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Publié le 29 Mai 2020

Juan José Tamayo dans religiondigital.org ce jeudi 28 mai 2020 nous montre que la prêtrise des femmes a toujours existé et que c’est le machisme qui l’a fait disparaitre de l’Église :

 

«Il y a quelques jours, la théologienne française Anne Soupa, 73 ans, a présenté sa candidature à l'archevêché de Lyon après la démission (ou la révocation?) du cardinal Barbarin. Un geste qu'elle a elle-même qualifié de "provocation" (…).

 

Au cours des trente dernières années, de nombreux documents et déclarations sont apparus demandant l'accès des femmes au sacerdoce. De tels documents considèrent l'exclusion des femmes du ministère sacerdotal comme une discrimination sexuelle contraire à l'attitude inclusive de Jésus de Nazareth. Le haut magistère ecclésiastique répond négativement à cette demande, en s'appuyant sur deux arguments: l'un théologique-biblique et l'autre historique et ils se répètent sans changement depuis des siècles (…).

 

Des inscriptions sur des tombes et des mosaïques, des lettres papales, d'autres textes et avec une base théologique solide, disent que les femmes ont exercé le sacerdoce catholique pendant les trois premiers siècles de l'histoire de l'Église. Examinons certains de ces textes qui enlèvent toute valeur aux arguments du Magistère ecclésiastique. Sous l'arche d'une basilique romaine, il y a une fresque avec quatre femmes. Deux d'entre elles sont les saintes Praxèdes et Prudence, à qui l'église est dédiée. Une autre est Marie, mère de Jésus de Nazareth. Sur la tête de la quatrième, il y a une inscription qui dit : Theodora Episcopa (= évêque). Le a de Theodora est gratté dans la mosaïque, pas celui d'Episcopa.

 

Au siècle dernier, des inscriptions ont été découvertes qui parlent en faveur de l'exercice du sacerdoce des femmes au début du christianisme. La dédicace suivante à "Leta Presbytera", datant du milieu du Ve siècle, apparaît sur une tombe à Tropea (sud de la Calabre, Italie) : "Consacrée à sa bonne réputation, Leta Presbytera a vécu quarante ans, huit mois et neuf jours, et son mari a érigé cette tombe pour elle. Elle a été précédée en paix à la veille des Ides de mars." D'autres inscriptions des VIe et VIIe siècles témoignent également de l'existence de femmes prêtres à Salone (Dalmatie) (presbytera, prêtre), Hippo, diocèse africain dont Saint Augustin a été évêque pendant près de quarante ans (presbyterissa), près de Poitiers (France) (presbyteras), en Thrace (presbytera en grec), etc.

 

Dans un traité du IVe siècle sur la vertu de la virginité, attribué à saint Athanase, il est dit que les femmes consacrées peuvent célébrer la rupture du pain ensemble sans la présence d'un prêtre : «Les saintes vierges peuvent bénir le pain trois fois avec le signe de la croix, dire action de grâces et prier, car le royaume des cieux n'est ni masculin ni féminin. Toutes les femmes reçues par le Seigneur ont atteint la catégorie des hommes» (De virginitate, PG 28, col. 263). Dans une lettre du pape Gélase Ier (492-496) adressée aux évêques du sud de l'Italie en 494, il leur dit qu'il a appris, à son grand regret, que les affaires de l'Église ont atteint un état si bas que les femmes sont encouragées à officier sur les autels sacrés et à participer à toutes les activités réservées au sexe masculin auquel elles n'appartiennent pas. Les évêques de cette région italienne avaient eux-mêmes accordé le sacrement de l'Ordre à ces femmes et exerçaient normalement les fonctions sacerdotales.

 

Un prêtre nommé Ambroise demande à Aton, évêque de Verceil, qui a vécu entre le IXe et le Xe siècle et connaissait bien les anciennes dispositions conciliaires, quel sens donner aux termes presbytera et diaconesses, qui apparaissaient chez les anciens chanoines. Aton a répondu que les femmes ont également reçu les ministères ad adjumentum virorum, et cite la lettre de Saint Paul aux Romains, où elle peut être lue : "Je recommande Phœbé, notre sœur et diaconesse dans l'église de Cenchrées."

 

C'est le concile de Laodicée, qui s'est tenu durant la seconde moitié du IVe siècle, poursuit l'évêque Aton dans sa réponse, qui a interdit l'ordination sacerdotale des femmes. Concernant le terme de presbytera, il a reconnu que dans l'ancienne Église, il pouvait également désigner la femme du prêtre, mais il préfère le sens d'une prêtresse ordonnée qui exerçait des fonctions de direction, d'enseignement et de culte dans la communauté chrétienne. Contre le fait de donner la parole aux femmes, le pape Honorius III a parlé dans une lettre aux évêques de Burgos et de Valence, dans laquelle il leur a demandé d'interdire aux abbesses de parler depuis la chaire, une pratique courante à l'époque. Ce sont ses mots : "Les femmes ne devraient pas parler parce que leurs lèvres portent la stigmatisation d'Ève, dont les paroles ont scellé le destin de l'homme."

 

Ces témoignages et bien d'autres qu'il pourrait fournir sont souvent rejetés par le Magistère papal et épiscopal, ainsi que par sa théologie et les historiens soumis à l'orthodoxie romaine, alléguant qu'ils manquent de rigueur scientifique. "L'ordination sacerdotale", dit Jean-Paul II, "par laquelle le rôle confié par le Christ aux apôtres est transmis, pour enseigner, sanctifier et gouverner les fidèles, a toujours été réservée dans l'Église catholique exclusivement aux hommes. Cette tradition a également été fidèlement maintenue dans les églises orientales." Cette opinion est démentie par les historiens et par de nombreux exégètes du Nouveau Testament, qui ont étudié le sujet en profondeur. Pour cette raison, elle manque de rigueur scientifique et ne peut pas constituer la base de la réglementation actuelle en la matière.

