Migrants. Le cri du cœur d'un évêque
Publié le 20 Octobre 2022
Alban de Montigny nous montre dans son article dans lepelerin.com du mercredi 19 octobre 2022 qu’évêque d’Arras depuis deux ans, Monseigneur Olivier Leborgne côtoie de près les exilés qui tentent de rejoindre l’Angleterre en passant par Calais. Il publie le 21 octobre un texte poignant et engagé pour interpeller les consciences.
"Je suis assez cash, direct, c'est mon tempérament", confie Mgr Olivier Leborgne, évêque d'Arras. Cette liberté de parole se retrouve dans un livre, Prière pour les temps présents. Un coup de gueule mûrement réfléchi, car «La résignation que j'ai perçue chez certains chrétiens estimant que la situation des migrants est triste mais qu'ils n'y peuvent pas grand-chose, m'a poussé à écrire», né de sa rencontre avec les migrants à Calais, ville de son diocèse. Des hommes et des femmes dont les campements de fortune sont démantelés toutes les 48 heures par les forces de l'ordre. Au sein du clergé local il y a des sensibilités ecclésiales très différentes, mais les prêtres se retrouvent sur ce sujet. Et à son arrivée à Arras, ils l'ont alerté : "La situation de ces personnes se dégrade, ce n'est pas une question politique mais humanitaire" (https://www.lepelerin.com/dans-l-hebdo/vie-d-eglise/interview-exclusive-monseigneur-leborgne-je-ne-peux-me-resigner-6829). Tandis que les associations qui les aident à survivre voient leur action entravée. Malgré ce quotidien éreintant, les exilés restent déterminés. Depuis le début de l'année, près de 30 000 ont rejoint l'Angleterre à bord de canots.
Face à cette réalité, Olivier Leborgne ose une parole et n’est «pas favorable à un durcissement de la politique migratoire». Il est aussi «très frappé de voir que les habitants de Calais ne se sont jamais plaints de l'action du Secours catholique, de l'accueil de jour ouvert par l'association. Je suis admiratif de l'engagement de beaucoup de Calaisiens sur cette question, déterminés et réfléchis.» Il signale aussi que «Le Secours catholique plaide pour changer la nature des relations entre l'État et les associations : cessons de nous regarder comme des ennemis, mais considérons-nous comme des partenaires, des partenaires parfois un peu fermes et ayant conscience de leurs désaccords mais qui cherchent ensemble des solutions» (https://www.lepelerin.com/dans-l-hebdo/vie-d-eglise/interview-exclusive-monseigneur-leborgne-je-ne-peux-me-resigner-6829). Que l'on partage ou non son regard, ce texte nous questionne, nous bouscule. Et ouvre une réflexion.
Olivier Leborgne, évêque d'Arras, célèbrera à 14h30 la cérémonie d’obsèques de Lola à la collégiale Saint-Omer de Lillers, près de Béthune, a indiqué la communication du diocèse d'Arras, confirmant une information du Parisien. Lillers est la ville d'origine de la mère de la collégienne de 12 ans découverte morte dans une malle. Mgr Leborgne souhaite "manifester la sollicitude des catholiques du Pas-de-Calais et au-delà, en célébrant les obsèques de la petite Lola", après ce drame qui a suscité une vive émotion en France. Vendredi, un rassemblement pour "rendre hommage à Lola" et "soutenir sa famille et ses proches" est prévu à Fouquereuil, commune du Béthunois d'où est originaire le père de la jeune fille (https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/mort-de-lola-les-obseques-de-la-jeune-fille-celebrees-lundi-dans-le-pas-de-calais-2639512.html).
Ce choix n’est pas un incident puisque loin du battage médiatique parisien, les parents de Lola se sont réfugiés depuis quelques jours à Fouquereuil (Pas-de-Calais), d'où ils sont originaires. "Ils ont coupé leur téléphone, ils ne regardent pas la télé. Ils ne veulent surtout pas de récupération politique", a fait savoir le maire de cette commune au Parisien, car selon lui, il n’a «pas ressenti de haine chez eux. Ils sont dans la sidération, l’incompréhension» (https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/meurtre-de-lola-comment-l-extreme-droite-tente-de-recuperer-l-affaire-a-son-compte_5427274.html).
Merci !
/image%2F0550723%2F20150910%2Fob_d8078e_jesus-001.jpg)