levier ces solidarités pour faite naître à nouveau le CNR et son programme «des jours heureux» (https://www.liberation.fr/debats/2020/04/30/face-au-coronavirus-refondons-le-conseil-national-de-la-resistance_1786826). Le salut ne viendra pas de ceux qui souhaitent que tout redevienne comme avant ou de ceux qui prône un nationalisme xénophobe.

 

Le cardinal Marx Marx a expliqué qu’également dans les pays où la majeure partie de la population jouit du bien-être, après la pandémie, les inégalités augmenteront. "Les élites gagnent souvent dans les catastrophes", a-t-il averti et regretté. Commençant par reconnaître la "prudence" avec laquelle le gouvernement allemand a abordé la gestion de la crise sanitaire, le cardinal a rappelé que, comme le pape François, il avait déjà mis en garde contre "les conséquences sociales, politiques et écologiques d'un capitalisme débridé". À cet égard, il a déclaré que des temps difficiles arrivaient pour les plus vulnérables - "Je peux le sentir bouillonner sous mes pieds" - et a affirmé que la responsabilité partagée est le meilleur moyen de réduire les différences entre les pauvres et les puissants et de lutter pour le bien commun : "Les impôts sont l'expression de la correction, de la justice" (https://www.religiondigital.org/mundo/Cardenal-Marx-Puedo-cualquier-Dios-rezar-reapertura-culto-alemania-gestion-crisis-desigualdad-capitalismo-coronavirus-impuestos_0_2227277295.html).

 

C'est le moment de se demander, où allons nous ? Suivrons nous les pharisiens de l’Église ou de l'économie, ou ressentirons nous ce choc libérateur qui nous appellera à résister ? Nous avons choisi de résister, et il est temps de ne plus subir.

 

Comme vous pouvez le voir, confinement ne rime pas avec stress ou ennui, il peut être aussi porteur pour la réflexion.

 

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Publié le 23 Avril 2020

La crise du Covid-19 montre une chose, l’urgence de réformer l’Église. Et ce que l’on peut voir c’est que l’Église n’a pas préparé la fin du confinement à l’image de Mgr Robert Legall, l’archevêque de Toulouse, qui demande que "l'on puisse avoir la possibilité de célébrer des offices plus courts, plus simples et en nombre limité (de fidèles)" mécontent des propos du président de la République disant qu'il n'y aurait pas d'office avant la mi-juin (https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/en-direct-coronavirus-vers-un-deconfinement-par-secteurs-et-par-region_2124416.html).

 

L’Église n’a-t-elle pas pensé à une organisation différente, car suivre les célébrations à la télévision, au téléphone, sur Facebook ou Youtube, n’est qu’une solution de courte durée. Comme l’avance le pape François, c’est un «sacrement virtuel» alors que les «sacrements sont concrets», alors qu’on ne peut pas être liés seulement par la «communion spirituelle» (https://www.vaticannews.va/fr/pape-francois/messe-sainte-marthe/2020-04/pape-francois-messe-sainte-marthe-vendredi-17-avril-2020.html), et les clercs comme en Italie, en France et aux États-Unis sont pressés de revenir à la normale, sans toutefois penser à donner un rôle plus important aux fidèles qui sont devenus les acteurs de l’Église au sein même de l’église domestique.

 

Mais malheureusement la hiérarchie a vu cette «église domestique» d’une façon réduite, alors que selon elle la famille en est la base. En gros cette église à la maison, se limite à la prière, aux louanges, et à lecture des évangiles, sans autant recevoir la permission de communier. Ce retour à l’église domestique aurait pu apporter quelque chose de nouveau, mais le cléricalisme empêche des innovations salutaires comme le fait de paroissialiser ces églises pour y retrouver les mêmes fêtes, les célébrations, les sacrements, et les catéchèses, comme on l’avait permis avec les communautés ecclésiales de base.

 

Et actuellement en ce temps de confinement, nos églises domestiques devraient aussi s’inspirer de Paul VI qui dans l’encyclique Populorum Progressio en 1967 disait que l’Église doit «condamner les injustices et inspirer les changements nécessaires». Car la «violence institutionnelle» des régimes politiques et économiques ne cessera pas après le confinement.

 

L’église domestique va continuer jusqu’à la mi-juin et comme en Argentine, nous n’aurons pas de reprise progressive de messes, et pour l’instant le confinement des messes ou spirituel à travers différents canaux, tels que les réseaux sociaux ou le téléphone continue (https://www.religiondigital.org/america/Guillermo-Oliveri-Todavia-conveniente-coronavirus_0_2225177503.html) et cela malgré l’impatience des évêques français qui veulent redire la messe le 17 mai (https://www.liberation.fr/france/2020/04/23/deconfinement-les-eveques-catholiques-veulent-redire-la-messe-des-le-17-mai_1786181).  

 

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Publié le 17 Avril 2020

Le Samedi Saint a eue lieu une vénération exceptionnelle du linceul de Turin dirigée à 17h par l’archevêque de la capitale piémontaise, Mgr Cesare Nosiglia. Le pape François a soutenu et s’est joint à cette liturgie de prière depuis la chapelle de la cathédrale de Turin, gardienne du Saint-Suaire. Il s’y était rendu en 2015, tout comme les précédents Souverains Pontifes (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2020-04/les-papes-et-le-saint-suaire-de-turin-icone-du-samedi-saint.html). L'archevêque de Turin Cesare Nosiglia a donc dirigé l'extraordinaire prière devant le Suaire de la cathédrale de Turin le samedi après-midi. Elle a été diffusée en direct à la télévision partout dans le monde, par le signal Rai et par TV2000, relancé par le Centre de Télévision du Vatican. Il a été calculé que les téléspectateurs potentiels des réseaux connectés dépassaient le milliard de personnes. De nombreux accès également à la page spéciale Facebook "Shroud 2020", où l'événement a été diffusé pour les réseaux sociaux (https://www.ceinews.it/rilanci/2020/4/13/ostensione-straordinaria-della-sindone-la-potenza-del-risorto-vince-ogni-avversita/). Et on nous a raconté aussi le fait que le Saint Suaire a été installé à Turin, après une épidémie de peste à Milan, au XVIe siècle. En 1578, Charles Borromée, évêque de Milan, promet un pèlerinage à pied au Saint Suaire si la ville est délivrée de la maladie. Le duc de Savoie Emmanuel Philibert déplace le drap sacré de Chambéry, où il se trouve, à Turin, pour raccourcir la route de Charles Borromée (https://fr.euronews.com/2020/04/11/le-saint-suaire-expose-exceptionnellement-pour-paques-contre-le-covid-19). En réalité, ce qui préserva la ville de Milan, ne fut pas cette relique, mais un des mesures de plus en plus draconiennes telles que la purge des maisons infectées, la fermeture des magasins non essentiels et une quarantaine générale, on ordonna aussi l'abattage des chiens et des chats (https://brill.com/view/book/edcoll/9789004375871/BP000012.xml). C’est très énervant de voir que face à une épidémie, on fasse appel à la superstition et aux fausses reliques comme le linceul de Turin.

