Questions sensibles dans un pays polarisé

Publié le 5 Juin 2026

domradio.de nous montre ce vendredi quatre étapes et une tension palpable. Lors de sa visite en Espagne du 6 au 12 juin, le pape Léon XIV se trouve confronté à un pays politiquement et ecclésiastiquement polarisé, où l’Église catholique, après des années de scandales et d’impunité pour les abus, se retrouve désormais du côté d’un gouvernement laïc-socialiste.

 

L'institution qui fut un pilier de la dictature franquiste pendant des décennies défend aujourd'hui la politique migratoire libérale du Premier ministre de gauche Pedro Sánchez. Ce dernier, socialiste lui-même englué dans des scandales de corruption et gouvernant sans majorité parlementaire, s'était précipité à Rome quelques jours seulement avant la visite du pape Léon XIV. Après son audience au Vatican, il a fait l'éloge du pape avec effusion. «Ses paroles nous incitent à défendre la dignité humaine, à protéger les plus vulnérables et à donner espoir à un monde qui aspire à la paix», a déclaré le Premier ministre, en proie à de vives difficultés sur le plan intérieur. Le pape Léon XIV aurait conseillé aux évêques espagnols, en novembre dernier, de prendre clairement leurs distances avec l'extrême droite du pays, qui critique sans relâche la politique d'immigration du gouvernement. Le pape sera lui aussi probablement bientôt confronté à leurs critiques, la migration étant un thème central de son quatrième voyage à l'étranger. Lors de deux de ses quatre déplacements, le pape abordera la situation des migrants. Le pape Léon XIV se rendra aux îles Canaries, au large des côtes africaines, confrontées à une forte pression migratoire. Des rencontres sont prévues à Gran Canaria et à Tenerife avec des réfugiés et leurs soutiens. Même en Espagne continentale, le pape Léon XIV donnera l'exemple d'une culture accueillante en visitant le Raval, quartier d'immigrés de Barcelone. Le parti populiste de droite Vox a qualifié ce quartier de «cloaque multiculturel». Ce sont ses représentants qui critiquent vivement les évêques espagnols pour leur position sur l'immigration, allant jusqu'à accuser leurs organisations humanitaires de profiter de l'immigration clandestine. Cependant, bien que les représentants de l'Église et du gouvernement socialiste minoritaire s'accordent sur ce point, leurs divergences sont manifestes sur d'autres sujets. L'enquête sur les abus, qui n'a débuté que lentement sous la pression de l'opinion publique et l'intervention du gouvernement, a gravement nui à la réputation de l'Église. Ce n'est qu'au début de l'année 2026, après près de trois ans de négociations, que l'Église et le gouvernement se sont entendus sur un système d'indemnisation des victimes de violences sexuelles. Les projets de libéralisation accrue des lois sur l'avortement et la légalisation de l'euthanasie active alimentent également le débat entre l'Église et l'État. Sur ces questions éthiques, le pape prend toujours position en faveur de la protection de la vie; ce sont là d'autres sujets susceptibles de susciter des débats lors de la visite du pape Léon XIV en Espagne. En toile de fond, le débat persiste sur la manière de gérer l'héritage de la guerre civile espagnole (1936-1939), durant laquelle les forces de gauche furent les ennemis acharnés de l'Église. Le 22 mai dernier, le pape Léon XIV a commémoré le martyre de 80 membres du clergé et laïcs catholiques tués par des combattants anticléricaux pendant la guerre civile.

 

Le pape Léon XIV "arrive dans un pays polarisé où divers acteurs pourraient tenter de récupérer la visite. S'assurer que son message atteigne et s'adresse à tous représente un défi de taille", a confié à l'AFP Rafael Rubio, responsable de la communication pour l'organisation du voyage. Dans cette optique, le discours du pape au Parlement constitue l'un des moments les plus attendus de la visite, un exercice rare pour un souverain pontife lors duquel il devrait appeler au dialogue et au dépassement des clivages. Au-delà de ces enjeux politiques, le voyage comportera une forte dimension sociale. À l'image de ses déplacements précédents, le pape américain, qui s'est attiré en avril les critiques de l'administration Trump, prévoit des rencontres avec des personnes marginalisées - détenus, sans abri - illustrant sa volonté de promouvoir une "Église des pauvres" engagée auprès des plus vulnérables. À Madrid, où le pape Léon XIV sera reçu par le roi et la reine d’Espagne au Palais royal, deux rendez-vous rassembleront une foule immense de plusieurs centaines de milliers de personnes : une veillée de prière samedi soir au pied du stade Santiago Bernabeu du Real Madrid, et une messe en plein centre-ville dimanche matin. Autre temps fort du voyage, le pape de 70 ans célébrera le 10 juin à la Sagrada Familia de Barcelone une messe coïncidant avec le centenaire de la mort de son génial architecte, Antoni Gaudí, qui a franchi l’an dernier la première étape vers la béatification après avoir été déclaré "vénérable" par le Vatican. Dans la foulée, il bénira la tour de Jésus-Christ, haute de 172,5 m, un record qui a fait il y a quelques mois de la célèbre basilique - toujours inachevée plus de 140 ans après le début des travaux - l’église la plus haute du monde. Aucune rencontre avec des victimes de violences sexuelles n'est pour l'instant prévue, alors que le Défenseur du peuple espagnol avait estimé dans un rapport publié en 2023 que depuis 1940, plus de 200 000 mineurs pourraient avoir subi des agressions sexuelles de la part de religieux catholiques. Le gouvernement de Pedro Sánchez et l’Église espagnole ont signé fin mars un accord pour indemniser les victimes d'agressions sexuelles commises par des religieux, après des années de réticences et d'opacité de la hiérarchie ecclésiastique (https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260603-en-espagne-l%C3%A9on-xiv-%C3%A0-l-%C3%A9preuve-d-un-pays-polaris%C3%A9-et-s%C3%A9cularis%C3%A9).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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