Publié le 31 Octobre 2025

Bernadette Sauvaget nous montre dans Libération.fr ce vendredi 31 octobre que l’Accor Arena, le palais omnisports de Bercy, transformée en megachurch évangélique à l’américaine pendant deux jours ? C’est ce dont rêvent les organisateurs du Congrès mission, sorte de Salon de l’agriculture du catholicisme français avec débats, stands et messes géantes.

 

Le Congrès Mission est porté par le mouvement Anuncio, en partenariat avec d’autres mouvements missionnaires comme Alpha avec son prosélytisme «récréatif», Aïn Kareim, un groupe intégraliste connu pour son intransigeance, la Communauté de l’Emmanuel qui est désormais sous le coup d’un audit demandé par le Vatican qui sera mené par l’archevêque de Dijon, Antoine Hérouard, homme de confiance du pape, qui avait déjà mené deux missions délicates à Fréjus-Toulon et à Bayonne, en vue de la réformer, le Chemin neuf entachée par des soupçons de dérive sectaire et des accusations de manipulation psychologique (https://www.liberation.fr/societe/religions/la-puissante-communaute-de-lemmanuel-mise-sous-tutelle-par-le-vatican-a-la-sortie-on-etait-un-peu-sonnes-20251027_V7XNUHVWMZBDTIQD7M5JMY4ESE/)  et chaque année de nouveaux partenaires comme Notre-Dame de Chrétienté, réunissant les réactionnaires et les fans de la messe en latin, et les Missionnaires de la miséricorde divine qui aiment aussi bien la messe en latin que les louanges les mains en l’air, et veulent convertir les musulmans (https://www.lepelerin.com/religions-et-spiritualites/lactualite-de-leglise/congres-mission-2025-a-bercy-leglise-catholique-unie-autour-de-levangelisation-13357). Cela ne rend pas ce Congrès très attirant.

 

Pour sa dixième édition, qui a lieu les 7 et 8 novembre à Paris, cette manifestation, créée par la mouvance charismatique qui rêve d’évangéliser la France avec des méthodes empruntées aux évangéliques, voit grand. Et tombe de haut, car Academia Christiana, une officine créée en 2017où se retrouvent les identitaires catholiques français les plus radicaux, et qui  défend une forme de suprémacisme blanc à la sauce chrétienne, a réservé un stand au Congrès. Une participation très encombrante parmi les 140 associations catholiques qui ont réservés leurs stands, mais qui a jusqu’ici la bénédiction des organisateurs, mais qui suscite depuis 24 heures une polémique dans le catholicisme français, à l’exemple du journaliste cofondateur du Cri : média chrétien, joyeux et radical, Théo Moy sux X : «L'extrême-droite violente qui tient un stand au @Congres_Mission… c'est une blague ?» (https://x.com/MoyTheo/status/1983498013155713276). 

 

Une Erreur de jugement ? On pourrait le croire. Mais il n’en est rien, car l’extrême droite a plus la faveur que les catholiques progressistes. Dans un article de Marylou Magal dans L’Express.fr le 24 mars 2025 (https://www.lexpress.fr/politique/rn/lepiscopat-fricote-avec-lextreme-droite-au-rn-le-chemin-de-levangelisation-PQYNUHOZKBEQXDUDQZA3QOGWLE/) nous voyons que le parti de Marine Le Pen entretient désormais des liens avec les représentants du clergé. Un phénomène lié à un mouvement de droitisation qui touche l’Église de France. Dès 2023, des évêques comme Mgr Nicolas Brouwet à Nîmes, Mgr Joseph de Metz-Noblat à Langres, Mgr Vincent Dollmann à Cambrai, et Mgr Rougé à Nanterre, préférant soutenir les députés d’extrême droite sur les questions bioéthiques, notamment contre l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution en 2024 et  le projet de loi sur la fin de vie en en 2025, avec le peu de réussite que l’on connaît.

 

Cela explique aussi l’intervention mollassonne de la Conférence des évêques de France lors des élections législatives de 2024, préférant adopter un ton neutre au gram dam des  6000 chrétiens ayant fait une tribune se positionnant contre l’extrême droite, car les évêques ont peur du basculement d'une partie des catholiques pratiquants vers le Rassemblement national, plus glorieux a été le choix de Emmanuelle Seyboldt, pasteure et présidente du conseil national de l'Église protestante unie, qui  a appelé à voter contre l'extrême droite (https://www.rcf.fr/articles/actualite/elections-legislatives-les-eveques-de-france-enjambent-le-scrutin). Alors qu’en Espagne et en Allemagne, les évêques sont en confrontation directe avec l’extrême droite et veulent éviter que ces groupes usurpent le catholicisme à leurs fins politiques.

 

Et il n’y a rien à attendre du Congrès Mission qui veut créer des relations entre des groupes de sensibilités spirituelles éloignées, car pour ces organisateurs «l’Église devrait être ce lieu où se rassemblent des convictions différentes» (https://www.lepelerin.com/religions-et-spiritualites/lactualite-de-leglise/congres-mission-2025-a-bercy-leglise-catholique-unie-autour-de-levangelisation-13357). Cela ne semble pas choquer Annuncio de voir la présence de catholiques identitaires qui ne se soucient pas de l’Évangile.  Ce n’est pas de la naïveté, ni de l’incompétence, c’est voulu car ce Congrès ne veut pas résister au repli identitaire de l’Église catholique.

 

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Publié le 30 Octobre 2025

katholisch.de (https://katholisch.de/artikel/65351-nach-missbrauchsstudie-bischof-ackermann-bittet-um-verzeihung) nous montre ce jeudi 30 octobre 2025 que l'évêque de Trèves, Stephan Ackermann, a présenté ses excuses aux victimes pour les erreurs commises dans le traitement des cas d'abus. Dans sa première réaction, jeudi matin, au rapport sur les abus, il a déclaré : «Je ne peux que demander pardon pour le préjudice supplémentaire que moi-même ou mon équipe avons pu causer aux victimes de violences sexuelles dans notre diocèse, par nos actions ou notre inaction.» Tandis que le cardinal Reinhard Marx de Munich a reconnu des erreurs dans la gestion des cas d'abus sexuels au sein du diocèse de Trèves, qu'il a dirigé de 2002 à 2008. «J'étais très heureux d'être évêque de Trèves. Il est d'autant plus douloureux pour moi de réaliser que je n'ai pas rendu justice à toutes les personnes confiées à ma charge épiscopale dans cette fonction», a déclaré Marx jeudi à Munich. Il réagissait à un rapport sur des abus publié à Trèves le même jour.

