Pédocriminalité dans l'Église : les victimes toucheront jusqu'à 60 000 euros d'indemnisation, trois critères seront pris en compte

Publié le 1 Juin 2022

francetvinfo.fr nous montre que les victimes de pédocriminalité dans l'Église seront indemnisées à hauteur de 60 000 euros au maximum, a appris franceinfo mercredi 1er juin 2022, auprès de l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) qui a fixé ce plafond. L'Inirr a été créée en novembre 2021, elle est chargée d'instruire les demandes des victimes de violences sexuelles au sein de l'Église. L'Inirr précise qu'elle prendra en compte trois critères pour établir le montant des réparations : la nature des faits subis, les conséquences notamment psychologiques sur la victime et la façon dont l'Église a réagi ou non.

 

«Au 31 mai, on a 736 personnes victimes qui se sont adressées à nous», dont «un peu plus de la moitié qui, dès le départ, demande une réparation financière, sans l’avoir nécessairement chiffrée», a déclaré lors d’une conférence de presse Marie Derain de Vaucresson, présidente de cette structure qui s’adresse aux victimes de prêtres ou de laïcs dans divers lieux d’Église (hors congrégations). Cette réparation «ne comprend pas de plancher», mais pourra aller jusqu’au «montant maximal» de «60 000 euros» (https://www.sudouest.fr/societe/religion/pedocriminalite-dans-l-eglise-des-reparations-allant-jusqu-a-60-000-euros-11143207.php)

 

Pour chacun de ces critères, une échelle d'évaluation de 1 à 10 a été établie. Par exemple, 1/10 pour une exhibition sexuelle, 10/10 pour des viols répétés. La première échelle évalue la gravité des faits de violences sexuelles, la deuxième mesure la gravité des «manquements» de l’Église, la troisième évalue «la gravité des conséquences sur la santé» (physique, mentale et sociale). Dans certains cas, des majorations seront possibles, si ont été constatés un éventuel comportement d’emprise ou des conséquences sur la vie scolaire ou professionnelle par exemple (https://www.sudouest.fr/societe/religion/pedocriminalite-dans-l-eglise-des-reparations-allant-jusqu-a-60-000-euros-11143207.php). Toutefois, il n'y aura pas d'automaticité, le collège d'experts chargé de déterminer le montant de l'indemnisation le fera au cas par cas, dans la limite de 60 000 euros. La Commission reconnaissance et réparation (CRR) a retenu le même plafond. La CRR s'occupe uniquement des victimes au sein des congrégations. En Allemagne ou en Suisse, ce plafond est moins élevé.

 

Le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'église (Ciase), dirigée par Jean-Marc Sauvé, estime à 216 000 le nombre d'enfants victimes d’attouchements, d’agressions sexuelles ou de viols par des religieux, dans le cadre de l’institution. Ce chiffre passe à "330 000 si l'on ajoute les agresseurs laïcs travaillant dans des institutions de l’Église catholique", indiquait en octobre 2021 Jean-Marc Sauvé.Il y a deux mois, plus de 500 personnes avaient saisi l'Inirr. Les premières décisions de réparation doivent être annoncées sans tarder.

 

Après 25 ans de carrière dédiée aux personnes victimes, Marie Derain de Vaucresson imagine un avenir dense pour l’Inirr, au regard des chiffres de la Ciase. Fin 2022, au moment du rapport annuel, 1500 personnes pourraient s’être manifestées, affirme-t-elle, réitérant la nécessité «d’un début et d’une fin» à cette instance. À l’issue de son mandat de trois ans, renouvelable une fois, elle préconise sa pérennisation sous une forme différente. L’ancienne Défenseure des enfants évoque un accompagnement plus durable, par exemple par des soignants formés au psychotrauma. «Notre travail est important, mais forcément insuffisant au regard des drames vécus», concède-t-elle (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2022-06/inirr-france-protection-mineurs-abus-eglise-victimes-ecoute-cef.html).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

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