Publié le 30 Novembre 2025
france24.com nous montre que le pape Léon XIV est attendu, dimanche, au Liban, éprouvé par une crise endémique et en proie aux incertitudes. Le souverain pontife doit y porter un message de paix après une visite de plusieurs jours en Turquie, marquée par le dialogue pour l'unité des chrétiens. Longtemps érigé en modèle de coexistence, le Liban est englué depuis 2019 dans une crise dévastatrice : effondrement monétaire, appauvrissement généralisé, services publics défaillants, explosion du port de Beyrouth en 2020 et guerre avec Israël. Le pape Léon XIV, premier pape à visiter le pays depuis Benoît XVI en 2012, sera reçu dans l'après-midi par le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri, avant de prononcer un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique à 18 h (16 h GMT). Samedi, le mouvement pro-iranien Hezbollah a exhorté le pape à rejeter "l'injustice et l'agression" d'Israël contre le Liban, après avoir essuyé le 23 novembre une frappe israélienne qui a tué son chef militaire. Malgré le cessez-le-feu intervenu il y a un an, l'armée israélienne a intensifié ces dernières semaines ses frappes au Liban, en majorité dans le Sud, disant vouloir empêcher le Hezbollah de se réarmer.
"Le choix du Liban est un choix courageux", a déclaré Mgr Hugues de Woillemont, président de l'Œuvre d'Orient, une organisation catholique qui vient en aide aux chrétiens d'Orient. "Le modèle multiconfessionnel du Liban est aujourd'hui extrêmement fragilisé par des logiques d'affrontement, même si le pays a aujourd'hui à sa tête un président et un Premier ministre qui travaillent ensemble", a-t-il ajouté. Le Liban a déclaré deux jours fériés pour la visite et d'importantes mesures de sécurité ont été mises en place, avec des routes fermées, l'interdiction de drones et l'évacuation de larges portions du centre-ville lundi soir, avant la messe. Assaad El Hage, avocat de 54 ans, compte ainsi assister à la messe en plein air prévue mardi sur le front de mer de Beyrouth avec environ 120 000 personnes, comme il l'avait fait lors de la visite de Jean-Paul II en 1997. "Le Liban est un pays où se côtoient toutes les communautés. Cette diversité a engendré des difficultés, mais elle fait aussi sa singularité, car chacun peut s'exprimer librement au Liban", a-t-il confié à l'AFP. Le pape Léon XIV va s'envoler pour Beyrouth à bord d'un A320 de la compagnie italienne ITA, qui a été réparé samedi en raison d'un logiciel de commandes vulnérable, comme des milliers d'autres dans le monde.
En Turquie, le pape Léon XIV a reçu un accueil chaleureux de la part de la petite communauté catholique, mais sa visite est restée discrète, notamment en raison d’un lourd dispositif de sécurité qui a empêché tout contact avec l’extérieur. Il a cependant pris le temps de rencontrer en privé le père de Mattia Ahmet Minguzzi, victime à 14 ans, en janvier dernier, d’une agression mortelle dans un quartier populaire d’Istanbul qui avait choqué la Turquie (https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/30/le-pape-leon-xiv-en-visite-au-liban-pour-porter-un-message-de-paix_6655468_3210.html). Avant de s'envoler pour Beyrouth, le pape Léon XIV avait deux rendez-vous importants à Istanbul : une prière à la cathédrale apostolique arménienne et une liturgie divine avec le patriarche œcuménique Bartholomée, chef spirituel des chrétiens orthodoxes du monde entier. L'invitation de ce dernier, à l'occasion d'un anniversaire chrétien majeur, avait motivé la visite du pape Léon XIV. Le souverain pontife est entré en procession dans la cathédrale arménienne, enveloppé d'encens, tandis qu'un chœur d'hommes chantait. Il a salué le «témoignage chrétien courageux du peuple arménien à travers l'histoire, souvent dans des circonstances tragiques», faisant ainsi référence au massacre des Arméniens par les Turcs ottomans pendant la Première Guerre mondiale. Le pape François avait qualifié ce massacre de «génocide», provoquant la colère de la Turquie, qui nie tout génocide. Le pape Léon XIV s'est montré plus diplomate dans ses propos sur le sol turc (https://apnews.com/article/pope-turkey-lebanon-4a42813fdb443837688cfc9f07956284).
