"Voter sans peur", l'appel de l'évêque de Carcassonne et Narbonne

Publié le 19 Juin 2024

Pauline de Torsiac nous montre dans RCF.fr dans son article du mardi 18 juin 2024 que dix jours après l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron, la campagne bat son plein pour les élections législatives du 30 juin et du 7 juillet prochain. Célébrités, sportifs, les prises de position se succèdent et certains évêques font aussi entendre leur voix. La semaine dernière, les évêques de Lille, Arras et Cambrai avaient appelé à la sagesse politique dans ces temps troublés.  La conférence des évêques de France n'a pour l'instant pas officiellement pris position. Ce qui lui est vivement reproché.

 

Hier, c'est l'évêque de Carcassonne et Narbonne qui s'est adressé aux catholiques de l'Aude dans un message, lundi 17 juin, intitulé «Voter sans peur». L'évêque de Carcassonne et Narbonne invite à prendre du recul. Dans son message adressé aux catholiques de l'Aude, Mgr Bruno Valentin rappelle trois principes évangéliques : "La dignité de toute personne humaine, et donc l'impossibilité pour un chrétien de consentir à quelque forme de rejet que ce soit, en particulier pour des questions religieuses. L'antisémitisme comme le rejet de l'islam pour un chrétien est inenvisageable." Deuxième principe évoqué par l'évêque, "La recherche du bien commun, qui ne consiste pas à dégager une majorité pour écarter une minorité. Et puis enfin, l'option préférentielle pour les pauvres, qui n'est pas un choix idéologique, mais qui est le choix de Dieu. Donc, à la lumière de l'Évangile, garder raison, être très conscient de tout le maelstrom de passions que déchaîne le contexte politique, et garder raison pour un vote serein."

 

Pour Mgr Bruno Valentin, “il faut d'abord consentir, et c'est une exigence évangélique, à une légitime diversité au sein de la communauté chrétienne. Il est légitime d'être chrétien et d'avoir des options politiques diverses voire antinomiques. Donc commençons par ne pas céder à l'anathème entre nous." L'évêque de Carcassonne et Narbonne ajoute que "la peur ne mène nulle part. Il faudra bien désigner des élus en cherchant à le faire sur des critères positifs, c'est-à-dire en fonction de ce que je peux attendre d'eux." Pour Mgr Valentin, cet appel à voter sans peur est aussi un appel à la vigilance car "le  rôle de citoyen  engagé ne s'arrêtera pas le 8 juillet." Alors que la parole politique, mais aussi celle de l'Église, est souvent discréditée, Mgr Bruno Valentin a voulu adresser ce message après avoir été questionné sur le terrain par des prêtres, des élus locaux, des chrétiens engagés dans des organismes caritatifs. “Ce sont ces questions qui m'ont incité à travailler en dialogue avec mon conseil épiscopal, ces quelques repères.”

 

Et Amélie Gazeau nous montre aussi sur RCF.fr  (https://www.rcf.fr/articles/actualite/6000-chretiens-signent-une-tribune-appelant-a-voter-contre-lextreme-droite) qu’alors que la campagne pour les législatives anticipées bat son plein, un collectif de chrétiennes et chrétiens de "divers horizons" s'est rassemblé pour faire barrage à l'extrême droite  "au nom de leur foi ". Dans une tribune publiée le 18 juin sur le site de La Croix et rassemblant 6000 signatures, ils appellent à "voter contre l'extrême droite". Parmi les signataires, on retrouve des acteurs de la société civile, des représentants religieux protestants et 70 prêtres.

 

Reprenant un texte du service national de la pastorale des migrants datant de 2002 et dénonçant les sirènes alléchantes de la "préférence nationale". Les 6000 signataires de la tribune demandent aux responsables religieux de "se mobiliser fermement contre l'implantation des idées d'extrême droite dans notre pays - et plus particulièrement dans nos communautés". Avant de rappeler la prise de position de l'Église protestante unie de France, qui, à quatre jours du second tour des élections opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron avait appelé explicitement "à faire barrage aux propositions du Rassemblement national".

 

Enfin, la tribune interpelle sur le nombre grandissant de "chrétiennes et chrétiens tentés par ces votes identitaires". En effet, un récent sondage Ifop/La Croix publié le 10 juin 2024 indiquait que 42% des catholiques pratiquants ont voté à l'extrême droit lors des européennes. Un électorat qui penche, après être passé du côté de la droite classique, vers l'extrême droite comme l'expliquait sur RCF, Philippe Portier sociologue et spécialiste des laïcités. À l'inverse, selon ce même sondage, 25% des catholiques pratiquants réguliers se situent du côté de la gauche mélenchoniste. Un vote revendiqué entre autres par une génération marquée par l'Action catholique dans les années 1960-1970 mais aussi par des mouvements écologistes et un certain nombre de mouvements de solidarité précise le sociologue.

 

En plus de cette tribune et pour poursuivre plus concrètement leur engagement "contre l'extrême droite", le collectif regroupant "des communautés et des personnalités des différentes Églises" organise un rassemblement le 23 juin 2024 à 15h à l'Esplanade du Souvenir Français à Paris. Pour le collectif de jeunes chrétiens et chrétiennes, l'objectif de ce ralliement est de "porter une voix œcuménique, un récit chrétien à même de faire entendre que la justice sociale, la fraternité, la dignité de la personne humaine sont au cœur du message de notre foi" précisent-ils sur la page de l'événement. Avant d'ajouter que "ce projet chrétien" est "incompatible avec un projet d'extrême droite".

 

Plusieurs associations ou acteurs de la société civile seront présents, notamment le CCFD - Terre Solidaire, la Cimade ou encore le Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne (MRJC). Un temps de parole "où les grandes voix du christianisme social pourront de faire entendre dans leur diversité et complémentarité" ainsi qu'un temps de prières sont également prévus, précise les organisateurs.

 

Et le pape François a lancé un nouvel appel lors de l'audience générale, à la veille de la Journée mondiale des réfugiés promue par les Nations unies à la lumière des récentes tragédies survenues en Méditerranée, avec le naufrage d'un bateau au large de la Calabre qui a fait plus de 60 disparus (dont 26 enfants) : «Les États doivent travailler pour assurer des conditions humaines et faciliter les processus d'intégration». Le pape François a ensuite répété les quatre verbes qu'il prêche depuis des années pour faire face à l'urgence migratoire : “Nous sommes tous appelés à accueillir, promouvoir, accompagner et intégrer ceux qui frappent à nos portes. Je prie pour que les États s'emploient à garantir des conditions humaines aux réfugiés et à faciliter les processus d'intégration.” (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2024-06/le-pape-appelle-a-accueillir-et-integrer-les-refugies.html).  

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités, #Actualités de l'Église

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