Publié le 30 Novembre 2025

france24.com nous montre que le pape Léon XIV est attendu, dimanche, au Liban, éprouvé par une crise endémique et en proie aux incertitudes. Le souverain pontife doit y porter un message de paix après une visite de plusieurs jours en Turquie, marquée par le dialogue pour l'unité des chrétiens. Longtemps érigé en modèle de coexistence, le Liban est englué depuis 2019 dans une crise dévastatrice : effondrement monétaire, appauvrissement généralisé, services publics défaillants, explosion du port de Beyrouth en 2020 et guerre avec Israël. Le pape Léon XIV, premier pape à visiter le pays depuis Benoît XVI en 2012, sera reçu dans l'après-midi par le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri, avant de prononcer un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique à 18 h (16 h GMT). Samedi, le mouvement pro-iranien Hezbollah a exhorté le pape à rejeter "l'injustice et l'agression" d'Israël contre le Liban, après avoir essuyé le 23 novembre une frappe israélienne qui a tué son chef militaire. Malgré le cessez-le-feu intervenu il y a un an, l'armée israélienne a intensifié ces dernières semaines ses frappes au Liban, en majorité dans le Sud, disant vouloir empêcher le Hezbollah de se réarmer.

 

"Le choix du Liban est un choix courageux", a déclaré Mgr Hugues de Woillemont, président de l'Œuvre d'Orient, une organisation catholique qui vient en aide aux chrétiens d'Orient. "Le modèle multiconfessionnel du Liban est aujourd'hui extrêmement fragilisé par des logiques d'affrontement, même si le pays a aujourd'hui à sa tête un président et un Premier ministre qui travaillent ensemble", a-t-il ajouté. Le Liban a déclaré deux jours fériés pour la visite et d'importantes mesures de sécurité ont été mises en place, avec des routes fermées, l'interdiction de drones et l'évacuation de larges portions du centre-ville lundi soir, avant la messe. Assaad El Hage, avocat de 54 ans, compte ainsi assister à la messe en plein air prévue mardi sur le front de mer de Beyrouth avec environ 120 000 personnes, comme il l'avait fait lors de la visite de Jean-Paul II en 1997.  "Le Liban est un pays où se côtoient toutes les communautés. Cette diversité a engendré des difficultés, mais elle fait aussi sa singularité, car chacun peut s'exprimer librement au Liban", a-t-il confié à l'AFP. Le pape Léon XIV va s'envoler pour Beyrouth à bord d'un A320 de la compagnie italienne ITA, qui a été réparé samedi en raison d'un logiciel de commandes vulnérable, comme des milliers d'autres dans le monde.

 

En Turquie, le pape Léon XIV a reçu un accueil chaleureux de la part de la petite communauté catholique, mais sa visite est restée discrète, notamment en raison d’un lourd dispositif de sécurité qui a empêché tout contact avec l’extérieur. Il a cependant pris le temps de rencontrer en privé le père de Mattia Ahmet Minguzzi, victime à 14 ans, en janvier dernier, d’une agression mortelle dans un quartier populaire d’Istanbul qui avait choqué la Turquie (https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/30/le-pape-leon-xiv-en-visite-au-liban-pour-porter-un-message-de-paix_6655468_3210.html). Avant de s'envoler pour Beyrouth, le pape Léon XIV avait deux rendez-vous importants à Istanbul : une prière à la cathédrale apostolique arménienne et une liturgie divine avec le patriarche œcuménique Bartholomée, chef spirituel des chrétiens orthodoxes du monde entier. L'invitation de ce dernier, à l'occasion d'un anniversaire chrétien majeur, avait motivé la visite du pape Léon XIV. Le souverain pontife est entré en procession dans la cathédrale arménienne, enveloppé d'encens, tandis qu'un chœur d'hommes chantait. Il a salué le «témoignage chrétien courageux du peuple arménien à travers l'histoire, souvent dans des circonstances tragiques», faisant ainsi référence au massacre des Arméniens par les Turcs ottomans pendant la Première Guerre mondiale. Le pape François avait qualifié ce massacre de «génocide», provoquant la colère de la Turquie, qui nie tout génocide. Le pape Léon XIV s'est montré plus diplomate dans ses propos sur le sol turc (https://apnews.com/article/pope-turkey-lebanon-4a42813fdb443837688cfc9f07956284).

 

Dans l'avion qui le conduit d'Istanbul à Beyrouth, le pape Léon XIV a remercié la Turquie pour l'accueil qui lui a été réservé, en particulier le gouvernement qui a fait en sorte que cette visite soit «un succès», mais aussi de vivre «ces différents moments avec les différentes Églises, avec les différentes communautés chrétiennes, avec les Églises orthodoxes, qui ont culminé ce (dimanche) matin avec la Divine Liturgie avec le patriarche Bartholomée, qui a été une célébration merveilleuse.». Il a répondu aux questions de deux journalistes turcs sur le dialogue avec le président Erdogan portant sur «la paix», les perspectives de paix à Gaza, pour lesquelles le pape a réaffirmé son soutien à la solution à deux États  ajoutant que «Nous sommes également amis avec Israël et nous essayons, avec les deux parties, d'être une voix médiatrice qui puisse aider à nous rapprocher d'une solution juste pour tous.», tout en soulignant que «La Turquie a un rôle important à jouer à cet égard». Quant à l'Ukraine, le pape Léon XIV a appelé au dialogue et au cessez-le-feu et souligné le rôle de médiation que pourrait jouer la Turquie «grâce à ses relations avec les présidents ukrainien, russe et américain», et confirmant l'idée d'un voyage des communautés chrétiennes à Jérusalem pour les deux mille ans de la Rédemption qu’il serait «possible de célébrer, par exemple à Jérusalem en 2033» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/pape-leon-xiv-turquie-conference-de-presse-dans-l-avion.html).

 

Enfin, au palais présidentiel de Baabda à Beyrouth, après avoir été accueilli par les hymnes à l’aéroport Rafik Hariri, du nom de l’ancien Premier ministre assassiné, et une rencontre privée avec le chef de l’État Joseph Aoun, le président de l’Assemblée nationale Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam, le pape Léon XIV a réservé ses premiers mots pour les autorités, les représentants de la société civile et le corps diplomatique. Pour son premier discours en terre libanaise, le pape Léon XIV a souligné trois caractéristiques des artisans de paix : la résilience, dont le pape a évoqué cette facette du peuple libanais qui leur a toujours permis de recommencer, lui permettant d’encourager la classe dirigeante à se mettre au service de son peuple, l’effort de réconciliation qui revient pour le pape à s’engager sur un chemin difficile qui est par conséquent aussi la voie de la vérité et de la justice, et les institutions doivent réconcilier des communautés divisées, et les orienter dans la même direction pour habiter ensemble, en communion, en tant que personnes réconciliées travaillant ensemble, côte à côte, pour un avenir commun, et le courage de ne pas quitter le pays, car la paix a besoin d’artisans qui restent au pays, mais l’«hémorragie de jeunes et de familles qui cherchent un avenir ailleurs», doit amener à trouver des solutions et le pape appelle autant les chrétiens que les musulmans, «ainsi que toutes les composantes religieuses et civiles de la société libanaise», «à s’engager à sensibiliser la communauté internationale à cette question». Enfin, le pape Léon XIV souhaite valoriser le rôle des femmes dans la société, notamment celui de préserver la paix, car «leur participation à la vie sociale et politique», tout comme à la vie «de leurs propres communautés religieuses», représente «un facteur de véritable renouveau». En concluant, le pape Léon XIV évoque l’amour du peuple libanais pour la musique, car elle est un peu comme la paix (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/leon-xiv-liban-discours-autorites-verite-et-reconciliation.html).

