«Le blues des catholiques de gauche : "On a laissé la boutique aux réacs"»
Publié le 15 Décembre 2016
J’ai pu voir aujourd’hui l’article d’Arnaud Gonzague intitulé «Le blues des catholiques de gauche : "On a laissé la boutique aux réacs"» qui est publié en édition abonnés sur le site de L’OBS (j’espère qu’il sera gratuit plus tard ou vous le trouverez dans le magazine), ce jeudi 15 décembre 2016 qui montre que les catholiques de gauche ont du mal à se faire entendre. Nous avons participé à cet article.
Tout d’abord on voit le témoignage de Sylvie, qui vote à gauche, d’une petite paroisse petite paroisse d’Eure-et-Loir qui a vu arriver des prêtres très démonstratifs dans leur piété, et allant à une conférence débat organisé par ceux-ci elle où ils promettaient l’enfer aux non-catholique, ce qui l’a amené dans une autre paroisse où les cieux sont plus clément. Puis, on voit le témoignage de Patrick, 49 ans, gay et de gauche choqué par l’hostilité des paroissiens de son église de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) et a beaucoup souffert des manifestations anti-gay de la Manif pour tous.
Ensuite Vincent Soulage, ancien conseillé municipal socialiste à Nanterre (Hauts-de-Seine) et animateur du site Chretiensdegauche.com, explique que les catholiques ne se sont pas droitisés. Mais on n’entend pas les catholiques de gauche, et Christian Terras, directeur de "Golias", livre une belle explication : on a laissé la place aux réacs, dans les instances de l’Église et dans l’animation paroissiale. Vincent Soulage donne aussi une autre explication : on ne se centre plus sur les questions sociales, mais sur les questions morales qui favorise la partie conservatrice de l’Église.
Ensuite vient la partie où nous sommes interrogés : «"Ce n’est pas facile de défendre au sein de l’Église le mariage et la parentalité homosexuels, confirme Alexandre Casimiro, 38 ans, mais il faut le faire." Avec son frère jumeau Raphaël, sympathisant socialiste comme lui, ils prennent souvent la parole dans leur paroisse cossue de Hem (Nord) pour faire résonner la voix de la modernité. "On est obligés de rappeler que non, les enfants élevés par des parents homosexuels ne deviennent pas des délinquants. C’est ce qu’on disait jadis des enfants de divorcés !"
Les deux profs d’histoire-géo, qui sont également responsables de la quête à l’église de Hem, ont même créé un blog pour exprimer leurs vues. Raphaël sourit : "De braves gens de la paroisse sont allés nous dénoncer au curé pour ce forfait. Lui, a trouvé ça bien qu’on fasse vivre le débat. Ce que nous disons est pourtant simple : aujourd’hui, Jésus défendrait les homosexuels !"»
Enfin, comme le montre Vincent Soulage, il n’est pas facile d’être catholique de gauche, et même de l’affirmer. Ceux qui travaillent dans des ONG chrétiennes et chez les scouts ont peurs d’être la cible de la catosphère réac. La position des évêques de France en 2012 sur le mariage gay ne les aide pas non plus. Marc Stenger, évêque de Troyes, aux positions progressistes, explique que les catholiques progressistes agissent mais sans proclamer leurs valeurs. Pour faire face à cela comme le conclue Arnaud Gonzague, il va falloir que les catholiques de gauche fassent du bruit pour ne plus laisser les médias aux catholiques «identitaires».
Arnaud Gonzague n’a pas tort, c’est le moment pour les catholiques de gauche notamment pendant cette période électorale et pourquoi pas dès la Primaire citoyenne voulue par le Parti Socialiste pour enfin amener le débat sur ce qui est plus important en ce moment de crise économique, le social et la mise en place d’un système économique solidaire de son prochain, plutôt que de parler des sujets moraux (le mariage pour tous est civil et ne concerne pas l’Église) qui eux servent de diversions pour masquer la perte des droits des travailleurs et des chômeurs.
Merci !
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