Publié le 11 Décembre 2023
LeMonde.fr avec l’AFP nous montre que le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a annoncé, dimanche 10 décembre 2023, qu’il va demander la dissolution d’Academia Christiana, un mouvement de catholiques traditionalistes d’extrême droite. «Nous présenterons leur dissolution en conseil des ministres dans les semaines qui viennent», a-t-il déclaré sur le média en ligne Brut. «Il y a au moins trois autres groupes d’ultradroite» dans le viseur des services de renseignement, a encore déclaré le ministre de l’intérieur, sans donner de détails.
«Sous prétexte d’une prétendue menace pesant sur les Français», ce groupe «légitime de façon récurrente la violence physique et le recours aux armes», a précisé à l’Agence France Presse une source proche du dossier. Pour ce faire, «elle utilise un vocabulaire guerrier et incite de manière explicite ses militants à s’armer et à partir en “croisade”», a ajouté cette source. «D’autre part, et en cohérence avec cette menace qui guetterait la France, Academia Christiana présente la “légitime défense” comme nécessaire», a-t-elle encore dit.
Fondée en 2013 par des jeunes proches de la mouvance identitaire, Academia Christiana se présente comme un institut de formation «intégrale», à la fois «spirituelle, morale, intellectuelle et sportive». Cette organisation est présidée par Victor Aubert, professeur de français et philosophie à l’Institut Croix des Vents à Sées (Orne), un établissement scolaire privé hors contrat dirigé par la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, institut traditionaliste reconnu par Rome.
«En voulant nous dissoudre, le gouvernement s’en prend une fois de plus aux catholiques, qu’il considère comme des citoyens de seconde zone», a réagi Academia Christiana sur son internet, en accusant l’exécutif de chercher à «interdire toute pensée ou réflexion en dehors de l’idéologie laïciste et consumériste». «À l’heure où les coups de couteau fusent matin, midi et soir, la priorité de la République est de dissoudre un institut de formation dont les cadres sont tous d’honnêtes pères et mères de famille», a déploré l’organisation, qui prévoit de «contester cette procédure absurde» devant le Conseil d’État.
Après l’annonce de sa prochaine dissolution, Academia Christiana a reçu sur les réseaux sociaux de nombreux soutiens à l’extrême droite, notamment d’Eric Zemmour sur le réseau social X, du Député RN de la Gironde, Grégoire de Fournas qui s’est de son côté dit « consterné » par la nouvelle, du député RN du Gard, Nicolas Meizonnet, qui a dénoncé le «naufrage absolu» du ministre de l’Intérieur, et la même colère s’est exprimé par Nicolas Dupont-Aignan (https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/academia-christiana-bientot-dissoute-le-rn-et-reconquete-volent-au-secours-de-l-association-integriste_226863.html).
Mais cette défense d’Academia Christiana oublie allégrement que le renseignement intérieur s'inquiète d'autant plus que plusieurs militants de Génération identitaire et de l'Alvarium – des groupuscules tous deux dissous – auraient rejoint Academia Christiana, et surtout, Academia Christiana a été cofondé par Julian Langella, l'un des responsables de la création de Génération identitaire, tandis que son président Victor Aubert pose en 2022 sur les réseaux sociaux aux côtés d'Alain Soral qu'il appelle "le boss", il aime aussi germaniser son nom "Viktor Ober", et filmé en 2019 en train de faire ce qui ressemble à un salut nazi, "salut romain" avait-il rétorqué, on sait aussi que plusieurs des membres d'Academia Christiana sont suivis par les services de renseignements, entre autres du fait de leur goût pour les armes ou pour leur antisémitisme, et pour un de ses membres leur meilleur gouvernement était le régime de Vichy (https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/separatisme-catholique-appel-a-la-croisade-pourquoi-darmanin-veut-dissoudre-academia-christiana).
L’annonce de la dissolution de l’Academia Christiania intervient quelques semaines après l’avertissement du ministre de l’intérieur de la dissolution prochaine de trois groupuscules d’extrême droite. Parmi eux, la Division Martel, dissoute jeudi 6 décembre, dont des membres ont été impliqués dans les récentes violences survenues à Romans-sur-Isère, après la mort d’un adolescent poignardé à Crépol. La procédure de dissolution d’une autre association d’ultradroite, La Citadelle, à Lille, a été déclenchée dès le lendemain. Outre La Citadelle et la Division Martel, Les Remparts, implantée à Lyon, devrait également être visée par une dissolution, selon une source à l’AFP. Plus tôt cette année, en août, Gérald Darmanin avait annoncé la dissolution de l’association d’extrême droite Civitas, effective en octobre. Le parti politique avait suscité la polémique après les propos antisémites tenus lors de son université d’été. Son président, Alain Escada, a annoncé le dépôt d’un recours. Le gouvernement avait déjà dissous, entre mars 2021 et janvier 2022, trois groupuscules d’ultradroite : les Zouaves Paris, Génération identitaire et l’Alvarium. Les deux derniers avaient déposé des recours en annulation, rejetés par le Conseil d’État. (https://www.la-croix.com/france/academia-christiana-les-precedentes-dissolutions-prononcees-par-le-gouvernement-20231211).
Merci !
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