 

Le rapport de 139 pages, qui couvre également les premières années de son mandat, entre 2009 et 2021, met en lumière «les erreurs que nous avons commises», a ajouté Ackermann. Il révèle aussi l'immense souffrance des victimes, les conséquences des abus et «la gestion parfois inadéquate de la situation par les responsables du diocèse». Le rapport examine les abus sexuels commis dans le diocèse de Trèves entre 2002 et 2021. L'étude porte sur les mandats d'Ackermann, en fonction depuis 2009, et de son prédécesseur, Reinhard Marx, évêque de Trèves de 2002 à 2008 et actuel archevêque de Munich et Freising. L'une des conclusions de l'étude est que ni l'un ni l'autre n'ont déployé tous les efforts nécessaires pour mener des enquêtes transparentes sur les cas d'abus. Elle ne révèle aucun nouveau scandale. Elle dresse plutôt le portrait d’une Église qui apprend avec difficulté à gérer les abus et à mettre fin aux dissimulations (https://katholisch.de/artikel/65345-analyse-trierer-missbrauchsstudie).

 

Les auteurs dénoncent une défaillance de la direction du diocèse de Trèves durant le mandat de Marx, notamment en ce qui concerne la prise en charge des victimes. Le cardinal a déclaré ne se souvenir d'aucune victime ayant sollicité un entretien personnel à cette époque, mais il se trompait peut-être. «Nous manquions tous, moi y compris, de sensibilité à l'époque et n'avons pas entrepris de démarches proactives et systématiques auprès des victimes, en particulier concernant le passé, ni suffisamment d'empathie à leur égard.» Et : «Avec le recul, j’agirais évidemment différemment, et nous agissons effectivement différemment aujourd’hui. (…) Je le regrette profondément et demande pardon à ceux à qui je n’ai pas rendu justice.» Dans sa déclaration écrite, Marx a également indiqué qu’il n’avait pas reçu de compte rendu des cas d’abus connus au début de son mandat à Trèves. «Il ne m’est même pas venu à l’esprit, à l’époque, de le demander.»  (https://katholisch.de/artikel/65352-kardinal-marx-bedauert-fehler-im-umgang-mit-missbrauch-in-trier).

 

Conformément aux directives des évêques allemands en vigueur à l'époque, l'objectif était d'inciter les personnes accusées à se rendre. «Rétrospectivement, il est clair que cette approche n'était pas appropriée.» Il évalue désormais la fiabilité des rapports médico-légaux concernant la réintégration des membres du clergé après des accusations d'abus «avec un regard certainement plus critique qu'à l'époque». De plus, il estime que les conditions, les sanctions et le contrôle étaient insuffisants. Son départ pour Munich ne lui a pas permis de remédier aux problèmes du diocèse de Trèves en s'attaquant aux causes profondes, en mettant en œuvre des mesures de prévention et en agissant de manière cohérente du point de vue des personnes concernées. À Munich, de nombreux entretiens personnels avec des victimes ont aiguisé sa conscience «de l'échec de l'institution, dont je porte, en tant qu'évêque, l'entière responsabilité». Depuis, la situation s'est nettement améliorée. «Nous poursuivrons ce chemin ensemble.» (https://katholisch.de/artikel/65352-kardinal-marx-bedauert-fehler-im-umgang-mit-missbrauch-in-trier).

 

Quant à Stephan Ackermann, il  a été profondément affecté par la lecture du rapport : «Selon l’étude, au moins 24 personnes ont été victimes de violences sexuelles durant mon mandat. C’est terrible», a-t-il souligné. Il s’est dit accablé par «une grande tristesse face à ce qui s’est passé». L’étude menée par une équipe d’historiens de l’Université de Trèves s’est révélée précieuse, a-t-il déclaré, car ses recherches approfondies ont permis de comprendre «pourquoi certaines erreurs ont pu se produire ou pourquoi il y a eu des négligences». Le rapport a également démontré, cependant, «que ni moi ni mon équipe n’avons commis ces erreurs par malice ou intentionnellement», a insisté l’évêque (https://katholisch.de/artikel/65351-nach-missbrauchsstudie-bischof-ackermann-bittet-um-verzeihung).

 

L'étude met en évidence un processus d'apprentissage au sein de la direction diocésaine face aux cas d'abus. «Ces quinze dernières années nous ont permis de comprendre la dynamique destructrice des abus», a déclaré Ackermann avec assurance. Il a toutefois ajouté : «Force est de constater que, jusqu'à très récemment, l'attention nécessaire portée aux victimes n'a pas toujours été maintenue de manière constante.» Ackermann a exprimé son respect aux victimes d'abus pour leur courage de «dénoncer les crimes commis à leur encontre par des prêtres et des employés du diocèse de Trèves, souvent dans l'inquiétude de ne pas être crues ou de voir leurs témoignages rester sans suite» (https://katholisch.de/artikel/65351-nach-missbrauchsstudie-bischof-ackermann-bittet-um-verzeihung).

 

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Publié le 29 Octobre 2025

Lucas Burel et Camille Vigogne Le Coat nous montrent ce mercredi 29 octobre 2025 dans nouvelobs.com que les éditions Fayard ont organisé une soirée VIP mardi, au Théâtre Marigny, au président du Rassemblement national à l’occasion de la sortie de son deuxième livre. Un ouvrage qui est une compilation de témoignages permettant à l’eurodéputé de vendre le programme du parti d’extrême droite et sa vision désormais libérale de la société française. La publication d’un deuxième livre de Jordan Bardella par la prestigieuse enseigne Fayard entérine sa réorientation vers l’extrême droite. À l’origine, il y a le rachat d’Hachette par Bolloré en 2023 et l’arrivée à la tête des éditions Fayard en 2024 de Lise Boëll, l’éditrice historique d’Eric Zemmour, pour imposer une ligne éditoriale conservatrice, avec une large place aux discours réactionnaires sur l’immigration, l’insécurité, l’anti-«wokisme» et la remise en cause de l’écologie. Fayard, qui était une maison historique de centre gauche plutôt classique, s’est trouvée à éditer du Jordan Bardella, Philippe de Villiers… Toute une série de figures centrales réactionnaires (https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/bollore/cette-maison-dedition-du-finistere-co-edite-le-recueil-deborder-bollore-c98944b2-357f-11f0-bf6c-240af7605eff).

