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Publié le 2 Juin 2017

L’anniversaire du mouvement est célébré à Rome du 31 mai au 4 juin. Moments forts de ces célébrations : une veillé de prière samedi soir au Cirque Maxime, en présence du pape et la messe de Pentecôte dimanche matin, Place Saint Pierre. Quelque 30 000 participants, représentant près de 130 pays, seront présent ce week-end, à l’occasion de cet événement organisé par l’ICCRS, -Services internationaux du Renouveau charismatique catholique-, et par la Fraternité catholique, Catholic Fraternity.

 

Mais en 50 ans qu’a donné le RC à l’Église ? Pas grand-chose. Il faut dire que pour les charismatiques, l'action sociale de l'Église doit se cantonner à la charité. Cette religion qui ne touche pas au statut quo, qui ne cherche pas à transformer la société, est très bien vue par la classe dominante et par les politiques traditionnels. Les laissés-pour-compte de la société rejettent cette image de statu quo véhiculée par l'Église et cela explique pourquoi le recrutement du RC se fait dans la jeunesse bourgeoise. Les gourous de ces groupes comme on peut le voir au Brésil ne sont pas parmi les pauvres, mais à la table de l’élite.

 

Derrière une liturgie moderne, rythmée et émotionnelle, ils prônent en réalité des valeurs très conservatrices comme on a pu le voir en France et en Espagne, dans les mouvements contre le mariage gay et l’avortement. Porteur d'une vision plus mystique (notamment dans la dévotion à Marie) et moins politisée de la religion, ils ne peuvent que plaire à la hiérarchie. Les charismatiques s'appuient principalement sur une lecture littérale de la Bible. Certaines de ses pratiques sont calquées sur les méthodes des milieux évangéliques, comme l'animation de messes conçues comme de véritables «shows». Ils utilisent tous les moyens médiatiques entre leurs mains que sont les réseaux sociaux, la télévision, les radios, et le Web pour faire du prosélytisme recentré sur le spirituel, sans démarche sociale et politique.

 

Le résultat n’est pas fameux puisque le RC n'a pas permis d'apporter une solution à la désaffection des catholiques occidentaux quant à la pratique religieuse ni à la crise des vocations chez les prêtres depuis Vatican II. Un choix plus rigoureux doit être fait que celui de cette religion cosmétique prônée par le RC : valoriser la spiritualité plus que la religiosité, plus des communautés ecclésiales faisant vivre leur paroisse que la réduction des paroisses, plus l’option préférentielle pour les pauvres que les messes-show, plus l’enseignement de Jésus que le moralisme.

 

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Publié le 21 Mai 2017

La lecture de l’ouvrage d’Anne Sibley O’Brien et Perry Edmond O’Brien, Après Gandhi : un siècle de résistance non violente aux Éditions Le Sorbier en 2010 m’a fait comprendre qu’un petit groupe d’esprits déterminés animés par une foi inébranlable dans leur mission peut changer le cours de l’histoire comme le disait Gandhi.

 

La résistance non violente convertit la recherche de la vérité, l’amour de l’autre et le refus de faire le mal en une force capable de vaincre même les formes les plus brutales de violence et d’oppression. Elle permet de combattre l’injustice sans renoncer à sa propre humanité. Seul le sacrifice et la détermination peuvent vaincre la haine par l’amour. L’action non violente ne sert pas seulement à vaincre ses adversaires mais surtout à les convaincre.

 

Gandhi professait que lorsqu’une loi était injuste et pernicieuse, toute personne morale avait le devoir de lui résister. On pouvait résister à loi par la non-coopération, en refusant de s’y conformer. On pouvait résister à la loi par la désobéissance civile, en d’autres termes enfreindre la loi afin de la changer.

 

Le cas des trente étudiants du mouvement des Étudiants pour l’action en faveur des aborigènes dirigé par Charles Perkins, faisant face à la foule de Moree en 1965 en Australie me marqua particulièrement. Ils s’étaient rassemblés devant la piscine municipale pour la bloquer parce que les enfants aborigènes ne pouvaient pas y accéder, et ils reçurent des œufs et des fruits pourris, des crachats, de la terre et des gravas, puis vers midi, on leur lança des pierres et des tessons de bouteille, mais ils ne bougèrent pas. Ils décidèrent que personne n’irait nager tant que les enfants aborigènes n’y seraient pas admis.