 

Cependant, d'importantes recherches historiques nient de telles affirmations énergiques du Magistère ecclésiastique, jusqu'à les invalider et les transformer en pure rhétorique au service d'une institution patriarcale. Alors que votre "tour du patriarcat" vacille, je demande : qui sont le pape, les cardinaux et les évêques, y compris qui sommes-nous les théologiens, pour juger de la valeur de la recherche historique ?

 

Ils préfèrent exercer le pouvoir avec autorité et seuls enfermés dans la tour de leur "patriarcat", l'exercer démocratiquement et le partager avec les femmes croyantes, qui sont aujourd'hui majoritaires dans l'Église catholique et manquent pourtant de présence dans ses organes directeurs et elles sont réduits à l'invisibilité et au silence.»

 

Juan José Tamayo n’a pas tort, l’histoire dément le mythe que l’Église n’a ordonné que des hommes. Dommage qu’au sommet de l’Église on déforme la Tradition sciemment pour faire perdurer la domination masculine. Il serait grand temps de respecter la pleine égalité qu’avait mise en place Jésus dans son mouvement, où hommes comme femmes étaient ses disciples et ses apôtres.

 

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Publié le 30 Janvier 2020

Jesús Bastante dans religiondigital.org nous montre ce jeudi 30 janvier 2020 que les prêtres avec enfants ne devront pas nécessairement quitter le sacerdoce. Cela a été confirmé par le préfet même de la Congrégation pour le Clergé, Bellarmino Stella, aux questions de l'organisation Coping International, une institution dédiée à la protection des enfants des prêtres.

 

Les numéros, que l'agence a publiés avec la permission de Rome, suggèrent que la racine de la sécularisation du clerc avec les enfants n'est pas le simple fait d'être père, mais "un exercice efficace et responsable de paternité". Ainsi, il est souligné que, "comme pour les" cas de prêtres de moins de 40 ans avec enfants, "il est proposé" d'obtenir la dispense de l'état clérical sans attendre 40 ans, comme le prévoit le règlement. "Une telle décision [...] a pour principal objectif la sauvegarde du bien de l'enfant".

 

Et, précise Stella, l'accent prioritaire "ne se réfère pas seulement au soutien financier", mais aussi "à l'affection des parents, à une éducation adéquate [...] tout ce qui renvoie à un exercice efficace et responsable de la paternité." En fait, ajoute le préfet, bien que la présence d'enfants ait été traitée «comme une raison pratiquement automatique» de la dispense de la prêtrise, la vérité est que «la perte de l'état clérical est imposée parce que la responsabilité parentale crée des obligations permanentes qui dans le La législation de l'Église latine ne prévoit pas l'exercice du ministère sacerdotal.»

 

Cependant, les "exceptions" comprennent "le cas d'un nouveau-né, le fils d'un prêtre, qui dans une situation particulière entre dans une famille déjà consolidée, dans laquelle un autre père assume [...] le rôle de père". L'important est la garde des enfants. Par conséquent, dans un autre cas soulevé, dans lequel le prêtre a "des enfants et des adultes de 20 à 30 ans", la Congrégation pour le clergé "n'oblige pas l'évêque à inviter les prêtres à demander la dispense", mais qui "conseille un discernement plus flexible dans la pratique et les directives rigoureuses de la Congrégation."

 

Ce n’est pas avec des solutions boiteuses qu’on va régler ce problème, la reconnaissance des enfants de prêtes mérite beaucoup mieux que cela.

 

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Publié le 22 Août 2019

Jacques Berset, dans cath.ch, nous montre dans son article du mercredi 21 août 2019 que Florentina Camartin se réjouit que sa pétition contre le célibat obligatoire des prêtres catholiques ait pu être remise en mains propres au pape François. L’ancienne religieuse grisonne révèle que la pétition en ligne, qu’elle a lancée en septembre 2018, a réuni plus de 5000 signatures.

 

“J’ai le très grand plaisir de pouvoir vous dire qu’il nous a été possible de remettre la pétition au pape François en personne. Il l’a effectivement reçue en mains propres et certainement lue”, écrit-elle le 21 août 2019 sur le site internet de la pétition. “Puisque j’ai eu à ce propos des contacts avec de nombreux dignitaires ecclésiastiques, j’ai pu me rendre compte que beaucoup d’entre eux sont conscients de ce problème et que celui-ci sera sans aucun doute discuté par les évêques. Je vous prie de prier pour le pape et pour les évêques pour qu’ils aient le courage, comme les Apôtres lors du premier concile de Jérusalem (voir Les Actes des apôtres 15,1-31), de trouver des solutions”, poursuit-elle.

 

L’ancienne religieuse d’Ingenbohl, qui a quitté sa congrégation et appartient aujourd’hui au Tiers Ordre franciscain, a rédigé la pétition “Le célibat obligatoire doit être aboli pour les prêtres séculiers !” Elle estime que les prêtres séculiers doivent pouvoir choisir eux-mêmes s’ils veulent accomplir leur charge sacerdotale en étant célibataires ou mariés. Des prêtres mariés doivent pouvoir reprendre leur ministère, s’ils le désirent.

 

Florentina Camartin, chrétienne engagée de 76 ans, a entrepris son action suite au départ de l’abbé Marcel Köhle, ancien curé de Breil/Brigels, dans le canton des Grisons, qui avait dû démissionner de son poste après avoir annoncé sa relation avec une femme. “Tout le monde le sait : notre curé très apprécié a annoncé en toute franchise qu’il avait une relation avec une femme et qu’il voulait vivre cette relation au vu et au su de tout le monde. La grande majorité des paroissiennes et des paroissiens admettent cette décision sans difficultés. Dieu a créé l’homme avec ses besoins émotionnels et sa sexualité et a déclaré lui-même que cela est bien ainsi (Livre de la Genèse 1,31), écrit-elle sur le site de la pétition.

