Ils vont nommer des évêques : le coup de pression des intégristes lefebvristes auprès du pape Léon XIV

Publié le 5 Février 2026

Alan Le Bloa dans Ouest-France.fr nous dans son article du mercredi 4 février 2026 que la très conservatrice Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X a annoncé, lundi 2 février 2026, vouloir sacrer de nouveaux évêques le 1er juillet, de sa propre autorité. Ce qui réveille le spectre d’un nouveau schisme, quarante ans après l’excommunication de Mgr Marcel Lefebvre. Trente-huit ans après, les lefebvristes se disent prêts à réitérer le coup de force.

 

Dans un communiqué, l’abbé Davide Pagliarani indique avoir sollicité au cours de l’été 2025 une audience auprès du souverain pontife. Avec pour objectif d’exposer la situation de l’institution. Il explique avoir exprimé, par courrier, le besoin particulier d’assurer la continuation du ministère de ses évêques. Il justifie avoir longuement mûri sa décision, après avoir reçu une lettre du Saint-Siège qui ne répond absolument pas à nos demandes. "La fraternité Saint-Pie X ne recherche pas d’abord sa survie : elle cherche principalement le bien de l’Église universelle", plaide l’abbé Davide Pagliarani. Dans une interview publiée jeudi sur le site internet de la Fraternité, le père Davide Pagliarani a déclaré que les sanctions n'auraient «aucun effet réel» dans les circonstances actuelles. «Nous sommes certains qu'un jour les autorités romaines reconnaîtront avec gratitude que ces consécrations épiscopales ont providentiellement contribué à la préservation de la foi pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes», a souligné le père Pagliarani. Il a qualifié ces consécrations épiscopales de «mesure extrême, adaptée à une nécessité tout aussi réelle et extrême» (https://katholisch.de/artikel/67132-piusbruder-generaloberer-gelassen-angesichts-drohender-exkommunikation).

 

Ce dernier  reste optimiste, soulignant que le Saint-Siège fait parfois preuve d'un certain pragmatisme. Il a cité en exemple le traitement réservé aux évêques chinois nommés par l'Église catholique, contrôlée par l'État, bien que la situation de la Fraternité Saint-Pie-X ne soit pas comparable (https://katholisch.de/artikel/67132-piusbruder-generaloberer-gelassen-angesichts-drohender-exkommunikation). Comment va agir le pape Léon XIV ? "Les contacts entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège se poursuivent, l’objectif étant d’éviter toute rupture ou solution unilatérale concernant les problèmes soulevés", a précisé le Saint-Siège mardi 3 février. La réponse est feutrée, éminemment diplomatique, mais le dossier s’avère épineux pour le nouveau pape, garant de l’unité de l’Église, poussé à s’en emparer d’urgence. La Fraternité Saint-Pie X estime que l'Église se trouve dans une situation délicate, exacerbée par le pontificat du pape François (2013-2025) : «Avec l'héritage que nous a laissé le pape François, les raisons fondamentales qui justifiaient les ordinations de 1988 demeurent pleinement valables et, à bien des égards, apparaissent même avec une urgence renouvelée.» Pagliarani déplorait que le concile Vatican II reste «plus que jamais la boussole qui guide les hommes de l'Église, et il est peu probable qu'ils changent de cap dans un avenir proche.» Ce constat a également été confirmé par les premiers développements du pontificat du pape Léon XIV : «On y perçoit une volonté explicite de maintenir la ligne de François comme une voie irréversible pour toute l'Église.» (https://katholisch.de/artikel/67132-piusbruder-generaloberer-gelassen-angesichts-drohender-exkommunikation).

 

Ce jeudi 5 février, le Vatican annonce qu’une rencontre entre le préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, et le père Davide Pagliarani, a été fixée le 12 février. Elle "sera l’occasion d’un dialogue informel et personnel, qui aidera à identifier des moyens efficaces de dialogue pouvant aboutir à des résultats positifs", a ajouté le Saint-Siège. Le dialogue se poursuit mais la sanction, elle, reste sans appel pour les dissidents : "l’excommunication". Cette règle fait toujours loi. Pas sûr que le chantage des lefevristes fonctionne, car le pape continue la voie tracée par le pape François comme le montre le fait qu’il ait reçu ce jeudi matin les jeunes prêtres et moines des Églises orthodoxes orientales en visite d’étude à Rome. En soulignant la richesse des traditions chrétiennes et la responsabilité commune de témoigner ensemble du Christ, le pape Léon XIV a appelé ses hôtes à l’unité, la connaissance mutuelle et la paix, dans une visite qui permet d’apprendre les uns des autres pour grandir ensemble. Un appel qui semble ne pas être suivi par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2026-02/leon-xiv-aux-jeunes-pretres-et-moines-orthodoxes.html). 

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article