 

Face à cette mue idéologique, éditeurs, auteurs et libraires cherchent la parade (https://www.la-croix.com/culture/bardella-zemmour-chez-fayard-une-mue-ideologique-qui-inquiete-le-monde-du-livre-20251029), Ainsi, de cette offensive de l’extrême droite dans l’édition est venu le projet de donner la parole à des acteurs et actrices du milieu du livre face au danger qui est dans la libération de la parole d’extrême droite pour montrer qu’il y a en France, une multitude de pratiques, de maisons d’édition, de façons de faire des livre à travers la campagne Désarmer Bolloré, ainsi 128 maisons indépendantes ont ainsi coédité l’ouvrage Déborder Bolloré, qui analyse les conséquences de la concentration éditoriale déjà à l’œuvre : une réduction de la diversité des publications, une marginalisation des voix critiques et une dépendance des maisons d’édition aux logiques de marché (https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/bollore/cette-maison-dedition-du-finistere-co-edite-le-recueil-deborder-bollore-c98944b2-357f-11f0-bf6c-240af7605eff, et https://reporterre.net/Comment-les-auteurs-ecolos-tentent-d-echapper-a-la-bollorisation-de-l-edition). Pour résister, plusieurs stratégies émergent. Le boycott d’abord : en 2024, une centaine de librairies ont cessé de vendre les titres Hachette (Fayard, Stock, Grasset, Le Livre de poche…). Faute de pouvoir totalement boycotter Hachette, les libraires réfléchissent à des stratégies de contournement, plus ou moins applicables en fonction de leurs bassins de population, notamment en favorisant les maisons d’éditions indépendantes. Depuis le 26 août, Les Soulèvements de la Terre ont lancé une campagne d’interpellation «Chèr·e auteur·ice» sur les réseaux sociaux à destination de onze plumes célèbres Virginie Despentes, Mona Chollet, Gaël Faye, Titiou Lecoq ou Rebeka Warrior — publiées par Hachette, de déserter la maison d’édition, ce qui n’est pas évident. Et faute de pouvoir déserter entièrement, certains penseurs et penseuses, à l’instar d’Emma Bigé, philosophe des écologies queer, naviguent entre grosses structures et éditeurs indépendants (https://reporterre.net/Comment-les-auteurs-ecolos-tentent-d-echapper-a-la-bollorisation-de-l-edition).

 

Enfin, rue89bordeaux.com (https://rue89bordeaux.com/2025/10/des-militants-chretiens-glissent-des-marque-pages-contre-eric-zemmour-dans-les-librairies-bordelaises/) nous montre qu’à Bordeaux,  des militants du collectif Lutte & Contemplation, né durant l’automne 2023 dont la mission est de «Porter une voix chrétienne dans les luttes écologiques et sociales de notre époque» ont glissé un message de tolérance dans le dernier livre d’Éric Zemmour dans un marque-page glissé sur chaque exemplaire. Ils dénoncent la récupération de la foi chrétienne à des fins identitaires avec le message s’ouvrant sur une parole du Christ : «J’étais un étranger et vous m’avez accueilli.» On y lit également : «Nous croyons à la vocation des chrétiens d’accueillir dignement les étrangers et de défendre les opprimés.». Cinq minutes chrono : cette première action de la branche bordelaise du collectif chrétien Lutte & Contemplation, née en septembre dernier, est terminée. Elle a déjà été menée dans 15 villes de France – Paris, Lyon, Nantes, Grenoble, Marseille, mais aussi des villes plus petites comme Mulhouse – avec 2300 marque-pages glissés dans des ouvrages. «Nous avons reçu beaucoup de retours positifs par mail ou WhatsApp, rapporte Joseph. Il y a aussi des messages hostiles, du type : “vous n’avez rien compris…”» Sur son site, le collectif dénonce dans l’ouvrage une vision de «l’Europe judéo-chrétienne, le fantasme d’une identité homogène au service d’un projet politique excluant». Le collectif revendique une posture politique assumée : celle d’une résistance chrétienne au consumérisme et à l’esprit de domination, qu’il estime être à la racine des crises sociales et écologiques.

 

Et comme nous le montre religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/vaticano/audiencia-antisemitismo-dialogo-religiones-nostra-aetate_0_2829617019.html), cela va dans le sens du pape Léon XIV qui a déclaré mardi que l'Église catholique «rejette toutes les formes de discrimination ou de harcèlement fondées sur la race, la couleur, le statut ou la religion» et «l'antisémitisme», lors d'un événement réunissant des représentants de diverses religions pour marquer le 60e anniversaire de la déclaration «Nostra Aetate» qui a promu le dialogue et le respect entre les religions, «reste d’une grande actualité» et a rappelé qu’il «prend une position ferme contre toutes les formes d’antisémitisme». «Soixante ans plus tard, le message reste plus urgent que jamais», a-t-il souligné lors de la rencontre dans la salle Paul VI au Vatican, et a décrit la publication du document comme «une graine d’espoir pour le dialogue interreligieux». Le pape Léon XIV a rappelé aussi que l’Église catholique promeut l’unité et l’amour entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les nations. S’adressant aux dirigeants et représentants de diverses confessions réunis au Vatican, le pontife a souligné les relations entre les religions durant la maladie et le décès de son prédécesseur, le pape François, et a exprimé sa gratitude pour le lien «profond et stable» qu’il entretient avec les autres chefs religieux. Il a également souligné la responsabilité des dirigeants d'aider leur peuple «à se libérer des chaînes des préjugés, de la colère et de la haine; à surmonter l'égoïsme et la cupidité; et à éveiller en chacun son sens de l'humanité et du sacré».

 

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Publié le 28 Octobre 2025

radiofrance.fr nous montre dans son article du lundi  27 octobre 2025 (https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-monde-a-l-endroit/le-monde-a-l-endroit-du-lundi-27-octobre-2025-1758252) que tenir l'Église par tous les bouts : mission compliquée, tant la guerre culturelle et le backlash anti-progressiste semblent investir tous les terrains - y compris le grand écran, et le pape Léon XIV n’a pas aidé en permettant le retour de  la messe célébrée en latin le samedi 25 octobre au Vatican. Son geste d'apaisement est célébré comme une victoire par la frange traditionnaliste de l'Église catholique.

 

Un docu-fiction prosélyte de Sabrina et Steven Gunnell  remporte en ce moment un joli succès en salles avec quelque 250 000 Français qui se sont précipités pour aller le voir : "Sacré Cœur", qui met en scène des reconstitutions d’apparitions du Christ à Sainte Marguerite-Marie, à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), entre 1673 et 1675, et des témoignages de croyants.  Cependant la croyance au Sacré Cœur ne date que du XIe et XIIe siècles suite à l’adoration des plaies et du cœur du Christ dans les monastères, il se propage ensuite dans l’adoration doloriste des plaies du Christ au XIVe siècle, qui va connaître son aboutissement au XVIIe siècle avec les expériences visionnaires relatées par Marguerite-Marie Alacoque qu’on est pas obligé de croire (https://journals.openedition.org/rsr/329?lang=de), finalement, il est devenu un emblème politique mais aussi une grille de lecture complotiste de l'histoire de la France à partir des Lumières et de la Révolution (guerres vendéennes), aboutissant à l’édification du Sacré-Cœur de Montmartre à partir de 1875 par milieu antirévolutionnaire et antilibéral  symbolisant l’expiation des fautes de la France depuis 1789 après la défaite de Sedan en 1870 (https://www.24heures.ch/leglise-qui-imposa-a-la-france-le-repentir-de-la-revolution-635916232521). Cette croyance n’est en rien réjouissante et ce choix pour ce docu-fiction chrétien montre la vision de l’Église que veulent ceux qui distribuent le film. Ce film co-financé et largement promu par les médias du groupe Bolloré qui est une forme d’ode à la foi chrétienne et à la figure du Christ, est en train de devenir un objet politique à part entière - aux antipodes d'un autre film sorti fin 2024 : "Conclave", thriller oscarisé qui raconte - attention, spoiler - la mort d'un pape et l’élection de son successeur, en l'occurrence un cardinal intersexe, né avec des caractéristiques physiologiques masculines et féminines. Final hautement woke pour les tenants de la messe en latin, qui n’ont sans doute pas apprécié. Mais ce thriller bien plus passionnant que ce docu-fiction a battu des records de visionnages sur les plateformes depuis le décès du pape François et a fait 1,2 millions d’entrées en France.