 

César Chavez fondateur en 1962 de l’Association nationale des travailleurs agricoles en Californie est aussi un exemple à suivre. Il poussa les immigrants mexicains à s’organiser pour contraindre les fermiers à améliorer leurs conditions de vie et il inventa sans cessa de nouvelle stratégies pour ne pas recourir à la violence comme les grèves, les marches, ou les grèves de la faim. Son idéal était noble puisque pour lui : «si nous sommes habités par la haine, nous ne pouvons pas faire notre travail. La haine détruit toute la force et l’énergie dont nous avons besoin pour nous organiser.»

 

Comme le dit Betty Williams, une des fondatrices du Peuple pour la paix en Irlande du Nord avec Mairead Corrigan en 1976, «La non violence est l’arme des forts», mais pas les forts que l'on croit puisque ce sont les victimes de la misère et des guerres. Le refus de son mouvement à recourir à la violence ébranla même ses adversaires les plus farouches. Ce mouvement remplissait des taches d’utilité publique pour s’attaquer aux racines de la violence, car Betty Williams et Mairead Corrigan avaient compris que la misère et l’absence d’opportunités égales étaient d’autres causes de la violence. Elles furent aidées pour rouvrir les usines et nourrir les pauvres.

 

Aujourd’hui, la résistance non violente utilise de nouveaux outils comme les téléphones portables, les réseaux sociaux qui permettent d’échanger des informations. Plus que jamais, on lutte pour le respect des droits de l’homme, pour la défense de l’environnement, pour lancer la résistance contre les multinationales et l’aggravation des inégalités, afin de réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail.

 

Ces mouvements m’inspirent, car ils poussent les gouvernements et les religions à retrouver leur rôle. La non violence permet de livrer un combat sans recourir à la violence qu’elle soit physique et verbale. On ne change pas la société par la force ou un dégagisme qui ne laissera que du vide, mais par le dialogue afin de convaincre plutôt que d’imposer.

 

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Publié le 30 Avril 2017

39 ans dans un pays qui ne sait pas où il va

Nous avons 39 ans aujourd’hui. Dans le champ de ruine que nous a laissé le gouvernement social libéral de François Hollande, nous avons le choix avec la mondialisation heureuse de Macron qui laisse de côté ceux qui en sont les perdants et le populisme de Marine Le Pen qui vend du rêve pour gagner à lui ces perdants de la mondialisation.

 

Nous ne nous y retrouvons pas. Le pape François non plus comme le montre hier sa conférence de presse dans l’avion qui le ramenait en France : «Sur la France, a-t-il répondu, je vous le dis sincèrement : je ne saisis pas bien la politique intérieure française.» Et «Des deux candidats, je ne connais pas l’histoire. Je sais que l’un représente la droite “forte” mais l’autre, je ne sais pas qui il est, alors je ne peux pas donner une opinion.»

 

Il n’est plus le temps de regarder ce qui est mieux pour nous, car le choix est mauvais. Au lieu de proposer la mondialisation heureuse, il faudrait permettre aux travailleurs de faire de l'autogestion ou même de permettre le contrôle de la production par les ouvriers, ainsi ils pourraient maintenir la production industrielle en temps de crise économique grave. Les agriculteurs pourraient créer des unités de production collective et aussi des coopératives afin d'assurer les salaires et les emplois. Dans les quartiers pauvres, il faut stimuler la lutte pour l'amélioration des conditions de logement. Ainsi les travailleurs seront libérés d’une économie de plus en plus centrée autour de la finance. Les capitaux ne bénéficient plus à l’économie réelle aujourd’hui mais au marché.

 

Et la hiérarchie de l’Église dans tout cela est peu audible, car elle aussi est peu motivée dans ce choix politique puisqu’elle doit choisir entre le libéralisme économique et la populisme. Pourtant, Michael Moore dans son film documentaire Capitalism : A Love Story en 2009 nous le montre demander au père Dick Preston, de Flint au Michigan (États-Unis) si le capitalisme est un péché, la réponse de celui-ci est sans ambages : «Oui, pour moi pour beaucoup d’autres à mon époque, le capitalisme est un mal, c’est le contraire de tout ce qui est bon, c’est le contraire du bien commun, c’est contraire à la compassion, ainsi que prône toutes les religions. Le capitalisme, c’est précisément ce que tous les livres saints, le notre en particulier désigne comme injuste et que Dieu viendra éradiquer d’une façon ou d’une autre». Il conclue par «Le capitalisme est mauvais, il devrait être éliminé.»