 

“Avons-nous le droit, en tant que chrétiens baptisés, d’admettre que des prêtres qualifiés et zélés, actifs dans la pastorale, se trouvent démis de leur charge ecclésiale pour l’unique raison que le célibat constitue pour eux une charge trop lourde à porter ? Avons-nous le droit d’admettre qu’ils soient obligés non seulement de laisser leur paroisse dans l’embarras, mais encore que leur propre existence soit mise en péril du jour au lendemain? Dieu ne nous posera-t-il pas un jour la question que voici: ‘Pourquoi avez-vous accepté que les choses vous soient imposées ainsi?' Florentina Camartin a également fait parvenir sa pétition aux évêques suisses.

 

Pour la religieuse, il y aurait moins d’abus si le célibat obligatoire tombait, car le célibat est une vocation et l’imposer est contraire aux droits humains.

 

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Publié le 13 Août 2019

David Noriega dans religiondigital.org avec eldiario.es nous montre ce mardi 13 août 2019 que le processus pour cesser d'être prêtre est apparemment simple et peut être résolu en quelques mois. Le prêtre en question doit communiquer sa décision dans son diocèse et répondre à un questionnaire comportant des questions de toutes sortes. Le diocèse commence alors l'instruction d'une procédure administrative et envoie ses conclusions à la congrégation pour le clergé du Saint-Siège, où il est analysé et, si jugé approprié, un rescrit est envoyé dans lequel il est dispensé de presque toutes ses responsabilités comme prêtre. Simple sur le papier. La procédure comporte également des obstacles qui, dans certains cas, durent plusieurs années, laissant ceux qui le demandent dans un vide juridique. La première est que le diocèse ralentit l'instruction; le second, est le fait  de la curie du Vatican. "Nous ne parlons pas de fonctionnaires ou d'employés. Ils ne demandent pas le règlement. C'est une chose totalement différente, une vocation divine qui ne peut pas être résolue de manière mécanique. Cela fonctionne avec une autre logique et, qui n'a pas cette logique, ne la comprendra jamais", disent des experts en droit canonique qui affirment que "ce que l'Église considère dans ces cas-là est le bien de la personne et du peuple de Dieu", de sorte que la laïcisation "ne soit pas un droit invocable". José Ángel, qui préfère ne pas être identifié, a demandé la dispense en 2005, mais regrette que personne ne lui ait répondu. "Ils m'ont laissé à la dérive. J'étais sans tête et je n'avais aucun évêque pour me représenter. Ils ne savaient rien de moi, jusqu'à ce que je vienne pour donner une ville spécifique et qu'un évêque dise : cet homme est ici et depuis des années. En 2008, ils ont envoyé les papiers à Rome. En 2010, ils m’avaient déjà répondu", dit-il. Chaque pape a son propre agenda politique à cet égard. En l’espèce, c’était l'époque de Benoît XVI, qui avait tenté d'alléger le fardeau accumulé par son prédécesseur.

 

Le pape Jean XXIII a ouvert la porte à la laïcisation des prêtres et, après le Concile Vatican II (1962-1965), Paul VI a facilité les dérogations accordées à ceux qui souhaitaient quitter l'exercice presbytéral. À ce moment-là, Josemari Lorenzo a obtenu la dispense en six mois seulement. C'était l'année 70. Avec l'arrivée de Jean-Paul II, le rythme des dispensations a changé. "Beaucoup ne l'ont pas eu depuis 12 ans", se souvient ce prêtre âgé de près d'un demi-siècle "aidant les prêtres qui veulent partir et les autres qui veulent continuer et ne savent pas comment faire". "Dans cette situation, il y a un processus chez la personne. La plupart du temps, il s'agit d'une affaire de célibat, parce qu'ils sont tombés amoureux. D'autres parce qu'ils ont perdu la foi, mais ils sont très peu nombreux", explique-t-il. "Les politiques changent", disent les experts. "Après le Concile, tout le régime canonique traditionnel en matière de dispense du célibat et de la perte du statut de prêtre a été changé. C’était quelques années où il y avait une grande hémorragie. La période postconciliaire a introduit un changement dans cette question, et Jean-Paul II a rétabli le critère de l'examen plus approfondi, de sorte que ce n'était pas une chose automatique", expliquent-ils. Il n'y a pas de chiffres officiels, mais environ 100 000 laïcisations ont été dispensées dans le monde, dont environ 6000 en Espagne. Ramón Alario a reçu sa dispense avec perplexité en 2017. "En l'année 80, en raison de profondes divergences - avec certaines décisions de Rome -, j'étais tombé amoureux, j'ai décidé de quitter le travail de prêtre", dit-il. Il a refusé de répondre au questionnaire. "L'objectif est de montrer que celui qui veut cesser d'être prêtre, ne s'est jamais senti prêtre. C'est une erreur sur le dos. C'est un peu comme essayer de dire que lorsqu'un mariage se brise, c'est parce qu'il n'y a pas eu de véritable mariage", estime-t-il.

 

"J'ai parlé avec mon évêque, le cardinal Tarancón, et j'ai évoqué ma situation. Je lui ai dit qu'en conscience, je n'allais pas faire la déclaration qu'on me demandait de faire, ni de passer à l'interrogatoire de cette fiction à laquelle je ne crois pas, que je voudrais enregistrer mon décalage, pourquoi je suis devenu prêtre, quel a été mon parcours et pourquoi je ne me sens pas consciemment à l'aise de mener une double vie ou d'agir en tant que prêtre lorsque je ne suis pas d'accord avec beaucoup de choses", explique-t-il. "Il envoie ce papier à Rome et je ne reçois plus de nouvelles ni de réponse avant 2017. Trente-sept années se sont écoulées. J'ai trois filles, une petite-fille et je reçois un journal dans lequel on me dit que j'ai reçu l'autorisation quitter le ministère", dit-il surpris. Ce qu'il appelle "interrogatoire" est un questionnaire dans lequel il pose des questions sur des problèmes "très intimes", estime José Ángel. "Ils touchent à tous les points : l'adolescence, les enfants, pourquoi tu es entré, quelle était la raison, si c'était pour l'argent, si l'environnement familial t’a influencé ... Et la question sexuelle, si tu avais des penchants dès ton plus jeune âge, si tu avais relations intimes avec des femmes ou des hommes, si vous sortez beaucoup. Elles sont intimes, car le document a pour but de justifier que c'est vraiment un cas qui mérite la dispense", développe-t-il.