 

Dès son émergence au Moyen Âge, chez les chanoines de Lirey, en Champagne, les autorités ecclésiastiques locales dénoncent la «fraude». L’évêque de Troyes aurait découvert, après enquête en 1357, qu’il s’agissait d’un faux. Un artiste arrêté et interrogé aurait même avoué en être l’auteur. En réalité, il a été offert par le roi Jean II à son ami Geoffroi de Charny, le chevalier le plus renommé du Moyen Âge, qui est décédé peu de temps après lors de la désastreuse bataille de Poitiers tout en sauvant la vie du roi. Bien que conçue comme rien de plus qu'une image de dévotion inoffensive pour l'église nouvellement construite de Geoffroi dans le hameau français de Lirey, elle fut bientôt déformée. Les miracles ont été truqués, l'argent a été fait. La bande de tissu  était pliée avec un bâton central, on fait rentrer les croyants qui ont payé. On hisse doucement le suaire éclairé par les bougies, on chante, on prie et c’est fini. Et ainsi on a pu financer la construction de l’abbatiale de Lirey. Ensuite, une nouvelle enquête fut menée entre 1389 et 1390 qui en arriva à la même conclusion, sauf que celui qui montre le suaire est le neveu du pape en Avignon. Comme il n’est pas à l’aise sur le sujet, le pape trouve une astuce formidable pour autoriser qu’on le présente désormais. Il fait placarder sur les églises une lettre en latin disant que le suaire est une véritable icône. La différence en latin entre une image véritable et une véritable image est difficile à saisir pour des paysans. Le suaire a été fabriqué comme toutes les soi-disant reliques faites après la grande peste pour conjurer ce malheur qui a tué un tiers de la population européenne. Les reliques attiraient les fidèles vers une abbatiale ou un église et surtout les dons. Puis la relique a connue de vastes tribulations, puisqu’elle se retrouve entre les mains de Marguerite de Charny en 1418, qui la vend à Louis Ier de Savoie en 1453,  puis elle s'est installée à Chambéry, au cœur de la Savoie en 1502, dont le pape Jules II lui conféra une fête liturgique le 4 mai en 1506, mais décembre 1532, la Sainte-Chapelle qui abritait le drap brûlé, et le suaire a survécu,  et enfin elle arrive à Turin en 1578, la nouvelle capitale du duché de Savoie puis du royaume d'Italie, avant d’être donné au Saint-Siège en 1983, et un nouvel incendie se produit en 1997,  le suaire est sauvé une seconde fois des flammes. Régulièrement des clercs, et non des moindres, tels que trois ecclésiastiques de Liège, qui traiteront de l'affaire en 1449, et Ulysse Chevalier de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, entre 1898 et 1903 mettent en garde les fidèles tentés de vénérer un objet nullement contemporain de Jésus («Trois Christs» : Unis par la Passion, 26 octobre 2010, dans https://www.actuabd.com/Trois-Christs-Unis-par-la-Passion, Le suaire de Turin : La vraie histoire d'un faux, L’histoire mensuel N°372, février 2012, Andrea Nicolotti, Sindone : Storia e leggende di una reliquia controversa, Eanudi, 2015, Gary Vikan, The Holy Shroud: A Brilliant Hoax in the Time of the Black Death, Pegasus Books, 5 mai 2020, et https://www.ligneclaire.info/eric-liberge-gerard-mordillat-76850.html).

 

Pourtant, après la photographie de Secondo Pia en 1898, qui relance l’engouement pour la relique de Turin, commence la sindonologie. Ce sont surtout des laïcs –scientifiques, chirurgiens, physiciens - qui se sont acharnés à démontrer  que ce linge était le suaire de Jésus et en général convaincu de son authenticité. En 1988, l'étude au carbone 14 confirme que le linceul en question date des environs de 1350. On a pu penser que l’affaire était close, mais pas du tout. Une quinzaine d’ouvrages de livres furent publiés disant que si le carbone 14 donnait ce résultat, c’était que la science était fausse. Rien n'y fait. Les «sindonologues» n'en démordent pas, la ferveur populaire les encourage, les tentatives de démonstration se succèdent contre les travaux scientifiques : le suaire de Turin porte la marque indélébile de Jésus-Christ mort en croix et ressuscité, rien ne pourra les convaincre du contraire. Et ils on essayé d’infirmer la datation au carbone14, en disant que le feu de 1532 a fixé des atomes de carbone modernes sur le Suaire, le rendant apparemment plus jeune, mais des tests expérimentaux répétés ont exclu que l'effet soit possible, ou bien que l'échantillon utilisé pour le test du carbone 14 a été pollué par de la saleté, pourtant il avait été parfaitement nettoyé, et la datation de fragments de tissus d'un âge bien connu, effectuée à titre de contrôle, avait donné des résultats parfaits, ou encore que l'échantillon prélevé appartenait à un raccommodage invisible et récent, cependant l'échantillonnage a été effectué en présence d'experts du textile, et dans la restauration de 2002, personne n'a jamais trouvé de raccommodage dans ce coin. En 2019, Benedetto Torrisi met en avant des problèmes de concordances statistiques entre les résultats des instituts et relève la non-conformité des conditions de prélèvement des tissus. Peine perdue puisqu’en 1994, J. A. Christen a appliqué un test statistique solide aux données de radiocarbone et a conclu que l'âge donné pour le linceul est, d'un point de vue statistique, correct, et Timothy Jull a confirmé en 2011, que les analyses ont porté sur le tissu originel et rien n’a pollué la datation (J. Andres Christen, "Summarizing a Set of Radiocarbon Determinations: A Robust Approach". Applied Statistics. 43 (3): 489–503, 1994, Le suaire de Turin : La vraie histoire d'un faux, L’histoire mensuel N°372, février 2012, Rachel Mulot, Le suaire de Turin est censé avoir enveloppé le corps du Christ. Mais il date bien du Moyen Âge, 23 avril 2015 dans https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/2-etudes-montrent-que-le-suaire-de-turin-date-en-fait-du-moyen-age_21857, Luigi Garlaschelli, Perché la sindone è un falso, 11 septembre 2018, dans https://ilbolive.unipd.it/it/news/perche-sindone-falso, Jérôme Prieur, et Gérard Mordillat, Le Suaire (Tome 3) - Corpus Christi, 2019, Éditions Futuropolis, 2019, et Raphaël Zbinden, Saint Suaire : le doute augmente quant à une origine médiévale, 26 mai 2019, dans https://www.cath.ch/newsf/saint-suaire-le-doute-augmente-quant-a-une-origine-medievale/).

