Abus sexuels : «C'est accablant pour l'Église!», déplore Mgr Lovey

Publié le 13 Septembre 2023

cath.ch nous montre que Mgr Jean-Marie Lovey a déploré, le mercredi 13 septembre 2023, le nombre «effarant» de victimes d’abus sexuels dans l’Eglise en Suisse révélé par le projet pilote de l’Université de Zurich (1002 cas d’abus sexuels sur 921 victimes pour 510 auteurs), rendu publique le 12 septembre. L’évêque de Sion a informé d’une procédure canonique en cours contre un prêtre incardiné dans le diocèse. Au sujet de l’enquête lancée par Rome sur des membres de la Conférence des évêques suisses (CES), dont lui-même, Mgr Lovey a affirmé qu’il se mettrait en retrait durant l’enquête «si les faits objectifs venaient à le mettre en cause durant l’enquête préliminaire». L’évêque de Sion a affirmé ne pas avoir détruit de documents d’archive depuis son arrivée à la tête du diocèse. Une démarche cependant réalisée par son prédécesseur.

 

cath.ch (https://www.cath.ch/newsf/st-maurice-mis-en-cause-mgr-scarcella-suspend-sa-charge/) nous montre aussi que Mgr Jean Scarcella, père abbé de Saint-Maurice (VS), annonce le 13 septembre 2023 qu’il est mis en cause dans l’enquête préliminaire ordonnée par le dicastère des évêques à Rome et confiée à Mgr Joseph Bonnemain, évêque de Coire. Mgr Scarcella a décidé de suspendre sa charge jusqu’à la fin de l’enquête préliminaire. L’intérim est assuré par le prieur de St-Maurice, Roland Jacquenoud. L’enquête lancée par Rome fait suite à une dénonciation aux instances vaticanes effectuée par l’abbé Nicolas Betticher, officiant à Berne. Le contenu de sa lettre a été partiellement repris dans un article du Sonntagsblick, le 10 septembre 2023, puis par un communiqué de la CES, le même jour. Les textes relaient notamment des accusations de dissimulation d’abus sexuels contre Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), contre Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de LGF et contre Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion. Ils ne mentionnent cependant pas Mgr Scarcella. Contacté par cath.ch, Olivier Roduit, chanoine de St-Maurice, assure que l’abbaye ne spécifiera pas les motifs de la mise en cause du père abbé. Il indique que le chanoine Roland Jacquenoud prendra le relais de la direction de l’abbaye.

 

catch.ch  (https://www.cath.ch/newsf/mgr-felix-gmur-je-pense-aux-victimes-des-abus-sexuels/) nous montre aussi que Felix Gmür dans une déclaration à la suite de la publication du rapport sur l’histoire des abus sexuels en Suisse souligne que «Les abus sexuels commis par des membres du clergé m’affectent profondément. Ce qui s’est passé me bouleverse et me laisse sans voix». «Je pense aux victimes» souligne-t-il. Pour le président de la Conférence des évêques suisses, «ces événements sont totalement incompatibles avec le message de salut de Jésus (…) Les rapports et débats actuels ont déclenché beaucoup de souffrance et de stress, en premier lieu pour les victimes des abus et leurs proches, mais aussi pour les fidèles». Mgr Gmür rappelle aussi que de nombreuses personnes ne peuvent parler de ce qu’elles ont vécu que de nombreuses années plus tard. Comme les évêques suisses l’ont déjà fait à plusieurs reprises, Mgr Gmür reconnaît les fautes commises dans le diocèse de Bâle. «J’assume la responsabilité de la dette contractée par notre Église diocésaine et demande pardon pour les souffrances causées.»

 

Enfin l’évêque de Bâle pense aux fidèles choqués par ces révélations et qui se demande en qui ils peuvent avoir encore confiance. En ce sens il rappelle que de nombreuses mesures ont déjà été prises ces dernières années avec notamment la mise en place d’un concept diocésain de protection «Abus sexuel dans le contexte ecclésial: prévention et intervention»«Il s’agit de continuer à améliorer ces mesures et à les appliquer avec conviction intérieure. (…) Mon objectif est d’être toujours plus attentif dans le diocèse aux situations qui favorisent les abus, pour pouvoir réagir immédiatement de manière adéquate. Je veux tout mettre en œuvre pour que s’épanouisse toujours plus une culture de l’attention et des rapports respectueux les uns avec les autres. Je remercie infiniment toutes celles et ceux qui sont en pastorale et qui remplissent leur ministère avec respect, soin et sens des responsabilités.»

 

RFI.fr (https://www.rfi.fr/fr/europe/20230912-un-millier-d-abus-sexuels-dans-l-%C3%A9glise-catholique-suisse-la-pointe-de-l-iceberg-selon-les-enqu%C3%AAteurs) nous montre aussi que des victimes ont été répertoriées dans tous les diocèses du pays, des hommes en majorité. Dans les trois quarts des cas, il s'agit de mineurs. Le rapport évoque même des cas de nourrissons abusés. Cela pouvait se passer n'importe où : pendant les confessions, les services ou dans les nombreux internats gérés par les ecclésiastiques en Suisse, surtout au siècle dernier. L'abbé Nicolas Betticher, qui a demandé au pape d'enquêter sur plusieurs cas suspects, se félicite de voir la vérité éclater enfin : «J'ai reçu, depuis que ma lettre au Saint-Père a été publiée, beaucoup d'appels téléphoniques de victimes qui me disent : "Merci de faire quelque chose, mais, je n'ai pas la force d'annoncer ce que j'ai subi." Donc, il y a là un immense désarroi.»

 

Pendant très longtemps, la seule réponse des autorités était de couvrir les prêtres abuseurs, voire de les transférer loin de leurs victimes, comme ça a pu être fait en France notamment. «Il est évident que nous avons tous failli au niveau l'Église. L'Église universelle, pourquoi ? Parce que nous avons la même structure partout. On ne peut plus maintenir le concept qu'un évêque soit à la fois le père spirituel, le juge suprême, le responsable de l'exécutif, et en même temps celui qui fait les lois», poursuit l'abbé Nicolas Betticher. L'Église suisse reconnaît son échec à protéger les victimes et promet des réformes. Les chercheurs, eux, vont continuer d'enquêter. En attendant, peut-être, des suites judiciaires.

 

L'Église catholique aurait dû commencer à laisser les historiens travailler indépendamment sur ses archives il y a vingt ans, déplore Monika Dommann. L'Université de Zurich va poursuivre et élargir son travail de 2024 à fin 2026, en accord avec les mandataires pour établir l'ampleur réelle des abus, la responsabilité de l'État dans le placement de mineurs et les liens entre les spécificités catholiques et les abus (https://www.rts.ch/info/suisse/14306183-mille-situations-dabus-sexuels-documentees-dans-leglise-catholique-en-suisse.html).

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église, #Actualités

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