 

Puis, il va voir le père Peter Dougherty qui lui dit que «c’est immoral, c’est obscène, c’est scandaleux.» Pour lui, «c’est le mal absolu, le mal absolu». Enfin, il va voir l’archevêque Thomas Gumbleton qui n’est pas plus tendre avec le capitalisme : «Le système ne semble pas apporter le bien être à tout le monde, et c’est ce qui le rend par sa nature intrinsèque contraire à la parole de Jésus qui disait : «Heureux vous les pauvres, malheur à vous les riches». C’est dans l’Évangile selon saint Luc.» Puis Michael Moore revient au père Dougherty lui demandant pourquoi nous avons toléré ce système aussi longtemps, sa réponse est très intéressante : «Le système a en son sein, ce qu’on appelle une propagande. J’ai une crainte mêlée de respect pour la propagande, c’est la capacité à convaincre les gens qui sont victimes d’un système de soutenir ce même système et de le considérer comme un bien.»

 

Michael Moore donne une vision du catholicisme qui est aussi la notre : «Quand j’étais petit, je voulais être prêtre, ce n’était pas à cause des jolies robes, des chevaliers de Colomb, ni même des nonnes qui étaient si gentilles avec moi, c’était à cause de ces prêtres qui avaient marché depuis Selma pour manifester contre la guerre, ceux qui vouaient leur vie aux pauvres. Ils m’avaient clairement expliqué ce qu’avait dit Jésus : que les premiers seraient les derniers, et que les derniers seraient les premiers, que les riches auraient beaucoup de mal à entrer au Paradis, qu’on serait jugé sur notre façon de traiter les plus démunis d’entre nous et qu’il n’y avait personne de plus important pour Dieu que les pauvres. Mais depuis, il semble que Jésus a été détourné par de nombreuses personnes qui croient que le Fils de Dieu a été envoyé ici pour faire le Paradis des nantis.»

 

Ne soyons pas naïf, choisir le néolibéralisme économique soutenant l'ouverture du marché des capitaux qui est un facteur de risque, les politiques d'austérité et de privatisations qui mènent à la réduction du rôle de l’État providence et creuse les inégalités pour contrer le populisme qui n’est qu’un capitalisme fermé qui entraîne l’abolition des syndicats, le gel des salaires et la baisse de la masse salariale, la hausse des impôts sur le revenu, la baisse consommation comme dans une économie dérégulée, c’est comme contrer un pistolet avec un couteau.

 

Jésus a annoncé le Royaume de Dieu qui amènera la libération et le bien-être des gens impliquant le jugement de Dieu pour ceux qui opprimaient le peuple. Cette annonce menait à une transformation historique, qui serait qualifié de «révolution» aujourd’hui. L’ordre ancien devait être remplacé par un nouvel ordre social-politique, c'est-à-dire le «royaume de Dieu», et Jésus invitait le peuple à y «entrer». Jésus ne s'adressait pas simplement aux individus mais appelait une réponse sociale collective. Jésus appelait à des communautés renouvelées d'alliance locales conçues dans des termes familiaux non patriarcaux. Ses disciples ont ensuite concentré leurs activités sur la revitalisation de la vie communautaire locale. Ce choix est plus intéressant que celui qu’on nous propose aujourd’hui.

 

Casimiro Alexandre et Raphaël

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Publié le 19 Janvier 2017

Koztoujours sur les réseaux sociaux, Erwan Le Morhedec, avocat de profession et blogueur catholique revendiqué, lors d’une interview sur marianne.net au titre évocateur "L’instrumentalisation identitaire monte en puissance chez les catholiques" le mardi 17 janvier 2017 dont les propos ont été recueillis par Louis Hausalter, parle de la montée du vote identitaire dans l’Église catholique et ses dangers, mais un passage sur les cathos de gauche est beaucoup moins fiable :

 

«La situation que vous décrivez n’est-elle pas aussi liée à la disparition des «cathos de gauche» ?