 

Le sens de ces questions n’a pas changé depuis des décennies, parce que Josemari se souvient du questionnaire comme quelque chose de "terrible" et "humiliant, dans le sens où on vous a demandé toute votre vie, si vous étiez amoureux, si vous accomplissiez la chasteté ... des choses qui sont plus à dire dans un confessionnal". "L'autorité, doit savoir quelles sont les circonstances personnelles et les motivations. Cela peut être facilité par un questionnaire, mais cela dépend de l'initiative du responsable", justifient les sources consultées. Les écrits incluent généralement une série de recommandations qui n’ont pas trop changé. L'un de ces documents, déjà remis avec le pape François à la tête du Vatican, auquel eldiario.es a eu accès, indique qu'outre la démission de l'État clérical, la dispense du célibat, les vœux et l'absolution de censure. Il comprend également des interdictions explicites. "Il ne peut remplir aucune fonction dans des séminaires ou des institutions équivalentes"; "dans les établissements d'enseignement supérieur (...) il ne peut enseigner aucune discipline d'un ordre proprement théologique ou étroitement lié à la théologie"; "Dans les établissements d'enseignement secondaire, qui dépendent de l'autorité ecclésiastique, ils ne peuvent ni diriger ni enseigner les disciplines théologiques", ni enseigner la religion, même s'ils ne dépendent pas de cette autorité.

 

Les prêtres sécularisés qui se marient sont priés de le faire "discrètement, sans faste ni apparat". En outre, ils doivent accepter une autre exigence : "Le prêtre dispensé du célibat sacerdotal et, en outre, le prêtre marié, doivent rester à l'écart du lieu ou du territoire où leur ancien État est connu et ne peut exercer, en quelque lieu que ce soit, la fonction de lecteur, d’acolyte, de distribution ou de ministre extraordinaire de l’Eucharistie", tâches que tout profane peut accomplir. "Ce sont des restrictions qui semblent exagérées", se lamente Lorenzo, pour qui la demande de quitter le diocèse est "une sorte d'exil". «C’est traumatisant, car souvent, la hiérarchie traite les prêtres sécularisés comme s’ils étaient puants. Vous l’avalez seul, vous l’assimilez seul et vous faites la digestion seul. J'ai besoin d’une aide psychologique. Dès qu’ils vous disent que vous ne pouvez plus aller à cette paroisse, c'est comme si tu faisais du saut à l'élastique sans corde", se lamente José Ángel. "Le prêtre qui quitte le corps, à moins qu'il ne soit très chanceux et que l'évêque veuille donner un coup de main, reste dans la plupart des cas avec une main devant et l'autre derrière. Pour certains prêtres, l'évêque conservait leur salaire jusqu'à ce qu'ils aient un travail différent. Les autres personnes, évidemment, renoncent", déclare Ramón. José Ángel a reçu 1000 euros.

En tout état de cause, la dispense ne signifie pas que le prêtre cesse de l’être, puisque, selon la théologie catholique, ce sacrement est pour toujours. "Bien que cette dispense soit accordée, cette personne reste un prêtre. C'est inaliénable. Le sacrement de l'ordre imprime caractère, c'est une marque sur l'âme même s'il n'a pas le statut juridique de prêtre", expliquent les experts. En effet, les prêtres sécularisés peuvent, par exemple, se confesser en cas de besoin extrême. "La nature imprime", dit Josemari Lorenzo qui "ne cessera jamais d'être un prêtre."

 

Les prêtres «sécularisés» comme ils se nomment en Espagne, connaissent une grande souffrance du fait d’être traité comme des catholiques de seconde zone. Est-ce un crime d’aimer une femme ? Non. Ils ne sont ni des pédophiles ou des hérétiques ? Alors pourquoi un tel acharnement à leur encontre. L’Église se dit miséricordieuse, et elle punit des hommes qui ont été de bons pasteurs, méritant mieux que le mépris et l’oubli.

 

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Publié le 25 Juin 2019

20Minutes.fr  avec l’AFP nous montre le lundi 24 juin 2019 que les ordinations sont traditionnellement fréquentes aux alentours du 29 juin, fête de saint-Pierre et saint-Paul, apôtres considérés comme les deux piliers de l'Église.

 

D’une année à l’autre, les effectifs restent les mêmes. En 2019, et notamment le week-end prochain pour une partie d’entre eux, 126 prêtres catholiques contre 125 l’an dernier vont être ordonnés en France, un nombre quasi identique à 2018, a annoncé la Conférence des évêques de France (CEF), ce lundi. Certains séminaires ferment leurs portes, en raison d’effectifs trop faibles

 

Parmi eux, la CEF compte 76 prêtres «diocésains», qui vont servir d’une façon ou d’une autre dans un diocèse. S’y ajoutent 20 nouveaux prêtres, issus d’une communauté comme la communauté Saint-Martin (9) ou la communauté de l’Emmanuel (3) et qui vont être actifs en paroisses. Enfin seront aussi ordonnés 30 prêtres religieux, c’est-à-dire liés à des congrégations et instituts religieux, notamment cinq de la Compagnie de Jésus (jésuites), ou quatre frères de Saint-Jean, et Dominicains, et trois Carmes. Beaucoup, en revanche, n’ordonnent qu’un prêtre; c’est le cas des Fils de la Charité ou des chanoines du Latran (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/125-nouveaux-pretres-France-2019-2019-06-25-1201031321).

 

En 2017, la CEF avait comptabilisé 117 ordinations, une centaine en 2016, 120 en 2015, mais environ 140 en 2014. Par ailleurs, ces dernières semaines, le séminaire (lieu de formation des prêtres) de Bordeaux et le séminaire de Lille ont annoncé qu’ils fermaient, en raison d’effectifs trop faibles. Á Lille, il s'agit à ce stade d'une fermeture temporaire.