 

La sindonologie est continuellement engagée dans une tentative de délégitimer les résultats des études au détriment de l'authenticité, en construisant des explications alternatives extrêmement compliquées ou en recourant au sujet du miracle. Elle rejette toujours les arguments contraires et a tendance à citer des recherches propices à l'authenticité (le lin qui serait pareil à ceux de Massada selon Mechthild Flury-Lemberg dans un article publié en allemand en 2000, a été vite éventé par deux experts israéliens qui disent qu’il n’y aucun tissu ressemblant à celui du suaire et le tissage est en «S» et non en  «Z»;  les pollens que Max Frei a dit avoir trouvés, personne d'autre ne les a examinés, pourtant c’est son travail frauduleux qui est toujours utilisé par les sindonologues, alors que les études de Giovanni Riggi en 1978, de Raymond Rogers en 1978 et de Pier Luigi Baima Bollone en 1978 et 2002, ont rapporté des indices décevants sur leurs études à ce sujet, , et l’étude de Marta Mariotti Lippi en 1998 afin d'évaluer l'importance de la présence de pollen sur le suaire, montre avec des morceaux de lins comme celui du suaire dont certains sont trempés avec une solution d'aloès et de myrrhe, tous suspendus dans diverses positions dans une oliveraie, la perte de pollen a alors atteint 77% en 2 mois, en 10 ans on ne trouverait plus de pollens; pour les monnaies et les traces d’écritures, ce serait de la paréidolie produite à partir d'une vieille photo, dans les photos couleur haute définition modernes, les traces des pièces et d’écritures ont disparu et d’ailleurs n’ont pas été vues par les scientifiques  qui  ont examiné le suaire en 1969, en 1973 et en 1978, ni même ceux qui ont restauré le linceul en 2002; la présence de sang n’a été certifiée certifiée que par Pier Luigi Baima Bollone, présence explicitement exclue en 1973 par la commission qui avait été chargée d'effectuer les analyses du cardinal Pellegrino, et par le microscopiste de Chicago Walter McCrone, qui en 1977 déclara que "la figure de l'homme du Suaire a été peinte avec l'application d'ocre rouge dans une tempera de collagène animal très diluée";  les sources historiques ont été aussi déformées puisque le mandylion d’Édesse se trouvait en France dans la Sainte-Chapelle après son achat par Louis IX et fut détruite pendant la révolution française en 1793, et le Codex de Pray, ne montre nullement le suaire de Turin, puisque le linceul empilé sous la main de l'ange ne porte aucune image, et ce qui est vu comme des brûlures ressemble à des motifs ornementaux, comme ceux vus sur l'aile de l'ange, sur sa ceinture et sur la robe de la femme au centre du dessin comme motifs ornementaux, tandis que la théorie reposant sur les Templiers est écartée par les experts de l’histoire des Templiers et jusqu’ici  aucune  preuve étayant cette  thèse  n’a  été  présentée, vu qu’elle vient de manipulations de texte, des approximations et des erreurs matérielles, et l’histoire du suaire venu selon la tradition orale du sac de Constantinople commis en 1204 ne reprendrait que l’histoire de celui de Besançon qu’on disait amené  par  le chevalier Othon de la Roche, mais dont l’existence n’était sûre qu’à partir du XVIe siècle; enfin, pour l’aragonite de travertin, elle serait arrivée non de Palestine mais par moyen plus simple comme le décrit le biochimiste John Heller, c’est un religieux qui a placé un mouchoir sur le Suaire, racontant ensuite que par le passé il avait touché le Saint-Sépulcre de Jérusalem et depuis lors l'avait gardé dans sa poche sans le laver) sans jamais tenir compte du moment où elles sont rejetées par la communauté scientifique (Sindone : le false notizie si tissuti di massade, 7 juin 2007, dans  http://www.antoniolombatti.it/B/Blog/39E8EAE8-0DB4-4545-9703-ABC2F277EB9F.html, Gaetano Ciccone, Sindone, pollini e bugie, MicroMega 4/2010, Luigi Gallarschelli, Perché la Sindone è un falso, dans MicroMega 4/2010, Le suaire de Turin : La vraie histoire d'un faux, L’histoire mensuel N°372, février 2012, Andrea Nicolotti, Le Saint Suaire de Besançon et Othon de La Roche, Éditions Franche-Bourgogne, 2015, Luigi Garlaschelli, Perché la sindone è un falso, 11 septembre 2018, dans https://ilbolive.unipd.it/it/news/perche-sindone-falso, et http://sindone.weebly.com/pray.html).

 

Pourtant, il est très simple de contredire les arguments des sindonologues. Dans l'histoire personne depuis treize siècles, depuis la tombe de Jésus jusqu'au Moyen Âge, n'a jamais parlé de ce linceul; et lorsque l'évêque de Troyes et le pape en ont parlé pour la première fois, ils l'ont fait pour dire que c'était une fraude. Il est donc extrêmement improbable que cet objet remonte au temps de Jésus. Si Jésus est juif il a été inhumé selon la tradition juive. Sûrement pas comme le montre le suaire avec les mains posées sur le pubis, impureté majeure. Et deuxièmement, s’il y a eu des linges souillés on ne les a pas gardés. Dans le judaïsme c’est impossible. Les tissus funéraires juifs du premier siècle qui ont été découverts lors des recherches archéologiques nous indiquent qu'aucune des découvertes n'a de caractéristiques compatibles avec celles du tissu du Suaire. Le seul tissu de lin connu, à chevrons  et identique à celui du Suaire, est conservé dans la section médiévale du Victoria & Albert Museum de Londres, il a été daté du XIVe siècle. D’ailleurs, un linceul célèbre a été trouvé à Akeldamà, daté entre 50 et 70 par le C-14, montre que les bras étaient étirés le long du tronc, le cadavre étroitement enveloppé et le cou, les poignets et les chevilles maintenus en place avec des bandages supplémentaires. Le tissu était en laine (le Suaire est en lin), la texture se compose d'une structure 1: 1 simple (le Suaire est en chevrons 3: 1), la filature est S (celle du Suaire est Z). Pour la crucifixion, l’homme de Giv'at HaMivtar, dont les restes avec un clou toujours coincé dans le talon ont été trouvés en 1969 à la périphérie de Jérusalem nous montre avec certitude que la position sur la croix de cet homme était incompatible avec celle de la figure du Suaire : les pieds étaient cloués latéralement au poteau de la croix avec deux clous qui transperçaient les talons transversalement et les bras étaient probablement attachés avec des cordes. Et pour bien enfoncer le clou, une nouvelle découverte - les restes squelettiques vieux de 2000 d'un romain crucifié - rapportée sur Live Science (Metcalfe 2018). L'article (4 juin 2018) décrit l'examen des os (découvert à l'origine en 2007 près de Venise), confirme que le clou était enfoncé sur le côté du talon, et les bras étaient attachés. Enfin,  des vestiges archéologiques, des textes historiques et de l'art funéraire égyptien ancien montrent que comme la plupart des gens en Judée et en Égypte à l'époque, Jésus avait très probablement des yeux bruns, des cheveux brun foncé ou noirs et une peau brun olive. Il se peut qu'il ait mesuré environ 1,66 cm de hauteur, la taille moyenne de l'homme à l'époque. L’homme du suaire ne correspond pas à un juif de l’époque  et il est trop grand  (Luigi Gallarschelli, Perché la Sindone è un falso, dans MicroMega 4/2010, Anna Rita Longo, Speciale Sindone: gli ultimi studi scettici, 31 Mars 2018, dans https://www.queryonline.it/2018/03/31/speciale-sindone-gli-ultimi-studi-scettici/, Joan Taylor, What Did Jesus Look Like?, Bloomsbury T&T Clark, 2018, et https://www.ligneclaire.info/eric-liberge-gerard-mordillat-76850.html).

