Jesús Bastante nous montre ce lundi dans religiondigital.org que selon des sources consultées par El País, lors de la réunion qui a été marquée par le scandale Zornoza, la crise des abus sexuels, l'accord entre le Vatican et le gouvernement espagnol pour la réinterprétation du site archéologique de Cuelgamuros, et la visite en Espagne déjà prévue, le pape a mis en garde les prélats contre la montée en puissance de ces groupes ultraconservateurs à travers la montée en puissance de VOX et le mouvement d'extrême droite «catholique» qui avait tenté (sans succès) de compromettre les chances de Prévost lors du conclave qui l'a élu pape, cherchant à «instrumentaliser l'Église» et à gagner «le vote catholique».
En réalité, l'inquiétude de Prevost face à la montée de l'extrême droite est ancienne, et ce, non seulement en Espagne, mais aussi dans son pays natal, les États-Unis, où les politiques de l'administration Trump érodent le pluralisme, allant jusqu'à cibler les immigrés sans papiers au sein même des églises. De même, le pape a personnellement subi, comme son prédécesseur, les attaques incessantes de médias pseudo-médiatiques et de groupes de pression ultraconservateurs. En l'occurrence, l'existence d'un dossier contenant de fausses accusations, que des groupes financés par l'extrême droite espagnole et américaine ont réussi à introduire clandestinement au conclave – comme l'a rapporté RD – ainsi que des campagnes de désinformation continues concernant sa pensée, ses objectifs et ses collaborateurs. Suite à l’annonce de la visite du pape, certains sujets tabous abordés par VOX ont engendré des tensions entre la majorité des évêques et le principal parti d'extrême droite, notamment concernant la régularisation exceptionnelle des migrants. Parallèlement, les évêques ont conclu un accord avec le gouvernement pour ouvrir un nouveau dispositif d'indemnisation des victimes, et tout porte à croire que, sauf imprévu majeur, le pape Léon XIV se rendra à Madrid, Barcelone, aux îles Canaries et à Tenerife en juin prochain.
Gorka Larrabeiti nous montre dans religiondigital.org (https://www.religiondigital.org/opinion/leon-xiv-bannon-ultracatolicos-trumpismo_1_1443837.html) que les figures adversaire du pape François s’opposent de nouveau, cette fois au pape Léon XIV, qui porte encore «l’ADN de François». Le harcèlement et la chute du pape Léon XIV ont déjà commencé pour eux. Depuis la salle de torture de l'infosphère, les «tormentatori» du christianisme national mondial le tourmentent sans relâche au quotidien. Un jour, c'est l'archevêque excommunié Viganò qui dégaine son épée au nom des lefebvristes ultratraditionalistes, et le lendemain, Infovaticana lui reproche d'avoir fait appel à des «filles de chœur adultes» lors de la messe de dimanche dernier à Ostie. Au fond, ils n'ont pas tort. Ils ont compris qu'avec ce pape, les choses tournent très mal pour eux, puisqu'il est favorable à ce que davantage de pouvoir soit accordé aux laïcs et aux femmes au sein des instances dirigeantes de l'Église. Prévost, de son côté, au lieu de mordre à l'hameçon des chapelets de Salvini et la Covadonga d'Abascal qui sont les symboles du fanatisme, temporise : les lefebvristes ont été invités à «un dialogue spécifiquement théologique, avec une méthodologie très précise», mais ils annoncent qu'ils nommeront des évêques le 1er juillet à moins que le Saint-Siège n'abroge le concile Vatican II, ce qui est impossible. Contre les méchants, sans faire de vagues, davantage de brassage culturel; avec fermeté, à l’instar du cardinal Pizzaballa, qui qualifia le Conseil de paix de Gaza d’«opération colonialiste», et du secrétaire d’État, qui annonça que le Saint-Siège «ne participera pas au Conseil de paix», se privant ainsi du plaisir futile des querelles mesquines.
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