Un hebdomadaire italien et des victimes publieront vendredi en ligne une liste de prêtres pédophiles

Publié le 14 Février 2022

religiondigital.org nous montre ce lundi 14 février que l'hebdomadaire italien «Left» publiera vendredi prochain, en collaboration avec les associations de victimes de prêtres pédophiles, une base de données avec les noms des prêtres condamnés ou enquêtés pour maltraitance d'enfants, qui sera mise à jour, en raison de l'inaction de la Conférence épiscopale de le pays qui arrête tout type d'enquête sur les cas.

 

Neuf groupes de victimes d'abus par le clergé se sont réunis, pour avoir plus de poids et programmer des mobilisations, dans un consortium qui sera présenté demain dans un événement en ligne intitulé "Au-delà du grand silence" dans lequel diverses associations catholiques et tag seront lancées : #ItalieChurchToo, afin de demander une enquête sur les cas d'abus dans l'Église italienne comme cela a été fait dans d'autres pays. La première initiative a été de créer la première base de données, grâce à la collaboration de l'hebdomadaire "Left" et de l'association des victimes Rete L'Abuso, qui sera disponible à partir du 18 février (https://chiesapedofili.left.it) montrant, pour l'instant, les 50 premiers cas enregistrés et vérifiés, avec plus de 140 victimes.

 

L'hebdomadaire explique qu'au fur et à mesure du traitement du grand nombre de documents qu'ils ont collectés, le site sera mis à jour en temps réel et que, pour le moment, il y a encore 300 cas qui ont déjà été vérifiés et sont en cours de traitement. Le nom du prêtre apparaîtra dans la base de données (si connu) en précisant s'il a été condamné ou fait toujours l'objet d'une enquête, le type de crime inculpé, le nombre connu de victimes, l'année où le crime a été commis, la date à laquelle l'affaire a été connue, le diocèse auquel il appartient et les éventuelles sanctions canoniques, explique l'hebdomadaire d’orientation progressiste. "C'est notre ferme intention d'aller au fond de ces histoires et de vérifier s'il y en a d'autres, dont malheureusement nous savons déjà que nous ne pouvons pas les exclure", indiquent-ils à "Left".

 

Grâce aux archives de l'association Rete L'Abuso, fondée en 2010 par Francesco Zanardi, enfant victime d'un prêtre de Savone, il existe déjà une première carte des crimes de pédophilie dans les diocèses italiens et "d'où il ressort qu'au moins 360 prêtres ont été dénoncés au cours des 15 dernières années", a expliqué le militant à Efe. Pour Zanardi, cette mobilisation "espère donner de la visibilité à cette question qui n'est pas traitée par les médias italiens et encore moins par les institutions". "En Italie, il y a un silence écrasant", déplore-t-il. Le militant espère qu'une enquête indépendante pourra également être lancée en Italie, comme cela a été fait en France ou en Allemagne, ou une commission parlementaire d'enquête, car il assure que "tout type de rapport préparé par la Conférence épiscopale italienne n'aurait aucune crédibilité".

 

Pour le moment, les évêques italiens sont divisés sur la possibilité d'une enquête. Ceux qui semblent plus ouverts sont le cardinal Paolo Lojudice, archevêque de Sienne, et l'archevêque de Modène, Erio Castellucci, et l'actuel président de la CEI, Gualtiero Basseti, n'ont pas non plus fermé les portes, mais en général il y a une forte opposition. C’est sans doute pour cela que le pape François a acté, ce lundi 14 février, la division de la Congrégation pour la doctrine de la foi en deux sections la première s’occupera des questions doctrinales, la seconde aura pour tâche d’examiner les délits les plus graves commis dans l’Église, dont la pédophilie (https://www.la-croix.com/Religion/Pedophilie-pape-acte-creation-dune-section-disciplinaire-dediee-Vatican-2022-02-14-1201200262).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

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