 

Et contrairement à ce qu’a avancé le Sturp (Shroud of Turin Research Project) en 1978, il était possible de faire un linceul avec les mêmes caractéristiques que celui de Turin, et ce serait plutôt une copie corporelle semblable à une photographie d'un Français médiéval créée par un artiste brillant servant la cour royale au temps de la Peste noire. Et Gary Vikan, aurait retrouvé ce faussaire, Nardo di Ceccarelli, élève de Simone Martini, alors à Avignon et travaillant pour le pape vers 1350. L’empreinte du suaire était constituée de pigments d’oxydes de fer, associé à un médium à base de collagène, et l’ensemble a été appliqué sur le linge par un artiste très informé et appliqué, qui utilisa la méthode de tamponnage, ce qui explique qu’on ne trouve pas de traces de pinceaux comme l’avançait le Sturp, quant aux tâches de sang, elles se révèlent être du vermillon, composées de sulfure de mercure, ou cinabre. Cela explique pourquoi les taches de "sang" ne sont pas réalistes. Ce qui a été confirmé une étude expérimentale réalisée en 2018 par Luigi Gallarschelli et Matteo Borrini selon la technique BPA (Bloodstains Pattern Analysis) en faisant couler du sang sur le corps d'un volontaire et sur un mannequin a démontré l'improbabilité de la position des différentes traces de sang du suaire. Elle montre que les tâches de sang n’ont pu être laissées que par un homme en position horizontale. Cette étude a suscité la perplexité des sindonologues qui essayèrent de l’invalider sans la tester. Elle permet d’expliquer pourquoi les cheveux semblent tomber droit, comme pour un homme se tenant debout et non couché.. L’expérience sera réalisée à plusieurs reprises avec assez de succès par Vittorio Pesce Delfino, Joe Nickell, Henri Broch, Luigi Garlaschell et Jacques Di Costanzo. Une telle méthode rend compte de certaines propriétés de «négatifs photographiques» du suaire et de la nature tridimensionnelle de l’image. Ainsi d’ailleurs que des erreurs anatomiques – doigts démesurément long, bras gauche plus court que le droit, etc.-, qui apparentent le suaire à l’iconographie byzantine et gothique. D’ailleurs le suaire suit, les représentations graphiques gothiques de la crucifixion, clous dans les paumes (à la base de celles-ci) et dans les pieds, et les traces de la flagellation sur le corps ressemblent beaucoup à celle des flagellants du XIVe siècle. Le suaire suit aussi les Mystères de la Passion du XIIIe siècle, où maint acteurs ont faillit périr dans un jeu trop réaliste. Son état de conservation a accentué son aspect fantomatique qui favorise toutes les rêveries, ce qui s'explique très bien : presque toutes les toiles médiévales peintes a tempera ont été détruites suite à leur dégradation rapide et le suaire n'aurait pas survécu s'il n'avait pas été considéré comme une relique, d'autant plus qu'il avait été gravement endommagé par l'incendie de 1532 dans la Sainte-Chapelle. Cela n’empêche pas les sindonologues plus «scientifiques», dont Giulio Fanti est le leader, à rechercher les hypothèses les plus imaginatives pour expliquer la formation de l'image du Suaire et qui se sont répandues ces dernières années comme le tremblement de terre, le bombardement de proton, ou l’irradiation par laser, ces hypothèses ont toutes été invalidées par la science dure (Odile Celier, Le Signe du linceul, le saint suaire de Turin de la relique à l'image, Cerf, 1992, «Trois Christs» : Unis par la Passion, 26 octobre 2010, dans https://www.actuabd.com/Trois-Christs-Unis-par-la-Passion, Gian Marco Rinaldi, Datazioni alternative della Sindone: la controreplica di Gian Marco Rinaldi, 16 avril 2013, dans https://www.queryonline.it/2013/04/16/datazioni-alternative-della-sindone-la-controreplica-di-gian-marco-rinaldi/, Raphaël Zbinden, Le juif qui défend l'authenticité du Saint-Suaire, 27 avril 2015, dans https://www.cath.ch/newsf/le-juif-qui-defend-lauthenticite-du-saint-suaire/, Andrea Nicolotti, Sindone : Storia e leggende di una reliquia controversa, Eanudi, 2015, Philippe Delorme, Les théories folles de l'Histoire, Presses de la Cité, 2016, Antonio Lombatti, The Shroud Is Just Another Hoax Forged During the Middle Ages, août 2017, dans https://www.bibleinterp.com/articles/2017/08/lom418014.shtml, Le Saint-Suaire de Lirey : l’histoire d’une vaste supercherie, 14 janvier 2018, dans https://abonne.lest-eclair.fr/art/53788/article/2018-01-14/le-suaire-l-histoire-d-une-vaste-supercherie, et Luigi Garlaschelli, Perché la sindone è un falso, 11 septembre 2018, dans https://ilbolive.unipd.it/it/news/perche-sindone-falso).

 

On aurait pu espérer la fin de cette folie autour d’un faux médiéval après qu’en 2011 Timothy Jull qui a conservé un petit échantillon du suaire prélevé en 1988 qui n’a pas été détruit, corrobora la datation au carbone 14 réalisée en 1988 par trois laboratoires à Tucson, Oxford et Zürich (Frédéric de Monicault, Le Suaire de Turin date bien du Moyen Âge, L’Histoire mensuel 771, avril 2011). Pourtant, cela n’a pas suffit. Dans l'intervalle, l'accès au Suaire est interdit aux chercheurs depuis des décennies : il est même interdit de travailler sur des photographies haute définition, une situation franchement inacceptable, qui permet aux sindonologues de mettre en avant tous leurs délires. Dans les discours officiels, l'Église fait preuve d'une certaine prudence, mais dans la pratique (livres, télévision, catéchèse, conférences) elle privilégie la propagande sur l'authenticité et décourage le contraire. Cela crée beaucoup d'ambiguïté (Andrea Nicolotti, Sindone : Storia e leggende di una reliquia controversa, Eanudi, 2015). Pourquoi ? Rien de noble dans tout cela, puisque la relique attire des pèlerins et forcément leur argent. 2 millions d’entre eux étaient venus en 2015, et on peut comprendre que l'archevêque de Turin Cesare Nosiglia a tant tenu à assurer l’avenir de ce faux médiéval en utilisant une ostension à la télévision et sur les réseaux sociaux pendant l’épidémie du Covid-19.

 

Alors pour ceux qui essayent de me convaincre sur l’authenticité du suaire, je considère la sindonologie comme une pseudoscience – de la même manière que l'ufologie, le spiritisme ou l'astrologie - qui offre continuellement des annonces extraordinaires et de grandes découvertes présumées, mais jamais trouvées sur l'objet qui malheureusement ne peut plus être examiné.

 

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Publié le 4 Avril 2020

Consuelo Velez en Colombie dans son article «Combien de temps pouvons-nous communier sacramentellement ?» dans religiondigital.org ce samedi (https://www.religiondigital.org/fe_y_vida/podremos-comulgar-sacramentalmente_7_2219248078.html), montre le problème d’une Église centrée sur les clercs puisqu’ils peuvent célébrer l'Eucharistie quotidiennement grâce à la télévision et aux réseaux sociaux, mais les laïcs ne peuvent suivre que les transmissions.

 

D’après elle, si cela devait se poursuivre indéfiniment, l'église domestique ne pourrait-elle pas célébrer la vraie Eucharistie, sous la présidence d'une personne ? Ne serait-il pas temps d'exercer le sacerdoce baptismal ? Ne pourrions-nous pas retrouver cette expérience des premières communautés chrétiennes que le livre des Actes nous raconte sur la rupture du pain dans les maisons avec joie et simplicité (2, 44-46) ?