 

Un problème se dégage puisque la CEF se fonde en effet sur les chiffres que lui communiquent diocèses et communautés qui compte également les prêtres étrangers qui ne sont pas destinés à rester, et les ordinations de l’année demeurent loin de compenser les 800 décès de prêtres estimés chaque année en France (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/125-nouveaux-pretres-France-2019-2019-06-25-1201031321).

 

Les communautés nouvelles et les nouveaux mouvements ecclésiaux ne semblent plus freiner la chute des vocations. Il faut sans doute réfléchir à un nouveau modèle pour éviter le regroupement des paroisses et qui fasse réellement confiance aux fidèles qui pourraient gérer les paroisses et faire la célébration en cas de manque de prêtres.

 

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Publié le 15 Mars 2019

Cassandre Jeannin dans son article du mardi 12 mars 2018 sur RTL.fr nous montre que des hommes mariés qui deviennent prêtres, c'est ce que souhaite l'archevêque de Poitiers Pascal Wintzer. Une position inédite dans l'Église catholique française.

 

"Le prêtre n'est pas homme sacré, l'évêque non plus. Je pense que, comme c'est le cas dans l'église d'Orient, des hommes mariés pourraient être prêtres", a déclaré l'archevêque de Poitiers vendredi 8 mars. Interrogé par Radio catholique française, Pascal Wintzer a affirmé une position inédite dans l'histoire de l'Église catholique française. Une position qui n'est pas partagée par les autres représentants du clergé.

 

L'archevêque de Poitiers a maintenu et réitéré ses propos dimanche sur le plateau de France 3. Il a expliqué que "cela changerait la conception sacrée de ce qu'est le prêtre, qui est finalement une manière de la voir comme s'il n'était pas un homme. Comme si la sexualité n'existait pas, comme si tout être humain n'était pas travaillé par la sexualité." "Avoir des prêtres qui seraient mariés permettrait de les voir comme des hommes comme tout le monde. Je pense qu'une des raisons de ces crimes commis sur des enfants ou sur des femmes vient de cette conception sacrale du prêtre", a-t-il ajouté.

 

L'arrivée de cette population venue de la société civile « casserait l'image du prêtre, qui se perçoit en homme sacré et de pouvoir », observe Mgr Pascal Wintzer. Un statut qui pose la question du viol qui serait lié « à des déséquilibres psychologiques renforcés par cette aura de sacré qui entoure le prêtre », analyse l'archevêque. Selon Francis Wintzer, l'Église française est prête à franchir le pas : "La contrainte va de toute façon la conduire à cela." Le débat amené par l'archevêque s'inscrit dans un contexte actuel tendu, marqué par les nombreux scandales d'abus sexuels au sein du clergé notamment celui du cardinal Barbarin. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé un prêtre pédophile de son diocèse.

 

L'histoire de l'affaire du cardinal Barbarin placerait-elle ces prédateurs au-dessus de tout? «Les hommes de Dieu doivent obéir à la justice des hommes de leur pays. [...] On n'est pas des hommes sacrés au-dessus des lois, nous sommes des citoyens comme les autres, des justiciables comme n'importe qui», rappelle Mgr Wintzer. Le primat des Gaules vient de le vivre dans sa chair en étant condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d'abus sexuels. «Je ne vois pas comment il pourrait gouverner son diocèse», s'interroge l'archevêque de Poitiers (https://centre-presse.fr/article-662949-je-suis-pour-l-ordination-des-hommes-maries.html).

 

Par ailleurs, la branche latine de l'Église catholique est la seule à conserver cet interdit, depuis que les relations conjugales sont jugées incompatibles avec la foi. Seul le pape est habilité à décider d'autoriser ou non l'ordination d'hommes mariés. L'annonce repose sur une réalité. C'est un fait. Dans le premier millénaire, «cette situation était assez générale», argumente Monseigneur Wintzer, ajoutant qu'aujourd'hui dans les Églises orientales catholiques (Liban et Syrie) et en Europe (Roumanie), les hommes mariés sont intégrés. Le pape François a levé l'interdiction faite aux Églises orientales catholiques d'ordonner prêtres des hommes mariés en Occident (https://centre-presse.fr/article-662949-je-suis-pour-l-ordination-des-hommes-maries.html).

 

Cette réflexion de Mgr Wintzer est logique puisqu’elle s’appuie en réaction aux abus sexuels de la part de clercs et de l’immaturité affective que vivent beaucoup d’entre eux, mais aussi des abus de pouvoir qui définissent le sentiment d’être un personnage sacré, alors que comme Jésus le prêtre n’est qu’un homme entre les hommes.

 

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Publié le 24 Mai 2018

Cameron Doody nous montre dans son article sur periodistadigital.com du jeudi 24 mai 2018 que selon le cardinal Robert Sarah l'ordination de viri probati aurait des «conséquences sérieuses», comme «rompre définitivement avec la tradition apostolique». Bien qu'il soit à l'ordre du jour du Synode des évêques pan-amazoniens de 2019, le cardinal Robert Sarah a dénoncé la possibilité que des hommes mariés deviennent prêtres et a prévenu qu'en l'introduisant, l'Église "créerait un sacerdoce selon notre dimension humaine."

 

Dans une homélie à la fin d'un pèlerinage à Chartres, le préfet du culte divin part du principe que le célibat clérical est de la plus haute importance, car il proclame au monde ce que signifie «être avec le Christ sur la Croix». D'où les «conséquences graves» du plan de «certains» de «séparer le célibat du sacerdoce en conférant l'ordre aux hommes mariés». Il n'y a pas de «raisons ou de besoins pastoraux» pour cela, a dit le cardinal guinéen, puisque l'innovation aurait l'effet désastreux de mettre fin au sacerdoce institué par Jésus-Christ.