 

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Publié le 29 Novembre 2025

20minutes.fr avec l’AFP nous montrent que trois jours après son arrivée dans le pays, le pape Léon XIV a présidé ce samedi sa première messe en Turquie, devant les fidèles d’Istanbul enfin autorisés à l’approcher après avoir été tenu à l’écart par un lourd dispositif de sécurité depuis son arrivée et le matin même à la Mosquée bleue. La journée du pape américain a été marquée par des rencontres avec des responsables orthodoxes, devant lesquels il a redit l’importance de travailler pour l’unité des chrétiens à l’échelle mondiale.

 

Dans l’après-midi, le pape Léon XIV a présidé une messe dans une salle de spectacles devant environ 4000 membres de la petite communauté catholique du pays (33 000 personnes sur 86 millions d’habitants), qui l’ont accueilli avec des chants et des applaudissements. «C’est une visite significative et j’espère qu’elle contribue à sensibiliser», s’est félicitée Cigdem Asinanyan, habitante d’Istanbul qui a patienté sous la pluie pour accéder à la salle dans laquelle un autel avait été dressé sur une estrade, encadré par trois chandeliers et surmonté d’une grande croix. Quelques instants plus tôt, le pape de 70 ans a signé avec le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier une déclaration insistant sur la nécessité de poursuivre le dialogue interreligieux et de «rejeter toute utilisation de la religion» pour justifier la violence. Les deux hommes ont aussi indiqué poursuivre leurs efforts pour arrêter une date commune pour Pâques, fête la plus importante du calendrier chrétien célébrée séparément par les catholiques et les orthodoxes.

 

Le pape Léon XIV a aussi proposé un rassemblement encore plus important pour l'unité des chrétiens à Jérusalem. Lors d'une rencontre avec de hauts représentants d'autres Églises et confessions dans les locaux de la communauté syriaque orthodoxe d'Istanbul, samedi matin, il a suggéré une rencontre de toutes les communautés chrétiennes en 2033. Selon une déclaration du Vatican, ceux qui étaient absents lors du récent anniversaire du Concile à Iznik devraient également y être inclus. L'objectif de ce «cheminement spirituel» commun est «l'unité parfaite» entre les chrétiens; leur division constitue un obstacle à la proclamation du message chrétien. Comme l'a annoncé le Vatican, la rencontre, conformément au projet du pape, se tiendra sur le site de la Cène et du miracle de la Pentecôte, à l'occasion du 2000e anniversaire de la mort de Jésus. La Pentecôte est considérée comme la naissance de l'Église unique, qui s'est ensuite divisée en plusieurs Églises et confessions. L'Église catholique célébrera l'année 2033, selon le souhait du pape, comme une «Année sainte de la Rédemption» exceptionnelle (https://www.domradio.de/artikel/papst-leo-xiv-regt-fuer-2033-ein-treffen-aller-kirchen-jerusalem).

 

Ce samedi matin, le chef de l’Église catholique a aussi visité la Mosquée bleue d’Istanbul, joyau emblématique de la ville et célèbre monument ottoman dont il s’est fait expliquer l’histoire, sans s’y recueillir contrairement à son prédécesseur le pape François. Il s’est présenté en chaussettes blanches dans ce lieu symbolique du XVIIe siècle aux murs ornés de faïences fines, accompagné du mufti d’Istanbul. Ce signe d’amitié envers l’islam sunnite, religion majoritaire du pays, a constitué la première visite dans un lieu de culte musulman du pape Léon XIV depuis son élection en mai, sur les pas du pape Benoit XVI en 2006 et du pape François en 2014. Entouré de dignitaires musulmans, le souverain pontife s’est vu présenter la mosquée dans un silence troublé par le seul bruit des appareils photo et le cri d’un corbeau tournoyant sous les coupoles, sans marquer de moment de prière, contrairement à ce qui avait été communiqué par le Vatican.

 

Dimanche après-midi, il est attendu au Liban jusqu’à mardi, un pays rongé par une crise dévastatrice où il doit délivrer un message de paix. Le Hezbollah a exhorté, samedi 29 novembre, le pape Léon XIV à rejeter «l’injustice et l’agression» d’Israël contre le Liban, dans un message adressé au souverain pontife avant sa visite dans le pays, de dimanche à mardi. Malgré le cessez-le-feu intervenu il y a un an, l’armée israélienne a intensifié ces dernières semaines ses frappes au Liban, disant vouloir empêcher le Hezbollah de se réarmer, ce qu’il dément. L’armée israélienne a tué le 23 novembre lors d’une frappe dans la banlieue de Beyrouth, le chef militaire de la formation, Haitham Ali Tabatabai. Dans un discours prononcé vendredi, le chef du Hezbollah, Naim Qassem, s’était félicité de la prochaine visite du pape Léon XIV au Liban, affirmant avoir chargé des membres de sa formation de lui remettre une lettre (https://www.ouest-france.fr/monde/liban/le-hezbollah-exhorte-le-pape-leon-xiv-a-rejeter-l-agression-israelienne-lors-de-sa-visite-au-liban-faa877cc-cd21-11f0-9f92-1f1697d8d1ab).

 

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Publié le 28 Novembre 2025

courrierinternational.com avec l’AFP nous montrent que le pape Léon XIV a appelé ce vendredi, à Iznik, l'ancienne Nicée, en Turquie, dans le pays à large majorité musulmane, à l'unité et la fraternité entre chrétiens de différentes confessions lors de la célébration des 1700 ans du Concile œcuménique de Nicée, un évènement fondateur pour le christianisme. Le pape s’y est rendu pour une grande prière sur les vestiges d'une basilique immergée du IVe siècle, en présence de dignitaires religieux, orthodoxes et protestants. Côte à côte, sur les rives du lac d'Iznik, ces derniers ont récité le Credo de Nicée, un texte toujours utilisé par des millions de chrétiens de différentes confessions dans le monde, qui avait été rédigé lors du même Concile en l'an 325, ayant réuni 300 évêques de l'Empire romain.