 

Ces réflexions lui rappellent les nombreuses discussions qui ont eu lieu concernant le Synode amazonien sur l'autorisation du sacerdoce pour les hommes mariés et sur le diaconat pour les femmes. Tant d'arguments théologiques, pastoraux et sociaux ont été proposés pour rejeter tout changement. Elle croit sincèrement qu'il faut mettre la liturgie et toute l'expérience ecclésiale au service de la vie pour être beaucoup plus libre comme l'était la première communauté chrétienne dans ses conditions concrètes.

 

Consuelo Velez conclue qu’«En d'autres termes, nous avons devant nous l'opportunité de «vivre la foi» et de «célébrer la vie» au sein de l'église domestique.» Il faut dire que la Colombie s’apprête à fêter une Semaine sainte pas comme les autres dans un contexte de pandémie de Covid-19, qui a obligé les autorités à mettre en place un confinement obligatoire. On comptait pour l’heure dans ce pays sud-américain 1161 cas de coronavirus, dont 19 morts.

 

Et on se demande si l’église domestique n’est pas une bonne solution, au vu que l’Église catholique de Colombie doit faire le ménage chez elle comme le montre 20minutes.fr (https://www.20minutes.fr/monde/2754563-20200404-colombie-eglise-catholique-suspend-15-pretres-agression-sexuelle). Elle a suspendu 15 prêtres faisant l’objet d’une plainte pour agression sexuelle déposée par un homme colombien, majeur, a annoncé vendredi Carlos Villabon, porte-parole de l’Archidiocèse de Villavicencio. La décision a été prise «à titre de mesure conservatoire (…), car ils font l’objet d’une enquête préliminaire».

 

Mais est-ce si stupide de faire une église dans sa maison, pas pour le cardinal Farrell qui a appelé les catholiques à redécouvrir la beauté de leurs foyers en cette période de confinement. Dans un message paru ce 21 mars, le préfet du dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie a évoqué la famille comme une manifestation du mystère de l’Église «comme corps du Christ» (https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2020-03/cardinal-farrell-redecouvrir-la-richesse-de-nos-eglises-domesti.html).  Et sur RCF ce samedi, Mgr de Kerimel invite les catholiques à vivre la Semaine Sainte au sein de nos «Églises domestiques» et rappelle que Dieu n’est pas, lui, en confinement (https://rcf.fr/spiritualite/vie-de-l-eglise/une-semaine-sainte-en-famille).

 

Dans ses homélies, l’évêque de Constantinople, Jean Chrysostome, exhortait ses fidèles à vivre en chrétiens, non pas seulement une ou deux fois par semaine, mais dans leur vie quotidienne. Il leur disait : «En revenant à la maison, préparons une double table : une pour les aliments, l’autre pour la lecture de la parole de Dieu». Il insistait sur la nécessité, dans cette «petite église», de préserver la concorde entre ses membres, de pratiquer l’accueil et l’hospitalité avec les plus pauvres et les étrangers (https://www.vaticannews.va/fr/afrique/news/2020-03/afrique-rencontrer-le-seigneur-dans-le-confinement.html). Et dans ce confinement, le défi est d’être créatif.

 

Mais doit-on se contenter comme le montre katolische.de (https://www.katholisch.de/artikel/25071-liturgie-in-corona-zeiten-gottesdienste-in-den-eigenen-vier-waenden) de psaume de louange puis de demander pardon, ou encore de lire l'Évangile du dimanche et de faire une prière, et enfin de confier à la protection de Marie notre famille et toutes les familles que nous connaissons. Mais, il manque l’essentiel qui est l’eucharistie, la communion spirituelle ne pourra jamais la remplacer.

 

Pourtant Jésus n’a-t-il pas dit : «Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux» (Matthieu 18,20). N’a-t-on pas limité les fonctions de cette Église domestique à travers les prières, la transmission de la foi et le commentaire de la parole de Dieu. Comme le montre Enrico Norelli dans La naissance du christianisme en 2015, le mouvement de Jésus prenait ses repas dans des maisons, où il rendait présent et de façon limitée le banquet du Royaume de Dieu, et c’est dans les maisons qu’on a dû continuer à célébrer l’eucharistie après la mort et la résurrection de Jésus. Donc, rien n’interdit de faire l’eucharistie dans une maison et sans prêtre.

On peut se demander pourquoi l’Église domestique ne peut pas célébrer l’eucharistie, sous la présidence d’une personne en son sein ? Une nouvelle fois, le cléricalisme a fait beaucoup de dégâts en centrant sur la personne exclusive du clerc l’eucharistie. 

 

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Publié le 28 Mars 2020

Voir les images du pape François faire un urbi et orbi exceptionnel sous la pluie dans une place Saint-Pierre vide nous montre à quel point les dégâts du Covid-19 sont immenses dans nos modes de vie et nous montre que nous devons réviser ce que nous pensions alors acquis.

 

Qu’avons-nous vus alors ? Des gouvernements responsables pensant à la vie des populations ? Non, ils ont d’abord pensé à sauver l’économie, plutôt que d’aider à endiguer le mal, temporisant jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de fermer les yeux. Les pays qu’on croyait moins fragiles que la Chine face au Covid-19 comme la France, les États-Unis, l’Italie et l’Espagne en sont les principales victimes. Tant d’années à déconstruite un modèle social fiable et un système de santé sûr, pour le profit de quelques actionnaires, n’assurent pas la réussite des pays, ni leur ascenseur social. Ils les conduisent à la catastrophe. Nous n’avons pas pensé aux «médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant et tant d’autres qui ont compris que personne ne se sauve tout seul.»

 

Et comme l’a dit le pape : "nous nous trouvons tous dans le même bateau, fragiles et désorientés. Nous sommes appelés à ramer ensemble et à nous réconforter mutuellement." Nous n’aurions pas eu à ramer, si nous avions fait comme en Corée du Sud, où les masques et tests de dépistages sont pour tous, et le traçage des malades est consenti, permettant ainsi d’isoler les sujets à risque. Et l'activité de production qui n'est pas indispensable à l'approvisionnement en biens essentiels de la population peut s’arrêter comme en Italie face au risque de contagion.

 

Nous aurions dû également penser à être avant sur le même bateau. Un bateau qui tanguait et qui prenait l’eau depuis la crise de 2008. Et comme l’a dit le pape : «Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade.»

 

Il faut donc «trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité.» Nous vivons un moment historique, où il faut faire de nouveaux choix, et nous devons nous rendre compte que l’amour et le service comptent avant tout pour s’en sortir.

 

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Publié le 17 Février 2020

Comme le montre Bible Project dans une vidéo sur You Tube (https://www.youtube.com/watch?v=XIb_dCIxzr0), Jésus dans l’évangile de Luc, lance sa mission dans la synagogue de Nazareth, il prêche que la bonne nouvelle est pour les pauvres, la libération des prisonniers, une vue nouvelle pour les aveugles et la libération pour les opprimés (Luc 5,18, et Isaïe 61,11). Pour les pauvres, le terme hébreu, ‘ani’, qui parle aussi des catégories sociales les plus basses au faible niveau culturel à l’époque (personnes handicapées, femmes, enfants et personnes âgées), et également des étrangers ou des personnes exclues dont les mauvais choix les ont mis en dehors des cercles religieux acceptables. Tandis que le mot grec ‘aphesis’ utilisé pour désigner la libération, il se réfère à l’année des jubilées (voir Lévitique 25), où tous les esclaves seront libérés, et les dettes annulées, lorsque les terres qui sont vendues sont retournées aux familles. Et Jésus montre en acte que cette bonne nouvelle est particulièrement pour les pauvres, en soignant les malades et en accueillant les personnes exclues.

