Pédocriminalité à Nantes : une trentaine de témoignages pour violences sexuelles dans des établissements catholiques
Publié le 5 Septembre 2025
Libération.fr et l’AFP nous montrent dans leur article du jeudi 4 septembre 2025 que la parole se libère. L’évêque de Nantes, Laurent Percerou, accompagné par le directeur diocésain de l’enseignement catholique, Frédéric Delemazure, qui avaient dévoilé l’existence de ces témoignages, avait alors appelé aux témoignages «quels que soient l’époque concernée, les délais, le temps passé». «L’important, maintenant, c’est que d’autres victimes potentielles puissent également s’exprimer», avait souligné l’évêque de Nantes au moment des premières révélations. Une trentaine de victimes ont déjà répondu à l’appel lancé la semaine dernière par le diocèse de Nantes, après la mise en cause de cinq prêtres d’un établissement catholique nantais pour «viols, agressions sexuelles et attouchements». À cette occasion, dix personnes, mineures au moment des faits, s’étaient déclarées victimes de ces agissements, commis entre 1958 et 1995 au collège Saint-Stanislas. Les prêtres accusés sont aujourd’hui tous décédés.
Parallèlement, le parquet de Nantes a ouvert une enquête après le suicide, en 2024, d’un quadragénaire ayant confié avoir été victime de violences sexuelles de la part d’un surveillant lorsqu’il était lui aussi interne de l’établissement Saint-Stanislas. Les sept personnes mobilisées pour la cellule d’accueil et d’écoute du diocèse, sont chargées de «trouver des renforts pour organiser des rendez-vous avec les victimes, qui s’effectuent toujours par deux écoutants», rapporte l’AFP. Les victimes seront ensuite orientées vers les instances chargées de leur prise en charge, l’Inirr (Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation) et la CRR (Commission reconnaissance réparation) si cela concerne des instituts religieux. Depuis sa création il y a trois ans, l’Inirr a déjà recueilli les témoignages de près de 2000 personnes. Pour rappel, le rapport Sauvé de 2021, première publication d’ampleur sur les violences sexuelles dans l’Église catholique, estimait à près de 330 000 le nombre de victimes recensées depuis les années 1950.
Enfin, domradio.de (https://www.domradio.de/artikel/ehemalige-mitglieder-kritisieren-legionaere-christi) nous montre ce vendredi qu’une série documentaire se concentre sur Marcial Maciel, agresseur et fondateur des Légionnaires du Christ. L'ordre religieux a déjà réaffirmé sa solidarité avec les personnes concernées. D'anciens membres critiquent cette réaction concernant la série documentaire de HBO, diffusée début septembre. Les critiques visent principalement l'image selon laquelle le problème n'incombe qu'à Maciel. La Légion n'a pas encore reconnu de responsabilité partagée, et la direction a maintenu une ligne de continuité, selon les anciens membres. Ils rejettent également l'image que les Légionnaires se font d'un «groupe sain qui a réagi du mieux qu'il a pu». Parallèlement, ils encouragent les membres restants à ne pas se fier uniquement aux déclarations officielles, mais à rechercher la vérité par eux-mêmes. Ils expriment une gratitude particulière aux personnes concernées «qui se sont battues pour la justice et la vérité, ainsi qu'à celles et ceux qui les ont accompagnées sur ce chemin».
Merci !
/image%2F0550723%2F20150910%2Fob_d8078e_jesus-001.jpg)