 

Divisés depuis le grand schisme de 1054 entre les Églises d'Orient et d'Occident, catholiques et orthodoxes maintiennent un dialogue et des célébrations communes (œcuméniques), malgré des divergences doctrinales. La cérémonie, marquée par des prières en plusieurs langues, des chants polyphoniques et byzantins a capella, était présidée par le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier, figure majeure du monde orthodoxe. Dans une époque où "le monde est troublé et divisé par les conflits et les antagonismes", la venue du pape Léon XIV "est particulièrement importante et significative", avait déclaré plus tôt à l'AFP le patriarche de Constantinople, qui exerce une primauté honorifique et historique sur les autres patriarches du monde orthodoxe.

 

Les catholiques reconnaissent l'autorité universelle du pape comme chef de l'Église, tandis que les orthodoxes, plus fragmentés que jamais, sont organisés en Églises autocéphales. En 2018, le puissant patriarcat de Moscou, dirigé par Kirill, soutien du président russe Vladimir Poutine, avait rompu avec le patriarcat de Constantinople après que celui-ci avait reconnu une Église indépendante en Ukraine. Moscou, qui ne figure pas parmi les quatre patriarcats anciens invités à Iznik, redoute que le Vatican renforce le rôle de Constantinople comme interlocuteur privilégié et fragilise son influence. Dans sa déclaration, le pape a également appelé à "rejeter avec force" l'"utilisation de la religion pour justifier la guerre et la violence, comme toute forme de fondamentalisme et de fanatisme", sans jamais citer ouvertement aucun responsable d'aucune religion. Le patriarche Kirill a soutenu l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, qu'il a qualifiée de "guerre sainte".

 

Par ailleurs, Mehmet Ali Agca, ancien assassin du pape, n'a pas pu rencontrer le pape Léon XIV. Il a été escorté hors d'Iznik par les autorités turques sans avoir pu rencontrer le pape, ont rapporté les médias turcs vendredi. Agca a quant à lui affirmé être parti de son plein gré. Agca s'y était rendu quelques jours auparavant. Il avait souhaité la bienvenue au pape en Turquie et espérait pouvoir s'entretenir avec lui, a déclaré l'homme de 67 ans à une agence de presse turque.  En 1981, Agca a tiré plusieurs coups de feu sur le pape Jean-Paul II (1978-2005) place Saint-Pierre, le blessant grièvement. Le pape a survécu et a par la suite pardonné à l'assassin. Après sa libération de prison il y a 15 ans, ce tueur à gages d'extrême droite a notamment affirmé avoir reçu l'ordre d'assassiner Jean-Paul II du Vatican. Cependant, les véritables motivations de l'attaque n'ont jamais été élucidées (https://www.domradio.de/artikel/papst-leo-xiv-beschwoert-bei-tuerkeireise-einheit-der-christen).

 

Vendredi matin, le pape Léon XIV a été accueilli avec ferveur par les chants et les applaudissements des quelques centaines de fidèles réunis à la cathédrale du Saint-Esprit d'Istanbul, dont beaucoup s'étaient levés à l'aube pour l'apercevoir. Visiblement ému par l'accueil, le pape de 70 ans a encouragé les prêtres, religieux et fidèles en assurant que la "logique de la petitesse est la véritable force de l'Église", dans un pays où les chrétiens luttent toujours contre un sentiment d'exclusion. Arrivé jeudi en Turquie pour son premier voyage à l'étranger, le pape a été reçu par le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan à Ankara, où il a appelé la Turquie à jouer un rôle de "stabilisateur" dans un contexte mondial "fortement conflictuel".

 

Enfin, le pape Léon XIV s’est arrêté en fin de matinée de ce vendredi à la Maison d’accueil pour personnes âgées des Petites Sœurs des Pauvres, des religieuses qui se consacrent depuis 133 ans au service de leur prochain à Istanbul. Dans son adresse, le pape a remercié les six religieuses pour le don de l’accueil dont elles font preuve envers 62 seniors, dans un contexte mondial où «on a perdu le sens du respect envers les personnes âgées» rappelant, conformément à l’enseignement des Écritures Saintes et des bonnes traditions, que «les personnes âgées sont la sagesse d’un peuple, une richesse pour leurs petits-enfants, pour leurs familles, pour la société tout entière» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/pape-personnes-agees-richesse-pour-la-societe.html).

 

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Publié le 27 Novembre 2025

Mikael Corre, envoyé spécial à Ankara (Turquie), nous montre sur la-croix.com ce jeudi 27 novembre pour son premier voyage hors d’Italie, le pape Léon XIV a découvert à Ankara, en Turquie, la mise en scène millimétrée d’une visite d’État. Entre mémoire d’Atatürk et tensions politiques internes avec un durcissement autoritaire du pouvoir turc, marqué par un recul des libertés d'expression et de réunion, des arrestations massives de manifestants, journalistes et élus après l'incarcération du maire d'opposition d'Istanbul en mars, il a livré un discours mesuré mais ferme contre «l’homogénéisation» du pays qui représente son «appauvrissement» surtout dans un pays "carrefour de sensibilités" (https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/le-pape-leon-xiv-en-turquie-appel-a-la-stabilite-et-au-pluralisme-29072197.html).

 

"Une société n'est vivante que si elle est plurielle", a insisté le pape en évoquant le sort des minorités chrétiennes, qui représentent seulement 0,1% des 86 millions d'habitants et luttent toujours contre les inégalités de traitement et un sentiment d'exclusion. "La Turquie, où 99% des citoyens sont musulmans, encourage le respect de toutes les confessions, y compris les communautés chrétiennes", a assuré le président Erdogan. "Nous ne permettons à aucun d'entre nous d'être victime de discrimination", a-t-il insisté devant son hôte, affirmant ne pas voir "les différences culturelles, religieuses et ethniques comme une source de division mais d'enrichissement" (https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/le-pape-leon-xiv-en-turquie-appel-a-la-stabilite-et-au-pluralisme-29072197.html). Au terme de cette journée à la tonalité politique, le pape s'est envolé pour Istanbul en début de soirée (https://information.tv5monde.com/international/le-pape-appelle-la-turquie-jouer-un-role-de-stabilisateur-2799304).