 

ledauphine.com (https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/10/27/environ-250-000-entrees-pourquoi-le-film-chretien-i-sacre-coeur-i-rencontre-un-succes-inattendu) nous montre qu’en réalité, le film n’a pas été montré aux médias généralistes avant sa sortie et n’a donc pas bénéficié d’une couverture médiatique au-delà des cercles catholiques. Jusqu’à ce que la régie de la RATP et de la SNCF refuse, fin septembre, la campagne d’affichage dans les métros et les gares au nom du «caractère confessionnel et prosélyte du film». Les médias de la galaxie Bolloré, Europe 1 et CNews, ont alors largement dénoncé cette décision qualifiée de «censure», faisant au passage une belle publicité à Sacré Cœur, dont les 350 000 euros apportés par Canal+ ont permis de boucler le financement. À cette polémique s’est ajoutée celle de Marseille, le maire, Benoît Payan, ayant voulu faire annuler les programmations prévues dans un cinéma municipal, invoquant une atteinte à la laïcité. Sa décision a provoqué l’ire d’une partie de la droite  et de l’extrême droite locale et du couple Gunnell. Le tribunal administratif de Marseille a finalement ordonné, le 25 octobre, la reprogrammation de Sacré Cœur. Dans un court communiqué, la ville de Marseille a annoncé prendre «acte de la décision», précisant qu’elle «sera bien sûr appliquée et le film (diffusé) comme initialement programmé» (https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/le-film-chretien-sacre-c-ur-devra-bien-etre-reprogramme-a-marseille-ordonne-la-justice_256408.html). Malheureusement, on fait de la publicité à un docu-fiction qui n’en méritait pas tant, surtout quand il est distribué par Hubert de Torcy, à la tête de Saje Distribution, société spécialisée dans la distribution de films chrétiens, membre de la communauté de l’Emmanuel, ce dernier organise des rassemblements à Paray-le-Monial tous les étés, et ceux-ci ont une sensibilité traditionnelle et conservatrice.

 

Enfin, des membres du Collectif catholique P.A.I.X (Pour un accueil inconditionnel dans l’église) dénoncent les soutiens liés au film, comme les nombreux médias très marqués à droite de Vincent Bolloré tels le JDD, CNews, C8, France Catholique, etc., la présence du Fonds du bien commun de Pierre-Édouard Stérin, la société de distribution, Saje Production, qui montre aussi la volonté d’inscrire ce film dans une vision politique identitaire, la participation de l’abbé Matthieu Raffray qui, avec ses plus de 178 000 abonnés sur Instagram, est le prêtre traditionaliste le plus influent de France, et les réalisateurs qui n’ont pas hésité à se rendre sur des médias proches de l’extrême droite comme CNews, Tocsin, Valeurs actuelles ou sur la chaîne YouTube d’Academia Christiana, afin de faire leur promotion, inscrivant un peu plus encore leur travail dans un milieu politiquement très marqué, symboles pour eux de la banalisation croissante des idées d’extrême droite au sein de la communauté chrétienne craignant l’inscription de ce que Yann Raison du Cleuziou appelle «une politique des “racines”», à savoir un «national catholicisme» contre lequel le pape François lui-même mettait en garde les chrétiens, et pour eux, «Sacré Cœur» et les acteurs qui l’entourent participent activement à cette propagande en faveur d’un catholicisme identitaire qui conduit aux pires choix politiques. Ils concluent en disant : «À nos frères et sœurs catholiques tentés d’aller voir ce film, et aux prêtres qui organisent des projections pour leurs paroissiens : ne participons pas à travers ce film, à renforcer le lien entre l’extrême droite et le catholicisme» (https://www.la-croix.com/a-vif/sacre-cour-ne-participons-pas-a-travers-ce-film-a-renforcer-le-lien-entre-extreme-droite-et-catholicisme-20251028).

 

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Publié le 27 Octobre 2025

SudOuest.fr avec l’AFP nous montre ce lundi que  la Turquie et le Liban seront le premier voyage à l’étranger du pape américain depuis qu’il est devenu chef du 1,4 milliard de catholiques en mai, après le décès du pape argentin François.

 

Le voyage du pape Léon XIV débutera en Turquie, à l’occasion du 1700e anniversaire du Concile de Nicée. Le pape arrivera le 27 novembre à Ankara, où il rencontrera Recep Tayyip Erdogan ainsi qu’un groupe de responsables, d’organisations de la société civile et de diplomates, avant de se rendre à Istanbul. Le 28 octobre, il effectuera une excursion d’une journée à Iznik, la ville actuelle où se trouvait Nicée, pour diriger une prière œcuménique. En l’an 325, le premier concile œcuménique de l’histoire du christianisme avait rassemblé 300 évêques de l’Empire romain et établi des bases doctrinales toujours reconnues par de nombreuses confessions chrétiennes. Le lendemain, le pape visitera la célèbre Mosquée Bleue d’Istanbul et rencontrera le patriarche orthodoxe Bartholomée Ier, et ils signeront une déclaration conjointe, prieront et déjeuneront ensemble, ce qui est un signe ultérieur des bonnes relations entre l’Église de Rome et le patriarcat de Constantinople, avant de célébrer une messe publique. Le pape Léon XIV rencontrera aussi les responsables et communautés catholiques du pays. (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-10/programme-voyage-pape-turquie-liban-concile-nicee.html).

