Le vote n’est pas une blague, il faut barrer la route au RN

Publié le 14 Juin 2024

L’extrême-droite est aux portes du pouvoir. La confiance envers la droite  (LR) et le centre (Renaissance, Modem, UDI) est en baisse, ces derniers sont trop occupés à faire croire que la gauche est plus dangereuse que l’extrême-droite ou à la mettre au même niveau que celle-ci afin qu’on continue à voter pour eux. Ce n’est pas la honte qui les étouffe. Et comment faire confiance à des personnes comme François-Xavier Bellamy qui voterait "bien sûr" pour le RN en cas de duel avec la gauche (https://www.francetvinfo.fr/elections/legislatives/direct-elections-legislatives-2024-gabriel-attal-attendu-dans-le-pas-de-calais-pour-son-premier-deplacement-de-campagne_6601359.html), ou le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin qui a affirmé qu'il ne voterait ni pour le Rassemblement national, ni pour la coalition de gauche, s'il y avait un duel au second tour des élections législatives, le dimanche 7 juillet (https://www.lejdd.fr/politique/legislatives-en-cas-de-duel-darmanin-ne-votera-ni-pour-un-candidat-rn-ni-pour-un-candidat-lfi-146345).

 

La seule proposition viable contre l’extrême-droite est le «nouveau Front populaire», l’alliance des partis de gauche née de la dissolution de l’Assemblée nationale. Ces derniers ont annoncé jeudi, peu après 20 heures, un accord sur un programme de "rupture", avec une "déclinaison pour les 100 premiers jours du mandat" rassemblant le Parti socialiste (associé à Génération.s), La France insoumise (associée au Nouveau Parti anticapitaliste), Les Ecologistes (EELV) et le Parti communiste français. La présence de Raphaël Glusckmann dans cet accord, avec sa formation Place publique, n’est pas officialisée à cette heure, même si Fabien Roussel a déclaré ce soir que l’eurodéputé a contribué à la rédaction du programme commun. Pour les investitures par ailleurs, il est nécessaire d’«examiner une à une» les investitures et d’«exiger des candidats exemplaires sur la lutte contre le racisme et les violences faites au femme» (https://www.lemonde.fr/politique/live/2024/06/13/en-direct-legislatives-2024-emmanuel-macron-depuis-le-sommet-du-g7-dit-qu-il-ne-croit-pas-etre-affaibli-a-l-etranger-apres-la-dissolution_6239348_823448.html). La tête de liste PS-Place de la République était l’invité au même moment sur France inter : «il n’y aura rien qui met en danger l’Union européenne, la sortie de l’Union européenne, c’est le Rassemblement national», a-t-il asséné. Et de dénoncer «la petite musique» du gouvernement, qui mettrait le RN et le Front populaire dos à dos : «Arrêtez de jouer avec le feu !». Il affirme avoir obtenu des engagements clairs sur les livraisons d’armes à l’Ukraine, sur les frontières de l’Ukraine, sur le soutien à la construction européenne, ou encore que les attaques du 7 octobre soient qualifiées de massacre terroriste. «J’ai travaillé pour que des lignes rouges ne soient pas franchies», résume-t-il. Pour ce dernier, «Une union de la gauche, c’est notre responsabilité historique» (https://www.liberation.fr/politique/en-direct-legislatives-le-nouveau-front-populaire-presente-son-programme-ce-vendredi-midi-20240614_3PPKYGDGYJARHJRRMWUDR74PCQ/).

 

Le Front Populaire prône une «rupture totale» avec la politique d’Emmanuel Macron avec pour priorités : «le pouvoir d’achat» et «la paix», comme porter «le smic à 1 600 euros net, 2 000 euros brut», aussi «index[er] les salaires sur l’inflation, augmenter de 10 % le point d’indice des agents de la fonction publique, augmenter le minimum contributif pour les retraités ainsi que le minimum vieillesse pour réparer cette injustice que subissent nos retraités dans notre pays», la mise en œuvre un «blocage des prix sur l’alimentation et l’énergie pour redonner immédiatement du pouvoir d’achat aux Français», l’urgence d’«annuler cette nouvelle réforme de l’assurance chômage», abroger la réforme des retraites dans les «15 premiers jours de sa mandature», mettre en place des «premières mesures pour une école entièrement gratuite», rétablir «l’ISF» et «l’exit tax» et abolir la «flat tax» : «nous ferons en sorte de financer tout ce projet très ambitieux, en le prenant dans la poche de ceux qui ont les moyens», «renforcé avec un volet climatique», tout en souhaitant également « taxer les plus riches au niveau européen pour augmenter les ressources propres du budget de l’Union européenne» et «généraliser la taxation des superprofits au niveau européen», et il qualifie l’attaque du 7 octobre 2023 de «massacres terroristes du Hamas» et «[souhaitent] agir pour la libération des otages détenus», et la coalition appelle à «imposer un cessez-le-feu immédiat à Gaza et faire respecter l’ordonnance de la Cour internationale de justice (CIJ) qui évoque, sans ambiguïté, un risque de génocide». Il veut aussi «un pacte pour une République laïque et sociale» le rétablissement d’«une voie de paix pour la France sur la scène internationale» en soutenant l’Ukraine «face à la guerre d’agression de Vladimir Poutine et en se donnant les moyens d’obtenir un cessez-le-feu immédiat face aux massacres en cours à Gaza». «Nous voulons une République où l’État joue tout son rôle de garant de la liberté, de l’égalité, de la fraternité. Pas d’égalité sans justice, pas de justice sans égalité. » Alors, «la lutte contre le racisme, la lutte contre l’antisémitisme seront au cœur de [leur] projet». Comme le signale Aurore Lalucq, la représentante de Place Publique : «Il n’y a pas d’autre alternative à l’extrême droite que le nouveau Front populaire» (https://www.lemonde.fr/politique/live/2024/06/14/en-direct-legislatives-2024-ce-que-l-on-sait-du-programme-commun-du-nouveau-front-populaire-avant-la-conference-de-presse-commune_6239711_823448.html, et https://www.liberation.fr/politique/en-direct-legislatives-le-nouveau-front-populaire-presente-son-programme-ce-vendredi-midi-20240614_3PPKYGDGYJARHJRRMWUDR74PCQ/).