 

Le pape a aussi dit : "Puisse la Turquie être un facteur de stabilité et de rapprochement entre les peuples, au service d'une paix juste et durable", a déclaré le souverain pontife devant son hôte, en rappelant que par sa position géographique, "ce pays constitue un pont entre l'Orient et l'Occident, entre l'Asie et l'Europe et un carrefour de cultures et de religions". Soutien de l'Ukraine tout en maintenant ses liens avec la Russie, Ankara s'implique avec l'Europe dans les négociations en cours, menées par les États-Unis, pour parvenir à un accord de paix entre les deux pays. Et Malgré la montée du nationalisme religieux dans le pays et la politisation de symboles comme l'ex-basilique Sainte-Sophie d'Istanbul, reconvertie en mosquée en 2020, le Vatican cherche à maintenir un dialogue avec Ankara, considéré comme un acteur clé pour la paix dans la région. Le Saint-Siège reconnaît aussi l'effort consenti par la Turquie pour accueillir sur son sol plus de 2,5 millions de réfugiés, en grande majorité syriens (https://information.tv5monde.com/international/le-pape-appelle-la-turquie-jouer-un-role-de-stabilisateur-2799304).

 

Dans l'avion qui le menait de Rome à Ankara, le premier pape américain de l'Histoire a confié aux 80 journalistes qui l'accompagnent pour ce premier voyage à l'étranger, son impatience pour ce périple qu'aurait dû effectuer son prédécesseur François, décédé en avril. "J'ai beaucoup attendu ce voyage en raison de ce qu'il signifie pour les chrétiens mais c'est aussi un beau message pour le monde entier", a-t-il dit (https://information.tv5monde.com/international/le-pape-appelle-la-turquie-jouer-un-role-de-stabilisateur-2799304).

 

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Publié le 26 Novembre 2025

katholisch.de nous montre ce mercredi  26 novembre 2025  que des théologiens catholiques ont évoqué la possibilité de convoquer un nouveau concile  Dans le dernier épisode du podcast «Diesseits von Eden», Gregor Maria Hoff, Dietmar Winkler et Michaela Quast-Neulinger ont expliqué que, soixante ans après le concile Vatican II, le moment est venu de procéder à une clarification fondamentale et renouvelée des principaux points de désaccord au sein de l’Église. Les conciles ont toujours été des lieux de discussion et de résolution des problèmes, ont souligné les théologiens. Aujourd'hui, cependant, un grand nombre de problèmes se sont accumulés, prenant la forme de tendances à la division et rendant nécessaire un dialogue conciliaire. «Le concile est le véritable forum pour surmonter les tensions», a déclaré Winkler, historien de l'Église de Salzbourg.

 

Le processus synodal en cours peut poser des bases importantes, mais il est insuffisant, selon les experts. À un moment donné, des décisions concrètes devront être prises, explique Hoff, théologien fondamental basé à Salzbourg. Cela concerne, par exemple, l'ordination des femmes, la reconnaissance des unions homosexuelles et les nouveaux défis tels que la crise climatique, la numérisation et l'intelligence artificielle. De plus, un courant catholique d'extrême droite se développe, visant à transformer une Église ouverte en une société fermée. Conclusion de Hoff : à terme, l'Église catholique ne peut se soustraire à une décision magistérielle, surtout sur ces questions sensibles. «Et à mon sens, cela signifie que nous ne pouvons pas éviter un concile à terme, à condition qu'il soit bien préparé par le biais de processus de transformation synodaux». Dans le même temps, des théologiens ont rappelé l'importance toujours actuelle de documents clés du dernier concile, notamment «Gaudium et spes», «Dignitatis humanae» et «Nostra aetate». La théologienne fondamentale Quast-Neulinger, basée à Innsbruck, a décrit «Gaudium et spes» comme la clé herméneutique du concile, marquant un tournant copernicien dans l'engagement de l'Église dans le monde. Elle a souligné que «Dignitatis humanae» est particulièrement pertinente aujourd'hui, alors que les droits et la dignité humaine sont remis en question dans de nombreux endroits. L'Église doit se faire la défenseure de la dignité humaine.

 

En amont de ce premier voyage apostolique où comme il le dit : «Demain, je commencerai mon premier voyage apostolique en Turquie et au Liban, au cours duquel je ferai un pèlerinage à Iznik, l’antique Nicée, pour commémorer cet événement historique et demander au Seigneur le don de l’unité et de la paix pour son Église.», le pape Léon XIV a reçu les membres de la Commission théologique internationale, leur rappelant que «c’est seulement en vivant selon l’Évangile que l’adhésion à la vérité divine que nous professons est pleinement réalisée, rendant crédibles notre témoignage et la mission de l’Église.» Dans son discours, le pape Prévost a encouragé les théologiens à «poursuivre leur mission», notamment en discernant les «aspects nouveaux» de la vie de l’Église, en particulier en matière de doctrine. Premièrement, il a souligné «la catholicité de notre foi», son universalité, qui exige que les réflexions théologiques «soient enrichies par la diversité des expériences des Églises locales». Deuxièmement, le pape Léon XIV a insisté sur l’importance d’un «dialogue inter- et transdisciplinaire avec différents champs de connaissance et d’expertise». Enfin, le pape a invité les théologiens à «imiter la sagesse passionnée des Docteurs de l’Église tels que saint Augustin, saint Bonaventure, saint Thomas d’Aquin, sainte Thérèse de Lisieux et saint John Henry Newman», en liant l’étude théologique «à la prière et à l’expérience spirituelle, conditions indispensables pour cultiver une compréhension de la Révélation, qui ne saurait se réduire à un simple commentaire de formules de foi» (https://www.religiondigital.org/vaticano/Papa-Comision-Teologica-Internacional-evangelio-doctrina-testimonio-fe_0_2838016184.html).

 

Enfin, RTL.fr (https://www.rtl.fr/actu/international/leon-xiv-ce-que-l-on-sait-sur-le-premier-deplacement-international-du-pape-en-turquie-et-au-liban-7900571180) nous montre ce mercredi que le nouveau souverain pontife, Léon XIV, s’apprête à effectuer son premier déplacement international depuis son élection en mai. Et le choix des destinations intrigue : de la Turquie au Liban, deux pays à majorité musulmane où son message devrait porter un signe fort. Le périple s’étendra du 27 novembre au 2 décembre, débutant en Turquie, du 27 au 30 à Iznik à l’occasion du 1700ᵉ anniversaire du Concile de Nicée, événement historique convoqué en 325 et toujours central dans la chrétienté, un choix qui n’est pas neutre puisque symboliquement, il ancre le voyage dans une tradition chrétienne ancienne, sur un sol majoritairement musulman et les enjeux sont nombreux : dialogue interreligieux, mémoire chrétienne sur un sol musulman, question migratoire, avec une commémoration riche en symboles qui veut rappeler que l’unité des chrétiens reste possible, alors que le monde orthodoxe apparaît plus fragmenté que jamais. L’invasion russe de l’Ukraine a accéléré la rupture entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople. Le patriarche russe Kirill, proche de Vladimir Poutine, n’a d’ailleurs pas été invité à la réunion prévue entre les dignitaires de différentes Églises orthodoxes, vendredi. L’étape turque, carrefour stratégique entre Orient et Occident, permettra aussi au pape Léon XIV d’affirmer sa vision du dialogue avec l’islam : il rencontrera jeudi le président Recep Tayyip Erdogan à Ankara et se rendra samedi à la mosquée Bleue d’Istanbul (https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/premier-voyage-du-pape-leon-xiv-a-l-etranger-il-essaie-de-retricoter-les-dechirures-qui-traversent-l-espace-catholique-1764004361).