 

Le pape Léon se rendra à Beyrouth le 30 novembre, où il rencontrera le président libanais, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam. Le pape s’entretiendra avec les patriarches, les évêques, les prêtres, les religieux, religieuses et l’ensemble des personnes consacrées ainsi que les agents pastoraux; il visitera l’hôpital psychiatrique de la croix au nord de la capitale, géré par les sœurs franciscaines de la Croix (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-10/programme-voyage-pape-turquie-liban-concile-nicee.html). Il se rendra le 1er décembre sur la tombe du saint patron du Liban, Saint Charbel Makhlouf, au monastère Saint Maron d’Annaya, au nord de Beyrouth. Dans ce qui sera probablement un moment chargé d’émotion, il tiendra le 2 décembre une prière silencieuse sur le site de l’explosion au port de Beyrouth en 2020, qui a fait plus de 220 morts et dévasté une grande partie de la capitale libanaise. Il célébrera également une messe publique. Le dernier pape à avoir visité le Liban était Benoît XVI en 2012, tandis que la dernière visite papale en Turquie remonte à 2014, lorsque le pape François s’était rendu à Ankara et Istanbul. Ce déplacement devait initialement être effectué fin mai par le pape François, mort le 21 avril à 88 ans.

 

Le samedi 25 octobre, le pape Léon XIV a rencontré Nawaf Salam, Premier ministre du Liban, accompagné de Tarek Mitri, vice-premier ministre. Au cours des entretiens, qui se sont poursuivis à la Secrétairie d'État, «les bonnes relations bilatérales ont été abordées avec satisfaction». Le voyage apostolique du Saint-Père au Liban, du 30 novembre au 2 décembre 2025, a été aussi au cœur des échanges. Le dialogue a également porté sur «les espoirs placés par le peuple libanais dans le processus de réforme et de stabilisation du pays» ainsi que sur la situation régionale. Les deux parties ont exprimé leur souhait commun de voir bientôt s'instaurer une paix totale dans tout le Levant, souligne le communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-10/audience-pape-liban-voyage-apostolique-leon-stabilisation-pays.html).

 

Pour l’étape turque de ce premier déplacement à l’étranger du pape Léon XIV, c’est le pont des Dardanelles, faisant allusion à la rencontre entre l'Asie et l'Europe, qui a été choisi, surmonté d’une référence au Christ pour mettre en valeur la devise du voyage «Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême». Pour le Liban, le logo représente le pape la main droite levée en signe de bénédiction, entourée d'une colombe qui symbolise la paix et d'un cèdre qui représente le Liban. La croix du Jubilé 2025, représentée dans le dessin exprime l'espérance solidement fondée sur la foi au Christ. Les couleurs entendent refléter l'aspiration du Liban à la paix, pour illustrer la devise : «Heureux les artisans de paix» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-10/audience-pape-liban-voyage-apostolique-leon-stabilisation-pays.html).

 

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Publié le 26 Octobre 2025

domradio.de nous montre ce dimanche que pour la première fois depuis plus de cinq ans, des traditionalistes ont célébré une «messe ancienne» samedi à la cathédrale de la basilique Saint-Pierre, en présence du cardinal Raymond Burke. Le cardinal américain Raymond Leo Burke a célébré l'office en grande partie en latin. Dans son homélie, prononcée en italien, espagnol, français et anglais, il a exprimé sa gratitude pour l'opportunité de faire découvrir «la beauté de cette forme de messe» à tant de personnes. L'affluence était importante en raison du pèlerinage des fidèles de ce rite. Des personnes de tous âges et de toutes nationalités participaient à la messe. De nombreuses femmes couvraient leurs cheveux de foulards de dentelle noire ou blanche.

 

Comme nous le montre lemonde.fr (https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/26/le-retour-de-la-messe-en-latin-a-saint-pierre-de-rome-un-signe-politique_6649663_3232.html) à travers ce petit geste très symbolique, cette autorisation du pape Léon  XIV donne des ailes aux conservateurs catholiques de plusieurs pays, satisfaits de voir ce nouveau pape libéraliser la messe en latin. Le pape François, l’avait tout simplement interdit en 2022. En 2021, le jésuite avait décidé de freiner la mécanique par laquelle la messe en latin se célébrait peut-être trop librement à son goût à travers le monde. Et il n’avait pas tort, car il existe une «instrumentalisation» du rite tridentin «caractérisée par un refus croissant non seulement de la réforme liturgique, mais du concile Vatican II, avec l'affirmation infondée et insoutenable qu'il aurait trahi la Tradition et la “vraie Église”». En d'autres mots, refuser systématiquement d'utiliser la liturgie postconciliaire vient remettre en cause l'adhésion même au concile Vatican II (https://www.lepelerin.com/religions-et-spiritualites/culture-interreligieuse/messe-en-latin-pourquoi-le-vatican-l-a-tant-restreinte-12209).

 

Le pape Léon XIV veut une certaine communion entre des sensibilités parfois opposées, mais difficile de partager quelque chose avec ces conservateurs catholiques qui sont contre la liberté religieuse, l'œcuménisme et la collégialité, surtout quand le pape Léon XIV lors de la célébration eucharistique qu’il a présidée ce dimanche 26 octobre dans la basilique Saint-Pierre à l’occasion du Jubilé des équipes synodales et des organes de participation appelle à redécouvrir la véritable nature de l’Église, qui n'est pas «une institution hiérarchique ou un système de pouvoir, mais une communion vivante, façonnée par l’amour et animée par l’Esprit Saint», à  élargir l’espace ecclésial afin qu’il devienne «collégial et accueillant», et lançant un appel vibrant à construire une Église humble car «une Église qui ne se referme pas sur elle-même, mais qui reste à l'écoute de Dieu pour pouvoir écouter tout le monde. Engageons-nous à construire une Église toute synodale, toute ministérielle, toute attirée par le Christ et donc tendue vers le service du monde», et citant les mots de Don Tonino Bello (évêque italien de Molfetta décédé en 1993), le pape a invoqué la Vierge Marie, pour qu’elle aide l’Église à «surmonter les divisions internes» et à «réconcilier les querelles réciproques» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-10/leon-xiv-appelle-a-une-eglise-humble-et-fraternelle.html).

 

Difficile, car cette division est nettement visible entre ceux majoritaires qui veulent l’approfondissement des changements voulus par le pape François et ceux minoritaires qui prônent un retour en arrière. Se réconcilier quand on ne partage rien en commun est impossible. Sinon, on fait l’autruche comme ceux qui ne veulent pas avancer dans les réformes dans l’Église, mais ça n’apporte rien de bon. Et Don Tonino Bello a eu à subir de fortes critiques de la part des catholiques conservateurs pour sa vie intense, simple mais provocatrice, sobre mais pleine d'amour pour les pauvres et les défavorisés, humble mais ouvert à tous à travers sa vie et son œuvre pastorale qui furent une exégèse vivante de l'Évangile, dénonçant et affrontant les infamies de la société, les faiblesses et les retards de l’Église. Une Église pauvre était pour lui le seul moyen d'être proche de chacun, d'être prise au sérieux et crédible, c’est pour cela que Don Tonino a évoqué à plusieurs reprises la nécessité d'une Église «extravertie», c'est-à-dire non autoréférentielle, «en sortie», vouée au service du monde. Enfin, dans sa vision de la communion, la hiérarchie n'est pas placée au-dessus, mais à l'intérieur du peuple de Dieu. Ainsi, l'ecclésiologie de communion bannit toute forme de «cléricalisme» (https://www.laciviltacattolica.it/articolo/don-tonino-bello-un-vescovo-fatto-vangelo/). Don Tonino Bello ne partage rien avec les tenants de la messe en latin.