 

"Nous créerions un sacerdoce selon notre dimension humaine", a expliqué le cardinal Sarah, "sans perpétuer, sans étendre le sacerdoce du Christ, obéissant, pauvre et chaste". La raison ? Que les hommes mariés ne peuvent pas agir comme ipse Christus, comme le "même Christ", qui est la véritable identité du prêtre, au-delà de l'être Christus, "un autre Christ". Le Christ ne s'est jamais marié, et donc la tradition la plus vénérable de l'Église, selon le cardinal, est que les prêtres ne peuvent pas non plus le faire.

 

Les prêtres ne peuvent pas être un autre Christ, car il y en a eu qu’un seul, un homme qui dédaignait la hiérarchie sacerdotale de son époque en restant un laïc proche des plus démunis, et annonçant un Royaume qui devait venir et non une institution dirigé par des hiérarques sacrés. Ensuite, jusqu’au XIe et XIIe siècle, le célibat sacerdotal était choix et non une obligation, des hommes mariés pouvaient aussi être prêtres, avant qu’on l’impose en 1123 au concile de Latran comme une mesure disciplinaire.

 

Les déclarations de Sarah se heurtent aux réclamations de prélats de la longueur et de la largeur du monde, qui ont opiné que l'ordination des hommes mariés est une possibilité réelle. Par exemple, ceux du préfet de la Congrégation pour le Clergé, le Cardinal Beniamino Stella, qui a déclaré que l'ordination de viri Probati «rétablirait la structure existant dans l'Église primitive». Ou ceux de l'évêque de Xingu, Erwin Kraütler, qui voit dans l'ordination des hommes mariés - et des femmes diaconesses - la seule solution à la pénurie «affreuse» de prêtres en Amazonie.

 

Le cardinal Robert Sarah semble ne pas se rendre compte que la baisse des vocations est préoccupante, et des hommes mariés peuvent aider les prêtres restants à se soulager de leur trop plein de travail. Dans la Tradition, il y aussi la solidarité, et le cardinal Sarah semble avoir oublié que les prêtres ne sont pas des surhommes, mais seulement des hommes qui ont besoin aussi qu’on les aide.

 

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Publié le 14 Novembre 2017

Cameron Doody dans son article pour periodistadigital.com du mardi 14 novembre 2017 nous montre que le débat sur l'ordination des hommes mariés est déjà sur la table du pape François. Le cardinal Reinhard Marx a appelé à un «large débat» dans l'Église sur l'accès à la prêtrise des «viri probati» et d'autres formes possibles nouvelles de direction au sein de l'Église.

 

Lors d'une réunion la semaine dernière au Comité des catholiques de Bavière, le cardinal allemand a décrit le désir des secteurs de l'Église où la plupart souffrent de la pénurie de prêtres comme «légitime» et qui «doit être aussi discuté». Dans son interview pour katholisch.de, l’archevêque de Munich et Freising a également fait valoir que même si «cela ne signifie pas qu'il y a une impulsion directe de Rome» pour remédier à ce problème, le pape réfléchit déjà à ce sujet, et une fois qu’il l’aura bien, "Il en parlera avec ses conseillers", afin qu’il puisse être pensé et discuté dans l'Église en général dans "tous ses aspects".

 

Et bien qu'il ait révélé ces développements dans la question de la consécration des «viri probati» - des hommes avec une expérience particulière dans leurs paroisses, avec une vertu et une maturité chrétienne prouvées - le président des évêques allemands a également parlé en termes sombres de l'autre demande venant de grandes parties de l'Église telle que l'ordination des femmes. Le cardinal dit qu’il n’y a «Aucun mouvement» pour cette dernière, ajoutant que si on ne peut «rien promettre» en ce moment, il affirme que si l'idée des femmes diacres et prêtres se réalise ou non, ils ne manqueront pas de continuer à lutter.

 

Et le cardinal Marx soit le seul qui soit désireux de mettre en place de nouvelles formes de leadership dans l'Église, comme celle des prêtres mariés ou des femmes prêtres. Le théologien Paul Zulehner coïncide avec le prélat dans ses prédictions pour l'avenir, tenant dans le même Comité en Bavière que «nous allons vivre pour voir» l'abolition du célibat ecclésiastique dans l'Église «si personne tire sur le pape ou l'empoisonne avant». "Il est faux de subordonner la célébration de l'Eucharistie au célibat des prêtres", a déclaré le théologien viennois dans son discours.

 

Cette annonce n’est nullement étonnante, et montre que le pape François désire en finir avec la vision cléricale de l’Église. Espérons que cela permettra à l’Église de s’ouvrir au monde. Mais pour y aboutir le pape doit procéder à des changements rapide au sein de la curie comme le montre l’article du lundi 13 novembre 2017 de Nicolas Senèze, à Rome, pour la-Croix.com : «Des changements se préparent à la Curie».

 

Alors qu’un certain nombre de changements semblent se dessiner au sein de la Curie romaine, comme la création d’une nouvelle section à la Secrétairerie d’État qui devrait s’occuper des nonces apostoliques sous la responsabilité de Mgr Jan Pawlowski, sur la mission des nonces dont ces derniers doivent désormais devenir des médiateurs pas des intermédiaires, une série de nomination comme celles du carme Filippo Iannone, vice-régent du diocèse de Rome (équivalent du vicaire général) et canoniste reconnu, nommé secrétaire adjoint du conseil pontifical pour les textes législatifs, avec la promotion du secrétaire adjoint de la congrégation pour l’évangélisation, Mgr Protase Rugambwa, comme secrétaire, et la nomination de Mgr Giampietro Dal Toso comme sous-secrétaire, et celle du cardinal Fernando Filoni, actuel préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, pourrait quant à lui aller remplacer le cardinal George Pell à la tête du secrétariat à l’économie, le pape François a réuni lundi 13 novembre au matin les chefs de dicastères au Vatican dont le principal sujet de la rencontre aurait été la formation des prêtres, notamment sur la base de la récente Ratio fundamentalis.

