Zöllner demande que, si cela est légal, l'Église française révèle le nom des évêques abuseurs

Publié le 10 Novembre 2022

"Si c'est légalement possible, il faut donner des noms, sinon il y a un risque que la suspicion se répande sur tout le monde". Ce sont les propos du jésuite allemand Hans Zöllner concernant les révélations faites le 8 novembre par le président de la Conférence épiscopale française, selon lesquelles il y aurait au total onze évêques gaulois enquêtés pour des cas d'abus comme nous le montre religiondigital.org ce jeudi 10 novembre 2022.

 

«Tout d'abord, je ressens un grand étonnement et un grand choc. Cela révèle un grand échec de l'institution depuis des décennies. C'est très clair pour les évêques de France», explique le directeur de l'Institut d'anthropologie, d'études interdisciplinaires sur la dignité humaine et la prise en charge des personnes vulnérables de l'université grégorienne dans un entretien à La Croix recueilli par l'agence Sir. «Cependant, ajoute Zollner, il manque une dimension essentielle : la Conférence épiscopale française devrait communiquer les noms, si cela est légalement possible. Sans cela, il y a un risque que la suspicion généralisée retombe sur tout le monde. Il faut admettre et toujours dire le vérité, avec la clarté nécessaire», souligne-t-il à propos des cas de Mgr Santier et du cardinal Ricard.

 

Concernant les normes de transparence exigées par le pape François, Zöllner assure que, «comme on peut le voir, à l'ère du numérique, il est illusoire de vouloir cacher des choses qui, tôt ou tard, seront révélées, avec scandale. C'est une règle de communication qui Nous n'avons toujours pas appris.» «Dans l'Église - poursuit le jésuite - nous n'avons pas encore compris comment fonctionne la communication dans le monde d'aujourd'hui. Nous devons garder à l'esprit que les cas finissent toujours par être révélés, tôt ou tard. Quant à la transparence des sanctions canoniques, les victimes doivent aussi y avoir accès. Aujourd'hui ce n'est pas le cas», reconnaît-il dans La Croix.

 

Enfin, radiofrance.fr (https://www.radiofrance.fr/franceinter/la-femme-qui-se-dit-victime-du-cardinal-ricard-a-eu-un-choc-enorme-d-apres-la-porte-parole-des-religieux-8877785) se demande si le cardinal Jean-Pierre Ricard a-t-il tout dit dans sa lettre de confession à la Conférence des évêques ? Que s’est-il exactement passé il y a 35 ans lorsqu’il était curé dans les Bouches-du-Rhône ? Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour "agression sexuelle aggravée". À ce stade, l’Église et la justice évoquent un baiser sur une adolescente de 14 ans. La présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, Véronique Margron a recueilli le témoignage de la femme qui se dit victime du cardinal Ricard, c’est cette dernière qui a contacté les autorités religieuses directement.

 

Auprès de France Inter, elle souligne qu'il est "fort possible" "que l'auteur des faits, Jean-Pierre Ricard, minimise" ce qu'il s'est passé, car cette femme a "vécu un traumatisme extrêmement fort". Pour la porte-parole des religieux et religieuses de France, ce témoignage interdit à Mgr Jean-Pierre Ricard de rester cardinal. "Des mesures disciplinaires seront prises à Rome à son encontre, je ne peux pas imaginer que jusqu’à 80 ans, il pourrait être électeur du prochain Pape dans le contexte où nous parlons. Cela me paraît moralement impensable." Véronique Margron espère que l’enquête judiciaire ouverte à Marseille permettra d’établir s’il existe d’autres victimes même si les faits sont prescrits.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

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