 

Si l’on suit John Dominic Crossan dans The Historical Jesus, en 1991, l’étude du contexte historique suggère que Jésus fut une figure de la résistance des petits paysans galiléens face aux opulentes villes de Sepphoris et Tibériade, dont le récent essor avait profondément bouleversé les pratiques agricoles traditionnelles. L’urbanisation de la Galilée aurait eu des conséquences néfastes pour les paysans fragilisés par le développement de la monoculture, seule capable de répondre aux besoins des citadins. La disparition des fermes autosuffisantes consacrées à la polyculture aurait ainsi aggravé le sort des campagnards exploités. Jésus se fit le promoteur d’un égalitarisme social qui le conduisit irrémédiablement à entrer en conflit avec l’aristocratie cléricale de Jérusalem et la domination romaine. Ce que mettait en avant Jésus c’était une inversion des valeurs mondaines, car le Royaume n’invite pas les forts, les riches et les performants, mais les femmes, les enfants, les malades, les pauvres, les humiliés, les étrangers et les exclus de toute sorte.

 

Comme l’explique Hans Kung dans LePoint.fr (https://www.lepoint.fr/culture/hans-kung-et-la-poutinisation-de-l-eglise-27-09-2012-1696130_3.php) cette idée de départ a été trahie et l’Église est devenue une monarchie parmi d’autres ne cherchant plus à être le Royaume de Dieu libérateur : «L'Église du Nouveau Testament était plus proche d'une démocratie que d'une monarchie. Les apôtres ne se voulaient pas les seigneurs des communautés originelles, mais leurs serviteurs. Rome a certes eu très tôt des prétentions à la souveraineté, avec une grande différence entre le système occidental et celui d'Orient, dans lequel des structures plus originelles sont conservées. Mais c'est seulement au XIe siècle que s'imposent vraiment les caractéristiques du système romain : centralisation avec le papalisme absolutiste ; juridisme à travers une Église de droit; politisation avec une domination qui s'étend au monde entier; militarisation comme en témoignent les croisades; et cléricalisation avec une Église d'hommes célibataires à la suite de l'interdiction du mariage pour tous les prêtres.»

 

Et comme il le signalait dans letemps.ch (https://www.letemps.ch/culture/religion-hans-kung), la crise de l’Église actuelle est due «Essentiellement l'absolutisme pontifical. Avec Jean Paul II, il a atteint une ampleur jamais égalée. Il s'ensuit un blocage de toute réforme. L'Église entière paie aujourd'hui le prix de cette attitude rigoriste, qui a commencé en 1968 avec la publication de l'encyclique Humanae vitae de Paul VI. Le problème de l'Église catholique romaine vient du fait qu'elle évolue toujours selon un paradigme médiéval apparu au XIe siècle.» Il disait alors que «L'essence du christianisme n'est en aucun cas un système dogmatique ou moral, mais une personne, Jésus-Christ. Il s'agit de revenir à Jésus-Christ et de se demander ce qu'il ferait aujourd'hui parmi nous. Suivre le Christ, c'est s'engager pour Dieu et pour les hommes, et non obéir à des lois.» Car, «Il nous invite à vivre pour les autres, à partager, à pardonner, et parfois à renoncer à ses propres droits.»

 

Et comment pourrait être le Royaume de Dieu ? L’historien Jean Delumeau mort 2020, le lundi 13 janvier, à l’âge de 96 ans, qui s’écartait sensiblement de la "ligne officielle" de l’Église catholique, disait en 2015 dans le livre, un Avenir de Dieu que «Le paradis ce seront les autres, dans la lumière et la proximité de Dieu, dans une affection réciproque qui aura effacé toutes les incompréhensions et hostilités d’ici-bas». Il était ainsi "révolté de l’infériorité dans laquelle les femmes sont tenues" et il jugeait que le célibat des prêtres n’avait rien de "naturel". Le croyant gardait pourtant confiance. "Il y a encore suffisamment de forces vives dans le catholicisme pour que la barque soit redressée", disait-il en 2015. Dans le texte qu’il a préparé pour ses obsèques, il écrit : "Sur ta parole, Seigneur, je crois que je revivrai avec tous les miens et avec la multitude de ceux pour qui tu as donné ta vie. Alors, la terre sera rénovée et réhabilitée et il n’y aura plus ni mort, ni peur, ni larmes", révèle La Croix. Une belle définition du paradis (https://www.la-croix.com/Culture/Jean-Delumeau-historien-lenfer-paradis-mort-2020-01-13-1201071442, et https://www.ouest-france.fr/culture/l-historien-rennais-jean-delumeau-est-mort-6687765).

 

Si on suit Jésus, l’Église doit alors se faire comprendre de son temps, se rapprocher des autres confessions chrétiennes et dialoguer avec les grandes religions du Livre, s'ouvrir aux inquiétudes mais aussi aux accomplissements des hommes et des femmes d'aujourd'hui. En gros, le christianisme de demain devra retrouver la signification vive du message évangélique et accepter le chemin de la sécularisation, et l’Église devrait ainsi éviter un christianisme épuré et minoritaire, quelque peu élitiste. En gros, comme l’avançait Marcus Borg dans son livre The Heart of Christianity : Rediscovering a Life of Faith en 2015, parler du royaume de Dieu ne signifie pas se battre contre le sécularisme, mais qu’on consacre sa vie aux valeurs divines de justice et d'amour. Et vivre la vraie voie chrétienne consiste essentiellement à ouvrir son cœur à Dieu et aux autres.

 

Et comme le signale Catherine Upchurch l’éditrice générale de Little Rock Catholic Study Bible dans arkansas-catholic.org (https://www.arkansas-catholic.org/news/article/6380/The-Kingdom-of-God-is-now-and-not-yet) : «Le royaume de Dieu est maintenant et ce n'est pas encore le cas.» On ne peut qu’en convenir, car le Royaume de Dieu ne viendra pas avec des évêques qui comme en Espagne s'opposent à ce qu'ils appellent «l'idéologie de genre» - qui n'existe pas vraiment, mais qui est une de leurs inventions -, au mariage pour tous, aux couples LGBTI, au divorce, à l’avortement, aux affaires prénuptiales, à la pilule du lendemain, aux droits sexuels et reproductifs des femmes, à l'euthanasie, etc. (https://www.religiondigital.org/el_blog_de_juan_jose_tamayo/Salvar-privilegios-Iglesia-catolica_7_2204549529.html), de prêtre comme Richard Bucci de Rhode Island, aux États-Unis, qui lance le 9 janvier 2020 à la chaîne de télévision locale WJAR qu’à la différence de l’in­ter­rup­tion volontaire de grossesse, «la pédophilie ne tue personne» (https://www.ulyces.co/news/ce-pretre-americain-prefere-la-pedophilie-a-lavortement-car-ca-ne-tue-personne/), ou encore de l’archevêque de Paris trop occupé à défendre Humanae vitae (https://www.liberation.fr/france/2020/01/27/l-eglise-l-archeveque-et-le-coitus-interruptus_1775535).

