Lutte contre l’antisémitisme : Emmanuel Macron appelle les cultes à un «effort pédagogique»
Publié le 13 Novembre 2023
Rose Amélie Becel nous montre dans publicsenat.fr que ce lundi 13 novembre, le président de la République recevait les représentants des cultes à l’Elysée, en présence du ministre de l’Intérieur. «Ce qu’il s’est passé à l’instant à l’Elysée, à l’initiative du président de la République et en présence du ministre de l’Intérieur, c’est une première démarche», analyse Elie Korchia, président du consistoire central israélite de France, à la sortie de la rencontre des représentants des cultes avec Emmanuel Macron ce lundi matin. Un premier signe d’action, après la grande marche contre l’antisémitisme du 12 novembre, qui a rassemblé 105 000 personnes à Paris et à l’issue de laquelle le président du Sénat Gérard Larcher avait déclaré «une marche doit conduire à une démarche».
Interrogés à la sortie de la rencontre, les représentants des cultes notamment le président de la Confédération des évêques de France Éric de Moulins-Beaufort qui a énuméré les sujets abordés lors de cette rencontre : «Le président nous a expliqué la position de la France dans le conflit entre Israël et le Hamas, puis il a évoqué les perspectives pour un avenir de paix entre Israël et la Palestine. Il a aussi évoqué la société française et l’enjeu que nous assumions notre universalisme républicain, dans un esprit de fraternité.»
Et ils ont affirmé la nécessité de s’adresser à la jeunesse car «Le président nous a encouragé à multiplier les actions éducatives, en particulier en direction des jeunes, parce qu’il sent qu’il y a une population qu’on n’a pas forcément vue et entendue [lors de la marche du 12 novembre]», a indiqué Éric de Moulins-Beaufort. Selon le représentant du culte catholique, c’est Gérald Darmanin qui sera chargé «de prendre les contacts nécessaires pour que ces suites puissent avoir lieu», ainsi le président compte ainsi sur les représentants des cultes pour «participer à un effort pédagogique», comme l’a souligné le président de la Fédération protestante de France, Christian Krieger. «Nos jeunes sont parfois enfermés dans leur propre langage et leur propre réflexion, sans aller vers l’autre. L’objectif du président c’est que cette parole puisse être diffusée dans la jeunesse», complète Eli Korchia, président du consistoire central israélite de France.
Parmi les mesures concrètes demandées, le grand rabbin de France Haïm Korsia souhaite que l’antisémitisme soit érigé en grande cause nationale, même s’il n’a pas réitéré cette demande devant le chef de l’État ce matin. «Cette demande, je la réitère à de nombreuses reprises parce que cela voudrait dire qu’on lutte avec tous les moyens de l’État. À travers cette lutte contre l’antisémitisme, ce serait aussi la grande cause de la lutte contre le racisme, les inégalités, les rejets qui existent dans la société», estime Haïm Korsia.
Les prises de paroles à l’issue de cette rencontre ont aussi été l’occasion pour les représentants du culte musulman de clarifier leur position, puisqu’ils n’étaient pas représentés lors de la marche du 12 novembre. «J’ai trouvé qu’à ce moment précis où la France est extrêmement émue, en colère, où il y a des otages… Au lieu de faire une marche contre l’antisémitisme, il aurait fallu [en] faire une lutte contre le racisme», a déploré le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz. «J’ai asséné avec énormément de force que l’Islam et les musulmans ne peuvent pas être antisémites et que l’antisémitisme ne passera pas par les mosquées de France», a-t-il ajouté. Sans vouloir «faire de concurrence victimaire» avec ce que subissent aujourd’hui les personnes juives, Chems-Eddine Hafiz a affirmé que la séquence ouverte par les attaques du Hamas en Israël était aussi propice à «un déchaînement de déclarations faites contre les musulmans». Pour prolonger leur message d’unité dans la lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de haine, les représentants des cultes catholique, protestant et orthodoxe rendent par ailleurs visite au recteur de la Grande mosquée de Paris ce lundi après-midi.
Étaient également invités à cette réunion, en présence du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le président de l’Union des moquées de France Mohammed Moussaoui, ainsi que Sadek Beloucif pour le Forum de l’islam de France (Forif), Dimitrios Ploumis pour le culte orthodoxe et Antony Boussemart pour les bouddhistes. Environ 105 000 personnes à Paris et au total 182 000 dans toute la France ont manifesté dimanche face à l’explosion du nombre d’actes hostiles aux juifs depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre. Dans une lettre publiée samedi par le quotidien Le Parisien, Emmanuel Macron a déploré «l’insupportable résurgence d’un antisémitisme débridé» et jugé qu’une «France où nos concitoyens juifs ont peur n’est pas la France». «La France doit rester unie derrière ses valeurs, son universalisme, unie pour elle-même, pour porter son projet et œuvrer à la paix et la sécurité de tous au Proche-Orient», avait-il ajouté (https://www.20minutes.fr/societe/4062080-20231113-antisemitisme-macron-appelle-cultes-effort-pedagogique-aupres-jeunes).
Merci !
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