Le Vatican veut que l'Église "soit un endroit sûr" après le sommet anti-abus

Publié le 18 Février 2019

Hernán Reyes Alcaide, correspondant à Rome nous montre sur periodisatdigital.com ce lundi 18 février 2018 qu’après le sommet mondial sur la lutte contre les abus qui se tiendra de jeudi à dimanche, le Vatican cherchera à "ce que l'Église soit un lieu sûr" et se concentrera sur "la responsabilité, la responsabilisation et la transparence "pour" affronter le monstre" de la pédophilie des membres du clergé.

 

"Nous avons demandé aux participants d'écouter les victimes avant de venir. Il est très important que nous gardions tous dans notre cœur les souffrances des victimes d'abus", a déclaré lundi le cardinal Blase J. Cupich, archevêque de Chicago et membre du conseil d'administration. Le comité d'organisation présentera à la presse le sommet qui se tiendra entre jeudi et dimanche avec la présence des présidents et des délégués de toutes les conférences épiscopales du monde entier.

 

Dans le même temps, l’archevêque de Malte, Charles Scicluna, a souligné les points centraux sur lesquels la réunion sera organisée. "Le premier jour sera la responsabilité, le second la responsabilité de ses actes ou la responsabilisation et le troisième sera la transparence", a déclaré Scicluna, membre du dicastère chargé de juger la pédophilie, dans la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. "Ce sont des valeurs de bon gouvernement lorsque vous voulez prévenir et protéger les enfants afin que l'Église soit l'endroit où ils devraient être en sécurité", a ajouté Scicluna.

 

L'ancien porte-parole du pape Federico Lombardi, qui agira en tant que modérateur lors de la réunion, a également confirmé que la réunion débuterait jeudi à 9 heures, avec une prière et une "brève introduction" du pape François. Lombardi a ajouté qu'il y aurait 190 participants, dont 114 présidents de conférences épiscopales et 12 religieuses. Ce jour-là, les participants, comme prévu par Digital Religion, verront une vidéo avec des témoignages de victimes d'abus avant de commencer à travailler dans la nouvelle salle de l’aula du Synode, qui fait partie de la salle de classe Paul VI, où le travail se déroulera de jeudi à dimanche.

 

"Nous devons remercier les victimes qui ont fait face à cela, elles l'ont fait pour nos enfants à tous", a ajouté le porte-parole du pape Alessandro Gisotti lors de la présentation de la réunion, au cours de laquelle le pape François sera présent à plein temps. Comme nous le montre periodistadigital.com (https://www.periodistadigital.com/religion/vaticano/2019/02/18/miguel-angel-hurtado-y-juan-carlos-cruz-participaran-en-la-cumbre-antipederastia-religion-iglesia-vaticano-papa-francisco-victimas-cumbre.shtml) cette rencontre sera traité sérieusement. Douze victimes, douze apôtres. Le sommet sur l'anti-pédophilie qui commence ce jeudi débutera par une réunion du comité d'organisation avec une douzaine de victimes d'abus sexuel du clergé. Parmi eux, deux hispanophones : Juan Carlos Cruz, victime de Karadima, et Miguel Ángel Hurtado, victime de sévices à Montserrat. De la même manière et dans un souci de transparence, le Saint-Siège a publié toutes les données relatives au sommet. Dans un modèle de questions-réponses, Rome a clarifié les doutes possibles concernant les participants, le format des réunions et les conclusions.

 

Enfin, une bonne nouvelle est tombée comme le montre francetvinfo.fr (https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/le-film-grace-a-dieu-de-francois-ozon-pourra-sortir-en-salles-ce-mercredi_3196137.html) puisque la justice autorise la sortie en salles du film Grâce à Dieu du réalisateur François Ozon, qui doit sortir en salle mercredi 20 février, a appris franceinfo. Inspiré de faits réels, il raconte l'histoire d'un prêtre mis en cause nommément pour des actes de pédophilie. Le juge des référés estime qu'il ne porte pas atteinte à la procédure judiciaire en cours.

 

Une autre décision est attendue mardi 19 février à 17 heures à Lyon, où le tribunal de grande instance examine le recours d'une psychologue bénévole, ancienne membre du diocèse lyonnais, qui a demandé que son nom soit retiré du film. Aujourd’hui âgée de 80 ans, Régine Maire estime que son portrait dans le film, est "une dénaturation" de sa personne. "Il me font jouer un rôle primordial que je n’ai jamais joué", assure-t-elle. Pour son avocat, elle est également présentée comme la psychologue du diocèse de Lyon, alors qu’à l’époque elle était une bénévole laïque du diocèse qui recevait des personnes en difficulté, à la demande du cardinal Barbarin. Le père Bernard Preynat, poursuivi pour agressions sexuelles, et dont le procès pourrait avoir lieu à la fin de l'année, avait déposé un recours en référé au tribunal administratif de Paris pour faire repousser la sortie du film, au nom de la présomption d'innocence.