 

Pour ceux qui ont encore envie de voter extrême droite, il suffit de voir le résultat peu probant de ses solutions en Argentine, avec la droite de Mauricio Macri qui s’est rangé derrière Javier Milei avec son ministre de l’économie, M. Luis Caputo, ancien secrétaire d’État puis ministre des finances du gouvernement de Mauricio Macri (2015-2019), et Mme Patricia Bullrich, qui retrouve le poste de ministre de la sécurité qu’elle occupait dans le gouvernement de M. Macri, ce qui donne envie de réfléchir à un vote à droite (https://www.monde-diplomatique.fr/2024/02/CORREA/66556). La dévaluation brutale du peso (-54 %), la fin des subventions aux transports et à l’énergie, le gel des chantiers publics et les coupes budgétaires tous azimuts ont amené l’austérité qui étrangle la consommation; l’activité économique s’effondre et la récession s’installe, avec une contraction de 5,3 % de l’économie au premier trimestre, sans signe imminent de rebond. Le gouvernement campe sur ses positions et refuse de voir la réalité en face. Une situation qui a provoqué de violentes émeutes mercredi à Buenos Aires devant la Chambre des députés. Mais les sénateurs argentins ont approuvé mercredi soir le projet révisé de dérégulation du président ultralibéral qui va favoriser les grands groupes économiques qui le soutienne, voilà ce qu’il en est du président antisystème (https://www.ouest-france.fr/monde/argentine/en-argentine-javier-milei-tronconne-dans-les-depenses-la-rue-se-fache-1ae86774-2984-11ef-96d1-fdb7d737b711).

 

L’Église catholique argentine, plutôt discrète en général sur ses positions politiques, fait maintenant entendre sa voix et dénonce une urgence alimentaire. Le responsable de l’organisation Caritas, l’évêque Tissera, a présenté lundi 3 juin un rapport de l’association appelé "Radiographie de la pauvreté". D'après ce rapport, un Argentin sur quatre souffre aujourd’hui d’insécurité alimentaire, ce qui signifie qu’il ne mange pas à tous les repas. Selon l’évêque, la situation est critique. Non seulement, les gens ont faim, mais le chômage a augmenté, et lorsqu’ils trouvent un travail, ils gagnent si peu qu’ils continuent à vivre dans la pauvreté. II y aurait 32% de travailleurs pauvres, soit une personne sur trois. Caritas et l’Église ont réclamé une aide de l’État et du secteur privé pour distribuer des repas aux pauvres et en particulier aux enfants qui seraient 15% à ne pas manger tous les jours. Pendant ce temps-là, 5,9 millions de kilos d’aliments, que le gouvernement refuse de distribuer, pourrissent dans des hangars (https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-club-des-correspondants/argentine-55-des-argentins-vivent-sous-le-seuil-de-pauvrete-l-eglise-denonce-une-urgence-alimentaire_6556157.html). Au Vatican, le pape argentin François semble avoir pris parti contre les mesures drastiques de Javier Milei en se faisant prendre en photo avec une banderole soutenant Aerolinas Argentinas, une des entreprises publiques que Javier Milei veut privatiser – le pape venait de rencontrer des membres du syndicat des aiguilleurs du ciel (https://www.rfi.fr/fr/podcasts/journal-d-ha%C3%AFti-et-des-am%C3%A9riques/20240613-en-argentine-violente-r%C3%A9pression-des-manifestations-contre-la-loi-omnibus).

 

Comme en Argentine, la ‘patrie n’est pas à vendre’.  «France prends garde de perdre ton âme», le cri d'alarme lancé par le premier Cahier du Témoignage Chrétien en novembre 1941 est toujours d’actualité. Il faut «briser le mur du silence», en démasquant le vrai visage de l’extrême-droite française. L’actualité française et internationale force à prendre parti, pas à faire de la basse politique politicienne. Voter contre le RN, c’est une question d’honneur pour la France.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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