 

Leur grande perte de visibilité ne fait que renforcer cette démarche identitaire, sur le thème : «Ils ont disparu, c’est bien la preuve que nous avions raison !» Mais ce moment de réaffirmation est aussi un retour de pendule par rapport au discours des catholiques de gauche, qui estimaient que nous n’avions pas à nous afficher comme chrétiens. Comme le sens de la mesure n’est pas toujours ce qu’il y a de mieux partagé, à la tentation de la dilution répond la tentation identitaire»

 

Les catholiques de gauche n’ont pas disparu, on les trouvent dans de nombreuses organisations comme les catholiques de droite, notamment le Secours catholique, CCFD-Terre solidaire, les Semaines Sociales de France, Chrétiens en Forum, l’Action catholique des Milieux Indépendants, l’Action catholique Ouvrière (ACO), la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) et la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine (JOCF), Scouts et guides de France, le Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne, Délégation Catholique pour la Coopération (ACO), Justice & Paix, et Pax Christi. Ils peuvent se trouver également dans le site À la table des chrétiens de gauche, dans le Réseau des Parvis, dans la CCBF, voire dans l’hebdomadaire Témoignage Chrétien ou la revue Golias. Ces mouvements sont toujours des lieux de réflexion et de ressourcement pour des militants engagés dans des organisations professionnelles, politiques ou associatives non confessionnelles.

 

Ensuite, la stratégie de l’enfouissement est de permettre aux chrétiens de témoigner de leur foi par leurs actes. L’action se fait dans le milieu de vie pour transformer la société en profondeur. Si cette stratégie n’a pas marché, c’est qu’elle n’a pas été soutenue par la hiérarchie comme le montre le cas des prêtres ouvriers, ou la théologie de la libération. Les critiques de Jean-Paul II à son encontre n’ont pas aidé non plus. On préféra soutenir les communautés nouvelles et les nouveaux mouvements ecclésiaux à la foi démonstrative mais aux résultats peu probants. Pourtant le synode des évêques qui s’était tenu à Rome entre le 7 et le 28 octobre 2012 sur le thème "La Nouvelle Évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne" a vanté la stratégie de l’enfouissement en disant que «Témoigner de l’Évangile n'est le privilège de personne. Ainsi reconnaissons-nous avec joie la présence de tant d'hommes et de femmes qui par leur vie se font signes de l’Évangile au milieu du monde.»

 

Les cathos de gauche n’ont pas été écoutés, mis de côté par la hiérarchie, et sont donnés mort par la presse et les catholiques identitaires. Pourtant, ils ne sont pas morts et vont très bien. Avant des les enterrer, il faut remarquer qu’ils font à nouveau la une des journaux et le vote Fillon à la primaire de la droite les a sans doute réveillés. Espérons que maintenant, les cathos de gauche puissent porter leur valeur fièrement et enfin montrer que l’Église ne se limite pas aux identitaires obsédés par l’islam et l’immigration, mais que s’y trouvent des hommes solidaires, ouverts, et engagés qui n’ont pas peur du monde dans lequel ils vivent.

 

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Publié le 31 Décembre 2016

Une nouvelle année vient de finir et les mauvaises nouvelles se sont accumulées, mais pas de quoi perdre espoir. Une nouvelle année va commencer, alors faisons de notre mieux pour qu’elle ne ressemble pas à l’année précédente.

 

Nous sur ce blog nous continuerons à suivre notre voie envers et contre tout, menant notre combat face au défaitisme ambiant qui saisit le monde et qui le pousse à aller vers des illusions trompeuses. Nous continuerons à vouloir des fidèles adultes et réfléchis qui puissent mettre leurs idées en application concrète sur le terrain.

 

Il ne faut donc pas attendre les élections présidentielles, pour que les catholiques de base sortent pour rappeler qu’ils sont là aussi pour nourrir les affamés, abreuver les assoiffés, vêtir les personnes nues, accueillir les étrangers et les gens dans le besoin, visiter les malades et les prisonniers. En gros, nous devons croire qu’un autre monde est possible.

 

Oublions ces soit disant «racines chrétiennes» de la France qui permettent de rejeter les étrangers et les musulmans, mais mettons plutôt en œuvre la solidarité et l’attention envers les pauvres, les réfugiés et les migrants. Renonçons à cette Église qui a peur du monde et de l’avenir pour une Église qui n’a pas peur d’être bousculé et qui sache enfin voir les signes des temps.

 

En cette nouvelle année, nous devons nous rappeler que catholique veut dire «universel», et ce mot ne veut pas dire «patriote» ou «nationaliste». Si on est universel, on va vers les autres, on ne les rejette pas. Si on est universel, alors notre pensée ne doit pas être étroite, mais vaste et ouverte.

 

Casimiro Alexandre et Raphaël

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Publié le 4 Octobre 2016

Et si les fidèles se réunissaient en permanence comme le faisait les premiers chrétiens. Le plus important serait les réunions, les discussions et le commentaire communautaire de l'Évangile. Lu et discuté, l'Évangile est aussi un ferment extrêmement corrosif de tout ordre social. Pas besoin de grands discours et encore moins de sermons. L’écoute permet une parole plus libre. On peut aller lentement, en se frayant un passage vers la compréhension du texte. S'y mettre à plusieurs, permet toujours d’arriver à quelque chose. Ici pas besoin de tricher. Rien, ne doit être éludé, ni le pardon des offenses, ni l'amour des ennemis; ainsi l'Évangile peut avoir un autre sens.

