Vocation, pastorale, figure du prêtre : les conseils du pape aux séminaristes français

Publié le 1 Décembre 2023

vaticannews.va nous montre ce 1er  décembre 2023 nous montre que le cardinal Pietro Parolin a transmis le message du Pape aux plus de 700 séminaristes et formateurs de séminaires en France, rassemblés pour la première fois depuis près de dix ans à Paris du 1er au 3 décembre. Le pape François les exhorte à adopter «un nouveau style pastoral de proximité, de compassion, d’humilité, de gratuité, de patience, de douceur, de don radical de soi aux autres, de simplicité et de pauvreté» pour affronter le contexte culturel du pays, où «la figure du prêtre a perdu prestige et autorité».

 

Le pape les conforte également dans le célibat, «exigence mystique» selon lui, car «Le prêtre est célibataire -et il veut l’être- parce que Jésus l’était, tout simplement.» et que «Personne n’a le pouvoir de changer la nature du sacerdoce et personne ne la changera jamais», a-t-il précisé. Cependant comme le montre Christine Pedotti dans marianne.net (https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/celibat-des-pretres-cest-tout-le-systeme-prohibitionniste-sur-la-sexualite-quil-faut-repenser) le célibat des prêtres dans le christianisme n'est pas universel, ni originel. Ce n'est même pas une prescription théologique. On le date du XIIIe siècle. Il s'est donc écoulé plus de mille ans d'histoire du catholicisme avant cette obligation. Elle a d'ailleurs été très difficile à imposer : on compte énormément de textes datant du Moyen-Âge qui ne cessent de vitupérer contre les prêtres qui rompent leur célibat. C'est ce qu'on appelle le «nicolaïsme». On peut voir dans cette prescription du célibat des raisons très pragmatiques : ce qui hante l’Église, c’est l’idée que les fils de prêtres puissent hériter des biens ecclésiastiques. Historiquement, être prêtre, c’est une situation plutôt gracieuse. Il fallait que leurs biens demeurent propriété de l’Église et soient incessibles.

 

Mais ce manque de courage du pape frustre l’«évêque amazonien» austro-brésilien  Erwin Kräutler qui est déçu par les annonces de réformes du pape François. «Il suscite un espoir insensé», a déclaré Kräutler dans une interview accordée à «kath.ch». Lors du Synode amazonien de 2019, de nombreux évêques ont appelé à ce que des hommes et des femmes confirmés issus de communautés ecclésiales éloignées soient ordonnés prêtres ou prêtresses. "Et le pape François ne l'a pas accepté", a déclaré Kräutler, "même s'il nous avait déjà dit, à nous les évêques : faites-moi des suggestions audacieuses". Cela le rend frustré et déçu. "Au synode, 80 pour cent des évêques ont voté pour le viri probati et le diaconat des femmes", a déclaré l'évêque. Il est inconcevable que le pape François n’en ait pas parlé du tout dans son document final du synode (https://www.katholisch.de/artikel/49182-bischof-kraeutler-frustriert-und-enttaeuscht-von-reform-papst-franziskus).

 

Enfin, l’évêque de Rome recommande aux séminaristes sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, en ce 150e anniversaire de sa naissance. Elle, docteur en scientia amoris -en science de l'amour- dont ils ont «le privilège de pouvoir lire l’admirable doctrine dans sa langue d’origine». C’est plutôt intriguant que le pape donne comme modèle à des séminaristes Thérèse de Lisieux qui est «une jeune femme très rebelle, à une époque où les jeunes femmes prenaient peu la parole. Elle s’élevait contre ces hommes qui faisaient loi : elle disait que, non, Dieu n’est pas cette figure austère qui nous jugera sévèrement après notre mort, mais que Dieu, au contraire, c’est l’amour inconditionnel. Elle est allée rencontrer le pape et on lui avait dit de s’agenouiller et de se taire, mais elle lui a parlé» (https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/natasha-saint-pier-a-poitiers-therese-avait-une-force-de-cathedrale).