 

Celui-ci ne viendra pas non plus des nouveaux mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles qui perpétuent le cléricalisme et la vision monarchique de la papauté, mais des laïcs (hommes et femmes) qui veulent une Église en sortie.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

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Publié le 12 Janvier 2020

José Manuel Vidal dans son article du dimanche 12 janvier 2020 sur religiondigital.org nous montre que dans la catéchèse de l'Angélus, après la célébration du rite du baptême de 32 enfants dans la chapelle Sixtine, le pape François dénonce, une fois de plus, le prosélytisme malsain, car "la communauté chrétienne est appelée à se rencontrer, en proposant toujours et non imposant." Il a également invité les chrétiens à "ne pas se pavaner" pour être des disciples du Seigneur et leur a demandé de demander, d'être conscient et de célébrer la date de leur baptême.

 

Mais quels disciples seront nous ? Car il sera difficile de transformer l’Église comme un ‘hôpital de campagne’ qui accueille tout le monde quand on voit certaines nominations au Vatican. Fréderic Martel dans compte twitter (@martelf) met en avant le samedi 11 janvier : «Le nouveau nonce à Paris, Celestino Migliore, fait-il partie de la paroisse ? En tout cas, il succède à un homo, est connu pour avoir été l'assistant de cardinaux homos et fut redoutablement homophobe comme nonce aux nations unies (il s’y opposa à la dépénalisation de l’homosexualité) La Conférence des évêques de France se réjouit de cette nomination, mais doit-on le faire aussi ? Le doute est permis.

 

Et il montre également le samedi 4 janvier que «Quand l'Église espagnole fait son coming out – et s'engage en politique contre la gauche. En révélant sa pente droitière, ou ultra-droitière, les masques tombent !» Et le signale le mercredi 1er janvier José Manuel Vidal dans religiondigital.org, il y a un mantra qui se répète parmi les dirigeants de l'aile la plus conservatrice de l'épiscopat espagnol : "L'Espagne est en danger". Pour le chômage, pour les inégalités, pour les attaques contre les femmes, pour l'écocide ? Non, non. Pour ces mitrés, l'Espagne est en danger de mort à cause du nouveau gouvernement progressiste, que les parlementaires espagnols viennent de voter. Á ce chœur de prélats craintifs pour l'avenir du pays, le chef de rang du secteur conservateur de l'épiscopat, l'archevêque d'Oviedo, Jesus Sanz, qui, dans ses réseaux sociaux, vient de demander à la Vierge de Covadonga d'aider à «sauver l'Espagne».

 

La réaction de la Conférence épiscopale espagnole (CEE) n’a pas été meilleure puisqu’elle ressent une «agitation» face à la formation d'un gouvernement de coalition entre le Parti socialiste (PSOE) et Unidos Podemos. Ils considèrent qu'un «avenir incertain» s'ouvre auquel il faut être «très alerte» et demande «de prier pour l'Espagne», du fait que la matière religieuse sera facultative pour les étudiants, sans qu'une matière alternative ou une note ne soit calculable à des fins académiques. De plus, Pedro Sánchez a annoncé le samedi 4 janvier, que lors de la première séance d'investiture, que l'immatriculation que l'Église a faite irrégulièrement sera révisée. Mais la CEE demande avant tout un  que l'esprit de la transition, du dialogue, de la confiance mutuelle, et de la réconciliation soit mis en avant (https://www.lavanguardia.com/politica/20200104/472692146589/conferencia-episcopal-muy-alerta-orar-por-espana-investidura-sanchez.html).

 

La rencontre, la proposition n’est pas là, les milieux conservateurs de l’Église espagnole cherchent à imposer leurs vues et manipulent les saints et les fidèles à leurs fins pour garder leur privilèges en faisant croire que mettre le gouvernement PSOE et Podemos serait l’apocalypse. Le pape nous a donc invité à "ne pas se pavaner" pour être des disciples du Seigneur, alors ne suivons pas leur exemple tout sauf louable.

 

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Publié le 31 Décembre 2019

Une nouvelle année arrive, et si nous suivions ce que souhaite le pape François pour l’Église, c’est-à-dire qu’elle change comme il l’a fait savoir lors de ses vœux à la curie le 21 décembre et lors de la messe de Noël 2019.

 

Les exemples à suivre peuvent être ceux de ces prêtres qui ont vécu Vatican II, dans l’ouvrage de Nicolas de Brémond d’Ars, Catholiques, rouvrez la fenêtre. Mémoires de prêtres qui ont vécu Vatican II publié le 24 octobre 2019, où ils ont vécu le concile comme une libération du carcan qui les enfermait dans une Église catholique figée dans ses certitudes. Une période de changement rapidement fermée dans les années 1980, permettant les dérives et une exacerbation du pouvoir clérical autour de mouvements déviants. Pour eux, il est temps que les catholiques rouvrent la fenêtre car ‘Il faut être prêt à vivre dans un monde qui change, sans regret, dans la confiance. Un changement, c’est un appel à vivre autrement, sans résignation et sans angoisse’.

 

Ou bien René Poujol, qui raconte son analyse sur la crise actuelle de l’Église dans Catholique en liberté, publié le 24 octobre 2019. Dans celui-ci, il interpelle sa hiérarchie sur ses dérives centralisatrices, cléricales et dogmatiques, ses amis catholiques sur leurs travers moralisateurs et intransigeants, et ses concitoyens sur les dérives d'une société qui, au nom d'une laïcité dévoyée, refuse d'entendre la sagesse des grandes traditions religieuses. Il plaide pour le pluralisme et la liberté des enfants de Dieu.

 

Ou encore la plate-forme espagnole ‘Théologie pour une Église en sortie’, qui a débuté le 19 décembre 2019 sur Religion Digital, pour être un espace de réflexion pour ceux qui «pagayent avec le pape», et dont plus de 30 théologiens ont déjà rejoint l'initiative et leurs contributions apparaîtront chaque semaine dans RD. La plateforme est toujours ouverte à de nouvelles incorporations. Ses Seules exigences sont d’être théologien et de parier sur Vatican II et les réformes du pape François. Elle doit est d'offrir une réflexion qui guide et crédible aux chrétiens, aux fidèles des autres religions et aux non-croyants de toute religion.

 

Ou enfin, Anne-Marie Pelletier qui dans L'Église des femmes avec des hommes publié le 5 septembre 2019 fait le constat d’une Église où les  stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d’hommes – des clercs en l’occurrence. La prise en compte des femmes questionne donc à frais nouveaux l’identité de l’Église, l’économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Il est temps de mettre en avant le «temps des femmes» qui cherche à advenir et peut apporter du renouvellement dans l’intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l’imaginaire en monde chrétien.

 

Ce souhait de réformes a été bien mis en avant par le cardinal Carlo Maria Martini sous la formule : «L’Église a besoin de constantes réformes». Et selon lui cette «force réformatrice doit naître à l’intérieur de l’Église.» L’Église doit donc renoncer à son attitude défensive et rechercher des idées nouvelles. Et si comme le cardinal Martini, nous choisissions «une Église qui suive la voie de la pauvreté, de l’humilité, libre à l’égard des pouvoirs de ce monde.» Et elle doit donc pour cela «ouvrir un espace aux personnes capables de penser avec ouverture, encourager «surtout ceux qui sentent petits et pêcheurs». En gros, une «Église jeune» qui nous permet de rêver.