Pas besoin d’expressions compliquées, mais un langage simple permettant de mettre en avant un Christ proche de soi et d’avoir sa foi enracinée dans la vie quotidienne. Les messes du dimanche pourraient être l’occasion de commentaires des textes sacrés actualisés par les communautés locales. Ces commentaires faits sur l’Évangile devraient être aussi mis par écrit pour éviter qu’ils disparaissent. Ainsi l’Évangile aurait de nouvelles résonances. L’Évangile annonce le royaume de Dieu, un monde nouveau, juste et sans classes sociales. C’est pour cela que les fidèles doivent le comprendre par le dialogue et l’étude.

Comme le montre John Shelby Spong dans son nouvel ouvrage Biblical Litteralism : A Gentile Heresy qui est sorti le 14 janvier 2016 à travers l’évangile selon Mattieu, la littéralisation des évangiles n’est pas le résultat des auteurs, il est le résultat de la génération venue 150 ans après la naissance de Jésus qui ne connaissait pas la tradition juive et qui ne pouvait pas voir ces connexions. La lecture littérale de la Bible est donc au cœur des siècles de violence, de haine et d'oppression. Les graines de l'antisémitisme, les millénaires d'antisémitisme, sont enracinés, selon Spong, dans le fait que les chrétiens n’arrivaient pas à saisir le contexte juif dans lequel l'Évangile de Matthieu était écrit.

Donc, les fidèles doivent maintenant comme le souhaite Spong à travers une lecture plus fiable de la Bible lutter pour l'âme du christianisme, une âme empoisonnée par un désir de revendiquer la vérité absolue et un littéralisme biblique qui conduit à une religion de punition, de contrôle, de culpabilité et de honte, plutôt que une foi de l' amour et de la compassion et de joie. Cela pourrait amener une vision différente de l’Église condamnant le racisme, prônant l'égalité pour les femmes et l'acceptation croissante des couples LGBT dans un christianisme ouvert et accueillant.

Plus intéressante est la lecture du rabbi Jonathan Sacks dans Not in God's Name : Confronting Religious sorti le 13 octobre 2015, où l’auteur met à nu les erreurs de lecture de la Bible qui ont conduite non seulement aux horreurs de l'antisémitisme et l'Holocauste, mais aussi à des atrocités à travers le monde, toutes blasphématoires - et coupables - au nom de Dieu. Ce qui va nous sauver, écrit Sacks, est une théologie de l'Autre, l'exercice extraordinaire de l'empathie qui permet aux humains d'imaginer comment il doit être avec l'Étranger, la victime, le marginal. Pour Sacks, y aurait-il un impératif plus urgent que de commencer à comprendre la définition de la foi, «l'appel de Dieu pour voir sa trace dans le visage de l'Autre» ? Sacks utilise une déconstruction méthodique qui met en déroute les compréhensions erronées de la Bible, et met en avant celles qui nous poussent avec insistance vers l'espoir, vers une théologie qui permet d'aller en dehors de la haine.

Abandonnons donc les visons littéralistes et ouvrons notre esprit à une lecture ouverte et dégagé des préjugés bâtis au cours des siècles.

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Publié le 2 Octobre 2016

Nous allons voir aujourd’hui le Renouveau Charismatique qui est un mouvement inspiré du Pentecôtisme protestant des années 1950 et se répandit au catholicisme en 1967, lorsque des étudiants et des professeurs de l'Université Duquesne, une école catholique à Pittsburgh, annoncèrent que, eux aussi, avaient été «baptisés dans l'Esprit.» Ensuite dans les années 1970, il est devenu un phénomène mondial qui n’a pas épargné les catholiques qui ont soudainement embrassé les pratiques pentecôtistes comme prier en langues, la guérison divine, et l’abandon du contrôle physique de son corps à l'Esprit Saint. Il faut dire que cette période de fondations et de croissance rapide (de 1967 à 1975 environ) voit aussi la naissance de milliers de groupes de prière locaux en France (la-Croix.com, cruxnow.com).