Dans l'avion qui le conduit d'Istanbul à Beyrouth, le pape Léon XIV a remercié la Turquie pour l'accueil qui lui a été réservé, en particulier le gouvernement qui a fait en sorte que cette visite soit «un succès», mais aussi de vivre «ces différents moments avec les différentes Églises, avec les différentes communautés chrétiennes, avec les Églises orthodoxes, qui ont culminé ce (dimanche) matin avec la Divine Liturgie avec le patriarche Bartholomée, qui a été une célébration merveilleuse.». Il a répondu aux questions de deux journalistes turcs sur le dialogue avec le président Erdogan portant sur «la paix», les perspectives de paix à Gaza, pour lesquelles le pape a réaffirmé son soutien à la solution à deux États ajoutant que «Nous sommes également amis avec Israël et nous essayons, avec les deux parties, d'être une voix médiatrice qui puisse aider à nous rapprocher d'une solution juste pour tous.», tout en soulignant que «La Turquie a un rôle important à jouer à cet égard». Quant à l'Ukraine, le pape Léon XIV a appelé au dialogue et au cessez-le-feu et souligné le rôle de médiation que pourrait jouer la Turquie «grâce à ses relations avec les présidents ukrainien, russe et américain», et confirmant l'idée d'un voyage des communautés chrétiennes à Jérusalem pour les deux mille ans de la Rédemption qu’il serait «possible de célébrer, par exemple à Jérusalem en 2033» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/pape-leon-xiv-turquie-conference-de-presse-dans-l-avion.html).
Enfin, au palais présidentiel de Baabda à Beyrouth, après avoir été accueilli par les hymnes à l’aéroport Rafik Hariri, du nom de l’ancien Premier ministre assassiné, et une rencontre privée avec le chef de l’État Joseph Aoun, le président de l’Assemblée nationale Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam, le pape Léon XIV a réservé ses premiers mots pour les autorités, les représentants de la société civile et le corps diplomatique. Pour son premier discours en terre libanaise, le pape Léon XIV a souligné trois caractéristiques des artisans de paix : la résilience, dont le pape a évoqué cette facette du peuple libanais qui leur a toujours permis de recommencer, lui permettant d’encourager la classe dirigeante à se mettre au service de son peuple, l’effort de réconciliation qui revient pour le pape à s’engager sur un chemin difficile qui est par conséquent aussi la voie de la vérité et de la justice, et les institutions doivent réconcilier des communautés divisées, et les orienter dans la même direction pour habiter ensemble, en communion, en tant que personnes réconciliées travaillant ensemble, côte à côte, pour un avenir commun, et le courage de ne pas quitter le pays, car la paix a besoin d’artisans qui restent au pays, mais l’«hémorragie de jeunes et de familles qui cherchent un avenir ailleurs», doit amener à trouver des solutions et le pape appelle autant les chrétiens que les musulmans, «ainsi que toutes les composantes religieuses et civiles de la société libanaise», «à s’engager à sensibiliser la communauté internationale à cette question». Enfin, le pape Léon XIV souhaite valoriser le rôle des femmes dans la société, notamment celui de préserver la paix, car «leur participation à la vie sociale et politique», tout comme à la vie «de leurs propres communautés religieuses», représente «un facteur de véritable renouveau». En concluant, le pape Léon XIV évoque l’amour du peuple libanais pour la musique, car elle est un peu comme la paix (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/leon-xiv-liban-discours-autorites-verite-et-reconciliation.html).
Merci !
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