La taxe Zucman permet de taxer à 2 % les plus hauts patrimoines de France et empêcher ainsi les effets d’évitement fiscal, pourtant dès qu’il faut toucher à la fortune de ces 1800 contribuables des plus aisés, les médias sont alors dans l’irrationnel avec le mot évocateur ‘La haine des riches’ en gros titre dans Le Point, et le JDD. Un propos d’une rare stupidité, car ce n’est pas la haine des riches qui est en cause ici, mais plutôt une juste répartition fiscale, surtout quand on sait que la concentration du pouvoir des grandes entreprises et des monopoles au niveau mondial contribue à creuser les inégalités, ce qui enrichit les plus riches qui ont intérêt à réaliser un maximum de profits pour eux-mêmes plutôt qu'à redistribuer les richesses entre les travailleurs et la société, et cela appauvrit donc les plus pauvres, une situation visible en France, où les revenus des ultrariches s’envolent, et les inégalités se creusent (https://fr.euronews.com/business/2024/01/15/les-1-les-plus-riches-de-la-planete-possedent-43-de-la-richesse-mondiale).
Pourtant, comme le signale Thérèse du Sartel dans lavie.fr (https://www.lavie.fr/idees/chroniques/impot-sur-les-ultra-riches-la-taxe-zucman-peut-elle-devenir-un-modele-mondial-101180.php), la taxe Zucman est une «mesure de justice fiscale est de plus en plus crédible et souhaitable» et pourrait faire boule de neige dans le monde. Et sudouest.fr (https://www.sudouest.fr/economie/impots/taxe-zucman-sept-prix-nobel-exhortent-la-france-a-adopter-un-impot-sur-les-ultra-riches-25157953.php) nous montre aussi que sept prix Nobel d’économie reconnus à l’international (Daron Acemoglu, Simon Johnson, Esther Duflo, Abhijit Banerjee, George Akerlof, Joseph Stiglitz, et Paul Krugman), «les ultrariches sont particulièrement prospères en France. Les milliardaires mondiaux possèdent en patrimoine l’équivalent de 14 % du PIB de la planète, d’après le magazine Forbes; les Français près de 30 % du PIB hexagonal». Taxer les patrimoines au travers d’un impôt plancher exprimé en pourcentage «est efficace, car il s’attaque à toutes les formes d’optimisation, quelle qu’en soit la nature», poursuivent ces économistes. «Il est ciblé, car il touche principalement, parmi les contribuables les plus fortunés, ceux qui ont recours à l’optimisation fiscale.» Les auteurs saluent aussi les discussions internationales allant en ce sens et la proposition au G20 d’instaurer un impôt minimal mondial sur les milliardaires équivalent à 2 % du patrimoine, rejetée l’an dernier. Malgré tout, «le mouvement international est lancé», affirment-ils, jugeant qu'«il n’y a pas de raison d’attendre la finalisation d’un accord international, il faut au contraire y œuvrer en montrant l’exemple, comme la France a su le faire par le passé» avec l’instauration de la TVA en 1954.
Et que pense Jésus de cette accumulation des richesses entre quelques mains ? Il n’en pense pas du bien comme le montre Luc 6,24-25 avec son fameux «Mais, malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation! Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes!», et dans Matthieu 10,24,-25 avec son «Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.», après avoir dit à un jeune homme riche de vendre tout ce qu’il a, et de le donner aux pauvres. Pour Jésus l’attachement aux richesses ne permet pas d’entrer dans le royaume de Dieu, donc le partage des biens reçoit une certaine approbation de sa part, surtout dans une période comme le montre Maurice Sartre dans Le Haut-Empire romain : les provinces de Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères en 1997, durant laquelle il y avait une concentration des richesses dans une petite élite (l'aristocratie) qui accumule les domaines où les rendements sont meilleurs éliminant ainsi la petite propriété, tandis que la majorité de la population était appauvrie et se retrouvait sans terre avec un endettement pouvant mener à l’esclavage aggravé par la pressions fiscale que subissaient aussi fortement les artisans, et cette situation créa une tension permanente entre les riches propriétaires terriens et les paysans sans terre auxquels s’ajoutaient les artisans. Ce fut l'un des facteurs qui menèrent à la révolte juive de 66 et dont le premier exemple est l’incendie des bureaux d’enregistrement des dettes à Jérusalem.
Le gouvernement est sourd aux revendications populaires comme le montre le Premier ministre Sébastien Lecornu qui a fermé la porte, vendredi dans Le Parisien, à la taxe Zucman sur les hauts patrimoines, le rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF) ou la suspension de la réforme des retraites (https://www.franceinfo.fr/politique/gouvernement-de-sebastien-lecornu/sebastien-lecornu-est-favorable-a-ce-que-certains-impots-diminuent-en-faveur-du-travail_7521604.html). Il n’y a donc rien à attendre de ce gouvernent qui préfère miser, entre autres, sur une réduction du train de vie de l’État, la lutte contre les fraudes sociales et fiscales ou encore une meilleure maîtrise des dépenses sociales sans réelle égalité fiscale ce qui avait déjà valu la censure à Michel Barnier et François Bayrou (https://www.ouest-france.fr/politique/sebastien-lecornu/si-rien-ne-change-nous-censurerons-les-reactions-politiques-aux-annonces-du-premier-ministre-159b60de-9baf-11f0-ba76-fc23b95d5062). Les socialistes ne doivent pas se compromettre avec lui, et les partenaires sociaux prévoient une grève le 2 octobre. La discussion ne sert à rien, car le compromis sert juste à continuer la politique macroniste tant détestée. Ce n’est pas l’orgueil du président de la République qui doit jouer, mais ce qui est mieux pour les Français, et là, on n’y est pas.
Comme Jésus l’a dit : «Vous savez que ceux qu'on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent. Il n'en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit l'esclave de tous» (Marc 10,42-44). Le service avant tout au lieu de la domination, voilà la bonne solution pour gouverner. Mais, nous n’avons pas les élites politiques et économiques qui ont ce souci. Comme le pensait Martin Luther King la Constitution a été dévoyée par les puissants qui se sont approprié le pouvoir (https://www.liberation.fr/planete/2015/03/05/martin-luther-king-etait-un-revolutionnaire-non-violent_1214851/), et on doit éviter que le centre, la droite et l’extrême droite ne fassent devenir la France comme une nation hyperconsumériste, raciste, et arrogante. Comme le gouvernement n’est pas à l’écoute, la désobéissance civile est la bonne solution, et les manifestations collectives sont aussi un moyen de rendre leur dignité aux exclus, d'être debout, et d'oser dire qu'une loi est injuste. Les réformes ne sauraient être différées et pourquoi pas reprendre la campagne pour les pauvres (The Poor People’s Campaign) de Martin Luther King, une campagne de désobéissance civile massive et non violente pour perturber la gestion des affaires courantes à Washington jusqu’à ce que le gouvernement fédéral se préoccupe du haut niveau de pauvreté dans le pays (https://www.france24.com/fr/20180403-assassinat-martin-luther-king-memoire-selective-amerique-2018).
Merci !