 

Récompensé par le prix du jury pendant la Berlinale, samedi à Berlin, Grâce à Dieu raconte l'histoire de La Parole libérée, association créée par d'anciens scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon, près de Lyon, victimes du prêtre présumé pédophile. Alexandre Hezez, co-fondateur de La Parole libérée et qui fait partie des plaignants à l'origine de l'action en justice contre Mgr Barbarin, soupçonné d'avoir fermé les yeux sur les agissements du père Preynat, est incarné à l'écran par l'acteur Melvil Poupaud. Le juge des référés rappelle que "les spectateurs sont informés, à l'issue du film [et avant le générique], du principe de la présomption d'innocence dont bénéficie, comme toute personne, Bernard Preynat", ce qui "vient rappeler que la personne mise en cause, qui n'a pas été condamnée, est toujours à ce jour innocente".

 

Dans sa décision, le juge précise que "l'éventuel procès de Bernard Preynat n'est ni fixé, ni même prévu à une date proche" - il est prévu pour fin 2019 ou début 2020 - et que par conséquent la sortie du film mercredi "n'est pas de nature à constituer une atteinte grave au caractère équitable du procès et à la nécessité d'assurer la sérénité des débats devant le juge pénal". Par ailleurs, le juge estime que "l'affaire mettant en cause Bernard Preynat a rencontré un vif écho médiatique", qu'elle est donc déjà largement connue et donc que la suppression des prénom et nom du père n'est "pas de nature à empêcher l'identification évidente de Bernard Preynat comme auteur des supposés faits". Au contraire, le juge des référés estime que cette suppression aurait des "conséquences sur l'exploitation du film en l'état" à la date prévue de sa sortie le 20 février.

 

"Je regrette amèrement cette décision, non seulement dans l’intérêt du père Preynat mais plus largement dans l’intérêt général, réagit Me Emmanuel Mercinier, l'avocat du père Preynat. Présenter durant deux heures comme coupable un homme qui n’a pas encore été jugé comme tel constitue une atteinte à la présomption d’innocence que ne saurait évidemment pas faire disparaître le fait d’écrire ensuite le contraire durant deux secondes." LeMonde.fr (https://www.lemonde.fr/cinema/article/2019/02/18/decision-attendue-sur-la-sortie-en-salles-de-grace-a-dieu-mercredi_5424771_3476.html) nous apprend que son confrère Me Frédéric Doyez, avocat lyonnais du père Preynat, a précisé à l’AFP qu’ils allaient faire appel de la décision, mais que cela n’empêcherait pas le film de sortir. «C’est une question de principe, a-t-il fait valoir. C’est la porte ouverte au parasitage de l’action judiciaire» par des films.

 

Enfin, comme le montre L’OBS (https://www.nouvelobs.com/cinema/20190218.OBS0350/grace-a-dieu-le-film-d-ozon-sur-la-pedophilie-dans-l-eglise-est-autorise-a-sortir-en-salles.html) avec cette "fiction basée sur des faits réels", dans laquelle il utilise seulement les prénoms des victimes mais cite nommément le cardinal Barbarin, le père Preynat et Régine Maire – dont les noms, dit-il, "étaient déjà dans la presse" –, François Ozon a expliqué à l'AFP avoir voulu faire "un film citoyen" qui "pose des questions". Mais ce n'est pas "un film sur l'actualité", ni "à charge contre l'Église", a-t-il dit. "Mon film ne se place pas sur un aspect judiciaire, il se place sur l'aspect humain et sur la souffrance des victimes", a indiqué le réalisateur, qui a expliqué avoir pensé au départ "à tort" que les procès auraient lieu avant la sortie de son film.

 

Les choses semblent aller dans le bon ordre et cette rencontre au Vatican se passera au moment où sort Grâce à Dieu, qui espérons sera un signe d’une réelle réponse aux victimes que semble souhaiter le pape. Il devra faire attention aux évêques africains et asiatiques,  deux continents où on a du mal à lever les tabous sur le sujet des abus sexuels sur mineurs commis par des prêtres.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église, #Actualités

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