 

Juste après la messe du jubilé dédié aux équipes synodales et aux organes de participation ce dimanche 26 octobre, et avant la prière mariale de l’Angélus, depuis les appartements pontificaux, le pape Léon XIV a, devant une place Saint-Pierre baignée des milliers de fidèles, partagé une méditation sur la parabole du pharisien et du publicain, invitant les fidèles à cultiver l’humilité et la vérité du cœur dans leur relation à Dieu, et a par ailleurs encouragé les fidèles, à l’instar du publicain, à ne pas craindre de reconnaître leurs faiblesses,  Ce chemin d’humilité, a-t-il affirmé, permet à la fois la guérison intérieure et la croissance du Royaume de Dieu «qui n’appartient pas aux orgueilleux, mais aux humbles» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-10/leon-xiv-a-l-angelus-reconnaitre-notre-besoin-de-misericorde.html).

 

Pas sûr que de telles paroles touchent les fidèles tradis, car comme l’avait fait dit le pape François en 2022 : «La tradition, c’est la foi vivante des morts. Et le traditionalisme, c’est la foi morte de quelques vivants.» Et en dans la dernière biographie de 2025 Espère  ses mots n’ont pas manqué de faire grincer des dents les tenants de l’ancien rite : «C’est curieux, cette fascination pour ce que l’on ne comprend pas, qui a un air un peu occulte, et qui semble parfois intéresser même les générations les plus jeunes. Souvent, cette rigidité s’accompagne de toilettes recherchées et coûteuses, de dentelles, de rubans, de chasubles. Ce n’est pas un goût pour la tradition, mais une ostentation de cléricalisme, qui n’est rien d’autre que la version ecclésiastique de l’individualisme.» «Non pas un retour au sacré, mais tout le contraire: une mondanité sectaire. Parfois, ces déguisements dissimulent des déséquilibres, des déviations affectives, des problèmes comportementaux, un malaise personnel qui peut être instrumentalisé…» (https://www.cath.ch/newsf/francois-et-les-vieilles-dentelles-les-relations-difficiles-avec-les-tradis/). 

 

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Publié le 25 Octobre 2025

domradio.de nous montre ce samedi que dès le début de son mandat, le pape Léon XIV s'était engagé sur la voie de la réforme catholique. Aujourd'hui, pour la première fois en tant que pape, il s'est adressé aux participants du Synode. Cet événement s'inscrivait dans le cadre de l'Année Sainte des équipes synodales et constituait la première étape commune de la mise en œuvre du Synode mondial. Ce projet mondial de réforme catholique, initié par le pape François (2013-2025), s'est conclu provisoirement en octobre dernier par un document final. Les orientations qui y figurent seront progressivement intégrées à l'Église universelle sous la direction du nouveau pape. Le pape Léon XIV lui-même a participé au Synode mondial, d'abord comme évêque de Chiclayo, au Pérou, puis comme chef du Bureau épiscopal du Vatican.

 

Le pape Léon XIV a longuement discuté avec environ 2000 catholiques de tous les continents, engagés en faveur d'une plus grande participation active de tous les croyants au sein de l'Église. Pour le pape, l’Église en Afrique a beaucoup à offrir à chacun, puis pour celle d’Océanie, il lui demande d’écouter le cri de ceux qui souffrent, et de ne pas rester passive, ensuite pour celle d’Amérique du Nord, il signale que sans formation, il y aura toujours de la résistance et des peurs, et pour les catholiques d’Orient, il pointe qu’il faut retrouver l’enthousiasme de la foi pour apporter la réconciliation, mais aussi pour l’Église en Amérique latine à laquelle il demande de construire des parcours d’inclusion, et pour celle d’Europe, le pape pense que l’Église peut transformer les cultures qui discriminent les femmes, enfin pour celle d’Asie, il souhaite qu’on promeut l'égalité, la justice, et le partage (https://www.vaticannews.va/it/papa/news/2025-10/papa-giubileo-equipe-sinodali-gruppi-partecipazione.html). Vendredi soir, dans la salle d'audience du Vatican, il a appelé les fidèles à l'unité et à l'action : «Je crois que l'Église a une voix, et nous devons faire preuve de courage et l'élever pour changer le monde et le rendre meilleur.»

 

Il a également abordé la question controversée de la participation des femmes. Lors de la cérémonie d'ouverture, vendredi, sept représentants de différentes régions du monde ont présenté les premiers résultats de la phase de mise en œuvre locale. La question controversée d'une plus grande participation des femmes dans l'Église a également été abordée. Le pape Léon XIV est resté vague sur ce point, invoquant des différences culturelles au sein de l'Église universelle. Il a également cité l'exemple des religieuses péruviennes qui célèbrent des baptêmes et des mariages catholiques dans une région dépourvue de prêtres. «Outre les sujets plus difficiles qui font partie d'un groupe d'étude», a déclaré le pape Léon XIV, évoquant la question du diaconat féminin, externalisé par le Synode mondial, dit : «je pense que le problème n'est pas l'absence d'opportunités, mais leur existence culturelle.» Tous les évêques et prêtres ne souhaitaient pas permettre aux femmes d'exercer ce qui pourrait bien être leur rôle. Face à la résistance au processus général de réforme, qui vise à inclure même les croyants non ordonnés dans les décisions de l'Église, le pape Léon XIV a conseillé la patience. Tout le monde n'avance pas au même rythme. De plus, la formation et la formation continue doivent être une priorité à tous les niveaux : dans les écoles, les séminaires et la formation continue des laïcs. La résistance naît souvent de la peur et de l'ignorance.