 

Un souci de réforme tout autant partagé par Laurent Grzybowski et Anne Guillard dans Une autre Église est possible, publié le 22 novembre 2019, qui veulent une Église moins dogmatique et plus incarnée, moins moralisatrice et plus joyeuse, moins infantilisante et plus égalitaire. Il faut donc réfléchir à  l'exercice du pouvoir, le partage des responsabilités entre clercs et laïcs, la formation des prêtres et des fidèles, l'accès des femmes aux ministères, la place des plus pauvres dans les communautés paroissiales ou encore la qualité des liturgies. Ils veulent diffuser un message d'espoir : "Oui, une autre Église est possible !"

 

Une autre Église est possible, mais elle ne le sera pas avec ces jeunes prêtres chanteurs, ou porteurs de soutanes aimant les titres de «Don», et trop centrés sur la morale, qui perpétueront le cléricalisme responsable de tous les abus de pouvoirs et sexuels que nous connaissons actuellement. Il est grand temps que les laïcs que nous sommes mènent un travail d’égal à égal avec les évêques pour être au cœur de la réforme de l’Église.

 

Merci et bonne année à tous !

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Publié le 15 Décembre 2019

Le père James Martin dans sa page Twitter (@ JamesMartinSJ) nous parle de l’Évangile de ce jour : «Aujourd'hui, Jean-Baptiste envoie ses disciples demander à Jésus s'il est le Messie (Mt 11).  Remarquez la réponse de Jésus.  Il ne dit pas : "Oui, je le suis."  Il dit ce qui se fait : "Les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont nettoyés, les sourds entendent, les morts ressuscitent... et les pauvres ont la bonne nouvelle qui leur est proclamée." C'est un rappel que les actions parlent plus fort que les mots. Ou, comme l'a dit saint Ignace Loyola," L'amour doit se manifester plus dans les actes que dans les mots. " Dimanche, réjouis-toi de ce que Dieu a fait dans ta vie !»

 

Mais les actes visibles sont-ils là au sein de l’Église ? Car le pape François a fait un rappel lors de l’Angélus de ce dimanche 'Gaudete' (heureux), le pape François, après avoir béni les enfants Jésus de la place, se souvient que "l'Avent est un temps de grâce", pour "nous préparer à accueillir non pas un personnage de conte de fées, mais Dieu qui nous défie ", car "l'Enfant qui se trouve dans la crèche a le visage de nos frères les plus nécessiteux, des pauvres qui «sont les privilégiés de ce mystère et, souvent, les plus capables de reconnaître la présence de Dieu au milieu de nous»".

 

Et des actes d’amour ont eu lieu en cette période de l’avent comme nous le montre brut.media avec le World's Big Sleep Out (https://www.brut.media/fr/international/world-s-big-sleep-out-ils-dorment-dehors-en-solidarite-avec-les-sdf-8a038062-d76e-416e-a144-100ea3d11b31), puisque 50 000 personnes dans plus de 50 villes ont dormi le 7 décembre 2019 dans la rue en solidarité avec les sans-abri pour leur montrer qu'ils ne sont pas invisibles et aussi sensibiliser l'opinion publique concernant la situation des sans-abris, mais aussi des réfugiés. De plus, des célébrités, dont  Will Smith, ont rejoint le mouvement et ont lu des histoires en signe de solidarité.

 

À la tête de l’opération, Josh Littlejohn, a ouvert en 2012 une sandwicherie appelée Social Bite. Selon Josh Littlejohn, l’idée à la base n’avait rien à voir avec la situation des sans-abris, mais “un jour, un jeune homme de 19 ans, sans-abri, (…) a pris son courage à deux mains et nous a demandé s’il pouvait travailler ici”, raconte-t-il. C’est ainsi que tout a commencé. À partir de ce moment-là, Josh Littlejohn a décidé d’offrir de la nourriture gratuite, des boissons chaudes, ainsi que du travail aux sans-abris. En 2016, la première nuit dehors a eu lieu en 2016, où 270 entrepreneurs ont dormi dans un parc à Edimbourg.

 

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Publié le 9 Décembre 2019

J’ai appris que lors de la messe du dimanche 8 décembre 2019 dans Le Jour du Seigneur, c’est un prêtre de la Communauté Saint-Martin, Don Pascal Boulic, chapelain des sanctuaires de Lourdes, qui a fait l’homélie. J’ai donc regardé celle-ci sur internet ce lundi, et on se demande si la réforme de l’Église aura lieu avec un tel sermon. Appel à la conversion, critique du mercantilisme festif à l’approche de Noël, tout en se servant de la lecture de l’évangile hors de son contexte pour imposer son point de vue, au lieu de mettre l’avent comme un jour joyeux préparant à la naissance de Jésus, un moment subversif, car c’était un opposant aux Hérodiens et aux Romains qui voyait le jour, il donne l’exemple d’un ami qui a choisi de se sacrifier pour ses amis 2 semaines avant sa mort, afin de parler de l’offrande, une vie offerte avec le Christ qui porte du fruit, un discours digne de ce mouvement qui veut qu’on soit heureux en donnant sa vie à Dieu.

 

Consternant, car on pouvait s’attendre à telle homélie dite sur un ton moralisant qui est typique de la Communauté Saint-Martin, ce groupe de jeunes prêtres portant la soutane, affectionnent la liturgie grégorienne en latin – célébrée selon le missel de Paul VI – et qui se donnent entre eux du «Don», au lieu de «Père», tout sauf modernes dans leur pensée. On les prend pour palier la crise du sacerdoce, mais à long terme ils ne seront pas la solution, car on ne fait toujours pas confiance aux fidèles pour le culte, qui eux pourraient palier durablement le manque de prêtres, au lieu de jeunes prêtres conservateurs qui ne feront rien pour mettre fin au cléricalisme.

 

Dans ma paroisse, je peux déjà voir les dégâts du Renouveau Charismatique tentant de mettre en avant des techniques empruntées au néo-pentecôtisme et au protestantisme évangélique, avec l’appel à venir aux prières de guérison qui ont montré leur peu d’efficacité puisqu’une étude montre que la pratique de la prière augmenterait de 14% les complications après un infarctus chez ceux qui ont été informés que l'on prie pour eux (https://www.e-sante.fr/prier-pour-guerison-proche-est-ce-dangereux/actualite/1208), leur propre groupe de prière qu’on appelle du Renouveau, leurs propres chants que personne ne connaît, insistant pour qu’on aille dans le Parcours Alpha qui derrière l’invitation à celui-ci se cache le but de convertir les incroyants, les non pratiquants, les chrétiens ayant des doutes, et les personnes n’ayant reçu aucune instruction religieuse, et dernièrement lors de l’homélie de ce dimanche du diacre charismatique, après une critique du consumérisme de Noël, tout en vendant la mèche aux enfants que le père Noël n’existe pas, on mettait en avant le baptême par l’esprit, une pratique pentecôtiste ayant déformé considérablement une parole de Jean-Baptiste.

 

Les intuitions du pape François ne viendront pas du noyautage des paroisses par les nouveaux mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles. Elles viendront de fidèles décidés à en finir avec le cléricalisme, à vivre une foi adulte en utilisant leur raison plutôt qu’une foi aveugle, tout en voulant parler avec le monde plutôt que de le fuir. En finir, avec l’Église forteresse, voilà, ce qu’il nous faut.

 

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