Elles demandent au pape "d'intervenir" auprès de la commission anti-abus du Vatican après la démission de Zöllner
Publié le 4 Mai 2023
José Lorenzo nous montre ce jeudi 4 mai 2023 sur religiondigital.org qu’après la démission surprenante de Hans Zöllner, les eaux continuent de couler dans la tourmente pour la Commission pontificale pour la protection des mineurs du Vatican, dont le jésuite est sorti en claquant fort fin mars dernier.
Aujourd'hui, l'ancienne présidente de l'Irlande, Mary McAleese, et la survivante des abus à Dublin, Marie Collins, ont écrit une lettre au pape demandant "un examen externe et indépendant" de cet organe du Vatican, considéré comme le fer de lance de la lutte contre le fléau de la pédophilie ecclésiastique, et a été créé par le pape François en 2014. Dans leur lettre, les deux femmes ont exprimé leur "profonde inquiétude" face à la démission de la commission "de son membre fondateur le plus expérimenté, le plus respecté et le plus distingué au monde, le père Hans Zöllner SJ", rapporte The Irish Times.
Dans sa démission, expliquée lors d'une conférence de presse à Rome, Zöllner a invité la Commission pontificale, présidée par le cardinal de Boston Sean Patrick O'Malley, à prendre au sérieux les principes de "transparence, conformité et responsabilité". De l'avis de McAleese et Collins, des personnalités éminentes de l'Église tentent de "discréditer le père Zöllner", dont l'intégrité et l'honnêteté, à leur avis, "ne font aucun doute. Son engagement à protéger les enfants au sein de l'Église est sans égal." "Vous, qui avez nommé le père Zöllner, savez le respect extraordinaire que son travail lui a valu dans le monde entier et qu'il a été essentiel pour reconstruire la confiance brisée des victimes et des fidèles", soulignent-ils dans la lettre.
Pour cette raison, elles ont exhorté le pape à empêcher que la commission désormais "sombre sans laisser de trace et emporter avec elle la crédibilité du Saint-Siège", rappelant que cet organe - dont Marie Collins elle-même faisait partie, jusqu'à ce qu'elle présente également sa démission en 2017 en raison de la "résistance" qu'il y a rencontrée - "c'était, à ses débuts, une initiative papale bienvenue et indispensable", et que "une décennie plus tard, elle a besoin d'une autre intervention papale". "Nous lui souhaitons du succès dans la gestion de cette situation malheureuse qui ne peut que causer plus d'angoisse aux victimes, en particulier à celles dont les espoirs avaient été suscités, pour être à nouveau anéantis", concluent McAleese et Collins dans leur pétition au pape.
La commission se réunit à Rome cette semaine pour un sommet précédemment prévu du 3 au 6 mai, son président, le cardinal Sean O'Malley de Boston, a déclaré que l'organisme répondrait aux préoccupations soulevées par Zöllner, tout en notant qu'il n'était pas du tout d'accord avec l'évaluation du jésuite de l'efficacité de la commission (https://www.ncronline.org/vatican/vatican-news/popes-abuse-commission-meets-amid-turmoil-facing-calls-greater-transparency). Pour convaincre, il faudra que la commission soit plus transparente.
Merci !
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