 

Puis, le périple se poursuit au Liban, du 30 novembre au 2 décembre un pays multiconfessionnel marqué par des tensions persistantes dans un contexte géopolitique complexe. Longtemps érigé en modèle de coexistence, le pays est englué depuis 2019 dans une crise dévastatrice qui affecte toutes les strates de la population : effondrement monétaire, appauvrissement généralisé, services publics défaillants, explosion du port de Beyrouth en 2020, guerre avec Israël,… et malgré un cessez-le-feu, les forces israéliennes restent présentes dans le sud du pays et mènent des opérations régulières, notamment contre des positions du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah. Au-delà du message spirituel traditionnel, la visite du pape Léon XIV prendra une dimension diplomatique et ecclésiastique : c’est un message d’ouverture, puisqu’un catholique porté à la tête de l’Église universelle se tourne vers des terres où le christianisme n’est plus majoritaire, et aussi un pari symbolique sur le dialogue interreligieux, où il est attendu sur des thèmes de paix et de coexistence, sans oublier une volonté d’ancrage dans l’histoire : Iznik, Nicée… Le voyage lui permettra aussi de rencontrer les jeunes libanais. Avant un temps en compagnie de familles de victimes de l’explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020, le pape rencontrera lundi 1er décembre, en soirée, près de 10 000 jeunes de toutes confessions, à Bkerké, en marge d’une rencontre interreligieuse. (https://www.ouest-france.fr/societe/religions/pape-leon-xiv/premier-voyage-et-test-diplomatique-pour-le-pape-leon-xiv-en-turquie-et-au-liban-b4601ad6-c547-11f0-a196-a9dcf76600e4). Pour Mgr Abdo Abou Kassem, coordinateur médiatique de la visite pour l’Église, le pape souhaite «réaffirmer le rôle du Liban comme message [de vivre-ensemble], qui constitue un modèle pour l’Orient et l’Occident» à travers une rencontre interreligieuse dans le centre de Beyrouth. En interne, «Léon XIV essaie de retricoter les déchirures qui traversent l’espace catholique et, à l’extérieur, il manifeste son souci d’unité des chrétiens», résume François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux (https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/premier-voyage-du-pape-leon-xiv-a-l-etranger-il-essaie-de-retricoter-les-dechirures-qui-traversent-l-espace-catholique-1764004361).

 

Pour le pape Léon XIV, ce voyage marque le début de son ministère international. Il ne s’agit pas seulement d’accomplir une tournée protocolaire : c’est un acte fondateur, qui pourrait définir la tonalité de son pontificat. En choisissant la Turquie et le Liban, il choisit la mémoire. Il choisit aussi le pari d’un monde marqué par la diversité religieuse, politique et culturelle. Il choisit enfin la complexité. Et c’est précisément pourquoi on va en entendre parler. Et lors de sa dernière apparition publique avant son départ pour le Moyen-Orient, le pape Léon XIV a sollicité le soutien de la foule rassemblée place Saint-Pierre pour son premier voyage à l'étranger. «Demain, je me rendrai en Turquie puis au Liban pour rencontrer les chers peuples de ces pays, riches d'histoire et de spiritualité», a-t-il annoncé lors de son audience générale. «Je vous demande de m'accompagner de vos prières.» À son retour de Castel Gandolfo mardi soir, le pape Léon XIV avait déjà évoqué les dangers potentiels de sa visite au Liban. «C'est toujours une source d'inquiétude», a-t-il déclaré, faisant référence aux attaques israéliennes contre le Hezbollah à Beyrouth. Il souhaitait apporter un message de paix et d'espoir au Liban, a-t-il confié aux journalistes (https://www.katholisch.de/artikel/65945-papst-leo-vor-erster-auslandsreise-grund-zur-sorge-bitte-um-gebet).

 

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Publié le 25 Novembre 2025

katholisch.de nous montre ce mardi 25 novembre que le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi a établi un lien entre le célibat des prêtres et les abus. Un prêtre ne peut combler sa solitude avec une autre personne, a déclaré le cardinal Víctor Fernández mardi au Vatican, lors de la présentation d'un document sur la monogamie. C'est là, a-t-il ajouté, que les abus peuvent survenir. «Mon sentiment de vide, de solitude et mes problèmes psychologiques doivent être résolus autrement», a déclaré le cardinal argentin. Les célibataires doivent trouver d’autres voies, et non une autre personne capable de combler ces besoins. La question d'un lien entre le célibat obligatoire et les abus au sein de l'Église catholique est controversée. Certains experts considèrent le célibat comme un facteur de risque, tandis que d'autres estiment que ce lien n'est pas prouvé. Fernández dirige le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, l'institution vaticane chargée d'enquêter sur les cas d'abus et de sanctionner les membres du clergé qui en sont responsables.

 

Fernández a commenté l'absence de mention des unions entre personnes de même sexe dans le dernier document du Dicastère sur la monogamie. La note magistérielle appelle à la monogamie entre époux dans le cadre d'un mariage catholique. Puisque le sujet abordé concerne le mariage selon la doctrine catholique, le document traite exclusivement des unions entre un homme et une femme, a expliqué Fernández. Toutefois, cela ne signifie pas que les valeurs n'existent pas dans d'autres contextes et que le contenu du document ne puisse pas s'appliquer à d'autres formes de relations, a déclaré le cardinal. Des vertus telles que la patience et le respect s'appliquent également aux relations amicales et à d'autres types de relations. Ce qui est dit du respect des hommes envers les femmes s'applique aussi aux personnes non mariées.

 

Il faut dire que la Note doctrinale «Une seule chair. Éloge de la monogamie» publiée ce mardi explore la valeur du mariage «comme union exclusive et appartenance mutuelle», une union totale fondée sur le libre consentement qui respecte la dignité de l’autre par le don complet de soi. La violence, qu’elle soit physique ou psychologique, est condamnée : «Le mariage n’est pas une possession». La prière est aussi un moyen précieux de grandir dans l'amour, et la sexualité ne doit pas être une pulsion ou un exutoire, mais doit être un don merveilleux de Dieu, qui s’étend également à la fécondité, mais cette dernière ne doit pas être la finalité de la sexualité. À une époque individualiste et consumériste, il est essentiel d’éduquer les jeunes à l’amour comme responsabilité et à l’espérance en autrui. L'attention aux pauvres est un «antidote» à l’endogamie, comme le montre la charité inhérente à l'union conjugale qui se manifeste également chez les couples, enfin, pour la Note l'amour conjugal est comme une promesse d'infini (https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2025-11/note-dicastere-doctrine-foi-monogamie-mariage.html).