 

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Publié le 6 Novembre 2017

Bruno Bouvet et Gauthier Vaillant, envoyés spéciaux à Lourdes (Hautes-Pyrénées), nous montre dans leur article pour la-Croix.com ce dimanche 5 novembre 2017 que l’avenir des séminaires en France a occupé le début des discussions des évêques, réunis à Lourdes depuis vendredi pour leur Assemblée plénière d’automne. De manière générale, une certaine inquiétude transparaissait dans les quelques interventions épiscopales qui ont suivi la présentation du texte «Le don de la vocation presbytérale». Au premier chef, comment concilier la dimension intellectuelle des études, particulièrement la philosophie, avec le nouvel objectif de former des «disciples missionnaires» ?

 

Ils doivent en effet adapter au contexte français les nouvelles directives sur la formation des futurs prêtres, publiées en décembre 2016. Mgr Jorge Carlos Patron Wong, le secrétaire de la Congrégation pour le clergé, chargé des séminaires, qui a invité les évêques français à consacrer leurs «meilleurs prêtres» à la formation des séminaristes, n’est pas ignorant du contexte européen pour la prêtrise, mais pour lui : «Si des formateurs s’inquiètent, c’est parce qu’ils ne sont pas eux-mêmes de bons disciples missionnaires. Mais si un prêtre n’est pas formé pour être un bon pasteur, toutes ses connaissances intellectuelles ne lui serviront à rien. C’est ce que dénonce le pape François quand il parle de mondanité spirituelle. Cette nouvelle vision est à son image : c’est un père, un grand-père, pas un intellectuel.»

 

Les évêques vont désormais devoir s’atteler à la traduction des directives de la Ratio fundamentalis dans le contexte français. En effet, liberté est laissée aux conférences épiscopales de rédiger une Ratio nationalis, dont la dernière version date de 1985. Ce travail, associant directeurs de séminaires, formateurs, supérieurs de congrégation et évêques volontaires, devrait être publié d’ici à deux ans. Mais comme le note le cardinal André-Vingt-Trois cette Ratio nationalis doit aboutir à un développement des objectifs du disciple et du pasteur, tout en se gardant d’une sorte de normativité universelle ou même nationale des moyens, car l’Église se trouve dans une situation de pénurie telle, qu’à la limite il n’y aura plus de séminaires. «Nous ferons avec nos moyens, sans céder au défaitisme», lâche un évêque expérimenté, rejoignant le souci de réalisme de l’archevêque de Paris.

 

C’est que les évêques français, qui auront consacré à la «Ratio» pas moins de quatre séances de leur Assemblée plénière d’automne, connaissent bien l’état des forces et les perspectives d’avenir. «En trente ans, la situation a changé», résume Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris et président de la commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (Cemoleme). «Depuis trente ans, de grandes évolutions sont intervenues : par exemple les propédeutiques (année de réflexion préalable à l’entrée au séminaire) sont de plus en plus nombreuses et, de plus en plus souvent, des séminaristes se préparent à intégrer des diocèses où les prêtres en activité se raréfient.»

 

Mais l’urgence arrive car un point statistique, particulièrement éclairant, leur a été présenté vendredi par le père Jean-Luc Garin, supérieur du séminaire de Lille et responsable du Conseil national des grands séminaires. Chiffre marquant, le nombre de séminaristes en France a chuté de 30 % en seize ans, passant de 976 en 2000 à 662 en 2016. Parmi les 32 séminaires et maisons de formation, celle de la communauté Saint-Martin rassemble, à elle seule, un séminariste sur six. Quant aux séminaristes diocésains, la moitié d’entre eux sont regroupés dans cinq séminaires (Fréjus – Toulon, Toulouse, Issy-les-Moulineaux, Rennes et Paris). Les évêques le savent : la question de la fermeture, à terme, de certains séminaires, est clairement posée.

 

Les solutions concrètes se posent pour faire à la crise des vocations, et il faut trouver des solutions concrètes que certains pensent trouver dans les prêtres mariés comme en Amazonie ou les diaconesses. Les séminaires se réduisent, les prêtres manquent et il est grand temps de se poser la question de la formation des prêtres qui sortent souvent des séminaires sans vraiment connaître le monde dans lequel ils vivent et mettant en avant un dogmatisme peu adaptée à la vie de leurs paroissiens.

 

Comme le montre l’article du lundi 6 octobre de Gauthier Vaillant (à Lourdes) sur la-Croix.com, cette assemblée plénière a décidé d’inviter un pasteur évangélique : «À Lourdes, un pasteur évangélique parle aux évêques». Dimanche 5 novembre, à Lourdes, le pasteur Étienne Lhermenault, président du Conseil national des évangéliques de France, s’est brièvement adressé aux évêques français réunis en Assemblée plénière. C’est la première fois qu’un représentant de cette instance était invité dans l’hémicycle Sainte Bernadette.

 

«Face à l’immense désespérance du monde, nos Églises ont le devoir de se tenir sur la brèche.» C’est le président du Conseil national des évangéliques de France (Cnef), le pasteur Étienne Lhermenault qui a lancé, dimanche 5 novembre à Lourdes (Hautes-Pyrénées), ces mots aux évêques de France. Cette invitation inédite était «un signe de respect et de fraternité», s’est félicité le pasteur à la tribune de l’hémicycle Sainte-Bernadette, «qui souligne la richesse des dialogues que catholiques et évangéliques entretiennent depuis 20 ans». Avant même la création du Cnef en 2010, donc, a-t-il remarqué. Plus concrètement, les premiers jalons en vue de cette invitation ont été posés il y a deux ans, avec Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude (Jura), dans le cadre des travaux du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF).

