Droit à l’aide à mourir : «La véritable fraternité passe par l’accompagnement plutôt que par un geste létal», soutient l’évêque de Nanterre
Publié le 28 Janvier 2026
Théodore Azouze dans publicsenat.fr nous montre dans son article du jeudi 22 janvier 2026 que mercredi, au terme de débats tumultueux, les sénateurs ont rejeté le principal article de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Après le vote solennel le 28 janvier, le texte retournera à l’Assemblée nationale, plus favorable à un tel dispositif. L’Église catholique, elle, fait part de longue date de son opposition à cette évolution. «Nous ne pensons pas que le geste létal soit légitime», explique jeudi sur Public Sénat Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre. Il défend d’abord un renforcement des soins palliatifs pour améliorer la fin de vie des malades. L’évêque de Nanterre appelle avant tout à lutter contre les «déserts palliatifs». Et ce mercredi 28 janvier dans la-croix.com (https://www.la-croix.com/religion/mgr-matthieu-rouge-sur-l-aide-a-mourir-allier-fermete-des-convictions-et-mesure-du-ton-20260128), Mgr Matthieu Rougé a défendu la légitimité des catholiques à s’exprimer dans le débat public sur la proposition de loi portant sur l’aide à mourir.
Tous les catholiques ne sont pas contre la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir comme l’a montré Jean-Louis Schlegel qui s’est interrogé dans la-croix.com (https://www.la-croix.com/a-vif/jean-louis-schlegel-catholique-je-suis-pour-la-proposition-de-loi-sur-la-fin-de-vie-20250523) sur la place des cultes dans les débats relatifs à la proposition de loi sur la fin de vie, qui se déroulent à l’Assemblée nationale. Celle-ci est due à des raisons sociologiques graves et sérieuses : l’allongement considérable de la vie avec sa conséquence inéluctable, une fin de vie souvent plus difficile, plus douloureuse, plus solitaire, perçue comme «indigne» par beaucoup; des maladies séniles redoutées; une «médecine ultra-performante, capable de faire mourir quasiment sans souffrir», mais aussi de prolonger fortement la vie des malades et des éprouvés de tous âges (ou de différer considérablement le moment de leur mort); la volonté partagée d’autodétermination responsable en tous domaines du début à la fin de la vie. Défendant, en tant que catholique, une position pro-fin de vie, il partage son incompréhension face au discours de l’Église catholique, qu’il juge suranné.
Ce mercredi, Libération.fr avec l’AFP (https://www.liberation.fr/societe/sante/fin-de-vie-le-senat-rejette-la-loi-sur-laide-a-mourir-renvoyee-a-lassemblee-nationale-20260128_TJVW5WON5RBITDL6JPP75UDOSY/) nous montrent aussi qu’après avoir refusé d’envisager toute forme de suicide assisté et d’euthanasie lors de débats décousus ces derniers jours, la proposition de loi créant un dispositif d’aide à mourir a recueilli 181 voix contre et 122 pour à la chambre haute, à majorité de droite, alors qu’elle avait été adoptée avec une confortable majorité à l’Assemblée nationale. Le texte du député Olivier Falorni, a pourtant largement vidé de sa substance. Le débat sur la fin de vie, qui se voulait apaisé et serein, a ainsi tourné au vinaigre au Sénat. L’aile la plus conservatrice de la droite et des centristes, incarnée notamment par le patron des Républicains Bruno Retailleau, s’est très largement mobilisée lors de la discussion de ce texte, parvenant à emporter l’adhésion d’une majorité de sénateurs. Résultat : la proposition de loi a été totalement vidée de sa substance. Un «texte fantôme», «caricatural», «un puzzle sans modèle» voire «une forme de sabordage collectif», selon plusieurs sénateurs. Au final, ce texte sans cohérence a été rejeté dans sa globalité au Sénat, par la combinaison des voix de la gauche, qui militait pour un retour au texte voté à l’Assemblée nationale, et de nombreux centristes, très insatisfaits par l’issue des débats.
Merci !
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