 

Jusqu'à dimanche, les quelque 2000 participants venus du monde entier pourront participer à des discussions, des événements de réseautage et un pèlerinage à la Porte Sainte. L'événement se conclura dimanche par une cérémonie avec  le pape Léon XIV en la basilique Saint-Pierre. Des délégations d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse ont également fait le déplacement. Et le pape dans sa catéchèse pour l'audience jubilaire, le pape Léon XIV aborde le thème de «l'espérance sans savoir», suivant les traces de saint Nicolas de Cues, et invite l'Église à «conjuguer les contraires et espérer ce qui n'est pas encore vu». Car ce n'est qu'en répondant aux questions des jeunes, des pauvres et des femmes que «l'Église devient experte en humanité» (https://www.religiondigital.org/vaticano/Audiencia-jubilar-Leon-Roma-Papa-Nicolas-Cusa_0_2828417134.html). Jeudi, le pape Léon XIV a rencontré les participants à la cinquième Rencontre mondiale des mouvements populaires, en salle Paul VI du Vatican, jeudi 23 octobre. Dans un dense discours de neuf pages, le Souverain pontife américain rappelant son prédécesseur le pape François, il dit que «la terre, le logement et le travail» sont des «droits sacrés». Il pointe ensuite du doigt l'augmentation des injustices sociales, les «dommages collatéraux» causés par les nouvelles technologies, le traitement inhumain des migrants et la propagation de nouvelles drogues de synthèse, comme le fentanyl, qui ravage notamment les États-Unis (https://www.vaticannews.va/it/papa/news/2025-10/papa-leone-xiv-movimenti-popolari-incontro-roma-vaticano.html).

 

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Publié le 24 Octobre 2025

SudOuest.fr avec l’AFP nous montre ce vendredi que le pape Léon XIV réintroduit la messe traditionaliste à la basilique Saint-Pierre, après trois ans de restrictions imposées par son prédécesseur le pape François, signalant une volonté d’ouverture et d’unité au sein de l’Église catholique envers les conservateurs. Samedi après-midi, pour la première fois depuis 2021, cette messe dite «tridentine» sera célébrée dans la plus grande église du monde par le cardinal américain Raymond Burke, l’un des plus farouches opposants au pape François, dans le cadre d’un pèlerinage international annuel à Rome. Fin 2021, inquiet de la voir instrumentalisée pour rejeter l’héritage du Concile Vatican II (1962-65), une série de réformes qui avaient fait entrer l’Église dans l’ère moderne, le pape François avait largement restreint cette messe en la soumettant à des strictes conditions. Malgré des tâtonnements dans son application, ce décret papal, baptisé «Traditionis Custodes», avait provoqué la colère d’une partie des catholiques attachée à cette liturgie, qui avait dénoncé une marginalisation injustifiée.

 

Dans ce contexte, le feu vert du pape Léon XIV est «un signal très fort adressé à la frange conservatrice», explique François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux. «Peut-être que les tensions à l’intérieur de l’Église catholique sont plus fortes que celles qu’on pouvait imaginer il y a quelques mois», poursuit-il. Depuis son élection, le pape Léon XIV s’est inscrit dans la lignée bergoglienne avec une teinte résolument sociale, en faveur des pauvres, des migrants et de l’écologie. En septembre, l’accueil au Vatican d’un pèlerinage LGBT + dans le cadre du Jubilé, «Année Sainte» de l’Église, avait relancé les critiques sur la «dérive idéologique» du Saint-Siège à la vue des drapeaux arc-en-ciel sous les ors de la basilique Saint-Pierre. Mais parallèlement, le pape Léon XIV a donné des gages aux milieux conservateurs, à l’image du choix du cardinal guinéen Robert Sarah, qui considère l’immigration comme une menace pour l’identité chrétienne de l’Europe, en tant qu’envoyé spécial pour un pèlerinage en Bretagne.

 

Le retour de la messe tridentine au Vatican constitue «un geste d’apaisement, c’est à dire que tout le monde fait partie de l’Église : toutes les catégories doivent être acceptées, reçues», relève Martin Dumont, historien et secrétaire général de l’Institut de recherche pour l’étude des religions. Le pape Léon XIV «souhaiterait rencontrer des groupes de catholiques attachés à cette forme de rite» pour comprendre leurs motivations. «C'est un homme de pacification, attentif aux autres.» Synonyme de sa stratégie d'unification, le message du pape semble clair : la messe traditionaliste a sa place tant qu'elle ne remet pas en cause l'héritage de Vatican II. Mais la frontière entre liturgie et politique apparaît souvent ténue. Dans une interview publiée en septembre, le souverain pontife avait reconnu que le sujet était «très compliqué» et s'inscrivait «malheureusement dans un processus de polarisation». «Certains ont utilisé la liturgie comme prétexte pour faire avancer d'autres sujets. C'est devenu un outil politique, et c'est très regrettable», a-t-il déploré.

 

Le jésuite Martin Pochon, bibliste, auteur L’eucharistie, don ou sacrifice ? (Vie Chrétienne, 2025) pose une bonne question dans la-croix.com (https://www.la-croix.com/a-vif/comment-retablir-l-unite-ecclesiale-si-elle-nest-pas-fondee-sur-les-evangiles-20251024) surtout quand certains s’interrogent alors que d’autres se réjouissent : «Comment rétablir l’unité de l’Église si elle n’est pas fondée sur les Évangiles ?» et plus particulièrement sur les paroles et les gestes du Christ, et se permet critiquer une conception erronée de la Cène, basée sur le concile de Trente prenant la perspective sacrificielle de la messe, élaborée à partir du IIe siècle et consacrée par le concile de Trente, concomitante de l’apparition de l’épiscopat monarchique remplaçant une structure de direction collégiale des communautés chrétiennes, s’écarte des Évangiles en privilégiant l’épître aux Hébreux, alors que dans l’Évangile le Christ dévoile le vrai visage du Père par le don qu’il nous fait de sa vie : Tout est offert aux hommes, rien à Dieu, mais tout vient de lui : c’est le vrai sens de la Croix.

 

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Publié le 23 Octobre 2025

france24.com avec l’AFP nous montrent ce jeudi qu’en visite d'État au Vatican, le roi Charles III a prié jeudi aux côtés du pape Léon XIV lors d'une célébration œcuménique dans la chapelle, sous les célèbres fresques de Michel-Ange, en présence de responsables religieux et d'officiels. C'est la première fois qu'un pape et un souverain britannique se retrouvent publiquement pour une prière commune, marquant ainsi un nouveau rapprochement entre les deux Églises, après un demi-siècle d'initiatives comme des rencontres entre les papes et les archevêques de Canterbury, les chefs spirituels de l'Église d’Angleterre. Voulue par Charles III, cette prière avait pour thème la protection de la nature, une cause chère au roi, signe de la convergence entre les deux Églises sur les questions environnementales dix ans après l'encyclique "Laudato Si" du pape François sur l'écologie intégrale. Elle a mêlé des traditions catholiques et anglicanes. La chorale de la chapelle Sixtine a accompagné celle de la chapelle Saint-Georges de Windsor.