 

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Publié le 24 Novembre 2025

«Il faut tenir compte de la présomption d'innocence car, parfois, les auteurs peuvent être les victimes.» C'est ce qu'a affirmé hier avec force l'archevêque d'Oviedo, Jesús Sanz, en faveur de Rafael Zornoza , désormais évêque émérite de Cadix et Ceuta, démis de ses fonctions par le pape suite aux accusations d'abus sexuels portées contre lui lorsqu'il était recteur du séminaire de Getafe comme nous le montre Jesús Bastante dans religiondigital.org ce lundi.

 

Sanz, qui, avec Zornoza, fait partie du noyau dur de l'opposition aux réformes de l'Église (espagnole et vaticane), a tenu ces propos lors d'une cérémonie de remise de prix à Posada de Llanera (Asturies). Interrogé par les médias à son arrivée, l'archevêque d'Oviedo a souligné, à l'instar de Luis Argüello la veille, que nous sommes confrontés à «un processus qui fait encore l'objet d'une enquête». «Nous devons tenir compte de la présomption d'innocence, car il arrive que les auteurs soient aussi les victimes », a souligné Sanz, affirmant : «Nous sommes très proches des  victimes présumées  et très proches des auteurs présumés.»

 

«Une fois cette situation résolue, nous y verrons plus clair. En attendant, il me semble prudent de ne pas surréagir ni de se montrer insuffisant», a conclu le prélat, qui a annoncé que Zornoza «avait demandé à être relevé de ses fonctions il y a plusieurs mois» en raison du cancer dont il souffre. «Puis est venue la plainte, ou plutôt, la plainte est devenue publique, ce qui a pu compliquer les choses. L’administrateur apostolique  qu’ils ont envoyé est un  jeune évêque, ancien évêque auxiliaire  de Séville, Don Ramón Valdivia, qui saura parfaitement gérer cette transition jusqu’à ce que la situation s’éclaircisse», a-t-il conclu.

 

Les évêques espagnols semblent avoir oublié leur remise à l’ordre du lundi 17 novembre lors de leur passage à Rome comme l’a signalé Jesús Bastante dans religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/el_baron_rampante/Zornoza-Cuelgamuros-Iglesia-espanola-Roma-resumen-semanal-plenaria-leon-victimas_7_2837186256.html). Le pape a rencontré le Comité exécutif de la Conférence épiscopale le lundi 17 novembre, et auparavant, ce dernier s’est entretenu avec le secrétaire d'État, Pietro Parolin. Trois points sont à l'ordre du jour : le premier concerne l'affaire Zornoza, qui a été très mal gérée. Il faut le dire clairement : cette affaire a été très mal gérée. Même maintenant, malgré l'acceptation de la démission, aucune mesure de précaution n'a été prise.

 

Le second sujet abordé est la Vallée des Morts (Cuelgamuros ) et sa réinterprétation. Le cardinal Parolin accepta la démarche et chargea les évêques espagnols d'approuver la proposition du cardinal Cobo. La solution proposée, le concours de réinterprétation et le projet final du complexe reçurent un soutien unanime. En mars dernier, un accord a été conclu avec l'Église pour réaménager le site, en conservant les moines bénédictins dans l'abbaye, ainsi que la basilique et la croix. La semaine dernière, le ministère du Logement a annoncé le projet retenu pour ce réaménagement, «La Base et la Croix», qui propose la suppression de l'escalier menant à la basilique et prévoit la création d'une large fissure destinée à favoriser le dialogue (https://ondacadiz.es/noticias/2025-11/los-obispos-espanoles-se-reunen-desde-este-martes-en-asamblea-con-la-investigacion).

 

Ce lundi matin, le cardinal archevêque de Madrid a exposé les critiques qu'il continue de recevoir de la part de ceux qui sont les plus insatisfaits de son rôle dans le processus de redéfinition de ce qu'on appelle aujourd'hui la vallée de Cuelgamuros, et qui, il y a quelques années encore, menaçaient de profaner la basilique et d'expulser les moines de l'abbaye bénédictine. C’est une phase où son intervention est minimale et où les deux autres parties, le Saint-Siège et les moines, ont leur propre pouvoir et «les interlocuteurs directs pour la question de la basilique sont le Saint-Siège, et pour celle de l'abbaye, les moines, qui devront s'entendre sur les modalités d'adaptation de ce projet». «Notre rôle est pastoral; nous n'avons aucune juridiction sur la basilique. Les moines ont leur règle et le Saint-Siège ses normes. Nous avons cherché à favoriser le dialogue et à maintenir une présence religieuse», a résumé le cardinal, un point qui semble désormais incontestable. Cette approche n'a cependant pas encore fait l'unanimité (https://www.religiondigital.org/diocesis/Cobo-Cuelgamuros-getafe-zornoza-madrid-gobierno-resignificacion_0_2837416243.html).

 

Troisièmement, la question des abus. Il est clairement affirmé que l'Église espagnole qui s'est tournée vers Rome est différente de celle qui est revenue. Les évêques espagnols ont été contraints d'accepter des négociations avec le gouvernement afin de satisfaire à une demande qu'ils formulent depuis des années auprès des victimes : être entendues. Et surtout, que les victimes qui ne souhaitent pas recourir au dispositif PRIVA, qui ne veulent pas revivre leur traumatisme devant les institutions qui l'ont infligé, puissent faire appel. Ce recours se fera auprès du Médiateur, comme l'a révélé en exclusivité Religión Digital.

 

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Publié le 23 Novembre 2025

RFI.fr nous montre que le pape Léon XIV a appelé dimanche 23 novembre 2025 à la libération «immédiate» des plus de 300 élèves et enseignants enlevés par des hommes armés dans une école catholique dans l’ouest Nigeria, lors de l'un des plus importants kidnappings de masse du pays, après déjà un événement similaire en début de semaine dans un lycée du nord-ouest du pays (25 jeunes filles enlevées), exprimant sa «profonde tristesse, en particulier pour les nombreux jeunes hommes et femmes enlevés et pour leurs familles angoissées ». «Prions pour nos frères et sœurs et pour que les églises et les écoles demeurent toujours et partout des lieux de sécurité et d'espoir», a-t-il conclu à la fin de la prière de l'Angélus. Cinquante des élèves enlevés ont réussi à s'échapper, a annoncé ce dimanche l'Association chrétienne du Nigeria dans un communiqué. Ces deux enlèvements de masse ont eu lieu alors que le président américain Donald Trump a récemment menacé d'une intervention militaire au Nigeria à cause de ce qu'il a qualifié de massacres de chrétiens par des islamistes radicaux. Les autorités nigérianes ont souligné que les tueries des jihadistes et des bandes criminelles touchent indifféremment chrétiens comme musulmans, qui représentent chacun à peu près la moitié de la population.

