Le pape souligne la valeur de la vie «même en sa dernière heure»

Publié le 4 Juin 2025

Delphine Allaire nous montre dans vaticannews.va que saluant les pèlerins venus de France, au terme de sa troisième audience générale place Saint-Pierre, mercredi 4 juin 2025, le pape Léon XIV a souhaité insister sur la défense de la valeur de la vie humaine, «même en sa dernière heure», après avoir dédié la troisième catéchèse de son pontificat à la parabole de la vigne du Seigneur, miroir «du sens de la vie». Le choix de ces mots et le fait qu'ils ne se retrouvent pas dans les salutations aux pèlerins d'autres langues, sont autant de signes clairs qu'il s'agit d'une allusion directe au débat en cours en France sur la fin de vie, visant à légaliser le suicide assisté et l'euthanasie. Alors que l'Assemblée nationale a approuvé en première lecture ces mesures, mardi 27 mai, Léon XIV vient ainsi exprimer son désaccord.

 

Le pape reprend la position traditionnelle de l'Église, s'opposant à toute disposition létale en fin de vie et défendant plutôt son accompagnement jusqu'à sa «fin naturelle». Cette position avait déjà été défendue par le pape François, notamment lors de ses échanges avec le président Emmanuel Macron. Si le pape Léon XIV n'a pas fait directement référence au débat en cours en France, il s'inscrit dans la lignée de l'épiscopat hexagonal. À plusieurs reprises et par divers canaux, les évêques français se sont clairement positionnés contre la proposition de loi sur la «fin de vie». Dans sa lettre aux évêques de France datée du 28 mai, Léon XIV invoquait l’intercession de trois saints canonisés en 1925 (Saint Jean Eudes, saint Jean-Marie Vianney, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus) pour la France et les catholiques du pays qui avancent, selon lui, «sous les vents contraires et parfois hostiles de l’indifférentisme, du matérialisme et de l’individualisme».

 

Pourtant, des philosophes grecs aux penseurs des Lumières, d’Auguste aux humanistes de la Renaissance, le "bien mourir", un décès sans agonie, sans combat ni angoisse, n’a cessé d’être interrogé. Si quelques auteurs croyants toléraient le suicide, et que l’euthanasie – au sens moderne du terme – existe au Moyen-Âge, en particulier pour les victimes de la rage, et que le suicide est bien plus fréquent parmi les classes populaires,  les dogmes religieux, eux, n’ont jamais vraiment déserté le chevet du débat... Et l'Église a depuis fait son lit, répandu et imposé la morale chrétienne qui condamne fermement le suicide, considéré comme une offense à Dieu, et elle a étouffé une demande aussi ancienne (https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/aide-a-mourir-comment-le-christianisme-a-etouffe-une-demande-aussi-ancienne-que-lantiquite-HPL6OWZBCRDCRFRYMFW5CA5G3Q/, et(https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20230103-une-br%C3%A8ve-histoire-de-l-euthanasie-et-du-suicide-assist%C3%A9-depuis-l-antiquit%C3%A9).

 

Cette opposition de l’Église à l’aide à mourir est stérile, elle devrait plutôt s’inspirer de la Conférence des évêques suisses (CES) qui a établi un document de 30 pages en 2019 pour définir des orientations pastorales sur l’accompagnement par les prêtres des personnes qui envisagent le suicide assisté, et même si l’Église en Suisse n’approuve pas le suicide assisté, elle respecte la liberté individuelle, et permet aux prêtres et agents pastoraux d’accompagner au mieux les personnes choisissant le suicide assisté, même s’ils ont le devoir de quitter physiquement la chambre du suicidaire au moment de l’acte, ils peuvent revenir vers le mourant ou offrir un accompagnement pastoral aux proches (https://www.letemps.ch/suisse/suicide-assiste-eveques-suisses-definissent-orientations-pretres). 

 

Merci ! 

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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