 

Devant les évêques, Étienne Lhermenault n’a pas voulu se faire la voix d’un œcuménisme angélique. «Il reste entre nous des désaccords sérieux, sur les sacrements, les ministères et l’Église, a rappelé le président du Cnef. Mais nous avons en commun de confesser le Christ crucifié, mort et ressuscité, et la mission d’aller partout par le monde faire des disciples.» Il n’a rien caché non plus de la «grande frilosité de certaines unions d’Églises membres du Cnef, à l’endroit de tout dialogue avec les catholiques». Mais en la matière, a-t-il pointé, «la base est souvent en avance sur les institutions».

 

Comment expliquer que le dialogue entre catholiques et évangéliques ait progressé ces dernières années, au point de rendre possible la présence de l’un d’eux ce soir-là à Lourdes ? «Si je comprends bien, le peuple de votre Église est moins nombreux, mais plus confessant», a lancé Étienne Lhermenault aux évêques, donnant en creux un élément de réponse. «La sécularisation, la fin de la chrétienté, entraînent un renouvellement de l’identité catholique, et donc une envie renouvelée de proposer la foi», explique le père Emmanuel Gougaud, directeur du service national pour l’unité des chrétiens, au sein de la Conférence des évêques de France. «Une telle motivation ne peut pas ne pas plaire aux évangéliques.»

 

«Nous ressentons aussi une proximité avec une grande partie des catholiques sur des sujets de société, comme la famille ou la bioéthique», complète le président du Cnef. Une manière de dire que catholiques et évangéliques pourraient, un jour, passer du dialogue à la collaboration ? «Il faudra s’entendre, à l’avenir, sur la manière dont nous pouvons agir ensemble pour être une présence chrétienne dans le monde», temporise le pasteur. «Pour l’instant, nous en sommes encore au stade de l’interpellation mutuelle.»

 

Mais ces relations sont-elles bonnes pour l’Église quand on sait que les évangéliques sont beaucoup plus vigilants sur la laïcité à la française, la voyant comme une façon de rejeter les religions de la vie sociale. Le Conseil national des évangéliques de France (Cnef) s’est aussi retiré du grand rassemblement «Protestants en fête», qui a lieu du vendredi 27 au dimanche 29 octobre, en raison de la tenue d’un culte «inclusif» pour les personnes homosexuelles. Le choix des alliés de l’Église est à revoir.

 

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Publié le 27 Octobre 2017

Cameron Doody nous montre dans son article sur periodistadigital.com du jeudi 26 octobre 2017 que l'ordination des hommes mariés au sacerdoce et la consécration des femmes au diaconat sont les seules solutions possibles à la pénurie "terrible" de prêtres en Amazonie, ce qui implique que 90% des fidèles de la région n'ont pas accès à l'Eucharistie, et en tant que tels doivent être abordés dans le Synode des Évêques de la région panamazonienne qui sera célébrée en octobre 2019, selon l'évêque de Xingu, Monseigneur Erwin Kräutler.

 

L’évêque autrichien, encore secrétaire de la commission des évêques brésiliens pour la région amazonienne, a révélé à l'agence autrichienne Kathpress le lendemain de la convocation du synode par le pape Francisco pour la plupart catholiques en Amazonie ont seulement accès à liturgies de la Parole, qui les privent de la grâce du Sacrement, et se tournent vers les célébrations des communautés protestantes évangéliques. «Il suffit de voir une différence entre les liturgies de la Parole et les célébrations du dimanche des évangéliques», se lamente Kräutler. Dans l'Angélus du 15 de ce mois, le pape a annoncé qu’il a convoqué le synode afin de proposer «de nouvelles façons d'évangéliser cette portion du peuple de Dieu, en particulier des autochtones, souvent oubliées et n’ayant aucune perspective d'un avenir serein, également à cause de la crise de la forêt amazonienne, poumon d'importance capitale pour notre planète». L'évangélisation à laquelle Kräutler croit ne peut être entreprise sans l'aide de prêtres mariés. Et aussi, sans l'aide des femmes qui dirigent actuellement de nombreuses communautés catholiques d'Amazonie, et pourrait donc être parfaitement ordonnées en tant que diaconesses.

 

Comme un exemple de cette collaboration avec les prêtres célibataires et mariés et diaconesses, Kräutler a cité la proposition de Fritz Lobinger, ancien évêque d’Aliwal en Afrique du Sud, selon laquelle les paroisses amazoniennes pourraient être dirigées par des «équipes seniors» sélectionnées les unes des autres. Bien que ces «anciens» ne soient pas clercs, ils pourraient être ordonnés prêtres, et être sous l'autorité d’un prêtre célibataire dans le rôle d'animateur. Ce qui rend d'autant plus urgente une solution à la pénurie de prêtres est que l'Eucharistie en Amazonie pourrait bientôt ne plus exister, comme le raconte Kräutler, la seule autre option qui a été mise sur la table, est celle de déplacer les prêtres du sud du Brésil vers les régions du nord, qui a échoué, puisque les prêtres du sud ont trouvé extrêmement difficile de s'adapter à la culture amazonienne.

 

La confirmation de Kräutler à Kathpress pour que les questions des diacres prêtres et des femmes mariées soient à l'ordre du jour des pères du synode ont une crédibilité particulière, puisque l'évêque de Xingu a été l'un des premiers évêques à annoncer la volonté du pape de détendre discipline du célibat clérical. Après une rencontre avec le pape François en 2014, Kräutler a révélé que le pape lui avait dit qu'il «ne pouvait pas faire tout personnellement de Rome», et cela dépendait des évêques locaux «qui connaissent le mieux les besoins des fidèles pour faire des propositions courageuses». Selon l'évêque, Le pape François lui a conseillé de «chercher un consensus entre les évêques sur toute réforme de la prêtrise ou du diaconat, puis apportez vos suggestions à Rome» : précisément la possibilité que les évêques de l'Amazonie ont maintenant, en octobre 2019.

 

La proposition de Mgr Kräutler pour l’Amazonie ne vaut-elle pas aussi pour l’Occident où la crise des vocations oblige à regarder vers des solutions plus réaliste face à la réduction des prêtres et au regroupement des paroisses qui n’est plus une solution.

 

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