 

C’est à la suite d'une messe célébrant l'Année sainte des chœurs, que le pape Léon XIV a exprimé sa tristesse, où dans son homélie, le chef de l'Église catholique a remercié les chœurs pour leur précieuse contribution à la liturgie, rappelant combien le chant participait à la liturgie de l'Église et aidait le monde à prier. Une tâche, a-t-il précisé qui nécessite ainsi préparation, fidélité et demande de cultiver une vie spirituelle profonde. La place Saint-Pierre était bondée d'environ 40 000 personnes le dimanche du Christ-Roi, certaines débordant même sur la Via della Conciliazione. La rencontre des chœurs pendant l'Année Sainte est l'un des moments forts de cette période, qui s'achève le 6 janvier avec la fermeture de la Porte Sainte par le pape Léon XIV (https://www.domradio.de/artikel/papst-tief-betroffen-ueber-schul-entfuehrungen-westafrika, et https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/pape-homelie-messe-jubile-choristes-chant.html).  

 

Vendredi, le pape Léon XIV, accompagné d'autres chefs religieux, se rendra au Vatican, lieu fondamental du credo chrétien. Il commémore le 1700e anniversaire du concile de Nicée, qui a posé les fondements de la foi chrétienne, toujours valables pour toutes les Églises aujourd'hui, car il affirme que «Dans l’unité de la foi proclamée depuis les origines de l’Église, les chrétiens sont appelés à cheminer ensemble dans l’unité et à préserver et transmettre avec amour et joie le don qu’ils ont reçu.». À cette occasion, il a publié une lettre dimanche, s'intitulant «In unitate fidei» (Dans l'unité de la foi) et insistant sur le fait que le Credo de Nicée unit tous les chrétiens, tout en encourageant le dialogue, «l’échange de nos dons et de nos trésors spirituels» (https://www.katholisch.de/artikel/65879-papst-veroeffentlicht-schreiben-zur-einheit-der-christen).

 

Enfin, lors de l'audience jubilaire du samedi matin, place Saint-Pierre, le pape a souligné dans sa catéchèse qu'espérer signifie «prendre position»,  et c'est aussi «comprendre dans son cœur et montrer par des actes que les choses ne doivent pas continuer comme avant» comme l’a fait Dorothy Day, initiatrice du mouvement Catholic Worker, journaliste, écrivaine, pacifiste et militante américaine, connue pour son engagement en faveur des pauvres, contre l'armement et pour la justice sociale. Le pape a également salué les 35 000 participants au Jubilé des chœurs et des chorales, organisé ce 22 et 23 novembre à Rome. «Face aux injustices, aux inégalités, là où la dignité humaine est bafouée, là où les plus fragiles sont privés de la parole», le pape a demandé aux fidèles catholiques de «prendre position» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/audience-jubilaire-pape-esperance-jesus-paix-chretiens-justice.html).

 

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Publié le 22 Novembre 2025

L’AFP nous montre ce samedi que l’évêque de Cadix, qui fait l’objet d’une enquête du Vatican pour présomption de pédophilie, a démissionné et le pape Léon XIV a nommé un successeur. Ces informations ont été annoncées samedi par la Conférence épiscopale espagnole (CEE). «Le pape Léon XIV a nommé ce samedi» Ramón Darío Valdivia Giménez, actuel évêque auxiliaire de Séville, comme nouvel évêque de Cadix et Ceuta, «acceptant la démission présentée par Monseigneur Rafael Zornoza».

 

M. Zornoza, âgé de 76 ans, fait l’objet d’une enquête interne par l’Église catholique pour présomption de pédophilie, avait indiqué son diocèse au début de la semaine dernière, confirmant les informations du journal espagnol El País, qui avait révélé que le Vatican avait ouvert une enquête. Selon El País, Zornoza est soupçonné d’avoir agressé sexuellement de manière continue un mineur dans les années 1990, lorsqu’il était prêtre et dirigeait le séminaire de Getafe, une localité proche de Madrid. L’affaire, prescrite au niveau pénal, a été transmise au Saint-Siège au début de l’année, lorsque la victime a envoyé une plainte au Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le département du Vatican chargé de ce type de cas, qui a jugé les faits crédibles et ordonné l’ouverture d’une enquête canonique, selon le journal. Lorsque le diocèse de Cadix a confirmé l’enquête, il a néanmoins affirmé que «les accusations» étaient «fausses», tout en semblant minimiser le scandale de pédophilie cléricale qui a finalement précipitée sa démission (https://www.religiondigital.org/diocesis/Zornoza-Agradece-Papa-renuncia-tratamiento_0_2836816292.html).

 

Le prélat a laissé derrière lui une longue liste de chrétiens à Cadix qui critiquent son travail pastoral, des expulsions injustifiées, l’appropriation de terres et de biens pour le diocèse, la suspension du paiement des loyers d'établissements centenaires, comme le bar Rincón del Madueño, ainsi qu’une série de représailles contre ses détracteurs internes destituant des vicaires, s'heurtant à de nombreux prêtres, a congédié une vingtaine d'employés du diocèse, c’est ainsi qu’il a tenté de réduire au silence le reste de la communauté catholique de Cadix, y compris les prêtres qui militent pour une Église moins axée sur le profit et plus attentive aux plus démunis, et il est devenu connu pour un style de gestion qui privilégie le gain financier avant tout. Concernant l'accusation de pédophilie révélée ce lundi, un ecclésiastique, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a affirmé que «Tout le monde était au courant, y compris le nonce. Des lettres ont refait surface, et cette affaire de pédophilie remonte à loin; d'autres victimes se manifesteront, sans aucun doute.» La victime qui a porté plainte auprès du Vatican relate des abus sexuels répétés durant les années 1990. El País a tenté d'obtenir une déclaration du diocèse, qui a renvoyé au communiqué de presse publié ce lundi matin (https://elpais.com/sociedad/2025-11-11/rafael-zornoza-un-obispo-obsesionado-con-el-dinero.html).

