L’écrivain Olivier Le Gendre propose d’"inventer" un nouveau modèle d’Eglise
Publié le 24 Janvier 2012
Dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, les paroisses catholique et réformée de Porrentruy ont invité Olivier Le Gendre. L’écrivain, journaliste français et militant religieux a relaté, le 19 janvier 2012 au centre paroissial protestant de Porrentruy, les conditions dans lesquelles il a rédigé "Confession d’un cardinal" et "L’espérance du cardinal".
"Je connais beaucoup de prêtres et d’évêques qui donnent la communion à des gens remariés, alors que c’est parfaitement interdit par les autorités vaticanes. C’est ce type de réglementations
qui m’insupportent. Le salut de l’Eglise catholique ne se trouve pas dans la hiérarchie".
Apparemment grand connaisseur des acteurs, des lieux et du fonctionnement du milieu ecclésiastique de l’enclave romaine, Olivier Le Gendre considère qu’il faut
"inventer" un nouveau modèle d’Eglise: "Dans ce monde désenchanté et pour ce monde désenchanté, l’Eglise doit inventer une nouvelle façon d’être fidèle à son message". Inventer
une nouvelle façon d’être fidèle au message aidera à ne pas se focaliser sur le passé ce qui pousse à ne pas voir le futur.
Cette théorie est l’une des pistes imaginées par un cardinal qui, en 2005, aurait contacté Olivier Le Gendre pour l’aider à rédiger ses mémoires. "Je n’étais pas très chaud pour
travailler sur ce projet, mais après plusieurs rencontres, j’ai accepté le mandat". C’est ainsi qu’à l’automne 2007, le journaliste français publie "Confession d’un cardinal", aux éditions Jean-Claude Lattès. Avec cet ouvrage, suivi de "L’espérance du
cardinal" – ils se veulent être la transcription d’entretiens avec un cardinal anonyme –, il atteint le grand public et fait vraiment parler de lui. Il aurait vendu plus de 100’000
exemplaires à ce jour. Un succès mérité.
Olivier Le Gendre était au Centre paroissial protestant de Porrentruy, le 19 janvier, pour animer une conférence intitulée "Chrétiens, comment être
porteurs d’Espérance pour notre monde?" Invité par les paroisses catholique et réformée de Porrentruy dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le journaliste
a évoqué ses rencontres avec "son cardinal", un personnage présenté comme un haut responsable proche du pape Jean Paul II, apparemment "tourmenté" par le sens
de son action à la tête de l’un des ministères les plus importants du Vatican. Poste qu’il a quitté pour se consacrer aujourd’hui aux enfants délaissés dans un pays du Sud-Est asiatique. Un
journaliste ne livre pas ses sources, il est normal qu’il ne donne pas le nom de ce cardinal.
A travers de multiples anecdotes et de propos attribués à "son cardinal", Olivier Le Gendre évoque "l’enjeu qui sépare deux grandes tendances de l’Eglise: l’une qui
tente de restaurer les pratiques ancestrales, tandis que l’autre prépare la relève pour le moment où l’affaiblissement de l’institution sera si criant que de nouveaux modes de fonctionnement
deviendront obligatoires". Un avis que partage tout fidèle conscient, sauf le Vatican mais il peut toujours changer d’avis, il suffit d’attendre.
Dans "ses" révélations, le cardinal se confie sur différents événements qui ont secoué le Vatican, dont l’attentat contre Jean Paul II ou les scandales financiers. Et,
quand on lui demande pourquoi il s’obstine à préserver l’anonymat de "son cardinal", Olivier Le Gendre rappelle que le plus petit Etat du monde est habité, géré et
dirigé par des hommes. "Le Vatican est un endroit complexe où beaucoup d’informations et de rumeurs circulent. De plus, dans la population qui l’anime, il y a 5% d’escrocs qui colportent des
rumeurs ou qui sévissent dans le domaine financier. Ça laisse tout de même 95% de gens de bonne volonté".
Selon le cardinal interrogé par Olivier Le Gendre, la théologie du célibat sacerdotal est dépassée: "Nous sommes la religion de l’Incarnation. Il ne faut donc plus séparer le
prêtre de la vie concrète. Le gouvernement de l’Eglise s’obstine à concocter des lois sans arrêt, il sacralise à outrance en croyant pouvoir tout maîtriser, tout contrôler en permanence". Un
point de vue tout à fait réel, car dans les faits, c’est ce que ressentent les fidèles, même s’ils aiment le pape.
Pendant deux bonnes heures, Olivier Le Gendre a parlé de ses livres, de "son cardinal" et des idées qu’ils partagent pour redorer l’image de l’Eglise et mettre un terme
à "la crise des chiffres" (la baisse des vocations, la désaffection grandissante dans les églises).
Olivier Le Gendre amène ses attentes et ses espoirs pour l’Église qui doit changer afin de ne pas connaître un déclin, il faudra faire ce qu’il faut pour qu’elle soit cette
Église pauvre et solidaire qu’elle aurait du toujours rester.
Merci !
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