Rome et les «réformateurs», perdants des élections à la Conférence épiscopale espagnole

Publié le 6 Mars 2024

"Nous avons perdu, ou bien nous n'avons pas réussi à faire comprendre les besoins de l'Église de demain. Les perspectives sont un peu sombres." C'est ainsi qu'un évêque du secteur réformateur a défini les résultats des élections de la Conférence épiscopale espagnole comme le montre Jesús Bastante dans religiondigtal.org ce mercredi 6 mars 2024.

 

Les résultats ne laissent aucun doute : à l'exception de Cobo, le secteur réformateur n'est pas représenté au sein de l'exécutif épiscopal. Rien à voir avec ce qui s'est passé en mars 2020, lors de la célèbre plénière pré-coronavirus, lorsque Omella et Osoro, alors considérés comme les hommes du pape en Espagne, ont pris la présidence et la vice-présidence. Une opportunité qui n'a pas permis d'affronter les réformes qui, quatre ans plus tard, restent enracinées : la pédophilie, la réforme des séminaires, les conflits avec le gouvernement et le sentiment que l'Église espagnole continue d'être l'une des plus réfractaires à cet égard aux réformes proposées par le Vatican. Les résultats ne laissent aucun doute : à l'exception de Cobo, le secteur réformateur n'est pas représenté au sein de l'exécutif épiscopal. Les gagnants, les continuateurs (ils se répètent avec insistance, dans ce style très épiscopal de maintenir ce qui ne marche pas pour ne pas donner la sensation de rompre une fausse communion, au prix de ne pas prendre de risques. Les perdants, ceux qui pensaient, à tort, que la Maison Église était peut-être prête à opérer un changement révolutionnaire.

 

Cobo, depuis la vice-présidence - une position sans fonctions apparentes - et, surtout, depuis sa position de cardinal (Argüello n'est qu'archevêque), pourra-t-il changer certaines des opinions les plus controversées de la CEE ? Difficile, aujourd'hui, dans la coupole épiscopale, nous trouvons l'archevêque d'Oviedo, Jesús Sanz, l'un des grands opposants au pontificat du pape François; des prélats clairement conservateurs comme l'archevêque de Burgos, Mario Iceta; ou l'évêque de Getafe, Ginés García Beltrán; et d'autres qui ne peuvent en aucun cas être considérés comme des rénovateurs, comme les archevêques de Grenade (Gil Tamayo), de Valence (Benavent) ou de Séville (Saiz Meneses). Des prélats comme Joseba Segura, évêque de Bilbao, ou l'archevêque de Compostelle, Francisco Prieto, qui figuraient dans toutes n'obtinrent pas la moindre représentation. Une majorité qui a été entérinée dans les présidences des commissions épiscopales. Avec de grands gagnants : Conesa dans la Doctrine de la Foi; Jesús Fernández, le plus voté de tous, à la Commission pour la Pastorale Sociale et la Promotion Humaine; et l'entrée d'un spécialiste du clergé, Jesús Pulido.

 

La réalité est que les différentes sensibilités de l’épiscopat espagnol ne se reflètent pas dans la direction de la Conférence épiscopale. Et précisément, la question des abus est l’une de celles qui marqueront un avant et un après dans l’avenir de la nouvelle direction épiscopale qui continue de modifier les chiffres d'abus en reconnaissant désormais 1057 cas, et un autre des grands défis de la nouvelle direction épiscopale concernera les relations avec le gouvernement.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

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