 

La CEE n’a fait aucune mention de l’enquête et vendredi, son secrétaire général Francisco García Magán s’est contenté de demander, lors d’une conférence de presse, «le respect de la présomption d’innocence» de M. Zornoza et a rappelé que l’affaire était entre les mains du Vatican. L’Église catholique espagnole, fréquemment critiquée pour son opacité concernant les abus sexuels sur mineurs, a accepté seulement en 2022 d’enquêter sur la pédophilie en son sein et a mis en place cette année un dispositif pour recevoir des plaintes et indemniser les victimes. La CEE a indiqué vendredi que 101 plaintes ont été reçues, dont 58 ont été résolues, sans préciser si cela signifiait que les victimes avaient été indemnisées. Selon un rapport du Défenseur du Peuple espagnol, plus de 200 000 mineurs ont été victimes d’abus sexuels de la part de religieux catholiques en Espagne depuis 1940. L’Église a affirmé de son côté dans un rapport avoir enregistré 1057 cas.  L’Église catholique espagnole est aussi entre autres continuellement accusée de ses liens passés avec le régime franquiste. Ce samedi, l’Association pour la récupération de la mémoire historique (AMRH), une organisation recueillant les témoignages des victimes du régime de Francisco Franco, a d’ailleurs demandé des sanctions contre l’Église pour une messe célébrée à León en l’honneur de l’ancien dictateur, décédé en 1975 (https://www.7sur7.be/monde/polemique-en-espagne-leveque-de-cadix-demissionne-suite-a-des-accusations-de-pedocriminalite~a7d98edb/).

 

L’Espagne n’est pas un modèle à suivre, il faut alors se tourner vers l’Allemagne, où une nouvelle instance ecclésiastique nationale sera bientôt créée en Allemagne. Georg Bätzing, président de la Conférence des évêques, se réjouit de voir ce projet se concrétiser après de longues difficultés et espère obtenir l'approbation de Rome. Au sein de cette nouvelle instance, les évêques et les laïcs souhaitent pérenniser leurs consultations sur l'avenir de l'Église catholique en Allemagne. L’évêque de Limbourg a déclaré qu’un grand poids lui avait été enlevé des épaules. Les statuts doivent désormais être ratifiés par les assemblées plénières du Comité central des catholiques allemands et de la Conférence des évêques, a déclaré Bätzing (https://www.domradio.de/artikel/bischof-baetzing-hofft-auf-zustimmung-von-rom-zu-neuem-kirchengremium).

 

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Publié le 21 Novembre 2025

domradio.de nous pose une bonne question ce vendredi : Comment l’Église pourrait-elle moderniser ses structures de direction ? L’abbé primat bénédictin Jérémie Schröder a déclaré à l’hebdomadaire autrichien «Die Furche» qu’il ne souhaiterait pas qu’une personne occupe la même fonction pendant 40 ans et attire l’attention sur le système monastique. Ce dernier considère les ordres religieux comme des pionniers en matière de direction de l’Église, car grâce à la durée limitée des mandats et aux structures de décision communautaires, les hiérarchies religieuses constituent un modèle pour toute l’ÉgliseSchröder a laissé ouverte la question de savoir si les membres des ordres religieux feraient de meilleurs papes. Les ordres religieux, a-t-il dit, ont l'habitude d'exercer leur autorité en concertation avec les instances dirigeantes. Cette tradition s'y est peut-être mieux préservée que dans l'Église universelle, parfois organisée de manière monarchique. Il reconnaît chez le pape Léon XIV des caractéristiques d'un ancien supérieur d'un ordre religieux, comme «une certaine prudence dans ses déclarations». Un pape doit maintenir l'unité de l'Église dans le monde entier, mais il n'est pas de son ressort de «divertir les médias».

 

Le pape Léon XIV continue de réformer et plus particulièrement en Italie, car il est également le plus haut dignitaire de la hiérarchie épiscopale italienne. Lors d'une rencontre avec ses homologues à Assise, le pape Léon XIV a évoqué la limite d'âge de 75 ans, car pour ce dernier «Il est bon de respecter cette norme», a demandé aux évêques d’adopter «un esprit véritablement synodal», d’être le visage d'une Église collégiale où les décisions sont partagées, a abordé la participation des laïcs aux choix des nouveaux évêques à travers «une plus grande participation à la consultation pour la nomination de nouveaux évêques», et a soulevé la question de l'avenir des petits diocèses aux effectifs limités appelant à des propositions réalistes sur la possibilité et les modalités de la poursuite de leur ministère. Le pape Léon XIV a également commenté la gestion des cas d'abus par les évêques italiens. Il a déclaré qu'ils devaient développer «une culture de prévention contre toutes les formes d'abus». Une conversion collective de l'Église suppose que les victimes soient accueillies et entendues. Cela implique également de reconnaître les blessures et de s'efforcer de les guérir. Par le passé, certains évêques ont hésité à traiter les cas d'abus (https://www.domradio.de/artikel/papst-erinnert-bischoefe-ruecktrittsalter).

 

Les réformes voulues par le pape François continuent. Par un Motu Proprio, le pape Léon XIV abroge le premier alinéa de l'article 8 de l'ancienne loi fondamentale de l'État de la Cité du Vatican qui prévoyait que seuls les cardinaux pouvaient exercer la fonction de président de la Commission pontificale, actuellement occupée par une religieuse, Raffaella Petrini. Le Souverain pontife consolide ainsi un changement souhaité par le pape François et résout une question soulevée par des «exigences de gouvernance» de plus en plus «complexes et pressantes». Ainsi, les cardinaux mais aussi «d'autres membres» peuvent désormais occuper la fonction de président de la Commission pontificale pour l'État de la Cité du Vatican, y compris des laïcs (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/motu-proprio-pape-comission-pontificale-cite-vatican-gouvernorat.html). Et le pape Léon XIV a approuvé la réforme des procédures d'annulation de mariage décrétée par son prédécesseur, le pape François en 2015. Les mariages catholiques sont, en principe, indissolubles, et les jugements de nullité ne doivent pas être influencés par un sens mal placé de la miséricorde, a souligné le pape Léon XIV vendredi au Vatican. «Néanmoins, la véritable miséricorde doit s'exercer précisément dans l'exercice légitime du pouvoir judiciaire», a-t-il déclaré à l'occasion du dixième anniversaire de la réforme du pape François. L’annulation est donc possible sous certaines conditions grâce à une meilleure accessibilité et une plus grande rapidité des procédures, sans jamais compromettre la vérité – était une expression de justice et de miséricorde (https://www.katholisch.de/artikel/65856-papst-ehe-unaufloeslich-doch-bei-annullierung-barmherzig-sein).

 

 Et ce vendredi matin, le pape a remercié Caritas internationalis pour le «service inébranlable» envers les déplacés, les pauvres, les oubliés, qui rend le témoignage de l'Église «toujours plus crédible». Le pape se dit «réconforté» de les voir prêts à marcher à ses côtés pour défendre la dignité de chacun. Il les encourage à poursuivre leurs actions d’accompagnement des Églises locales, de formation des laïcs et les appelle à préserver l’unité de leur communauté (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/pape-leon-xiv-caritas-internationalis-salut-remerciement.html).

 

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Publié dans #Réforme de l'Église

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