«Aux antipodes du message du Christ» : des catholiques réclament une consigne claire des évêques contre Le Pen
Publié le 19 Avril 2022
LeParisien.fr avec l’AFP nous montre ce mardi 19 avril 2022 qu’alors que l’épiscopat n’a toujours pas donné de consigne de vote pour le second tour, plusieurs associations et personnalités catholiques appellent à faire front contre l’extrême-droite et réclament une prise de parole publique des évêques de France.
À l’approche du second tour de l’élection présidentielle, de nombreuses voix parmi les catholiques regrettent le manque de prise de parti de l’Église contre Marine Le Pen et reprochent à l’épiscopat d’être trop frileux, comme il y a cinq ans. «Davantage qu’en 2017, la candidate Marine Le Pen a la possibilité de remporter cette élection présidentielle», s’alarme le père Christian Delorme, prêtre du diocèse de Lyon, l’un des initiateurs de la Marche des Beurs en 1983, dans une tribune au Monde lundi. Cet homme d’Église se désole des scores cumulés obtenus au premier tour par Marine Le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan chez les catholiques : 40 % ont voté pour l’extrême droite, contre 30 % dans la population totale, selon un sondage Ifop pour La Croix. «Un échec pour le christianisme», écrit-il. Un «chiffre [qui] bouleverse», ajoute-t-il, aux côtés de plusieurs personnes engagées dans l’Église, dont la directrice de Témoignage chrétien Christine Pedotti, dans un autre appel aux catholiques «tentés de voter pour la candidate d’extrême droite». «La préférence nationale, le refus d’accueillir l’étranger, le repli identitaire, la peur d’un supposé grand remplacement, la défense d’une civilisation chrétienne sont aux antipodes du message et de la vie du Christ», font-ils valoir.
D’autres expressions ont vu le jour également, comme cette tribune de 26 organisations chrétiennes - dont le Secours catholique et les Scouts et Guides de France - qui réclament «d’éviter le pire», dans le quotidien Ouest-France. Ou encore celle du collectif Anastasis, groupe de «réflexion-action » de jeunes chrétiens, qui réclame dans un communiqué de «repousser le danger le plus imminent» et indique clairement vouloir voter «pour Emmanuel Macron», écartant l’abstention.
Ces appels interviennent alors que la Conférence des évêques de France (CEF) n’a pas donné de consigne de vote pour le second tour. Mercredi, son conseil permanent (l’exécutif) s’était contenté de rappeler «aux catholiques l’importance de voter et de le faire en conscience, à la lumière de l’Évangile et de la doctrine sociale de l’Église». Seul l’archevêque de Strasbourg, Mgr Luc Ravel, a pris clairement parti, à titre personnel, estimant qu’Emmanuel Macron «paraît bien plus, dans la situation internationale et nationale d’aujourd’hui, capable de fédérer». «Le vote de protestation que l’une des candidates porte ne me semble pas cohérent avec aujourd’hui le besoin de calme, de critique, certainement aussi, donc de critique positive et d’unité nationale», a-t-il ajouté sur Franceinfo vendredi.
Dans sa tribune, le père Delorme réclame d’aller plus loin. Il en appelle «à une parole publique de la part des évêques de France pour que ceux-ci affirment collectivement qu’un vote en faveur d’un(e) candidat(e) d’extrême droite est incompatible avec la foi chrétienne». L’épiscopat avait pris position contre le Front national en 2002, mais pas en 2017, avant le second tour qui avait déjà opposé Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ce qui lui avait été reproché par des catholiques. Christian Delorme avance au moins deux explications : «l’horreur et l’ampleur des crimes pédophiles dans l’Église ont considérablement affaibli l’autorité morale de cette dernière».
En janvier, les évêques, en présentant un texte - très prudent - avant le scrutin, avaient en effet admis s’exprimer «avec humilité», trois mois après la parution du rapport Sauvé sur l’ampleur de la pédocriminalité dans l’Église. «On sent également une crainte, dans l’épiscopat, de toute division interne. Il y a, pareillement, la peur de déchirer les communautés chrétiennes et même la peur de devoir faire face à la fronde - ou à la désertion - d’une part importante des forces militantes actuelles du catholicisme français», analyse le père Delorme.
Et pour ceux qui veulent toujours voter Marine Le Pen, il suffit de voir son inspirateur le Premier ministre hongrois Victor Orban qui avec parti polonais Droit et justice a fait de son pays un des laboratoires de la prise de pouvoir par l’extrême droite, à coup de mise au pas de la justice, de mainmise sur les médias, de rhétoriques et de politiques racistes, en criminalisant directement les organisations et les personnes qui aident les migrant·es, les associations et ONG ont fait face à des attaques à répétition depuis plusieurs années, la baisse d’impôts pour les entreprises, et la baisse des droits pour les travailleur·ses, tout en tentant de faire une loi augmentant le seuil des heures supplémentaires des travailleur·ses hongrois·es sans y arriver, et d’attaques aux droits des femmes. Et enfin, George Soros, qui figure aussi parmi les plus grands philanthropes du monde, est devenu le bouc émissaire préféré du pouvoir, du fait qu’il critique la théorie du laissez-faire des marchés rêve aussi de changer le monde, il défend corps et âme l’idéal de “société ouverte”, et il répète à foison qu’aucune philosophie ou idéologie ne détient la vérité absolue – d’où l’importance de défendre des sociétés démocratiques (https://www.lesinrocks.com/actu/qui-est-george-soros-le-milliardaire-deteste-par-la-fachosphere-149976-16-06-2018/).
Marine Le Pen n’est pas une démocrate, et elle n’est pas là pour sauver le pouvoir d’achat, lui donner le pouvoir est trop risqué pour la démocratie. Ne vous abstenez pas cela profitera à cette dernière, votez même blanc s’il le faut si aucun des deux candidats n'a votre faveur, mais ne donnez pas une voix à l’extrême droite.
Merci !
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