Le pape sur les couples irréguliers : «Le Seigneur bénit tout le monde»
Publié le 15 Janvier 2024
Salvatore Cernuzio nous montre dans vaticannews.va que le pape François, interviewé par le journaliste italien Fabio Fazio dans l’émission "Che tempo che fa" sur la chaîne Nove diffusée dimanche soir 14 janvier 2024, revient sur la déclaration doctrinale "Fiducia supplicans" : pour lui, la bénédiction est à tous, même aux couples «irréguliers», est à l'imitation de Dieu qui est «bon» et non «châtieur» et qui «bénit tout le monde», il reconnaît que «parfois les décisions ne sont pas acceptées» mais souvent «c'est parce qu'on ne sait pas» ; puis il a réaffirmé le principe «todos, todos, todos» («tous, tous, tous») déjà exprimé lors des JMJ de Lisbonne, et «Les gens doivent entrer en dialogue avec la bénédiction et voir le chemin que le Seigneur propose», «Mais nous devons les prendre par la main et les aider à parcourir ce chemin, et non pas les condamner dès le début», puisque c'est «le travail pastoral de l'Église» et c'est un travail «très important» pour les confesseurs, auxquels le pape François réitère l'invitation à «tout pardonner» et à traiter les gens «avec une grande bonté» puisque le Seigneur «ne se scandalise pas de nos péchés, car Il est un père qui nous accompagne», observe l’évêque de Rome, avouant qu’il aime à croire que l’enfer est vide.
Sur la guerre, une fois encore, comme en ces 100 jours de conflit au Moyen-Orient et en ces presque deux ans d'agression contre l'Ukraine, le pape stigmatise l'horreur de la guerre : «Il est vrai que faire la paix comporte des risques, mais faire la guerre comporte plus de risques», car «Derrière les guerres, insiste-t-il, il y a le commerce des armes. Un économiste m'a dit qu'en ce moment, les investissements qui rapportent le plus d'intérêts, le plus d'argent, concernent l’industrie de l’armement. Investir pour tuer», et le pape confie une crainte personnelle : «J'ai peur de l'escalade belliqueuse», et de la capacité d'«autodestruction» de l'humanité. Au cours de l’entretien, une place a également été accordée au thème des migrants, cher au pape : «Il y a tellement de cruauté dans le traitement de ces migrants, dès le moment où ils quittent leur maison jusqu'à ce qu'ils arrivent ici en Europe», a-t-il déploré, rappelant la situation dramatique de nombreuses personnes dans les camps de réfugiés libyens et la tragédie de février 2022 à Cutro, sur les côtes de Calabre, dans le sud de l’Italie. «C’est vrai que chacun a le droit de rester dans sa propre maison et d'émigrer», a déclaré le Pape, mais «s'il vous plaît, ne fermez pas les portes». Ce qu'il faut, c'est une politique migratoire «bien pensée» qui permette de «prendre en main le problème des migrants» et «d'éliminer toutes ces mafias qui exploitent les migrants».
Le pape parle ensuite des réformes de l'Église. La première d’entre elles à mettre en œuvre est «une réforme des cœurs», dit-il avant celle des structures qui «doivent être préservées, changées, réformées en fonction de leur finalité». Mais la première chose à faire est de «changer le cœur» et de le nettoyer de la méchanceté et de la convoitise, «un vice qui détruit toutes les relations». Il évoque la renonciation : «ce n'est ni une pensée, ni une préoccupation, ni même un désir. C'est une possibilité, ouverte à tous les papes, mais pour le moment elle n'est pas au centre de mes pensées, de mes préoccupations et de mes sentiments». Pour confirmer son propos, il annonce deux voyages, en Polynésie en août qui serait «un long voyage», et en Argentine en fin d'année, car «Les gens souffrent beaucoup là-bas. C'est un moment difficile pour le pays. La possibilité d'un voyage dans la seconde moitié de l'année est envisagée, parce que maintenant il y a un changement de gouvernement, il y a de nouvelles choses...» et il a «envie d'y aller. Dix ans, c'est bien, c'est bon, je peux y aller».
Enfin, à l'occasion du centenaire de l'institut qui siège à Jérusalem, le pape François ce lundi 15 janvier n’a pas oublié de prier pour la Terre Sainte actuellement déchirée par la guerre, rappelant combien la situation était «très grave», et précisant être au contact quotidien avec la paroisse de Gaza «qui souffre tant de cette situation». «Nous devons prier et agir sans relâche pour que cette tragédie prenne fin» a-t-il encore exhorté. Une guerre qui invite les Franciscains à «encore plus à approfondir les raisons et la qualité de leur présence» dans ces lieux bibliques. «Merci pour votre présence en Terre Sainte, a t-il conclu en les invitant à aller de l'avant avec courage» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2024-01/pape-universite-anniversaire-bible-franciscains.html).
Merci !
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