D’abord prudente devant les pratiques sectaires du groupe, Paul fait ensuite entrer le loup dans la bergerie. «Ce Renouveau spirituel ne serait-il pas une chance pour l'Église et pour le monde ? », lance Paul VI à la Pentecôte 1975, lors du 3e Congrès international du Renouveau Charismatique rassemblant 12 000 personnes à Rome. Ce mot de «chance» sera vu comme une reconnaissance officielle de ce Renouveau, alors encore mal perçu dans l'Église. De 1976 à 1998, ce sera une période de des démarches de reconnaissance de leurs statuts, de passation de pouvoir entre les fondateurs et la génération suivante. Ce «réveil» dans l'Église catholique fait alors émerger divers ministères de guérison (tels ceux du P. Emiliano Tardif, décédé en 1999) et de prédication (Kim Kollins, Raniero Cantalamessa) (la-Croix.com).

Mais la réalité est moins belle comme le montre L’EXPRESS.fr. L’institution inquiétée par la désertification de ses paroisses et la concurrence des sectes a fait confiance à un mouvement qui délivre une foi ultra-émotionnelle, allant de la profusion d'icônes, d'encens, de chants inspirés de la liturgie orientale. On demande l'abdication de l'esprit critique et on adule un «berger» gourou, allant jusqu’à se croire au-dessus des lois. Le Renouveau, pleinement reconnu par Rome, vit en autarcie avec la complaisance des autorités ecclésiales. Les structure financière du mouvement sont aussi très opaques puisque des dizaines de millions sont engloutis dans les luxueuses demeures de session et de retraite. Mais ces communautés nouvelles, sont pour l’Église-institution la chance d’un retour à l’Église préconciliaire, aux modèles puissamment hiérarchiques et autoritaires.

Plus inquiétant encore est ce que nous conte le livre de Christian Terras, CHARISMATIQUES : Une Église dans l'Église (Golias, 2014). Alors que dans les années 1970, des phénomènes exubérants et incontrôlés appelés charismes, étaient le visible du Renouveau Charismatique Catholique, une «institution» à dimension mondiale, qui croit avoir tous les droits dans l'Église, s'est constituée peu à peu. Cette institution nouvelle se veut œuvre de l'Esprit, véritable Église du Saint-Esprit. Le Renouveau charismatique. Le Renouveau Charismatique n'a cessé de faire parler de lui en France depuis quarante ans. Ses extravagances autant que ses scandales et dérive sectaires ont souvent fait la une des médias.

Mais qu'est-ce qui se cache derrière le parler en langue, les guérisons, les soi-disant charismes ? Au fil des ans, en effet, une vaste organisation mondiale l'ICCRS (International Catholic Charismatic Renewal Services) s'est mise en place en 1980, avec son siège au Vatican. Le présent ouvrage nous en fait découvrir les rouages et montre avec précision comment s'est ainsi constituée une Eglise dans l'Eglise, avec un magistère et des institutions autonomes. Cette Église à visée mondialiste avance lentement mais sûrement, particulièrement en France, sous couleur de nouvelle évangélisation, de renouveau de la vie chrétienne.

Comme le montre Christian Terras sur Golias, il a sa propre instance doctrinale qui constitue un véritable magistère autonome, indépendant du magistère de l’Église catholique; elle a ses propres charismes qui se dispensent de toute validation ecclésiale officielle et, contradiction suprême, elle organise des formations aux charismes pour suppléer aux insuffisances du Saint-Esprit et favoriser une unification; elle a encore ses propres ministères validés par des laïcs du Renouveau et tout à fait inconnus dans l’Église catholique officielle.

Il faut ajouter qu’une institution ne se met pas en place sans leaders… pour rester fidèle au jargon utilisé par l’institution charismatique. Des responsables, qui ont une réputation internationale, ont une personnalité reconnue par tous les membres du Renouveau et assurent une unité morale; comme le P. Cantalamessa, Henry Lemay — interdit d’enseignement par les évêques de Suisse romande en 2015, à la suite de contacts pris avec les évêques français —, Jean Pliya, Charles Whitehead, Mgr Santier, Michèle Moran, etc. Tout ce monde a bien sûr la bénédiction du conservateur cardinal Rylko, président du Conseil Pontifical pour les Laïcs (qui l’est toujours actuellement).