 

Merci ! 

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

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A
Le pretre répond à un appel de Dieu. <br /> Pour remplir sa mission auprès de lui, il est bon qu'il puisse se consacrer entièrement à Dieu. <br /> Il suffit de faire une rapide recherche pour voir que le célibat sacerdotal est bien plus ancien que ce que vous prétendez.<br /> Le concile d'Arles de 314 a proscrit les relations conjugale dans le clergé.<br /> Le concile de Nicée de 325 confirme cette disposition. <br /> le deuxième concile de Carthage de 390 également. <br /> <br /> Même chez les othodoxes, un homme marié peut être ordonné mais un pretre ne peut se marier. <br /> ce n'est pas parce que certains ont voulu passer outre cette règle qu'il faut l'abroger.<br /> <br /> Quand à faire de sainte Thérèse de Lisieux une figue rebelle, c'est un peu fort. Elle a parlé au pape pour lui demander l'autorisation d'entrer au couvent. <br /> <br /> vous vous définissez comme progressiste mais quel progrès cherchez-vous?
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P
Alain,<br /> <br /> Même si le concile d'Arles, de Nicée et de Carthage proscrit les relations conjugales dans le clergé, elle ne leur interdit pas d'être marié, d'ailleurs ils avaient des relations sexuelles avant d'être prêtre et des enfants. La continence n'arrivait qu'après. Ce n'est pas le célibat sacerdotal qui a été mis en place en Occident. Le prêtre marié ou l'évêque marié respecte ce qu'avance Paul : 'Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seul femme' (Timothée 3,2). Et qu'"Il faut qu’il dirige bien sa propre maison, et qu’il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté" (Timothée 3,4). <br /> <br /> Pour Thérèse de Lisieux, elle n'est en rien conforme à la vision de la jeune femme de l'époque. Déterminée et combative, la petite sainte du Carmel, à l’opposé des images à l’eau de rose qui la représentent. Avec une incroyable ténacité et une grande audace, elle harcèle son curé, son évêque et va même jusqu'au Pape, pour obtenir une dispense d'âge. Après bien des vicissitudes, elle finit par obtenir gain de cause. Elle entre au Carmel à quinze ans ! C'était avant tout une femme libre et anticonformiste qui va à l’opposé de la représentation de qu'on lui donne avec le « bouquet de roses et crucifix entre les bras, voile sur la tête et guimpe autour du visage, sourire ténu ».<br /> <br /> Elle va aussi à l'encontre de la spiritualité en vogue à l'époque et principalement dans les carmels qui était doloriste et expiatoire : il y avait une surenchère dans le volontarisme et la dolorisation, les religieux cherchaient à se valoriser en s'immolant comme victime expiatoire, en s'offrant comme para-tonnerre à la justice Divine. Ce que Thérèse va complètement retourner, en choisissant de se faire toute petite, la voie de l'abandon : puisqu'elle se sait incapable de monter vers Dieu par ses propres forces, elle choisit de se laisser porter. Chez Thérèse il n'y a donc pas eu de souffrances infligées de manière expiatoire, il n'y a pas eu non plus de grandes extases (à l'inverse de l'autre Thérèse, Sainte Thérèse d'Avila). Il y a une jeune fille profondément amoureuse qui s'est consumée d'amour et qui nous dit que chaque petit acte fait avec amour vaut plus que n'importe quelle extase ou exploit spirituel. D'ailleurs l'environnement du Carmel ne lui était pas non plus favorable : un couvent froid et humide, avec des relations humaines compliquées dues en particulier à une rivalité entre le "clan" Martin et la mère supérieure. L’enfant gâtée et impatiente qui, à l’âge de six ans, s’écriait « Je veux tout », n’apprendra jamais ni la modération ni la patience. <br /> <br /> L’Église a des Traditions, mais elle n'est pas contre des réformes qui lui sont favorables.<br /> <br /> Merci !