 

"C'est un évènement historique", explique William Gibson, professeur d'histoire ecclésiastique à la Oxford Brookes university. Il rappelle que le souverain britannique est tenu par la loi d'être protestant. "De 1536 à 1914, il n'y avait pas de relations diplomatiques officielles entre le Royaume-Uni et le Saint-Siège", dit-il. Londres a ouvert une ambassade au Vatican en 1982 seulement. Et ce n'est qu'en 2013 que la loi a permis aux membres de la famille royale épousant des catholiques de conserver leur place dans l'ordre de succession, explique William Gibson. Récent, ce rapprochement est "important dans la mesure où l'anglicanisme est né en réaction à l'Église catholique, et donc dans l'opposition", rappelle le frère Hyacinthe Destivelle, prêtre dominicain français, membre du dicastère (équivalent d'un ministère au Vatican) pour la promotion de l'unité des chrétiens. Contrairement à l'Église catholique romaine, l'Église anglicane ordonne des femmes et permet aux prêtres de se marier. Pour la première fois de son histoire, elle vient de nommer à sa tête une femme, Sarah Mullally, une mère de famille de 63 ans.

 

Pour sceller ce rapprochement, Charles III, qui est également le chef de l'Église anglicane, s'est vu conférer le titre de "Confrère royal" pour la première fois, dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Un banc portant les armoiries du roi a également été créé et trônera désormais dans la basilique. Il pourra ainsi être utilisé par les successeurs de Charles III. En retour, le pape Léon XIV s'est vu proposer de devenir "Confrère papal" de la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, ce qu'il a accepté (https://fr.news.yahoo.com/roi-charles-iii-rencontre-pape-171047440.html). Le pape Léon XIV et Charles III célèbreront ensemble l'année jubilaire, ou Année sainte de l'Église catholique, qui a lieu tous les 25 ans et attire des millions de pèlerins au Vatican. Le couple royal avait rencontré en privé le pape François, le 9 avril dernier au Vatican, 12 jours avant sa mort. Charles III était représenté par son fils William aux funérailles du jésuite argentin, puis par son frère, le prince Edward, à la messe d'intronisation du pape Léon XIV le 18 mai. L'Église d'Angleterre, en perte de vitesse, compte une vingtaine de millions de fidèles baptisés, mais évalue à un peu moins d'un million ses pratiquants réguliers, selon des statistiques portant sur l'année 2022.

 

Cette visite intervient alors que la famille royale britannique est de nouveau soumise à une forte pression médiatique à propos des liens du prince Andrew avec le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein. Le scandale, qui poursuit depuis des années le frère du roi, a été ravivé cette semaine après la parution des mémoires de Virginia Giuffre, qui accuse Andrew d’agression sexuelle. Âgé de 65 ans, le prince a annoncé qu’il cesserait d’utiliser ses titres, dont celui de duc d’York, tout en niant vigoureusement les accusations de Virginia Giuffre, qui s'est donné la mort en début d'année. Le palais de Buckingham et le gouvernement britannique subissent des pressions croissantes pour le priver officiellement de son titre de duc et de prince, et l’expulser du manoir de 30 pièces qu’il occupe près du château de Windsor (https://fr.news.yahoo.com/roi-charles-iii-rencontre-pape-171047440.html).

 

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Publié le 22 Octobre 2025

«Tu n'invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu à mauvais escient», lit-on dans l'un des Dix Commandements. Le cardinal Marx critique ce qui se passe actuellement aux États-Unis, par exemple comme nous le montre domradio.de ce mercredi. Dans toutes les religions, il existe une tendance à utiliser Dieu à mauvais escient, a expliqué Marx : «Certaines religions ou certains chefs religieux encouragent ce phénomène. Ils ne sont pas seulement instrumentalisés, ils en sont complices. Je considère cela comme une très mauvaise chose.»

 

Le cardinal a expliqué qu'il n'aurait jamais imaginé que la religion serait à nouveau autant instrumentalisée par la politique aujourd'hui. C'est particulièrement vrai aux États-Unis, où la séparation entre religion et politique est pourtant constitutionnellement obligatoire. Soudain, elles se retrouvent à nouveau mêlées. Mais cela vaut également pour la Russie, où le patriarche déclare une «guerre sainte» à l'Occident décadent. Une telle appropriation est dangereuse pour l'avenir, y compris pour la religion, a averti Marx. Nombreux sont ceux qui pourraient avoir l'impression que les religions «se laissent porter par le courant dès que quelqu'un accède au pouvoir et souhaite promouvoir son idéologie».

 

Dans une interview, il évoque également la question de l'immigration en Allemagne. Marx s'est dit contrarié par le fait que la question migratoire soit actuellement présentée comme une menace. Il a souligné l'importance de transmettre un message positif : l'Allemagne se réjouit de l'arrivée de nombreux migrants et de leur présence sur le marché du travail. «L'immigration est nécessaire pour nous», a déclaré le cardinal. En fin de compte, seule une petite partie des migrants sont devenus des criminels et devraient être expulsés. Compte tenu de la situation démographique et économique, la migration doit être considérée comme une opportunité. Cependant, des efforts supplémentaires, notamment financiers, doivent être consentis pour favoriser l'intégration. L'Église y contribue également.

 

José Lorenzo nous montre enfin sur religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/america/Cupich-energico-Trump-familias-destrozadas-migrantes_0_2827517224.html) qu’alors que son diocèse de Chicago fait face à des raids fédéraux déployés par Donald Trump pour tenir sa promesse de campagne d' expulser 600 000 immigrants sans papiers d'ici la fin de l'année (déjà 400 000) , le cardinal archevêque Blaise Cupich a publié une déclaration à ses diocésains dans laquelle il a déclaré qu'il parlait non seulement «en tant que votre pasteur, mais aussi en tant que compagnon de pèlerinage qui partage la douleur de tant de nos communautés d'immigrants».

 

«Nous soutenons la mère qui traverse les frontières pour nourrir ses enfants. Nous soutenons le père qui œuvre en silence pour construire un avenir meilleur. Nous soutenons le jeune qui rêve de sécurité et d'un avenir meilleur. Nos paroisses et nos écoles ne refuseront pas ceux qui cherchent du réconfort, et nous ne resterons pas silencieux lorsque la dignité est bafouée dans l'application de la loi», a déclaré le cardinal, suivant également l'instruction que le pape Léon XIV lui a donnée, ainsi qu'à l'ensemble des évêques des États-Unis, de dénoncer le «traitement inhumain» qu'implique cette politique d'immigration.

 

«Il est essentiel que nous respections la dignité de chaque être humain», a souligné à cet égard Cupich, qui, dans sa déclaration, publiée le 21 octobre, s'adresse directement à ceux qui sont cruellement persécutés : «Je voudrais maintenant m'adresser directement aux immigrants sans papiers. La plupart d'entre vous sont ici depuis des années. Vous avez travaillé dur. Vous avez élevé des familles. Vous avez contribué à l'essor de cette nation. Vous avez gagné notre respect. En tant qu'archevêque de Chicago, j'insisterai pour que vous soyez traités avec dignité. Les Américains ne doivent pas oublier que nous sommes tous issus de familles d'immigrants. Vous êtes nos frères et sœurs. Nous sommes à vos côtés».

 

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