Le Renouveau charismatique avec ses atours soit disant modernes a réussi à rendre l’Église dépendante de lui, et l’institution a fermé les yeux sur ses dérives sectaires et ses scandales de pédophilie en ne faisant que modifier l’identité de ces mouvements sans en bannir ce qui pose problème pour faire croire que ce mouvement est dans le droit chemin, comme l’ont montré les évêques français en 2007 bien aveugle sur les dangers d’un tel mouvement. Mais la naïveté n’a qu’un temps puisqu’en 2016 Rome a publié un texte invitant les évêques à mieux évaluer les diverses communautés charismatiques. Mais cela est trop beau, car beaucoup d’évêques venant du mouvement ne feront rien contre lui.

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Publié le 29 Août 2016

Comme l’a montré le chapitre général de Bologne en 2016 dont a parlé la-Croix.fr, les prieurs doivent se pencher sur les défis rencontrés par l’ordre des Dominicains, pour «conjuguer renouvellement et fidélité à sa mission». Depuis son origine, l’ordre a pour vocation la prédication sous toutes ses formes, par la parole et par l’exemple. Dans ce but, il promeut le dialogue, comme on peut le lire sur le site, «entre foi et raison humaine, entre foi et beauté, entre foi et cultures, et entre foi et autres grandes traditions religieuses».

Le site des Dominicains, op.org nous explique l’organisation démocratique de l’Ordre de Prêcheurs qui dans chaque couvent, tous les religieux profès participent à l'élection du prieur. Sa fonction est temporaire (3 ans). Elle ne peut être renouvelée qu'une seule fois immédiatement après un premier terme. À leur tour, tous les quatre ans, les prieurs d'une région (appelée Province) élisent un prieur provincial. Son mandat, également, ne peut être renouvelé immédiatement qu'une seule fois. En outre, il n'est pas élu par les prieurs seuls mais par une assemblée formée aussi de délégués que chaque couvent choisit pour cette occasion. Enfin, ce Chapitre électif, élit lui-même des définiteurs, responsables, avec le nouveau Provincial, d'établir le programme de son mandat et éventuellement de fixer des règles particulières nécessitées par la bonne marche de la Province.

Ensuite les Chapitres Généraux représentatifs de l'Ordre tout entier, ont seuls le pouvoir et la mission d'adapter la législation internationale de l'Ordre. Tous les neuf ans, le Chapitre Général élit un Maître de l'Ordre. Deux Chapitres intermédiaires, de trois en trois ans, répondent aux nécessités permanentes de modifier éventuellement les constitutions dominicaines. Ces Chapitres sont formés tantôt par les provinciaux, tantôt par des définiteurs élus pour cette fonction. L'Ordre apparaît ainsi comme un système parlementaire à plusieurs degrés, qui répond au souci permanent d'offrir à ses membres des garanties démocratiques de fonctionnement.

Les Dominicains racontent volontiers qu’il y a une cinquantaine d'années, le pape Pie XII, jugeant ce système trop démocratique et libéral, aurait souhaité le modifier d'autorité. Il se serait heurté à l'objection. Cela s’explique par le fait que la tradition démocratique et libérale des frères prêcheurs est inséparable d'une tradition de vie fraternelle, de rigueur et d'échanges dans la recherche intellectuelle, de vie intérieure et de souffle évangélique. La liberté dominicaine a ses exigences dont elle est le fruit et la récompense.

Cela nous montre à travers l’élection des prieurs avec un mandat temporaire et les chapitres généraux que l’Église pourrait aussi avoir une évolution suivant parfaitement la collégialité instaurée par Vatican II. Le clergé et les laïcs pourraient participer ou être consultés pour choisir les évêques, on pourrait aussi organiser des conciles pastoraux voire des groupes de réflexions, où les laïcs pourraient s’exprimer largement et qui pourraient servir d’organes consultatifs pour la Conférence des évêques, des commissions centrales pour s’occuper des sujets sensibles, voire même des synodes diocésains où tous les participants (membres du clergé séculier et régulier, laïcs) ont le même droit de parole et de vote, voire même pourront délibérer et décider des affaires de l'Église avec l'évêque. Cela serait plus pratique que de tout décider à Rome.

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Publié le 13 Juillet 2016

Les JMJ auront lieu à Cracovie entre le 26 et le 31 juillet 2016 à Cracovie avec le thème «Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde» (Matthieu 5,7). Un beau thème, mais peut-on vraiment y croire quand cet événement ressemble plus à un concert rock qu’à une réelle expérience de foi. Si les JMJ marchent pourquoi les jeunes ne sont-ils pas plus attirés à devenir chrétien. La réponse est qu’ils ne se retrouvent pas avec les jeunes qui y vont, puisque les jeunes catholiques qui se rendent aux JMJ comme en France adhèrent aux idées de Benoît XVI peu connues pour leur progressisme et votent pour la droite ultralibérale qui ne peut plus se prétendre gaulliste. La gauche progressiste y est minoritaire, alors qu’une grande partie des jeunes votent à gauche comme le montre le mouvement Nuit Debout où les jeunes sont nombreux.

