La baisse du chômage : Et si on arrêtait de prendre les Français pour des enfants !
Publié le 19 Février 2016
La manifestation de chômeurs à Chicago en 1934, sans doute une solution pour défendre les droits des chômeurs et demander des véritables solutions à un gouvernement démissionnaire.
Il est merveilleux de voir la puissante Association française des entreprises privées (Afep), nous dire que pour en finir avec le chômage, est de contrôler les chômeurs alors qu'on devrait contrôler ces entreprises privées pour voir si elles embauchent, et de baisser des droits des chômeurs à une "dégressivité forte" des allocations, alors que cette méthode n'avait pas marché entre 1992 et 2001. La réalité est beaucoup moins belle, car l'Afep désire généraliser les contrats précaires et une réforme visant à sécuriser les modalités de rupture du CDI au profit du patronat. En gros, ces préconisations vont surtout créer plus de chômage. Il n'y aura pas de retour au plein emploi avec ces pseudo-solutions.
Vient s'ajouter à cela la réforme du droit du travail d'un gouvernement qui se prétend socialiste et qui consacre la primauté de l'entreprise pour l'aménagement du temps de travail, facilite les licenciements économiques, instaure des référendums d'entreprises (en gros, on contourne les syndicats) et prévoit un plafonnement des indemnités prud'homales en cas de contestation d'un licenciement. Puis il prétend vouloir faire avancer le pays par le dialogue social, garantir davantage des droits réels et rendre les entreprises plus compétitives. Mais en donnant plus de flexibilité avec le droit du travail, c'est le contraire qui se dessine, on va droit vers une augmentation du chômage et une précarisation de l'emploi.
Pire encore, au lieu d'aider les chômeurs à retrouver un emploi, le gouvernement va verser une prime de 2000 euros par an pour toute entreprise embauchant un travailleur payé moins de 1,3 Smic, investir 1 milliard dans la formation de 500 000 chômeurs et faire un effort pour soutenir l’apprentissage. Un demi-million de demandeurs d’emploi sortiront des statistiques, ce qui fera baisser le chômage artificiellement. Pour bien enfoncer le clou, le gouvernement propose aussi la dégressivité des allocations chômage. En gros punissons ceux qui n'ont pas de travail pour faire plaisir au patronat français à qui l'on donne 41 milliards d'euros dans le Pacte de responsabilité qui n'a servi à rien.
Le retour au plein emploi étant illusoire, il faut commencer à réfléchir à d'autres pistes et à d'autres modes de fonctionnement. D’ici 2025, 3 millions d’emplois touchant tout autant les classes moyennes, les emplois d’encadrement et les professions libérales que les métiers manuels pourraient avoir disparu en France à cause du numérique et de la robotique. On pense alors à l'idée d'un salaire universel, car en Suisse, la somme de 2300 euros est délivrée à chaque habitant, quelle que soit sa condition et son âge. En Alaska, c'est 1700 euros basé sur les revenus pétroliers.
Mais en France, on va plutôt imiter la Finlande où les habitants auront le droit à un salaire de 500, puis de 800 euros. Le salaire universel imposera donc d'alterner des périodes de travail, des périodes de formation et des périodes où le travailleur soit disant se ressource et où il se prépare à de nouvelles activités. En gros, cela généraliserait le chômage et l'instabilité de l'emploi. Plus intéressant est le revenu inconditionnel mis en place en Inde en 2011, qui permet d’améliorer la scolarisation des enfants, la santé des habitants, la condition des femmes ainsi que l’économie locale. Mais ce n'est pas une solution à long terme.
La solution du salaire de base et universel n'est pas la bonne. Pour les libéraux, cela permet de simplifier le système d'aide sociale et donc de le supprimer, au moins en partie, tout en diminuant le nombre de fonctionnaires. Le "salaire à vie" pour tous les citoyens majeurs que l'on voit déjà dans la retraite ou la fonction publique, et la copropriété d’usage des entreprises, telle que la cotisation sociale, est la meilleure solution et irait dans un revenu allant de 1500 à 6000 euros selon leur niveau de qualification. Cela permet de revendiquer fièrement la sécurité sociale, la fonction publique et le salaire détaché de l’emploi. Ici, ce sont les fonctionnaires, les retraités, les soignants, les parents, les chômeurs qui produisent la valeur que reconnaissent l'impôt et les cotisations sociales, et cela sans marché du travail, sans mesure de la valeur par le temps de travail, sans actionnaire et sans crédit.
La lutte contre le chômage est le mot magique qu'on utilise pour ne pas dire qu'on va enlever des droits aux chômeurs et aux travailleurs en modifiant le code du travail pour faire plaisir au MEDEF. En gros, on nous avance qu'une régression est un progrès, puisqu'on nous dira que ces soit disant réformes sont nécessaires, sont courageuses, et que la situation les impose. En période de crise, on protège, on ne détruit pas, on fait des mesures qui empêche d'avoir des régressions pour le travailleur et le chômeur. Pas ces mesures contreproductives. Le gouvernement doit s'arrêter, car là nous sommes dans un suicide électoral.
Merci !
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