Publié le 31 Décembre 2025
Pendant, que l'épiscopat fricote avec l'extrême droite (https://www.lexpress.fr/politique/rn/lepiscopat-fricote-avec-lextreme-droite-au-rn-le-chemin-de-levangelisation-PQYNUHOZKBEQXDUDQZA3QOGWLE/) et des influenceurs chrétiens notamment du réseau Acutis le font tout autant (https://www.challenges.fr/entreprise/medias/reseaux-sociaux-derriere-lexplosion-des-influenceurs-catholiques-le-grand-ecart-des-discours_603824), en cette nouvelle année à venir, je préfère croire en l’avènement du Royaume de Dieu sur la terre plutôt qu’au ciel et pris fait et cause pour «le peuple» contre les riches mécènes ultraconservateurs, de pouvoir et d’influence, qui menace déjà notre démocratie entière, nos droits élémentaires et nos libertés, et mon empathie va sur les luttes populaires, car les pauvres ne doivent pas être objets de la charité chrétienne, mais sujets de leur propre émancipation; l’amour du prochain prôné par le Christ ne peut advenir dans une société gangrenée par le péché structurel de l’oppression économique.
Pendant que les évêques en France n’ont plus une parole prophétique préférant se centrer sur le sociétal, on peut préférer comme moi l’Église, lorsqu’elle se laisse toucher par l’Évangile, et peut devenir un hôpital de campagne, un lieu d’accueil, un moteur d’organisation populaire. Mais, cela ne peut réussir que si l’Église se décide à une véritable réforme structurelle comme le souhaite le renouvellement du Pacte des Catacombes de 2019 qui demande une Église pauvre pour les pauvres renouvelant l’option préférentielle pour les pauvres, en luttant contre toute forme de colonialisme, de violence et d'agression à l’égard des pauvres, notamment les peuples autochtones, d’une part, et, d’autre part, en promouvant les pauvres pour qu’ils soient protagonistes de leur propre histoire par la valorisation de leur culture, langue, spiritualité, et de leurs droits, proclamant la nouveauté libératrice de l'Évangile dans un style vie sobre, simple et solidaire, dans le respect et le dialogue interculturel, œcuménique et interreligieux accueillant envers l’autre, au différent, au lointain, passant d’une pastorale de visite à une pastorale de présence, tout en initiant une pastorale urbaine inclusive, à assumer un style de vie sobre, simple et solidaire, une Église qui vive pleinement l’écologie intégrale dans laquelle tout est en interdépendance, et une Église synodale pour tous les baptisés avec la reconnaissance des ministères déjà existants dans les communautés ainsi que la réelle diaconie exercée par les femmes (https://missionetmigrations.catholique.fr/sinformer/amerique-latine/300916-nouveau-pacte-catacombes/, et https://www.doctrine-sociale-catholique.fr/la-doctrine-sociale-en-debat/313-synode-pour-l-amazonie-6-pacte-des-catacombes-pour-la-maison-commune).
Plutôt que d’aller vers les mauvais bergers des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles, il faut se diriger vers des groupes appelés «Place et paroles des pauvres». La plupart sont membres d’un réseau extraordinaire : le réseau Saint-Laurent, accompagné par le Secours catholique. Plus de 150 groupes de chrétiens, répartis à travers la France, qui partagent régulièrement la parole de Dieu avec des personnes du quart-monde. Ils sont comme les «enfants spirituels» du père Joseph Wresinski, fondateur d'ATD Quart Monde. Leur conviction ? Les pauvres sont les bergers de la parole de Dieu. Les premiers en chemin. Ils sont la clé d’une «Église pauvre pour les pauvres», qui commence, comme dit le pape Léon XIV, «par aller vers la chair du Christ» (https://www.la-croix.com/religion/dilexi-te-des-chretiens-en-precarite-s-emparent-du-texte-de-leon-xiv-sur-les-pauvres-20251226). Il faut donc aller vers cette «Église en sortie» que voulait le pape François l’appelant avec insistance, une Église qui rejoigne les périphéries existentielles de l'humanité. Comme il le rappelait son ouvrage Une Eglise en sortie en 2016 : «Notre époque demande de vivre les problèmes comme des défis et non comme des obstacles : le Seigneur est actif et à l'œuvre dans le monde. Sortez donc dans les rues et allez aux carrefours : tous ceux que vous rencontrerez, appelez-les, sans exclure personne (Mat 22, 9). Accompagnez surtout ceux qui sont restés sur le bord de la route, "boiteux, estropiés, aveugles, muets" (Mt 15, 30). Où que vous soyez, ne construisez jamais des murs ni des frontières, mais des places et des hôpitaux de campagne. J'aime voir une Église préoccupée, toujours plus proche de ceux qui sont abandonnés, oubliés, imparfaits. Je désire une Église heureuse avec un visage de mère, qui comprend, accompagne, caresse. Rêvez vous aussi de cette Église, croyez en elle, innovez avec liberté.»
Cependant, cette «Église en sortie» est déjà détournée par les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles, avec une foi démonstrative à la manière des scribes et des pharisiens «hypocrites» de l’époque de Jésus qui «font toutes leurs actions pour être vus des hommes», «pour l'apparence de longues prières», et font des prosélytes «un fils de la géhenne deux fois plus que vous» (Matthieu 23,5, 14 et 15), mais qui ne font rien pour ceux qui souffrent, alors que c’est en servant l'un des petits qui sont les frères de Jésus, qu’ils auront accueilli, nourri, vêtu, soigné ou visité le Fils de l'homme en personne (Matthieu 25,31-46). La pratique religieuse n’est pas tout, imiter les shows des protestants évangélique ne sert à rien, la messe en latin n’est pas importante et mérite sa restriction, car elle est un vestige du passé qui a favorisé encore davantage le cléricalisme et ses abus, et le nombre de catéchumènes est à relativiser, car 40 % des catéchumènes confirment ne pas retourner à la messe régulièrement, passé l’euphorie du baptême, sans doute rejoindront-ils les «pratiquants occasionnels» plus portés sur le social (https://www.lepoint.fr/societe/messe-de-noel-pourquoi-ce-regain-dinteret-chez-les-francais-ED5VSDCCGFGTPMSJM5TIQX6STI/). Il faudra donc se montrer vigilant envers les mauvais bergers, car Jésus nous a prévenu : «Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez» (Matthieu 7,15-20).
Bon réveillon du Nouvel An et une bonne année à tous !
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