Comme le montrait Reginald Leandre Dumont dans on ouvrage Les prêtres subversif en 2002, la jeunesse provenant des classes laborieuses et moyennes est indifférente au christianisme. La jeunesse qui se montre est surtout bourgeoise. Elle essaye surtout de sauver sa conception de la religion en se jetant éperdument dans les mouvements charismatiques, dans les manifestations où la sensibilité et la sentimentalité sont exacerbé, ce qui donne le change mais rend aveugle aux problèmes et aux souffrances dans le monde.

L’impression que laisse les JMJ sont toujours les mêmes depuis Jean-Paul II puisque c’est toujours la mise en avant de la moralité (surtout sexuelle), la pastorale des sacrements (principalement le mariage), et la liturgie (avec son langage sophistiquée). Des choses qui ne sont pas porteuses pour amener un engagement de la jeunesse laborieuse. Elle ne s’y sent pas à sa place, cela ne lui parle pas. Une grande partie de la jeunesse qui s’est détournée de l’Église est sociale et voudrait voir l’Église soutenir les mouvements ouvriers, les grèves, les manifestations, et la voir aussi appuyer les revendications ouvrières dans les pays du Nord et du Sud.

Au lieu de cela, on voit un immense show de la foi, avec les fans venant voir une rock star, le pape. On mettrait Lady Gaga cela ferait la même chose mais pas avec le même public. Ce n’est pas faire venir des bus entier de jeunes qui fera croire qu’ils sont avec l’Église. Ce n’est pas parce que le pape François est là que ça va changer. La parole sociale du pape est bonne, mais sa conception morale n’attire pas. Les JMJ sont un peu comme les grandes manifestations politiques pour montrer qu’un parti ou un homme politique est encore soutenu. Cela ne trompe personne.

Souvent le coût des JMJ pour les populations n’est pas énorme comme l’a montré Madrid en 2011 et Rio en 2013 puisque les emplois sont temporaires et les coûts augmentent pour la population mais par pour les pèlerins qui viennent aux JMJ notamment sur les transports. Et contrairement à ce que croient les organisateurs des JMJ il n’y a pas eu d’impact des JMJ sur les jeunes. Ce qui n’est pas étonnant puisque les jeunes en Espagne se tourneront vers Podemos et au Brésil ils seront dans les manifestations anti-corruption, mais pas vers les luttes de l’Église contre le mariage gay et l’IVG.

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Publié le 10 Juillet 2016

Dans DN.pt Anselmo Borges montre dans ses 3 articles (le 25 juin 2016, le 2 juillet 2016 et le 9 juillet 2016) une présentation des 10 hérésies du catholicisme que présente le jésuite J.I. González Faus, un théologien et qui écrit un livre nommé Herejías del catolicismo actual cherchant à démanteler les dix hérésies qui sont inconsciemment tenues en compte dans la théologie et la vie, ruinant l'identité chrétienne : le déni de la véritable humanité de Jésus, le déni éminent de la dignité des pauvres dans l’Église, la falsification de la croix du Christ, le défigurement de la de la Cène du Seigneur, le tournant du christianisme dans une théologie théorique, le déni de l'incompatibilité absolue entre Dieu et l'argent, la présentation de l'Église comme un objet de foi, la déification du pape, le cléricalisme et l'oubli du Saint-Esprit.

Pour se débarrasser de ces hérésies l’auteur propose son credo personnel en cinq points comme le montre ellibrepensador.com : dans un premier temps, ce n’est pas croire ou ne pas croire qui fera l’homme devant Dieu mais tout le bien qu’il donnera envers les autres, dans un second temps, donner l'amour fraternel pour tous les hommes même pour ceux que l’on n’aime pas et utiliser son argent à bon escient pour aider les autres, dans un troisième point, s’opposer à la richesse et à la puissance, source de domination des peuples, dans un quatrième point, mettre fin à l’Église dogmatique qui est la servante de l’argent, et enfin dans un cinquième point, une civilisation de sobriété partagée.

J.I. González Faus cherche surtout à faire que les catholiques comprennent mieux leur choix religieux et ne restent pas dans une "foi aveugle", tout cela en utilisant la Tradition chrétienne qui est riche en enseignement.

Merci !

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